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Hélie de Saint Marc, « Les Champs de braises »

Dans une époque où l’engagement fait peur, voici le témoignage d’un homme qui n’a pas eu peur de s’engager. Résistant, déporté en camp de concentration, légionnaire durant les guerres d’Indochine et d’Algérie, Hélie de Saint Marc n’aura pas été épargné par les épreuves, y compris celle d’être condamné par les autorités de son propre pays.

Une vie dense et romanesque, toujours habitée par la soif de comprendre :
Pourquoi ? Pourquoi tant d’horreurs et de souffrances? 

La vie du soldat apparaît comme une tentative de réponse : avancer en terre inconnue, faire face au danger, tomber parfois, se relever, toujours. Pas de fatalisme, mais une vie faite d’ombres et de lumières, d’aventure et d’espérance, de « braises » qui ne demandent qu’une étincelle pour brûler à nouveau…

« En quelques années, ma situation apparente s’est ainsi retournée du tout au tout. Le soldat perdu et malade est
devenu un témoin que l’on sollicite. Mais l’homme intérieur, lui, n’a pas changé. Je sais ce qu’il peut y avoir de vanité et d’artifice dans l’image que les assemblées attentives claquent sur vous. C’est pourquoi je cherche constamment à décaper sur mon visage le fard insensible qui vient à ceux qui accèdent à une petite renommée, ceux qu’on mentionne en note dans les livres d’histoire, ceux qui accrochent, dans certains cercles d’amis, des regards inconnus. Je désamorce l’admiration touchante. Je me souviens du Revier de Langenstein, de la cellule de Tulle et d’une chambre d’hôpital la nuit. Là j’ai rencontré la vérité de mon destin. Personne ne m’enlèvera cette peau de chagrin. Car celle-là, du moins, est à moi. »

Les Champs de braises. Mémoires avec Laurent Beccaria, Perrin, 1995