Vous êtes ici : France Histoire Esperance » histoire » Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Sixième partie

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Sixième partie

C – COMBATS A L’OUEST DE METZ

– Alors que la bataille s’engage pour le franchissement de la Moselle, l’aile gauche et le centre que forment respectivement la 90th Infantry Division, le CC A de la 7th Armored Division qu’appuie le 2nd Infantry Regiment du Colonel Worell A. Roffe s’apprête lui aussi à passer à l’attaque au nord de Metz. La 90th « Tough & Ombres » vient juste de sengage à franchir le Semoy à l’est de Sedan, avec ses régiments échelonnés d’arrière en avant du nord-ouest au sud-est.

Umetz1
1 – Le calvaire du 2nd Infantry Regiment

– Walker prend alors la décision de créer un commandement autonome pour son aile droite (Irwing, pour les têtes de ponts de Dornot et d’Arnaville), ainsi qu’un autre pour son centre confié à Silvester qui prend sous son aile le 2nd Infantry. L’objectif de cette unité combinée est de poursuivre l’attaque frontale contre Metz en progressant à partir de la ligne Armanvillers – Vernéville – Gravelotte. La mission est risquée car le 2nd Infantry ne peut espérer davantage de soutien blindé pour nettoyer un secteur particulièrement bien renforcé par les Allemands.

– L’attaque commence donc le 7 septembre avec 2 bataillons de fusiliers qui butent très vite sur des mines, des bunkers et des nids de mitrailleuses très bien dissimulés et bien appuyés par de l’artillerie. Pire, le Fahnenjunkerschule-Regiment (Division Nr. 462) bousculé les jours précédents, contre-attaque avec hargne aux côtés de détachements de la « Götz von Berlichingen ». Ils infiltrent même les lignes du 1/2nd (Major W.H. Blakefield), capturant plusieurs officiers. Selon Hugh McCole, la déconvenue est liée à la faillite du renseignement de la IIIrd Army qui n’a pas su déceler des informations précises sur l’une des parties les mieux fortifiées du Front de l’Ouest. Toutefois, en dépit de pertes très sensibles, le 1/2nd parvient à atteindre la lisière d’Amanvillers mais ne peut investir le centre du village à cause d’un important barrage d’artillerie. De son côté, le 2/2nd du Lt.Col. Leslie K. Ball réussit à s’emparer de Vernéville.

– Lindsay M. Silvester détache alors la Task Force McConnell (CC A) afin de supporter les fantassins le jours suivant sur la ligne Amanvillers-Gravelotte, avec un crochet vers l’est de Saint-Privat à l’est d’Amanvillers, avant de se rabattre sur Montigny. Après avoir couvert une courte distance sur la route à l’est de Saint-Privat, la TF se retrouve pris sous le feu ennemi provenant des Bois de Jaumont et des canons du Fort Kellermann. Sept chars et 2 canons autoportés M7 Priest sont détruit. Le Colonel McConnell envoie alors son unité par le nord pour fermer l’accès d’Amanvillers avec pour objectif de rejoindre le 1st Battalion qui combat encore pour investir la petite par l’ouest, avant de recevoir plusieurs contre-attaques sur ses flancs et des obus venus des Forts de Lorraine. Sept Field Artillery Battalions ouvrent alors un feu d’enfer pour appuyer les fantassins mais sans grand effet sur les batteries de forteresse. Le 3/2nd Infantry du Major. R.E. Conner (flanc droit du régiment) attaque alors à l’est de Malmaison vers la Ferme de Moscou. Il tombe alors dans un nid de mitrailleuses et de bunkers qui prennent les GI’s sous un feu croisé au sud-est de Gravelotte. De son côté, le 2/2nd parvient à abattre quelques centaines de mètres à l’est de Vernéville pour se coucher à l’ouest du Fort de Guise.  Au soir du 9 septembre, le Colonel Roffe informe Silvester qu’il a déjà perdu 332 soldats et sous-officiers pour 14 officiers. Le 1/2nd a le plus souffert avec 228 hommes perdus. Roffe fait aussi comprendre que l’artillerie est inutile contre le système fortifié allemand. En outre, les avions du Major.General Weyland qui ont pu être mis à la disposition de Patton se trouvent alors disposés sur un front très large. Néanmoins, le 10 septembre, Weyland met à disposition du XXth Corps 3 Squadrons de chasseurs-bombardiers P-47 « Thunderbolt » armés de bombes de 500 livres pour contribuer à la perceée sur Amanvillers. Les pilotes américains décollent alors à 18h00 et larguent leurs « colis » sur les forts ennemis mais là encore, sans grand effet. Ceci-dit, l’Infanterie repart à l’assaut en dépit du chiffre des pertes qui grimpe face à une résistance acharnée. Les Américains doivent réduire chaque nid de mitrailleuse et chaque trou individuel dans une série d’engagements féroces. Toutefois, la TF McConnell réussit à basculer sur le flanc du 1st Battalion et à avancer à plusieurs centaines de mètres d’Amanvillers. De son côté, le 2nd Battalion parvient à gagner quelques arpents de terrain et à consolider ses lignes à l’est de Vernéville. Quant au 3rd Battalion, il continue à combattre pour avancer à l’est de Gravelotte et de Malmaison. Mais il se heurte à des Allemands qui connaissent parfaitement le terrain pour s’y être entraînés. Des mitrailleurs bien dissimulés dans le ravin de Mance bordé de petits bois, empêchent les Américains de déboucher dans le Bois des Génivaux.

