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« Il y a bien longtemps, notre pays s’appelait la Gaule… »

Voici le premier épisode de notre « feuilleton » consacré à la Petite Histoire de France de Jacques Bainville. Les débuts de l’Aventure française…

« Il y a bien, bien longtemps, dans un temps lointain que les arrière-grands-parents de nos arrières-grands-parents n’ont pas pu le connaitre, notre pays s’appelait la Gaule.

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Il était couvert d’immenses forets. Et Paris n’était qu’un petit village qui tenait dans une île de la Seine. Ses habitants, qui s’appelaient les Gaulois, étaient de haute taille et ils portaient de longues moustaches qui leur donnaient un air guerrier. Ils aimaient par dessus tout à entendre de beaux discours et à se battre. Ils étaient si braves, qu’ils disaient : « Nous ne craignons qu’une chose, c’est que le ciel tombe sur nos têtes ».

C’est pourquoi ils allaient parfois guerroyer dans les pays lointains. Ils prirent même la grande ville de Rome, et les Romains furent épouvantés comme s’ils avaient vu entrer des sauvages. Beaucoup s’enfuirent; mais les vieux sénateurs étaient restés chez eux, assis sur leurs chaises, pour donner l’exemple du courage. Les Gaulois étaient si naïfs, qu’ils prirent ces vieillards pour des statues. L’un d’eux, afin de s’en assurer, tira la barbe d’un sénateur qui lui donna un coup de bâton Alors les Gaulois les tuèrent tous.

Les Gaulois vainqueurs obligèrent les Romains à leur payer une grosse somme d’or que l’on devait peser dans une balance et ils apportèrent de faux poids. Comme les Romains se plaignaient, le chef gaulois Brennus jeta son épée dans la balance et s’écria : « Malheur aux vaincus! »

Mais les Gaulois devaient être plus tard vaincus par les Romains, qui n’avaient pas oublié le mot de Brennus. Ce qui prouve, que, dans ce monde, c’est à chacun son tour.

De longues années passèrent encore pendant lesquelles les Gaulois vécurent sans souci, croyant bien qu’ils seraient toujours les maîtres chez eux. Ils aimaient beaucoup les fêtes, les grands repas, la poésie et les chansons. Leur prêtres s’appelaient les druides. Il cueillaient le gui dans les arbres, en grande cérémonie. C’est en souvenir des druides qu’on vend encore du gui dans les rues et que nous en mettons dans nos maisons.

Les Gaulois n’auraient jamais cessé d’être les plus forts s’ils avaient été unis. Malheureusement pour eux, ils avaient l’habitude de se quereller  et même de se battre entre eux. Et c’est pourquoi ils perdirent leur liberté.

Ils avaient, de l’autre coté du Rhin, des voisins très batailleurs et très méchants, qui s’appelaient alors les Germains et que nous appelons les Allemands. Les barbares de Germanie profitèrent des disputes des Gaulois pour envahir la Gaule.

C’étaient le moment que les Romains attendaient.  » Nous arrivons , dirent-ils aux Gaulois. Nous allons vous aider à chasser vos ennemis.  »

Les Romains firent, en effet, comme ils l’avaient promis. Seulement, quand ils furent entrés en Gaule, ils n’en sortirent plus. Ils entreprirent de conquérir tout le pays.

C’est ce que fit un grand chef qui s’appelaient Jules César. Il avança avec ses soldats bien disciplinés, qui savaient creuser des trous dans la terre pour s’abriter  et qui lançaient de loin leurs javelots. Avec toute leur bravoure, les Gaulois venaient se briser contre les légions de Jules César, et chacune de leurs tribus ou provinces se faisait écraser  séparément.

Ils s’aperçurent  alors qu’ils seraient infailliblement battus et réduits en esclavage s’ils restaient divisés, et ils décidèrent d’obéirent à n seul roi qui s’appelait Vercingétorix. Mais il était déjà trop tard. Jules César avait conquis la moitié de la Gaule. Il marcha à la rencontre de Vercingétorix, qui fut battu après une lutte acharnée et dut chercher refuge dans la ville d’Alésia, devant laquelle les Romains vinrent mettre le siège. En vain les autres Gaulois essayèrent-ils de délivrer leur chef. Comprenant que la résistance étaient inutile, Vercingétorix monta sur son plus beau cheval et alla jeter ses armes aux pieds de Jules César pour montrer qu’il se rendait.

Jules César ne fut pas plus généreux que ne l’avaient été Brennus. Il emmena Vercingétorix à Rome, le mit en prison, et, au bout de Six années, il le fit étrangler. C’étaient autour des Romains de dire : « Malheur aux vaincus ».