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Chroniques de la Bataille de Normandie – 23/ La « Vallée de la mort » (première partie)

Alors que les VIIIth Army Corps et IInd Canadian Corps tente de dégager définitivement Caen tout en sécurisant les rives de l’Orne, les XIIth et XXXth Corps lancent une série de nouvelles opérations pour forcer le cours de l’Odon et s’emparer définitivement de la Cote 112, secteurs toujours sous le contrôle des bouches à feu et des Panzer du II. SS-Panzer-Korps de Bittrich.
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– L’Opération baptisée « Jupiter » est planifiée par Dempsey en vue de prendre définitivement la Cote 112 et d’assurer la progression du XXXth Corps entre l’Odon et l’Orne en saisissant la route Evercy – Eterville – Caen. Son succès serait intéressant pour les Britanniques car il permettrait d’élargir le « couloir des écossais » constitué à l’issue de l’Opération « Epsom » et empêcherait aussi le II. SS-panzer-Korps de Bittrich de se servir de la Cote 112 comme tremplin de contre-attaque. C’est la 43rd « Wessex » Division du Major.General Gwilym Ivor « Butcher » Thomas qui est chargée de cette mission, avec l’appui des Sherman de la 4th Armoured Brigade de Richard Carver, des MK VII Churchill de la 34th Tank Brigade de William S. Clarke, ainsi que des chars spéciaux de la 79th Armoured Division.

1 – L’ASSAUT DES 129th ET 130th BRIGADE (« JUPITER »)

– La mission de prendre la Cote 112 échoit à la 129th Brigade du Brigadier Mole. Appuyé par les pièces de 5.5-inches (139,7 mm) du VIIIth Corps, elle doit rompre les lignes des SS-Panzergrenadier-Regiment 21 et 22 (10. SS « Frundsberg ») pour contrôler définitivement la Cote 112 et accrocher la route Evrecy – Eterville. La 129th est appuyée par les Churchill Mk VII « Crocodile » du 7th Royal Tank Regiment (79th Armoured Division).

L’assaut des trois Battalions de la 129th démarre à 05h00 le 10 juillet du matin sous un fort couvert d’artillerie qui matraque les lignes du SS-PzGren.22. Dès la première heure, le 4th Bn. Wiltshire Regiment du Lt.Col. Luce enlève les positions du III/SS-PzGren.21 (SS-Obersturmbannführer Alfred Bünning) plus facilement que prévu avec l’appui des mitrailleuses lourdes Vickers et des mortiers du 8th Bn. Middlessex et les « Crocodile » du A Squadron du 7th RTR. Sauf que les fantassins britanniques sont joués par la ruse des Waffen-SS qui surgissent de leurs tranchées pour leur tirer dans le dos. Malgré un combat particulièrement confus et sanglant, les fantassins britanniques parviennent à accrocher la route d’Evrecy à 06h30. Seulement, le bruit des combats a alerté les équipages de Tiger I et II du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102 (SS-Obersturmbannführer Hans Weiss) qui stationne au nord du hameau de la Coquerie, au sud de Saint-Martin. C’est dans cette unité à la redoutable puissance de feu au niveau tactique que sert l’un des as de la Panzerwaffe, le SS-Oberscharführer Wilhelm « Will » Fey.
jupitermap– Au centre, le 4th Bn. Somerset Light Infantry du Lt.Col. Lippscombe part à l’assaut vers la Cote 112 dans l’axe du « Chemin Haussé » vers la Croix des Falandriers et le « Mont du Calvaire » tenus par le III/SS-PzGren.21 (SS-Sturmbannführer Hans Stattler). A et endroit précis, le sommet de la Cote 112 est garni d’un petit bosquet déchiqueté surnommé par les Allemands « le Bois des demi-arbres ».  Les Somerset doivent parcourir 1 km pour tenir leur objectif. Avançant sous un feu roulant, ils sont la mauvaise surprise de recevoir des tirs de Nebelwerfer dès que leur tir de couverture cesse. Des pertes sont alors à déplorer. Commandant de l’avant dans son Bren Carrier, le Lt.Col. Lippscombe et son Intelligence Officier (IO) Gordon Bennett abattent un Grenadier SS qui voulait « allumer » son engin au Panzerfaust. Le conducteur du Bren Carrier est néanmoins tué sur le coup. Comme leurs camarades du 4th Wiltshire, les Somerset doivent chasser de leurs tranchées des Waffen-SS qui surgissent quasiment dans leurs rangs. 400 mètres sont encore à parcourir mais plusieurs batteries du SS-Panzer-Artillerie-Regiment 10 répliquent. La situation du 4th Bn. SLI ressemble très vite à un combat de la Grande Guerre. Prises sous un feu d’enfer, plusieurs des ses compagnies ne comptent plus que 20 à 30 hommes. Et ça n’est pas fini puisqu’une Kompanie de Panzer IV du SS-Panzer-Regiment 10 « Langemarck » (la 5/10 du SS-Hauptscharführer Hauser) se joint à la partie et détruit plusieurs Churchill du 7th RTR, avec l’aide de fantassins armés de Panzerfäuste. Mais Lippscombe a le bon réflexe d’ordonner à ses hommes de s’enterrer dans les tranchées ennemies au lieu de lancer ses soldats au massacre. L’intervention courageuse d’un canon antichar de 6 pounder commandé par le Sergeant Morgan met d’usage hors trois Panzer IV hors d’état de nuire, ce qui sauve la mise aux Somerset. Seul un Panzer IV se paie l’audace d’avancer jusqu’au PC du Battalion mais est détruit avant de pouvoir opérer davantage de dégâts.