– Devant cette situation bloquée, Silvester décide d’utiliser le Combat Command R du Colonel Molony, jusque-là maintenu en réserve tactique à Sainte-Marie derrière le flanc gauche du 2nd Infantry Regiment, après la sortie de la route (encombrée) menant à Arnaville. Molony doit effectuer un crochet depuis les environs de Roncourt pour tenter de tourner les positions allemandes bloquant les 1st et 2nd Battalions. Simultanément, l’infanterie effectuera une nouvelle attaque frontale.
A 06h30 le 11 septembre, l’unité blindé se porte vers l’est  sur la route menant à Pierrevillers, au travers un tir de barrage d’artillerie et de canons antichars sporadiques. Mais près de Pierrevillers, la colonne de tête se heurte à des obstacles antichars avant d’être pris à partie par des canons PaK, ce qui la contraint à se reporter plus au sud, vers Semécourts. Mais son avance se retrouve une fois de plus bloquée par des tirs provenant des Forts Canrobert. Le CC R subit alors de lourdes pertes, les équipages ne parvenant pas à repérer les pièces soigneusement camouflées. Pire encore, Molony, le Lt.Col. Robert B. Jones commandant du 814th TD et le Lt.Col. Edmund L. Keeler commandant du 38th AIB, tous sont blessés. Le commandement du CC R échoit alors au Colonel Norman E. Hart. Déployant son infanterie portée dans le terrain vallonné, Hart réussit à s’assurer le contrôle du sommet du plateau… pour se rendre compte que l’itinéraire de son crochet tombe en plein sur des fortifications allemandes.

– Le 2nd Infantry tente des suivre les chars à 08h00 pour être heurté par des violentes contre-attaques qui rompent ses lignes localement. Mais grâce à l’action d’un mitrailleur de la H Company, le Private Carlton C. Bates, le 2/2nd Infantry parvient à reprendre le terrain perdu et avance jusqu’aux fortifications avec l’appui de canons et de fumigènes. Mais l’unité se fait rejeter au pied des ouvrages par une nouvelle contre-attaque ennemie. Il doit encore repousser un assaut allemand sur ses positions. A la fin de la journée, le Battalion a perdu la moitié de ses soldats.
Près d’Amanvillers, le 1/2nd connait lui aussi un véritable calvaire à cause d’un feu nourri de mortiers, canons et mitrailleuses, forçant les GI’s à se replier de plusieurs centaines de mètres sous le couvert d’un barrage d’artillerie et d’un écran fumigène.

– Silvester doit alors revoir ses plans. Il fait relever le 1st Battalion bien mal en point par le 3rd, retiré du secteur de Malmaison, le vide laissé par l’unité étant comblé par le 87th Cavalry Reconnaisance Squadron. Dès le 11, le reste du 2nd Infantry repart au combat pour reprendre le terrain perdu. Deux jours de combats sont nécessaires pour dépasser Amanvillers et s’assurer du contrôles des lignes de haies autour de la Ferme de Montigny. Le 3/2nd voit alors la liste de ses pertes s’allonger dramatiquement. C’est seulement le 14 que le Colonel Roffe reçoit l’ordre de cesser ses attaques. Il était grand temps car son régiment est décimé, épuisé et a perdu ses capacités tactiques.

2 – Aile gauche : prise de Thionville

– Au centre de son dispositif, Silvester ordonne au CC A de Rosebaum d’appuyer l’aile droite de la 90th Infantry Division en exerçant une pression sur la « tête de pont de Metz » et empêcher les Allemands de traverser la Moselle dans le secteur d’Argancy, aux abords de l’anneau extérieur des fortifications de Metz. Rosebaum concentre alors la Task Force Chappuis dans le secteur de Talange (40th Tank Battalion, 48th AIB, 695th Armored Field Artillery Battalion, ainsi que des Tank Destroyers et des éléments du Génie). Le 6 septembre, Chappuis fait donner son artillerie contre le dispositif allemand mais les batteries de forteresse ennemies répliquent causant des pertes au 48th AIB. Le duel dure jusqu’au 15 septembre, date à laquelle le CC A est relevé.

– Pendant ce temps, plus au nord, la 90th Division de McLain démarre son avance vers le nord-est en nettoyant méthodiquement les positions enemies de sa zone, pendant que le 43rd Cavalry Reconnaissance Squadron lance des détachements de reconnaissance au nord et à l’ouest. Le Major.General Raymond S. McLain fixe alors comme principaux objectifs, la capture du plateau dominant Thionville à l’ouest, la préparation de la capture de la même ville et la saisie des points de franchissement dans les environs de la ville. Bien qu’handicapée par un afflux de remplaçants inexpérimentée, la 90th « Tough & Ombres » est devenue une division mieux aguerrie et commandée par un chef compétent, faisant oublier ses premiers engagements laborieux – sinon calamiteux – en Normandie trois mois plus tôt.
Les rapports fournis par le renseignement divisionnaire lui annoncent que les Allemands s’apprêtent à déclencher une action visant à empêcher son avance. De plus, initialement, une nouvelle division devait assurer la liaison entre l’aile droite (sud) du Vth Corps de Gerow (Ist Army) et la 90th. Seulement, l’unité en question n’était toujours pas arrivée sur place et les troupes de McLain doivent assurer la garde du flanc nord de la IIIrd Army, empêchant donc son chef de lancer une attaque vers l’est avec des forces mieux concentrées.

– Le matin du 7 septembre, le 357th Infantry Regiment du Colonel George H. Barth quitte ses positions d’Etatin pour s’emparer la petite ville minière de Briey qui est aussi un important nœud routier. Briey est alors tenu par des éléments de la 559. Volks-Grenadier-Division. Barth attaque alors avec ses 1st et 3rd Battalion par les ailes et avec le 2nd de front. Résultat, Briey tombe après une journée de combat. 442 prisonniers sont ramassés par les Américains.
Sur la gauche du 357th, le 358th Infantry du Colonel Christian H. Clarke s’empare du plateau à l’ouest de Trieux sans rencontrer de grande résistance. McLain vient alors installer son PC à Mairy, au sud-ouest de Trieux. Plus en arrière nord du 358th, le 359th Infantry du Colonel Robert L. Bacon (celui qui avait fermé la Poche de Falaise deux semaines plus tôt) atteint un point situé au nord-est de Landres.

