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Général Jean-Etienne Championnet

Fils illégitime d’Etienne Grand notable du Valentinois et de Madeleine Vachier, Jean-Etienne Vachiet voit le jour le 13 ou le 14 avril 1762 près de Valence. Si la famille de sa mère est d’origine modeste, son père possède une fortune plus que confortable, ainsi que des biens fonciers. Sans pour autant le légitimer, Etienne Grand prend Jean en charge avec attention et le place en nourrice chez la famille Tromparant à Soyons, puis chez la famille Brian en 1764. Son père l’envoie ensuite en pension chez un greffier de Justice à Chabeuil. C’est là qu’il reçoit son instruction, faisant montre d’une vive intelligence.

– En 1779, las des moqueries qui lui apportent son nom, Jean-Etienne Vachier quitte Valence pour le Midi de la France et mène une vie aventureuse faite de petits métiers. En 1782, rentré à Valence Jean-Etienne reprend ses études, avant d’être nomme receveur pour la perception des droits au bureau de La-Roche-de-Glun. En 1783, sentant sa fin proche, Etienne Grand lègue à son fils naturel ses domaines de Barlatier, Alixan, des Marlhies et aussi de Championnet. C’est à cette époque qu’il se rallie aux idées nouvelles. Son père disparaît en 1788, poussant Jean-Etienne Grand-Championnet part terminer son instruction à Lyon avant de revenir à Valence comme jeune notable prérévolutionnaire.

– En juillet 1789, Jean-Etienne Grand-Championnet s’engage dans la Milice bourgeoise et participe au mouvement des Fédérations né à Etoile. Promu Sergent en décembre, il est bombardé lieutenant en mars 1790. Vivant alors de débats et de réunions, il devient Secrétaire des Amis de la Constitution de Valence. En 1792, nommé Adjudant-Général de la Légion des gardes nationales du district de Valence, il organise la levée des volontaires dans le département de la Drôme. Sauf que le jeu politique ne lui plaît guère et Grand-Championnet décide de présenter sa candidature au grade d’adjudant-major. Elu à une large majorité, il se retrouve au commandement du 6e Bataillon des Volontaires de la Drôme (950 hommes pour seulement 80 fusils). C’est à ce moment qu’il choisit définitivement le nom de Championnet.

– Envoyé dans le Jura en 1793 pour y réprimer une rébellion, il réussit à pacifier la situation au grand dam des Conventionnels qui réclament la manière forte. En revanche, il doit se justifier devant Danton… qu’il réussit à convaincre. En revanche, il est choqué par les exécutions ordonnées par Lebas et Saint-Just. La même année, il rejoint l’armée du Général Lazare Hoche et participe à la prise de Landau. A Thionville en 1794, il est nommé Général de Brigade et combat encore sur la Moselle dans la région d’Arlon et de Luxembourg. Promu Général de Division en juin, il se distingue particulièrement lors de la victoire de Fleurus contre les Autrichiens et reçoit les félicitations des représentants en mission.

– Toujours Général de Division, Jean- rejoint l’Armée de Sambre et Meuse commandée par Jean-Baptiste Jourdan mais reçoit une unité d’environ 10 000 hommes en état lamentable. Ceci dit, il s’empare de Juliers et de Cologne avant de prendre un peu de repos à Valence.
Placé sous le commandement de Kléber en 1795, Championnet  participe à la campagne du Rhin et s’empare de Düsseldorf avec 700 soldats. Dans les semaines qui suivent, il s’empare de Limbourg et de Colsheim. Malheureusement, l’état de sa division est tel qu’il ne peut combattre davantage. Il a notamment perdu 4 000 soldats.
Revenu sous le commandement de Jourdan, Championnet participe brillamment lors de la première campagne du Danube, en couvrant la retraite de l’Armée de Sambre et Meuse sur près de 1 500 km. Le 1er décembre, il contribue à la mise en place des Conseils de Guerre avant de prendre le commandement de l’Armée de Sambre et Meuse par intérim.

– Au début 1797, le Directoire nomme Jean-Etienne Championnet adjoint de Lazare Hoche pour la Seconde campagne du Danume. Commandant un corps de 22 000 hommes formant l’aile gauche, il se distingue à Ukerach et Altenkirchen, s’attirant les compliments de son supérieur comme du Directoire. Mais Lazare Hoche est démis de ses fonctions lors du Coup d’Etat du 18 Fructidor en V. Toutefois, Paul Barras l’homme fort du Directoire octroie à Championnet le commandement de l’Armée de Sambre et Meuse. Ayant après la mort de son ancien chef, il lui fait élever un monument.
En 1798, il remporte de succès en Belgique en empêchant les Britanniques d’y débarquer. Championnet reçoit alors le surnom « des Dunes ». Il commande ensuite aux unités françaises réparties entre Dunkerque et la Hollande, avant d’envelopper celles du nord de l’Allemagne et de la Batavie.

– Toutefois, en 1798 toujours, par pour l’Italie pour prendre le commandement de l’Armée de Rome (5 Divisions et 23 000 hommes), hâtivement formée par le Directoire pour défendre la nouvelle République Romaine. Mais cette formation est elle aussi en piteux état et compte peu de canons et se trouve menace par les Armées du Royaume de Naples. Mais par une habile manœuvre, Championnet prend de vitesse les Napolitains et s’empare de Rome, Capoue, puis Gaete. Le 24 janvier 1799, il s’empare de Naples après avoir mis en déroute une armée de 70 000 hommes. Après cela, il proclame la République parthénopéenne, s’emploie à réformer l’Armée de Naples, tout en relançant les fouilles à Pompéi.

– Seulement, Championnet est accusé d’abus de pouvoir et est déchu de son commandement. D’abord jugé en Conseil de Guerre à Grenoble, avant d’être acquitté faute de preuves. Après le coup d’Etat du 30 prairial An VII (18 juin 1799), Championnet reprend ses fonctions militaires grâce à l’intervention de Jean-Baptiste Bernadotte. Placé au commandement de l’Armée des Alpes après la mort de Joubert à Novi, afin de mener campagne en Italie contre les Russes et les Autrichiens, il prend son commandement à Embrun. Seulement, ses hommes sont malades et mal équipés. Championnet est alors battu par les troupes d’Alexandre V. Souvourov à Genola le 4 novembre 1799. Profondément affecté par cette défaite, il tombe malade lui aussi et doit être évacué à Antibes.

– Jean-Etienne Championnet s’éteint le 9 janvier 1800 à l’Hôtel des Deux Aigles d’Antibes.

Source :
– BANC Jean-Claude : Le général Jean-Etienne Championnet, http://www.bonaparte-a-valence.fr