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Maréchal Honoré Charles Reille

Honoré Charles Michel Joseph Reille voit le jour le 1er septembre 1775 à Antibes au sein d’une famille bourgeoise. Se sentant une vocation pour la carrière des armes, le jeune Reille entre à quatorze ans seulement comme volontaire au sein de la Garde Nationale d’Antibes.
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– En 1791, il intègre le 1er Bataillon de Volontaires du Var qui est envoyé un an plus tard dans l’Armée du Général Dumouriez. Reille combat alors durant la
campagne de Belgique contre les Impériaux, notamment à Rocoux, Liège et Neerwinden. Grâce à son courage, il obtient le grade de Lieutenant. En 1793, il sert au siège de Toulon et rencontre le Général André Masséna. En 1796, promu Capitaine, Reille suit Masséna comme aide de camp en Italie. Durant la campagne de 1796-1797, il se distingue à Montenotte, Dego, Lodi, Rivoli, Ballano, San Giorgio, sur la Brenta, Caldiero, Arcole, à la Favorite, à Belluno et à Tarvis. En 1797, il est promu Chef d’Escadron au 15e Régiment de Dragons. Il acquiert alors la réputation d’un officier courageux et intrépide, minutieux mais aussi simple et accessible pour ses subordonnés.

– Toujours aide de camp de Masséna en 1799, Honoré Charles Reille est promu Adjudant-Général à l’Armée d’Helvétie. Il effectue toute la reconnaissance des passages sur le Rhin, dans les Grisons et au Lac de Constance. Il combat ensuite à Coire, Feldkirchen, Zurich et Schwitz. Il prend la tête de la Division Oudinot quand son chef est blessé. Après avoir traversé le Limat, il fait son entrée le premier dans Zurich. Cependant, lors de l’offensive du Général Russe Aleksandr V. Souvorov en Helvétie, Masséna doit replier ses forces et c’est l’Adjudant-Général Reille qui retient les forces ennemies dans le Muttenthal. En 1799 toujours, lors du blocus de Gênes, il reconnaît toutes les positions ennemies entre Nice et le Mont-Cenis qui permet au Général Bonaparte de mener sa campagne. Il se distingue ensuite en forçant le blocus anglais. En 1800, il s’illustre au Monte Creto avant de prendre le commandement des forces françaises à Florence.

– Promu Général de Brigade en 1803, Honoré Charles Reille sert ensuite au Camp de Boulogne. Passé maître dans les opérations de reconnaissance, Reille reçoit l’ordre de Napoléon de reconnaître la Bavière et l’Autriche. En 1804, il est nommé Inspecteur des forces de retour de Saint-Domingue. Ensuite, il est nommé commandant en second des troupes partant pour les Antilles, sous le commandement du Général de Lauriston. Mais après la bataille du Cap Finistère, il quitte la flotte à Cadix et retourne en France. Lors de la campagne d’Autriche. Après avoir participé à l’occupation en Haute-Autriche. En 1806, il est placé à la tête d’une brigade de la Division Suchet qui compose le 5e Corps du Maréchal Lannes. Honoré Charles Reille combat donc à Saalfeld et Iéna contre les Prussiens, à Pultusk contre les Russes. Durant cette bataille, il replace le Général Gudin à la tête de sa division, défend efficacement la petite ville d’Ostrolenka en mettant plus de 1 000 soldats ennemis hors de combat et enfonce le centre russe. Suite à cette action, Reille est choisi par l’Empereur pour être son être de camp. Il est aussi élevé au rang de Comte d’Empire.

– Commissaire en Toscane en 1807, il est envoyé ensuite en Catalogne. Il y brise le siège de Figuières et s’empare de Roses. Après un détour en Zélande, il participe à la campagne du Danube de 1809, combat à Essling et commande les unités de la Garde Impériale qui soutiennent l’artillerie de Lauriston contre les Autrichiens.
Après un passage en Zélande pour prévenir d’un débarquement anglais, le Général Reille repart en Espagne comme Gouverneur de la Navarre. En 1810, il bat le Général espagnol Francisco Espoz Mina au Carascal et à Serrin. Il assiste ensuite le Général Louis Suchet lors du siège de Valence qui tombe. Commandant du Corps de l’Ebre en Arragon sous les ordres de Suchet, il reçoit ensuite le commandement de l’Armée du Portugal. Il évacue celle-ci vers l’est en 1812 avant de participer à la défaite de Vitoria. Toutefois, Reille résiste à 20 000 Anglo-Espagnols et Portugais avec 7 000 hommes seulement. Commandant l’aile droite de Suchet en 1813, il combat encore sur la Bidassoa, en Navarre, à Orthez et sous le commandement de Soult à Toulouse.

– Au moment de la Restauration, le Général Reille se retire temporairement de la vie militaire et en profite pour épouser Victoire Thérèse Thècle Masséna Princesse d’Essling, ce qui fait de lui le gendre du Maréchal Masséna. Ils auront un fils, Gustave Charles Reille, né en 1818.

– Lors des Cent-Jours, Reille rallie l’Empereur qui lui confie le commandement du 2nd Corps. Il a alors sous ses ordres cinq divisions : 5e (Bachelu), 6e (Prince Jérôme), 7e (Girard), 9e (Foy) et 2nde Division de Cavalerie Légère (de Piré).  En juin 1815, il combat au Pont et à la Ferme des Quatre-Bras. Placé sous les ordres de Ney à Waterloo, Reille ne parvient pas à s’emparer de la ferme d’Hougoumont, fermement tenue par les Anglais en raison d’une discipline de feu hasardeuse et d’un manque d’appui d’artillerie. Deux chevaux sont tout de même tués sous lui. Avant la charge de Ney contre le Mont Saint-Jean, il est avec Milhaud de ceux qui conjurent à Napoléon de ne pas lancer un assaut monté, en vain.

– Après Waterloo, Reille se retire de tout commandement. Mais en 1819, Louis XVIII lui octroie la dignité de Pair de France, ainsi que l’Ordre de Chevalier de Saint-Louis. Il et obtient aussi la charge de Gentilhomme de la Chambre du Roi. Membre du Conseil Supérieur de la Guerre en 1828, il devient ensuite Président du Comité de l’Infanterie et de la Cavalerie. En 1847, Louis-Philippe lui octroie le bâton de Maréchal de France. Il s’éteint sous le Second Empire à Paris le 4 mars 1860. Il aura connu huit régimes et en servi six.

Source :
– http://www.napoleon.org