– C’est alors que les Tiger I de la SS-sch.PzAbt.102 (1. Kompanie d’Alois Kalls) contre-attaquent depuis Saint-Martin avec 7 monstres qui progressent à la faveur du brouillard. Malgré un dur affrontement et un canon antichar détruit, les Tiger rebroussent chemin et se maintiennent en appui des Panzergrenadier. Cependant, les Britanniques sont bloqués.

SS-Sturmbannführer Hans Weiss, commandant du SS-sch-Pz-Abt. 102

SS-Sturmbannführer Hans Weiss, commandant du SS-sch-Pz-Abt. 102

Insigne du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102

Insigne du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102

– L’assaut du 5th Bn. Wiltshire (Lt.Col. Kenrick) s’avère sanglant et infructueux. En effet, s’élançant à partir de Baron-s/-Odon et progressant dans le brouillard sous couvert d’artillerie, les fantassins britanniques buttent d’abord sur les bonnes défenses du II/SS-PzGren. 21 mais finissent par accrocher la route Evrecy-Etterville et s’y enterrent. Mais le Battalion ne peut aller plus loin malgré l’appui Tank Destroyers M10 Achilles (armés du canon antichar de 17 livres) du 86th Anti-Tank Regiment et de celles de l’Army General Reserve Artillery (AGRA). En une journée, le 5th Wiltshire a perdu 128 hommes.

– Au centre, la 130th Infantry Brigade tente du secteur d’Etterville – Maltot, tenu par les « Frundsberger » des I/Pz.Gren.Regt. 22 (SS-Hauptsturmführer Friedrich Richter) et II/Pz.Gren.Regt. 22 (SS-Sturmbannführer Hans Löffler). D’abord, les Hawker Typhoon de la 2nd RAF Tactical Air Force matraquent Etterville avec le concours de l’artillerie divisionnaire. Deux chasseurs-bombardiers larguent chacun une bombe dans les lignes du 4th Bn. Dorset, ce qui ne donne pas un bon présage pour l’assaut.
Appuyé par les Churchill du C Squadron du 9th RTR et les Crocodiles du 141st Royal Armoured Corps (RAC), les hommes du 4th Bn. Dorset (Lt.Col. Cowie) chargent contre les positions du I/Pz.Gren.Regt. 22. Plusieurs Panzergrenadiere sont brûlés vifs sur place par les lance-flammes des Crocodiles. Le I/Pz.Gren.22 flanche et les britanniques atteignent Etterville. Si les Crocodiles doivent repartir à l’arrière recharger leur remorque contenant le liquide inflammable. Pendant ce temps, les Churchill du 9th RTR s’en prennent au château d’Etterville où les Waffen-SS tentent d’évacuer leurs blessés. Finatlement, les fantassins de Richter finissent par décamper plus au sud. Cependant, les blessés allemands deviennent un problème pour les Britanniques qui les recueillent avec leur personnel médical, d’autant plus qu’ils leur font perdre un temps précieux et empêchent le 4th Dorset de se porter plus à l’avant. Le Battalion doit alors attendre la relève du 9th Bn. Cameronians ponctionné à la 15th Scottish Division.

