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Histoire & Culture

Histoire & Culture

3 janvier, fête de Sainte Geneviève

by adminfhesp 5 janvier 2015

Fille d’un dignitaire d’origine germanique, un certain Severus, elle se voua à Dieu très jeune et est instruite par Saint Germain d’Auxerre à Nanterre.

Dotée d’un solide sens politique, elle réussit à convaincre les lutéciens de ne pas quitter la ville face à Attila, qui n’y marchera pas.
En 465, elle s’opposera aussi à Childéric Ier, Roi des Francs Saliens et père de Clovis, qui voulait lui aussi marcher sur Paris. Elle restera en revanche en bons termes avec Clovis, comme de la Reine Clotilde.

Elle s’éteint en 512 et est inhumée en  l’Abbaye du Mons Lucoticus (Montagne Sainte-Geneviève), aux côtés de Sainte Clotilde, avant que sa châsse ne soit transposée au XIXe siècle dans l’église Saint-Etienne-du-Mont.

 

« Que de toutes nos voix un plein concert s’élève
A la gloire de Geneviève,
Terre, applaudis au ciel; lui-même il t’applaudit.
Il t’en daigne lui-même t’apprendre a naissance:
Ecoute un ange qui te dit
Qu’il vient de naître en elle un appui pour la France.
Un saint prélat, qui voit dans une si jeune âme
briller tant de celeste flamme:
« Vierge heureuse, dit-il, qu’heureux sont tes parents! »
Soudain qu’elle t’entend, la vierge à Dieu se voue,
Et quitte enfin et prés et champs,
pour monter à la cour comme il faut qu’on le loue.
Les miracles partout suivent son grand courage;
ils passent et le sexe et l’âge.
Dans la chair qui l’enferme elle est hors de la chair,
Et dans la pauvreté riche plus que tous autres:
Quiconque la peut approcher
Croit sa vertu pareille à celle des apôtres.
Honneur de ta patrie et de la terre entière,
Vierge, des vierges la lumière,
Notre patronne à tous, entends nos humbles voeux;
Et du ciel, où tu vois ta couronne assurée,
Fais qu’en terre de chastes feux
Puissent toujours régner dans notre âme épurée.
A la Trinité sainte éternelle puissance,
Eternelle reconnaissance.
Qu’on la serve en tout temps, qu’on l’honore en tous lieux;
Exaltons-en la gloire en sa vierge fidèle,
Si nous voulons un jour aux cieux
Etre assis dans un trône et couronné comme elle. »

 

Pierre Corneille (1606-1684)

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Appel de saint Jean-Paul II à redécouvrir « l’âme française »...

Appel de saint Jean-Paul II à redécouvrir « l’âme française »…

C’était en 1996. A l’occasion de la célébration du XVème centenaire du baptême de Clovis, à Reims, Jean-Paul II exhortait les Français à redécouvrir leur histoire et la vocation propre de leur pays. Voici l’homélie en intégralité.           « Chers Frères et Sœurs de France ici rassemblés, L’Évêque de Rome salue en cette…

29 avril 2015

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Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Chers lecteurs, France-Histoire-Espérance vous propose de redécouvrir le fameux discours sur la vocation de la France, prononcé le 13 juillet 1937-dans la chaire de Notre-Dame de Paris-par son éminence le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII. Un discours plus que jamais d’actualité !  « Tandis que dans la majesté des fonctions liturgiques,entouré…

23 septembre 2013

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4 juin : fête de Sainte Clotilde

4 juin : fête de Sainte Clotilde

Née vers 465-475, fille du roi burgonde Chilpéric II, elle échappe au massacre de sa famille catholique perpétré sur ordre de l’arien Gondebaud. En 493 elle épouse Clovis, roi des Francs Saliens qui est resté païen. De cette union naîtront quatre enfants : Clodomir, Childebert, Clotaire et Clotilde. Toutefois, selon…

4 juin 2015

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5 janvier 2015
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Histoire & Culture

2 avril 2005 : disparition de Jean Paul II

by adminfhesp 4 janvier 2015

Le 264ème successeur de Pierre nous a quittés il y a maintenant 10 ans – jour pour jour – après une longue et cruelle agonie. Canonisé par l’Eglise catholique le 27 avril 2014, sa fête est fixée au 22 octobre, jour de son intronisation.

Jean Paul II (1920-2005)

En 1983, lors d’une visite à Lourdes (1983), le saint pontife s’adressait directement aux catholiques français…

 « Catholiques de France, en tant que Pasteur universel mais solidaire de mes chers Frères dans l’épiscopat, vos évêques; je vous encourage à vous maintenir en mission.Toute nation a son histoire humaine originale. Mais les peuples qui ont reçu un très riche héritage spirituel doivent le préserver comme la prunelle de leurs yeux. Et concrètement, ces nations ne préservent un tel héritage qu’en le vivant intégralement et en le transmettant courageusement. O terre de France ! Terre de saint Pothin et de sainte Blandine, de saint Denis et de sainte Geneviève, de saint Bernard et de saint Louis, de saint Yves de Tréguier et de saint Bertrand de Comminges, de sainte Jeanne d’Arc, de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal, de saint Vincent de Paul et de sainte Louise de Marillac, de saint Jean Eudes et de sainte Marguerite Marie, de sainte Marguerite Bourgeoys et de la bienheureuse Marie de l’Incarnation, de saint François Régis et de saint Louis Marie Grignion de Montfort, de sainte Jeanne Delanoue et de la bienheureuse Jeanne Jugan, de saint Jean Baptiste de la Salle et de saint Benoît Labre, des nombreux missionnaires comme saint Isaac Jogues, le bienheureux Théophane Vénard et saint Pierre Chanel, du saint Curé d’Ars, de sainte Thérèse de Lisieux, de Frédéric Ozanam et de Charles de Foucauld, de saint Michel Garricoïts de cette région, de sainte Bernadette, canonisée voilà juste cinquante ans, au cours de la précédente Année de la Rédemption!

Catholiques de France, vous avez hérité d’un patrimoine considérable de foi et de tradition chrétiennes. C’est ce trésor pour lequel les saints de votre pays ont tout sacrifié, afin de “s’en emparer”, comme le demande l’Evangile, et de le partager avec leurs frères, tellement ils étaient persuadés que l’homme intégral est fait d’ouverture à l’Absolu et de brûlante charité! »

 

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/1983/august/documents/hf_jp-ii_spe_19830815_cattolici-francia_fr.html

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Jean Paul II :

Jean Paul II : « O terre de France ! »

Extrait du discours prononcé par le souverain pontife lors de sa visite à Lourdes en 1983. A méditer… « Catholiques de France, en tant que Pasteur universel mais solidaire de mes chers Frères dans l’épiscopat, vos Evêques; je vous encourage à vous maintenir en mission. Toute nation a son histoire humaine…

29 mars 2014

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Appel de saint Jean-Paul II à redécouvrir « l’âme française »...

