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Histoire & Culture

Histoire & Culture

Gustave Thibon/ Hélie de saint Marc : Un enseignement « viril » pour les jeunes générations…

by adminfhesp 2 juin 2010

Notre jeunesse doit se lever. L’avenir de nos sociétés en dépend. Jean Paul II s’adressant aux jeunes Français  (au Parc des Princes, le 1er juin 1980) disait lui-même que « l’Eglise regarde les jeunes avec optimisme et avec une profonde espérance. Elle voit en eux une énorme force de renouveau ». Tournons nous vers deux témoins qui ont également eu à cœur de parler à la jeunesse, en la prenant au sérieux…

Tout d’abord un beau texte de Gustave Thibon ( 1903-2001), penseur trop méconnu et pourtant  si riche d’analyses pertinentes, et plus que jamais actuelles. Ainsi l’ hommage qu’il rend à son ami Charles Maurras (1868-1952) lui donne l’occasion d’insister sur le trésor que constitue la véritable espérance et l’engagement personnel qui en découle nécessairement…

« Est-il un enseignement plus viril pour les jeunes générations, que de leur montrer qu’aucun héritage du passé n’est acquis, qu’aucune promesse de l’avenir n’est certaine et que la réalité de demain dépend uniquement de leur fidélité et de leur courage ? Tout ce qui s’est fait de grand dans le temps s’est fait, non en s’abandonnant à la fuite des heures, mais en résistant à leur pouvoir de dissolution et de mort. Il faut épouser son époque, bêlent en chœur les  amants serviles de la mode et de  l’opinion. Certes, mais non pour adorer ses tares ni pour obéir à ses caprices : pour la redresser au contraire, l’éduquer, la féconder en la pliant aux exigences immuables de l’être humain. C’est le sens du mot de l’Apôtre : Redimere tempus. Car l’histoire n’a de sens que celui que nous lui donnons. Et le temps qui ne gravite plus autour de l’éternité cède de tout son poids à l’attraction du néant.

Beauté, raison, vertu :  triangle divin où s’inscrit le cercle de notre destin. L’exemple de Maurras appelle à sa suite une légion d’hommes qui reprendront l’oeuvre qui n’a pas de fin. Des hommes qui porteront en eux assez d’espérance pour n’avoir pas besoin d’illusions. Et qui vaincront par la bénédiction des puissance de lumière et d’harmonie. Mais qui savent aussi, car il n’est pas d’espérance vraie sans incertitude et sans risque,  que si, l’effort accompli et le sacrifice consommé, les forces de l’ombre et de l’abîme doivent avoir raison dans les faits, ce sera l’éternel honneur de l’homme de mourir sans leur donner raison dans son cœur.

 Telle est la suprême leçon d’espérance que j’ai lue dans le dernier regard échangé avec Maurras, à quelques jour de sa rencontre avec le Christ- et c’était comme la mue de l’espérance humaine en espérance théologale. Contra spem in spe : Maurras avait assez longtemps espéré contre l’espoir pour que, selon le mot d’Héraclite, il lui fut donné, au terme de son existence, de trouver l’inespéré. »

(G. Thibon, extrait d’un article sur Charles Maurras)

Écoutons aussi l’appel vibrant du grand homme que fut Hélie Denoix de Saint Marc (1922-2013). Une invitation au courage, à la quête de absolu et au don de soi. Ce qu’il nomme « l’honneur de vivre »…

« Quand on a connu tout et le contraire de tout,
quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie,on est tenté de ne rien lui dire, sachant qu’à chaque génération suffit sa peine, sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause
font partie de la noblesse de l’existence.
Pourtant, je ne veux pas me dérober,
et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

«Il ne faut pas s’installer dans sa vérité et vouloir l’asséner comme une certitude, mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».(…)

La vie est un combat, le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. Il faut savoir que rien n’est sûr, que rien n’est facile, que rien n’est donné, que rien n’est gratuit.Tout se conquiert, tout se mérite. Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu. 

 A mon jeune interlocuteur,

je dirai donc que nous vivons une période difficile
où les bases de ce qu’on appelait la Morale et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique,
sont remises constamment en cause, en particulier dans les domaines du don de la vie, de la manipulation de la vie, de l’interruption de la vie. Dans ces domaines, de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir.

Oui, nous vivons une période difficile où l’individualisme systématique,
le profit à n’importe quel prix, le matérialisme, l’emportent sur les forces de l’esprit. Oui, nous vivons une période difficile où il est toujours question de droit et jamais de devoir
et où la responsabilité qui est l’once de tout destin, tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela,
il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine.
Il faut savoir, jusqu’au dernier jour, jusqu’à la dernière heure,
rouler son propre rocher. « La vie est un combat, le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. Il faut savoir que rien n’est sûr, que rien n’est facile, que rien n’est donné, que rien n’est gratuit.Tout se conquiert, tout se mérite. Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu. »

Je dirai à mon jeune interlocuteur que pour ma très modeste part, je crois que la vie est un don de Dieu et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde, une signification à notre existence. Je lui dirai qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves, cette générosité, cette noblesse, cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde, qu’il faut savoir découvrir ces étoiles, qui nous guident où nous sommes plongés au plus profond de la nuit et le tremblement sacré des choses invisibles. Je lui dirai que tout homme est une exception, qu’il a sa propre dignité et qu’il faut savoir respecter cette dignité. Je lui dirai qu’envers et contre tous il faut croire à son pays et en son avenir. Enfin, je lui dirai que de toutes les vertus, la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres, de toutes les vertus, la plus importante me paraît être le courage, les courages, et surtout celui dont on ne parle pas et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse. Et pratiquer ce courage, ces courages, c’est peut-être cela «L’Honneur de Vivre»

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« Que dire à un jeune de 20 ans ? » Hélie de saint Marc

Voici le précieux témoignage d’un résistant, d’un homme de combat et d’honneur s’adressant aux jeunes d’aujourd’hui :  une invitation au courage, à la quête de absolu et au don de soi… « Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa…

26 août 2013

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'Chrétiens : préparer 2017'[1/3] Comment agir pour former une jeunesse chrétienne active dans le monde politique ?

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France Histoire Espérance a assisté à la conférence du mercredi 3 juin 2015 organisée par l’association Liberté politique « Chrétiens : préparer 2017 » et a décidé d’en faire un compte rendu… La conférence présentée par François Billot de Lochner – président de Liberté politique – était axée sur trois thèmes où…

4 juin 2015

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Gustave Thibon : « Le passé ne nous intéresse pas en tant que tel »

« Entre les conservateurs qui barrent l’avenir et les progressistes qui renient le passé, nous devons être avant tout les hommes de l’éternel, les hommes qui renouvellent, par une fidélité éveillée et agissante, toujours remise en question et toujours renaissante, ce qu’il y avait de meilleur dans le passé. Car le…

31 octobre 2014

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2 juin 2010
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 1/ L’élargissement de la tête de pont américaine

by adminfhesp 2 juin 2010

Venons-en maintenant au premier grand objectif des Américains, le port de Cherbourg. Le plan de Bradley se découpe en trois phases : 1. Sécuriser Utah Beach, 2. Sectionner le Cotentin du reste du département de la Manche au nord de l’axe Pont-l’Abbé – Saint-Sauveur-le-Vicomte – La Haye-du-Puits, en s’emparant le plus rapidement possible de la station balnéaire de Barnville-Carteret, sur la côte ouest du Cotentin. Pour commenter cette mission, Bradley déclare : « Il nous faudra dix jours si nous avons de la chance et trente si nous n’en avons pas ».  Le commandant de la Ist Army va en dépenser vingt…

1 – L’ASSAUT DU COTENTIN ; OBJECTIF CHERBOURG

p011602.jpgLa tâche de conquérir la presqu’île du Cotentin incombe au VIIth Corps de la Ist Army, commandé par le Lt.Gen. Joseph L. Collins et qui aligne quatre divisions d’infanterie (4th, 9th, 79th et 90th), ainsi que le 746th Tank Battalion, sans compter les canons et obusiers de l’artillerie de Corps. Ancien officier des offensives d’Argonne de 1918, Collins a l’expérience d’avoir commandé la 25th Division à Guadalcanal en 1942. Son action énergique lui a d’ailleurs valu le surnom de « Lightning Joe » (« Joe l’Eclair »). Il a donc la réputation d’être un bon tacticien et un très bon meneur d’hommes. Pour l’anecdote, il est l’oncle de l’astronaute Michael Collins qui participa à la mission Appolo 11.

En face, les Allemands alignent le LXXXIV. Armee-Korps de la 7. Armee du General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher (qui a quitté son commandement en Bretagne pour remplacer Marcks tué le 6 juin). Ce Korps aligne six divisions opérationnelles mais s’étire sur une ligne courbe qui va de Cherbourg à Carentan. Ainsi, aux deux extrémités, la 709. Infanterie-Division de von Schlieben protège la base sous-marine de Cherbourg pendant que les éléments de la 352.ID de Dietrich Kraiss (Grenadier-Regimente 915 et 916) protègent une ligne Caumont-l’Eventé – Carentan. Entre les deux, Fahrmacher ne peut s’appuyer que sur la 91. Luftlande-Division de König bien malmenée depuis le 6 juin, ainsi que sur le 77.ID de Stegmann, rameutée en urgence de la région d’Avranches. Fahrmbacher attend aussi la mise en place de la 275.ID de Schmidt qui arrive de Redon malgré une marche très difficile en raison des attaques de maquisards et de Jabos (surnom des avions d’attaque anglo-américains), ainsi que la 353.ID de Paul Mahlmann, unité correctement dotée en canons d’assaut malgré son sous-effectif.

Joseph L. Collins

Joseph L. Collins

Pendant ce temps, la IXth US Air Force du General Lewis A. Brereton débute le bombardement des grandes villes et des grands axes du Cotentin. Ainsi, dès le 7 juin, Valognes flambe sous les tapis de bombes. Plusieurs hôtels particuliers du XVIIIe partent en cendres, faisant disparaître un important patrimoine architectural.

Le VIIth Corps du Lt.Gen. Collins débarqué sur Utah doit d’abord étendre sa tête de pont établie dès le 6 juin par la 4th Infantry Division du Maj.Gen. Raymond O. Barton. Déjà celle-ci a conquis Saint-Côme-du-Mont et Saint-Pierre-du-Mont tout en établissant la jonction avec les parachutistes des 82nd et 101st Airborne autour de Sainte-Mère-Eglise. Maintenant, elle combat durement pour le contrôle de la chaussée de Quineville afin de sécuriser les approches nord de Utah.
MAP33Le 7 juin, le 22nd Infantry Regiment du Col. Hervey A. Tribolet lance un assaut pour prendre Azeville (une position fortifiée) et Crisbecq. Le 2/22nd IR (Maj. E.W. Edwards) combat durement pour prendre la petite ville d’Azeville transformée en point fortifié par les hommes de la 91. Luft-Lande-Div. Le Brig.Gen Henry A. Barber, commandant en second de la division, forme alors une Task Force chargée de prendre la chaussée de Quineville. L’idée de Barber est de contourner Crisbecq en vue de prendre Quineville et Azeville. L’assaut démarre le 9 juin avec un tir de barrage bien réglé. Bien planifié, l’assaut se révèle payant et Azeville est prise par le 3/22nd IR (Lt.Col. John Dowdy) en dépit d’un violent tir de barrage de mortiers et de mitrailleuses ennemis qui causent de lourdes pertes aux Américains. Sans plus tarder, Barton ordonne au 22nd IR de s’emparer de Quineville. Ce qui est fait le 11 juin, avec un important soutien d’artillerie. Sauf que là encore, les Allemands ne cèdent pas facilement du terrain. Ils vont même jusqu’à utiliser des chars Renault de prise datant de 1940.

La 9th Infantry Division « Old Reliables » du Maj.Gen. Manton S. Eddy, débarquée sur Utah le 10 juin, doit alors prêter son 39th Infantry Regiment « Fighting Falcons » (Col. Harry A. « Paddy » Flint) à la 4th US ID. Fort de ce renfort, Barton s’emparer de Quineville le 11 juin. Son prochain objectif est la petite ville de Montebourg qui se trouve à un carrefour de routes menant chacune à Valognes et à Cherbourg.
map31aDe son côté, Eddy lance ses deux autres régiments (47th et 60th) à l’assaut de l’ouest du Cotentin (voir carte ci-dessus). Les combats vont durer une semaine en tout. Le 60th Infantry du Col. Frederick J. de Rohan reçoit l’ordre de marcher sur Sainte-Colombe. Placé en avant du régiment, le 2nd Battalion bouscule tout ce qu’il a sur son passage et atteint la localité bien avant le reste de la division.

Insigne de la 9th Infantry Division

Insigne de la 9th Infantry Division

Le 15 juin, il s’établit sur la Douves mais doit faire face à une contre-attaque de soldats de la 77.ID de Stegmann appuyés par des mortiers et des canons légers. Les GI’s tiennent Sainte-Colombe pendant sept heures sans se faire déloger. Il est rejoint par le reste du 60th et réussit à dégager le secteur de toute opposition. Pour sa combativité, le 60th IR se voit récompensé par une Distinguished Unit Citation (citation présidentielle). Le 17 au soir, les éléments de la 9th Inf.Div. atteignent Barneville-Carteret et Saint-Lô-d’Ourville. Toutefois, le 47th du Col. George W. Smythe doit encore repousser une contre-attaque d’éléments de la 77. ID qui tente de rétablir le front. Mais la tentative allemande échoue, compte tenu du manque de moyens. Enfin, Stegmann est tué dans une attaque aérienne lancée par des appareils américains, près de Briquebec.

Manton S. Eddy

Manton S. Eddy

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Insigne de la 90th Infantry Division

Plus au sud maintenant, la 90th Infantry Division « Texas and Oklahoma / « Through Ombres », du Maj.Gen. Jay W. McKelvie doit élargir la tête de pont du VIIth Corps au nord des marais du Merderet et s’emparer de Goubesville et de Pont-l’Abbé. Son assaut démarre le 10 juin avec l’appui d’artillerie conséquent des 345th et 915th Field Artillery Battalions. Malheureusement dans un terrain peu propice à la manœuvre, les jeunes GI’s inexpérimentés de la T&O découvrent vite que les Allemands se battent mieux que prévu. Le 358th Infantry Regiment du Col. James V. Thompson, qui doit prendre Pont-l’Abbé et Etienville, traverse le Merderet mais se retrouve arrêté par une forte résistance allemande devant Pont-l’Abbé. Une contre-attaque est même lancée par les unités de la 243. ID de Klosterkämper, arrivée récemment en Normandie. Bien dissimulés derrière les haies, les Grenadiere barrent la route aux soldats américains à la mitrailleuse et au mortier. Ils lancent même une contre-attaque qui repousse les américains au nord-ouest.

De son côté, le 357th IR du Col. Philipp H. Ginger tente de franchir le Merderet pour s’emparer de Goubesville mais se fait bloquer par des tirs de canons FlaK de 88 mm, de mitrailleuses et de mortiers. La journée du 10 juin, baptême du feu pour la T&O est douloureuse. Le 11 juin, McKelvie fait donner le 359th IR (Col. Clark K. Fales) en renfort. Ce régiment, placé entre les 357th et 358th démarre son attaque à partir de Picauville… pour être contraint de se plaquer au sol et se contenter d’avancer par dizaines de mètres.
Le jour même, le 358th IR reprend son avance sur Pont-l’Abbé mais son commandant, le Col. Fales est blessé et doit être remplacé par le commandant du 2nd Battalion, le Lt.Col. Christian H. Clark. A 17h00, une intervention de P-47 Thunderbolt de la IXth Air Force met en fuite les Allemands et permet aux GI’s de Clark d’avancer derrière un tir de barrage d’artillerie. Enfin, à l’issue de quatre heures de combats, Pont-l’Abbé, réduite à un vulgaire tas de ruine, tombe aux mains des hommes du 358th. Plus au nord, le 357th combat furieusement pour s’emparer de Goubesville et d’Amfréville face à des Landsers bien retranchés. Envoyé en fer de lance de 3rd Battalion du régiment est gaspillé en pure perte.
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– McKelvie est forcé d’adjoindre la A Company du 315th Combat Engineer Battalion au 357th en guise de renfort. Voilà donc les soldats du génie forcés de combattre comme fusiliers. Le 14 juin, le 357th et les Engineers réussissent à entrer au nord-est de Goubesville mais s’y fait rejeter sans ménagement par les Landsers, pendant que le 359th progresse toujours lentement par le nord-ouest. Entretemps, rendu fort mécontent par les médiocres performances de la 90th Division, Collins limoge McKelvie et le remplace par le Maj.Gen. Eugene M. Landrum. Pendant la journée du 15 juin, le 359th réussit à avancer de 600 mètres au nord-ouest de Goubesville, ce qui provoque l’évacuation de la petite ville par les Landsers qui se replient un bon ordre sur la route Saint-Lô – Périers.
Le 17 juin, le 357th, reformé en Combat Teams (groupes interarmes) avec des éléments du génie, se porte vers le nord-ouest et atteint Sainte-Colombe, établissant la jonction avec la 9th Division. Les deux divisions forment alors le dernier maillon d’une chaîne de défense allant de Barneville-Carteret à Carentan. Elle est aussi renforcée sur son flanc gauche (est) par la 82nd Airborne Division de Matthew B. Ridgway et ces deux divisions passent sous le commandement du VIIIth Army Corps du Lt.Gen. Troy H. Middleton, arrivé tout juste sur le sol normand.

– Son flanc sud sécurisé, Bradley peut alors envisager de parachever la conquête du nord du Cotentin en lançant le VIIth Corps de Collins sur Cherbourg.
Enfin, de son côté, l’inexpérimentée 90th Infantry Division a sué sang et eau dans les marais du Merderet pour conquérir ses objectifs mais son calvaire en Normandie ne fait que commencer…

2 – LA CONQUÊTE A PARTIR D’OMAHA BEACH

– Après le contrôle du secteur d’Omaha Beach, le Vth Corps du Lt.Gen. Leonard T. Gerow reçoit pour mission d’atteindre Isigny-sur-Mer ainsi que de se lancer vers le sud, vers Caumont-l’Eventé. Le 7 juin, la 2nd Infantry Division « Indian head » du Maj.Gen. Walter M. Robertson débarque sur Omaha Beach et viens se positionner au sud de Saint-Laurent-sur-Mer. Le 8 juin, son 38th Infantry Regiment (Col.Walter A. Elliot) reçoit l’ordre de s’emparer de Trévières. Là, les GI’s inexpérimentés se heurtent à une violente résistance de la part des restes du Grenadier-Regiment 916 de l’Oberst Ersnt Goth, dissimulés dans les haies. Après deux jours de violents combats, le 3/38th du Captain Weathers réussit à franchir l’Aure sous des tirs nourris, ce qui coûte la vie à son chef. Le 10 juin, Trévières tombe.
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– De son côté, la prestigieuse 1st Infantry Division « Big Red One » du Maj.Gen. Clarence G. Huebner, vétérane d’Afrique et de Sicile qui a consenti au sacrifice à Omaha Beach, reçoit pour objectif la capture de Caumont-l’Eventé à l’est de Saint-Lô. Sauf que les hommes de Huebner se rendent vite compte que combattre dans le bocage ne va pas être une simple partie de plaisir. Les GI’s aguerris ont surtout combattu dans des zones arides dégagées ou urbaines et l’entraînement en Grande-Bretagne n’a pas insisté sur la mise en situation dans l’environnement normand, bien que la campagne anglaise soit elle aussi garnies de haies et de chemins de creux ! Craignant alors que son front ne soit rompu par une attaque de la Panzer-Lehr-Division nouvellement arrivée, Huebner positionne ses trois régiments (16th, 18th et 26th) en trois lignes successives, sauf que ce déploiement ne lui permet d’avancer sa division que par bonds. Huebner surestime quelque peu le nombre des forces allemandes car il n’y a pas grand-chose en face de lui ; seulement deux Kompanien de la 2.PzDiv chargées de défendre Caumont. Le 8 juin, la Big Red One traverse l’Aure et marche sur Caumont. Les GI’s passent trois jours à nettoyer la campagne au nord de Caumont et atteignent la ville le 12. Le 26th IR doit alors mener un féroce combat contre les deux Kompn de la 2.PzDiv pendant toute la nuit pour la maîtrise de la ville, pendant que le 18th se charge de Formigny.

Leonard T. Gerow, commandant du Vth US Corps

Leonard T. Gerow, commandant du Vth US Corps

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Insigne de la 2nd Infantry Division

– De son côté, la 2nd US ID de Robertson connaît de sérieuses difficultés face à un adversaire particulièrement coriace, la 3. Fallschirm-Division du II. Fallschirm-Korps d’Eugen Meindl. Commandée par le Generalmajor Richard Schimpf, un vétéran des campagnes de Grèce et de Russie adoré de ses hommes, cette division est formée de 15 976 jeunes parachutistes bien entraînés et conditionnés comme de sous-officiers ayant connu les durs combats de Sicile et d’Italie. Tout simplement surarmée, la 3. FjD aligne 930 mitrailleuses MG. Soit une pour treize hommes environ ! Certains de ses combattants sont aussi équipés des tout nouveaux fusils d’assaut STG 44 et des FG 42 (ce dernier modèle étant spécialement conçu pour armer les parachutistes). Sans compter ses mortiers et ses canons, c’est dire sa puissance de feu… Stationnée dans le centre-ouest de la Bretagne la veille du 6 juin, elle arrive à marche forcée en Normandie le 10 juin et s’installe à Brecey-Villedieu.
– Le 11 juin, le 38th Infantry Regiment se porte sur l’Elle pour se faire violemment prendre à partie par les Fallschirmjäger de Schimpf qui clouent sur place les audacieux. Le 13 juin, le 38th soutenu par l’artillerie divisionnaire relance son attaque pour ne progresser que de… 3,2 km. Robertson doit compter 540 tués pour deux jours de combat.

– La 29th Infantry « Blue and Gray » de Charles H. Gerhardt, l’autre division d’Omaha Beach, n’obtient guère de meilleurs résultats. En effet, en voulant franchir l’Elle, son 116th IR du Col. Charles D.W. Canham est immobilisé par la virulente défense des Fallschirmjäger. Seul le 3/115th peut franchir la rivière et progresser de 2,7 km, jusque au sud de Saint-Jean-de-Savigny mais il subit immédiatement un violent tir de barrage d’artillerie (pièces antichars PaK et canons d’assaut Sturmgeschützte) et de mortiers qui force ses soldats à se plaquer au sol. Finalement, ne pouvant pas localiser les forces allemandes bien tapies dans les haies, les hommes du 3/116th préfèrent déguerpir sous une pluie de balles et d’obus. Pendant ce temps, le 115th IR du Col. Godwin Ordway Jr. démarre son assaut sur Saint-Clair-sur-l’Elle avec l’appui de deux Platoon (8 chars) de M4 Sherman du 743rd Tank Battalion du Lt.Col. Upham.

– Sauf que le scénario se répète, PaK antichars, canons légers de DCA, mortiers et mitrailleuses MG des Fallschirmjäger et Grenadiere crachent tout leur feu sur les GI’s qui doivent se plaquer au sol. Bien souvent ce réflexe coûte la vie à bon nombre d’entre eux car leur immobilisation dans un champ permet aux observateurs d’artillerie allemande de régler les tirs de mortiers de de canons sur eux. Les Sherman ne peuvent être non plus d’un grand secours, car des petits groupes de « casseurs de chars » se déplacent discrètement sous le couvert des haies pour en détruire trois à coups de Panzerfaüste. Repris en main par son chef et bénéficiant du soutien de obusiers de la divisions et du Vth Corps, le 115th IR réussit à atteindre Saint-Clair-sur-l’Elle au prix de 547 tués. Au regard de ce triste chiffre, Gerhardt décide de laisser sa division au repos en vue de l’assaut sur Saint-Lô. Les GI’s sont néanmoins prévenus, les Allemands tiennent fermement le bocage normand et ne sont pas prêt de lâcher prise facilement. La route vers Saint-Lô sera longue.
Omar N. Bradley dira d’ailleurs, dès le 8 juin : « c’est la plus foutue campagne que j’ai jamais vue ! »

Suite…

 

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Histoire & Culture

Général Nicolas Dahlmann

by adminfhesp 28 mai 2010

Fils d’un Trompette de Régiment Royal Dauphin Cavalerie, Nicolas Dahlmann voit le jour à Thionville le 7 novembre 1769. En 1777, il entre déjà dans les rangs de l’Armée de Louis XVI comme enfant de troupe. Sa famille a des origines au sein de la noblesse de Souabe.
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– Le jeune soldat continue ensuite son parcours dans l’Armée Royale.  Il reste dans ce même régiment comme engagé en 1785 avant de
passer dans l’Infanterie au sein du Régiment d’Alsace qui devient le 53e Régiment d’Infanterie en 1790.