– Du côté de la « Frundsberg », Heinz Harmel et son état-major constatent que leurs lignes de communication sont coupées avec les unités de l’avant. Harmel bondit alors dans sa Kübelwagen et se rend en avant du front pour se rendre compte de la situation. Aussitôt, il ordonne au SS-Standartenführer Hans Sander, commandant du SS-Panzer-Artillerie-Regiment 10 de canonner les positions de la 130th Brigade pour l’empêcher d’avancer et ce, avec l’appui des lance-roquettes Nebelwerfer de la Werfer-Brigade 8. Enfin, Harmel ordonne à Deisenhofer de placer des éléments du SS-Panzer-Grenadier-Regiment 22 en renforts prêts à partir.

Jupitermortar– De son côté, le 5th Dorset parvient à s’emparer du Château de Fontaine-Etoupefour. Mais l’assaut du 7th Hampshire du Lt.Col. Ray sur Maltot, appuyé par des chars du 9th RTR, se heurte à une violente résistance de la part d’éléments du III/Pz.Gren.Regt. 22 et de Pioniers du SS-Panzer-Pionier-Bataillon 10 qui tiennent des positions bien aménagées dans et autour de maisons. Progressant au milieu des blés, les fantassins du 7th Hampshire deviennent les cibles des mitrailleuses, armes légères, de quelques chars et canons de la Frundsberg et de la Hitlerjugend (qui y a laissé quelques blindés). Et comme si cela ne suffit pas, une section de Panzer IV de la 5/SS-Panzer-Regiment 12 « HJ » menée par le SS-Untersturmführer Wilhelm Kändler tombe dans les lignes du 9th RTR après avoir progressé dans le brouillard. Les Panzer-SS détruisent une bonne dizaine de chars Churchill, ainsi que des canons antichars du 7th Hampshire avant de se replier suite à l’arrivée d’ambulances et de renforts britanniques. Mais ceux-ci, complètement surpris par le choc, ont cru à une attaque de Tiger. Les hommes du 7th Hampshire entrent dans le centre de Maltot mais ne peuvent avancer davantage. Certains s’apprêtent à se rendre et il faut l’opposition énergique du Lt.Col. Ray pour les en dissuader. Ray a déjà reçu trois blessures en une matinée mais continue de commander. Il décédera de ses blessures en rentrant en Angleterre. Le Major Philipps le remplace alors au pied levé. Mais la situation empire car les chars allemands postés aux abords du village prenennt pour cible les lourds Churchill et les quelques Achilles venus appuyer le Battalion et font mouche. Plus grave encore, le Brigadier Walton qui commande la 130th Brigade ignore totalement la situation du 7th Hampshire et ne peut lui envoyer de soutien. Une contre-attaque de Tiger de la 1/SS-sch-PzAbt.102 permet alors aux Allemands de rejeter les Britanniques au-delà de Maltot durant l’après-midi. Le 9th RTR est en piteux état, ne comptant plus qu’un quart de ses engins en état de servir. Durant la soirée, le 4th Dorset tente de « coller » au 7th Hampshire avec l’aide des chars restant du C Squadron/9th RTR mais cette tentative échoue une fois de plus en raison du feu des Tiger. Le 4th Dorset n’a d’autre choix que de se replier sur le château de Fontaine-Etoupefour et à hauteur d’un bosquet surnommé Horsehoe Wood.

– Du côté allemand l’alerte a néanmoins été chaude, s’ils s’étaient mieux prix dans leur offensive, les Britanniques faisaient craquer le front de la « Frundsberg » dans le secteur de Maltot. En outre, du côté du II. SS-Panzer-Korps, les effectifs en hommes et en matériels s’amenuisent sans capacité adéquate de remplacement pendant que les munitions d’artillerie accusent un rapport défavorable de 1 contre 20.
Pour consolider et sécuriser la route Etterville – Caen, Willi Bittrich ordonne à la 9. SS-PzD « Hohenstaufen » alors commandée par le SS-Standartenfüher Sylvester Stadler (venu de la « Das Reich », il remplace Thomas Müller blessé) de venir appuyer sa division sœur et de reprendre Maltot. Pour cette mission, Stadler met en lice le SS-Panzergrenadier-Regiment 19 sur la gauche, le SS-Panzergrenadier-Regiment 20 sur la droite et le I/SS-Panzer-Regiment 9 « Hohenstaufen » (le bataillon de Panther) qui doit prendre et tenir la Cote 112.

