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1er mars 487, le Vase de Soissons

Cette anecdote légendaire nous a été rapportée par Saint Grégoire de Tours dans l’Histoire des Francs. Voici ce que raconte l’homme de lettres du VIe siècle : Peu de temps après la prise de Soissons (486), capitale de Syagrius, « beaucoup d’églises furent pillées par l’armée de Clovis parce qui était encore enfoncé dans les erreurs du fanatisme.»

Les soldats pillent un édifice religieux du diocèse de Reims et rapportent des ornements liturgiques, un vase liturgique, probablement en argent, « d’une taille et d’une beauté extraordinaires ». Saint Rémi Evêque de Reims envoie un émissaire à Clovis pour lui demander « qu’à défaut des autres prises il lui restituât au moins cet objet auquel il tenait précieusement. »  Le roi invita l’homme de Dieu à le suivre jusqu’à Soissons où devait avoir lieu le partage du butin, comme le veut la tradition germanique.

A Soissons, Clovis demande aux « très valeureux guerriers » de lui céder le vase en plus de sa part. Les hommes de bon sens lui répondent : « Tout ce que nous voyons ici est à toi, glorieux roi, et nous sommes nous-mêmes soumis à ton autorité  Agis maintenant comme il te plaira, personne ne peut te résister.  Mais, tout le monde ayant parlé, un soldat – homme léger, envieux et impulsif frappe le vase de sa hache en s’écriant : ‘Tu ne recevras que ce que le sort t’attribuera vraiment !’ »

« Le roi avala l’affront garda sa blessure cachée dans son cœur ». Saint Rémi récupéra tout de même son vase, brisé ou cabossé.

Au bout de l’année, Clovis convoque son armée au Champ de Mars, passe ses guerriers en revue et reconnut le soldat indocile. Constatant que sa tenue et l’entretien de ses armes laissent à désirer, il les lui prend et les jeta à terre. Le soldat se baisse pour les ramasser et Clovis en profite pour lui briser le crâne d’un coup de francisque en disant :

« Ainsi as-tu fait au vase à Soissons ! »