– Après 1792, Nicolas Dahlmann combat dans l’Infanterie dans l’Armée de la Moselle commandée par le Général Kellerman (père), puis dans l’Armée des Pyrénées du Général Servan. Il est blessé à la jambe contre les Espagnols à Peyretores en septembre 1793.

– En 1796
, promu Capitaine, il accompagne le Général Bonaparte en Italie en sein des Guides-à-Cheval, corps formé en juin de la même année. En 1798, Dahlmann reste aux ordres de Bonaparte en Egypte. Il participe aux Batailles de Salahieh et d’Aboukir contre les Mamelouks. Après la prise de pouvoir de Bonaparte, Nicolas Dahlmann est promu Chef d’Escadron aux Chasseurs à Cheval en 1802.
Il commande un escadron des Chasseurs à Cheval de la Garde à Austerlitz, s’y distingue et prend le commandement du même Régiment après la mort du Colonel-Major Morland.

– Promu Général de Brigade, on le retrouve ensuite, toujours au commandement de la 1re Brigade de Cavalerie de la Garde Impériale à Iéna et Lopaczyn.
A Eylau, il est aux avant-postes de la « charge des quatre-vingt escadrons ». Chargeant en tête de ses troupes face aux Cosaques, il est gravement blessé d’une balle dans la hanche.

– Transporté à l’arrière, il rend son dernier soupir le 10 février 1807. Avec Lassalle et Bessières, le Général Nicolas Dahlmann fait partie de ces cavaliers d’Empire valeureux tués à l’issue d’une bataille. Son cœur a été déposé au Panthéon sur ordre de l’Empereur.

Source :
– http://www.napoleonseries.org

 

 

 

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Général Joseph de Goislard de Monsabert

Général Joseph de Goislard de Monsabert

Restant toujours dans l’ombre du Maréchal de Lattre de Tassigny, le Général de Montsabert reste néanmoins l’un des officiers français ayant joué un rôle important dans la campagne d’Italie et dans la Libération du territoire national. Joseph Jean de Goislard de Monsabert voit le jour le 30 septembre 1887 à…

13 juin 2016

Dans « Histoire militaire française »

Maréchal Emmanuel de Grouchy

Maréchal Emmanuel de Grouchy

Le nom de Grouchy est longtemps resté – et reste encore – associé à la défaite de Waterloo. Presque comme si ce Maréchal d’Empire n’avait laissé que cette empreinte dans l’Histoire de la Grande Armée. Or, c’est faire injustice à ce soldat que de réduire sa carrière au 18 juin…

29 mai 2016

Dans « Grande Armée »

Général Jean-Marie Degoutte

Général Jean-Marie Degoutte

Entièrement passé dans l’oubli, Jean-Marie Degoutte reste tout de même considéré comme l’un des meilleurs plus jeunes commandants français de la Grande Guerre, au même titre que d’hommes tels Georges Humbert ou Henri Gouraud. C’est aussi lui qui dirigea les travaux de la Ligne Maginot des Alpes dans les années 1920-1930.…

31 octobre 2016

Dans « Grande Guerre »

28 mai 2010
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Histoire & Culture

Vins du Sud-Ouest : Le Pécharmant

by adminfhesp 27 mai 2010

Il s’agit sans doute-là de l’une des plus belles appellations de vins rouges du Périgord. Situé au nord de Bergerac à quelques pas de l’agglomération de Périgueux, le vignoble de Pécharmant s’accroche à la colline de « Pech » depuis l’Epoque Médiévale.
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Il recouvre actuellement 418 hectares pour une production de 14 860 hectolitres environ. L’appellation ayant été reconnue en 1946.
Les sols utilisés pour la plantation de la vigne sont composésd’argile et de sable. Les cépages utilisés sont principalement le Merlot, le Cabernet-Sauvignon, le Cabernet franc et le Côt. Le Pécharmant est un vin que l’on peut conserver sept ans, voire dix à quinze pour les plus grands millésimes.

L’œil du Pécharmant offre une robe sombre, dense et à la teinte grenat, qui acquiert des notes orangées avec l’âge.  Le nez, fin et riche, laisse s’exprimer des notes de fruirs rouges (parfois surmûris), de pruneau, de champignon, de bois, de vanille, d’épices, de réglisse et de chocolat. Des notes animales apparaissent vers quatre à cinq ans d’années de garde.

On le sert volontiers à 18°C sur des plats de terroir du Sud-Ouest et du Périgord, comme du confit d’oie ou de canard, des aiguillettes de canard, du magret de canard et de l’omelette (aux truffes ou aux cèpes). On peut aussi le servir sur des volailles comme la pintade et la dinde farcie, ainsi que sur du gibier, idéalement du lièvre à la royale.

Sources :
– Dictionnaire des vins de France, Hachette, coll. Les livrets du vin
– http://www.platsnetvin.com

 

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Vins de Loire - 1 : Coteaux-du-Loir et Jasnières

Vins de Loire – 1 : Coteaux-du-Loir et Jasnières

Ces deux appellations situées toutes deux sur les rives du Loir, à cheval des départements de la Sarthe et de l’Indre-et-Loire produisent des vins moins courus que les Tourangeaux mais qui restent appréciables, en particulier les blancs. * COTEAUX-DU-LOIR Appellation reconnue depuis 1948 et s’étendant sur les pentes dominant le Loir entreVendôme…

28 octobre 2013

Dans « Non classé »

Vins et crus : Cheverny

Vins et crus : Cheverny

Non loin du château qui inspira  Moulinsart à Hergé, au sud de Blois et entre la Sologne et l’Orléanais, s’étend un vignoble de 525 hectares qui produit sans doute l’un des vins les plus méconnus du grand public mais qui mérite amplement qu’on y fasse un détour. L’AOC Cheverny -…

28 mai 2013

Dans « Non classé »

Vins du Sud-Ouest : Montravel

Vins du Sud-Ouest : Montravel

Connue pour être la patrie de Michel Eyquem de Montaigne, la ville périgourdine de Montravel l’est un peu moins pour ses vins. Et pourtant, ses blancs – blancs et secs – valent le détour. – Appellations reconnues en 1937, Montravel, Côtes de Montravel et Haut-Montravel se localisent toutes entre Castillon…

15 octobre 2014

Dans « Non classé »

27 mai 2010
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Histoire & Culture

Vins de Loire 7 – Saumur et Saumur-Champigny

by adminfhesp 25 mai 2010

Au XVIIe siècle, Saumur était la grande place du commerce viticole de la Loire. Mais la région produisait des vins blancs réputés à l’Epoque médiévale. Aujourd’hui, les rouges du Saumurois tendent à être de plus en plus réputés, de même que ses effervescents (ou mousseux) en blancs ou en rosés. Le vignoble saumurois couvre 2 580 hectares.
On trouve aussi dans les régions l’Appellation d’Origine Vin délimité de Qualité supérieure (AOVDQS).
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Les vignes de Saumur poussent sur des sols argilo-calcaires développés sur la craie de tuffeau de l’Anjou blanc qui donne des vins plus souples. Les vignerons peuvent aussi utiliser des sols sableux du sénonien en haut coteau. On peut les conserver jusqu’à cinq ans, voire même pendant dix ans pour les meilleures années.

– LES ROUGES

Issus d’un assemblage de Cabernet-franc, de Cabernet-Sauvignon et de Pineau d’Aunis, les Saumurs rouges délivrent une robe d’un rubis intense qui rappelle la couleur de cerise mûre. Au nez, ils laissent s’exprimer la framboise, les fruits noirs, la violette et les épices. A maturité, c’est le poivron, le pruneau et le cuir qui se révèlent. En bouche, ils se révèlent ronds, sans aspérité, moelleux avec des tanins fondus.  En les dégustant, on a l’impression de croquer des fruits.

saumur-champigny-vin-aoc-rouge-les-loges-75-clOn les sert à 16°C sur des bouchées à la reine, des côtes de veau, de la darne de thon rouge, de l’épaule d’agneau, du lapin au cidre, de la poularde truffée, du rôti d’agneau, du rôti de porc au pruneau et du fromage tel du coulommiers, du cantal et du salers.


– LES BLANCS

Secs, ils sont issus d’un assemblage de Chenin blanc (80%), de Chardonnay et de Sauvignon.
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Leur robe est généralement pâle avec des reflets verts. En arômes, ils associent le minéral, le floral (acacia et tilleul, grâce au Chardonnay) et le fruit (pêche, poire et prune). En bouche, ils se montrent particulièrement rafraîchissants, légers et fins. On peut les conserver pendant trois-cinq ans.

Il est préférable de les servir pas trop frais (voire pas du tout) à 14°C sur des coquilles Saint-Jacques (poêlées ou sauce suprême), des brochettes de Saint-Jacques, de la bisque (crabe, homard, écrevisses), du tourteau, des bouchées à la reine, du caviar d’aubergines, des champignons à la crème, du civet de langoustes, du fiet de sole à la dieppoise ou à la normande, de la lotte à l’américaine, du saumon aux épinards, de la Sainte-Maure-de-Touraine,

– EFFERVESCENTS

Les blancs sont issus d’un assemblage de Chenin blanc, de Charbonnay et de Sauvignon, tandis que les Rosés peuvent contenir du Cabernet-franc, du Cabernet-Sauvignon, du Côt, du Gamay Noir, du Pinot d’Aunis et même du Pinot Noir.

Agréables et fruités, on les sert frais à l’apéritif ou au dessert (tartes aux fruits et même sorbets pour les rosés).

* SAUMUR-CHAMPIGNY

Reconnue depuis 1957, cette appellation, qui n’existe qu’en rouge, possède un vignoble de 1 500 hectares implanté dans le Maine-et-Loire sur la rive droite de la Loire, tout près de Saumur et non loin de Chinon et de Bourgueil.
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Les cépages Cabernet-franc et Cabernet-Sauvignon se développent sur des sols composés de sable, de graviers et d’argile sur craie tuffeau, ainsi que des sables verts à glaucomie sur craie du turonien supérieur. D’un honorable potentiel de garde, on peut le conserver pendant dix ans.

Avec l’assemblage du Cabernet-franc et du Cabernet-Sauvignon, le Saumur-Champigny offre une robe d’un rubis franc et intense qui s’agrémente de reflets oranges avec l’âge. Du point de vue des arômes, le jeune âge révèle des fruits rouges et noirs (framboise, mûre, cassis, groseille…), d’épices (muscade, tabac, réglisse et parfois de poivron vert) et de végétaux (menthe, fougère, bourgeons de cassis). Quand ils sont à maturité, les arômes du Saumur-Champigny deviennent plus épicés, fumés et grillés et plus amples. En bouche, jeunes ils se montrent tanniques, avant d’évoluer vers quelques chose de plus charpenté.

Ils sont à servir entre 10 et 12°C sur de l’andouillette (grillée, au vin rouge ou à la moutarde), de la darne de thon rouge, de aiguillettes de canard, de l’agneau (rôti, jarret ou carré), du mouton (épaule ou carré), du poulet grillé ou rôti, de la caille rôtie, de la pintade, du steak tartare, du pot-au-feu, du bœuf bourguignon, du chapon, du lapin (à la bière, à la moutarde ou aux champignons), du sanglier (cuissot ou gigot), du tartare de daurade, de la matelote d’anguille au vin rouge, des fromages (brebis, cantal) ou même encore des desserts (salade de fruits rouges, framboises, tartes au fruits rouges, pâtisseries à base de fraise).

Sources :
– Dictionnaire des vins de France, Hachette, coll. Les livrets du vin
– http://www.platsnetvins.com

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Vins de Loire 4 - Les Touraine (Seconde partie)

Vins de Loire 4 – Les Touraine (Seconde partie)

* TOURAINE AZAY-LE-RIDEAU S’étendant sur 54 hectares dans la Vallée de l’Indre entre Montbazon et la Loire, le vignoble d’Azay-le-Rideau est constitué de sols composés d’argile, de calcaire et de silex. Les vignobles profitent notamment d’un climat doux. L’appellation, reconnue depuis 1939 produit des vins rosés et blancs. – LES BLANCS…

6 novembre 2013

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Vins de Loire - 1 : Coteaux-du-Loir et Jasnières

Vins de Loire – 1 : Coteaux-du-Loir et Jasnières

Ces deux appellations situées toutes deux sur les rives du Loir, à cheval des départements de la Sarthe et de l’Indre-et-Loire produisent des vins moins courus que les Tourangeaux mais qui restent appréciables, en particulier les blancs. * COTEAUX-DU-LOIR Appellation reconnue depuis 1948 et s’étendant sur les pentes dominant le Loir entreVendôme…

28 octobre 2013

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Vins de Loire - 2 : Les Touraine (Première partie)

Vins de Loire – 2 : Les Touraine (Première partie)

Cultivées depuis l’Epoque médiévale, les vignes de Touraine s’étendent sur les coteaux accrochés aux rives de la Loire, du Cher, de l’Indre, de la Vienne, de la Cisse et de la Brenne. Hormis le Touraine-noble-joué (rosé) reconnu AOC en 2001, les autres vins tourangeaux se sont vus reconnaître en 1939 ; Touraine, Touraine-Amboise,…

29 octobre 2013

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25 mai 2010
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Histoire & Culture

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 6

by adminfhesp 25 mai 2010

– LE PLAN DE HAMILTON : HÂTE ET NÉGLIGENCES 

– Lorsque il élabore le plan de débarquement pour le 25 avril 1915, l’état-major de Sir Ian Hamilton part avec un inconvénient mais aussi deux avantages. Le premier est l’absence totale d’effet de surprise. En revanche, former une tête de pont est envisageable car la configuration de la péninsule de Gallipoli. En effet, le manque de routes contraint les unités turques basées à Bulair à rejoindre le Cap Helles en plusieurs jours. D’autre part, von Sanders est contraint de diviser ses forces en deux pour surveiller les deux côtés des Détroits. Mais les Britanniques devaient tenir compte des meilleurs secteurs pour débarquer. Or, si Français et Anglais ont déjà débarqué aux Dardanelles lors de la Guerre de Crimée (la Sublime Porte était alors alliée à Londres et Paris contre la Russie), la documentation sérieuse manque. La seule carte dont dispose Hamilton est un exemplaire au 1/63 000e, établie en 1908 à partir d’une carte au 1/50 000e datant de 1854. Par conséquent, de nouvelles cartes doivent être hâtivement dessinées à partir de documents turcs capturés, ou de cartes d’observation au 1/25 000e dessinées en 1912-1913.

Source : http://www.nzhistory.net.nz

Source : http://www.nzhistory.net.nz

– Mais les cartes ne peuvent suffire. Il faut dresser des plans et schémas des plages, des pentes et des ouvrages défensifs turcs. Du coup, l’état-major et les officiers chargés de la cartographie doivent rassembler des documents hydrographiques datant du début du XIXe siècle, ainsi que de rapports d’attachés navals, d’officiers du Consulat de Londres à Constantinople et même de voyageurs ! Le seul document crédible reste un plan du secteur Gaba Tepe – Plateau de Kilid Bahr, notes à l’appui, établi par un officier naval mais datant de 1876. Toutefois, la Naval Intelligence et le War Office décident de

mettre à disposition de l’état-major de la Mediterranean Expeditionnary Force et de l’ANZAC quelques rapports secrets établis en 1908 et 1909 mais régulièrement mis à jour (P. Hart).Enfin, plusieurs vols opérés par le 3 Squadron, Royal Naval Air Service (RNAS) contribuent à donner un meilleur aperçu de la configuration de la Péninsule.

– Mais une nouvelle question se pose : si l’on peut se fier aux cartes et aux plans, comment les utiliser ? Lors de la planification, une première idée avancée – avec amateurisme – par Birdwood, reprise par Hamilton et le Major.General Walter Braithwaithe consiste à débarquer à Bulair, tout au nord-est de la péninsule de Gallipoli. Mais Hamilton se rend très vite compte que cette idée est hâtive. L’objectif était de percer les défenses turques dans la partie européenne afin de menacer directement Constantinople. Mais Enver Pacha avait envisagé cette éventualité et fit moderniser les défenses datant de la Guerre de Crimée.
Autre raison pour ne pas lancer une telle opération : la distance à parcourir depuis Moudros entraînerait un étirement des lignes de communications navales. Le Haut-Commandement décide aussi d’abandonner l’option de débarquer sur le côté asiatique des Détroits. Cette option alimente tout de même un débat intense chez les Britanniques. Ses partisans estiment que le terrain dans le secteur de Çanakkale est bien plus favorable à des manœuvres rapides, rendues impossibles dans la péninsule de Gallipoli en raison du relief et de la configuration du terrain. Quant aux détracteurs, ils estiment qu’une attaque par le côté asiatique exposerait dangereusement le flanc droit du Corps Expéditionnaire. Et c’est Kitchener qui conseille directement à Hamilton de ne pas tenter cette opération.

– Décision est donc prise de débarquer sur la côte de Gallipoli. Un rapide coup d’œil sur la carte montre que la clé de la défense turque se situe sur le Plateau de Kilid Bahr qui domine les forts de la partie européenne. Hamilton est aussi au courant que d’importantes forces turques se trouvent à Boghali et pourraient intercepter ses unités aussitôt débarquées. Il décide alors de frapper dans le secteur côtier juste au nord Gaba Tepe, sur Ari Burnu, moins défendu, par un débarquement nocturne de l’ANZAC. Toutefois, même si la plage de débarquement peut-être sécurisée, il est moins certain que les troupes mises à terre soient capables de contrôler la Crête de Sari Bahr. Dans le cas contraire, les réserves turques pourront arriver assez vite en amont des plages. Par conséquent, la force principale devra rapidement s’emparer de l’éminence de Mal Tepe, sorte de cône, avant d’attaquer Kilid Bahr le jour suivant (26 avril).

– Mais en se penchant sur la carte (voir ci-dessus), une erreur évidente apparaît au grand jour. En effet, le secteur australo-néo-zélandais est bien trop éloigné du secteur de débarquement britannique au Cap Helles ! Hamilton ne tient pas compte que d’autres plages sont tout aussi (voire mieux) accessibles, de l’autre côté de Gaba Tepe et au sud de la Baie de Sulva. Celles-ci auraient pu être utilisées pour couvrir le débarquement principal. La majeure partie des forces d’Ian Hamilton auraient pu exercer ensuite une poussée coordonnée contre Kilid Bahr, frappant ainsi durement le dispositif turc. Sous-estiment gravement la défense établie par Mustapha Kemal, Hamilton décide de faire débarquer ses forces dans plusieurs secteurs avec l’appui des pièces des navires de la Royal Navy. Par conséquent, il prend le risque net de diviser ses forces par une série de débarquements, certes coordonnés sur la carte mais qui ne peuvent se soutenir mutuellement. Or, l’histoire militaire le montrera quelques décennies plus tard, un assaut amphibie a plus de chances de réussir par une série de débarquements groupés et concentrés.

– Les secteurs choisis sont désignés par des lettres et se répartissent autour de la Péninsule du Cap Helles. Les principales plages – « V » et « W » Beaches – sont respectivement situées en face du fort et du village de Sud el-Bahr, ainsi que près de la pointe du Cap Helles. Hamilton prévoit aussi plusieurs débarquements de flanc sur les plages « X » Beach (près de « W » Beach) et « S » Beach, près de la Baie de Morto, juste en-dessous de la Batterie de Tott. Le commandant britannique, décide enfin de débarquer sur une plage isolée – « Y »  – tout à la pointe de la Gallipoli, entre les réserves locales turques, avec pour attention de couper leurs communications. En somme toute, un plan aussi ambitieux que hâtivement conçu.
Les opérations démultipliées sur le Cap Helles incombent à la 63rd Royal Naval Division de Paris et à la 29th Infantry Division de Hunter-Weston, qui reçoit le renfort du Plymouth Battalion des Royal Marines. Leurs objectifs comprennent la prise du village de Krithia dès le premier jour, suivi par une forte poussée vers le nord pour établir la liaison avec les ANZACS et chasser les Turcs de Kilid Bahr. Et pour contrer la possible réaction des batteries turques établies sur le côté asiatique, il est décidé de faire débarquer des éléments de la 1re Division française du CEO à Kum Kale, en espérant que le commandement Turc se retrouvera en pleine confusion quant au véritable objectif allié.
Mais on voit bien que Hamilton s’est confondu en complications pour établir son plan, en multipliant les objectifs au lieu de définir un axe précis de progression dans la péninsule. Sans avoir encore combattu, les troupes de Liman von Sanders ont déjà un tour d’avance avec leurs défenses établies.

– Se pose alors clairement la responsabilité du futur bain de sang. Si Churchill porte incontestablement sa part de responsabilité en décidant de l’opération contre les Dardannelles, il est certain qu’Ian Hamilton – et même Kitchener – y sont aussi pour beaucoup. C’est bien le second, qui dans une hâte certaine, a échafaudé un plan manquant cruellement de cohésion.

Major.General Aylmer Hunter-Weston

Major.General Aylmer Hunter-Weston

– Si l’état-major du MEF piloté par Birdwood ne trouve rien à redire au plan de leur supérieur, il y a tout de même un général à se montrer inquiet : Aylmer Hunter-Weston, le commandant de la 29th Division. Âgé de cinquante-et-un ans, ayant fait la majorité de sa carrière dans les Royal Engineers (Génie), Hunter-Weston est aussi passé par l’état-major de Kitchener durant la Guerre des Boers. Mais il avait l’expérience du commandement d’unité au combat, quand il était à la tête de la 11th Brigade en France. En observant les objectifs qui lui sont assignés sur les rives du Cap Helles, il est forcé de reconnaître les différents problèmes qui attendent sa division, notamment le manque de soutien en artillerie qui ne pourra débarquer avec les premières vagues. Autre officier inquiet, le Brigadier.General Stuart Hare, commandant de la 86th Brigade qui doit débarquer sur le Cap Helles en premier. Hare fait remarquer que les artilleurs de la Navy risquent « de ne pas voir sur quoi ils vont ouvrir le feu ».
Au départ, Hamilton prévoit que la 29th Division débarquât de nuit, comme les ANZACS. Mais Hunter-Weston refuse catégoriquement, arguant que cela ne fera que causer une sérieuse confusion. Finalement, Hamilton se ravise et choisit de faire débarquer la 29th Division de jour.

– Quoiqu’il en soit, une proportion significative d’officiers subalternes britanniques, australiens et néo-zélandais éprouve une certaine inquiétude quant à ce qui est demandé à leurs soldats. Force est de constater que l’enthousiasme de Sir Ian Hamilton et de son état-major – nourri par une sous-estimation dramatique des forces et de la détermination ottomanes – n’était pas contagieux dans l’ensemble des rangs.

[Suite]

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 8

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 8

– BAIN DE SANG AU CAP HELLES – Les Britanniques sont plus réalistes quant aux forces turques défendant le Cap Helles. Ils savent que les troupes de von Sanders les attendent sur les plages « V » et « W » mais les Anglais sont aussi inquiets quant à débarquer…

25 avril 2015

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20 mars 1929 : Disparition du Maréchal Ferdinand Foch

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Fils de Napoléon Foch et de Sophie Dupré, Ferdinand Foch voit le jour le 22 octobre 1851 à Tarbes dans une famille de catholiques de tendance bonapartiste. Il est issu d’un milieu de la moyenne bourgeoisie provinciale, de militaires et de médecins. Ses parents sont eux-mêmes des rentiers qui assurent à…

20 mars 2016

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 10

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– LA SECONDE BATAILLE DE KRYTHIA (28 avril – 9 mai 1915) – L’erreur grossière de Hamilton est d’avoir laissé Kum Kale inoccupé, permettant ainsi aux Turcs d’y réinstaller des canons qui pilonnent impunément la partie européenne. Cependant, les 26-27 avril, la 1re Brigade Métropolitaine (Général Vandenberg) débarque sur «…

19 mai 2015

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25 mai 2010
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 29/ Opération « Totalize » (Seconde partie)

by adminfhesp 24 mai 2010

2 – UNE PERCÉE DIFFICILE MAIS RÉUSSIE… 

A – LE BOMBARDEMENT

– Durant la soirée, les unités au sol achèvent leurs préparatifs ; plein en carburant, délimitation des voies de passage à l’aide de lampes disposées en file sur le sol, agrandissement des brèches dans les talus. Enfin, les fantassins et tankistes reçoivent une ration de rhum, coutume avant chaque combat… Venu rendre visite à Simonds, Henry Duncan Crerar son supérieur hiérarchique l’encourage en lui rappelant que le 8 août 1918, les Canadiens ont infligé une lourde défaite aux Allemands dans le Nord de la France. Il est intéressant de constater que même s’il commande la Ist Canadian Army, Crerar joue presque un rôle secondaire dans l’Opération ; Montgomery préférant confier l’intégralité de l’affaire à son protégé Simonds.

