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Libération de Paris – 2/2

leclerc-paris– « LECLERC… FONCEZ SUR PARIS ! »

Mais l’avenir de Paris se joue… entre la Normandie et Laval.

En effet, craignant que Paris ne connaisse le même sort que Varsovie au même moment, de Gaulle insiste auprès d’Eisenhower et ce, dès le 19 août, pour que des unités soient envoyées à Paris. Politique oblige, il ne veut pas laisser le monopole de la libération de la capitale aux Communistes. Cependant, le commandement allié a d’autres préoccupations. En effet, au même moment les troupes anglo-américano-canadiennes combattent pour refermer la Poche de Falaise, afin d’encercler le reste des troupes allemandes se repliant de Normandie. Toutefois, les Américains le la IIIe Armée de Patton ne sont pas loin. En effet, les troupes du bouillant général américain ont libérer Chartres et sont à Rambouillet. Sauf que, LIBERER PARIS NE FAIT ABSOLUMENT PAS PARTIE DES PLANS AMERICAINS.  De Gaulle va alors sortir son « joker » : la 2e Division Blindée du Général Leclerc. Cette dernière est alors en partie occupée à participer à la fermeture de la Poche de Falaise mais en partie seulement. Si le Groupement Tactique du Colonel Paul de Langlade combat encore en Normandie (secteur d’Argentan), le reste de la division se prépare à marcher sur Paris. Leclerc est donc prêt à lancer ses hommes vers la capitale. Le commandement français réussit à négocier avec les généraux américains Bradley et Patton (les supérieurs de Leclerc du point de vue militaire) pour que la 2e DB puisse se lancer sur la capitale.

– Rol-Tanguy décide d’envoyer son chef d’état-major, le Commandant Cocteau dit « Gallois », auprès du General George S. Patton pour signaler aux Américains que la moitié de la ville est libérée le 23, mais que la situation des résistants est critique.
De Gaulle rappelle alors à Eisenhower sa promesse faite à Alger en décembre 1943 que la libération de Paris serait confiée à une unité française. Le général Leclerc met aux les Américains devant le fait accompli en donnant l’ordre de marche sur Paris aux éléments de reconnaissance de sa 2e DB. Le Lieutenant-General Leonard T. Gerow, commandant du Vth US Army Corps et supérieur hiérarchique de Leclerc depuis le 18 août, est furieux, considérant l’initiative du Français comme une insubordination.

Blason de la 2e DB

Insigne de la 2e DB

– Pour des raisons tout aussi politiques (éviter de voir Paris transformée en nouvelle Commune tenue par le PCF), Eisenhower ordonne à Bradley de détacher une division américaine à la libération de Paris. C’est donc la 4th Infantry Division (débarquée le 6 juin sur Utah Beach) à du Major.General Raymond O. Barton qui reçoit la mission d’atteindre Paris par le nord.

Le 23 août, des accrochages ont lieu près des Champs-Elysées, ce qui provoque l’incendie du Grand Palais. De son côté, Radio Londres annonce prématurément la libération de Paris. Pendant ce temps, la 2e DB fonce sur Mantes-la-Jolie et à Rastenburg, on s’impatiente pour savoir si von Choltitz va oui ou non, faire sauter Paris mais l’officier supérieur allemand s’y refuse toujours… Pendant ce temps, Leclerc est arrivé en avion sur l’aérodrome de Laval pour y rencontrer le commandant en chef des forces terrestres américains ; Omar N. Bradley. Le commandant de la 2e DB est nerveux et garde le silence. La Colonne Guillebon, partie en avant, menace d’être coupée du reste de la division qui a encore 200 km à parcourir. A 19h15, Bradley atterrit. S’approchant vers Leclerc il lui dit : «  Leclerc, justement ! C’est d’accord, foncez sur Paris. »

Le 24 août, Leclerc a scindé sa compagnie en trois Groupements Tactiques chargés d’entrer dans Paris sur quatre axes par le sud :

* Groupement Tactique « V » (P. Billotte) : Avec le 501e RCC ; Marcher sur Arpajon et Sceaux, entrer dans Paris par la porte d’Italie, franchir la Seine et obliquer de 90° vers Vincennes et Charenton en longeant la Seine. Scindé en deux Sous-Groupements, il doit franchir les Portes d’Orléans et d’Italie.