Insigne de la 90th Infanty Division

Insigne de la 90th Infanty Division

Major.General Raymand S. McLain, commandant de la 90th Infantry Division

Major.General Raymand S. McLain, commandant de la 90th Infantry Division

– Côté allemand, on ne reste sûrement pas inactif. Le 7 septembre, Otto von Knobelsdorff décide de lancer la 106. Panzer-Brigade en contre-attaque dans le flanc gauche de la IIIrd Army afin d’empêcher les Américains de mettre la main sur les mines de Briey. Hitler approuve alors ce plan mais exige qu’il soit appliqué à la 106. PzBgde pour quarante-huit heures seulement. Durant la soirée donc, Brigade s’installe à Aumetz, quasiment à la jointure des 357th et 358th.

– L’assaut a lieu pendant la nuit, vers 02h00 du matin mais tourne vite à une série d’engagements sans coordination aucune. D’abord surpris, les Américains ripostent avec toutes les armes qui peuvent leur tomber sur la main : fusils, grenades, bazookas, canons antichars et Tank Destroyers. La section d’artillerie de l’Etat-major de la Division se retrouve encerclée mais se dégage de la nasse après un furieux combat. A la tombée du jour, après s’être réorganisés, trois Bataillons d’Infanterie américains appuyés par des chars et des chasseurs de char se jettent sur les assaillants et finissent par les repousser. Cet épisode montre la capacité des allemands à percer les lignes américaines dans des contre-attaques montées en vitesse, mais démontre aussi leur incapacité à exploiter leur succès.

– Durant la matinée du 8, le 357th Infantry force le bataillon de la 559. VGD défendant Briey à se rendre et son 1st Battalion occupe la colline boisée à l’ouest de Neufchef, ce qui lui permet d’observer les mouvements allemands. La riposte ne tarde pas puisque le 1/357th doit repousser un assaut allemand de plusieurs dizaines de minutes avec l’aide de canons de campagne. La situation du bataillon devenant de plus en plus précaire, le 1st Lt. Joseph R. McDonald se poste sur une colline avec une radio et dirige lui-même le tir d’artillerie, contribuant à l’échec de la contre-attaque allemande. Tué durant son action, McDonald recevra la Distinguished Service Cross (DSC) à titre posthume.

– L’interrogatoire de prisonniers comme la saisie d’ordres à Briey indiquent à McLain que les Allemands s’apprêtent à déclencher une contre-attaque le 9 et maintien ses troupes en position. Mais au même moment, la 559. VGD amorce son retrait en laissant plusieurs détachements sur ses arrières, ce qui permet à la 90th Infantry Division de reprendre son avance vers le nord-est. Les Américains capturent plusieurs groupes d’allemands dans des bois ou sur des chemins. Le 3/359th coupe à travers champs et tend une embuscade à une colonne formée de charriots hippomobiles. 200 soldats et officiers allemands sont tués ou faits prisonniers. A la tombée de la nuit, les bataillons de tête de la « Tough & Ombres » bivouaquent dans les environs de Fontoy et Neufchef, à environ 6 km de Thionville. La Moselle se découpe aux observateurs américains placés sur les hauteurs de Neufchef.

– Le 10 septembre, la 559. VGD à laquelle il manque l’un de ses régiments, tente encore de retarder l’avance de la 90th Infantry Division. Ainsi, le 357th Infantry tente de prendre Neufchef et Hayange mais se retrouve bloqué par la riposte allemande. Du côté du 358th, le Colonel Clarke pousse le 3rd Battalion vers Algrange où se situe une gorge qui mène à Hayange. Sur le flanc nord, le 359th Infantry s’empare d’Aumetz et passe à travers une section abandonnée de la Ligne Maginot. Cette poussée réussie permet alors à McLain d’élaborer ses plans pour s’assurer du contrôle de la rive de la Moselle et prendre Thionville par un assaut. Au même moment, la 5th Armored Division du Major.General Lumsford E. Oliver (Ist US Army) suit la 90th Infantry dans la foulée et peut être déployé pour une attaque vers l’est. De son côté Raymond S. McLain ordonne à Bacon de faire tenir son 359th sur place pour le maintenir en bon état avant de franchir la Moselle près de Thionville, pendant que ses deux autres régiments doivent continuer leur attaque. Les Allemands évacuent les pentes à l’est d’Algrange pendant la nuit, permettant au 3/358th de prendre le contrôle des crêtes au sud-ouest de Volkrange après y avoir rejeté quelques défenseurs. Le bataillon se tient alors près à descendre dans la plaine jouxtant Thionville. Les hommes du Colonel Clarke mènent alors plusieurs actions avec succès pour s’assurer une ligne de départ sur les hauteurs. Un rapport du 358th Regiment indique – avec une bonne dose de fierté : « Avons un bon panorama d’observation et pouvons voir la moitié de la route menant à Berlin ». Clarke ordonne alors aux 1st et 3rd Battalions de maintenir un couloir ouvert un couloir d’accès vers Thionville pour le 2nd Battalion. Le lendemain 10 septembre, les fantassins américains dévalent la pente mais se heurtent à une forte arrière-garde allemande.

