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Général Pierre Roques, « père » de l’aéronautique militaire française

Issu d’une famille modeste du Languedoc, Pierre Auguste Roques voit le jour le 28 décembre 1856 à Marseillan près de Montpellier.
Remarqué pour sa vive intelligence, il bénéficie d’une bourse d’étude qui lui permet de préparer le concours à l’École Polytechnique. L’ayant intégrée, il fera la connaissance d’un certain Joseph Joffre qui deviendra son ami. Au bout de son cursus, il obtient le grade de Lieutenant et choisit de se spécialiser dans la Génie.
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En 1879, il intègre le 2nd Régiment du Génie. En 1882, il est incorporé à la Colonne Expéditionnaire du Sud-Oranais pour des missions de pacification. Promu chef de Bataillon en 1892, il est ensuite promu Lieutenant-Colonel en 1898. En 1901, il est envoyé à Madagascar afin d’assister le Gouverneur Joseph Galliéni à l’aménagement de l’Île comme Directeur du Génie et des Travaux Publics. Roques se fait alors remarquer par son énergie et ses compétences. La Grande Île lui doit encore une grande partie de ses infrastructures. Le 23 janvier 1906, Pierre Roques est promu Général de Brigade et intègre le Ministère de la Guerre comme Directeur du Génie. C’est à ce poste qu’il fait la connaissance de la toute jeune aéronautique qui n’a pas de commandement ou de direction spécifique et dépend du Génie. Roques comprend très vite l’opportunité et l’avantage que pourrait tirer l’Armée française de nouveaux engins volants, notamment dans la reconnaissance et dans le guidage des tirs d’artillerie. Roques déclare à ses supérieurs et ses collègues : « Les aéroplanes sont aussi indispensables aux Armées que les canons et les fusils. C’est une vérité qu’il faut accepter de bon gré, sous peine d’avoir à la subir de force ».
Malgré le scepticisme de l’État-major qui considère davantage l’aéronautique comme du sport, Roques travaille avec acharnement pour organiser l’aéronautique militaire. Les appareils prennent alors le nom d’avions, par référence à Clément Ader, pionnier de l’aviation et ami du Général Roques et sont d’abord organisées en escadrilles.

En 1908, Pierre Roques devient membre du Comité Technique des Troupes Coloniales et est promu Général de Division en 1909. En 1910, le Ministère de la Guerre le nomme à un tout nouveau poste taillé pour lui : Inspecteur permanent de l’Aéronautique militaire. En 1912, il doit quelque peu laisser de côté l’aéronautique militaire pour prendre le commandement de la 7e Division d’Infanterie avant d’être promu à la tête du XIIe Corps d’Armée.
Au déclenchement de la Grande Guerre, le XIIe Corps de Roques fait partie de la IVe Armée de Langle de Cary et se trouve dans les Ardennes. Il combat lors de la bataille des frontières à Pin, Izel, Mouzon, sur la Meuse et à Vitry pendant la bataille de la Marne. Fin 1914, il est engagé dans la Première bataille de Champagne.
Le 5 janvier 1915, Pierre Roques quitte le commandement du XIIe Corps (il est remplacé par Descoings) pour prendre la tête de la Ire Armée en remplacement d’Auguste Dubail. La Ire Armée tient alors la ligne des Vosges et Roques la commande durant la bataille de Woëvre avant qu’elle ne soit retirée du front.
En mars 1916, Roques remplace Gallieni à la tête du Ministère pendant un peu moins d’un an avant d’être remplacé par Hubert Lyautey. Fin 1916, il est nommé au commandement de la IVe Armée en Champagne mais peu de temps car en mars 1917, il prend la direction de l’Inspection Générale des Travaux et Organisation de la Zone des Armées. Ses travaux, notamment en matière d’infrastructures et de moyens de communications, seront déterminant dans la victoire de 1918.

Le 23 novembre 1918, le Général Roques est nommé Président du Comité Technique du Génie. C’est son dernier poste car il s’éteint le 26 février 1920.


Source :
– http://www.http://daf.archivesdefrance.culture.gouv.fr