* Groupement Tactique « L » (GT de Langlade) : Avec le 12e Régiment de Chasseurs d’Afrique ; Foncer par la Vallée de Chevreuse, Les Loges, Jouy-en-Josas, Meudon, libérer Sèvres et remonter à travers le 16e Arrondissement, direction l’Avenue des Champs-Elysées et la Place de la Concorde.

* Groupement Tactique « D » (GT Dio) : Avec le 12e Régiment de Cuirassiers. Appuyer le GT Billotte, atteindre le Pont de Sèvres, passer la Porte de Saint-Cloud et se diriger tout droit vers la Mairie de Pantin.
– Chaque GT comprend un régiment de chars, un bataillon d’infanterie du RMT, un escadron du Régiment de Marche des Spahis du Colonel Michon, un régiment d’Artillerie et un escadron du Régiment Blindé des Fusiliers Marins du Capitaine de Vaisseau Maggiar.

Insigne du 501e Régiment de Chars de Combat

Insigne du 501e Régiment de Chars de Combat

Insigne du 12e Régiment de Cuirassiers

Insigne du 12e Régiment de Cuirassiers

Insigne du 12e Chasseurs d'Afrique

Insigne du 12e Chasseurs d’Afrique


– ENTRÉE DANS LA CAPITALE PAR LE SUD

– Seulement, Von Choltitz a placé des défenses antichars sur plusieurs axes de la Banlieue Sud. Ainsi, le Groupement Tactique de Langlade, avec le Sous-Groupement Massu lutte durement pour libérer Meudon. Dans le même temps, le GT Billotte doit durement lutter à Longjumeau, la Croix de Berny, Morangis, Wissous

– Leclerc, qui a établi son PC à La Croix de Berny, envoie un avion Piper Cub larguer des tracts sur Paris. Le « paquet » est réceptionné dans la cour de la Préfecture de Police et contient des tracts sur lesquels les insurgés peuvent lire : « Tenez bon, nous arrivons ! » Galvanisés, les parisiens en armes reprennent les combats de plus belle et atteignent leur paroxysme. Cette fois-ci, les Allemands ne contrôlent plus certains arrondissements, ce qui force von Choltitz à concentrer ses forces sur les grands axes du centre et les VIIe et VIIIe Arrondissements.

– Mais sur les renseignements du Lieutenant-Colonel Leroy (envoyé par Chaban-Delmas), Leclerc sait que la résistance ne pourra tenir plus longtemps. Le patron de la Division de Fer décide alors d’expédier en tête, la 9e Compagnie du Régiment de Marche du Tchad. Celle qu’on appelle la « Nueve » est composée de républicains espagnols qui combattent depuis 1940 et se trouve commandée par le Capitaine Raymond Dronne, un manceau ancien juriste et vieux grognard de la Colonne Leclerc en Afrique du Nord.

Capitaine Raymond Dronne

Capitaine Raymond Dronne

– L’ordre du chef de la 2e est le suivant : « Dronne , filez sur Paris, entrez dans Paris, passez ou vous voudrez, dites aux Parisiens de ne pas perdre courage, que demain matin la division toute entière sera dans Paris »
Leclerc a attribué à Dronne le commandement de la « Nueve » pour aussi « surveiller » les espagnols, ce qui lui a fait dire non sans humour : « Je suis un calotin à la tête de rouges ». A 20h00, précédés des chars Montmirail, Champaubert et Romilly (du 501e RCC) montés sur 11 half-tracks et guidé par « El Capitan » Dronne qui a fait inscrire sur le capot de sa Jeep « Mort aux cons », les Espagnols foncent sur la capitale. A 21h20, Dronne atteint l’Hôtel de Ville et le centre téléphonique et est acclamé par les Résistants.

– Leclerc, l’aristocrate picard racé qui goûte assez peu la devise de combat de Dronne lui a demandé à plusieurs reprises de retirer l’inscription ; ce que l’intéressé à, bien entendu, sans cesse refusé. Leclerc se contentera de lui demander souvent : « mais pourquoi donc voulez-vous tous les tuer ? »  Plus caustique,  lorsqu’il lira l’inscription le lendemain, de Gaulle fixera Dronne en lâchant dans un soupir : « Lourde tâche ! »

 

Insigne du Régiment de Marche du Tchad

Insigne du Régiment de Marche du Tchad

 – LE SÉNAT

– Le 25 août, le GT de Billotte suit l’itinéraire emprunté par Dronne, passe par les Portes d’Orléans et d’Italie. Le Sous-Groupement de Witasse remonte par Denfert-Rochereau et atteint l’observatoire pour nettoyer le quartier du Sénat. L’état-major de la Luftwaffe pour le tout le Front de l’ouest  s’est installé dans le Palais en 1940 et y a réalisé des aménagements défensifs qui vont compliquer singulièrement la tâche des assaillants. Le personnel de l’état-major a quitté les lieux à partir du 10 août et a été remplacé par une troupe d’environ 600 hommes sous les ordres de l’Oberst von Berg et composée en partie de SS.