– Sur le flanc droit (sud) de la Division, le 357th Infantry du Colonel Barth réussissent à atteindre la Moselle au sud de Thionville et à capturer Florange, alors important carrefour ferroviaire de la région. Le 11, la résistance allemande à l’ouest de la Moselle prend fin, von Knobelsdorff ayant ordonné d’évacuer toute la rive gauche dans le secteur au nord de Metz. Le 357th occupe alors Uckange et s’ancre le long de la rivière pendant que le 358th, appuyé par des chars sur ses flancs, commencent à tâter les abords de Thionville. La progression à l’intérieur de la ville industrielle est ralentie par des mines et par des accrochages avec les Allemands. A la tombée de la nuit les hommes du Colonel Clarke sont presque maîtres de Thionville mais une équipe de Pioniere allemands réussit à faire sauter le pont enjambant la Moselle. McLain devient alors anxieux à l’idée de faire traverser la Moselle face à de bonnes fortifications allemandes. Il opte alors pour faire traverser la Moselle au régiment du Colonel Bacon au nord de Thionville, afin de tourner les défenses de la rivière. L’un des bataillons du 359th Infantry est déjà en route en vue de s’emparer des hauteurs de Basse Krontz pendant que le reste doit effectuer une diversion au nord de Malling, pendant que le 358th devait participer à l’assaut au centre. Mais à peine McLain eût il achevé de dresser son plan d’attaque que Walker lui donne l’ordre d’étendre sa tête de pont vers le sud afin de soulager le front de la 7th Armored Division et de la 5th Infantry Division.

3 – Étendre la tête de pont d’Arnaville : le cauchemar de Sillegny

– La décision de Walker trouve sa motivation dans l’état de fatigue et les pertes de plusieurs unités de la 5th Infantry. En outre, les effectifs de remplacement venant des dépôts de Paris tardent à arriver. Et pire encore, les batteries de canon du Fort Driant détruisent un bac et endommagent une partie du pont posée par le Génie. Harris W. Walker envisage alors de renforcer son flanc droit. La 7th Armored doit s’assembler dans la tête de pont avant de se répartir en plusieurs groupes pour attaquer vers l’est et encercler Metz par un mouvement tournant par la gauche, ce qui doit permettre à la 90th Infantry de franchir sans trop de problèmes le secteur de Thionville. Du coup, McLain fait glisser sa 90th Infantry Division vers le sud, laissant alors le 43rd Reconnaissance Cavalry Squadron renforcer son flanc nord. Walker met aussi sur pied une « deception team » (unité d’intoxication) afin de faire croire à un passage en force dans le secteur tenu par les unités de cavalerie légère. L’équipe en question arrive finalement des rangs du QG du 12th Army Group de Bradley et fit croire aux Allemands de l’arrivée d’une nouvelle division blindée dans ce secteur. Toujours selon McCole, le subterfuge a semblé fonctionner très convenablement puisque les rapports remis à l’OB West firent mention d’une « 14th Armored Division ».
La 90th Infantry Division reçoit alors l’ordre de maintenir une petite force à Thionville et de relever la 7th Armored Division et le 2nd Infantry Regiment au nord et à l’ouest de Metz. Puis, le 15 septembre, le gros de la « Tough & Ombres » devra démarrer son attaque pour nettoyer le secteur ennemi à l’ouest de la Moselle sur le flanc sud du XXth Corps, en coopération avec les éléments restant du 2nd Infantry du Colonel Roffe.

map4
– Pendant la nuit du 14-15 septembre, la 90th Infantry Division achève la relève de la « Lucky Seventh » et s’établir sur ses nouvelles positions : le 358th Infantry du Col. Clarke tient la ligne Uckange – nord de Garche avec la 90th Reconnaissance Troop qui patrouille sur les rives de la Moselle à Talange ; le 357th Infantry du Col. Barth se déploie à l’ouest de Saint-Privat et le 359th de Bacon s’accroche à la route Amanvillers – Habonville au sud de Gravelotte.

– Simultanément, la 5th Infantry Division d’Irwin doit tenter d’élargir la tête de pont d’Arnaville en poussant vers le sud afin d’établir une base plus profonde pour de futures opérations en direction de Metz. Le 13 septembre, en fin d’après-midi, le Combat Command B de Thompson, arrivé très récemment dans la tête de pont, démarre une poussée vers le sud et l’est (Mardigny), afin d’étendre la tête de pont et dégager le flanc droit de la 5th Infantry Division. Mais après Arry, la colonne blindée se retrouve bloquée par un vigoureux tir de barrage antichar et d’artillerie. Irwin a beau expliqué à ses supérieurs que cette mission s’avère impossible, Walker et Patton sont alors sous la pression de Bradley qui a lui-même assuré à Eisenhower que la IIIrd Army pouvait passer définitivement la rive droite de la Moselle.

– La malchance semble s’abattre sur le XXth Corps et la 5th Infantry Division en particulier, puisque lorsqu’Irwin s’apprête à exécuter l’ordre de Walker, une pluie diluvienne s’abat sur cette partie de la Lorraine durant la nuit, provoquant un gonflement de la Moselle, détrempant les sols et donc, rendant son franchissement impossible pour les chars.

– Le 15 septembre à 09h30, le CC B de Thompson couplé au reste du 10th Infantry Regiment du Colonel Pell avance vers le sud-est dans le brouillard et devant manœuvrer au compas. L’avance est lente et difficile et les tireurs de chars sont forcés de pointer au juger. Mais le brouillard a aussi l’effet bénéfique ( ?) d’aveugler la défense allemande qui ne riposte pas. Des prisonniers sont même envoyés dans les lignes de la 5th Infantry Division. Arry est enfin capturé. Le 3/10th, appuyé par le B Company du 735th Tank Battalion s’empare de la Cote 396 après un combat particulièrement féroce contre les troupes allemandes accrochées dans des nids de mitrailleuses sur les pentes. Mais aussitôt arrivée au sommet dépourvu d’arbres, l’Infanterie américaine subit une violent tir de barrage qui l’immobilise. Même si cette position s’avère intenable, le 3rd Battalion peut profiter temporairement d’une bonne vue sur l’ensemble du front de la division, lui permettant de s’emparer de la petite ville carrefour de Lorry. A la fin de l’après-midi, le CC B achève les opérations du jour par la capture de Mardigny et de Vittonville, les localités les plus au sud de la progression.

