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Les Maréchaux de La Palice et de La Trémoille

Capitaines de Charles VIII, de Louis XII et de François Ier tombés à Pavie, Jacques II de Chabannes Maréchal de La Palice (ou La Palisse) et Louis II de La Trémoille restent pour autant méconnus. La Palice ayant toutefois (et malheureusement et malgré lui) laissé sa fameuse « vérité » post mortem. Le 24 février étant le jour de la lourde défaite de Pavie, nous avons toutefois l’occasion de revenir sur ces deux serviteurs de la Couronne des Valois.

1. Jacques II de Chabannes Maréchal de La Palice

jacques-ii-de-chabannesIl voit le jour en 1470 dans la la Seigneurie de La Palice dans le Bourbonnais. Il est le petit-fils d’un compagnon de Sainte Jehanne d’Arc et porte aussi les titres de Seigneur de Pacy, de Bort-le-Comte et de Héron.
A quinze ans, il rejoint les rangs de l’Ost du jeune Roi Charles VIII et combat contre les
troupes du  Duc François II de Bretagne lors de la Guerre folle. Il participe notamment à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier en 1488. En 1492, il prend pour épouse Jehanne de Montberron. En 1494, il participe à la Première Guerre d’Italie, accompagnant Charles VIII jusqu’à Naples et se distinguant à Fornoue. Après la mort de Charles VIII, Louis XII devient Roi et se lance dans une nouvelle campagne en Italie. Jacques II de Chabannes participe à la prise de Milan et fait tomber d’autres villes du nord de l’Italie. Louis XII lui décerne le titre de Roi des Abruzzes. Mais il est fait prisonnier par Gonzalve de Cordoue qui le retient pendant deux ans. Rentré en France, Jacques II Chabannes découvre que sa femme a été emportée d’une maladie.
BlasonsGIF_chabannes_curton_la_palice_de– Entre 1507 et 1513, Chabannes accompagne une nouvelle fois Louis XII en Italie contre la République de Venise. Il se distingue à Gênes où il est blessé, Trévise, Venise, Ravenne et obtient la charge de Grand Maître de France. Après la victoire de Ravenne qui voit la mort de Gaston de Foix-Nemours, Jacques de Chabannes prend le commandement des armées royales en Italie. Envoyé un temps en Navarre pour lutter contre les Espagnols sans succès, Louis XII lui ordonne de partir vers le nord pour affronter les Anglais d’Henry VIII. Mais Chabannes est défait à la bataille de Guinegatte et fait prisonnier.
Libéré, il se remarie en 1514  avec Marie de Melun Dame de Montmirail.

– Avec l’accession au trône de François Ier, La Palice perd sa charge de Grand Maître qui revient à l’un des amis du Roi, Gouffier de Bonivet, mais il reste au service du Souverain Valois. En 1515, La Palice, La Trémoille, Bayard et Trivulce épaulent François Ier lors de la bataille de Marignan contre les Suisses. En 1522, il participe à la défaite de La Bicoque mais fait lever le siège de Marseille et reprend Avignon aux Impériaux la même année.

– Il tombe, armes à la main à Pavie le 24 février 1524. Victor Hugo lui rendra toutefois hommage : « Un soldat naît en France, s’y couvre de gloire, y devient maréchal, s’illustre sous trois rois, Charles VIII, Louis XII, François Ier, et se fait tuer à Pavie. Le voilà dans la fosse avec sa belle et noble vie bien remplie ; vous dites son nom, La Palice, et vous voyez apparaître un imbécile. »


2 – Louis II de La
Trémoille
LouisIIdeLaTremoille
Sa vie nous est connue par le Panégyric du Chevalier Sans Reproche rédigé après 1525 par le Grand Rhétoriqueur Jean Bouchet. Né en 1460, Louis II de La Trémoille Prince de Talmont, Duc de Noirmoutiers, Comte de Thouars, de Guînes et de Benon, Baron de Mauléon et de Craon, Seigneur de Sully, de l’Île-de-Ré, de l’Isle-Bouchard, de Châteauneuf-sur-Sarthe, de Buron, de Marans, de Saint-Germain, de Briolay et de la Possonnière est issu d’une famille de grands féodaux. Comme l’explique Laurent Vissière, son rang l’appelle à être reconnu en servant la Couronne des Valois.