Colonel P. Billotte

Colonel P. Billotte

– Le plan de défense prévoit des chars en réserve dans la Cour d’honneur du Palais, des barrages épaulés par des chars face au Nord rue de Tournon, à l’Est rue Soufflot, des blockhaus rue de Vaugirard et boulevard Saint-Michel, et enfin d’autres barrages à l’Ouest rue Guynemer, au Sud rue Auguste Comte, à l’Est boulevard Saint-Michel.

– Le même jour, Pierre Georges, 26 ans, alias « Colonel Fabien », chef des Unités de choc des F.F.I, est chargé de réduire le nid de résistance. Il sera épaulé, au Nord, par les chars et l’infanterie du Sous-Groupement Putz de la 2e DB  et au Sud par les chars du Capitaine Alain de Boissieu, commandant de l’Escadron de protection du général Leclerc. Le colonel Fabien dispose de 200 hommes pour attaquer le Luxembourg par l’Est et le Sud et d’une bonne centaine pour la façade Nord. Parmi ses F.F.I, des hommes du 1er Bataillon d’Eure et Loir.

– Le Lieutenant-colonel Putz, envoie la 10e compagnie du 3e Bataillon du RMT (Capitaine Sarrazac) et la 2e Compagnie du 501e RCC (Capitaine de Witasse) remonter le boulevard Saint-Michel pour investir le Luxembourg et empêcher la garnison allemande de se répandre dans les rues de Paris. Il ignore le nombre exact de blindés tenus en réserve dans la Cour d’honneur. Le Capitaine de Boissieu, commandant l’escadron de protection du général Leclerc, arrivant du Sud et dont la mission principale est de protéger le P.C du général qui se rend à la Préfecture de police, s’occupera des Jardins de l’Observatoire, du Lycée Montaigne et remontera vers l’Ecole des Mines par le boulevard Saint-Michel. A la première approche ses chars de tête sont immédiatement pris sous le feu ennemi. Manifestement un observateur guide les tirs de la coupole du Sénat. Au Nord les fantassins du Capitaine Sarrazac escortent les chars du capitaine de Witasse. Place de la Sorbonne le Lützen, de la 2e section, essuie le tir d’un blindé ennemi tapi rue de Vaugirard près de l’Odéon. Des F.F.I sont blessés.

– Voulant repérer les tireurs en montant à l’étage d’une maison de la rue Médicis, un officier français est tué d’une rafale d’arme automatique. La tête de la colonne arrive place Edmond Rostand mais un char Panther, posté rue de Médicis, interdit la place et le carrefour de l’Odéon. Le Char La Moskowa, de la section de commandement, guidé par le capitaine de Witasse à pied devant lui, s’approche par le rue de Vaugirard et l’immobilise d’un coup dans la chenille gauche. L’équipage allemand abandonne le char et se réfugie dans le Sénat.

– Le Capitaine de Witasse installe ses chars en surveillance, prêts à s’opposer à toute sortie en force de la réserve de blindés allemands. Le Colonel d’artillerie Crépin commandant du 3e Régiment d’Artillerie Coloniale, accompagné d’un colonel d’état-major allemand, arrive en auto mitrailleuse devant le Sénat. Il y pénètre à pied, un fusil dans le dos, et montre au colonel von Berg, commandant la garnison, l’ordre du général von Choltitz. Si l’ordre n’est pas exécuté, les soldats allemands ne seront pas considérés comme des prisonniers de guerre.

– L’argument est décisif mais les officiers SS, présents au milieu de leurs troupes, protestent vigoureusement. Ils peuvent encore se défendre et tenir. Dehors on entend les hauts parleurs des voitures de la Préfecture de police annoncer à la population que le Sénat sera bombardé à partir de 19h00 par l’aviation. Après de longues palabres la reddition est acquise. L’ Oberst von Berg a une heure devant lui pour passer le message à tous ses hommes éparpillés dans les bâtiments et dans les Jardins. Des Spahis Marocains de la 2ème Division blindée et des F.F.I du 6ème sont parvenus enfin à pénétrer dans l’îlot de la rue Auguste Comte sous la conduite de Mr Cuny, conservateur du Jardin. Quelques soldats allemands tirent leurs dernières cartouches.