Sylvester Stadler, nouveau commandant de la 9. SS-Panzer-Division 'Hohenstaufen'

Sylvester Stadler, nouveau commandant de la 9. SS-Panzer-Division ‘Hohenstaufen’

– Pendant ce temps, la 130th Infantry Brigade (Brig. Bendyshe B. Walton), avec ses deux Battalions restant  7th Bn. Royal Hampshire (Lt-Col. GCP Lance) et 4th Bn. Dorsetshire (Lt-Col. Cowie) – ainsi que le 9th Bn. Cameronians (Lt-Col. R.M. Villers – prélevé sur la 15th Scottish Division) partent à l’assaut du village d’Eterville, au nord-est de la Cote 112. Malheureusement, les Tommys se font arrêter net par les tirs des Panzer IV du II/SS-Pz-Regt 10 « Langemarck » (SS-Sturmbannführer Leo F. Reinhold) et des Tiger I du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102 (SS-Sturmbannführer Hans Weiss). Dans un effort, le 7th Hampshire parvient à accrocher Maltot mais doit rebrousser chemin tellement sa position devient intenable.

Major.General Gwylim Ivor Thomas, commandant de la 43rd 'Wessex' Division

Major.General Gwylim Ivor Thomas, commandant de la 43rd ‘Wessex’ Division

Insigne de la 43rd Wessex Division

Insigne de la 43rd Wessex Division. Il s’agit de la Vouivre (Wyvern) qui était l’emblème de l’ancien royaume du Wessex de l’Heptarchie du VIIe siècle

 

2 – CORNWALL’S HILL

– Pour débloquer la situatione et éviter de transformer son offensive en combat de la Grande Guerre, Thomas fait donner le 5th Duke of Cornwall’s du Lt.Col Richard « Dick » James  (214th Brigade) contre le Bois-Carré dont de nombreux arbres ont été décapités par les obus. Sauf que les conditions d’assaut sont particulièrement exécrables avec des délais trop courts. Thomas et le Brigadier Essame prennent la décision à 15h00 pour que le 5th Bn. DCLI se mette en marche sur le coup de 17h00. L’assaut démarre à 20h00 sous un déluge d’obus. Les DCLI subissent de lourdes pertes mais réussissent à s’emparer du « Petit Verger » (Small Orchard). D’un coup d’œil, le Ltnt. Carmolli de la D Company voit un groupe de Panzergrenadiere SS décrocher du sommet de la Cote 112. Faisant alors preuve d’initiative et sans en demander l’autorisation, il lance sa section à l’assaut et accrocher la Cote 112 sur le coup de 21h00. Le Major Fry, commandant de la D Coy demande alors par radio l’appui de l’artillerie divisionnaire qui répond prestement par un barrage protecteur et des fumigènes. James lance alors les restes de son 5th Bn. DCLI sur le haut de la Cote 112. Plusieurs éléments du SS-PzGren.19 lancent de petites contre-attaques mais la rigoureuse discipline de feu de l’artillerie britannique brise net chaque tentative. Le succès est au rendez-vous mais l’exaltation va être de courte durée.

– En effet, du côté allemand, la nouvelle de la Cote 112 ne tarde pas à arriver aux oreilles d’Hausser et de Stadler. Celui-ci qui se trouve sur la ligne de front appelle immédiatement son chef d’état-major, le clairvoyant SS-Obersturmbannführer Walter Harzer et lui enjoint de donner ordre au I/SS-Panzergrenadier-Regiment 19 (SS-Sturmbannführer Ernst Hangenlocher) comme au Bataillon de Panther (H. Bollert) de se mettre en marche, avec l’appui de 2 Kompanien du SS-Panzer-Pionier-Bataillon 9 et de SdKfz 124 « Wespe » et SdKfz 165 « Hummel » du SS-Panzer-Artillerie-Regiment 9. Prévue à 01h20, la contre-attaque ne peut démarrer à l’heure prévue car Hagenlocher doit faire marcher ses hommes de nuit alors que les Panther du I/SS-Pz.Rgt.9 ne sont toujours pas là. Des Tiger du 102 doivent aussi se joindre à l’assaut mais ils ne sont toujours pas au rendez-vous.
9.SSPantherKoNormandie– La contre-attaque du I/SS-PzGren.19 démarre finalement le 11 juillet à 14h00 au milieu des cadavres des deux camps. Aux prix de trous dans leurs rangs, les Waffen-SS parviennent dans les lignes du 5th Duke of Cornwall’s et engagent un violent et confus combat au corps-à-corps. Plusieurs hommes du DCLI décrochent mais la majorité ne se débande pas. Mais le Régiment perd son courageux commandant, le Lt.Col. James. On se bat à l’arme légère, à la grenade et à l’arme blanche durant presque tout l’après-midi. Bien dirigés par le Captain David Willcocks, les canons britanniques ouvrent un violent tir de barrage qui bloque les contre-attaques des « Hohenstaufen ». Pour son action, Willcocks recevra la Military Cross. Le vaillant 5th Duke of Cornwall’s tient ferment sa position mais a perdu 250 hommes, soit plus du quart de son effectif. Au regard des féroces combats menés par le 5th DCLI, les « Wyverns » de la 43rd Division surnomment la Cote 112 « Cornwall’s Hill ».

