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Vins et crus : Madiran, Béarn et Irouléguy

Chers lecteurs et lectrices, alors que le Salon des Vignerons s’est ouvert aujourd’hui à Paris, je vous propose un petit détour afin de découvrir quelques produits viticoles qui font la renommée du fier Pays Basque et de l’Ancien Royaume du Bon Roy Henri IV.

– MADIRAN

Connu dès l’Epoque Médiévale par les pèlerins en marche vers Saint-Jacques de Compostelle, le Madiran est l’un des vins rouges les plus renommés du Sud-Ouest, bien que ses crus soient produits « à l’ombre » des grands noms du Bordelais. Il allie les cépages Tannat (qui lui donne sa force), le Cabernet-Sauvignon, le Cabernet Franc et le Fer-Servadou. Le Madiran est un vin de bonne garde qui peut se conserver jusqu’à dix ans pour les plus beaux millésimes.

D’une robe sombre, le Madiran est un vin très expressif, tant du point de vue des arômes que de la bouche. Son nez est un joli mélange de framboise, de fruits noirs et rouges. Tannique dans sa  jeunesse, la vinification en barrique lui confère, dans sa maturité, un caractère charnu et corpulent.

Vin du Piémont Pyrénéen, le Madiran est à servir de préférence avec… des plats du Sud-Ouest (Gascogne, Agenais, Bigorre) : cassoulet, garbure, magret de canard, fromage de brebis des Pyrénées mais aussi, du bleu d’Auvergne.

– BEARN ET BEARN-BELLOCQ

Ces deux appellations sont identiques au niveau des cépages. Les rouges sont composées de Tannat, de Cabernet Franc (ou Bouchy), de Cabernet-Sauvignon, de Manseng Noir, de Fer-Servandou et de Courbu Rouge. Et les blancs sont faits de Petit Manseng, de Gros Manseng, de Ruffiat de Sauvignon et Camaralet. A noter que les vins rouges les plus corsés et les blancs légers sont tirés des vignes plantées sur les collines du Piémont-Pyrénéen de la Vallée du Gave.
On les distingue par leur répartition géographique. En effet, les Béarn étendent leurs pieds de vignes entre les vignobles de Jurançon, de Madiran, de Salles-Bellocq et dans le Gers, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Quant au Béarn-Bellocq, sa production couvre les alentours des communes d’Orthez et Salies-de-Béarn.

Les Rouges : D’une robe intense et sombre, ils délivrent une palette d’arômes de fruits noirs et rouges compotés, de fruits mûrs, d’épices et de réglisse. En bouche, ils délivrent une attaque franche et puissante. Ils sont à déguster sur de la garbure, des fromages de brebis pyrénéennes.

– Les Blancs : Leur robe est faite de reflets verts et leurs arômes mélangent la menthe, les fleurs blanches et les agrumes (citron et pamplemousse). Ils sont fringants au palais durant leur jeunesse avant que l’âge ne leur permette de s’arrondir et d’insister sur le fruit blanc. On les sert volontiers à l’apéritif (pourquoi pas en kir) mais aussi avec de la volaille en sauce et du saumon.

– Les rosés : Composés de cépages Cabernet-Sauvignon et de Cabernet Franc, leur originalité réside sans doute dans leur robe brillante qui tire sur le jaune. Fruités et fins au nez, ils se révèlent délicats, vifs et structurés au palais. On les déguste par beau temps avec sur un plat de charcuterie et de cuisine méditerranéenne.

IROULEGUY

Au sud-ouest des vignobles de Madiran, entre Saint-Jean-Pied-de-Port et le Col de Ronceveaux, voici une autre appellation connue des pèlerins de Saint-Jacques ; l’Irouléguy, le vin du Pays Basque et l’un des plus petits vignobles de France. Il est produit en rouge (Tannat, Cabernet-Sauvignon, Cabernet Franc) et aussi en blanc (Courbu, Gros et Petit Manseng) et en rosé (Cabernet-Sauvignon, Cabernet Franc).

– Les rouges : D’une robe tirant sur le pourpre et le grenat, les vins rouges d’Irouléguy offre un joli bouquet original fait d’épices, de fleurs sauvages, d’épices et de fruits rouges. En bouche, ils révèlent une bonne structure mais aussi une légèreté certaine.
Ils sont à déguster avec du confit de canard, du jambon de Bayonne, du thon à la basquaise et des fromages de brebis des Pyrénées.

 – Les blancs offrent à l’œil une robe or-paille à reflets vers et au nez, un bouquet original de fleurs blanches et de fruits exotiques. La bouche révèle leur équilibre, leur fraîcheur et leur rondeur. On les sert idéalement avec du poisson à la sauce béarnaise.

– Les rosés possèdent une jolie robe framboise et offrent au nez des arômes de fleur sauvage. A la dégustation, ils restent tanniques dans leur jeunesse mais deviennent plus ronds et plus fondus avec l’âge. On les déguste l’été avec de la charcuterie, de piperade et de la soupe de poisson.

Source : Dictionnaire des vins de France, Hachette, Paris, 2010