Insigne du Régiment Blindé des Fusiliers Marins

Insigne du Régiment Blindé des Fusiliers Marins

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Insigne du 1er Régiment de Marche des Spahis

– Le Ministère de la Marine, l’hôtel Crillon, le Jardin des Tuileries sont fortement tenus par la garnison allemande à présent sous ses ordres pour assurer la défense de Paris. La place de la Concorde représente donc un nid de résistance allemand dans la capitale que les seuls F.F.I n’arriveront pas à réduire. Des mitrailleurs et des snipers placés sur les toits
pendant qu’un petit blockhaus barre la rue de Rivoli.

Le 25 août à  07h15, le Groupement Tactique de Langlade part depuis le Pont de Sèvres pour marcher sur la Place de l’Etoile et la Place de la Concorde. De petits détachements français nettoient Puteaux mais le GT de Langlade se fait sévèrement accroché Avenue Kléber par des canons antichars allemands.

Il est imité par le GT Dio qui lance le Détachement du Lt-Colonel Rouvillois sur le Quai d’Orsay en évitant les grands axes et en passant par Montparnasse, pendant que le Détachement du Lt-Colonel Noiret se chargera de sécuriser les ponts reliant la rive gauche et la rive droite entre le Quai Voltaire et le Pont Alexandre III.

– A 09h00, les premiers éléments blindés entrent dans la capitale. Des accrochages se produisent autour du Ministère des Affaires Etrangères et de l’Assemblée Nationale. Une section de char force une barricade qui isole la place des Invalides mais les Allemands défendent durement l’angle de l’Esplanade des Invalides et la Rue de l’Université.

– Le Colonel Billotte adresse un ultimatum à von Choltitz dans lequel il lui laisse : « une demi-heure pour mettre fin à toute résistance sous peine d’une extermination totale de la garnison allemande »

* Compte rendu de l’opération par le capitaine Branet :

– A 13h15, l’attaque se déclenche par la rue de Rivoli, menée par la 3e Compagnie du 501e RCC du Capitaine Branet. Les chars de la section Bénard enfoncent une barricade et poursuivent jusqu’à la place de la Concorde. Le Douaumont éperonne un char Panther en face de l’entrée des Tuileries. Les autres chars détruisent de nombreux véhicules dans la rue de Castiglionne et les rues parallèles; ils arrosent du feu de leurs mitrailleuses les fenêtres des hôtels tenus par les Allemands. Malheureusement les chars sont obligés de marcher la tourelle ouverte et le sergent Marcel Bizien est tué; un autre chef de char, le Caporal-chef Laigle est tué également; le sous-lieutenant Bénard reçoit une grenade dans la tourelle du Mort Homme et est fortement brûlé près de la place de la Concorde avec le chasseur Diot, son chargeur. Il descend de son char, remonte la rue de Rivoli au milieu des balles, se fait évacuer. Le chasseur Champion, conducteur, quoique brûlé parvient à sauver le char. Devant l’hôtel Meurice le Capitaine Branet qui mène l’attaque à pied est blessé par une grenade et après avoir été pansé, peut rejoindre la compagnie. Les fantassins ont pris l’hôtel. Le général allemand est fait prisonnier. Pendant ce temps la section Christen mise à la disposition du Capitaine Sammarcelli du 1/RMT progresse par les rues nord de la rue de Rivoli et enlève les dernières résistances. Enfin sur les bords de Seine, un dernier groupement aux ordres du Lieutenant Bricard réduit les Tuileries et, appuyé par les chars Francheville, Uskub et Surcouf met en feu 6 chars (dont 1 Panther) et véhicules ennemis et atteint son objectif place de la Concorde.

