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25 mai 1510 : mort du Cardinal d’Amboise

Né en 1460 au château de Chaumont-sur-Loire au sein d’une vieille famille de la noblesse tourangelle, fils de Pierre d’Amboise et d’Anne de Bueil, le brillant Cardinal Georges d’Amboise a été considéré comme un véritable premier ministre durant le règne de Louis XII tel Richelieu (Lucien Bély).

Ses frères feront aussi de brillantes carrières politiques et ecclésiastiques. Charles sera gouverneur de Paris, d’Île-de-France et de Champagne, ; Louis Evêque d’Albi et Lieutenant-Général du Languedoc ; Jean Evêque de Langres et Gouverneur de Bourgogne et enfin Pierre sera Evêque de Poitiers.

Après des études de droit il se destine à la carrière ecclésiastique. D’abord protonotaire apostolique, brillant prélat de son temps, Georges d’Amboise se consacre surtout à l’administration de ses bénéfices et au service de l’Etat. Se liant d’amitié avec le Duc Louis d’Orléans, il reçoit d’abord en tant qu’Archevêque de Narbonne les bénéfices des Abbayes Saint-Paul et de Grandselve. Il est fait évêque de Montauban en 1484, même si c’est Jean de Brugères qui est élu. En 1485 il est ordonné prêtre. Emprisonné par l’Evêque du Puy, Geoffroy de Pompadour, il est libéré sur ordre royal et jure fidélité à Charles VIII qui s’attache ses services et ses compétences. C’est ainsi qu’en 1491, Georges d’Amboise négocie avec François II de Bretagne le mariage de sa fille Anne avec Charles VIII. La cérémonie aura lieu à la fin de l’année au château de Langeais.

Georges d’Amboise succède ensuite à Robert de Croismares à la tête de l’Archevêché de Rouen en 1493, après son élection, avec le soutien du Roi Charles VIII et du Duc d’Orléans (futur Louis XII). Ce dernier est alors l’un des plus riches du Royaume de France. Il faut dire que le Pape d’alors, le débauché et retors Alexandre VI Borgia souhaitait voir l’un de ses proches, Ferderico Borgia.
Il accompagne ensuite Charles VIII lors des Guerres d’Italie.

Après la mort accidentelle de Charles VIII au château d’Amboise en 1498, Louis XII choisit son ami Georges d’Amboise comme Principal Conseiller. Précisons que Louis XII, tout en gardant à ses côtés des hommes de confiance de Charles VIII comme Gillaume Briçonet ou le redoutable capitaine Pierre de Rohan Maréchal de Gié, choisit de confier la conduite du Royaume à des hommes nouveaux, comme pouvait l’être Georges d’Amboise. En 1498, notre homme est aussi créé cardinal par Alexandre VI. La même année il obtient l’annulation du mariage de Louis XII avec Jeanne de Valois (sa cousine, fille de Louis XI, qui deviendra Sainte Jeanne de France) et un remariage avec Anne de Bretagne. Il couronnera Anne Reine de France en 1504, en la Basilique de Saint-Denis.

Le Cardinal d’Amboise épaula donc Louis XII dans le gouvernement du Royaume, que l’Evêque d’Annecy Claude de Seyssel mythifiera quelque peu dans son oeuvre De la Grand Monarchie de France. Ainsi, le rôle des différentes institutions de Justice son précisées (Cour des Aides, Chambre des Comptes, Parlement, Châtelet, Trésor). En mars 1499, la promulgation de l’Ordonnance de Blois est promulguée afin d’améliorer l’application de la Justice Royale. Enfin, l’année 1498 voit aussi la création d’une nouvelle Cour Souveraine, le Grand Conseil, afin de concurrencer le Parlement de Paris.
Enfin, en mai 1506, Georges d’Amboise préside l’Assemblée des Etats-Généraux réunis au château du Plessis-lez-Tours où il fut décidé que Claude de France – fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne – devait épouser François d’Angoulême (cousin du Roi et futur François Ier) à la place de Charles de Gand considéré comme trop étranger. C’est assi au cours de ces Etats-Généraux qu’il fut convenu que Louis XII devait être appelé Le Père du Peuple.

En 1501, le Cardinal d’Amboise est nommé Légat par Alexandre VI. Ce dernier mourrant en 1503, le Cardinal d’Amboise se voit bien être élu Pape. Mais c’est Francesco Todeschini Piccolomini qui est élu par les Cardinaux et prend le nom de Pie III. Cependant le nouveau Pape confirme le Cardinal d’Amboise dans sa charge de Légat Pontifical et lui octroie même les bénéfices des Abbayes de Saint-Evroult et de Saint-Pierre-de-Lagny. Pie III mourrant la même année, un nouveau conclave a lieu mais c’est le sulfureux et ambitieux Cardinal Giuliano della Rovere qui ravit le trône de Saint Pierre à d’Amboise et prend le nom de Jules II.

En matière de politique extérieure, le Royaume de France est surtout occupé par les Guerres d’Italie et la conquête du Milanais. ll place notamment son neveu, Charles II d’Amboise-Caumont – l’un des futurs vainqueurs d’Agnadel – comme gouverneur du Duché de Milan. Cependant, s’il signa le Traité de la Ligue de Cambrai le 10 décembre 1508, il ne put empêcher les menées du Pape Jules II qui réussit à s’allier aux Vénitiens et Aragonais.
Précisons que dans le domaine de la politique, le Cardinal d’Amboise pouvait compter sur l’aide de Roberter Florimond qui était réputé pour sa corruption et sa rapacité mais n’en était pas moins un serviteur de loyal de la courronne.

Mécène (ce qui était bien souvent le cas des hauts-prélats), érudit et bibliophile avertit, le Cardinal d’Amboise aménagea de très belles demeures de l’Archevêché de Rouen. Il prit ainsi la suite de Guillaume d’Estouteville dans la construction du Château de Gaillon, avec le travail des artistes italiens Guido Mazoni, Jérôme « Pacherot », Fra Giacondo et Pacello Mercogliano.
Il embellit aussi la demeurre des  Archevêques de Rouen en la transformant en très beau manoir (toujours visible aujourd’hui), ainsi qu’en réaménageant le Parlement de Normandie avec le concours d’artistes mentionnés plus haut.
Enfin, en 1504, il rachète la Seigneurie de Vigny dans le nord de l’Île-de-France (actuel Val-d’Oise), dont il fait reconstruire le château.

Il meurt à Lyon le 25 mai 1510. Si son coeur reste conservé dans la Chapelle des Célestins de la capitale des Gaules, son corps est inhumé dans un superbe mausolée sous les arcades de la Cathédrale de Rouen.

Source :
BELY Lucien : La France Moderne, PUF, Paris