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Jean Joseph Ange d’Hautpoul

Autre grand cavalier d’Empire, Jean Joseph Ange d’Hautpoul voit le jour le 13 mai 1754 au Château de Salettes non loin de Cahuzac-sur-Vère non loin d’Albi, au sein d’une famille de vieille noblesse languedocienne.
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– Engagé dans la Légion Corse à quinze ans seulement en 1769, il devient Cadet-Gentilhomme au Régiment de Chasseurs du Languedoc. Jean Joseph d’Hautpoul était décrit comme  un géant doté d’une force prodigieuse, ce qui lui conférait un charisme non feint. Poursuivant ensuite une carrière classique, il devient Colonel au 6e Régiment de Chasseurs-à-Cheval en 1792. Bon officier et proche de ses soldats, c’est grâce à eux qu’il peut rester à la tête de son régiment alors que ses collègues nobles sont soit déchus ou émigrent.

– Engagé dans les Guerres de la Révolution, promu Général de Brigade à titre temporaire dans l’Armée du Nord, il commande ensuite l’avant-garde de Cavalerie Légère de l’Armée des Ardennes. Il intègre ensuite l’Armée de Sambre-et-Meuse et se distingue à Fleurus et à Nimègue en 1794. Commandant un Régiment de Dragons à Aldenhoven, il culbute la Cavalerie ennemie supérieure en nombre.

– Confirmé dans son grade de Général de Brigade par le Comité de Salut Public, il se distingue ensuite à Blankenberge en 1795. Placé sous le commandement du Général Marceau, il participe à la bataille d’Altkirchen en 1796 où il est blessé. Inspecteur de la Cavalerie l’année suivante, il est ensuite promu Général de Division et se distingue une fois de plus à Neuwied sous le commandement de Lazare Hoche. Ayant pris le commandement de la 7e Division de Cavalerie de l’Armée de Mayence avant de rejoindre l’Armée du Danube du Général Jourdan.
Mais à l’issue de la défaite de Stockach en 1799, Jean-Joseph d’Hautpoul est accusé à tort par Lefebvre et Jourdan pour n’avoir pas voulu lancer une charge.
Acquitté par décision du Conseil de Guerre réuni à Strasbourg, il réintègre l’Armée et commande une Division dans la Réserve de Cavalerie du Général Ney, puis sous Lecourbe et Baraguey d’Hilliers. Envoyé ensuite dans l’Armée du Danube du Général Jean-Victor Moreau, il commande une Division de Dragons. Participant à la Campagne d’Allemagne, il s’illustre encore à Engen, Hochstadt, Biberach et Hohenlinden.

– Sous le Consulat, Bonaparte le nomme Inspecteur Général de la Cavalarie. Après un passage au Camp de Compiègne, d’Hautpoul commande la Cavalerie du Camp de Saint-Omer en 1803. En 1805, lors de la Campagne d’Autriche, il prend la tête de la 2nde Division de Curassiers qui fait partie de la Réserve Générale de Cavalerie de Murat. D’Hautpoul commande alors aux Brigades Saint-Sulpice et Noirot formées respectivement des 1er et 5e Régiments de Cuirassiers et des 10e et 11e Cuirassiers.
Il se distingue une fois de plus à Austertlitz en chargeant les Gardes Russes sur le Plateau de Pratzen. En récompense, l’Empereur lui décerne le Grand Cordon de la Légion d’Honneur et une charge de Sénateur. Il comptait le promouvoir Maréchal de France.
En 1806, Jean Joseph d’Hautpoul participe à la campagne de Prusse et contribue fortement à la prise de Lübeck.
En février 1807, il revient au sein de la Réserve de Cavalerie de Murat au commandement d’une Division de Cavalerie lourde formée des 1er, 5e et 10e Régiment de Cuirassiers. Hautpoul est aux premières loges lors de la charge des « quatre-vingts escadrons » contre les Russes. Gravement blessé à la jambe, il refuse d’être amputé malgré les exhortations du Médecin-général Dominique Larrey. Jean Joseph d’Hautpoul décède d’une septicémie dans une tente sur le champ de bataille d’Eylau le 14 février 1807.

– Son cœur a été entreposé dans la Cathédrale Saint-Louis des Invalides.