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Jean Matthieu Sérurier

Général français ayant autant servi Louis XV que Napoléon, Jean Matthieu Philibert Sérurier voit le jour le 8 décembre 1742 à Laon. Le Maréchal Marmont disait de lui : « Air sévère et triste […] figure austère […] Aimant bien, probe, désintéressé, homme de devoir et de conscience, il avait des opinions contraires à la révolution ». Cela n’a d’ailleurs jamais empêché Napoléon de l’apprécier pour son intégrité.
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– Il s’engage très jeune – à treize ans – dans la Milice provinciale de Laon et combat dans l’Armée Royale pendant la Guerre de Sept-Ans comme enseigne d’Infanterie. Il reçoit une blessure à Warburg en 1760. Après la Guerre de Sept-Ans, il sert au Portugal, au Régiment Beauce-Infanterie, puis en Corse et au Médoc-Infanterie. Promu Lieutenant-Colonel en 1788, il commande le 70e Régiment d’Infanterie à Perpignan en 1789. il doit faire face à l’agitation des soldats. Destitué de son commandement en 1792, il songe à émigrer mais est arrêté. Il est libéré et se réengage comme simple soldat à cinquante ans et se comporte courageusement contre les Austro-sardes dans l’Authion.

– Paul de Barras, l’homme fort du Directoire le promeut Général de Brigade dans l’Armée d’Italie en 1795. Il combat alors dans l’Armée d’Italie sous les ordres de Bonaparte et s’illustre à Mondovi et Castiglione (même si lors de la seconde, il commet une faute de manœuvre qui retarde l’échéance). En février 1797, il s’empare de Mantoue avant d’être nommé Gouverneur de Venise et rapporter les drapeaux ennemis au Directoire.

– Il combat de nouveau en Italie en 1799 sous les ordres de Jean Victor Moreau. S’il est victorieux à Pastrengo et Lucques, il est défait par le Général russe Aleksandr V. Souvorov à Verderio le 28 avril 1799 et fait prisonnier. Remis en liberté, il rentre à Paris. Bonaparte, alors Premier Consul, le nomme Sénateur. Vice-Président du Sénat en 1802, il est ensuite élevé à la Dignité de Maréchal de France en 1804, puis Gouverneur des Invalides et Commandant de la Garde Nationale en 1808.
Fin mars 1814, il ordonne que soient brûlés, dans la cour des Invalides, tous les drapeaux pris à l’ennemi depuis les guerres de Louis XIV.

– Il se rallie à Louis XVIII lors de la Première Restauration et est nommé Pair de France. Rallié à l’Empereur lors des Cent Jours, Jean-Matthieu Sérurier reste toutefois au-dehors de toute activité militaire. Lors de la Seconde Restauration, il fait partie des Maréchaux d’Empire qui votent la mort de Ney. Ceci-dit, il est déchu de sa dignité de Pair de France par Louis XVIII, dignité qu’il recouvre en 1818.

– Le Maréchal Sérurier s’éteint à Paris le 21 décembre 1819. Napoléon disait de lui : « Il avait conservé toutes les formes et la rigidité d’un major. Il était fort sévère sur la discipline et passait pour aristocrate …Il avait moins d’élan que (Masséna et Augereau) mais il les dépassait par la moralité de son caractère, la sagesse de ses opinions politiques et la sûreté de son commerce ».

Source :
– http://www.napoelon1er.perso.neuf.fr