– Durant la nuit du 7-8 août 1 020 bombardiers Lancaster et Halifax du RAF N° 84th Group démarrent leurs opérations de neutralisation des lignes allemandes sur l’axe de la route Caen–Falaise et en déversant un tapis de bombes entre sur un arc May-s/-Orne, Haut-Mesnil – Secqueville. Seulement, malgré 1 487 tonnes de bombes lâchées, le bombardement n’est pas une grande réussite en raison du manque de visibilité. Seulement 7 appareills ont été abattus par la FlaK qui n’est pas au mieux de sa forme.

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M7 Priest converti en Kangaroo

B – LA PERCÉE CANADIENNE

– A 23h30, Simonds fait donner le barrage roulant d’artillerie derrière lequel s’élancent immédiatement les sept colonnes de Sherman et de Kangaroos, précédées par les Sherman « Flails » chargés du déminage. Très vite, les équipages de tête chargés de la navigation éprouvent une première difficulté ; leurs boussoles fixées sur le blindage de leurs engins s’affolent en raison des quantités de métal répandus aux alentours.  Seconde difficulté, les unités de tête tombent presque dans le barrage d’artillerie qui ne progresse pas assez vite. Enfin, la poussière et l’obscurité provoquent l’aveuglement des équipages qui s’égaient en tête, tout en poursuivant leur avance.

– Tout à droite, devant partir en avance, la 6th Canadian Infantry Brigade doit reculer car des bombes risquent de tomber dans ses lignes. Elle reprend son avance sur le coup de 22h55 mais pour se faire arroser par des canons allemands épargnés par le bombardement de la RAF. Néanmoins, les Canadiens Français des Fusiliers Mont-Royal (Lt.Col. Gauvreau), appuyés par des mortiers lourds de 4,2-inches, attaquent May-s/-Orne sur le coup de 23h55. Mais ils sont bloqués à 350 m de leur objectif par des mitrailleuses. Les Canadiens atteignent la bordure nord du village à 02h30 seulement mais doivent se replier. 2 Compagnies repartent à l’attaque par un crochet à l’ouest du village mais sans succès. Le Lt.Col. Gauvreau doit relancer son attaque de jour avec l’aide de 12 Churchill Crocodiles  du 141st Royal Armoured Corps. Seulement, il faut former à la hâte les fantassins du Mont-Royal qui doivent protéger les chars lance-flamme, ce qui retarde encore l’assaut jusqu’à l’après-midi.

– Plus à gauche, le Royal Hamilton Light Infantry transporté sur Kangaroos s’égare complètement et parvient à l’est de Rocquancourt alors qu’il doit y parvenir par l’ouest, ce qui provoque un énorme embouteillage avec la colonne formée par le Royal Regiment of Canada et  les chars du Sherbrooke Fusiliers. Finalement, après avoir retrouvé son chemin, le RHLI réussit à descendre des Kangaroos à 05h30 et combat pour s’emparer des carrières de Caillouet et de Cîntheaux. Mais ses hommes sont bloqués à 400 m de leur objectif par une défense allemande plus vigoureuse que prévu.
A 08h45, remis de son retard, l’Essex Scottish part à l’assaut  de Caillouet. Mais un chef de section antichar trop prudent n’aligne pas ses canons de 17 livres contre 4 Panzer enterrés, ce qui force le Bataillon à rester sur place pendant plus de cinq heures avant que les Allemands ne choisissent de déguerpir avec leurs engins. Le Bataillon repart à l’assaut du bourg qu’il nettoie avec l’appui de Bren Carriers et de l’artillerie.

– Les choses se passent mieux devant Fontenay-le-Marmion pour la colonne d’assaut formée par le South Saskatchewan Regiment et le Cameron Highlanders of Canada. Si ces deux Bataillons n’ont pas de soutien d’artillerie, ils bénéficient d’un bombardement plus efficace mais doivent traverser des champs de mines. Les South Saskat. s’emparent de la moitié ouest de Fontenay-le-Marmion sans trop de problèmes mais ça n’est pas le cas des Camerons dans la moitié est. Il faut alors que les South Saskat. et 1 Squadron du 1st Hussars interviennent pour régler la question définitivement durant l’après-midi. A 15h30, les Canadiens prennent 250 prisonniers.

– Du côté du RRC et des Sherbrooke, un retard est pris mais à 06h00, 2 Compagnies du RRC montées sur M7 Priest désarmés arrivent au pied de la Cote 112. Les fantassins mettent pied à terre et dispersent sans grande difficulté les quelques Grenadiere de la « Division Brouette » (surnom donnée à la 89. ID en raison de sa faible motorisation). Les Canadiens s’enterrent avant de recevoir une contre-attaque menée le long de la N158 par des éléments de la 12. SS « Hitlerjugend » avec l’appui de Panzer IV et de Panther. Mais les Canadiens repoussent les assaillants qui laissent 4 Panzer et 6 blindés légers sur le terrain.

– La colonne de gauche canadienne (14th Hussars – Manitoba Dragoons et Fort Garry Horse) démarre son attaque à 23h30 avec 200 Sherman et blindés légers guidés par les obus traçants des canons Bofors. Malheureusement, les équipages sont très vite aveuglés par la poussière et l’obscurité. Ne pouvant pas discerner les lumières de balisage, les pilotes s’égarent eux aussi. Les éléments du Grenadier-Regiment 1056 en profitent alors pour tirer au hasard, ce qui ajoute gravement à la confusion. Malgré l’arrêt du tir traçant des Bofors, l’avance reprend sur le coup de 00h15 et les Canadiens profitent de la défense désorganisée de l’aile droite de la 89.ID pour atteindre Lorguichon avant l’aube.

– Malgré la confusion du départ, au moins les Canadiens ont-ils remportés tous leurs objectifs.

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B – L’AVANCE BRITANNIQUE

– Comme pour les Canadiens, les Ecossais et les équipages de la 33rd Armoured Division se mettent en marche dès 23h30 depuis Cormel-le-Royal et Hubert-Folie. Mais là encore, la poussière et l’obscurité empêchent les éléments de tête de se diriger correctement sur un axe sud – sud-est. Guidant et appuyant la première colonne du 7th Bn. Argyll and Shutherland qui doit s’emparer de Cramesnil et du Haut-Bosq, le 144th Royal Armoured Corps du Lt.Col. Jolly rate sa navigation et tombe dans une zone criblée de cratères. Son commandant décide de guider lui-même l’ensemble de la colonne.
Grâce à l’intervention des Crabs et de l’artillerie qui allonge son tir, Ecossais réussissenet à dépasser Bourguébus pour longer Tilly-la-Campagne et d’arriver en vue de Saint-Aignan-de-Cramesnil vers 02h40. Les hommes du 7th Argyll & Sutherl. mettent alors pied-à-terre pour s’emparer de la localité avec le soutien de 2 Squadrons du 144th RAC. Au prix d’un violent combat, Ecossais et tankistes réussissent à s’emparer de Saint-Aignan avant d’y constituer un périmètre de sécurité. Plus à l’ouest, Garcelles-Secqueville est pris à 05h30 et Cramesnil sur le coup de 07h30.

– Progressant derrière la 154th Brigade, la 152nd Highland Infantry Brigade (Robert Cassels) doit nettoyer le terraint entre Hubert-Folie et Tilly-la-Campagne. Le 2nd Bn. Seaforth Highlanders du Lt.Col. Andrews appuyé par les mitrailleuses Vickers montées du 1/7th Bn. Middlesex tentent de s’emparer de Tilly-la-Campagne tenu seulement par 130 hommes de la 89. ID. Mais les mitrailleuses allemandes empêchent les Ecossais de remplir leur mission durant la nuit. Il faut alors qu’Andrews appelle le 5th Bn. Seaforth du Lt.Col. Walford en renfort, avec l’appui d’un Squadron du 148th RAC. Il faut près de sept heures aux Écossais pour s’emparer de la petite localité avec une supériorité numérique de près de 1 contre 10 !

– A l’Est de la N 158, le 5th Bn. Cameron Highlanders (152nd Brigade) tente de s’emparer de Lorguichon mais se retrouve pris dans un embouteillage qui le ralentit. Cassels ordonne que l’avant de reprendre et le 5th Cameron s’empare de Lorguichon par une attaque en tenaille. Son périmètre de défense est établi à 09h00. Les Écossais ont eux rempli leur mission en dépit des conditions difficiles.

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Chars de la 1re DB Polonaise. Le Numéro 51 peint à l’arrière de la caisse du char indique qu’il s’agit du 1er Régiment Blindé du Colonel A. Stefanewicz

3 – … POUR UNE OCCASION MANQUÉE 

A – L’ERREUR DE SIMONDS ET LA RÉACTION DE KURT MEYER

– Les lignes ennemies percées, Simonds pourrait lâcher ses deux divisions blindées.  En effet, la modeste 89. ID de von Heinrichs paraît ébranlée mais pas tant qu’espéré car ses deux Régiments de Grenadiers réussissent à constituer des îlots de résistance qui tiennent tête au IInd Canadian Corps. Cependant, il suffirait que Simonds ordonne à ses deux divisions blindées de se regrouper derrière les lignes des 2nd Canadian Infantry et 51st Highland Divisions pour servir de bélier ouvrant le passage vers Falaise. Mais le jeune commandant du IInd Canadian Corps n’a pas le coup d’audace de ses adversaires. Il joue alors la carte de la prudence, ce qui va lui coûter son succès.

– Celui qui ruine en partie le pari de Simonds n’est autre qu’un ennemi personnel des Canadiens, le SS-Oberführer Kurt « Panzer » Meyer. Le 7 août, Hans von Kluge commandant du Heeres-Gruppe B lui a ordonné d’envoyer sa « Hitlerjugend » sur Condé-s/-Noireau afin d’enrayer l’Opération « Bluecoat ». Le soir du 7 donc, Meyer s’apprête à partir avec 2 Régiments. Mais lorsque les bombardiers de la RAF déversent leurs bombes sur la tête de la 89. ID, le patron de la « Baby Division » comprend très vite où l’ennemi veut en venir et en informe Eberbarch, commandant de la 5. Panzer-Armee. Connaissant très bien le terrain pour y avoir stationné en 1942-1943, Meyer estime qu’il faut renforcer la ligne sur le Laison qui présente des zones marécageuses facilement défendables.

– Au matin du 8 août, Meyer arrive au PC de Wilhelm Mohnke commandant du SS-Panzergrenadier-Regiment 26 basé à Urville. Il peut alors observer les colonnes de tête de Simonds qui avancent vers le sud à vitesse réduite. Après un détour par Cintheaux afin de donner des instructions au Kamfgruppe Waldmüller qui stationne dans le secteur, Meyer revient à Urville rejoint par Heinrich Eberbach. Rapidement, les deux chefs conviennent de lancer rapidement une contre-attaque pour 12h30 en direction du nord pour empêcher les lignes de la 89. ID de se désagréger. Meyer expédie 20 Panzer IV du SS-Panzer-Regiment 12, ainsi que 10 redoutables Jagdpanzer IV vers Saint-Aignan-de-Cramesnil afin de maintenir la route Caen–Falaise verrouillée. Dietrich fournit aussi sa propre compagnie blindée d’escorte, ainsi que le renfort des Tiger I du schwere-SS-Panzer-Abteilung d’Heinz von Westenhagen (l’unité de l’as Michael Wittmann). L’axe d’attaque est fixé à 150 mètres à l’est et en parallèle de la N158. Enfin, le Kampfgruppe « Wünsche » (SS-Standartenführer Max Wünsche) se positionne à Potigny avec ses Panther.
map23– Toujours durant la matinée, Meyer rejoint Waldmüller à Gaumesnil et observe les masses de chars et véhicules britanniques qui ne bougent pas ! Le patron de la « Hitlerjugend » s’en étonne grandement, étant donné que Simonds a juste à donner ordre à ses unités de foncer pour disloquer le dispositif affaibli de la 89. ID. Mais il comprend les attentions adverses quand un Pathfinder largue des fusées éclairantes. Meyer n’hésite pas une seconde et ordonne à ses unités rassemblées de se concentrer au plus près de la ligne de front car c’est justement là où l’US Air Force déployée pour la seconde vague ne va pas frapper.

Kitching, commandant de la 4th Canadian Armoured Division et Simonds

Kitching, commandant de la 4th Canadian Armoured Division et Simonds

B – CONTRE-ATTAQUE DE LA « HITLERJUGEND »

– A 12h55, des éléments blindés de pointe du Kampfgruppe « Waldmüller » – dont des Tiger commandés par Wittmann qui tient à être aux premières loges – arrivent devant Saint-Aignan-de-Cramesnil et tombent sur un parti de Sherman du 1st Norhtamptonshire Yeomanry (33rd Armoured Brigade) qui tient les abords est de la N158, parallèlement aux Canadian Grenadier Guards. S’ensuit alors un engagement particulièrement féroce durant lequel les Britanniques laissent vingt carcasses fumantes dans les champs. Cependant, la bonne discipline de feu de leur artillerie permet de repousser les assaillants qui doivent abandonner 11 Panzer IV et 5 Tiger.
Waldmüller lance alors deux autres assauts avec l’aide de 2 Bataillons d’Infanterie affaiblis. Malgré leurs pertes, les Britanniques ne cèdent pas, bénéficiant d’une logistique efficace qui leur fournit obus et munitions.

– Wittmann qui mène un groupe de 3 Tiger, remonte la N158 pour dépasser les Canadian Grenadier Guards avant d’obliquer sur sa droite pour tomber dans le dispositif du 1st Northampt.Yeom. Mais l’accueil réservé par les Britanniques à Wittman s’avère être une embuscade tendue par la Troop 3 du A Squadron du Régiment. Elle mérite bien d’être racontée même si comparé à l’ensemble de l’Opération, elle apparaît comme un événement mineur.
L’embuscade est donc dirigée par le Captain Boardman commandant du Squadron. Les 3 chars de Wittman remontent alors le long de la route passant devant un verger où attendent les britanniques. Commandés par Boardman, les M4 Sherman ouvrent le feu sur les blindages allemands causant peu de dommage mais créant une diversion qui permet alors au Sherman « Firefly » (armé de l’excellent canon antichar britannique de 17 livres) du Sergent Gordon d’ouvrir le feu à bonne distance. Le canonier Joe Ekins tire deux coups qui embrasent le Tiger. Mais les Panzer d’escorte ripostent forçant Gordon à reculer. Assomé par le tourelleau, Gordon est remplacé par le Lt. James qui ordonne à Ekins de faire feu. La tourelle du second Tiger est littéralement projetée en l’air. Le troisième Tiger qui tourne en rond (train de roulement endommagé) est achevé par un dernier coup au but. Michael Wittman a été tué sur le coup.
Malheureusement pour le vaillant équipage du « Firefly », leur engin est détruit quelques minutes plus tard mais Ekins n’en sort que blessé.
On a prétendu que Wittmann avait été tué par le tir d’une roquette de Hawker Typhoon mais les rapports militaires britanniques ont montré qu’aucun bombardier léger de ce type ne se trouvait présent au milieu de l’affrontement.

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C – SIMONDS RELANCE SON OFFENSIVE

– Durant la matinée, Simonds ordonne aux 4th Can. Arm.Div et 1re DB Polonaise de prendre position sur leurs bases de départ entre la Cote 122 et Garcelles-Secqueville. C’est donc elles qui se massent en ligne devant les jumelles de Meyer. Ensuite, la seconde vague de bombardiers – 497 appareils de la VIIIth USAAF – déverse 1 487 tonnes de bombes au-dessus des lignes allemandes entre 12h26 et 13h55 sur un front étroit. Là encore, les pilotes ouvrent les trappes à une trop haute altitude, ce qui nuit à la précision et pire encore, cause des accidents tragiques dans les rangs Canadiens et Polonais. 65 soldats tués et 350 blessés par bombardement ami sont à déplorer. Ce qui n’est pas sans nuire au moral de soldats inexpérimentés pour la plupart qui connaissent leur baptême du feu.

– A 13h55, Simonds ordonne à ses deux divisions blindées d’avancer en colonnes, de chaque côté de la N158 ; Polonais à gauche et Canadiens à droite. Malheureusement, tous les éléments de transports, de ravitaillement et d’artillerie n’ont pas achevé leur déploiement et seules les unités de tête sont en moyen d’avancer.
– Simonds a négligé un point important : le déploiement de la 4th Armoured Division dans les lignes de la 2nd Canadian Infantry Division et de la 1re DB Polonaise dans ceux de la 51st Highland provoque des encombrements routiers qui retardent le lancement de la seconde phase de « Totalize ». Comme il faut s’y attendre, Meyer met se répit à profit pour se renforcer. Kitching qui presse ses éléments blindés malgré la lenteur, doit même réveiller le Brigadier Eric L. Booth commandant de la 4th Canadian Armoured Brigade qui s’était endormi dans son char.

– Durant l’après-midi, un groupe formé du South Alberta Regiment (reconnaissance lourde) et des Argyll and Sutherland Highlanders of Canada réussit à progresser en parallèle de la N158 et s’empare de Cintheaux. A 19h00, il se trouve au nord-ouest de Haut-Mesnil mais se retrouve bloqué par des éléments du SS-Panzergrenadier-Regiment 25 et des Grenadiers de la « Division Brouette » rameutés expressément. Des canons de 88 mm mettent plusieurs Sherman du South Alberta hors service, ce qui incite Booth et Kitching à stopper là l’avance de ce groupe.

Stanislaw Maczek, commandant de la 1re DB Polonaise

Stanislaw Maczek, commandant de la 1re DB Polonaise

– A l’est de la N158, Stanislaw Maczek a ordonné à ses quatre Régiments de tête (2e Blindé, 24e Lanciers, 10e Chasseurs à Cheval et 1er Podhale) d’avancer vers leurs objectifs. Peu rassurés au départ, les équipages polonais avancent prudemment mais en formation serrée. Les Panzer de Waldmüller en profitent alors pour allumer impitoyablement les blindés polonais. 40 engins restent sur le carreau. Les hommes de Maczek décident alors de se replier sur leur ligne de départ après cette sévère déconvenue pour seulement 2 km d’arrachés. Furieux, Simonds ordonne de ne plus rien tenter à 21h00.

C’est alors qu’ Eric Booth présente un plan pour relancer l’offensive pendant la nuit même qui va donner lieu à l’un des épisodes les plus tragiques des opérations canadiennes en Normandie.

[Suite]

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9 août 2014

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24 mai 2010
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Histoire & Culture

Abbé Iborra : « Le monde est en feu ! »

by adminfhesp 21 mai 2010

Voici l’ homélie prononcée par le vicaire de la paroisse saint Eugène, à Paris, à l’occasion de la messe de rentrée du blog « le Rouge & Noir », le 4 octobre 2014, en la fête de S. François d’Assise . Au feu meurtrier des idéologies dominantes, l’abbé Iborra oppose le « feu » de l’Esprit Saint que les chrétiens ont le devoir de propager dans un monde en proie à l’autodestruction… 

            « Le monde est en feu ! » : c’était l’exclamation de S. Thérèse de Jésus, à l’aube des temps modernes, au moment où la chrétienté éclatait sous le coup des hérésies protestantes. « Le monde est en feu ! » : c’était aussi l’exclamation de sa lointaine disciple S. Thérèse Bénédicte de la Croix au moment de renouveler ses vœux, à la veille de ce nouveau suicide de l’Europe que fut la 2e Guerre mondiale, cette fois sous le coup des idéologies totalitaires athées. « Le monde est en feu ! ». La réformatrice du Carmel s’en explique : « On voudrait pour ainsi dire condamner de nouveau Jésus-Christ puisqu’on l’accable de tant de calomnies ! On voudrait en finir avec son Eglise ! » (Chemin de la Perfection, ch. 1). Nous aussi nous aurions envie de crier comme les carmélites d’autrefois : « le monde est en feu ». En feu sous la double action du libéralisme libertaire et de l’impérialisme islamiste. Par-delà nos valeurs, ce qui est menacé, c’est la survie même du socle ethnique de nos peuples européens et de la communauté culturelle qu’ils forment, civilisation spirituelle façonnée par une histoire bimillénaire.

            A la veille de la manifestation organisée en faveur de la famille, nous ne pouvons que déplorer l’impéritie, voire la trahison du politique quand il s’agit de défendre et de promouvoir les assises naturelles de l’ordre social. Laissons un instant la parole aux évêques espagnols après la reculade du Parti Populaire face à l’emblématique question de l’avortement. Voici, par exemple, ce qu’écrit l’évêque de Alcala, ulcéré par la déloyauté du gouvernement : « Le moment est venu de dire, avec une voix posée mais claire, que le Parti Populaire est libéral, idéologiquement nourri par le féminisme radical et l’idéologie du genre, infecté comme le reste des partis politiques et syndicats majoritaires, par le lobby LGBT; tous servants d’institutions internationales (publiques et privées) favorables à la promotion du gouvernement global, au service de l’impérialisme transnational néocapitaliste, qui exerce sa pression pour que l’Espagne ne serve pas d’exemple à l’Amérique du Sud et à l’Europe dans ce qu’ils considèrent être un retour en arrière inadmissible pour l’avortement, cette synthèse diabolique de l’individualisme libéral et marxiste ». Et il conclut : « Les partis politiques majoritaires sont devenus de véritables structures de péché au sens où l’entendait S. Jean Paul II dans Sollicitudo Rei Socialis, 36-40, et Evangelium Vitae, 24 ».

            Ces paroles sont dures mais réalistes, et elles nous concernent aussi en France. En France où l’on cherche vainement un chef politique au mouvement né du sursaut civique de la Manif pour tous de l’an dernier. En effet, comme le dit cet autre évêque espagnol, celui de San Sebastian, « La décision prise par le chef du gouvernement rouvre le débat qui existe déjà depuis longtemps au sein de l’Eglise catholique : quel type de présence doivent avoir les catholiques dans la vie politique ? Est-il cohérent que les catholiques intègrent des partis politiques dont les programmes contiennent des propositions diamétralement opposées aux valeurs évangéliques ? Peuvent-ils voter pour de tels partis en se fondant sur le principe du moindre mal ? Le temps a montré qu’en prenant le chemin du moindre mal on finit par arriver au plus grand mal. L’option du moindre mal ne peut être que circonstancielle et transitoire, sans que l’on succombe à la tentation d’en faire sa devise. Car Jésus-Christ nous a enseigné à choisir le plus grand bien, et non le moindre mal ». Et après avoir relevé que « l’éventail parlementaire actuel ne comprend aucun parti d’envergure capable de représenter le vote catholique », il conclut par cette réflexion : « La charge des évêques est d’apporter l’éclairage moral, et non de créer une alternative politique. Voici aujourd’hui l’une des tâches spécifiques les plus importantes des laïcs. La vocation des laïcs catholiques, à la différence des prêtres et des évêques, est de se rendre présents dans la vie politique en proposant d’autres choix, capables d’incarner de manière cohérente dans la vie publique les principes qui inspirent la doctrine sociale catholique ».

            Chers amis, telle est aussi votre mission : au feu de l’enfer déchaîné sur cette terre par le prince de ce monde et ses laquais, répondre par le feu de la charité allumé en nos cœurs par le Saint-Esprit. Et nous en venons tout naturellement – si je puis dire – à celui que nous fêtons aujourd’hui, S. François. Transportons-nous un instant dans la basilique supérieure d’Assise. Giotto y peignit cette fresque où l’on voit une frêle silhouette vêtue de gris supporter de son épaule un grand édifice prêt à crouler. C’est la représentation du songe que fit en 1210 le pape Innocent III, lui-même attelé à réformer une Eglise discréditée par la simonie et le nicolaïsme, au sein d’une société ravagée par les maux du pouvoir, de l’argent et du plaisir. Innocent III sut discerner en François et ses disciples ceux qui allaient réformer l’Église et la société, non en s’acharnant sur leurs institutions, toujours imparfaites, mais en visant l’essentiel, la racine de tous les maux, cette triple concupiscence dénoncée par S. Jean et qui se caractérise par l’hédonisme, individualiste, subjectiviste et relativiste. Dénonciation radicale de l’esclavage de l’argent, du sexe et du pouvoir par un contre-exemple tout aussi radical, celui de la pauvreté, de la chasteté et de l’obéissance. Dans une société qui commençait à céder à l’hédonisme, François répond par les vœux, vécus de manière évangélique, c’est-à-dire par l’oubli de soi au point de se confondre tout entier avec le Christ pauvre, chaste et obéissant.