Appel de saint Jean-Paul II à redécouvrir « l’âme française »…

C’était en 1996. A l’occasion de la célébration du XVème centenaire du baptême de Clovis, à Reims, Jean-Paul II exhortait les Français à redécouvrir leur histoire et la vocation propre de leur pays. Voici l’homélie en intégralité.           « Chers Frères et Sœurs de France ici rassemblés, L’Évêque de Rome salue en cette…

29 avril 2015

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N’ayons pas peur…de devenir des saints -témoignage d’un jeune  Français du XXI ème siècle

N’ayons pas peur…de devenir des saints -témoignage d’un jeune Français du XXI ème siècle

Je m’appelle Pierre, j’ai 24 ans, et je veux devenir saint. Je sais c’est un peu « cash » de commencer comme ça… mais je veux bien prendre le risque de passer pour fou ou présomptueux … Et puis il ne faut pas cacher ses ambitions. Comme beaucoup de jeunes j’ai de…

23 avril 2014

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4 janvier 2015
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Histoire & Culture

Campagne de 1814 – 1er février : Bataille de La Rothière

by adminfhesp 1 janvier 2015

Suite à la bataille de Brienne, Napoléon ne poursuit pas Blücher qui se retire sur Bar-sur-Aube pour rejoindre l’Armée de Bohême du Prince Schwarzenberg.
Napoléon reste arc-bouté sur Brienne et ses alentours avec un peu plus de 27 000 hommes.
rothiere1
Blücher a quant à lui décidé d’anéantir les forces françaises par une large manœuvre d’enveloppement. La bataille de La Rothière va en fait se dérouler par une série d’engagements séquencés.

L’Empereur des Français dispose ses forces comme suit :

1 – La droite (sud – sud-est) est commandée par le Général Etienne-Maurice Gérard, un très bon manœuvrier, avec 7 000 hommes (Divisions Picquet, Dufour et Ricard) qui tiennent une ligne Dienville-Unienville entre la rive droite de l’Aube et le village de La Rothière.

2 –  Le centre est aux ordres du Maréchal Claude Victor qui dispose de 11 000 hommes (Divisions Duhesme, Milhaud, Piré, Briche et L’Héritier) et occupe les villages de La Giberie, Chaumesnil, le Petit-Mesnil et La Rothière. En outre, les Cuirassiers, Hussards et Chasseurs-à-Cheval d’Etienne Marie de Nansouty couvre l’espace compris entre le Petit-Mesnil et La Rothière avec les Divisions Desnouettes, Colbert et Guyot, assurant le contact avec Gérard.

3 – Enfin, l’aile gauche (nord – nord-est) est tenue par des éléments du Maréchal Louis Viette Marmont (qui n’est pas encore pleinement arrivé), soit 6 500 hommes, pendant que le Maréchal Ney assure la réserve avec 7 500 soldats de la Garde Impériale (Divisions Rothenbourg, Decouz, Meunier et Defrance). Edouard Milhaud avec 4 200 cavaliers se tient lui aussi prêt à intervenir si besoin.

1814LaRothiereAlisonEn face, les forces coalisées des Armées de Silésie et de Bohême commandées respectivement par Blücher et Schwartzenberg sont numériquement écrasantes (167 000 hommes, réserve comprise). Les 20 000 Autrichiens du Général hongrois Ignacz Giulay (Divisions de Creneville, Hohenlohe et Fresnelle) venus de l’Armée de Bohême forment l’aile gauche (sud – face à Gérard) derrière le village de Trannes et doivent marcher sur Dienville.
Le centre est formé par les Russes ; le Corps de Fabian Gottlieb von Osten-Sacken (23 000 fantassins et cavaliers des Divisions Chtcherbakov et Liewen) doit attaquer La Rothière avec l’appui du Corps de Zakhar Dm. Olsoufiev (23 500 hommes). Enfin, une force de frappe de 4 500 Cosaques d’Ilarion V. Vassiltchikov assure la jonction entre von Osten-Sacken et Olsoufiev.
Les éléments du Prince Schwartzenberg forment l’aile droite coalisée avec le 4e Corps du Prince Frédéric-Guillaume de Wurtemberg (12 500 hommes) face à Marmont au Petit-Mesnil, pendant que le 5e Corps de Karl Philip von Wrede se tient entre Soulaines et Chaumesnil.
Enfin, la réserve directe de Blücher est assuré par le 3e Corps de la Garde Impériale Russe (Général Razhevski), la Cavalerie lourde de la Garde (Kretov). Une seconde réserve formée par les forces de Mikhaïl Barclay de Tolly et du Général Hieronymus von Colloredo-Mansfeld se tient entre Bar-sur-Aube et Vandoeuvres mais elle n’interviendra pas, heureusement pour Napoléon.

Après une période de calme les 30-31 janvier, la bataille démarre le 1er février 1814 par un temps particulièrement exécrable (froid, vent et neige). Blücher ordonne d’abord à Giulay de marcher sur Dienville et Unienville et de s’emparer du pont de Lesmont. Giulay fait d’abord marcher la Brigade de Pflüger qui repousser les avant-gardes de Gérard après 13h00. Comprenant le danger, l’Empereur expédie la Division Ricard dont la Brigade Boudin se retranche sur la rive gauche de l’Aube au pont de Lesmont. Boudin reçoit alors l’assaut de Pflüger à près d’1 contre 4 mais tiennent bon et repoussent même les Autrichiens. Giulay expédie alors 5 400 Brigade de la Division Fresnelle pour repousser les Français. Boudin ploie et doit se replier mais les deux autres brigades de Ricard rétablissent la situation.

Etienne-Maurice Gérard

Etienne-Maurice Gérard

Giulay fait alors marcher toute la Division de Hohenlohe contre Gérard à Dienville. Malgré un rapport de force défavorable de 1 contre 2, la Division de Dufour bien retranchés dans la petite ville repousse les Autrichiens avec acharnement. Pendant toute la journée, Gérard avec ses forces inférieures en nombre, donne tout ce qu’il a et tient très bien sa ligne. Giulay ne pourra percer dans l’aile droite française et devra laisser Gérard se replier en bon ordre quand Napoléon lui en donnera l’ordre.