– Le reprise de l’activité de l’US Army dans la tête de pont d’Arnaville et la présente d’importantes forces blindées à l’est de la Moselle obligent désormais Hitler à prendre des décisions concernant le futur statut tactique de la Festung Metz et e sa garnison. Le 8 septembre, tandis que les forces américaines commencent à opérer leur poussée vers Thionville et Metz, le Generaloberst Johannes Blaskowitz pose à ses supérieur la question sur le devenir de Metz. Doit-on la laisser retenir dans les lignes de la 1. Armee ou bien se replier du côté est de la Moselle ? Blaskowitz recommande donc de défendre le secteur en maintenant des forces terrestres plus mobiles, en contact avec troupes tenant la garnison. Seulement, que faire des 150 élèves officiers à l’intérieur de la garnison ? Mais comme ni l’OB West (von Rundstedt) ni l’OKW n’était prêt à prendre la responsabilité d’une telle décision et lorsque la menace sur Metz se précise à partir du 15 septembre, la question de Blaskowitz arrive sur le bureau du Führer. Comme à son habitude depuis début 1944, Hitler défend son idée des villes forteresses (Festung-Plätze) dont l’efficacité s’est  pourtant révélée douteuse sur l’Ostfront (Brobuisk, Moghilev, Vitebsk*), même si elle a pu retenir les troupes alliées dans l’Ouest de la France (Cherbourg, Brest, Saint-Nazaire, Lorient, La Rochelle, Royan, Pointe de Graves) et encore, en nombre limité. La réduction de la poche de Brest ayant été réglée en moins de trois semaines par le VIIIth Corps (voir article « La bataille de Brest »). Le 15, Hitler donne l’ordre à la garnison de Metz de résister jusqu’au bout après l’encerclement. Mais le 16, sûrement après avoir été convaincu par Alfredl Jodl (chef d’état-major de l’OKW), il donne l’ordre à la 1. Armee de renforcer la garnison au nord et au sud afin d’éviter tout encerclement.

– Revenons du côté américain. L’état-major de la IIIrd Army et le Major.General Silvester mettent sur pied un plan selon lequel la « Lucky Seventh » devait bondir depuis la ligne Fey – Mardigny pour tourner les forts au sud de Metz « connus » par le renseignement, franchir la Seille, obliquer vers le nord (Verny), franchir le Nied et encercler l’est de Metz. Ensuite, le CC A de Rosebaum devra se diriger vers le cœur de la cité tandis que le CC R de Thompson sera en charge de protéger le flanc est (droit) de la Divsion afin de prévenir à toute tentative de dégagement de la part des Allemands.
Il faut aussi compter avec la météorologie. Si le temps reste mauvais, les colonnes blindées peuvent espérer recevoir un peu de ravitaillement par les airs mais ne pourront se déployer en pleine campagne et devront se contenter de progresser en ligne sur les routes de la région, là où justement, les Allemands avaient pris soin de concentrer le feu de leur artillerie.

Tôt dans la matinée du 16 septembre, le CC R commandé par le Colonel Peter T. Heffner lance une attaque pour rompre la ligne ennemie sur la route Lorry – Sillegny. Mais dès le début, les difficultés commencent. Retranchés dans un large bois le long de la route, les Allemands harcèlent la colonne. La TF du Lt.Col. J.A. Wemple tente de nettoyer le bois mais s’y fait rejeter par un tir d’artillerie provenant de Sillegny qui hache les arbres. Le CC A qui a franchi la Moselle durant la matinée se joint à l’attaque à 14h00 mais perd son bataillon de char qui n’a pas gagné sa ligne de départ en raison d’une confusion d’ordres. Les fantassins portés du 48th AIB s’élancent néanmoins vers le hameau de Vezon pour se retrouver immédiatement pris sous un déluge de feu provenant du Fort Verdun au nord. Le Colonel Chappuis tente alors de réorienter ses compagnies de fusiliers sur Marieulles pour se faire immédiatement barrer la route par des soldats allemands tapis dans leurs trous.

– La 5th Infantry Division passe à l’attaque en fin d’après-midi mais sur des positions que les Allemands ont plutôt bien renforcées en profitant de la brume matinale et de la pluie. Les Allemands lancent même un assaut à la jointure des 10th et 11th Infantry Regiments. Un bataillon lourdement armé de lance-roquettes et de fusils antichars, gravit le versant ouest de la crête de Vezon et vient frapper dans le flanc du 11th Infantry. S’ensuit alors un combat aussi confus que furieux qui dure toute la matinée. Les Allemands sont rejetés des positions du 11th par l’arrivée salvatrice de chars du 735th TB.

– Plus au sud, le 10th Infantry et le Combat Combat A repartent à l’assaut de Marieulles, farouchement tenu par 500 Allemands. Le combat dure toute la journée. Un premier assaut lancé par les 48th et 23rd AIB échoue à la lisière de la localité à cause de canons de 88 mm qui tirent des obus hautement explosifs. Dans l’après-midi, l’artillerie du XXth Corps fait donner trois bataillons de 155 mm qui pilonnent Marieulles pendant une minute. Puis, des groupes d’artillerie légère vient en aide aux fantassins pour réduire la résistance allemand dans les bâtiments. Après un furieux combat, les Américains s’emparent de la petite ville en faisant 135 prisonniers.