            C’est ce même engagement qu’il nous invite à faire nôtre aujourd’hui, quel que soit notre état, laïc ou clerc : mener une vie chrétienne authentique. Je vous disais l’an dernier, à la suite du cardinal Pacelli : « Priez, veillez, aimez ». C’est-à-dire : « A l’empire du bruit, préférez chaque jour le silence de la lecture, de la méditation, de l’oraison. A l’abondance des biens de toute sorte que l’on vous somme de consommer, préférez chaque jour l’austérité du pain de Vie qui vous est offert quotidiennement à la messe. Aux séductions des sens et à l’orgueil de la vie, préférez chaque jour l’humilité de Marie dans la récitation du rosaire. En un mot, aux multiples paroles dont ce monde vous accable, préférez chaque jour la Parole unique de Dieu qui les surplombe toutes, ce Verbe unique qu’il nous donne pour nourrir nos intelligences et qui incarné, eucharistié, nourrit aussi nos cœurs et nos âmes ». L’évangile de ce jour parle « des choses cachées aux sages et aux savants mais révélées aux tout-petits ». C’est que dans l’Église ces tout-petits – François d’Assise, Thérèse de l’Enfant-Jésus – sont dotés d’une sagesse éminente. D’une sagesse telle qu’ils peuvent descendre dans l’arène des concepts pour lutter avec leur intelligence contre les idéologies qui menacent le troupeau, à l’instar de ces Domini canes qui s’en prennent aux loups de l’hérésie sur une fresque, à Florence cette fois.

            Oui, « le monde est en feu. » Il a besoin de chrétiens dont la foi – sous le double aspect de l’engagement et de l’intelligence – ne soit pas diluée dans le relativisme éthique et doctrinal. Mais ranimer la flamme de la foi et de la charité au souffle de l’Esprit, c’est s’exposer, dans ce monde pavé des charbons ardents de  l’Ennemi, aux tribulations les plus amères. Comme François qui porta dans sa chair les stigmates de la passion du Christ. Une croix qui, paradoxalement, se révélera un joug ténu et un fardeau léger, comme nous le laisse entendre l’introït de cette messe : « Frères, pour moi, puissé-je me glorifier en rien si ce n’est dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde a été crucifié pour moi et moi pour le monde ». Enflammés comme S. François d’Assise, puissiez-vous, chers amis, vous identifier si bien au Crucifié que vous contribuiez par votre foi, par votre espérance et par votre charité, à éteindre ces flammes de l’enfer qui aujourd’hui calcinent insidieusement notre civilisation chrétienne.

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21 mai 2010
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Histoire & Culture

Chroniques du Jour-J : les Special Air Service (SAS)

by adminfhesp 19 mai 2010

Si les SAS n’ont pas participé au saut sur la Normandie, ils ont joué un rôle important dans la stratégie d’Overlord grâce à leurs actions derrière les lignes allemandes et en coopération avec la Résistance française. En outre, leur création engendrera celle des 2nd et 3e Régiments de Chasseurs Parachutistes français.


1 – A L’ORIGINE : DAVID STIRLING

La création du Special Air Service est issue de l’esprit inventif – et anticonformiste – d’un Lieutenant du prestigieux Scots Guards Regiment : Archibald David Stirling, un membre du Clan Lovat c’est-à-dire de la vieille noblesse des Highlands. D’esprit aventurier et de solide constitution (il s’apprête à gravir l’Everest quand la guerre éclata), Stirling a envie d’en découdre avec les Allemands mais dans des actions « non orthodoxes ».

Trouvant la vie de garnison bien trop monotone, Stirling s’engage au sein du N° 8 Commando du Colonel Sir Robert Laycock que l’on surnomme la « Layforce ». Stirling combat à Rhodes en 1941 avant d’arriver en Egypte. Pensant être engagé dans de nouvelles opérations il est rapidement déçu au vu du manque d’enthousiasme du General Wavell (commandant britannique au Proche-Orient) pour l’utilisation des forces spéciales, même si les Long Range Desert Group (LRDG) du Major Ralph Bagnold effectuaient des missions de reconnaissance et de destruction le long des lignes de l’Afrikakorps par petits groupes motorisés. Ainsi, la « Layforce » est dissoute et Laycock renvoyé en Grande-Bretagne. Seulement, Stirling n’est pas homme à se laisser démonter. En 1941, il remet au Lieutenant-General Neil Ritchie, Commandant-adjoint au Proche-Orient, un rapport dans lequel il projette de créer une unité spéciale devant agir derrière les lignes germano-italiennes. Ritchie présente alors l’idée à son supérieur Sir Claude Auchinleck, successeur de Wavell, qui s’y montre favorable.

Stirling a donc carte blanche et, avec l’aide d’un officier australien, Jock Lewes, rassemble une petite force au Camp de Kabrit en Egypte, soit 66 hommes tirés de la « Layforce » auxquels un entraînement particulièrement intensif est réservé, avec des techniques de combat novatrices. Stirling insiste notamment pour inculquer à ses hommes la capacité d’improviser directement sur le terrain et les forme pour mener des attaques éclair et des opérations de destruction.
La petite unité prend alors la dénomination de « L Detachment », Special Air Service Brigade. Le SAS est né. La SSB avait été créée en 1941 pour servir d’unité de déception, c’est-à-dire pour intoxiquer l’adversaire.
Malheureusement, David Stirling se blesse lors d’un entraînement de saut en parachute et ne peut participer à la première mission que commandera Jock Lewes.

En novembre 1941, dans le cadre de la contre-offensive « Crusader » visant à dégager Tobrouk et la Cyrénaïque des troupes de Rommel, le « L Detachment Special Air Service » est parachuté dans le dispositif germano-italien pour mettre à mal la logistique ennemie (Opération « Squatter »). Mais la mission tourne à l’échec. En effet, parachutés en plein désert les hommes du « L Detachment » s’égarent et ne peuvent coordonner leurs actions. Beaucoup sont tués ou capturés et seulement 22 hommes, dont Lewes, parviennent à rejoindre l’Egypte.
Toutefois, cet échec sert de leçon autant à Stirling qu’au commandement. Au premier elle enseigne qu’il faut utiliser les parachutes seulement quand les conditions le permettent et qu’il faut donner au « L Detachment » les capacités de se déplacer rapidement dans le désert. Au second, elle démontre que laisser se multiplier des « armées privées » menées par des esprits aventuriers nuit à la stratégie et qu’il est nécessaire d’en rationaliser l’utilisation.

Fort de ce constat, David Stirling rencontre Ralph Bagnold afin de « fusionner » les compétences de son « L Detachment » avec celles des LRDG. Ainsi, les experts en déplacement dans le désert pendant plusieurs semaines vont travailler avec ceux qui sont formés pour l’attaque éclair sur des objectifs précis. Stirling et Bagnold, deux esprits novateurs, tombent immédiatement d’accord sur l’utilisation de leurs forces. Ils proposent alors à Auchinleck que l’action principale de leurs unités sera d’attaquer et détruire les dépôts de ravitaillement et les bases aériennes germano-italiennes dans le désert de Libye. D’autre part, durant l’année 1942, le SAS reçoit le renfort de Français Libres de la 1re Compagnie de Chasseurs Parachutistes commandée par le Commandant Georges Bergé enthousiastes à l’idée de combattre l’ennemi d’une telle manière. De Gaulle n’était d’abord guère enthousiaste à laisser des Français Libres passer sous le commandement britannique ; scrupules que n’a pas Stirling. Une entrevue a lieu entre le Français et l’Écossais, tournant très vite au vinaigre. Mais avant de quitter le chef français, l’officier écossais aurait rugit contre lui en ces termes : « Il est aussi entêté qu’on officier anglais ! » Surpris et ayant compris que Stirling était écossais, de Gaulle aurait alors accepté de lui « prêter » le petit contingent de Bergé.

Un groupe franco-britannique de six hommes mènera notamment un audacieux raid sur l’aéroport d’Héraklion et y détruiront 22 avions allemands. Mais seuls deux hommes s’échapperont de Crête, Bergé et deux autres ayant été capturés et le parachutiste Pierre Léostic abattu.
Il n’empêche que le SAS est devenu une unité internationale puisque l’on y compte, certes, une majorité de Britanniques (Anglais, Ecossais, Gallois et Irlandais) mais aussi des Australiens, des Néo-Zélandais, des Sud-Africains, des Rhodésiens, des Français, des Grecs et même des Polonais.

Le mode opératoire des hommes du SAS est de se déplacer rapidement dans le Sahara en équipes motorisés afin de frapper rapidement et brutalement des objectifs ennemis. Pour cela, ils profitent de l’importante fourniture en jeeps américaines pour les transformer en véritables petites armureries ambulantes par ajout de trois à cinq mitrailleuses Vickers à l’avant ou à l’arrière. En outre, elles deviennent aussi de véritables maisons en emportant vivres, couvertures, outils etc., sans oublier les indispensables bidons d’essence que l’on prend en bonnes quantités. D’autre part, l’imaginatif Jock Lewes réussit, à l’aide de spécialistes en explosifs du SAS à créer la « Lewes Bomb », une grosse grenade pouvant être lancée par un homme mais assez puissante pour détruire un avion, car l’explosion enflamme le kérosène. C’est important car l’utilisation de ce nouveau projectile permet aux hommes de rester dans la Jeep pendant l’attaque d’une base. Il leur suffit de le lancer au lieu de devoir mettre pied à terre et coller une bombe sur un appareil.

Dès la toute fin de 1941, SAS et LRDG s’élancent avec leurs Jeeps dans les profondeurs du Sahara Libyen. Malgré des pertes dans leurs rangs et quelques déconvenues comme le raid sur Benghazi (Opération « Bigamy »), les intrépides troupes de Stirling et Bagnold effectuent des opérations spectaculaires conte les dépôts de carburant et plusieurs bases aériennes germano-italiennes (el-Agheila, Agedabia), Barce, Bagoush, Fuka, Berka et aussi, Sidi Haneich où 18 bombardiers Heinkel He-111 son incendiés. Enfin, le raid le plus réussi reste celui du groupe de Paddy Mayne qui se paie le luxe de mettre définitivement hors d’usage plusieurs douzaines d’appareils ennemis.
Après la victoire d’el-Alamein, SAS et LRDG continuent leurs raids dans le désert Libyen en harcelant l’Afrikakorps en retraite. Avec l’apport de nouvelles recrues, le « L Detachment » reçoit la dénomination de 1st Special Air Service Regiment. Les hommes de Stirling et de Bagnold jouent encore un grand rôle dans le contournement de la Ligne Mareth en coopération avec la Colonne Leclerc et l’« Escadron sacré » grec du Colonel Christodoulos.

Malheureusement, au début de 1943, David Stirling est capturé par les Allemands lors d’une mission. Mais au lieu d’être fusillé conformément au Kommandosbefehl signé par Hitler l’année précédente, l’intrépide officier écossais est fait prisonnier par un officier allemand admiratif et chevaleresque, avant d’être envoyé à la forteresse de Codlitz en Saxe où il se distinguera encore par de nombreuses tentatives d’évasions. Le commandement du 1st SAS Regiment passe alors au Colonel Roderick « Roddy » McLeod. En outre, le LRDG de Ralph Bagnold est définitivement dissous et absorbé par le SAS qui ne peut se passer de ses experts en véhicules. Entre-temps, l’unité a choisi son insigne et sa devise qui résume toute sa « philosophie » : « Who dares wins » (« Qui ose gagne »).

2 – EVOLUTION ET INTERNATIONALISATION DU SAS

Mais après la défaite de l’Axe en Afrique du Nord, le SAS doit alors se « repenser » pour les opérations à venir qui auront lieu dans des environnements et des terrains bien différents des grandes étendues de sables libyennes. La philosophie de l’unité reste alors la même, à savoir mener des raids de soutien comme des actions de choc par petits groupes derrière les lignes ennemies, tout en acquérant de nouvelles compétences telles la capture d’objectifs ou le sauvetage de prisonniers. Dans cette optique, le SAS se dote un temps d’éléments spécialisés dans les opérations amphibies ; les Special Boat Section (SBS) commandés par Lord Jellicoe qui agiront en Mer Egée et en Grèce.
Bien entendu, les SAS se convertissent très vite en unités aéroportées (avec armes, uniformes et matériels) et reçoivent un entraînement adéquat particulièrement poussé. Seul le béret amarante n’est pas obligatoire et peut être remplacé par un béret kaki frappé du Cap Badge du SAS.

Avec des effectifs grossis, le 1st SAS Regiment ne tarde pas à être converti en Special Air Service Brigade avec MacLeod toujours sa tête. Les Britanniques comptent alors le 1st SAS Regiment du Colonel Robert « Paddy » Mayne et le 2nd SAS du Colonel Brian Franks. En outre, au vu des nouvelles configurations stratégiques, le SAS prévoit de poursuivre son « internationalisation » afin de former des groupes susceptibles d’agir avec les maquis des zones occupées. C’est ainsi que sont formés les 3th et 4th SAS Regiments commandés respectivement par les Commandants Pierre Château-Jobert dit « Conan » et Pierre Fourcaud ; ainsi que le 5th SAS ou Bataillon SAS Belge du Commandant Eddy Blondeel.

Chaque Régiment de SAS comprend 1 Squadron (70-80 hommes) commandé par un Major ou un Captain et scindé en 8 Sticks de 8 à 10 hommes. Théoriquement, le Stick est commandé par un Captain ou un Lieutenant mais ça n’est pas une obligation. Bon nombre de sticks sont commandés par des sous-officiers. La formation générale (armes, véhicules, théories…) est laissé au Squadron mais l’entraînement se fait au niveau du stick car les missions peuvent différer d’une unité de base à l’autre et s’effectueront dans une région précise avec des tâches précises.

Sur le front Méditerranéen, les SAS Britanniques effectueront plusieurs missions, notamment en Sicile avec des raids (Opérations « Chestnut » et « Narcissus », la première ayant été un échec) et en Italie avec les Opérations « Baytown » (contribution à la capture du port de Bagnara Calabra, « Speedwell », « Begonia » et «Jonquil » (récupération d’une cinquantaine de prisonniers sur plusieurs centaines de prévus), « Candytuft », « Saxifage », « Baobab » et « Maple Driftwood »( destruction de voies ferrées au nord de Rome).

3 – LES SAS FRANÇAIS : NAISSANCE DES 2nd et 3e RCP

Intéressons-nous maintenant aux 3rd et 4th SAS, les Bataillons Français. Très vite, il devient clair pour le commandement allié que ses unités pourront être d’utilité stratégique lors du débarquement en France. Avec les compétences de leurs officiers et des vétérans, les deux unités se voient confier un rôle lors de l’Opération « Overlord » ; créer de l’insécurité derrière les lignes allemandes en coopération avec les maquisards régionaux et ce, sur l’ensemble du territoire français. Leurs tâches comprennent la destruction de voies ferrées, l’attaque de convoi et le harcèlement. En outre, l’arrivée de professionnels français auprès des Résistants locaux aura pour vertu d’encadrer des personnes « non-combattantes » à l’origine.

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Commandant Pierre Bourgoin dit Le Manchot

Le 3rd SAS Français se rassemble d’abord à Camberley où il accueille des volontaires avant de gagner un camp d’entraînement du côté de Liverpool. Le 4th SAS fait de même au Camp d’Old Dean près de Camberley et son chef, le Commandant Fourcaud, est remplacé par Pierre Bourgoin dit « Le Manchot ». A l’issue de leur entraînement, les deux unités françaises se soudent au sein d’une Demi-Brigade de l’Air commandée par le Lieutenant-colonel Durand.
D’ailleurs, le 1er avril 1944, les SAS Français finissent par nommer leurs unités 3e et 2nd Régiments de Chasseurs Parachutistes.

En avril toujours, les RCP reçoivent leurs ordres de mission et leurs zones de saut pour le Jour-J ; le sticks du 4th SAS (2nd RCP) doivent agir dans la région la plus proche du front de Normandie, à sa voir la Bretagne afin d’établir avec des zones de guérilla avec les Maquis de Plumelec et Saint-Marcel et harceler les lignes allemandes en Bretagne dans le dos de leurs forces en Normandie. Leurs différentes missions se présentent comme suit :

1 – Opération « Dingson » : Parachutage à Plumelec (Morbihan) de 2 sticks et établissement d’une Zone de parachutage
2 – Opération « Cooney » : Parachutage de 18 sticks en différents points des Côtes-du-Nord et du Morbihan pour établir des contacts avec les Résistance.
3 – Opération « Samwest » : Parachutage de 2 sticks dans les Côtes-du-Nord au sud de Guingamp pour établir le contact avec la résistance locale pour mener ensuite des actions de guérilla contre les Allemands.
4 – Opération « Grog » : Recueil de parachutages de ravitaillement.

D’autres opérations suivront après le 6 juin mais les SAS français revendiqueront le premier tué des opérations du Débarquement ; Émile Bouëtard.

Le 3th SAS (3e RCP ) doit lancer ses sticks dans le Poitou, en Bretagne, dans la vallée de la Loire, dans le Limousin, et en Bourgogne.

1 – Opération « Dickens » (Capitaine Fournier) : Etablir des bases en Anjou et en Vendée et destruction de voies ferrées dans la région de Nantes.
2 – Opération « Moses » (Capitaine Simon, commandant-adjoint du 3th SAS) : Parachutage dans la Vienne et actions conjointes avec les résistants locaux menés par Georges Guingoin.
3 – Opération « Bulbasket » (John Tonkin assisté de Richard Crisp) : Détruire des voies tronçons du réseau ferré de la Vienne.
4 – Opération « Gain » : Destruction de voies ferrées entre Paris et la Normandie.
5 – Opération « Houndsworth » : Destruction de voies ferrées en Bourgogne dans la région de Dijon.

Sources :
– http://www.sasregiment.org.uk
– http://www.marsandminerva.org.uk
– http://ordredelaliberation.fr

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Chronique du Jour-J : Décision et planification

Chronique du Jour-J : Décision et planification

Chers lecteurs, chères lectrices, cela ne vous aura pas échappé, le soixante-dixième anniversaire du Débarquement de Normandie obligeant, je vous propose une chronique sur l’évènement, entre préparation, forces, chefs et déroulement de l’Opération « Overlord ». 1 – LA GESTATION La gestation du plan « Overlord » a pris environ une année.…

21 mai 2014

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15 août 1944 : Débarquement de Provence - Seconde partie

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– Le 14 août à 20h00, les forces spéciales françaises et la 1st Special Service Force de Walker  appareillent depuis la Corse, direction les plages du Var. Le reste de la flotte quitte les ports italiens – Naples pour la 1re DFL et la Corse durant la nuit. Et ans la nuit,…

15 août 2016

Dans « Seconde Guerre mondiale »

Chroniques du Jour-J : 6 juin, l'Assaut des parachutistes

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1 – Bénouville Les premiers appareils à décoller sont bombardiers Halifax tractant les planeurs du groupe du Major Howard ; à 22h56 depuis l’aérodrome de Salisbury. Les appareils volent à 6 000 pieds au-dessus de la Manche. A bord, les parachutistes passent le temps en chantant. Pendant ce temps, des…

6 juin 2015

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19 mai 2010
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Histoire & Culture

12 février : fête de Saint Benoît d’Aniane

by adminfhesp 18 mai 2010

Né en 751, fils du Comte Aigulf de Maguelonne, ermite en Aquitaine puis fondateur d’une abbaye cénobitique, il reprit la règle de Saint Benoît de Nursie.
Avec l’appui et l’encouragement de Charlemagne puis de Louis le Pieux, il contribua à réformer l’Ordre Bénédictin et l’implanter en Aquitaine.
Il s’éteint en 821

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13 mars 1854 : Disparition du Comte Joseph de Villèle

13 mars 1854 : Disparition du Comte Joseph de Villèle

S’il fut l’une des têtes pensantes du Parti Ultra sous la Restauration, ce qui lui valut une forme d’ostracisme historique et mémoriel, Joseph de Villèle, Ministre de Louis XVIII et de Charles X fut une personnalité sans doute plus modérée qu’on ne le pense, partisan d’une politique internationale prudente et…

13 mars 2016

Dans « Grands personnages politiques »

Nicolas Sarkozy; Discours du Latran

Nicolas Sarkozy; Discours du Latran

Voici des extraits du discours prononcé le 20 décembre 2007, au Vatican, où le président de la République d’alors rappelle le lien particulier qui unit la France à l’Église catholique. Un discours qui s’inscrit pleinement dans la ligne éditoriale de France-Histoire-Espérance. « En me rendant ce soir à Saint-Jean de Latran, en acceptant…

3 avril 2012

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7 novembre 1930 : Disparition du Cardinal Alexis-Armand Charost

7 novembre 1930 : Disparition du Cardinal Alexis-Armand Charost

Archevêque de Lille pendant la Grande Guerre, Mgr. Charost a été reconnu pour son attitude courageuse face à l’Armée allemande pendant quatre ans. – Né en 1860 au Mans, Alexis-Armand Charost entre au Petit Séminaire de Précigné pour y étudier la Théologie. Il étudie successivement au Grand Séminaire du Mans,…

7 novembre 2014

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18 mai 2010
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Histoire & Culture

Ralph Monclar

by adminfhesp 18 mai 2010

Personnage à la vie digne d’un roman de guerre, Monclar reste une figure marquante de la Légion Etrangère du XXe siècle. S’il n’eut pas la science militaire d’un de Lattre ou d’un Leclerc, il n’empêche qu’il s’avéra un remarquable meneur d’homme doublé d’un soldat particulièrement courageux.
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– De son vrai patronyme Raoul Mangrin-Vernerey, Ralph Monclar voit le jour le 7 février 1892 à Budapest où son père est en poste. Il effectue néanmoins ses études secondaires en France au Lycée Victor Hugo de Besançon avant d’entrer au Petit Séminaire d’Ornans (Doubs). Élève doué, il parlera couramment sept langues.
En 1908, à l’âge de seize ans seulement, il se
présente au recrutement de la Légion Etrangère mais se voit refuser l’engagement. Retourné à ses études, il entre à l’Ecole de Saint-Cyr en 1912 au sein de la Promotion « Montmirail », en sort à l’été 1914 et choisit l’Infanterie.

– Versé d’abord au 60e Régiment d’Infanterie puis au 260e RI, le jeune officier se distingue particulièrement au combat en Alsace (Chavannes-les-Grands, Armmertzwiller) (où il manque d’être tué par un allemand et se voit sauver par son ordonnance), à Salonique, à Monastir, ainsi que sur le Skumbi et le Dévoli en Albanie. Mangrin-Vernerey a reçu sept blessures mais aussi le grade de Capitaine.

– En 1919, il fait partie du Corps Expéditionnaire du Général Henri Gouraud chargé de pacifier le Levant (Liban et Syrie). Mangrin-Vernerey s’y distingue une fois de plus et se voit gratifié de deux citations. Versé dans la Légion Étrangère en 1924, il sert successivement au sein des 1er et 3e Régiments Étrangers d’Infanterie. C’est au sein du second qu’il participe aux opérations de pacification du Rif Marocain contre Abd el-Krim. Promu Chef de Bataillon, Mangrin-Vernerey sert ensuite au Levant avant de retourner dans la Légion ; 2nd REI au Maroc puis 5e REI au Tonkin. En janvier 1938, il prend le commandement du Bataillon d’instruction de Saïda avant d’être promu Lieutenant-Colonel et d’être affecté au 4e REI.

– Au déclenchement de la guerre, il reçoit le commandement de la nouvelle 13e Demi-Brigade de la Légion Etrangère (DBLE) qui est intégré au Corps Expéditionnaire devant d’abord épauler les Finlandais contre les Soviétiques alliés de l’Allemagne et formée de deux Bataillons de Marche de légionnaires, commandés respectivement par deux autres célébrités de la LE : Pierre Koenig et Dimitri Amilakvari. La « 13 » rejoint alors les Alpes pour s’entraîner au combat hivernal.
Au début de 1940, Monclar apprend que son unité ne part plus pour la Finlande mais pour la Norvège au sein du Corps Expéditionnaire commandé par le Général Antoine Béthouart. Monclar et sa troupe embarquent alors sur un cargo et débarque à Narvik en avril 1940 et s’y distingue particulièrement contre les Alpenjäger d’Eduard Dietl.
Rembarquée en juin, la 13e DBLE arrive en Bretagne le 16 juin avant de rembarquer le 19 à Saint-Jacut pour Jersey et amputée de près de la moitié de ses effectifs qui ont préféré rester en France. Raoul Mangrin-Vernerey change alors son nom en Ralph Monclar, par référence au village du Tarn-et-Garonne d’où sa famille tire ses racines. Promu Colonel, il passe à la France Libre mais refusera toujours à combattre des Français, aussi loyaux au Gouvernement de Vichy fussent-ils restés.