– Louis II de La Trémoille est éduqué et instruit par son oncle Georges II de La Trémoille et entre à quatorze ans comme Page à la Cour de Louis XI. En 1483, à la mort de son père et de Louis XI, Louis de La Trémoille devient l’un des hommes de confiance de la Régente Anne de Beaujeu. Lors de la Guerre folle, il vainc les troupes du Duc de Bretagne François II et de Louis d’Orléans (futur Louis XII) à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier (1488). Toutefois, il ne peut s’emparer de Rennes fermement tenu par la jeune Duchesse Anne de Bretagne. Auparavant, en 1485, Louis II de La Trémoille a épousé Gabrielle de Bourbon, cousine d’Anne de Beaujeu et descendant de Saint-Louis qui lui donnera un fils, Charles, mais sera terrassée très vite.

– S’il n’est pas convié au mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne à Langeais, Louis II de La Trémoille devient Chambellan de France et devient l’un des hommes de confiance du Roi. Il seconde Charles en Italie dès la fin 1494. Il force les États Pontificaux à loger l’armée et royale et en février 1495, il mène l’assaut éclair du Monte San Giovanni qui permet d’ouvrir la route de Naples au Roi de France. Il prend une part importante à la victoire de Charles VIII à Fornoue et participe aux négociations qui aboutissent à la Paix de Verceil (1499).

– Après la mort accidentelle de Charles VIII en 1498, Louis XII maintient La Trémoille dans sa charge, loin de lui tenir rancœur de l’avoir fait prisonnier treize années auparavant en Bretagne. Il ne prend alors aucune part à la première conquête militaire du Milanais et reste cantonné à un rôle de courtisan. Mais e 1500, Louis XII confie un commandement militaire à La Trémoille qui s’empare de Novare où il capture Lodovico Sforza dit « Le More ». Il décline ensuite l’offre de Louis XII de se voir octroyé le titre et la charge de Vice-Roi du Milanais et préfère rentrer en France.

– Toujours selon L. Vissière, au combat, La Trémoille est loin d’être un fonceur. Il se révèle plutôt un chef de guerre appliqué et méthodique privilégiant la mise au point d’un plan bien élaboré plutôt que le choc brutal préconisé par Niccola Machiavel et l’historien florentin Francesco Guicciardini.
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– Renvoyé par Louis XII en Italie en 1503 après la défaite de Cérignole, La Trémoille arrive à Parme mais est atteint d’une grave fièvre qui l’empêche de diriger ses troupes. En 1509, il revient dans le Milanais et contribue fortement à la victoire du Roi sur les Vénitiens à Agnadel. Battu par les Suisses dans une embuscade à Novare en 1512, La Trémoille se replie en hâte sur Dijon qu’il défend contre les Mercenaires helvètes. Il réussit à les faire partir en leur versant une très forte somme.

– En 1515, La Trémoille est présent aux côtés de François Ier à Marignan et contribue fortement à la victoire. Mais il y perd son fils Charles. L’année suivante, il se remarie avec Louise de Valentinois, beaucoup plus jeune que lui.
Après quelques années de tranquillité, il est rappelé par François Ier pour participer à une nouvelle tentative de reconquête du Milanais. La Trémoille n’y est absolument pas favorable et conseille la prudence à son souverain qui préfère prêter l’oreille à son intime, Gouffier de Bonnivet qui lui recommande d’attaquer à Pavie. Le 24 février 1525, Louis II de La Trémoille est tué d’un coup d’arquebuse.


Source :

– VISSIERE Laurent : Louis II de La Trémoille ou la découverte de l’Italie (1480-1525). Étude historique et édition de correspondance, http://www.theses.enc.sorbonne.fr