– Sur la droite, le CC R tente à se débarrasser des obstacles pour s’établir une base de départ à la lisière du Bois de Dauont avant d’attaquer Sillegny. Mais la bonne discipline de feu allemande inflige des pertes sensibles aux équipes américaines. La contre-batterie américaine s’avère futile dans le brouillard. Résultat, les troupes et les véhicules restent agglutinées sur la route sans pouvoir bouger. Mais lorsque le CC B se trouve prêt au départ, Silvester ordonne une attaque sur la Seille, pendant que le CC A se tient en réserve derrière Marieulles après avoir été relevé par le 10th Infantry Regiment. Pendant ce temps, le 2nd Infantry Regiment parvient à occuper la Cote 245, allongeant la tête de pont américain de quelques kilomètres.

– Walker et Silvester montent alors un nouveau plan d’attaque pour le 18  septembre pour élargir le front du XXth Corps. Leurs objectifs sont quatre villes situées le long de la route Metz-Cheminot qui suit le cours de la Seille : Pournoy-la-Chétive (2/10th Infantry), Coin-s/-Seille (1/2nd Infantry), Sillegny (CC R) et Longueville-lès-Cheminot (CC B). Le reste des deux divisions étant paré pour exécuter la manœuvre vers Metz. Walker renforce l’artillerie dans la tête de pont d’Arnaville mais les capacités d’observation restent limitées.

– Le 18 septembre, le CC B occupe Bouxières-/s-Froidmont qui a été évacuée par les Allemands qui y ont enterré des mines. L’assaut échoit à l’Infanterie, les chars devant se contenter de rester en appui-feu. Durant le reste de la matinée, les unités américaines s’emploient à dégager la route vers l’est. Lorsque 3 Compagnies d’Infanterie portée (48th et 23rd AIB) se lancent vers le cours de la Seille, elles sont rapidement prises sous le feu des Allemands retranchés sur la Cote 223.

– Sur le flanc gauche, les bataillons de tête de la 5th Infantry Division démarrent leur assaut durant l’après-midi et ne rencontre qu’une faible résistance et parviennent à s’avancer jusqu’aux versants ouest de Pournoy-la-Chétive et de Coins-s/-Seille. Mais les unités de la 5th Division avancent plus lentement que prévu car ses GI’s ont onze jours de combats dans les bottes. L’infanterie se trouve alors arrêtée à l’est de Verny par plusieurs forts. L’arrivée de quelques chasseurs-bombardiers armés de bombes au napalm ne change strictement rien.

– Au centre, le CC R lance sa première attaque sur Sillegny à 15h15 avec 2 Compagnies du 38th AIB (Lt.Col. W.W. Rosebro), 3 compagnies de Sherman du 17th TB (Col. Wemple) et l’appui de quatre bataillons d’artillerie. Mais dès lors que l’Infanterie américaine sort des bois, l’artillerie allemande la cloue au sol depuis les forts de Verny. Les observateurs détachés par les quatre bataillons d’artillerie d’appui ne peuvent repérer les canons allemands et les contre-batteries s’avèrent inefficaces. Du coup, les artilleurs allemands s’en donnent à cœur joie, déversant un déluge d’acier sur les fantassins américains. Même si les équipages de Sherman du Colonel Wemple parviennent à franchir courageusement le mur de feu, la perte de cinq engins, l’absence de fantassins d’appui et le manque de munitions les contraignent à se replier. De leur côté, les fantassins refusent catégoriquement de courir au suicide et se replient dans les bois. Le Colonel Heffner appelle alors le QG de la Division pour expliquer qu’il n’a plus que 2 sections de fantassins en réserve et ses forces sont trop faibles pour prendre Selligny. Les Colonels Rosebro et Heffner, ainsi que d’autres officiers arrêtent la fuite de l’Infanterie, la reprennent en main et la réorganisent.  Quant aux équipages du 17th TB de Wemple, plus personne ne veut prendre le risque de les lancer au milieu du feu des canons allemand. Cependant, les officiers américains apprennent de la bouche de prisonniers allemands que les défenseurs du secteur de Verny ont été renforcés par deux compagnies d’infanterie ponctionnées à Metz.

– Les combats reprennent le lendemain, tout aussi sanglants et confus. Le 38th AIB paie un lourd tribut au niveau de ses officiers. Son chef, le Colonel Rosebo est mortellement blessé, son officier adjoint, le Major. C.H. Rankin est tué. Et lorsque le Major T.H. Wells prend le commandement, il est mis hors de combat lui aussi. Envoyé pour prendre le commandement du bataillon, le Lt.Col. Theo T. King n’a d’autre choix que de replier ses trois compagnies. Pendant que King réorganise son unité, l’artillerie du XXth Corps déclenche un tir nourri sur Sillegny. A 13h15, l’Infanterie attaque une fois de plus et réussit à entrer dans la ville recevoir de plein fouet un nouveau bombardement allemand. Les hommes du 38th AIB se retrouvent alors incapables d’occuper la localité ou d’en sortir. Bien évidemment, les fantassins allemands en profitent pour contre-attaquer avec l’appui de blindés. Le salut des trois compagnies américaines vient encore du ciel avec l’arrivée de P-47 qui viennent matraquer les colonnes allemandes. Quelques chars et Grenadier réussissent à s’infiltrer dans Sillegny mais deux chars Sherman qui ont pu rester à l’intérieur parviennent à les mettre hors d’état de nuire. Mais le Lt.Col. King est blessé et doit être évacué, laissant son commandement à un Capitaine de trente-trois ans. A 18h30, les Allemands relancent un nouvel assaut sur Sillegny et à 19h00, le contact entre les américains encerclés et le CC R est rompu. Le Lt.Col. R.L. Rhea, nouveau commandant du 38th AIB reçoit alors l’autorisation de rompre l’engagement. Les fantassins survivants – soit un quart seulement de l’effectif de départ –  doivent alors s’enterrer à l’est des bois. Le Colonel Wemple déploie alors ses chars entre les lignes avancées du CC R et Sillegny. Le CC A de Rosebaum prend alors position en face de Sillegny et se prépare à reprendre le chemin de Sillegny.

