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Pour le bien de la langue française, évitons quelques erreurs fréquentes

-Il ne faut en aucun cas prononcer « challenge » à l’anglaise : Challenge est un mot cent pour cent français, et même l’un des plus anciens mots de la langue française. Directement dérivé du latin « calumniare », il apparaît dans sa forme actuelle ou dans sa variante « challonge », dès le Moyen-Age où il signifie « accuser publiquement », ou « défier ». Pas très loin de son sens actuel. Les anglais nous l’empruntent, comme beaucoup d’autres mots, mais le français ne l’oublie jamais au cours de son histoire, contrairement aux fameuses « bougette » (budget) ou « fleurette » (flirt).

-Il n’y a pas plus de « sourds et muets » que d’aveugles unijambistes : Dans le langage courant, celui où on ne pèse pas ses mots, il est fréquent d’entendre parler d’un sourd muet. Ces deux déficiences physiques doivent pourtant être dissociés car il s’agit bien de deux problèmes distincts et non liés. Ce qui est vrai, c’est que les sourds ont des difficultés à apprendre à parler parce qu’ils ne s’entendent pas. Mais il ne s’agit en aucun cas de mutisme. leurs cordes vocales fonctionnent parfaitement et leur permettent d’émettre autant de sons que n’importe quel entendant. Les sourds qui ne parlent pas n’ont tout simplement pas appris à parler mais ne présentent pas de déficience physique autre que leur surdité.

-On dit que les fêtes « battent leur plein » : Si l’expression « battre son plein « a naguère encore suscité quelques controverses, tous les spécialistes s’accordent aujourd’hui à donner raison à Littré. Dans cette expression empruntée à la langue des marins, son est bien un adjectif possessif et plein un substantif, les meilleurs auteurs se rangent à ce point de vue. Le plein, c’est la pleine mer, et l’on dit que la marée bat son plein lorsque, ayant atteint sa plénitude, elle demeure un temps stationnaire.

-« Gadget » n’est pas un mot d’origine anglaise. Ce mot est d’origine incertaine, mais il vient probablement du français. Il apparaît pour la première fois écrit en 1886, et cette année-là, une entreprise française nommée « Gaget, Gauthier et Cie » eut l’idée de fabriquer des modèles réduits de la statue de la Liberté. L’entreprise, qui effectuait le travail de fonderie pour la construction de la statue de la Liberté, proposa ses miniatures à l’inauguration de la statue en 1886. Les miniatures mentionnaient le nom de la société, déformé en anglais en « gadget ».

-On écrit bel et bien des « remèdes de bonne femme » : L’expression, encore utilisée aujourd’hui pour désigner des pharmacopées désuètes et peu crédibles, aurait selon certains une origine latine : le terme fama qui a donné en français des mots comme « fameux » et « infâme » ou encore une locution telle que « mal famé ». Un « remède de bonne fame » est donc soutenu par ceux-là comme un remède de bonne réputation. Pourtant on ne trouve aucune trace écrite de l’expression dans toute la littérature ancienne (latine comprise) ; il y a bien l’emploi de « bonne fame » au sens de bonne renommée, mais rien associant un mot désignant un remède ou une médication. (si vous avez en votre possession un texte à nous soumettre, n’hésitez pas a nous en informer). Il faut aussi considérer qu’au Moyen Âge on écrivait indifféremment le mot femme, fame ou famme pour désigner le sexe féminin. Pour ce qui est de son orthographe, c’est bien « bonne femme » qui est à employer, n’en déplaise à certains : l’académie a depuis longtemps tranché là dessus.

Source : http://tatoufaux.com

Un doute sur un mot ou une expression de la langue française ?
N’hésitez pas à recourir à l’excellent et on ne peut plus précis Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales : http://www.cnrtl.fr/definition/