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Jean-Baptiste Drouet d’Erlon

Fils d’un charpentier, Jean-Baptiste Drouet voit le jour à Reims en 1765. Il entre dans l’Armée royale en 1782 comme volontaire dans le Régiment du Beaujolais avant de le quitter en 1787.

En 1792, il se réengage au Bataillon de Chasseurs de Reims et sert dans le Nord et sur la Moselle. Drouet est élu Capitaine en 1793 et devient aide de camp du Général Lefebvre l’année suivante. Il participe aux sièges de Valenciennes et de Condé avant d’être promu Chef de Bataillon puis Adjudant-général chef de Brigade au sein de l’Armée de Sambre-et-Meuse (1797).
On le retrouve ensuite chef d’état-major de Lefebvre à Ostrach puis de Souham lors des combats contre la Suisse.
Chef de Brigade en 1799, il participe aux combats de Zurich au sein de la Division du Général Adolphe-Edouard Mortier. Il défend Dischigen puis lors du blocus d’Ulm. Il se distingue ensuite à Hohenliden (1800), Strasswalchen et dans le Hanovre en 1803, toujours au sein de la Division de Mortier.

Général de Division en 1803, il commande ensuite la 1re Division du Hanovre et la 1re Division du 1er Corps de la Grande Armée (Lannes). A Austerlitz, il commande la 2nde Division du 2nd Corps de Bernadotte qui intervient en réserve du flanc gauche (nord) de la Grande Armée face aux Russes de Bagration.

Lors de la campagne de Prusse de 1806, Drouet d’Erlon participe aux combats de Schleiz, d’Halle dans la foulée d’Iéna, de Lübeck et de Mohrungen.
Chef d’état-major du Corps de Lefebvre, il assiste au siège de Dantzig  dont il signe l’acte de capitulation et s’empare de l’Île de Holm. Chef d’état-major du Maréchal Lannes, il participe à la victoire de Friedland en 1807 sur les Russes de Benningsen mais reçoit une grave blessure.
Napoléon lui accord ensuite des dotations sur la Westphalie et le Hanovre avant de le faire Comte d’Erlon. Il est de nouveau Chef d’état-major de Lefebvre lors de la campagne de Bavière, il prend ensuite la tête du 7e Corps Bavarois dans le Tyrol.
En 1810, il revient en France, à Bordeaux, pour remplacer Dupas à la tête de l’arrière-garde de l’Armée d’Espagne, avant de commander le 9e Corps. Placé sous le commandement de l’Armée du Portugal d’André Masséna, Drouet d’Erlon participe à la bataille indécise de Fuentes de Onoro face aux Anglo-espagnols du Duc de Wellington.
Remplaçant La Tour-Maubourg au commandement du 5e Corps en Andalousie sous les ordres de Soult, Drouet d’Erlon est forcé à la retraite par Cordoue et Jaen. Le 21 juin 1813, il participe à la défaite de Masséna à Vitoria. Commandant ensuite du Corps du Centre de l’Armée du Midi, il combat dans les Pyrénées, est repoussé à Vic-de-Bigorre mais participe à la victoire défensive de Toulouse le 10 avril 1814 face à Wellington.

Lors de la Restauration, il se rallie aux Bourbons et est fait Chevalier de Saint-Louis et reçoit le commandement de la 16e Division Militaire de Lille, ainsi que la Grand-Croix de la Légion d’Honneur. Il préside ensuite au jugement du Général Exelmans (accusé d’espionnage et de correspondance avec l’ennemi) qui est finalement acquitté.
En 1815, Drouet apprend le débarquement prochain de Napoléon à Golfe Juan et reprend les armes contre les Bourbons en tentant de marcher sur Paris avec son régiment mais il échoue face au Général d’Aboville. Mis aux arrêts à Lille, il s’évade à Saint-Sauveur. Après avoir repris Lille, il reçoit le commandement du 1er Corps d’Obsevation de l’Armée du Nord le 6 juin 1815.

Commandant du 1er Corps de la Grande Armée lors de la Bataille de Waterloo, Drouet d’Erlon ne peut participer à la bataille de Ligny mais se retrouve à Waterloo le 18 juin. Placé à la gauche, son 1er Corps combat en vain autour de la Ferme de La Haye Sainte, férocement défendue par un parti d’Anglais. Drouet d’Erlon commet aussi l’erreur de lancer son assaut avec des colonnes de 400 hommes serrées les unes aux autres.

Après Waterloo, Drouet se retrouve proscrit et doit s’enfuit à Bayreuth via Munich où il tient une brasserie. Il rentre en France en 1830 et commande la 12e Division Militaire de Nantes. Il met ensuite en échec la tentative de la Duchesse de Berry de relancer la Chouannerie et la Vendée.
Gouverneur Général des Possessions françaises en Afrique de 1834 à 1835, Drouet d’Erlon revient ensuite à la tête de la 12e Division de Nantes. Il reçoit le bâton de Maréchal en 1843.

Il s’éteint à Paris le 24 janvier 1844 mais sera inhumé à Reims.