– Les choses se passent mieux du côté du CC B qui réussit à progresser vers la Seille. Le matin du 19 septembre, le 48th AOB parvient à chasser les artilleurs allemands de la Cote 223, permettant au 23rd AIB et au 31st TB de s’engager en direction du cours la rivière et de Longueville. Mais là, les Allemands résistent avec acharnement à l’aide de canons antichars mais au final, les Américains finissent par s’emparer de Longueville.
En revanche, la tentative de prendre Cheminot sur la rive droite de la Seille échoue au prix de cinq chars détruits par des tirs provenant de la rive opposée. Cheminot reste une menace dans le flanc droit du XXth Corps et le flanc gauche du XIIth d’Eddy jusqu’au 22 septembre, date à laquelle les éléments de la 553. VGD évacuent la localité.

– En milieu d’après-midi du 20 septembre, le CCA achève d’organiser ses positions à l’ouest de Sillegny, en se voyant rattaché le 48th AIB. En coordination avec le CC B, le CC A tente d’isoler Sillegny en effectuant un crochet par le nord mais ses chars sont bloqués à Creux où la Seille forme un méandre. Un second enveloppement par le sud est tenté mais il butte sur des casemates et des canons antichars situés de l’autre côté de la Seille. Une tentative de poussée vers l’est sous un feu d’artillerie provenant de Cheminot se révèle tout aussi infructueuse. Pendant la nuit, les Allemands en profitent pour renforcer les éléments de la 17. SS-PzGren-Div « G.v.B » sur la ligne de la Seille pendant la nuit du 20-21 septembre.

– Peu avant le lever du jour, le CC B envoie deux compagnies traverser la Seille à gué au sud et à l’est de Longueville. Malheureusement, les équipes du Génie du CC ne disposent pas de tout leur matériel pour jeter un pont sur la rivière. Finalement, au lever du jour les compagnies se replient et la 7th Armored Division commence à monter un plan de franchissement coordonné pour le 23 septembre, tout en rassemblant le matériel des pontonniers. On peut constater que l’échec du XXth Corps à encercler Metz rapidement dès la fin du mois d’août, contrairement aux estimations de Patton, a permis aux Allemands de bien coordonner l’exécution de leur plan de destruction des ponts sur la Moselle et la Seille. Par conséquent, les 5th Infantry et 7th Armored Divisions sont forcées de se battre dans des conditions bien moins favorables qu’attendues et avec des pertes dramatiquement sensibles face à un adversaire opiniâtre, mordant et particulièrement bien retranché. Faut-il encore souligner l’échec du renseignement américain ? La 7th Armored Division avait déjà perdu 47 Sherman, 8 chars Stuart, 1 106 hommes dont 469 tués en un peu plus d’une semaine. La « Lucky Seventh » comme on la surnommera, a bien été malchanceuse durant cette fin d’été 1944.

– Pendant que les hommes de Lindsay M. Silvester tentent de trouver un point de franchissement sur la Seille, la 5th Infantry d’Irwin, sur le flanc gauche, avance elle aussi lentement. Le 18 septembre, le 10th Infantry du Colonel Pell fait avancer des patrouilles à l’est de Pournoy-la-Chétive pendant que la 2nd Infantry du Colonel Roffe occupe définitivement la Cote 213 en vue de la Coin-s/-Seille. Irwin ordonne alors que les deux villes soient prises le lendemain. Mais cette prudence permet aux Panzergrenadiere de monter une contre-attaque en force contre Coin-s/-Seille. Mais heureusement, l’intervention des P-47 de Weyland et de l’artillerie divisionnaire contrecarre le projet allemand. Tard dans la soirée, le 2nd Infantry est frappé par une contre-attaque provenant de Coin-s/-Seille mais une fois de plus, les artilleurs rétablissent la situation.

– Irwin ordonne alors de lancer une attaque coordonnée par les 2nd et 10th Infantry Regiment. Le coordination est assurée par le Brigadier.General Alan D. Warnock, commandant-adjoint de la Division. Sauf qu’il ne faudra pas compter sur un fort soutien en artillerie en raison du manque de munitions et un ciel bas empêche les appareils d’assurer une couverture aérienne efficace. Néanmoins, les bataillons d’assaut réussissent à se dégager un passage au milieu d’un tir de barrage de chars, de mortiers et de canons. Tôt le matin, le 1/2nd s’assure la prise de Coin-s/-Seille, même si son flanc s’est retrouvé pris sous le feu des artilleurs allemands provenant de Sillegny. Au nord, le 2/10th du Lt.Col. Paul T. Carroll est durement accroché par les Allemands bien retranchés dans Pournoy-la-Chétive, malgré l’appui de la B Company/735th TB, de la B Company/818th TDB et de la B Company/7th Engineer Combat Battalion. Deux chefs de compagnies sont tués et les Américains doivent s’enterrer à 200 mètres de la localité sous le bombardement allemand. Les compagnies du bataillon sont désorganisées et il faut tous les efforts des vétérans comme ceux de l’état-major de Carroll pour rétablir l’organisation. En début de soirée, le 2/10th repart à l’attaque pendant que les chars et les Tank Destroyers  M10 « Wolverine » enveloppent Pournoy par l’est et le nord, forçant les allemands à se retrancher dans les bâtiments. Carroll déploie alors son bataillon – encore désorganisé – en couverture au nord, à l’est et au sud.