* Compte rendu de l’opération par le lieutenant Franjoux :

(Historique de la 3ème Cie du 501ème RCC)

Sous les ordres du Capitaine Branet j’ai été engagé avec ma section rue de Rivoli sur le trottoir du Louvre alors qu’une section du 1er bataillon était engagée à ma hauteur sur le trottoir des Arcades. Les deux sections sont parties à pied du Châtelet sous la protection de cinq ou six chars moyens. A environ trois cents mètres de l’hôtel Meurice tir ennemi venant de l’hôtel et du Ministère de la marine où est installée au moins une mitrailleuse. Sous la protection d’une mitrailleuse de char et d’une pièce de ma section (autour de laquelle sont tombés trois hommes, deux morts et un blessé) nous traversons la rue de Rivoli; le côté Tuileries est complètement nu et n’offre aucun abri. Ma section se mélange à la section du 1er bataillon. Nous continuons notre progression en subissant quelques pertes par grenades lancées de fenêtres de la rue. Protégé par un homme armé d’une mitraillette j’arrive avec le lieutenant du 1er bataillon devant la porte de l’hôtel. Nous entrons avec le Sergent Brieuce. Le hall est obscur. Le soldat Gutière, de ma section, abat un Allemand dans l’escalier. Le sergent Brieuce lance une grenade fumigène qui fait sortir un officier allemand les mains en l’air. Un soldat du 1er bataillon qui parle allemand somme l’officier d’appeler ses camarades. Colonne par un, une trentaine d’officiers et une soixantaine d’hommes sortent les mains levées. Un capitaine français arrive (Henri Rietzler du Matériel de la Division – NDLR). Il demande où se trouve le général allemand. Un officier allemand dit qu’il est au sixième étage et qu’il attend. On me confie la garde des prisonniers tandis que le lieutenant du 1er bataillon monte faire prisonnier le général.

Dans plusieurs maisons nous avons jeté des grenades; deux Allemands au moins ont été tués dans une cave. Place des Pyramides quatre Allemands nous ont été signalés. Avec le sergent Brieuce nous les avons abattus.

– Sur la Concorde, le char Douaumont fonce sur la place et se trouve face à face avec un Panther. « A l’abordage ! » hurle Bizien à son pilote. Le char percute le Panther qui pivote sa tourelle … mais son canon est trop long. En revanche le canon de Bizien est à la bonne distance. Il ouvre le feu à bout portant et perce le blindage. Bizien est tué d’une balle en pleine tête tirée par un sniper posté sur les toits du Ministère de la Marine. Branet a été blessé par une grenade qui a roulé sous ses pieds. Karcher et Franjoux, suivis de leurs hommes, se ruent à l’intérieur de l’hôtel Meurice. Le Lieutenant-colonel de la Horie arrive, pistolet au poing. Il suit Karcher jusqu’au premier étage. Celui-ci vient de pénétrer dans le bureau de von Choltitz qui attend, un peu pâle, debout et les bras croisés et qui déclare : « Je désire que nous soyons traités en soldat ».

– Le Lieutenant-colonel de la Horie remet son prisonnier au Colonel Billotte qui le conduit à la préfecture de police où attend le Général Leclerc. Von Choltitz signe une convention de reddition dans laquelle il s’engage à donner l’ordre à ses troupes de se rendre partout dans la capitale. La garnison de l’hôtel Meurice s’est rendue mais on tire encore des fenêtres du Ministère de la Marine et de celles de l’hôtel Crillon. A l’hôtel Continental, les Allemands ont préféré déposer leurs armes aux pieds d’un colonel américain qu’ils détenaient. Il faudra attendre la fin de l’après-midi pour que le calme revienne enfin sur la place de la Concorde immédiatement envahie par une foule de badauds qui vient inspecter le char Panther détruit par l’équipage du Douaumont.

– Malgré tout, des combats sporadiques continuent en particulier du fait des unités SS qui refusent la capitulation du général von Choltitz en menaçant de fusiller les officiers « traîtres » de la Wehrmacht qui leur commandent la reddition.
Les FFI dénombreront environ 500 tués et 1 000 blessés. Enfin, la population civile n’aura pas été épargnée : 400 personnes sont mortes, 5 500 ont été blessées. Paris aura payé un lourd tribut à la liberté.

– Le 26 août 1944, la Division Leclerc descend les Champs-Elysées, acclamée par une foule en liesse. La Division Leclerc aura perdu 130 hommes alors plus de 300 seront blessés.

– Toutefois, le 27 août, la 2e DB se porte au nord de Paris afin d’éviter tout retour offensif des Allemands et le nettoyage des poches de résistances allemandes s’effectuera jusqu’au 28.

* Remerciements tout particuliers à Monsieur Philippe Rietzler pour ses aimables compléments.

 

Lire :
– NOTIN Jean-Christophe : Leclerc, Perrin, 2007
– FORGET Dominique :  Le général Leclerc et la 2e DB, Heimdal, 2008