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Jean-Baptiste Marchand

Cet officier français reste toujours attaché à la déconvenue de Fachoda mais sa carrière militaire en somme toute honorable qu’il a menée, en particulier durant la Grande Guerre restée occultée. Preuve en est que cet officier a cumulé cinq blessures durant ses années de service.
MMARCHAND
– Fils d’un menuisier bressan, Jean-Baptiste Marchand voit le jour le 22 novembre 1863 à Thoissey dans le département de l’Ain. Après l’obtention de son Certificat d’études, il entre chez les Frères des Écoles Chrétiennes. Sa vocation militaire vient assez tardivement puisqu’il débute par travailler comme assistant notaire. C’est en 1883 qu’il choisit d’embrasser la carrière des armes et s’engage à Toulon dans le 4e Régiment d’Infanterie de Marine comme simple soldat. Plutôt bien noté, il obtient le grade de Sergent avant d’être est reçu à la huitième place du concours d’entrée de l’École de Saint-Maixent qu’il intègre en 1886. Il en sort deux ans plus tard au trentième rang sur 450 élèves et obtient le grade de sous-lieutenant.

– A sa sortie de Saint-Maixent, le Sous-lieutenant Marchand rejoint la Coloniale à Dakar. En 1889, il participe à l’expédition contre la forteresse de Koundian au Mali. Il y est grièvement blessé mais sa conduite au feu lui vaut la Légion d’Honneur. Rétabli, il est placé aux ordres du Colonel Louis Archinard et participe à la Campagne contre le Sultan Amadou Tall, souverain Toucouleur qui mène des raids dans la région de Ségou. Marchand est blessé une fois de plus au bras à Diéna. En 1892,il  est nommé Résident à Sikasso auprès de Tiéba Traoré Roi du Kénédougou, avant de prendre aux opérations de pacification de la Colonne Bonnier.
Promu Capitaine, Jean-Baptiste Marchand retourne en France mais demande à repartir  en Afrique. Sa requête acceptée, il explore la Côte d’Ivoire, le Pays Baoulé et le Bandamana avant de participer aux opérations contre Samory Touré menée par le Colonel Humbert.

– En 1895, Jean-Baptiste Marchand reçoit le commandement de la Mission Congo-Nil qui doit traverser toute une partie du Sahara pour relier l’embouchure du Congo au Nil Blanc (Soudan). L’expédition compte 150 tirailleurs Sénégalais douze européens dont les Capitaines Germain, Baratier et Mangin, le Docteur Emily et le Lieutenant Fouque. La mission démarre en juillet 1896. En juillet 1898, Marchand arrive au poste de Fachoda au Soudan, sur les bords du Nil. Mais les hommes de la petite mission d’exploration française ont la mauvaise surprise de voir arriver l’armée anglo-égyptienne de Lord Horatio Kitchener qui mène une conquête systématique du cours du Nil après la victoire d’Omdourman (P. Milza). N’étant absolument pas en position d’affronter l’Armée britannique, Marchand est contraint de négocier avec Kitchener un retrait de Fachoda avant de gagner Djibouti quelques mois plus tard. Cet épisode est considéré comme un humiliant par l’opinion publique en France, ce qui ne l’empêche pas de considérer Marchand comme un héros. Le Capitaine français étant même promu Chef de Bataillon et au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur.

LeCommandantMarchand
– Après l’Afrique, Jean-Baptiste Marchand est promu Lieutenant-Colonel et prend part à l’expédition contre les Boxers à Pékin au sein de l’état-major du Général Adolphe Guillaumat. Promu ensuite Colonel, il est placé à la tête du 4e Régiment d’Infanterie de Marine. Suite au refus du Gouvernement Combes de l’envoyer en mission militaire à Saint-Pétersbourg, le Colonel Marchand retourne à la vie civile et embrasse une carrière politique dans la Droite nationaliste. Il sera élu Conseiller Général du Gard en 1913.

– Lors du déclenchement de la Grande Guerre, le Colonel Marchand reprend du service et est réintégré dans les unités Coloniale. Il prend d’abord le commandement de la Place Militaire de Belfort avant celui la 2nde Brigade d’Infanterie Coloniale, rattachée aux Savoyards et Dauphinois du XIVe Corps du Général Joseph Baret en Argonne. Marchand se comporte valeureusement, ce qui lui vaut une blessure à la jambe mais aussi la Croix de Guerre. Nommé Général de Brigade à titre temporaire en 1915, Marchand est ensuite placé à la tête de la 10e Division Coloniale qui comprend des Métropolitains, des Sénégalais et des Marocains. D’abord basée au Camp de Mailly en Champagne, la 10e Coloniale est d’abord déployée dans le secteur de Perthes-les-Hurlus en Champagne. Lors du déclenchement de l’Offensive de Castelnau le 25 septembre 1915, Marchand doit attaquer dans le secteur de la Ferme de Navarin. Les combats sont particulièrement âpres et sanglant. Le Général français est une fois de plus blessé au ventre au premier jour de l’attaque. Néanmoins, il est élevé au grade de Grand Officier de la Légion d’Honneur.

– De retour de convalescence en décembre 1915, il reprend la tête de sa division qui est déplacée dans la région d’Amiens, plus précisément dans le secteur Arnancourt-Dancourt au début 1916. A la fin de l’été, Marchand commande encore sa 10e Coloniale lors de la bataille de la Somme dans le secteur de Belloy-en-Santerre et y est nouvelle fois blessé et cité.
En avril 1917, Marchand commande toujours à sa division lors de l’assaut du Chemin des Dames. La 10e Coloniale rejoint ensuite successivement les secteurs de Verdun et de Saint-Mihiel.
En juin 1918, la 10e Coloniale est incorporée à la VIe Armée de Duchêne dans le secteur de la Marne. Marchand la mène alors avec succès lors des durs combats de la Seconde bataille de la Marne, notamment à Château-Thierry.

– Après la Grande Guerre, Jean-Baptiste Marchand quitte toute vie militaire. Il s’éteint le 13 janvier 1934 à Paris. Il sera inhumé dans son bourg natal de Thoissey.

Source :
– http://www.military-photos.com
– http://www.chtimiste.org