– Pendant la soirée, Irwin rend visite à ses chefs de Régiments et constate qu’aucune poussée vers l’est ne sera possible sans un fort appui d’artillerie. Prenant connaissance de la situation, Walker autorise Irwin à maintenir sa Division sur les positions conquises. La progression sur Pournoy-la-Chétive forme alors un angle droit qui s’avère être la clé de la possible percée de la 5th Division sur la Seille. Pour réduire se saillant, Sinnehuber commandant du LXXXII. Armee-Korps déploie toute les réserves disponibles de la 17. SS-PzGren. « G.v.B » et les restes de la 106. Panzer-Brigade. Pendant toute la soirée, les batteries lourdes des Forts de Verny et de Fleury, ainsi que les pieces des 88 et 20 mm disponibles donnent de la voix toute la nuit. Pendant la nuit du 21, un fort parti d’Allemands s’en prend au 2/10th, désorganisant ses lignes temporairement. Une compagnie est presque anéantie et une autre est réduite 2 officiers et 64 hommes de troupe. Les Américains réussissent à rétablir la situation mais 450 hommes sur 800 ont été tués ou sont hors de combat. Durant toute la journée du 21, partant de Coin-lès-Cuvry (environ 1,5 km plus au nord), les Allemands opèrent une série d’assaut avec Panzer, blindés légers et infanterie mécanisée, avec un bon appui d’artillerie. Et c’est encore l’artillerie du XXth Corps – notamment les obusiers lourds de 240 mm – qui sauvent la situation. Le 2/10th a tenu mais il est à bout de forces et doit abandonner Pournoy pour être relevé par le 1/10th durant la nuit du 23-24 septembre.

4 – L’avance de la 90th Infantry Division sur Metz

– Alors que le 2nd Infantry Regiment du Colonel Roffe s’échine à avancer vers l’est, la 90th Infantry Division la 90th « Tough & Ombres » s’apprête à reprendre sa route vers Metz. Mais le 357th Infantry Regiment du Colonel Barth fait face à une ligne de fortifications établie des deux côtés de la route Saint-Privat – Marengo – Metz. Au nord de la route, l’ouvrage de Canrobert suit la ligne du Bois de Fèves avant d’obliquer vers Semécourt au nord-est. Au sud de la route Saint-Privat – Metz, de groupements de fortifications, connectés à des ouvrages en campagne, couvrent toute une ligne garnie de trous individuels, de films barbelés et de positions de mitrailleuses. Tout au nord, l’ouvrage de Kellermann commande l’accès de la route. En fait, le groupe des forts de Lorraine s’échelonne vers le sud-est, le long d’une ligne de collines boisées se terminant en contrebas d’Amanvillers.
De plus, au-dessous de l’ouvrage Kellermann, on trouve les forts de Guise, le groupe des forts « Jeanne d’Arc », ainsi qu’une série de fortins baptisés « Les Sept Nains » qui gardent le défilé d’Ars-s/-Moselle.

– Durant la matinée du 15 septembre, les 357th et 359th Infantry Regiments ouvrent leur attaque contre la ligne fortifiée gardant l’ouest de Metz.  Les deux régiments, sont bien reposés, en bonne confiance et n’ont subi que peu de pertes dans les combats précédents. Contrairement à Irwin pour la 5th Infantry Division, le Major.General McLain va pouvoir utiliser ses forces en offensive avec un bon ratio d’effectifs.

– C’est au 1/357th du Major B.O. Rossow – placé sur l’aile droite du régiment – d’ouvrir la danse avec l’aide d’une section du Génie et de lance-flammes, en avançant sur la route Saint-Privat – Metz afin de couper la route entre les ouvrages Canrobert et Kellermann. Le Bataillon de Rossow chasse les Allemands du Bois de Jaumont et réussit à approcher l’ouvrage Kellermann par l’ouest. En revanche, le 2/357théprouve de plus grandes difficultés à atteindre l’ouvrage Canrobert et se retrouve bloqué par un fort tir de barrage venu du Bois de Fèves. L’idée de contourner l’ouvrage est très vite rejetée.

– Trois-quarts d’heure après le 357th, le 2/359th du Captain O.C. Talbott quitte ses positions de Malmaison pour s’élencer contre les Forts « Jeanne d’Arc » avec l’aide d’une section de Tank Destroyers. Le Colonel Robert L. Bacon pense pouvoir franchir le point le plus dangereux du ravin de Gravelotte en poussant l’aile droite de son régiment par le Bois de Génivaux. Au début, la résistance allemande est faible mais elle se durcit sur le coup de 13h40 à l’est de Malmaison face à des nids de mitrailleuse bien aménagés. Les GI’s tentent d’y venir à bout au Bazooka mais sans grand effet. Ce sont donc les soldats du Génie armés de lance-flammes qui réduisent les points de résistances. Mais les hommes du Colonel Bacon reprennent leur avance avant de s’arrêter devant les forts « Jeanne d’arc » pour la soirée.

– Durant l’après-midi, Bacon et Barth remettent à McLain les rapports de leurs officiers concernant les positions allemandes. McLain en conclut que qu’un assaut contre les positions à l’ouest de Metz est « strictement hors de question » car ce serait lancer ses hommes au suicide. Et beaucoup d’officiers de sa division ont connu les expériences douloureuses de la Bataille des haies. McLain ordonne alors à ses deux subordonnés maintenir une pression constante sur l’ennemi par des actions localisées et limitées, ainsi que par des tirs d’armes légères.

– Mais au matin du 16 septembre, les américains se réveillent dans un épais brouillard. Barth veut alors tenter la chance et ordonne au 1/357th d’avancer entre les ouvrages Canrobert et Kellermann. Les Américains réussissent à progresser en dépit d’un tir sporadique allemand et parviennent à avancer jusqu’à 10h00 en contrebas du fort. Barth decide alors d’engager le 3/357th dans l’affaire. Malheureusement, après la levee du brouillard, les jeunes soldats du Fahhenjunkerschule-Regiment de l’Oberst von Siegroth contre-attaquent violemment avant d’être repoussés par les GI’s. Mais l’effet de surprise ne jour plus et les Américains doive