Les choses vont moins bien sur la gauche française. En effet, le Prince de Wurtemberg lance d’abord 3 200 hommes contre le Petit-Mesnil. L’avant-poste du Bois de Beaulieu est perdu vers 14h00. Blücher ordonne alors à von Oster-Sacken de marcher sur le centre français pendant que Wurtemberg combat pendant deux heures pour enlever le Petit Mesnil avant de lancer un nouvel assaut contre le défilé de La Giberie mais Victor voit la menace et expédie 2 000 hommes pour bloquer l’ennemi. La manœuvre réussit et les Autrichiens se retrouvent bloquer dans le défilé sous le feu français. Frédéric-Guillaume de Wurtemberg pense alors que les Français disposent de force importantes et dépêche un message à Blücher pour lui demander des renforts. Von Wrede arrive alors avec 32 000 hommes (Divisions Hardeg, Delamotte, Rechberg et Spleny) sur le coup de 16h00.
Von Wrede décide alors d’attaquer Chaumeuil avec les Bavarois de la Division Delamotte. Le Maréchal Victor qui doit encore attendre l’aide de Marmont, voit son flanc gauche exposé. De plus, profitant des renforts de von Wrede, Wurtemberg réussit à s’empare de La Giberie. Victor décide alors de se retrancher dans le Petit-Mesnil mais Wurtemberg ne fait donner qu’un assaut limité.

Tout à gauche, Marmont a achevé son déploiement. Il tient la route de Soulaines, La Chaise et Morvilliers. Von Wrede décide alors d’attaquer a Chaise tenue par la Brigade Joubert qui, malgré une charge d’Uhlans qui ébranle quelque peu ses lignes, réussit à repousser les éléments du Corps de Frimont. A 14h00, Marmont ordonne à ses forces de dégager le Petit-Mesnil et Chaumesnil. Seulement, Frimont devance le Français et lance une attaque contre le Ruisseau de Morvilliers par la Division Hardeg qui force Marmont à reculer à s’ancrer entre Chaumesnil et Morvilliers. Forcé à livrer un combat défensif, Marmont réussit toutefois à tenir face aux Divisions Austro-Bavaroises de Hardeg, Rechberg et Spleny. La Brigade Joubert se comporte très bien repousse une charge de 3 500 Autrichiens à Chaumesnil mais subissant une forte pression, il doit se replier dans le Bois d’Ajou et s’y tient. Marmont fait alors savoir à l’Empereur que la perte de Chaumesnil met en danger la jointure entre ses forces et celles de Victor et lui demande la possibilité d’un repli. Napoléon répond alors favorablement à la requête de son Maréchal.

Toujours au centre, à 14h00, von Osten-Sacken lance ses forces contre Victor en plein dans le secteur de La Rothière. Mais le secteur est cloisonné, ce qui empêche le général russe de déployer l’ensemble de ses forces. Von Osten-Sacken n’a d’autre choix que d’envoyer son corps au combat par vagues successives. Un premier assaut de 7 000 hommes tente de déloger la Division Duhesme qui ne plie pas et repousse les Russes. A 16h00, Blücher expédie deux divisions russes en renfort qui permette à von Osten-Sacken de repartir à l’attaque. Cette fois, Duhesme est mis en sérieuse difficulté et il faut le sacrifice des Cavaliers de Colbert Guyot et Piré pour empêcher les fantassins français d’être anéantis. Mais les cavaliers français sont à leur tour décimés par les Cosaques de Vassiltchikov. Les Divisions de Desnouettes et Briche s’en prennent alors à Vassiltchikov par sa gauche mais leurs charges ne peuvent gêner la progression russe.
Couvert sur ses flancs, von Osten-Sacken lance une nouvelle attaque contre La Rothière qui force Duhesme à se replier au cœur du village. Mais percutée par les Cuirassiers du Tsar, Duhesme est forcé d’abandonner La Rothière mais en bon ordre.
A 18h30, Napoléon constate que la situation de son centre est critique et décide de se replier pour éviter la catastrophe. Il met en ligne le Corps de Cavalerie d’Edouard Milhaud pour repousser les Russes. Mais l’Empereur est devancé par Olsoufiev qui lance ses forces pour dégager définitivement La Rothière. Cette fois-ci les Russes sont arrêtés par Duhesme. Milhaud tente alors une charge sur le flanc droit d’Olsufiev mais il reçoit à son tour le choc de la Cavalerie autrichienne dans son flanc. C’est le reste de la Cavalerie du Général Colbert qui parvient à stabiliser la situation en enfonçant plusieurs bataillons d’infanterie russe.
Finalement, à 20h00, Napoléon ordonne à Drouot qui commande la réserve d’artillerie de canonner les abords de La Rothière pour retenir l’ennemi pendant que ses fantassins et cavaliers se replient en bon ordre. Le repli du centre français s’accompagne de ceux des deux ailes grâce à l’intervention des cavaliers du Maréchal Nicolas Oudinot.

La bataille est terminée. Il s’agit là d’un succès défensif français mais non décisif. Napoléon a perdu 800 hommes et 3 200 blessés, ce qui est important en proportion de ses forces. Toutefois, il a infligé à Blücher et Schwartzenberg des pertes de l’ordre de 8 000 tués et blessés.

Source :
– http://www.napoleon-empire.net

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Campagne de 1814 - 10 février : Victoire de Champaubert

Campagne de 1814 – 10 février : Victoire de Champaubert

Le 8 février 1814, une semaine après la bataille de La Rothière, la situation est la suivante. L’Empereur a scindé ses forces en trois forces principales, du moins avec ce qui lui reste. Au nord, le Maréchal Etienne MacDonald Duc de Tarente a partagé lui-même ses unités en deux corps.…

10 février 2014

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21 mai 1813 : Victoire de Bautzen (Wurschen)

21 mai 1813 : Victoire de Bautzen (Wurschen)

Cette bataille a lieu dans la foulée de la victoire de Napoléon Ier à Lützen (2 mai). Grâce à l’apport de troupes saxonnes et wurtembergeoises, l’Empereur dispose d’environ 420 000 hommes si l’on en croit Carl von Clausewitz. Le 18 mai, le 11e Corps français de Jacques Law de Lauriston s’approche de la…

21 mai 2016

Dans « Grande Armée »

Campagne de 1814 - 7 mars : Difficile victoire de Craonne

Campagne de 1814 – 7 mars : Difficile victoire de Craonne

On connaît le Plateau de Craonne pour sa chanson et pour son engagement tragique de 1917. Mais on le connaît moins pour l’engagement qui a opposé les éléments de la Grande Armée aux Prussiens. Après les victoires de Brienne, Champaubert, Château-Thierry et Montereau, Napoléon choisit de surveiller les Austro-Bavarois de…

6 mars 2014

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1 janvier 2015
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Histoire & Culture

