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« L’amour de la France fut avec l’amour de Dieu la flamme de Jeanne d’Arc » Mgr Dupanloup

Le 8 mai 1429 sainte Jeanne d’Arc entre dans Orléans d’où les Anglais viennent de s’enfuir. Prions sainte Jeanne de nous communiquer son amour de Dieu et son amour de la patrie.  

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Henry Scheffer, Entrée de Jeanne d’Arc à Orléans, (1843) Galerie des batailles, Château de Versailles

Mgr Dupanloup (1802-1878)

Voici un extrait du Second Panégyrique de Jeanne d’Arc prononcé dans la cathédrale de Sainte-Croix, le 8 mai 1869, par Mgr Félix Dupanloup, alors évêque d’Orléans:

« Dans l’amour de Dieu se retrouvent et s’élèvent tous les nobles amours. Et parmi les plus nobles, il en est que Dieu a consacré, que Notre Seigneur a ressenti, et qui n’a jamais oublié de battre dans le cœur des saints, c’est l’amour de la patrie. Ne pensons pas que ces deux amours se combattent, et qu’il y ait à choisir entre les devoirs de chrétien et ceux de français.

Non, non, la Religion montre du doigt le ciel, mais elle ne nous fait pas oublier la chère patrie d’ici-bas. La Religion n’est que l’harmonie de tous les devoirs, et plus le saint comprend ce qu’il doit à Dieu, plus aussi il comprend ce qu’il doit aux hommes. Voilà pourquoi l’amour de la France fut avec l’amour de Dieu la flamme de Jeanne d’Arc.

Par ses qualités naturelles et surnaturelles, Jeanne d’Arc est une fleur de la vieille France: fille du peuple, de ce peuple des champs où se conservent le mieux peut-être les vertus et la vieille foi nationales, en elle s’est concentré le vrai patriotisme, l’invincible répulsion du joug de l’étranger, l’élan généreux de l’honneur pour l’indépendance de la patrie, en un mot, au jour du péril, l’amour héroïque de son pays, de son roi, du sol natal et des Français.

Et en quels mots sublimes éclate sans cesse cette noble passion! On attaque sans elle la bastille de Saint-Loup, elle s’éveille « Ah! méchant garçon, dit-elle à son page, vous ne me disiez pas que le sang de France fût répandu! Allez quérir mon cheval. » Et elle s’élance à la porte Bourgogne. Et à la vue des blessés français: « Jamais, dit-elle, je n’ai vu couler sang de Français que les cheveux ne me levassent sur la tête. »

Elle aime non seulement les enfants fidèles, mais aussi les enfants égarés de la France; et elle se félicitait d’avoir pu reprendre tant de villes dans sa marche vers Reims, sans qu’une seule goûte de ce sang français, qui lui était si cher, ne fût répandue. »