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Patrimoine national : La Sainte Chapelle, le « Joyau » de Saint Louis

Véritable « joyau » architectural, la Sainte Chapelle s’inscrit parmi les monuments majeurs laissés par le roi Louis IX à la postérité. Le souverain ne se contenta pas d’être le roi saint et vertueux décrit par tant de biographes, à commencer par son contemporain et serviteur Joinville, qui voyait en lui le « prud’homme »  (homme sage) par excellence. De fait,  celui  qui régna sur la France plus de 40 ans (1226-1270) peut aussi être considéré comme un roi bâtisseur ayant pleinement participé à l’élan architectural qui caractérise le 13ème siècle.

A l’initiative de nombreux chantiers religieux ou hospitaliers, Saint Louis entreprend la construction de la Sainte Chapelle, véritable chef d’œuvre, de ce que l’on nommera plus tard l’ « art Français » ou le « gothique rayonnant », qui « rayonnera » (comme son nom l’indique) dans toute la Chrétienté, à l’époque médiévale. C’est vers 1241 qu’à l’instigation du roi lui-même s’ouvre l’immense chantier de l’édifice qui s’achèvera en un temps record. En effet, huit années suffiront pour bâtir cet édifice principalement destiné à abriter les reliques de la Passion du Christ que le roi vient d’acquérir, à grand prix, des mains de l’empereur latin de Constantinople. La Sainte Chapelle sera consacrée officiellement le 26 avril 1248, deux mois avant le départ de Saint Louis pour sa première croisade.

Œuvre monumentale, la Sainte Chapelle est le fruit de la volonté d’un roi  « très chrétien » qui désire exprimer le lien entre la Terre et le Ciel au sein de même de son royaume. Associant pleinement la religion chrétienne à son gouvernement politique, le souverain a voulu placer l’édifice au cœur du palais royal. Tout un symbole, que l’architecture du lieu ne manque pas de souligner, dévoilant un dessein royal d’une portée universelle et une ambition assumée : faire rayonner  Dieu Lui-même, « le roi des rois » présent à travers les reliques de sa Passion, dont Louis veut être le serviteur et le « lieutenant » en entraînant tous les peuples de la Chrétienté à sa suite. Toutes les illustrations ne sont qu’un pâle reflet de la splendeur d’une œuvre que l’on peut visiter de nos jours, ayant à l’esprit qu’elle abritait jadis les joyaux d’une foi qui habitait un peuple et d’une société qui formait avec le christianisme un seul corps, avançant sur les routes de l’histoire…

 « Le passant moderne… est saisi par un vertige de couleurs d’une intensité incomparable quel que soit le temps à l’extérieur. Les vitraux qui remplacent véritablement les murs, offrent au regard ébloui leur scintillement coloré, immatériel. Ils sont l’intermédiaire magique qui permet au spectateur de retrouver un écho de ce lointain Moyen-Age, de la personnalité du commanditaire, le roi Louis IX… et des circonstances de leur création »

  • Françoise Perrot et Jean-Michel Leniaud, La Sainte Chapelle, Editions du patrimoine, Paris, 2007

Voir aussi sur FHE : https://www.france-histoire-esperance.com/26-avril-1248-consecration-de-la-sainte-chapelle/