– En août 1940, la 13e DBLE débarque en Afrique, à Freetown (Sierra Leone, colonie britannique) après l’échec de Dakar et contribue au ralliement du Cameroun mais Monclar refuse de lancer son unité au Gabon dont le gouverneur est resté fidèle au Maréchal Pétain.
Il trouve néanmoins le moyen de se distinguer à la tête de ses légionnaires lors de la reconquête de l’Ethiopie par les Britanniques face aux Italiens du Duc d’Aoste. Son plus haut fait d’armes restant la conquête des places de Keren et Massaouah où l fait prisonnier 449 soldats ennemis de même que l’Amiral Bonatti, Commandant en chef Italien pour l’Afrique Orientale.

– En juin 1941, la 13e DBLE est transférée en Palestine afin de participer à la conquête de la Syrie où les troupes du Général Dentz sont restées fidèles à Vichy et s’apprêtent à résister aux Britanniques et Australiens qui ne veulent pas voir les aérodromes du Liban et de Syrie tomber aux mains des Allemands. Mais là encore, Monclar refuse de porter les armes contre des Français et choisit de laisser son commandement à Dimitri Amilakvari. Il est tout de même promu Général de Brigade et prend le commandement des troupes Alaouites qui formeront les cadres de la future armée syrienne.

– En décembre 1942, de Gaulle le nomme Commandant des Troupes Terrestres françaises en Grande-Bretagne, avant qu’il ne finisse la Seconde Guerre mondiale des Troupes du Levant. A la toute fin du conflit, il doit mater des troubles fomentés par les indépendantistes syriens dans le nord du protectorat.
En 1946, Monclar est nommé Commandant Supérieur des Troupes d’Algérie avant de partir pour l’Indochine en 1948 comme Inspecteur de la Légion Etrangère et mène plusieurs combats contre le Viet Minh au Tonkin et en Cochinchine.

– De retour en France en 1949, il convainc le gouvernement de le rétrograder Lieutenant-Colonel afin de prendre le commandement du Bataillon Français qui doit partir en Corée pour lutter contre les Communistes. Après avoir rassemblé ses volontaires (anciens FFL, des Légionnaires et d’anciens maquisards non communistes) dans le Midi et les avoir soumis à un entraînement intensif, Monclar embarque son Bataillon Français de l’ONU à Marseille pour le « Pays du Matin Calme ». Arrivé sur place, le BFONU est incorporé à la 2nd US Infantry Division du Major.General McLure. D’abord « baladé » de cantonnement en cantonnement, le BFONU est finalement intégré au 23rd Infantry Regiment du Colonel Paul Freeman. Au début de 1951, il engagé dans les durs combats de Wonju contre les Chinois, puis au Carrefour de Chipyong-ni, dans un froid sibérien, puis sur la fameuse Cote 951, la Crête de « Crèvecoeur » (Heartbreaker Ridge) où les Français gagnent l’estime des Américains, ainsi qu’une Presidential Citation de la part du Président Harry S. Truman. De son côté, Monclar a gagné deux médailles américaines et non des moindres, la Silver Star et la Legion of Merit.

– Fin 1951, Monclar laisse le commandement du BFONU au Colonel François Borelli et repart en France. Pour son action en Corée, il reçoit aussi sa dernière citation à l’Ordre de l’Armée. Bien que n’ayant exercé aucun commandement, il est désigné Gouverneur Militaire des Invalides en 1962.

– Ce Guerrier au sens propre du terme, s’éteint le 3 juin 1964 à l’Hôpital du Val de Grâce. Il sera inhumé aux Invalides. Son tableau de médailles reste tout simplement impressionnant : Croix de Guerre 1914-1918, Médaille Militaire, Croix du Combattant 1914-1918 Grand-Croix de la Légion d’Honneur, Ordre des Compagnons de la Libération, Croix de Guerre 1939-1945, Médaille Coloniale, Médailles Commémoratives (Grande Guerre, Levant, Syrie-Cilicie, Victoire), Croix de Guerre des TOE, Médaille de la Résistance, Médailles des Evadés, Croix de Guerre hellénique, Military Cross britannique, Ordre de l’Empire Britannique, Silver Star, Legion of Merit, Ordre de la Couronne de Belgique, Ordre de Saint-Olaf de Norvège, Ordre d’Officier de l’Ouissam Alaouite, Ordre du Grand Dragon d’Annam et Ordre Royal du Cambodge.

– La promotion de Saint-Cyr de 1984-1987 a porté son nom.

Sources :
– http://www.ordredelaliberation.fr
– Historique du 260e Régiment d’Infanterie durant la Guerre de 1914-1918, http://www.gallica.bnf.fr

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Histoire du Bataillon de Français de l'ONU en Corée, 1950-1953

Histoire du Bataillon de Français de l’ONU en Corée, 1950-1953

Chers lecteurs, chères lectrices, le 25 juillet dernier la Corée du Sud commémorait l’armistice de Pan-mun-jeom qui a marqué la fin de la Guerre de Corée et la séparation du pays à hauteur du 38e Parallèle. Séoul honorait aussi la mémoire des soldats de l’ONU tombés au Pays du Matin…

4 septembre 2013

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Général Paul Lengentilhomme

Général Paul Lengentilhomme

Fils d’un receveur des contributions directes normand, Paul Louis Victor Marie Legentilhomme voit le jour à Valognes (Manche) le 26 mars 1884. Après sa scolarité, il intègre l’Ecole de Saint-Cyr dans la Promotion « La Dernière du vieux Bahut » en 1905. A sa sortie en 1907, il choisit l’Infanterie et se…

23 mai 2014

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2 septembre 1970 : Mort du Général Koenig

2 septembre 1970 : Mort du Général Koenig

Son nom reste indissociable de Bir-Hakeim. Fils d’un facteur d’orgue d’origine alsacienne, Marie Pierre François Joseph Koenig naît à Caen le 10 octobre 1899. Après des études secondaires auCollège Sainte-Marie et au Lycée Malherbe. Après avoir obtenu son baccalauréat en 1917, il s’engage dans l’Armée et est versé au 36e…

2 septembre 2014

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18 mai 2010
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Histoire & Culture

25 février 1429 : Jeanne d’Arc rencontre le Dauphin à Chinon

by adminfhesp 15 mai 2010

– Après avoir chevauché à travers les terres bourguignonnes depuis la place de Vaucouleurs, Jeanne d’Arc arrive au château de Chinon le 23 février. Nous connaissons tous la belle légende où arrivant dans la grande salle de la forteresse (donjon), elle reconnaît le Dauphin Charles vêtu comme un courtisan.

– En fait, elle rencontre le Dauphin dans ses appartements privés le 25 et lui annonce quatre événements : la libération d’Orléans, le sacre de Reims, la libération de Paris (qui aura lieu en 1436) et la libération du Duc Charles d’Orléans (alors retenu en Angleterre).

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Jeanne d'Arc vue par Benoit XVI

Jeanne d’Arc vue par Benoit XVI

Alors que l’on commémore le sixième centenaire de la naissance de la pucelle d’Orléans, voici le portrait qu’en fit Benoit XVI au cours de l’audience générale du 26 janvier 2011, à Rome. Un point de vue intéressant, et même nécessaire, pour mieux comprendre ce personnage qui a tant marqué l’histoire…

29 mars 2012

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22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

Souverain passé à la postérité comme étant le « Petit Roi de Bourges qui a trahi Jehanne d’Arc » , dénigré par les historiens de la IIIe République, il apparaît très souvent comme un monarque effacé sinon insignifiant, coincé avec son père Charles VI le Fou entre les grands règnes…

22 juillet 2016

Dans « Bas Moyen-Âge et Guerre de Cent Ans »

Editorial de l'abbé Faure pour la célébration de ste Jeanne d'Arc

Editorial de l’abbé Faure pour la célébration de ste Jeanne d’Arc

Voici le dernier éditorial signé par l’abbé Patrick Faure, curé de la paroisse st Eugène-ste Cécile, intitulé « la Pucelle et le Bon Pasteur ». Rappelons que France-histoire-Espérance a vu le jour il y a maintenant deux ans alors que notre pays commémorait le sixième centenaire de la naissance de Jeanne d’Arc…

11 mai 2014

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15 mai 2010
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Histoire & Culture

26 novembre 2004 : Disparition de Philippe de Broca

by adminfhesp 15 mai 2010

Né à Paris en 1933, Philippe de Broca étudie la technique cinématographique à l’École de Vaugirard d’où il sort diplômé en 1953. Il sert ensuite au sein du Service Cinématographique des Armées durant la Guerre d’Algérie. Après son expérience de l’Algérie, il traverse l’Afrique avant de revenir en France pour se lancer dans la réalisation.


– Il travaille d’abord comme assistant de Henri Decoin, Claude Chabrol, François Truffaut et Pierre Schoendorffer. C’est en 1959 qu’il réalise son premier film produit par Chabrol ;
« Le jeu de l’armour ».
– Son œuvre inégale, faite de succès comme de films moins suivis par le public, reste marqué par les divertissements à grand spectacle. Cependant, il a montré une fidélité à plusieurs acteurs français comme Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Cassel, Jean-Rochefort et Philippe Noiret. Fidélité qui fut assez réciproque
Philippe de Broca a laissé notamment : « L’Amant de cinq jours », l’immense succès « Cartouche », « L’Homme de Rio », « Les tribulations d’un Chinois en Chine » (librement inspiré du roman de Jules Verne), « Le Roi de Cœur », « Le plus vieux métier du monde », « Le Diable par la queue », « Les caprices de Marie », « Le Magnifique », « Tendre poulet », « On a volé la cuisse de Jupiter », « Le Cavaleur », « L’Africain », « Louisiane », « Don Chouans » (film qui rompt en partie avec la vision officielle de cet épisode de la Révolution), « Les clés du Paradis » et « Vipère au poing ».

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17 décembre 2000 : Disparition de Gérard Blain

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Presque entièrement oublié aujourd’hui, Gérard Blain était considéré comme un acteur-réalisateur anarchiste de droite, du fait de son esprit indépendant et anticonformiste. – Né à Paris en 1930, en rébellion contre sa famille, il  quitte le foyer familial juste après l’école et va même jusqu’à tenter de s’engager dans les…

17 décembre 2015

Dans « Arts et lettres »

14 mars 1983 : Disparition de Maurice Ronet

14 mars 1983 : Disparition de Maurice Ronet

Quelque peu oublié aujourd’hui, cet acteur au « visage froissé », Maurice Ronet fut l’une des personnalités du cinéma préférées des Français durant les années 1960. On le considéra également comme le rival d’Alain Delon. Fils d’acteurs, Maurice Robinet voit le jour à Nice le 13 avril. Attiré par le théâtre, il…

14 mars 2016

Dans « Arts et lettres »

28 janvier 2005 : Disparition de Jacques Villeret

28 janvier 2005 : Disparition de Jacques Villeret

Né en 1951 en Touraine d’un père algérien et d’une mère française, Jacques Villeret suit les cours du Conservatoire de Tours et monte sur les planches. – C’est Yves Boisset qui le fait entrer dans le milieu du cinéma dans « R.A.S ».  Boisset fait encore appel à lui pour « Dupont Lajoie ». Jacques…

28 janvier 2015

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15 mai 2010
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Histoire & Culture

29 septembre 1918 : Front d’Orient, victoire oubliée des « Jardiniers de Salonique »

by adminfhesp 13 mai 2010

Si la campagne des Balkans de 1915-1918 et l’histoire de l’Armée Française d’Orient ont aussi peu fait l’objet de productions littéraires, c’est que ce théâtre d’opérations a longtemps reçu l’opposition de bon nombre de milieux politiques et militaires français et britanniques. Et cela, en raison des pertes énormes encourues aux Dardanelles et à Gallipoli en 1915.
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– Réputée injustement inutile et incompétente, l’Armée d’Orient avait reçu les surnoms méprisants de « Jardiniers de Salonique » de la part de George Clémenceau et de « Side Show » par David Lloyd-George (Ministre des Armements, puis Premier Ministre à partir de 1917). Les soldats d’Orient vont donc être les oubliés des communiqués officiels. Pourtant pour l’historien militaire britannique Sir Basil Lidell-Hart et pour le Général André Beaufre, la campagne du Général Louis Franchet d’Espérey a été exemplaire, car elle s’est caractérisée par une « manoeuvrist approach » et une approche indirecte (exploitation systématique des faiblesses de l’ennemi, exploitation en profondeur de l’espace). Nous nous concentrerons ici principalement sur l’année 1918.

1 – ETAT DES FORCES EN PRÉSENCE 

– Après la prise de Monastir (19 novembre 1916) par les Français et les Serbes, l’Armée d’Orient que commande le Général Maurice Sarrail (1856 – 1942), doit se placer sur la défensive suite à l’écrasement de l’Armée Roumaine par le Maréchal allemand August von Mackensen. L’Armée d’Orient se retrouve donc cantonnée dans un rôle secondaire et doit surtout se concentrer sur la lutte contre la dysentrie, le scorbut, le paludisme (très présent en Macédoine) et les maladies vénériennes. 360 000 soldats en seront touchés, soit près de 95 % des effectifs ! Des mesures exceptionnelles sont prises par Sarrail  pour enrayer les épidémies et assainir les espaces marécageux insalubres.Mais durant la première moitié de l’année 1917, deux excellentes nouvelles interviennent pour l’Armée d’Orient. D’abord, l’épidémie de paludisme est enfin enrayée et le Gouvernement Grec que dirige le pro-alliés Elefthérios Vénizélos, vient d’entrer en guerre contre les puissances centrales (3 juillet). L’équivalent de dix divisions vient s’ajouter à l’effectif allé. Salonique peut donc servir de base de départ pour des opérations plus ambitieuses.

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Adolphe Guillaumat

– En décembre 1917, Adolphe Guillaumat (1863-1940) succède à Sarrail  – envoyé dans la réserve en France – au commandement de l’Armée d’Orient. On ne connaît presque rien du rôle de Guillaumat dans cette phase du conflit et pourtant… Il réussit à obtenir le consentement de Londres et le concours de l’Armée Italienne à de futures opérations sur ce théâtre d’Opérations. En outre, il réorganise le Commandement Allié en créant un état-major interallié adapté à la direction d’une force multinationale importante. Guillaumat partage donc les tâches avec les Serbes, les Britanniques, les Italiens, les Grecs et même des Américains. Et cela, avant que Foch ne soit désigné Généralissime des forces alliées sur le Front de l’Ouest suite à des négociations houleuses. Selon Christophe de Lajudie, le Commandement des Armées Alliées de Salonique (CAA) s’adapte au cours des années pour devenir véritablement ce qu’on appellerait aujourd’hui un commandement opératif. Guillaumat obtient même de Paris l’attribution de matériels et de munitions. Seulement, avec la signature du Traité de Brest-Litovsk (3 février 1918), qui entraîne l’arrivée de nombreuses divisions allemandes sur le Front de l’Ouest, Guillaumat voit diminuer son ravitaillement et ses renforts. Son principal objectif est alors de maintenir la solidité de front de Macédoine et d’y fixer le plus grand nombre de forces germano-bulgares.

– En France, les combats font rage mais les offensives de Ludendorff sont enrayées chacune à leur tour. D’autant plus que l’Autriche est sérieusement bloquée sur le Front Italien et que le Grand Quartier Général de Berlin a retiré plusieurs divisions allemandes du Front des Balkans. Ce qui fait que, le General der Artillerie Friedrich von Schlotz (1851-1927) qui commande le Heeres-Gruppe von Scholtz mêlant au départ Allemands et Bulgares, ne compte plus qu’une division allemande dans tous ses effectifs. La XI. Armee de Kuno von Steuben (1855-1935) ne compte plus que la seule division allemande pour cinq bulgares. En fait, on peut constater que sur le terrain, la Bulgarie dont les troupes sont démoralisées, reste le principal adversaire.

– Le 18 juin 1918, Adolphe Guillaumat est rappelé en France pour protéger Paris qui est menacée par l’avancée allemande sur l’Aisne et laisse sa place à l’exceptionnel Louis Franchet d’Espérey (1856-1942). Mais il faut dire que Clémenceau qui le déteste a fait en sorte de l’envoyer loin du Front français. Ironique, quand on sait la campagne que l’ancien officier de la Coloniale va mener. Cependant, Adolphe Guillaumat ne va pas rester inactif pour l’Armée d’Orient. Durant l’été 1918, il joue le rôle d’ambassadeur de la France auprès de Lloyd-George pour inciter Londres à participer aussi à l’offensive dans les Balkans.

Louis Franchet d'Espèrey

Louis Franchet d’Espèrey

– Franchet d’Espérey reprend la politique de son prédécesseur mais prépare son offensive générale à travers les montagnes de Macédoine.Cependant, il doit attendre l’autorisation des gouvernements italiens et britanniques pour lancer son opération. Notons que les Britanniques ont consenti à fournir plusieurs divisions en Grèce car le Royaume se situe à proximité des détroits de Constantinople. Et Londres n’oublie pas de faire en sorte d’assurer ses intérêts en Méditerranée Orientale. Et les généraux britanniques ne l’oublient pas. Celle-ci arrive dans la seconde partie de l’été 1918. Franchet d’Espérey commande à toutes les forces alliées et a comme subordonnés le Général Paul Henrys (1862-1943), le General George Milne (1866-1948), le Voïvode Zivojin Misic (1855-1921) et le Général grec Emmanuel Ioannou. L’ordre de bataille est détaillé ci-dessous.

ARMÉES ALLIÉES D’ORIENT :
Général Adolphe Guillaumat, puis Général Louis Franchet d’Espérey (France)

– ARMÉE FRANÇAISE D’ORIENT  : Général Paul Henrys

– 30e Division d’Infanterie (Nérel)
– 57e Division d’Infanterie (Genin)
– 76e Division d’Infanterie (Siben)
– 156e Division d’Infanterie (Baston)
– 11e Division d’Infanterie Coloniale (Farret)
– 17e Division d’Infanterie Coloniale (Bordeaux)
– Brigade de Cavalerie d’Afrique (Jouinot-Gambetta)

* 1er Groupement de Divisions : Général Philippe d’Anselme
– 122e Division d’Infanterie (Gérôme)
– 16e Division d’Infanterie Coloniale (Dessort)
– Divisions de l’Archipel
– 27th Infantry Division (G.T. Forrestier-Walker)

* Groupement Franco-Serbe : Voïvode Zivojin Misic
– Division « Drina »
– Division « Jugoslavja»
– Division « Morava »
– Division « Timok »


– BRITISH ARMY OF SALONIKA  :
General George Milne

– 7th Mounted Brigade
– 8th Mounted Brigade
– 16th Wing (Royal Flying Corps

* XIIth Army Corps : Lieutenant-General Henry Fuller-Wilson
– 22nd Division
– 26th Division

– 1/1st Lothian and Border Horse
– Division d’Infanterie Grecque « Serres »

* XVIth Army Corps : Lieutenant-General Charles Brigg
– 28th Division (H. Crocker)

– 1/1st Surrey Yeomanry
– Division d’Infanterie Grecque « Kryti » (Crète)


* Ier CORPS D’ARMÉE GREC  :
Major-Général Emmanuel Ioannou
– 1re Division d’Infanterie Grecque
– 2nde Division d’Infanterie Grecque
– 3e Division d’Infanterie Grecque

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2 – LE PLAN

– Pour son offensive, Franchet d’Espérey a néanmoins vu ses options réduites depuis 1917. Au nord de Monastir, les Bulgares ont renforcé leurs lignes de défense ce qui rend l’effet de surprise caduque. Sur l’aile droite (est), le secteur des marais de la Struma et du Lac Takinos est particulièrement difficile. Et quand bien même les fantassins eussent réussit à franchir le terrain humide, il leur faudrait gravir les pentes des Monts Bélès. Hors de question donc de passer par là. Quant à l’Albanie, il n’en est pas question car les Italiens y sont particulièrement réticents et les Français craignent par-dessus tout la mauvaise volonté des officiers transalpins. Illustration ; en juin-août 1918, une belle attaque menée par le 372e RI du Colonel Ordioni, le Régiment de Marche des Spahis du Maroc (Colonel Guespereau) et le Tabor Albanais chassait les Autrichiens du plateau de Bofnia, de Kosnica et de la Hola pour laisser la route libre de Berat au Corps Italien de Ferrero. Mais l’inconstance et le manque de mordant du Général transalpin permet aux Austro-Hongrois de se reformer et de contre-attaquer avec succès. Par conséquent, l’ennemi s’attend aussi à une nouvelle attaque dans ce secteur.

– Il reste donc le centre du dispositif allié, entre Staravina et Bélès. Or, si une percée est obtenue dans ce secteur, Franchet d’Espérey et ses collègues peuvent espérer mettre la main sur le ravitaillement germano-bulgare qui se concentre à Gradsko, Nivolak et Negotin et encore mieux, pourrait couper la retraite à la XI. Armee allemande.
Guillaumat préconisait une offensive principale sur le Vardar et près du Lac Doiran et une secondaire par la Moglena. Mais son successeur va opter pour l’inverser tout simplement parce que le secteur Vardar – Doiran est mieux défendu, en particulier devant Demir-Kapu, portion du front tenue par les Britanniques. Or, George Milne n’a aucune envie de sacrifier ses forces dans des charges frontales qui pourront lui causer des pertes. Il n’en reste pas moins que le secteur de percée choisi par Franchet d’Espérey reste particulièrement difficile, avec un enchaînement de sommets culminant entre 1 800 et 2 150 mètres (Sokol, Dobropolje, Vétrenik et Dzena). Toutefois, les lignes de défenses sont moins puissantes et une percée dans au sud-ouest de Marianska Planina permettrait d’accrocher les couloirs de la Cerna, de Bosava et de Gradsko.

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– 1re Phase : A partir la 2nde Armée Serbe de Stepanovic avec la 122e DI Française (Gérôme), la 17e Division d’Infanterie Coloniale (Dessort) et la Division « Sumadja » doit rompre le front germano-bulgare dans le secteur difficile de Sokol – Dobropolje – Vetrenik – Koziak.
– 2nde Phase : Aussitôt la percée obtenue, le Groupement Franco-Serbe de Zivojin Misic doit se ruer vers Negotin et Kavadar afin de couper le ravitaillement des Germano-Bulgares. Dans le même temps, le XIIth British Corps, 2 Divisions du Ier Corps Grec d’Ioannou et 1 régiment français attaqueront la Ire Armée Bulgare de Tzvetanov les secteurs du Vardar et du Lac Doiran pour y fixer les autres forces ennemies. Ensuite, la 2nd Armée lâchera les « Timok » et « Jugoslavja » pour exploiter le succès, avant que le 1re Armée ne passe à l’attaque pour forcer les passages de Sokol et Vetrenik. Enfin, les troupes du Général Paul Henrys (Armée Française d’Orient), avec le Groupement d’Anselme s’efforceront de rejeter les forces allemandes sur l’Albanie.

– Pendant ce temps, alors que les Armées alliées en France repoussent les Allemands sur les points du front, Londres et Paris achèvent leurs tractations pour décider du déclenchement de l’offensive en Orient.

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3 – L’OFFENSIVE 

A – Français et Serbes

– Les opérations préparatoires démarrent dans la nuit du 7 au 8 septembre. Dans l’obscurité, plusieurs Battalions britanniques s’emparent de tranchées bulgares au sud de Gejvgejli pendant que le Ier Corps Grec avance au contact des Centraux le long de la Struma. De leur côté, les Français pilonnent les positions bulgares.
Cette phase préparatoire ne va pas sans inquiéter August von Mackensen qui expédie d’urgence 5 bataillons de renfort dans ce secteur. Les Bulgares – qui s’inquiètent pour leur frontière au niveau du Massif des Rhodopes – demandent expressément à von Scholtz de renforcer son dispositif sur le Dobropolje. Von Scholtz consent alors à avancer quelques réserves sur la Moglena.