Campagne d’Alsace 1944-1945 : première partie

by adminfhesp 22 décembre 2014

1 – LE DÉBUT DE LA CAMPAGNE D’ALSACE : LA RECONQUÊTE INACHEVÉE 

1 – Le redéploiement allemand

Fin novembre – début novembre 1944, la situation apparaît bien avantageuse pour les Alliés entre les Vosges la rive droite du Rhin. Les unités du 6th Army Group de Jacob L. Devers ont sérieusement malmené la 19. Armee de Friedrich Wiese, dont certaines unités (régiments, bataillons, compagnies) se retrouvent avec des effectifs réduits à la portion congrue. Si le Ier Corps Français de Béthouart (Ire Armée) a été brutalement freiné dans son élan entre Mulhouse et Cernay, dans Vosges Centrales, le VIth US Corps de Brooks (VIIth Army de Patch) vient de franchir le massif forestier et s’apprête à déferler sur la Plaine d’Alsace. Enfin, le XVth Corps de Haislip s’est emparé de Sarrebourg, Weyer, Baerendorf, Rauwiller, Schalbach, Haguenau et Strasbourg. Par conséquent, Wiese ne peut s’appuyer que sur les restes des 553. et 708. Infanterie-Divisionen dans le secteur de Saverne ; la 106. Panzer-Brigade (assez mal en point) et quelques restes d’unités d’infanterie au nord de Belfort, les 716 e t 16. VGD dans les Hautes-Vosges et des 338. ID et 198. ID près de Belfort. Seules les 269. et 159. ID conservent des effectifs convenables dans la partie du massif vosgien à l’ouest de Colmar (secteur du Col de la Schlucht et de Munster). Il apparaît alors que ses deux seules division et tout un agrégat de personnes sont en seule mesure d’assurer la défense de l’Alsace face un adversaire en écrasante majorité matérielle et numérique.

Le 24 novembre, depuis Rastenburg, l’OKW constate la détérioration rapide de la situation dans le secteur de la 19. Armee. En outre, au nord (Moselle – Sarre – nord de l’Alsace), la 1. Armee allemande aux prises avec les XXth et XIIth Corps de Patton est tout simplement incapable de lui venir en aide, d’autant plus qu’une brèche d’environ 16 km s’est formée entre les deux grandes unités suite à la prise de Strasbourg. S’il veut sauver ce qui reste de son armée, Friedrich Wiese a impérativement besoin d’hommes et de matériels de remplacement. Or, bon nombre d’effectifs récemment levés en Allemagne sont aspirés par les unités de l’Ostheer pour  garder la Vistule et la Prusse-Orientale, ainsi que par le Groupe d’Armée B de Model en vue l’Opération « Wacht am Rhein » dans les Ardennes belges. Approuvant les craintes de son subordonné, Balck estime que les forces de Devers vont s’employer à encercler et détruire la 19. Armee, dernier faible rempart avant le Rhin.

Le 24 novembre, lors d’une réunion avec Gerd von Rundstedt, Balck propose de retirer le flanc sud (gauche) de Wiese sur une ligne Ballon d’Alsace – Rougemont-le-Château – Montreux. Même s’il donne son aval à l’abandon de Belfort – dont la défense s’avère bientôt inutile avec la prise imminente de Mulhouse – il milite pour resserrer les lignes de la 19. Armee. Seulement, le 24 toujours, le IInd Corps de Monsabert s’empare du Ballon d’Alsace près de Dolleren et la situation empire dans les secteurs de Belfort et Seppois. Balck recommande alors à von Rundstedt d’établir une nouvelle ligne de défense au sud ancrée sur Thann, la N 66 et Mulhouse, une seconde entre la Forêt de Harth jusqu’au Rhin. L’objectif de Balck est d’empêcher les franco-américains d’exploiter davantage leur percée Saverne – Strasbourg. Mais la seconde recommandation du patron du HG G provoque la consternation dans les rangs de l’OB West et de l’OKW ; abandonner purement et simplement la défense de la frontière suisse. Manquant alors d’information, von Rundstedt estime que la principale menace vient de la trouée de Belfort et ne comprend pas comment peut-on envisager un redéploiement de la 198. Infanterie-Division, alors que le flanc sud de la 19. Armee est sur le point de craquer. Erreur alimentée par l’idée qu’apparemment, le flanc nord semble être mieux tenu par la Panzer-Lehr sur la ligne Sarrebourg – Saverne – Strasbourg. Sauf que réévaluant son jugement pendant l’après-midi, von Rundstedt constate l’échec – prévisible –  de la Panzer-Lehr dans le secteur de Schalbach et devient pessimiste lui aussi.  Le Feldmarschall envoie alors un message à l’OKW pour recevoir au moins 2 Divisions de Panzer Division et 1 division d’Infanterie, afin de rétablir la situation dans le nord de l’Alsace. Mais l’OKW, qui mobilise ses principales réserves pour l’offensive dans les Ardennes, n’a pas grand-chose à lui donner. Von Rundstedt fait alors savoir que les efforts pour combler la brèche entre les 1. et 19. Armeen vont être abandonnés et que la 19. Armee se repliera pour éviter la destruction.

Enfin, même si von Rundstedt ose encore espérer que l’Armée de Wiese pourrait tenir temporairement mais suffisamment sur le flanc sud, lui et Balck en arrivent à la conclusion que la meilleure solution est de replier la 19. Armee sur le Rhin pour resserrer ses lignes et la placer en défensive. Comme attendu, Hitler n’a aucune intention de céder l’Elsass-Gau aux Français. Plus encore, il ordonne à ses généraux de se pencher sur une contre-offensive sur le Rhin, qui serait lancée en parallèle de l’offensive dans les Ardennes. Toutefois, en raison du manque criant de moyens, Hitler reste ferme : aucune retraite sur la rive droite du Rhin et l’Alsace doit rester sous contrôle allemand, que qu’en soit le prix. Mais pour la 19. Armee, il s’agit de survivre ou de disparaître corps et biens.

En raison de l’intransigeance du Führer, von Rundstedt éprouve alors des difficultés à autoriser la retraite des forces épuisées de Friedrich Wiese. Le 26 novembre, il approuve une série de redéploiement locaux mais interdit formellement à Balck et Wiese de retirer la 198. ID vers le nord, insistant sur l’ordre de tenir le sud de l’Aslace coûte-que-coûte, avec seulement une modification dans le plan de défense. Du coup, la jointure entre les deux armées du HG G se situe à Erstein, à l’ouest de Strasbourg. Et la ligne de défense de la 19. Armme s’étend davantage à l’ouest sur 17 km entre Barr et Le Hohwald, avant d’obliquer du Hohwald à Sainte-Marie-aux-Mines, avant de suivre la Position de la Crête des Vosges jusqu’àDolleren et sur la Doller. Au sud, la ligne de défense s’étend de Masevaux (au sud-ouest de Thann) à Mulhouse en suivant le cours de la Doller, avant d’accrocher Hombourg (sur le Rhin). Enfin, plusieurs discussions ont lieu à l’OKH et l’OKW pour redéployer la 198. ID et la 103. PzBrig. au nord, non pas pour frapper contre le XVth Corps US sur Strasbourg, comme l’espère Balck mais pour tenir la nouvelle ligne Erstein – Barr – Le Hohwald au nord de Colmar.

