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28 août 1944 : Libération de Nice

Les combats pour la libération de la quatrième ville de France ont été brefs et ont fait assez peu de victimes. Les FFI locaux ayant – en partie – bénéficié de la retraite allemande ordonnée par Kesselring en direction des cols frontaliers (Authion, Tende, Vésubie et Turini).

– Depuis que les autorités allemandes se sont installées à Nice, la ville connaît une situation particulièrement difficile marquée par une importante ménurie alimentaire. Et la Gestapo dirigée localement par Nagel Engelfried mène une répression féroce contre la Résistance. Le 15 août, alors que les Américains viennent de débarquer dans le Var, la Gestapo fait exécuter une quinzaine de détenus dans la Maison d’arrêt de Nice.

libera12– Le 24 août, suite aux libérations rapides de Cannes, Antibes et Grasse, les FFI niçois (Front National, PCF, CGT et MLN) décident de passer à l’action, pendant que les Maquisards du secteur de Sospel commencent à harceler ponctuellement les troupes allemandes en transit.

– Le 24 août toujours, les mouvements de gauche déclenchet une grève générale qui touche les postes de TNL, la SNCF, les transports et le bâtiment (la CGT avait organisé la coupure des communications téléphoniques allemandes le 20). Le même jour, 1 croiseur lourd et 5 destroyers croisent en Baie des Anges pour pilonner le Mont-Alban et la Vallée du Var.

– Le 26 août, sur l’instigation de Pierre Bloch, les principaux chefs des FFI de Nice répondant aux noms de codes de « Cousin », « Ro », « Léon », « Albert Monestier », « Dartois » et un inspecteur de police se réunissent pour former un « Comité d’Action FFI ». Le lendemain, Pierre Giovannini dit « Souny » chef départemental des FFI réunit plusieurs autres responsables au Palais Stella, boulevard de Cessole. On y trouve « Armand » (Milices Patriotiques), « Jean Sans Peur » (FTP), « Ludovic » (MOI), « Thibaud » (CGT), « Georges » (PCF) et Pierre Durand. Tout le monde se trouve d’accord pour passer à l’insurrection armée sans attendre l’arrivée des parachutistes américains qui sont avancent depuis le scteur de Grasse, Vence et Gattières. Peu de temps après, une proclamation appelant les niçois au soulèvement est distribuée et placardée dans la ville.
En face, les Allemands tiennent la ville avec l’Infanterie-Regiment 239 de l’Oberstleutnant* Niedlich (148. Infanterie-Division), ainsi que par des unités administratives et d’intendance, le tout placé sous la direction du Général Nickelmann (Kommandantur).

Le 27 août, le 509th Parachute Infantry Regiment et le 551st Parachute Infantry Battalion de la 1st Special Airborne Task Force de Robert T. Frederick avancent vers Nice guidés par les FFI locaux et s’emparent sans grande difficulté de Levens, de La Roquette, du Paillon qui les places au contact des faubourgs de Nice.

– Le 28 août à 06h00, les FFI, Groupes Francs et FTP  – soit une bonne centaine d’hommes en tout – déclenchent le soulèvement armé dans Nice, dressant des barrages de sacs de sables à plusieurs carrefours. D’autres groupes s’emparent des lieux stratégiques, le Lycée Pasteur, le Lycée de Garçons, la Gare de Provence, l’Hôtel de Ville, la Préfecture, la Poste Thiers, le dépôt des TNL, le siège des Entreprises Michel, la Gare Saint-Roch et la Caserne Filley. Le siège de la Milice française et du PPF sont aussi pris d’assaut sans trop de pertes. Aussitôt, des gardiens de la Paix et plusieurs policiers rejoignent les FFI-FTP avec leurs armes. Des Polonais incorporés dans la 148. ID tuent même leur officier pour rejoindre les Français avec qui ils font le coup de feu et enseigne le maniement des fusils aux FFI inexpérimentés.
Des combats sporadiques et des attaques de véhicules se produisent dans un secteur compris entre la Place Gambetta (aujourd’hui Place Charles de Gaulle), le Boulevard J. Garnier, le Boulevard de Cesole, le Boulevard Gambetta, la Gare de Provence et l’Avenue Pessicart. Nickelmann place Nice en état de siège mais cette mesure n’a pas de réel effet sur la suite des événements.

– Les combats durent pendant presque toute la journée, les Résistants ayant davantage de mal à enlever les petits bunkers allemands situés Boulevard Gambetta. Mais l’Oberstleutnant Niedlich est tué et aussitôt remplacé par l’Hauptmann Burckhardt commandant du I/239. Infanterie-Regiment. Des canons et mortiers allemands postés sur la Colline du Gairaut, au Château (tenu par des hommes de la Kriegsmarine) causent plusieurs pertes chez les FFI mais font assez peu de dégâts. Durant l’après-midi, les Résistants prennent d’assaut le Boulevard Gambetta, l’Avenue Saluzzo et l’Avenue de la Victoire, avant de commencer à investir le Vieux Nice, même s’il reste plusieurs autres positions à nettoyer.

Liberation-5w– Mais en toute fin d’après le Generalmajor Otto Fretter-Pico (commandant de la 148. ID) ordonne aux unités encore présentes de quitter Nice. Les éléments de la Kriegsmarine évacuent les premiers après avoir fait sauter le port. Vers 19h00, les troupes de l’Infanterie-Regiment 239 se rassemblent au niveau de la Kommandantur et démarrent leur retraite sur Villefranche-sur-Mer. Le Château, Cimiez, Fabron et la colline du Gairaut sont aussi vidés de leurs occupants. Une poignée de résistants capturés sont aussi exécutés au tout dernier moment.
Au soir du 28 août donc, il n’y a plus un soldat allemand dans Nice. Pendant ce temps, les parachutistes et éléments motorisés américains se sont emparés de Levens et de Saint-Laurent-du-Var. Il feront leur entrée le lendemain dans Nice, sans avoir à tirer un coup de feu et en étant acclamés par les Niçois.

– Avec la libération arrive le temps moins glorieux de l’épuration. La libération de Nice aura aussi un impact tragique à Menton. En effet, pour venger la perte de Nice, le Bataillon de Fascistes italiens « Nizza » fera exécuter plusieurs otages.

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* Lieutenant-Colonel