– Le 14 septembre à 08h00, Franchet d’Espérey fait déclencher sa préparation d’artillerie durant toute la journée. Le lendemain, la 2nde Armée Serbe monte à l’assaut dans le brouillard avec la 122e DI. Le 1er Bataillon du 148e RI (Commandant Pétin) tente de s’emparer du Mont Sokol avec de terribles pertes. Pétin est tué. Toutefois, à 22h30, les Français enlèvent le mont avec des lance-flammes. Cependant, les 45e et 84e RI (Lieutenants-Colonels Clément et de Langlade) parviennent à s’emparer du Dobropolje avec moins de pertes.  Mais le nettoyage des tranchées bulgares s’effectue au poignard, à la grenade, au lance-flamme et au fusil-mitrailleur. Enfin, les rustiques soldats serbes à l’aise en montagne, tournent le Vetrenik avant d’y monter à l’assaut.
De son côté, la  17e Division Coloniale du Général Bordeaux (1er, 3e et 54e Régiments d’Infanterie coloniale, 95e Bataillon de Tirailleurs Sénégalais) s’empare de Kravitza. Ce succès, permet alors à Misic de lancer sa 1re Armée sur la rive nord de la Lechnitza. Sur sa gauche, le 42e Régiment d’Infanterie Coloniale  (Lieutenant-Colonel Soubiran) et 1 Bataillon de la 3e Division Grecque se sont emparés des hauteurs à l’ouest de Gradechnitza.

– Le 16, Français et Serbes s’emparent des Cotes 1810 et 1825, de la rive droite du Haut Poroi. Le 4e RIC chasse les Bulgares des crêtes de Kouchkov et Kamen. La 1re Armée serbe enfonce ensuite Pochitche, Bechitche et Gradechnitza, suivie immédiatement par la 11e DIC du Général Faret et la 3e Division Grecque. Au soir, le Massif de la Moglena est enfoncé, Cerna est atteinte et 3 000 Bulgares sont faits prisonniers et 50 canons capturés. Français, Serbes et Grecs sont alors aidés dans leur tâche par von Scholtz lui-même qui envoie ses maigres réserves pour combler la brèche au lieu de replier ses troupes pour raccourcir ses lignes et maintenir la cohérence de ses lignes.

Voivode Zivojin Misic

Voivode Zivojin Misic

 

– Le 18 septembre, les Serbes talonnent la 1re Armée bulgare jusqu’à Prilep et en direction de Gradsko. La 2nde Armée serbe de Stepanovic échoue néanmoins à couper les Bulgares des Allemands à Nonte en raison de la trahison du section grecque. Mais le lendemain, les Marsouins et Coloniaux de la 16e DIC de Dessort s’empare de la Dzena et de la Porta, permettant aux Serbes d’atteindre Burnache et le cours moyen de la Vatasa. Le 21, Kavadar, le Massif de Drachevisko Brdo et le Vardar sont atteints, menaçant directement Negotin. Tsvetanov n’a d’autre choix que de replier ses troupes basées à Demir-Kapu. Les Bulgares commentent alors plusieurs massacres sur leur passage.

Général Paul Henrys

Général Paul Henrys

– De son côté, la 2nde Armée Serbe de Stepanovic reprend son avance avec succès et s’empare de Negotin et de Krivolak dans la nuit du 22, mettant la main sur un important convoi de vivres. Seulement, en raison de la difficulté des chemins, le Groupement d’Anselme n’arrive que tardivement. Le 23, les troupes de Stepanovic s’emparent Kara Hodjali et d’Orta Bajir, plaçant la voie ferrée de Negotin sous leur feu. Le lendemain, la Division « Timok » s’empare de Gradets Planina et Kriva Locavic, pendant  que la « Jugoslavja » et la 17e DIC tentent de s’emparer de Gradsko très bien défendu par des Bulgares solidement retranchés. Mais grâce à un mouvement habile des Marsouins sur Arkhangelsk, Français et Serbes réussissent à dégager Gradsko le 24. Ce succès signe la catastrophe pour la logistique germano-bulgare puisque tout le parc de ravitaillement germano-bulgare tombe entre les mains des alliés.

– Le 24 septembre, le Groupement d’Anselme vient border le cours du Vardar à Demir-Kapu et Pardovica et permet aux Britanniques de Milne de mettre ses colonnes en avant. Seulement, le Britannique se contente de talonner mollement les troupes Bulgares car il craint qu’un mouvement vers le nord en direction de Sofia ne l’éloigne de Constantinople.

– Cela n’empêche guère Franchet d’Espérey d’ordonner à Henrys de porter ses forces sur le Prilep et s’empare des Cotes 1248 et 1050. Et ce, en dépit du manque d’artillerie lourde. Toutefois, une bonne coordination entre Henrys et Micis permet à la 11e DIC de progresser sur la Cerna et de s’emparer de la Cote 1050. Les Serbes ne peuvent déloger les Bulgares de la Cote 1248 mais le temps joue pour eux.

img145.jpg2.

– Franchet d’Espérey en profite alors pour lancer sa cavalerie. Les Italiens s’élancent alors en direction de la route Monastir-Prilep, permettant à la 156e DI du Général Baston de se porter en avant. En même temps, la Brigade de Cavalerie d’Afrique du Nord (1er, 4e et 5e Chasseurs d’Afrique et RMSM) de Philippe Jouinot-Gambetta franchit les positions bulgares entre Nivak et Delebal. Le neveu de Léon Gambetta reçoit alors l’ordre de foncer sur Uskub. Les cavaliers français se lancent alors dans une charge qui culbute les fuyards bulgares jusqu’à Uskub. Après avoir remis la ville de Krusevo au 42e RIC de Soubiran, la Brigade de Cavalerie d’Afrique du Nord aborde le Massif de la Jakupica Planina. Jouinot-Gambetta engage alors le 4e RCA du Colonel Labauve sur la piste Varos-Dolgacke en direction d’Uskub. Mais la résistance ennemie est plus forte que prévu et il faut l’inervention des Coloniaux pour y venir à bout. Néanmoins, en liaison avec les Serbes, Chasseurs d’Afrique, Spahis et automitrailleuses s’emparent du Col de la Babuna et s’emparent des villes D’Hrlevski, Homoran et Jenikeuy le 25 septembre. Mais le lendemain 26, la Cavalerie Grecque s’empare de Radovice pendant que le Groupement d’Anselme dépasse la vallée de la Kriva Lovica avant de contrôler les pentes du Kirezli Tepe. Les Cavaliers serbes de Stepanovic avancent jusqu’à Dzumaja et menacent de couper la route de Kumanovo comme le défilé de Kacanik. Pendant ce temps, les Divisions français d’Henrys atteignent la ligne Zapolyani – Novoselani – Drvenik Zulica et atteignent la rouge Pribilci-Gostivar, faisant craquer le front ennemi.

– Le 26, les Allemands abandonnent le Petisteri et la région des Lacs. Franchet d’Espèrey ordonne alors à Henrys de pousser vers Vélès. Les Français poussent alors jusqu’à la rive gauche du Vardar, de même que la 1re Armée Serbe mais la progression se fait plus difficile. C’est alors que le Général Jouinot-Gambetta décide de faire passer le massif de la Golestnica Planina à sa Brigade sans appui d’artillerie et par de très mauvais chemins. Pendant toute la nuit, à une altitude oscillant entre 1 200 et 1 800 mètres, les Cavaliers d’Afrique du Nord progressent jusqu’au pont de Dracevo qui est atteint dans la soirée du 28.

– Au matin du 29, le 4e RCA attaque alors par la rive droite du Vardar pendant que le 1er RCA par la rive gauche pour couper la voie ferré de Kumanovo. Les Cavaliers français profitent alors du brouillard pour s’approcher d’Uskub. Le RMSM du Lt.Colonel Guéspereau s’empare de Vodna mais le 4e RCC de Labauve est arrêté un temps par un pari de Bulgares appuyés par un train blindé. Le chevauchée reprise, les Spahis barrent la route de Kalkandelen à 08h15 pendant que le 1er RCA du Colonel Lespinasse de Bournazel s’empare de haute lutte des lisières d’Urumli avant d’atteindre la voie ferrée de Koumanovo. Amertume toutefois, les Chasseurs d’Afrique voient filer 6 trains de matériel.

– Jusqu’au 1er octobre, les Cavaliers d’Afrique repoussent toutes les contre-offensives des Bulgares avant d’être dégagé par les Marsouins. La Brigade Jouinot-Gambetta a signé là l’une des plus belles – mais des plus réussies –  chevauchées de la Cavalerie Française depuis août 1914.
B – Lac Doiran

– Le 18 septembre, le XIIth Corps d’Henry Fuller-Wilson passe à l’attaque avec la Division grecque « Serres » sur le Vardar et le long du Lac Doiran. Mais l’artillerie britannique tire massivement sans aucune coordination. L’assaut des 66th et 67th Infantry Brigades de la 22nd Division se heurtent à une vigoureuse résistance des Bulgares qui leur cause des pertes. La 67th perd même 65 % de ses officiers. A la fin de la journée, Fuller-Wilson doit ramener son unité sur ses lignes du départ.

– Le 19, le XIIth repart à l’assaut mais au nord, le XVIth Corps échoue dans son attaque. Les Grecs de la Division « Serres » réussissent bien à s’emparer de plusieurs tranchées mais se font encore repoussés par un violent tir de mitrailleuses. Les Britanniques attaquent alors avec les 65th et 77th Infantry Brigades, avec le concours du 2nd Bis Régiment de Marche des Zouaves (Colonel Boré-Verrier). Si plusieurs tranchées sont encore prises, Français et Britanniques ne peuvent déboucher en raison de l’intensité du feu bulgare.

– Toujours le 18 septembre, au nord, le XVIth British Corps de Charles Brigg passe à l’assaut avec la 28th Infantry Division, les Grecs de la Division « Kryti » et la 84th Infantry Brigade contre la 1re Brigade Bulgare de Macédoine. Les Grecs passent à l’attaque à 05h00 du matin, appuyés par le 84th Brigade et 6 batteries d’artillerie britannique. Là encore, si les Grecs réussissent à pénétrer dans les lignes bulgares, ils se retrouvent cloués au sol par le feu bulgare. Les Grecs attaquent plusieurs fois durant la journée mais doivent finalement se replier durant la soirée sous le couvert de l’artillerie britannique.

– Il faut attendre le 23 pour que, grâce au Groupement d’Anselme, les Britanniques repartent à l’assaut mais sans se presser… Le Général Milne n’envisageant pas de trop s’éloigner de Constantinople

– Le 25 septembre, les Cavaliers Britanniques et les Grecs forcent le Bélès et la 27th Infantry Division de Forrestier-Walker s’empare de Gejvgeli. La « Kryti » fait de même avec la Cote 1494 dépasse Kosturino, permettant le franchissement définitif du Vardar. Le 27, les Britanniques bousculent les débris de la 9e Division Bulgare jusqu’au pied de l’Ograzden Planina. Le Lendemain, les Bulgares décident de se replier sur la Maritza.


– ÉPILOGUE 

– Les combats ne cessent pas pour autant. Le 4 octobre, la 1re Armée Serbe de Misic lance une attaque contre Vranje, sur la Morava, défendue par les restes du LXI. Korps « allemand » (Friedrich Fleck) et par la 9. Infanterie-Division autrichienne, arrivée en trombe. Mais rien y fait, Serbes et Français repoussent sans ménagement leurs adversaires qui préfèrent opérer une retraite précipitée. Franchet d’Espérey lance ses divisions vers le nord, franchit le Danube et marche sur Bucarest. Le 1er octobre, l’Armée Serbe fait son entrée dans Belgrade libérée, pour la seconde fois du conflit. 90 000 soldats Bulgares et Allemands ont été faits prisonniers durant la campagne.

– La suite n’est plus qu’une question de jours. Le 3 novembre 1918, Franchet d’Espérey pénètre en Hongrie. L’Autriche-Hongrie, tout près de l’écroulement, signe l’armistice à Villa Giusti. Les nationalités vont alors toutes proclamer leur indépendance mettant définitivement fin à l’Empire vieux de quatre siècles. C’est alors que la route de Munich se trouve complètement ouverte pour les Alliés. Déjà le 2 octobre, le Chancelier du Reich Max von Baden (1867-1929) avait justement évalué la situation en montrant que « l’effondrement du front bulgare a jeté bas nos dispositions. La liaison avec Constantinople est menacée ainsi que la voie du Danube, indispensable à notre ravitaillement. Nous avons été forcés, pour ne pas laisser à l’Entente les mains libres dans les Balkans et ne pas abandonner la Roumanie et la Mer Noire, d’engager là-bas des divisions allemandes et austro-hongroises destinées au front occidental… »  A l’issue de la victoire dans les Balkans l’Empire allemand sera contraint de demander la paix. Le Kaiser Guillaume II dit alors, amer : « une poignée de serbes a décidé de l’issue du conflit. »

– Mais pour l’Armée Française d’Orient et les Britanniques de Milne, les combats ne sont pas terminés pour autant. En effet, inquiets des proportions que prend la guerre civile en Russie, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis décident d’envoyer des troupes en Ukraine afin de soutenir les Armées Blanches contre les Bolcheviks.

Le livre de Roger Vercel, Capitaine Conan, adapté pour le cinéma par Bertrand Tavernier raconte en partie leur histoire.

Lire aussi :
– CHANLAINE Pierre : Les derniers sabreurs, France-Empire, Paris, 1968
– http://www.chtimiste.org

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Maréchal Louis Franchet d'Espèrey, vainqueur de la Campagne d'Orient

Maréchal Louis Franchet d’Espèrey, vainqueur de la Campagne d’Orient

Moins connu du public par rapport à Foch, Joffre ou Pétain et victime de la détestation de Clémenceau, le Général Franchet d’Espèrey a pu voir son rôle pendant la Grande Guerre revalorisé post mortem. Et pour cause, sa conduite de la reconquête des Balkans a été saluée comme l’une des meilleures…

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13 avril 2015

Dans « Non classé »

13 mai 2010
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Histoire & Culture

Débat : Denis Sureau/Max Gallo : deux visions de la France

by adminfhesp 13 mai 2010

Extrait d’un article de Denis Sureau paru dans L’Homme Nouveau n°1457 (nov.2009) :

« Quelle est est l’identité de la France ? A cette question, l’écrivain Max Gallo a répondu en publiant une tribune sur Les dix points cardinaux de l’identité française (Le Figaro, 30 octobre 2009). Les voici : le droit du sol, l’égalité, l’Etat, la citoyenneté, l’école, la laïcité, l’éclatement, la langue française, l’égalité des femmes et l’universalisme. Si c’est cela la France, je vois mal comment un chrétien peut se dire français. Car ce que propose Max Gallo n’est jamais qu’une nouvelle expression de l’idéologie patriotique révolutionnaire que l’historien Jean de Viguerie opposa, dans son essai mémorable sur Les deux patries (DMM, 1998), à la patrie véritable, la terre des pères, le pays de la naissance et de l’éducation, notre France.

C’est pourquoi les dix points de l’Académicien n’ont rien de spécifiquement français : ils correspondent à peu près aux ingrédients de la modernité politique que l’on retrouve, à quelques variantes près, dans toutes les nations occidentales. « La France, écrit Max Gallo, n’existe que par un choix politique. »
Nous sommes bien en présence d’une conception idéologique qui n’a que peu de chose à voir avec l’attachement profond à la douce France.

L’invention de la nation telle que l’entendent Max Gallo et bien d’autres, est un phénomène historique récent, dont les éléments principaux se sont cristallisé au dix-neuvième siècle. Comme l’a montré Benedict Anderson, c’est alors que la nation a remplacé l’Église dans son rôle d’institution culturelle centrale chargée des questions liées à la mort. L’imaginaire national, pour reprendre le titre de l’essai de cet historien, s’est ainsi substitué au christianisme. Le culte de la nation française n’est apparu pleinement qu’à la Révolution, et c’est au siècle suivant que furent développés tous les rituels qui l’entretiennent et qui incitèrent les citoyens à tuer et à mourir pour elle. »

Totalité de l’article sur : http://www.hommenouveau.fr/index.php?id_billet=176

Voir aussi : https://www.france-histoire-esperance.com/2012/05/max-gallo-lame-de-la-france/; https://www.france-histoire-esperance.com/2012/02/max-gallo-fier-detre-francais/

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13 mai 2010
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Histoire & Culture

François Gaston de Lévis

by adminfhesp 11 mai 2010

Dernier officier français vainqueur des affrontements franco-anglais d’Amérique du Nord durant la Guerre de Sept ans, François Gaston de Lévis voit le jour en 1719 au château d’Ajac près de Limoux, dans le Languedoc (aujourd’hui dans l’Aude). Il est le fils de Jean de Lévis Seigneur d’Ajac et de Jeanne de Maguelonne et est issu d’une famille de vieille noblesse, mais pauvre, qui puise ses racines dans l’Hurepoix (aujourd’hui Lévis-Saint-Nom dans le sud des Yvelines, au nord de Rambouillet).
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– A seize ans, François-Gaston de Lévis entre comme cadet mais grâce à son cousin, le Duc de Lévis-Mirepois, il intègre le Régiment de la Marine comme Lieutenant en Second. Il fait ses premières armes lors de la Guerre de Succession de Pologne (1734-1737) durant la campagne du Rhin menée par le Maréchal de Berwick. Restant dans l’Armée, il participe à la Guerre de Succession d’Autriche comme officier d’un Corps auxiliaire français du Duc Bavière. Il connaît alors l’expédition de Chevert à Prague en 1742, puis la retraite en plein hiver 1743. Malgré le froid, il réussit à traverser le Rhin avec seulement 73 hommes issus de quatre régiments différents.
Capitaine, il combat lors de la défaite de Dettingen, avant de rejoindre le Maréchal de Coigny en Haute-Alsace pour s’y distinguer. En 1746, il obtient le grade d’Aide-Major Général des Logis sous les ordres de son cousin Mirepoix et combat en Italie, avant de participer à la défense de Nice et de la Provence (1746-1747). François-Gaston de Lévis obtient alors un brevet de Colonel Surnuméraire. Pour son courage et ses services, Louis XV lui octroie l’Ordre de Saint-Louis qui lui confère alors le titre de Chevalier.

– En 1756, lors du déclenchement de la Guerre de Sept ans, Lévis se porte volontaire pour combattre au Canada sous les ordres du Marquis de Montcalm. Il prend ainsi activement part à la campagne d’Oswego (Chouaguen). D’abord placer en garde sur les rives du Lac Saint-Sacrement, Lévis contribue à la victoire du Fort Carillon, avant de mener des raids destructeurs sur les frontières des treize colonies à la tête d’une troupe composée de soldats royaux, des miliciens du Canada et d’Amérindiens. Il s’enfonce ainsi jusqu’à Chouaguen dans l’Etat de New York. Seulement, si les relations avec le Marquis de Vaudreuil (Gouverneur de la Nouvelle-France), celles relations avec Montcalm ne tardent pas à se dégrader.

– En 1757, avec 3 000 hommes, le Chevalier de Lévis s’empare du Fort William Henry, avant de recevoir la mission de mener une expéditions sur la terre des Amérindiens Agniers en vue de les rallier à la cause française. Accompagné de 400 hommes, François Gaston de Lévis s’avance vers le Pays Agnier mais il est immédiatement rappelé par Vaudreuil pour défendre Fort Carillon aux côtés de Montcalm. Ramenant ses 400 hommes d’urgence au lieu-dit, il contribue à la défense acharnée face à 25 000 britanniques qui ne cessent d’attaquer. Mais la bataille s’achève par une victoire défensive.

– En 1757-1759, les relations avec le Marquis de Montcalm deviennent presque exécrables. Les deux hommes ne s’entendent guère, notamment sur la stratégie à adopter. Montcalm opte pour une série de batailles rangées, alors que Lévis préconise un combat de manœuvre entre les Lacs et le Saint-Laurent pour harceler les 60 000 hommes de Lord Wolfe. Durant l’été 1759, Lord Wolfe effectue une puissante offensive entre le Lac Ontario et Montréal. Montcalm consent alors à laisser Lévis quitter Québec pour détourner une partie des forces de Wolfe. Mais la défaite des plaines d’Abraham et la mort de Montcalm (comme de Wolfe) isolent Québec, qui est remise aux Anglais le 9 août par Jean-Baptiste de Ramezay. Mais la chute de la ville ne signifie pas l’arrête des combats, même si Anglais et Français vont bientôt entamer les négociations diplomatiques.

– Le Chevalier de Lévis et Vaudreuil décident donc de se placer en position défensive sur les rives du Lac Champlain durant l’hiver 1759-1760, en attendant de pouvoir reprendre Québec. Après avoir réorganisé ses forces, Lévis marche sur Québec avec ses 7 000 soldats réguliers, ses miliciens et ses alliés Amérindiens. Le combat a lieu à Sainte-Foy non loin de Québec le 20 avril contre les troupes de James Murray, inférieures en nombre. Français et Amérindiens sont vainqueurs mais ne peuvent s’emparer de Québec. Mais du point de vue stratégique, les Anglais sont vainqueurs puisque se sont les navires de Lord Colvill qui arrivent les premiers. Le Chevalier de Lévis se retirer alors en bon ordre sur Montréal. Il souhaite continuer le combat, quitte à incendier Montréal et à former un dernier carré de résistance sur l’Île de Sainte-Hélène mais Vaudreuil refuse catégoriquement.

– A l’issue du Traité de Jouy-en-Josas, les Français perdent leurs possessions du Canada – ce qui n’est pas sans déplaire à une partie de l’opinion (on connaît la formule de Voltaire sur les arpents de neige) – mais peuvent maintenir des droits de pêche à Terre Neuve grâce à l’habile Duc de Choiseul. Enfin, les Français du Canada dont les familles y sont établies depuis Henri IV, Louis XIII et Louis XIV passent sous la Couronne d’Angleterre mais peuvent conserver leur langue et la Religion Catholique.
Lévis choisit alors de rentrer en France. Il embarque en novembre et repose le pied dans le Royaume au début 1761.
Il reçoit alors le grade de Lieutenant-Général, une pension de 29 593 livres, ainsi qu’une lettre de William Pitt l’Ancien, le Premier Ministre de George III, qui lui fait savoir l’estime que lui porte le Roi d’Angleterre ! Placé sous les ordres du Maréchal de Soubise, il sert en Allemagne contre les Prussiens et Anglo-hanovriens. Il se marie tardivement en 1761 avec Gabrielle-Augustine de Danton. Ils auront un fils, Pierre-Marc-Gaston de Lévis et trois filles. François Gaston de Lévis termine la Guerre de Sept Ans dans l’Armée du Prince de Condé à la bataille de Nauheim (ou Johannisberg) en Hesse, où il se distingue une dernière fois en s’emparant des canons ennemis.

– Quittant le service actif en 1763, il commande d’abord l’une des quatre Compagnies de Gardes du Corps de Monsieur, avant de devenir Gouverneur d’Arras. Il se consacre alors à l’aménagement et à l’urbanisme. Il fait ainsi creuser un canal entre Béthune et la Lys et construire une route entre Boulogne et Saint-Omer. Âgé lors de la Guerre d’Indépendance américaine, il ne prend aucun commandement mais n’est pas empêcher de correspondre avec son ancien adversaire James Murray, avec qui il entretenait de cordiales relations.
Élevé à la dignité de Maréchal de France par Louis XVI en 1783, puis Duc en 1784, il succombe à la maladie peu avant l’ouverture des Etats d’Arras le 26 novembre 1787 après une carrière militaire remplie et réussie malgré le contexte d’alors, défavorable à la France.

Source :
– ECCLES W.J. : François-Gaston de Lévis, http://www.biogrpahica.ca

 

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François de Chevert

François de Chevert

Rare roturier à avoir acquis ses quartiers de noblesses par le sabre, François Chevert voit le jour le 2 février 1695 à Verdun. Il s’engage comme simple soldat à onze ans seulement dans le Régiment de Carné et grimpe les échelons de la hiérarchie militaire. Le 9 décembre 1710, Chevert…

24 janvier 2016

Dans « 1715-1804 »

Jacques Fitz-James Duc de Berwick et Maréchal de France

Jacques Fitz-James Duc de Berwick et Maréchal de France

Grande figure militaire de la seconde moitié du règne de Louis XIV et du début de celui de Louis XV, quelque peu occulté par les Maréchaux de Luxembourg et de Villars, Jacques de Fitz-James Duc de Berwick a contribué nettement au redressement militaire du Royaume durant la Guerre de Succession…

12 juin 2016

Dans « 1715-1804 »

Général François Sevez

Général François Sevez

Savoyard, François Adolphe Laurent Sevez naît le 22 novembre 1891 à Chambéry. Fils d’un juge de la Cour d’appel de la même ville, il étudie d’abord le Droit à la Faculté de Lyon mais choisit de s’engager dans l’Armée à vingt ans sans passer par Saint-Cyr. Il sert d’abord au…

1 mars 2016

Dans « Histoire militaire française »

11 mai 2010
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Histoire & Culture

24 juillet 1712 : Victoire du Maréchal de Villars à Denain

by adminfhesp 7 mai 2010
La bataille de Denain (dans l’Avesnois) se déroule du 23 au 24 juillet 1712 à la fin de la Guerre de Succession d’Espagne. Denain marque le redressement de l’Armée française après les défaites face aux Impériaux alliés aux Anglais et aux Hollandais.