Pendant la nuit du 26-27 novembre, Hitler donne son accord mesuré pour retirer le flanc sud de la 19. Armee vers le nord et approuve les directives pour placer les forces de Wiese en positions défensive sur le Rhin, dans une tête de pont articulée autour de Colmar. Décision accélérée par le fait que les Commandos de Choc et les éléments avancés de la 1re DFL se sont emparés de Masevaux, menaçant ainsi les positions du IV. Luftwaffe-Feld-Korps sur la Doller. Initialement, le saillant défensif avait sa base le long du Rhin, soit sur 40 km entre Erstein et Mulhouse. Au centre, elle s’étend sur plus de 22 km à l’ouest jusqu’aux Vosges. L’OKW et l’OKH sont alors d’accord sur un point : sans les renforts nécessaires, la 19. Armee ne pourra tenir Colmar plus de trois semaines, soit jusqu’au déclenchement de l’Offensive des Ardennes. En revanche, si la tête de pont tient plus de temps, les forces allemandes encore en Alsace peuvent créer un large abcès dans les deux flancs du VIth Group.

2 – Ambitions et désaccords américains

On débat aussi du côté allié. Encouragé par les succès de sa VIIth Armee, Alexander M. Patch envisage une traversée en force du Rhin. En dépit d’alertes comme l’attaque de la Panzer-Lehr sur le flanc gauche du XVth Corps, l’idée recueille l’avis favorable de l’état-major de Devers comme celui de Haislip. Une opération est alors montée en vitesse pour franchir le fleuve dans le secteur de Rastatt au nord de Strasbourg. Au lieu de frapper au sud, Jacob L. Devers préfère attaquer par le nord-est de l’Alsace contre toute attente de l’ennemi. Le 24 novembre, le lendemain de la prise de Strasbourg, des véhicules amphibies DUKW roulent par compagnies vers le Rhin depuis leurs dépôts. Mais aucune date précise n’a encore été donnée pour la nouvelle offensive mais Patch et Devers prévoient de traverser le Rhin entre le 10 et le 20 décembre. Le 24 novembre, alors que les états-majors allemands optent la défense de Colmar, Dwight D. Eisenhower et Omar N. Bradley (commandants repectifs du SHAEF* du 12th Allied Army Group) effectuent une visite du flanc sud du front allié. Après s’être rendus au QG de Patton à Nancy où ils peuvent se rendre compte des difficultés de la IIIrd Army à progresser vers la Sarre, juste au nord du flanc gauche de la VIIth Army. Tout en pestant contre le temps exécrable et le manque de routes convenables, Patton demande que le XVth Corps de Haislip repasse sous son contrôle. Mais Bradley se montre alors inquiet quant à une poussée dans le Bassin de la Sarre mais considère qu’un transfert de forces sera une perte de temps. Au lieu de favoriser Patton pour que celui-ci puisse concentrer ses forces pour une puissante attaque sur plusieurs objectifs limités, Bradley préfère assigner l’aile sud de Patton à Patch. Même si Eisenhower ne veut pas se prononcer, il semble qu’il aurait été plus favorable à soutenir  Patton.

Eisenhower et Bradley se rendent ensuite à Lunéville, avant de se rendre au QG du XVth Corps à Sarrebourg pour s’y entretenir avec Devers, Patch et Haislip. D’habitude énergique et décidé, Wade H. Haislip se montre préoccupé en raison de l’attaque de son flanc gauche par la Panzer-Lehr depuis la Sarre. Il veut sans doute expliquer que la sécurisation du secteur de Sarreguemines est nécessaire si l’on veut attaquer derrière le Rhin. « Ike » et Bradley partent ensuite pour Saint-Dié où Edward H. Brooks, faisant d’habitude preuve de sérieux, se montre assez détendu, puisque son VIth Corps s’apprête à percer le front des Vosges, s’apprêtant à opérer sa phase de poursuite. Il n’empêche qu’Eisenhower et Bradley constatent que les différents états-majors planifient la traversée du Rhin en vue d’y établir par moins de seize têtes de pont, avant de s’enfoncer vers l’Allemagne. Patton n’est pas de cet avis et milite pour que Patch réoriente son armée vers le nord pour crever le front de la 1. Armee allemande de von Herbstfelder. Patton va même jusqu’à envoyer un ordre au PC de Haislip pour qu’il cesse ses préparatifs de traversée du Rhin pour se porter au nord en longeant les Basses-Vosges, afin d’apporter un soutien rapproché à l’aile droite de la IIIrd Army. Mais Jacob L. Devers est bien déterminé à traverser le Rhin. Retournant au PC du 6th Army Group, alors installé à l’Hôtel « Héritage » de Vittel, il assiste à un dîner avec les trois principaux commandants des forces terrestres américaines en France. Il s’ensuit alors une âpre discussion entre lui, Eisenhower et Bradley. Le patron du SHAEF insiste alors pour Devers cesse les préparatifs de traversée du Rhin afin d’aider Patton du mieux possible. Ike va même plus loin en proposant de transférer 2 divisions du 6th Army Group au 12th  de Bradley et d’étendre la dispositif du XVth Corps vers le nord-ouest. Devers réplique violemment en expliquant que la VIIth Army de Patch doit être renforcée et non celle de Patton, afin dit-il, de traverser le Rhin à hauteur de Rastatt pour ensuite envelopper le Bassin de la Sarre. Bradley s’y montre fermement opposé car tenter de forcer le Rhin sur les positions fortifies du Westwall aboutira à un échec, marqué par un coût humain particulièrement élevé. Exaspéré, Devers réplique que les Allemands ont alors peu de troupes en face de la VIIth Army, les patrouilles de Patch qui ont sondé la rive droite du Rhin ayant relevé que les positions défensives sont inoccupées. Eisenhower se trouve alors coincé. Il ordonne alors à Devers d’utiliser les forces nécessaires pour nettoyer la zone entre les Vosges et le Rhin mais de redéployer la VIIth Army au nord dès que possible, pour attaquer à l’est et à l’ouest des Basses-Vosges. Mais il n’y aura pas de traversée du Rhin à la fin de l’année 1944. Eisenhower réussit à trouver un compromis : il promet à Devers de permettre au 6th Army Group de conserver ses 2 divisions et de recevoir même 1 nouvelle division blindée, si Devers accepte de maintenir ses forces sur la rive gauche du Rhin. Mais au final, Devers n’a pas n’a pas le choix et doit renoncer à traverser le Rhin. En contrepartie, il réussit à ce que seul le XVth Corps de Haislip et ses trois divisions soient redéployés au nord. Mais suite à l’entretien houleux, aucun des trois généraux n’est satisfait. Eisenhower a qualifié l’entretien de « fou comme l’enfer », au regard des critiques émises par Devers sur sa stratégie, alors que le patron du 6th Cops alla jusqu’à se demander s’il « était dans le même camp ». Bien évidemment, la tension entre Eisenhower et Devers n’est plus retombée depuis ce jour.

