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Amateur Sylvestre Le Bras des Forges de Boishardy, chef chouan des Côtes du Nord

Chef de la chouannerie bretonne moins connu que Georges Cadoudal, Amateur Le Bras des Forges de Boishardy a aussi connu une fin tragique après avoir tenu une partie de l’Ouest des Côtes du Nord face aux Bleus. Fils de Jérôme Le Bras des Forges de Boishardy, Seigneur du Cartier et de Chapron (officier des Mousquetaires Noirs sous Louis XV) et de Louise François Le Mintier des Granges, Amateur Sylvestre Jérôme de Boishardy voit le jour le 13 octobre 1762 au château de Bréhand-Moncontour, entre Dinan et Lamballe.
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Les quartiers de noblesse de sa famille remontent au XVe siècle mais il descend de bourgeois de la région de Quintin qui se sont enrichis dans le commerce des toiles durant l’Epoque Médiévale.

Admis à l’Ecole Royale militaire de Pontlevoy (Blois) en 1777 où il reste deux ans, se taillant une belle réputation de séducteur. En 1779, il peut entrer chez les Cadets Gentilshommes mais un accident de chasse l’immobilise. En 1780, il peut intégrer le Régiment Royal de la Marine à Ajaccio. Il est promu Sous-Lieutenant en 1783 et se trouve à Marseille lors de la Révolution. En 1789, il participe à mater les émeutes et les incendies de château en Provence.
Lieutenant au 60e Régiment d’Infanterie en 1791, il abandonne son poste pour rentrer en Bretagne et se lance dans la politique locale en s’opposant aux « patriotes ». Comme bon nombre de nobles bretons, Amateur de Boishardy ne s’oppose pas aux réformes populaires instituées en 1789 mais les lois contre le Clergé et la Foi heurtent ses sentiments religieux.

En mars 1793, Boishardy mène la révolte contre la Levée en masse décrétée par Danton dans la région de Jugon-les-Lacs et à Saint-Brieuc. Condamné à mort par contumace, il se cache avec la complicité des paysans locaux, tout en commençant à mener des actions armées et des coups de mains. Pendant ce temps, son château de Bréhand est mis en demeure et vendu comme bien national. Mais bientôt les Chouans d’Amateur de Boishardy quadrillent habilement une région compris entre Plélan-Le Petit, Jugon-les-Lacs, Lamballe et Moncontour. En octobre 1793, le Commissaire de la République Hello reçoit l’ordre d’arrêter Boishardy avec l’aide de 400 soldats bleus mais cette tentative s’avère être un échec.

Chef de l’Armée Royaliste dans le nord de la Bretagne après la mort du Marquis de la Rouërie, Boishardy signe d’abord une trêve avec Lazare Hoche en 1794 qu’il invite même à partager sa table.

Boishardy reprend les armes en 1795 contre les troupes du Directoire. Il échappe à un premier piège à Ville Louet avec sa fiancée Anne du Bosc. Mais trahi, il est tué au Château de Villehemet le 17 juin 1795. Sa tête est ensuite promenée au bout d’une pique dans Lamballe et Moncontour.
Cependant la chouannerie ne s’arrête pas dans cette partie des Côtes du Nord puisque Guillaume Duval-Legris prend la succession de Boishardy.