– Constatant l’échec de la journée, Thomas décide de remettre l’assaut au lendemain. Le 11 juillet donc, les 129th et 130th Brigades tentent de prendre Maltot et Etterville, avec l’appui du Régiment des Scots Greys (4th Amoured Brigade) du Lt-Col. ACG Readman. Pour l’anecdote historique, vétéran des campagnes d’Afrique, les Scots Greys forment l’un des plus vieux régiments de l’Armée de Sa Majesté avec à son actif (entre autres) les batailles de Fontenoy et de Waterloo.

– L’assaut  britannique redémarre donc durant la matinée du 11 juillet mais il se révèle infructueux. Les Tiger et Panzer IV « allument » les Sherman et Churchill trop téméraires. Aucun des objectifs initiaux ne peut être atteint et Thomas reçoit l’ordre de maintenir sa « Wessex » sur ses positions de départ et sur le Bois-Carré. En trente-six heures de combat, la 43rd Division a perdu près de 2 000 hommes ! Seule consolation pour les Britanniques, Jupiter a forcé le commandement allemand à maintenir la 9. SS-PzDiv « Hohenstaufen » en réserve sur l’Odon au lieu d’être redéployée au sud de Caen.

 

Chars Tiger I du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102

Chars Tiger I du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102

2- ECHEC DES ECOSSAIS A ETERVILLE

– A la gauche (est) de la 43rd « Wessex », la courageuse 15th Scottish Division s’apprête à repartir à l’assaut contre les positions du SS-Panzergrenadier-Regiment 1 « Leibstandarte Adolf Hitler » commandé par le SS-Standartenführer Albert Frey.

A 14h00, la 46th Highland Brigade (2nd Glasgow Highlander et 7th Seaforth Highlander, moins le 9th Cameronians) par à l’assaut vers la ligne Louvigny – Etterville mais se heurte très vite à une forte résistance de la part du SS-PzGren.1 à hauteur de Rocreuil avant d’être heurtée par une contre-attaque du SS-Sturm-Geschützt-Abteilung 1 (SS-Obersturmbannfüher Holst).
Durant la soirée, c’est le SS-Panzergrandier-Regiment 20 du SS-Standartenführer Emil Zollhöfer lance une série de contre-attaques contre les Ecossais. A 04h35, au prix de furieux combats les Grenadiers de Zollhöfer parviennent dans Eterville.
Aussitôt, le SS-PzGren.20 pivote prendre d’assaut le versant ouest de la Cote 112 afin d’y chasser le DCLI. S’il parvient à escalader le monticule, une contre-attaque britannique bien appuyée par l’artillerie divisionnaire permet à la 130th Brigade de reconquérir la Cote. Très vite, les Britanniques viennent à surnommer la vallée de l’Odon, la « vallée de la mort ».

– Les 12-14 juillet, les combats perdent en intensité. Des deux côtés les pertes sont particulièrement élevées et les hommes encore en état de combattre sont physiquement à bout. La Luftwaffe intervient néanmoins puisque les Junker Ju-87 Stuka de la III/Schlachtgeschwader (Major Gerherd Weyert) lancent un raid contre les poisitions britanniques pour soulager les éléments du SS-PzGren.19. Le lendemain, les éléments de la 10. SS « Frundsberg » (SS-Panzegrenadier-Regiment. 22) viennent relever ceux de la « Hohenstaufen », alors que les efforts des mécaniciens des ateliers permet de remettre en état 13 engins, ce qui porte à 16 Sturmgeschützte, 19 Panzer IV et 38 Panther le nombre de blindés disponibles.

Du côté britannique, en dépit des sacrifices de sa division, le Major.General Ivor « Butcher » Thomas n’a pas vraiment de raison pour pavoiser puisqu’il a perdu 2 000 combattants pour une avancée maximum de 1 500 mètres environ. Les « Wyverns » (surnom des soldats de la 43rd Divsion en référence à la Vouivre arboré sur l’insigne) doivent alors être mis au repos et leurs effectifs complétés par des remplaçants ou en « vampirisant » les unités de DCA.

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