Le 26 novembre, Eisenhower et Bradley concluent leur à Vittel, alors que Patch commence à appliquer les nouvelles instructions à son armée. Dès que possible, le XVth Corps doit avancer vers le nord à l’est des Bases-Vosges (sur sa droite) et à la limité des 6th et 12th Army Groups. Au final, la VIIth Army a pour mission de nettoyer la zone entre les Basses-Vosges et le Rhin. Patch et Devers souhaitent alors tourner la VIIth Army au nord aussi rapidement que possible, avant que les Allemands n’acheminent des renforts dans ce secteur. Par conséquent, les nouvelles limites du dispositif du 6th Army Group couvrent la Sarre au nord, entre Fénétrange et Ramstein, avant d’obliquer vers Haguenau et Strasbourg. Enfin, au sud la Ire Armée française couvre en partie la Haute-Alsace excepté bien sûr, la Poche de Colmar. Mais cette disposition a le vice de ne satisfaire ni Patton, ni Devers. Quelque fut la nouvelle disposition des lignes de Devers, la décision d’Eisenhower de ne pas franchir le Rhin allait avoir un effet sur la suite des opérations sur le Front Ouest. Il n’empêche que Devers, Patch et Haislip sont encore certains que le XVth Corps peut s’emparer d’une tête de pont à Rastatt ; tête de pont qui pourrait être exploitée avec une certaine facilité dès que le VIth Corps de Brooks sera disponible. Devers estime que la décision de son supérieur est une erreur, allant même à penser qu’Ike est davantage préoccupé par les gains territoriaux que par la destruction de l’ennemi. Selon lui, la IIIrd Army de Patton doit être rattaché au 6th Army Group, afin de mieux coordonner les opérations en Sarre et sur le Rhin. A tort, Devers estime aussi que la Ire Armée française viendra rapidement à bout de la 19. Armee dans la Poche de Colmar. Mais, toujours pour reprendre les mots de Clarke, rien ne transparaît au sein des états-majors américains de la détermination du Führer à tenir l’Alsace, quel qu’en soit le prix.

De son côté, il apparaît qu’Eisenhower veut d’abord privilégier le NETTOYAGE DEFINITIF DE TOUTE LA RIVE DROITE DU RHIN de la Hollande à la Suisse, au lieu de capitaliser sur la prise de Strasbourg, arrivée bien plus tôt que prévu dans le calendrier. En outre, reléguant de Lattre et ses hommes à une tâche presque subalterne, Ike ne voit non plus aucun intérêt à accorder une réelle signification à la trouée de Belfort, quoi qu’en disent Devers ou le nouveau Gouvernement français. Autre raison, Ike estime qu’avec seulement 2 armées – dont une toujours occupée à nettoyer le massif vosgien – le 6th Army Group n’est peut-être pas en mesure de lancer une large opération de franchissement du Rhin. Le lancement de cette opération – si bien eût-t-elle lieu – aurait nécessité de basculer l’effort principal de l’avance vers l’Allemagne, du 21st Army Group de Montgomery tout au nord au 6th Army Group tout au sud, ce qui aurait posé nombre de problèmes en matière de transferts de troupes et de logistique. Mais il ne faut pas oublier que Patton était d’accord pour que Patch lance une partie de sa VIIth Army sur la rive est du Rhin, du moment que son aile droite (XIIth Corps) soit couverte pour attaquer Bassin de la Sarre. Mais il semble bien qu’Eisenhower ait oublié cet avis.
Mais trente ans après les faits, le Lieutenant.General Garrison H. Davidson, commandant du Génie de la VIIth Army en 1944 (et donc en charge de la préparation de la traversée du Rhin), estimait qu’Ike avait clairement manqué d’audace. Ne reniant aucunement l’optimisme qui pouvait régner dans l’état-major de Patch, Davidson estimait qu’une traversée rapide du Rhin à Rastatt, puis une poussée vers Francfort et Mayence, auraient forcé les Allemands à annuler l’offensive dans les Ardennes. En effet, puisque Hitler aurait été contraint d’expédier des réserves en urgence en Sarre et dans le Palatinat pour contrer la menace directe sur le sol allemand. Davidson va donc jusqu’à dire que 40 000 soldats américains n’auraient pas été perdus en Belgique. Il n’empêche que pour Patch et son état-major, l’ordre abrupt d’Eisenhower de s’arrêter sur la rive droite du Rhin a provoqué une grande déception.

Sur le terrain, la VIIth Army du Général Patch perd trois divisions expérimentées, du moins temporairement : la 2e DB de Leclerc et la 36th US Divisions de Dahlquist, intégrées à la Ire Armée du Général de Lattre pour nettoyer la Poche de Colmar, ainsi que la 3rd US Division d’O’Daniel qui couvre la jointure des deux armées du 6th Corps à hauteur de Strasbourg. Mais Devers apprend qu’il doit céder 2 Divisions françaises (1re DFL de Garbay et la nouvelle 10e DI de Billotte) qui seront envoyées sur les Poches de l’Atlantique. Mais cette perte est vite comblée par l’arrivée quasi-simultanée début décembre des 12th et 14th Armored Divisions, encore inexpérimentées mais à effectifs pleins.

3 – Les ordres de bataille

a – Le XVth Corps

Patch voit donc ses unités disposées en équerre entre la ligne Fenetrange – Ramstein au nord-ouest et la limite Gerardmer –  Selestat –  Erstein, tenue conjointement avec la Ire Armée française. Le VIth Corps de Brooks se trouve toujours au débouché des cols vosgiens en amont de la Plaine d’Alsace, exceptés des éléments de la 3rd « Rock of the Marne » qui ont déposé Sainte-Croix-aux-Mines. Les deux autres divisions – les 100th et 103rd – sont toujours aux prises avec quelques faibles unités défensives allemandes. Au moins, le VIth Corps pourra-t-il assez vite marcher vers Sarrebourg, Strasbourg et la frontière franco-allemande. L’effort principal au nord doit être opéré par le XVth Corps de Haislip et la limite entre les deux Corps d’Armée est fixée entre Wasselone et La Wantzenau, moins de 5 km à l’est de Strasbourg. Le 27 novembre, Alexander M. Patch informe Leclerc qu’il a l’intention de transférer la 2e DB au VIth Corps en échange de la 100th Infantry Division qui revient à Haislip.