Après s’être emparés de Bouchain, Douai, Béthune et Aire-sur-la-Lys, les Coalisés (Anglo-Hanovriens, Impériaux allemands et autrichiens et Hollandais) tiennent les rives de la Deûle, de la Lys et de la Scarpe, ce qui leur permet de mettre un pied vers la vallée de la Somme, le Soissonais, la Picardie et la Champagne.
Pendant ce temps, l’Armée Royale de Louis XIV doit s’accrocher aux garnisons qu’elle a pu conserver ; Valenciennes, Landrecies et Le Quesnoy afin de protéger Guise et la Sambre. Mais le Prince Eugène de Carignan-Savoie, l’un des plus grands chefs militaires de son temps, s’empare du Quesnoy sans grande difficulté le 5 juillet et s’installe à Quérénaing, pendant que le Prince d’Arnholt-Dessau vient mettre le siège devant Landrecies.
L’alerte gagne Versailles et le Secrétaire à la Guerre de Louis XIV, Daniel Voysin de La Noiraye, rédige une lettre au Maréchal Claude-Louis Hector de Villars lui indiquant que l’ordre du Roi est de reprendre Landrecies « plutôt que de souffrir que les ennemis se rendent maîtres de cette place, après laquelle il n’en resterait plus d’autres sur cette frontière que le château de Guise ».

Dans le même temps, le Prince Eugène a établi ses lignes sur une soixantaine de kilomètres entre Marchiennes (sur la Scarpe) et Landrecies  avec le camp retranché de Denain (sur l’Escaut) comme point fort. Recevant, son ravitaillement depuis l’Escaut, le Prince a fait aménager toute une voie garnie de retranchements menant de Marchiennes à Denain.

DenainCependant, Villars qui commande l’Armée Royale, reçoit une bonne nouvelle. Conformément à une trêve signée avec l’Angleterre, les 12 000 hommes d’Ormond se retirent vers Gand via Le Cateau et Avesnes-le-sec.

Villars envisage donc plusieurs plans pour son attaque mais celle qu’il retient lui vient d’une recommandation de Le Fèvre d’Orval, Conseiller au Parlement de Douai mais aussi un homme au service du Secrétaire à la Guerre Voysin. Le Fèvre d’Orval préconise donc au Maréchal de « couper la communication de Bouchain et même de Denain et de Marchiennes, si on voulait donner la main à la garnison de Valenciennes pour barrer aux ennemis la communication qu’ils ont par Denain et par Lourches avec la Scarpe et Douai ».

Le 19 juillet, Hector de Villars entame sa manœuvre d’approche. Son armée franchit l’Escaut entre Crèvecœur et Le Catelet et place son armée entre Neuvilly et Molain, derrière la Selle. Informé de la manœuvre, le Prince Eugène déplace le gros de ses forces vers l’Escaut. Le 21 juillet, Villars ordonne à ses subordonnés Vieux-Pont et de Broglie d’attaquer le camp retranché de Denain en espérant que la garnison de Valenciennes commandée par le Prince de Tingry allait les rejoindre en une sortie en force. Sauf qu’Eugène anticipe l’idée de Villars et envoie un fort détachement de cavalerie devant Valenciennes maintenant Tingry bloqué.

Le 23 juillet, Villars s’avance vers Ors pour se rendre compte du dispositif adverse. Décision prise, il n’attaquera pas Landrecies mais Eugène croit encore que ce sera le cas. Villars décide de déplacer toute son armée vers le nord-ouest afin d’attaquer le camp de Denain. L’audacieuse manœuvre a donc lieu dans la nuit du 23 au 24 juillet, l’armée de Villars se déplaçant en trois colonnes parallèlement à la Selle et sous le nez des Impériaux. Malgré un retard de deux heures qui fait encore hésiter Villars, les Français arrivent devant Denain tenu par 20 000 hommes de Hollande commandés par Albermale.
Prévenu par Albermale, Eugène croit à une « gasconnade » de Villars et décide « d’aller déjeuner » (aux dires du Maréchal de Saxe alors jeune officier).

Le matin du 24 juillet donc, l’Armée de Villars encercle le camp de Denain. Appuyés par des canons, les fantassins de Montesquiou mènent la charge, atteignent le parapet et franchissent la muraille provoquant la panique des Hollandais. Albermale décide donc par se rendre, l’affrontement ayant fait peu de morts. Alerté, le Prince Eugène arrive à Denain avec des renforts mais il est trop tard d’autant plus que le Prince de Tingry bloque le pont de Pouvry par lequel les Impériaux auraient du transiter. Eugène n’a pas le choix, il doit se replier vers le cours supérieur de l’Escaut. La bataille de Denain est gagnée pour les Français.

Source :
LESAGE Gérard : La bataille de Denain, Economica, Paris

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Louis Hector de Villars Maréchal de France

Louis Hector de Villars Maréchal de France

« Sire, encore une défaite comme ça et nous avons gagné la guerre ». Ainsi Villars commentait-il l’issue de la bataille de Malplaquet face aux Impériaux du Prince Eugène. – Figure militaire incontournable de la seconde moitié du règne de Louis XIV, manœuvrier de talent, bon tacticien, admiré de ses soldats mais réputés…

17 juin 2016

Dans « Grand Siècle »

François de Chevert

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Rare roturier à avoir acquis ses quartiers de noblesses par le sabre, François Chevert voit le jour le 2 février 1695 à Verdun. Il s’engage comme simple soldat à onze ans seulement dans le Régiment de Carné et grimpe les échelons de la hiérarchie militaire. Le 9 décembre 1710, Chevert…

24 janvier 2016

Dans « 1715-1804 »

18 juillet 1918 : Seconde Victoire de la Marne

18 juillet 1918 : Seconde Victoire de la Marne

Rappel Le 21 mars 1918, le Général Erich Ludendorff, en accord avec Paul von Hindenburg, déclenche l’Opération Michael contre les forces françaises et britanniques. En fait, Ludendorff n’attaque pas massivement sur l’ensemble du théâtre d’opérations ouest mais lance toute une série d’opérations localisées entre la Champagne et les Flandres. Les…

18 juillet 2014

Dans « Non classé »

7 mai 2010
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Histoire & Culture

Ernest Renan: qu’est-ce qu’une nation?

by adminfhesp 25 avril 2010

Qu’est ce qu’une nation ?

Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. L’homme, messieurs ne s’improvise pas. La nation, comme l’individu, est l’aboutissant d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a soufferts. On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet. Le chant spartiate : “Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes” est dans sa simplicité l’hymne abrégé de toute patrie. Dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager, dans l’avenir un même programme à réaliser ; avoir souffert, joui, espéré ensemble, voilà ce qui vaut mieux que des douanes communes et des frontières conformes aux idées stratégiques ; oui, la souffrance en commun unit à plus que la joie. En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils commandent l’effort en commun. (…)

Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiments de sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie (…)
L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation.

“Qu’est-ce qu’une nation ?”; Conférence prononcée le 11 mars 1882
à la Sorbonne (1882)

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Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Chers lecteurs, France-Histoire-Espérance vous propose de redécouvrir le fameux discours sur la vocation de la France, prononcé le 13 juillet 1937-dans la chaire de Notre-Dame de Paris-par son éminence le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII. Un discours plus que jamais d’actualité !  « Tandis que dans la majesté des fonctions liturgiques,entouré…

23 septembre 2013

Dans « Non classé »

Nicolas Sarkozy; Discours du Latran

Nicolas Sarkozy; Discours du Latran

Voici des extraits du discours prononcé le 20 décembre 2007, au Vatican, où le président de la République d’alors rappelle le lien particulier qui unit la France à l’Église catholique. Un discours qui s’inscrit pleinement dans la ligne éditoriale de France-Histoire-Espérance. « En me rendant ce soir à Saint-Jean de Latran, en acceptant…

3 avril 2012

Dans « Non classé »

Alain Finkielkraut :

Alain Finkielkraut : « Qu’est-ce que la France ? »

Présentation de l’éditeur : « Notre question n’est plus, comme au temps de Renan : « Qu’est-ce qu’une nation ? », mais : qu’est-ce que la France, et que doit-elle devenir, encore une nation ou une société résolument postnationale ?  » A l’heure de la mondialisation, c’est-à-dire d’un immense bouleversement technique, économique et…

26 juin 2012

Dans « Non classé »

25 avril 2010
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Histoire & Culture

3 avril 1987 : Disparition de Robert Dalban

by adminfhesp 25 avril 2010

Second rôle aussi solide qu’incontournable du cinéma des années 1950-1960, Robert Dalban – de son vrai nom Gaston Barré – voit le jour en 1903 à Celles-sur-Belle dans les Deux-Sèvres.
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Lorsque la famille monte à Paris, le jeune Gaston est attiré par les spectacles. Il commence à jouer dans quelques pièces dans les années 1910-1920. En 1934, après avoir pris le nom de scène de Robert Dalban, il tourne dans son premier film aux côtés des Danielle Darrieux « L’or dans la rue ». Il enchaîne ensuite les seconds rôles grâce à son visage carré à nez proéminent qui lui permet de jouer les voyous, les policiers grognons, les majordomes et les concierges. Il exerce aussi le métier de doubleur, notamment de Clark Gable dans « Autant en emporte le vent ».

En on le retrouvera successivement à l’affiche de : « Hardi Pardaillan ! », « Promesse à l’inconnue », « Les jeux sont faits », « Quai des Orfèvres » et « Les diaboliques » (Henri-Georges Clouzot).
Le grand public commence à le voir régulièrement durant les années 1960. Patron de presse dans la trilogie « Fantômas » (André Hunebelle) mais surtout, dans le rôle de Jean, le majordome anglophone du « Mexicain » et de Lino Ventura dans « Les Tontons flingueurs ». On le retrouve ensuite dans « Les barbouzes », en sergent adjoint de Paul Meurisse dans la série « Le Monocle » et dans « Le septième juré ».

« Yes sir ! »

 

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9 juillet 2004 : Disparition de Jean Lefebvre

9 juillet 2004 : Disparition de Jean Lefebvre

Né le 3 octobre 1922 à Barlin tout près de Valenciennes, fils d’un maréchal-ferrant, Jean Lefebvre veut se lancer dans le spectacle dans les années 1930 et débute des études au Conservatoire. Engagé dans les Spahis en 1940, il est fait prisonnier mais s’évade du camp avec une quarantaine d’autres…

9 juillet 2014

Dans « Non classé »

3 décembre 2004 : Disparition de Robert Dhéry

3 décembre 2004 : Disparition de Robert Dhéry

De son vrai nom Robert Fourrey, son nom de scène faisait référence au village natal de son père, Héry dans l’Yonne. – Sorti du Conservatoire d’Art dramatique et du Cours Simon (où il joua « Britannicus » de Racine d’une façon qui provoqua l’hilarité de la classe), Robert Dhéry triomphe sur les…

3 décembre 2015

Dans « Accueil »

4 janvier 2016 : Disparition de Michel Galabru

4 janvier 2016 : Disparition de Michel Galabru

– Né au Maroc en 1922, ce fils d’un ingénieur des Ponts-des-Chaussées effectue sa scolarité chez les Jésuites de Montpellier. Son père le destine au Droit mais le jeune Michel préfère le théâtre. Sa vocation sera interrompue par sa réquisition au STO qui l’emmène  d’Allemagne et la Yougoslavie. – Il…

4 janvier 2017

Dans « Arts et lettres »

25 avril 2010
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Histoire & Culture

Olivier V de Clisson, Connétable de Charles VI

by adminfhesp 17 avril 2010

Personnalité quelque peu occultée par Bertrand du Guesclin, surnommé « Le boucher de Benon », Olivier V de Clisson reste l’un des plus grands capitaines de la Guerre de Cent Ans mais possède la particularité d’avoir servi dans les deux camps.

Détail du gisant d'Olivier V de Clisson en l'église de Josselin (début XVe, Morbihan)

Détail du gisant d’Olivier V de Clisson et de Marguerite de Rohan en la Basilique N-D du Roncier à Josselin (début XVe, Morbihan)

– Fils d’Olivier IV de Clisson et de Jehanne de Belleville, Olivier V voit le jour le 23 avril 1336 dans la forteresse même de Clisson actuellement dans le département de Loire-Atlantique. Son père est alors un seigneur féodal breton, devenu partisan de la Royauté française.

– Seulement, à l’âge de sept ans, Olivier V voit son père condamné à mort par le Roi de France Philippe VI de Valois sur des soupçons de s’être entendu avec les Anglais pour être libéré après le siège de Vannes en 1342 (le montant de la rançon d’Olivier IV n’était pas très élevé). Olivier IV est donc décapité en 1343. Jehanne de Belleville fait alors jurer à son jeune fils de venger la mort de son père. Armant des vaisseaux, elle mène alors une impitoyable guerre de piraterie contre les navires de Philippe VI. Bien entendu, ses deux fils l’accompagnent à bord. Dès lors, Olivier V de Clisson nourrit une haine particulièrement farouche vis-à-vis de la couronne de France. Mais ceci-dit, il n’éprouve pass une grande sympathie pour l’Angleterre non plus.

– En 1356, il s’embarque pour l’Angleterre afin de recevoir instruction des armes. Ayant pris le parti de Jehan IV de Montfort dans la Guerre de Succession de Bretagne contre Charles de Blois, cousin du Roi de France, Olivier de Clisson débarque dans le Duché en 1359. Sa mère Jehanne de Belleville meurt la même année et Olivier se retrouve à la tête de possessions bretonnes héritées de ses parents, notamment les Seigneuries de Porhoët et de Châteauceaux, ainsi que la Baronnie de Pontchâteau. En 1360, son père est réhabilité à l’issue du Traité de Brétigny signé entre Jehan II le Bon et Edouard III d’Angleterre. L’année suivante, Clisson épouse Catherine de Laval-Châteaubriant apparentée à la famille ducale de Bretagne, ce qui lui permet de renforcer sa place auprès de Jehan IV de Montfort et de devenir un grand seigneur féodal. Ses possessions se répartissent dans tout le duché de Bretagne, dans les Marches et en Mayenne.

– Mais la Guerre de Succession de Bretagne continue, France et Angleterre jouant de leurs partisans dans l’Ouest. En 1363, Clisson et Montfort assiègent Nantes sans succès, puis Bécherel. L’année suivante, Jehan IV, secondé par Clisson et l’Anglais Jehan Chandos, décide d’assiéger la garnison d’Auray tenue par des hommes de Charles de Blois. Charles V expédie alors une troupe de secours commandée par un autre breton, Bertrand du Guesclin. Grâce à une habile manœuvre forçant les Franco-bretons à gravir une pente menant à Auray et grâce aussi aux trahisons dans le camp de Charles de Blois, Jehan de Montfort, Clisson et Chandos remportent la bataille. Olivier V est alors éborgné d’un coup de hache dans l’affrontement et Bertrand du Guesclin est fait prisonnier. Toutefois, le chemin des deux hommes va encore se croiser.
Lors de la signature du Traité de Guérande qui reconnaît Jehan de Montfort seul Duc de Bretagne, Olivier V de Clisson se repose à Blain. Espérant recevoir les honneurs et les récompenses qu’il estime lui revenir légitimement pour ses loyaux services, il a la mauvaise surprise d’apprendre que son Suzerain offre le château du Gâvre à Jehan Chandos. Pris d’une colère noire, il exprime son mécontentent au Duc en ces termes : « J’aimerais mieux me donner au diable que de voir l’Anglais mon voisin ! » Mécontentement exprimé une fois de plus quand il incendie le château du Gâvre et fait transporter les pierres dans son domaine. En punition, Jehan IV lui confisque la Seigneurie de Châteauceaux.
clisson– C’est alors que se produit un tournant dans la carrière militaire d’Olivier de Clisson. Envoyé en ambassade à Paris auprès du Roi Charles V le Sage en 1366, Clisson est accueilli en grande pompe et avec déférence par le Souverain français. Avec finesse et ruse, Charles V flatte Olivier de Clisson en jouant sur sa profonde défiance vis-à-vis des anglais et sur le mécontentement qu’il éprouve envers Duc de Bretagne.
En 1367, Clisson combat victorieusement aux côtés d’Edouard de Woodstock le Prince Noir à Najéra en soutien de Pierre le Cruel (Aragon) contre Henri de Trastamare (Roi de Castille soutenu par Charles V et secondé par du Guesclin qui est une nouvelle fois fait prisonnier). Mais en 1369, Clisson  prend définitivement parti pour Charles V. Avec Amaury de Craon, il essaie de s’emparer de Saint-Sauveur-le-Vicomte en Normandie mais échoue. En 1370, Charles V échange la Seigneurie de Josselin contre des terres normandes qui reviennent au Comte d’Alençon, l’un de ses cousins. La même année, il va plus loin en signant une charte reconnaissant la Suzeraineté de la Couronne des Valois sur le Duché de Bretagne. La rupture entre Jehan IV entouré d’anglais et son ancien vassal est alors consommée. Le 23 octobre 1370, Olivier V de Clisson et Bertrand du Guesclin signent le Serment de Pontorson qui prévoit le partage en deux parts égales des bénéfices de la reconquête. Charles V est entièrement gagnant puisqu’il vient de s’adjoindre les services d’un autre grand capitaine, en plus des Louis de Sancerre, Mouton de Blainville et Jehan de Vienne. En outre, si du Guesclin est le tacticien habituel des manœuvres sur le terrain et des sièges, Clisson est le « stratège » terrestre, pendant que Vienne conduit la guerre maritime. Par exemple, lorsque l’Anglais Robert Knolles lance un raid contre Paris, Clisson conseille à Charles V de jouer le temps en enfermant ses forces dans Paris ou dans les villes du Domaine Royal. Résultat, ne pouvant s’appuyer durablement sur les ressources du domaine royal, Knolles est forcé de rebrousser chemin.

– Le 2 décembre 1370, du Guesclin, Clisson et Vienne infligent une lourde défaite aux Anglais à la bataille de Pontvallain dans le Maine. Ensuite, Clisson et du Guesclin mènent la victorieuse campagne du Poitou, à laquelle participe Jehan de Berry frère du Roi. Cette campagne est marquée par les victoires de La Réole, Saintes, Saint-Jean-d’Angély et la Rochelle (victoire sur mer due aux Castillans). Mais Clisson se fait remarquer moins glorieusement en mettant à mort plusieurs prisonniers anglais et poitevins après le siège réussi de Benon. Il voulait se venger de la mise à mort atroce de son écuyer. Il n’hésite pas non plus à en mutiler d’autres. A la suite de cet épisode, du Guesclin s’écrie : « Par Saint Benoît, les Anglais ont raison quand ils l’appellent le Boucher ! »

– Après la campagne du Poitou, Charles V ordonne à ses deux capitaines de mener une expédition contre Jehan IV de Bretagne, d’autant plus qu’une partie des nobles bretons éprouvent un profond ressentiment vis-à-vis du Duc qui se montre toujours aussi favorable aux Anglais. Clisson forme alors un parti avec la famille de Penthièvre, ce qui ajoute à la tension. C’est alors que Jehan IV signe une alliance avec l’Angleterre, ce qui donne prétexte à Charles V d’intervenir en Bretagne. C’est du Guesclin qui mène la campagne. Clisson est aussi de la partie et bientôt, Jehan IV est contraint à s’exiler chez les Anglais et Clisson obtient la Seigneurie de Guillac. Charles V nomme alors son frère Louis d’Anjou « Lieutenant du Roi en Bretagne » mais celui-ci n’y met pas les pieds et c’est Clisson qui assure la présence militaire au nom du Roi de France. En 1372, il est fait « Co-régent de Bretagne » pour le pays Gallo (Rennes, Dol, Saint-Brieuc, Vannes, Redon et Nantes), tandis que Jehan Ier de Rohan porte le même titre pour la partie bretonnante (Quimper, Brest, Saint-Pol-de-Léon, Morlaix…).
Seulement la guerre contre Jehan IV reprend en 1373 et le Duc réussit à reprendre plusieurs places de l’Ouest dont Quimperlé. Mais les combats cessent par un accord entre Charles V et  Jehan IV. Le Duc conserve tout l’Ouest bretonnant tandis que Clisson est en charge de la moitié est. En 1378, Olivier de Clisson se remarie en secondes noces (Catherine de Laval étant décédée quelques années plus tôt) avec Marguerite de Rohan, sœur de Jehan Ier de Rohan, dont la dot vient ajouter à sa très grande forte et lui apporte notamment la Seigneurie de Josselin. Olivier V en profite alors pour y aménager la place forte et y faire bâtir un château.

– En 1378, Charles V souhaite annexer la Bretagne au Royaume de France mais il provoque la colère des seigneurs Bretons qui réclament alors le retour de Jehan IV de Bretagne. Guy XII de Laval refuse d’obéir et du Guesclin se montre lui aussi en désaccord avec son Roi, même s’il l’assure de sa fidélité avant tout. Olivier de Clisson aurait aimé alors prendre le titre de duc mais la famille de Rohan se rallie à Jehan IV et il doit renoncer à son projet, tout comme Charles V.

– En juillet 1380, le Connétable Bertrand du Guesclin succombe à la fièvre lors du siège de Châteauneuf-de-Randon et Charles V gravement malade et veuf de Jehanne de Bourbon, le suit dans la tombe en septembre suivant. Olivier V de Clisson reste au service de la Couronne des Valois, d’autant plus que dans son testament, Charles V l’avait recommandé pour participer au Conseil. En dépit de la désapprobation des frères de Charles V (et oncles de Charles VI), Jehan de Berry et Philippe le Hardi Duc de Bourgogne, Clisson est fait Connétable de France par le Roi le 28 novembre 1380. Il obtient là une bonne position politique car il peut dialoguer d’égal à égal avec les grands du Royaume et notamment, son adversaire le Duc de Bretagne. En outre, il conserve tout son butin amassé pendant la campagne du Poitou contre les Anglais.
En 1382, Clisson guide l’Ost royal pour réprimer la révolte flamande menée par Philippe van Aldewerde contre le Comte Louis de Male (vassal du Roi de France et beau-père de Philippe le Hardi) et ce, alors que les Maillotins tiennent Paris. Le 27 novembre 1382, avec le Roi et le concours de Louis de Sancerre et  Jehan IV de Mauquenchy Mouton de Blainville, le Connétable de Clisson réduit en charpie l’armée des insurgées flamands à la bataille de Roosebeke (ou du Mont d’Or). En février 1383, Clisson accompagne encore le Roi Charles VI dans la répression de la révolte des Maillotins. Après avoir procédé à des exécutions dans Paris, Clisson reçoit les Bourgeois de Paris dans son Hôtel avec le Sire Charles d’Albret et les force à signer une déclaration dans laquelle ils obtiennent la miséricorde royale contre le versement d’une forte somme. On a d’ailleurs surnommé ensuite la demeure de Clisson l‘Hôtel de la Miséricorde.

– En 1384, Clisson et Jehan de Vienne ont le projet de débarquer en Angleterre mais le projet échoue par manque de volonté politique. En 1387, il est convié en Bretagne mais c’est un piège et il se retrouve retenu par Jehan IV de Bretagne qui l’oblige à verser une forte somme. Mais suite à des négociations entre le Duc et le Roi, Clisson peut conserver ses domaines en Bretagne. Mais c’est épisode montre bien que la tension entre la France et la Bretagne n’est toujours pas retombée.
Mais en 1388, lorsque Charles VI écarte de force ses oncles du Conseil Royal, Clisson devient l’un des hommes forts du Gouvernement des Marmousets, auquel participent d’anciens conseillers et officiers de Charles V tels Jehan Le Mercier, Bureau de la Rivière. Pendant plus de trois ans, ce Gouvernement administre la France de façon plutôt efficace.

