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Neuvaine pour la France : méditation du cardinal Barbarin

Le primat des Gaules nous livre la méditation d’ouverture de la neuvaine pour la France qui s’achèvera le 15 août prochain, jour de la fête de notre Dame de l’Assomption, Patronne principale de notre pays.

Voici un large extrait de cette première méditation que vous pouvez retrouver en intégralité sur http://www.laneuvaine.fr/meditation-du-cardinal-barbarin/

Dans « les paroles de vie » que Dieu donne à son peuple, le 4ème commandement : « Honore ton père et ta mère » (Ex 20, 12) est la charnière entre le monde de Dieu et notre vie humaine. De même que nous prions pour nos parents, nous confions à Dieu la terre qui nous a nourris, façonnés, construits, et tous ceux qui y vivent aujourd’hui . En priant pour la France , nous commençons par dire merci. Que de cadeaux nous a transmis la longue histoire de notre patrie ! J’entends encore Jean-Paul II, à la Messe du Bourget, le 1er juin 1980, expliquer tout ce qu’il avait reçu de la France et de ses saints. Il a eu cette formule surprenante : « France, éducatrice des peuples… ». Jamais, je n’avais pensé qu’elle avait rendu un tel service aux nations. Il est vrai que, souvent, ce sont les autres qui nous montrent quelle est notre grâce, notre vraie mission.

Lorsque, du haut de la colline de Fourvière, je laisse mon regard aller sur Lyon, j’entends le Seigneur me dire dans la prière, comme à saint Paul devant Corinthe : « J’ai un peuple nombreux à moi dans cette ville » (Ac 18, 10). Je pense d’abord à ceux qui souffrent, les malades, les familles divisées, les personnes détenues ou isolées… Je prie pour la santé et la liberté, pour le bien-être, l’équilibre et le travail de chacun. Que tous les cœurs soient ouverts ! Puis, je fais mémoire de la longue histoire de cette ville : les martyrs et les missionnaires, les artisans de l’unité et du dialogue, les chercheurs de Dieu, les serviteurs des pauvres… Il y en a eu à tous les siècles. Et cela se transforme en une demande : « Seigneur, garde Lyon fidèle à sa vocation, et attentive aux nouveaux appels que tu voudras lui lancer. »

Avec cette neuvaine pour la France, nous pourrions suivre un chemin analogue. Que tous ceux qui vivent dans notre pays s’accueillent et se respectent, qu’ils avancent dans la paix. Nous demanderons pardon, comme Jean-Paul II l’a fait pendant l’Année jubilaire 2000, car nous portons ensemble une part de responsabilité dans les choix de notre pays. Nous demanderons qu’il soit guéri de ses errements dans l’accueil de la vie, qu’il revienne à la raison sur le mariage et sur la filiation. Les premières pages de la Bible en disent clairement la vérité. Que l’on sache aussi accompagner jusqu’au bout les personnes les plus âgées, si fragilisées.

Nous prierons et jeûnerons pour mille autres intentions importantes : éradiquer la misère, veiller à ce que la justice reste… juste, et respecte les plus petits. Que tous aient une place dans la société, un travail, car c’est à la fois un lieu d’épanouissement et de service pour chacun. Que les jeunes reçoivent l’héritage culturel et spirituel auquel ils ont droit et que se lèvent de nouvelles générations d’éducateurs pour le leur transmettre fidèlement. Et si, à la lumière de son histoire, nous voyons que la France a une « vocation », que le Seigneur veuille bien l’éclairer encore et nous montrer comment la renouveler aujourd’hui.

Nous n’oublierons pas les deux grandes intentions que Jésus a pris soin de préciser : « Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9, 38) et « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt 5, 44).

Naturellement, sa dernière parole reste notre phare : « Vous serez mes témoins à Jérusalem… et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Ceux qui ont entendu ces mots n’ont pas hésité à partir. Quelle merveille, car c’est grâce à leur foi et à leur courage que nous avons reçu le flambeau !

A nous, aujourd’hui et demain, de transmettre ce trésor.