Wade H. Haislip compte alors 4 divisions d’infanterie, soutenues par 4 Bataillons de chars et 4 de Tank Destroyers. Les 44th, 45th, 79th et 100th qui sont donc charges de l’assaut principal à l’ouest des Basses-Vosges et dans la Vallée de la Sarre. Le flanc gauche tenu par la 44th Infantry Division de Robert L. Spragins (moins son 324th Infantry), avec le renfort du 157th Infantry Regiment de la 45th Division (Colonel Walter P. O’Brien) et du 106th Cavalry Group. A l’est des Vosges, le secteur au nord de Saverne est tenu par le 324th Infantry Regiment (Colonel Kenneth S. Anderson), qui flanque sur sa droite les 16 000 hommes de la 2e DB qui tiennent la ligne jusqu’à Strasbourg. Le flanc droit du Général Leclerc est alors tenu par le 180th Infantry (Colonel Robert L. Dunaley) de la 45th Division. L’aile droite est tenue par les soldats aguerris de la 79th « Cross of Lorraine » d’Ira T. Wyche. Le 27 novembre, Haislip dégage le 179th Infantry (Colonel Preston J.C. Murphy),  troisième régiment de la 45th « Thunderbird », de sa mission de garde à Wasselone et l’envoie sur le flanc droit du 180th. La 100th Infantry Division de Wither A. Burress, détachée du VIth Corps, vient enfin s’intercaler entre les 44th  et 45th Divisions au nord de Saverne. En outre, la 14th Armored Division du Brigadier.General Albert C. Smitch commence à arriver par échelon. Toutefois, toute la réorientation du XVth Corps nécessite plusieurs jours, puisqu’il faut aussi transférer chaque unité d’état-major, de logistique, d’artillerie et de soutien sur ses nouvelles positions.
En face des forces de Haislip, quelques éléments des 361. VGD et Panzer-Lehr Division tiennent la ligne Wolfskirchen – Eywiller – Durstel, pendant que la 25. Panzergrenadier-Division tient toujours Sarre-Union. Mais Balck et von Knobelsdorff espèrent établir une série de positions pour leur flanc est depuis Sarre-Union à travers les Basses-Vosges et le long de la Moder entre Haguenau et le Rhin. Du coup, la 25. PzGren.Div de Schürmann devra se placer entre Sarre-Union et Frohmuhl (sur la N 419) pour couvrir les Basses-Vosges. La faible 361. VGD est redéployée plus à l’est, sur la Moder entre Frohmuhl et Ingwiller, après avoir « aspiré » quelques éléments de la 553. VGD. A l’est des Vosges, la 245. VGD, rameutée d’urgence de Hollande tient s’ancre elle aussi sur la Moder entre Ingwiller et Gambsheim, via Haguenau et Gries. Ses divisions sont alors « coiffées » par le LXXXIX. Armee-Korps de Gustav Höhne, qui a perdu presque tout son équipement lourd dans le secteur de Saverne. Certaine divisions ne sont pas mieux loties. Au sein de la 361. VGD  notamment, un bataillon (Abteilung) ne compte plus que 150 hommes et un régiment, 300. Le 256. VGD possède 6 bataillons réduits à la moitié de leurs forces.
b – Le VIth Corps

Le 26 novembre, la 2e DB reçoit l’ordre de passer aux ordres du VIth Corps de Brooks. Leclerc envoie alors les Groupements Tactiques L (de Langlade) et V (de Guillebon) dans le nouveau secteur d’action de l’unité de Brooks. Du coup, la 3rd Division doit venir relever les Français dans le secteur de Strasbourg. Brooks souhaite ensuite que les Français se portent au sud vers Erstein, Sélestat et Colmar afin de compléter l’avancée des troupes avançant depuis les cols Vosgiens. Le 26 même, trois jours après avoir libéré Strasbourg et le jour où une prise d’armes a lieu sur la place de la Cathédrale, le GT V s’empare de deux ponts sur l’Ill au sud de la capitale alsacienne. Pendant ce temps, le GT D (Dio) se prépare à descendre vers le sud, pendant que le GT R (Rémy) continue ses missions de patrouille sur le Canal ouest et la Bruche, afin de maintenir le contact avec la 3rd Division US à Molhseim. Les « Dogface soldiers » d’O’Daniel arrivant en tête, entrent dans Molsheim le 26 même et poussent leur effort plus au nord dans le vignoble, ne rencontrant qu’une faible résistance. Le reste de la division finit par déboucher dans la Plaine, pendant que les éléments avancés entrent dans Strasbourg pendant la soirée du 26. La relève peut alors commencer avec Leclerc. Brooks ordonne ensuite au Combat Command A de la 14th Armored Infantry (Brigadier.General Charles H. Karlstad) d’avancer sur Molsheim, pendant que la 103rd Infantry Divisio finit par atteindre Ville le 26, à une douzaine de kilomètres de Molsheim. Les objectifs immédiats de la « Cactus Division » sont alors Le Hohwald et Barr, deux secteurs défensifs ennemis au nord de Colmar. Plus au sud, le 142nd Infantry Regiment (George E. Lynch), élément de tête de 36th Infantry Division, atteint Saint-Croix et débouche sur la Plaine d’Alsace.

Face à la pression américaine, le LXIV. Armee-Korps de Helmuth Thumm est incapable d’offrir une résistance organisée entre Sélestat et Barr. Ses 708. Et 716. ID n’ont pas grand chose à oppose aux Américains. Du coup, une unite montée de toute pieces, la Division Bürcki, (amalgamant des SS, des hommes du SD*, des convalescents sortis de l’hôpital, quelques hommes du génie et 1 bataillon de canons de 88 mm) accourre pour former un écran protecteur dans le secteur d’Ernstein. Le Sturmgeschützt-Abteilung 280 (Hauptmann Fritz Sebald) arrive pour donner une certaine cohérence à la défense au nord de Colmar.
Au sud-ouest du LXIV. Armee-Korps, le nouveau XC. Armee-Korps de Petersen (nouveau nom donné au IV. Luftwaffe-Feld-Korps) continue de tenir les Hautes-Vosges et de défendre l’approche de Colmar face à l’approche de la 36th US Division et de la 3e DIA. Il dispose alors de la faible 16. VGD mais aussi de la 269. VGD (Hans Wagner), la seule unité ayant alors des effectifs convenables. Toutefois, les deux divisions occupent un excellent terrain défensif. Tout au sud, le LXIII. Armee-Korps du General der Infanterie Friedrich-August Schack fait face au gros de la Ire Armée Française au sud de la Poche de Colmar. Il dispose alors des 338. et 198. ID affaiblies, ainsi que des Russes et Ukrainiens de la 30. SS-Waffen-Grenadier-Division Weiss-Russischen Nr. 1, dont nombre de soldats font montre d’une combativité plus que douteuse.