– Mais en 1392, le Connétable de Clisson est agressé la nuit à Paris, à la sortie de l’Hôtel Saint-Pol par un groupe commandé par Pierre de Craon, un fidèle de Jehan IV de Bretagne (et parent de Gilles de Rais). Clisson échappe à la mort en se cachant dans le fournil d’un boulanger, tout près de l’actuel Lycée Charlemagne. Convaincu que c’est Jehan IV qui veut le faire assassiner, Clisson demande au Roi une expédition punitive contre le Duc. Charles VI accepte et rassemble son Ost. On se met en route vers la Bretagne au mois d’août mais après la traversée de la Forêt du Mans, Charles VI est pris d’un accès de folie et l’expédition doit rebrousser chemin.

– La folie du Roi s’aggrave en 1393 suite à la tragédie du Bal des Ardents. Immédiatement après, Charles VI publie une ordonnance dans laquelle il déclare ne plus être en moyens de gouverner et délègue la conduite des affaires du Royaume à ses oncles Philippe de Bourgogne et Jean de Berry, (solidaires pour l’occasion) et à son frère, le tapageur et flamboyant Louis d’Orléans. La nouvelle situation fait alors remarquer à un Clisson particulièrement amer : « Maintenant, il y a trois Rois en France ». Les Oncles du Roi évincent alors les « Marmousets » et prennent en charge les affaires du Royaume selon leurs propres intérêts politiques et économiques. D’autant plus que le gouvernement de la France devient l’objet d’une lutte de clans et de personnalités et des tensions apparaissant très vite entre Philippe le Hardi et Louis d’Orléans.

– Olivier de Clisson repart donc en Bretagne mais le duché passe alors sous la régence de… Philippe le Hardi. D’autre part, l’ancien Connétable entre en conflit ouvert avec sa fille Marguerite de Clisson qui a rallié le parti de Jehan IV de Bretagne. En 1401, il répond à l’appel de Louis d’Orléans qui doit faire face aux menées de son cousin Jehan Sans Peur Duc de Bourgogne (fils de Philippe le Hardi) qui veut s’emparer de Paris ; le Royaume étend à ce moment même au bord d’une guerre entre partis.
Pendant les six années qui précèdent sa mort, Olivier de Clisson se consacre à ses domaines de Bretagne mais ne joue plus réellement de rôle politique. Plus grave pour lui, le nouveau duc Jehan V – qui lui voue une sérieuse aversion – lui confisque plusieurs terres.

– Immensément riche, Olivier V administrait savamment ses biens et ses domaines, percevant des revenus grâce au bois, à l’affermage, au marché du sel (Bourgneuf et Noirmoutier), au commerce du vin, aux taxes perçues sur ses terres, ainsi qu’au prêt à intérêt aux Papes d’Avignon. Il faut ajouter à cela ses appointements de Connétable de France qui lui permettent de touchez douze fois plus que le Chancelier du Duc de Bretagne et en comparaison, trente années du salaire du maçon en un mois seulement ! Sous le règne de Charles VI, Olivier V de Clisson est l’un des hommes les plus riches de France. S’il mène une vie luxueuse, il ne dépense pas non plus d’immenses sommes de manière irraisonnée. Il donne néanmoins de fortes sommes à la construction et l’entretien d’église et se fait bâtir un Hôtel à Paris, l’Hôtel de Clisson, qui deviendra l’Hôtel de Guise, dont on peut voir l’ancienne façade rue des Archives dans le IVe Arrondissement de Paris. Il faut bien préciser qu’il est de mode pour les grands seigneurs résidant à Pairs de se voir construire des Hôtels particuliers, en écho de l’Hôtel Saint-Pol résidence royale depuis Charles V.

Façade de l'Hôtel de Clisson (Hôtel de Guise), rue des Archives

Façade de l’Hôtel de Clisson (Hôtel de Guise), rue des Archives

– Il avait aussi fondé la Collégiale Notre-Dame-du-Roncier à Josselin ainsi que le Collège Notre-Dame-de-Clisson. Enfin, sans doute sous l’influence de sa seconde épouse Marguerite de Rohan, il finance des œuvres religieuses en faveur des pauvres, pour se racheter de la brutalité dont il a pu faire preuve.
Le vieux Connétable de Clisson s’éteint le jour même de son soixante-et-onzième anniversaire, le 23 avril 1407 à Josselin, alors que le Royaume de France qu’il a servi s’apprête à glisser dans l’impitoyable guerre entre Armagnacs et Bourguignons.

Lire :
– FAVIER Jean : La Guerre de Cent Ans, Fayard
– MINOIS Georges : La Guerre de Cent Ans, Perrin, coll. Tempus
– AUTRAND Françoise : Charles VI, Fayard

 

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21 octobre 1422 : Mort de Charles VI le Bien Aimé ou le Fol

21 octobre 1422 : Mort de Charles VI le Bien Aimé ou le Fol

Paradoxalement, le long règne (quarante-trois ans) du Roi fou Charles VI est peut-être bien mieux connu que celui de son père, court et brillant. Sans doute en raison du désastre d’Azincourt et de la guerre Armagnacs-Bourguignons. Pour autant, le « Pauvre Roi » Charles VI, prisonnier impuissant de l’Hôtel Saint-Pol a suscité…

21 octobre 2016

Dans « Non classé »

27 novembre 1382 : Victoire de Charles VI à Roosebeke ou du Mont-d'Or

27 novembre 1382 : Victoire de Charles VI à Roosebeke ou du Mont-d’Or

Alors que Paris est aux mains des Maillotins, l’Ost de Charles VI vient en aide au Comte de Flandres Louis de Male, beau-père du Duc de Bourgogne Philippe II le Hardi, oncle du Roi. – L’Armée Royale (16 000 chevaliers et hommes d’armes) est commandée par trois vétérans de la…

27 novembre 2015

Dans « Epoque médiévale »

4 décembre 1370 : Victoire de du Guesclin, Clisson et Vienne à Pontvallain

4 décembre 1370 : Victoire de du Guesclin, Clisson et Vienne à Pontvallain

En 1370, grâce à Bertrand du Guesclin, Charles V a réussi à se débarrasser des Grandes Compagnies de routiers qui ravageaient plusieurs provinces et pays du centre du Royaume (Berry, Auvergne, Champagne, Bourgogne, Languedoc…) en les envoyant guerroyer en Castille, dans la guerre de succession sévissant entre Henri de Trastamare…

4 décembre 2016

Dans « Epoque médiévale »

17 avril 2010
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Histoire & Culture

18 mars 1962 : Accords d’Evian

by adminfhesp 17 avril 2010

Le 18 mars 1962, les Accords d’Evian sont signés par les autorités françaises et mettent officiellement un terme à la guerre d’Algérie ( 1954-1962)

Voici un documentaire utile pour se plonger dans cette période douloureuse de l’histoire de France, dont les blessures sont encore très présentes.

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18 juillet 1918 : Seconde Victoire de la Marne

18 juillet 1918 : Seconde Victoire de la Marne

Rappel Le 21 mars 1918, le Général Erich Ludendorff, en accord avec Paul von Hindenburg, déclenche l’Opération Michael contre les forces françaises et britanniques. En fait, Ludendorff n’attaque pas massivement sur l’ensemble du théâtre d’opérations ouest mais lance toute une série d’opérations localisées entre la Champagne et les Flandres. Les…

18 juillet 2014

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1945 : les canons du « Richelieu » tonnent en Extrême-Orient

1945 : les canons du « Richelieu » tonnent en Extrême-Orient

1 – NAISSANCE DU « CARDINAL » – Durant les années 1930, les ambitions navales de Mussolini en Méditerranée amènent la Regia Marina (Marine Royale italienne) à se doter de nouveaux navires suivant les 70 000 tonnes permises par le Traité naval de Washington (1922). La Regia Marina veut aussi apporter la…

26 mai 2015

Dans « Non classé »

1er mars 1941 : Prise de l'oasis de Koufra

1er mars 1941 : Prise de l’oasis de Koufra

Alors que les Britanniques repoussent les Italiens en Lybie, la Colonne Leclerc formée de 6 000 hommes des FFL venant de Métropole (500), de Tirailleurs du Sénégal, du Tchad, du Cameroun et de l’Oubangui reçoit l’ordre de s’emparer de la forteresse italienne d’el-Tag, près de Koufra qui commande le passage…

1 mars 2016

Dans « Histoire militaire française »

17 avril 2010
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 10/ Opération « Epsom » (Première partie)

by adminfhesp 16 avril 2010

Faisons un bref retour en arrière. Le 11 juin 1944, la 3rd Canadian Division du Major-General Rodney E. Keller emporte de haute lutte le Le Mesnil-Patry, achevant ainsi la mission première à l’issue d’Overlord. Cependant, le commandement britanniques n’a pu prendre Caen dès le 6 juin, pour trois principales raisons : les embouteillages causés lors du débarquement sur Sword Beach qui ont mis à mal la coordination des unités du Ist Corps britannique de John Crocker, une contre-attaque improvisée par la 21.PzDiv vers Sword et la troisième, résultant en grande partie de la seconde, le manque d’audace de Crocker qui a préféré placer ses forces sur la défensive au lieu de les lancer sur Caen. .

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1 – LE PLAN DE MONTGOMERY

– Plusieurs éléments conjugués incitent Montgomery à décider le déclenchement d’Epsom : échec de Crocker au nord et au nord-est de Caen, échec des Canadiens à s’emparer de Carpiquet, échec piteux de la 7th Armoured à Villers-Bocage et aussi, l’arrivée très prochaine des 37 000 hommes et 350 Panzer du II. SS-Panzer-Korps d’Hausser sur le front de Normandie. Le chef britannique va donc tenter de prendre Caen par l’ouest en effectuant un crochet par la vallée de l’Odon orienté NO-SE.

– Par conséquent, Montgomery et Miles Dempsey, le commandant de la IInd Army, échafaudent plusieurs plans pour prendre Caen dès la fin juin. Toutefois, la prépondérance de Montgomery allait très vite poser des problèmes à Dempsey car son supérieur était sensé coordonner les efforts de l’ensemble du XXIst Army Group. Mais pour des raisons politiques, les Américains ne souhaitaient pas voir le Britannique se mêler de leurs opérations dans le Cotentin. Du coup, Montgomery va prendre un

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16 avril 2010
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Histoire & Culture

23 juillet 1242 : Victoire de Saint Louis sur Henri III à Saintes

by adminfhesp 6 avril 2010
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Sceau d’Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis

Le 20 juillet, Saint-Louis repoussait les anglo-poitevins sur le Pont de Taillebourg mais sa victoire n’était pas complète, car Henri III Plantagenêt s’enferme dans Saintes avec son armée.

Les chroniques nous disent que l’Ost (Armée) duRoi de France est « plus grande » que celle du Roi d’Angleterre. On devait alors compter 4 000 chevaliers, piétons et arbalétriers. Saint Louis est accompagné de ses frères Alphonse de Poitiers et Robert d’Artois, ainsi que de plusieurs de ses vassaux comme Thibault IV de Champagne.

Voici ce qu’écrivait Guillaume de Nangis dans sa Vie de Saint Louis : « Il y eut une merveilleuse et forte bataille (…), âpre et dure, mais à la fin, les Anglais ne purent soutenir les assauts des Français et se mirent à fuir… La nuit du jour de cette bataille, le Roi d’Angleterre et le Comte de la Marche s’enfuirent avec tout le reste de leurs gens et évacuèrent la cité et le château de Saintes. Le lendemain matin (24 juillet – NDLR), les citoyens de Saintes vinrent remettre au Roi Louis les clés du château de la cité. »

Au XVIIe siècle, Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, historien disciple de Dom Mabillon et de ces nouvelles méthodes d’analyse de documents donne une nouvelle vision de l’ensemble de la bataille de Taillebourg. Voici ce qu’il dit concernant les combats de Saintes :

Le mardi 22 juillet, jour de Sainte Madeleine, Saint-Louis marche avec son armée pour poursuivre les Anglais, en envoie une avant-garde (fourriers et fourrageurs) devant Saintes pour « y trouver des vivres (…) pillèrent, saccagèrent, brûlèrent et prirent ce qu’ils trouvèrent de bétail. » Au vu de cela, le Comte de La Marche accourut avec ses trois fils et quelques soldats (Gascons, Anglais et Ecossais) pour chasser les Français sans en avertir Henri III. Les fourrageurs se défendent bien mais se retrouvent bientôt submergés et vont demander le secours d’Alphonse de Poitiers. Ensuite, Le Nain de Tillemont nous dit que Saint Louis et son frère cadet accoururent avec l’armée entière. Il exagère nettement quand il dit que les deux armées fac à face « à ce qu’on prétend, faisaient plus de deux cent mille hommes », ce qui est tout simplement impossible pour l’époque.
Le combat a lieu devant la porte de Saintes, les deux Souverains à la tête de leurs hommes. Les chevaliers de Saint Louis chargeant au cri fameux de « Montjoie », auquel les Anglo-poitevins répondent par « Realistes » (les Royaux).
Tout comme Guillaume de Nangis, Le Nain de Tillemont dit que « le combat fut rude, les Anglais y faisant paraître tout ce qu’ils avaient de courage ; mais les Français avaient l’avantage du nombre ».
Finalement, Henri III décide de s’enfuir ce qui provoque le désarroi dans ses rangs qui ne tardent pas à se débander. Galvanisés, les chevaliers de Saint Louis décident de poursuivre les fuyards, sans doute dans l’espoir d’en capturer certains pour en tirer rançon. Mais le Roi de France retient ses gens au cas où ceux-ci s’aventureraient trop loin et trop dangereusement. Enfin, d’après Le Nain de Tillemont, vingt-deux chevaliers anglo-poitevins, trois clercs et cent-vingt sergents sont pris par les gens du Roi de France.

La victoire de Saintes va forcer Henri III à négocier avec le Roi de France, Saint Louis voulant ménager le Roi Plantagenêt et faire la paix avec lui.
En revanche, le grand Roi de France voit son prestige s’accroître vis-à-vis de ses vassaux. Ceux-ci, s’ils possèdent des fiefs en Angleterre et en France, seront tenus de choisir à quel Roi ils doivent fidélité.

 

 

 

 

 

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21 juillet 1242 : Victoire de Saint Louis à Taillebourg

21 juillet 1242 : Victoire de Saint Louis à Taillebourg

Saint Louis déclare la guerre à Hugues X de Lusignan, afin de venir en aide à son jeune frère Alphonse de Poitiers, qui détient le comté en fief depuis 1240. Cette région est alors âprement disputée par les Rois de France, depuis Philippe Auguste d’un côté, et les Seigneurs d’Aquitaine…

21 juillet 2016

Dans « Epoque médiévale »

22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

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Souverain passé à la postérité comme étant le « Petit Roi de Bourges qui a trahi Jehanne d’Arc » , dénigré par les historiens de la IIIe République, il apparaît très souvent comme un monarque effacé sinon insignifiant, coincé avec son père Charles VI le Fou entre les grands règnes…

22 juillet 2016

Dans « Bas Moyen-Âge et Guerre de Cent Ans »

15 avril 1450 : Victoire des Comtes de Clermont et de Richemont à Formigny

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– Aujourd’hui passée dans l’oubli et bien moins connue que Crécy, Poitiers et Azincourt, la bataille de Formigny fut pourtant l’un des engagements les plus décisifs de la Guerre de Cent Ans et plus exactement du règne de Charles VII. Pourquoi ? De par le retentissement qu’elle eut à l’époque…

15 avril 2016

Dans « Epoque médiévale »

6 avril 2010
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Histoire & Culture

Les alliances vins et fromages – 1

by adminfhesp 5 avril 2010

Chers lecteurs, chères lectrices, le fait d’avoir parcouru nos terroirs durant plusieurs étés m’a donné l’envie de vous faire partager les conseils qu’on pu me prodiguer quelques viticulteurs ou professionnels de la restauration en ce qui concerne, l’assemblage des vins et des fromages. En espérant vous surprendre quelque peu, bien que je ne pourrai énumérer nos quelques 360 variétés de Fromages.
Plateau-de-fromage-raisin-et-vin-du-restaurant-Rouge-Passion

En premier lieu, allons au plus simple, certains des meilleurs accommodements restent les régionaux. Par exemple, un vin du Jura se servira très bien avec du Comté ou du Mont-d’Or, pendant qu’un Touraine blanc sec ou demi-sec se mariera idéalement avec tel ou tel fromage de chèvre du val de Loire. Toutefois, rien n’empêche d’apporter quelques touches plus originales.

– FROMAGES DE CHÈVRE :

On peut recommander quelques vins rouges mais bon nombre de Blancs se serviront idéalement.

– Bellet blanc, Côtes de Provence, Coteaux d’Aix-en-Provence (blanc), Bandol (blanc), Vin de Corse (blanc), Patrimonio (blanc)
– Maury, Banyuls (blanc), Collioure (blanc)
– Château-Grillet , Coteaux de Pierrevert, Condrieu (avec de la Rigotte de Condrieu)
– Corbières (blanc), Bourgogne Alligoté, Bouzeron, Chablis, Vougeot, Chassagne-Montrachet (blanc), Saint-Romain (blanc), Montagny, Mâcon, Mâcon-Villages, Saint-Véran, Viré-Clessé
– Coteaux du Lyonnais (blanc)
– Cheverny blanc, Chinon blanc et rosé, Montlouis, Sancerre, Menetou-Salon (Crotin de Chavignol), Quincy, Saint-Nicolas de Bourgueil (rouge)

– BLEUS, ROQUEFORT, FOURME (pâte persillée)

– Gewurzstraminer
– Pineau des Charentes
– Châteauneuf-du-Pape (rouge)
– Armagnac rosé, Cahors (rouge), Gaillac (blanc), Marcillac (rouge)
– Maury
– Barsac, Cadillac, Loupiac, Sauternes, Sainte-Croix-du-Mont, Montagne-Saint-Emilion (rouge)
– Jurançon
– Chablis (Bleu de Bresse), Hautes Côtes-de-Nuits, Hautes Côtes-de-Beaune, Ladoix (blanc), Meursault, Bienvenue-Bâtard-Montrachet
– Côtes d’Auvergne (rouge – Fourme d’Ambert)

– BRIE

– Alsace Pinot Noir (rouge et rosé)
– Châteauneuf-du-Pape (rouge)
– Montagne-Saint-Emilion,
– Côte-de-Nuits Villages, Vosne-Romanée, Auxey-Duresses (rouge), Beaune (rouge), Côte-de-Beaune (rouge), Monthélie (rouge), Volnay, Passetougrain

 

– CANTAL, SALERS, LAGUIOLLE

– Alsace Pinot Noir (rouge et rosé)
– Entraygues-le-Fel (Cantal doux)
– Chablis (Cantal Entre-deux)
– Saumur (rouge), Touraine-Mesland (rouge)

[Suite]

 

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Vins de Loire - Reuilly

Vins de Loire – Reuilly

Situé à une trentaine de kilomètres au sud de Vierzon (Cher), le vignoble berrichon de Reuilly s’étend sur quelques kilomètres carrés (187 ha) et se trouve être scindé par un plateau à dominante agricole. Les parcelles de vigne sont donc réparties entre les coteaux de l’Arnon et de La Théols…

22 février 2013

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Vins de Bourgogne, Côte Chalonnaise - 2 : Rully et Bouzeron

Vins de Bourgogne, Côte Chalonnaise – 2 : Rully et Bouzeron

* RULLY Appellation reconnue depuis 1939, le vignoble de Rully est situé au nord de Chalon-sur-Saône, sur la commune de Chagny entre Bouzeron au nord et Mercurey au sud. Les vignes couvrent 347 hectares sur des coteaux dont l’altitude varie de 230 à 300 mètres. Les climats situés en hauteur sont plutôt…

18 octobre 2013

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Vins du Mâconnais - Mâcon et Mâcon-Villages

Vins du Mâconnais – Mâcon et Mâcon-Villages

Étendu sur une cinquantaine de kilomètres du nord au sud, le vignoble de Mâconnais, terre d’Alphonse de Lamartine, occupe toutes les communes du Canton de Mâcon, produisant des rouges, des blancs et des rosés. Les vignes du pays de Mâcon poussent sur des sols silicieux, argileux ou sableux auxquels se mélangent…

11 septembre 2013

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5 avril 2010
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Histoire & Culture

Général Louis Le Blond de Saint-Hilaire

by adminfhesp 3 avril 2010
sthilaire

Louis Charles de Saint-Hilaire ( 1766-1809)

Fils d’un capitaine de la Cavalerie royale (Régiment Conti-Cavalerie), Louis Charles-Vincent-Joseph Le Blond de Saint-Hilaire voit le jour à Ribemont dans l’Aisne le 4 septembre 1766. Suivant l’exemple de son père, il entre dans la carrière des armes dès onze ans comme cadet au Conti-Cavalerie en 1777 et y reste jusqu’en 1783, après un passage dans les Indes Orientales.

En 1784, promu sous-lieutenant, il intègre le Régiment d’Aquitaine et embarque pour servir aux Antilles. Lieutenant en 1788, il reste dans l’Armée à la Révolution et reçoit le grade de capitaine en 1792. Malgré ses origines nobles, il rejoint l’armée de la Convention et combat au siège de Toulon contre les anglais à l’avant-garde. Il rencontre le Général Bonaparte qui le remarque très vite. En 1794, Louis Le Blond de Saint-Hilaire part pour l’Armée d’Italie commandée par François Kellemann Duc de Valmy avec le grade de Chef de Bataillon. Servant au sein de la Division du Général Laharpe, il se distingue dans plusieurs combats et reçoit le grade de Général de Brigade. En 1795, lors de la bataille de Roca Barbarena, il est blessé et perd deux doigts. Il doit alors quitter le front pour se reposer.

En 1796, Le Blond de Saint-Hilaire retrouve l’Armée d’Italie commandé alors par Bonaparte et commande l’une des brigades de la Division Sauret. Il participe ainsi à la bataille de Castiglione, avant de prendre le commandement d’une brigade de la Division Vaubois avec laquelle il commande à Bassano et Mantoue. Il termine la seconde campagne d’Italie blessé aux deux jambes.
Lorsque Bonaparte prend le commandement de l’Expédition d’Egypte, Le Blond de Saint-Hilaire commande la 8e Région Militaire de Marseille et reçoit le grade de Général de Division en 1799. Il combat alors avec Louis Suchet dans les Alpes Maritimes et dans le Var pour empêcher les Autrichiens de déboucher en Provence, contribuant à préparer la Troisième Campagne d’Italie sur de bonnes bases. Il ne retourne pas en Italie en 1799-1800 car Bonaparte alors Premier Consul le place à la tête de la 15e Division Militaire à Rouen jusqu’à la Paix d’Amiens.

Envoyé ensuite au Camp de Saint-Omer établi en vue d’envahir l’Angleterre, Le Blond de Saint-Hilaire reçoit la Légion d’Honneur et commande la 1re Division du 4e Corps de Soult. Lors de la campagne d’Autriche de 1805, il commande à la même division qui compte les Brigades Morand, Thiébault et Varé. A Austerlitz, il s’illustre particulièrement sur le Plateau de Pratzen aux côtés de la Division Vandamme face aux Russes de Koutouzov. Napoléon le récompense en lui octroyant le Grand-Aigle de la Légion d’Honneur.

A Iéna, le Général de Saint-Hilaire commande toujours la 1re Division du Corps de Soult avec les Brigades de Candras et Varé. Présent aussi à Eylau, il mène sa division face aux Russes dans des conditions météorologiques épouvantables mais Le Blond de Saint-Hilaire tient bon au niveau du cimetière. En juin 1807, il participe à la victoire d’Heilberg.

Commandant de la 3e Division du 2nd Corps de Lannes en 1809, Le Blond de Saint-Hilaire combat les Autrichiens à Tengen et ses qualités lui attirent les éloges du Maréchal Davout. Napoléon lui fait aussi savoir qu’il lui remettre le bâton de Maréchal.
Combattant à Essling contre les Autrichiens dans le Corps de Lannes qui y trouve la mort, Le Blond de Saint-Hilaire est gravement blessé à la jambe par un boulet le 3 juin. Evacué en urgence à Vienne sur ordre de l’Empereur, Louis Le Blond de Saint-Hilaire succombe à ses blessures le 5 juin 1809 dans l’Hôtel du Comte d’Appony.

Avec Joseph Ange d’Hautpoul tué après Eylau, il fait partie de ses généraux d’Empire de valeur et par trop méconnus qui n’ont pu recevoir leur bâton de Maréchal. Il repose au Panthéon aux côtés de son ami Jean Lannes.

Dans le Testament de Sainte-Hélène, Napoléon dressait de lui un portrait élogieux : « d’un caractère chevaleresque, il était aimable et bon camarade, bon frère, bon parent. […] On l’appelait le Chevalier sans peur et sans reproche ».

Sources :
– http://www.souvenir-davout.com
– http://www.napoelon-empire.net

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