Le 27 novembre, les forces de Jean de Lattre de Tassigny achève l’enveloppement de Burnhaupt, forçant Wiese à transférer les restes de la 198. ID dans le secteur de Sélestat, important croisement routier et ferroviaire dans la Plaine d’Alsace, au sud de Barr et au nord de Colmar. Au vu de la situation, Patch donne ordre au 103rd  et 36th US Division de déboucher définitivement des Vosges avec l’aide du CC A de la 14th Armored, afin de sécuriser Barr et Sélestat. Mais Patch prévoit d’envoyer le VIth Army Corps vers le nord, en laissant la 2e DB dans le secteur de Colmar. Patch espère que la Division du Général Leclerc, appuyée par des Régiments américains, pourrait facilement venir à bout des forces allemandes entre Sélestat et Barr, avant de rejoindre la Ire Armée. Dans l’ensemble, il est clair que Patch veut se consacrer au soutien de Patton et laisser la Poche de Colmar aux Français.

Leclerc est lui-même enthousiaste ; sa division conserve encore des effectifs presque pleins (certaines unités ayant été complétées partiellement par l’engagement de quelques Lorrains et d’Alsaciens) et ses soldats sont toujours mordants. Leclerc espère que la conjonction de sa division avec les unités de la Ire Armée permettra de s’emparer de Colmar assez vite. Sur le tableau, avec 3 Divisions d’Infanterie, 3 Blindées (en comptant la 2e DB), les Commandos et Chocs, les Parachutistes du 1er RCP et les unités FFI, les Français sont en écrasante majorité mais de Lattre est préoccupé par l’étirement de ses lignes logistiques. Et n’oublions pas que le patron de la Ire Armée, comme Béthouart ont été échaudés par la contre-attaque surprise allemande entre Cernay et Mulhouse. En outre, le IInd Corps de Montsabert est épuisé par ses combats dans les Vosges.

De son côté, Edward H. Brooks ordonne au CC A de se scinder en colonne pour couper la N 83 au sud d’Erstein, derrière les lignes allemandes. Mais la prise de cette localité par la 2e DB le 27 novembre sécurise l’avance du CC A vers Sélestat. Les hommes du Brigadier.General Karlstad se regroupent alors dans les environs de Benfeld, à 4 km au sud d’Erstein. Pendant ce temps, les 103rd et 36th US Divisions continuent leur poussée vers la Plaine d’Alsace pour sécuriser les zones reconquises à mesure que la 2e DB poursuit vers le sud. Puis, Dahlquist déploie un Regimental Combat Team pour soutenir Leclerc, avant de préparer le reste de sa division à partir vers le nord, conformément aux ordres de Patch.

[Suite]

*SD : Sicherheits-Dienst, ou l’organe de sécurité intérieure du Reich.

22 décembre 2014
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Histoire & Culture

Tocqueville sur le despotisme démocratique…

by adminfhesp 29 novembre 2014

Né le 29 juillet 1805, à Paris,  Alexis-Henri-Charles Clérel, vicomte de Tocqueville, s’impose comme l’un des penseurs les plus influents du XIXème siècle. Ardent défenseur des libertés individuelles et de l’égalité politique, Tocqueville nous laisse entre autres, de précieuses analyses concernant la démocratie et ses dérives potentielles… A bon entendeur salut !

« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres. […]

Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire , qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? »

Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, 1835-1840

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_de_Tocqueville

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Aymeric Chauprade :

Aymeric Chauprade : « La France est à la croisée des chemins »

Voici la conclusion d’une tribune récente signée Aymeric Chauprade, éminent spécialiste de géopolitique et député européen, revenant sur le rôle de la France dans le monde d’aujourd’hui. « La France est à la croisée des chemins. Elle doit à la fois redevenir un acteur de l’équilibre multipolaire en s’émancipant des États-Unis,…

19 août 2014

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Du rap à Verdun ou la sinistre farce mémorielle

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« Pour celui qui en revient, Verdun c’était bien. Pour celui qui en est mort, Verdun c’est un port. […] Un champ perdu dans le Nord-Est, Entre Épinal et Bucarest, […] C’est une sortie dans le Nord-est, Sur l’autoroute de Reims à Metz » Voici ce que chantait joliment Michel Sardou sur…

12 mai 2016

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Jeanne d'Arc vue par Benoit XVI

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Alors que l’on commémore le sixième centenaire de la naissance de la pucelle d’Orléans, voici le portrait qu’en fit Benoit XVI au cours de l’audience générale du 26 janvier 2011, à Rome. Un point de vue intéressant, et même nécessaire, pour mieux comprendre ce personnage qui a tant marqué l’histoire…

29 mars 2012

Dans « Non classé »

29 novembre 2014
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Histoire & Culture

20 août 1648 : Guerre de Trente Ans, victoire du Grand Condé à Lens

by adminfhesp 21 novembre 2014

Victoire française de Louis de Bourbon-Condé Duc d’Enghien sur les Impériaux et Espagnols de l’Archiduc Leopold-Guillaume et Jean de Beck.

Lens a d’abord été prise en 1647 par le Maréchal Jean de Gassion, l’autre grand artisan de la victoire de Rocroi, qui y fut gravement blessé avant d’expirer à Arras. Ensuite, Mazarin qui assure la Régence ordonne au Marquis de Villequier, puis à l’Ingénieur Langre de détruire les fortifications de la cité.
Seulement, à l’été 1648, Jean de Beck revient vers Lens à la tête d’une armée. Informé, Mazarin réagit et octroie le commandement de l’Armée des Flandres au Prince de Condé.

Les Français sont en infériorité numérique (16 000) mais ont pour eux une bonne cohésion, un bon commandement et une très bonne cavalerie. En face, Beck s’appuie sur ses 20 000 Espagnols, Wallons et Allemands formés en Tercios, même si ceux-ci ont amorcé leur déclin à Rocroi cinq ans auparavant.

Le Prince de Condé et Duc d’Enghien rassemble ses troupes près d’Abbeville où il a pris ses quartiers d’hiver pour déboucher dans les Flandres et assiéger Ypres, tout en laissant tomber Tournai. Puis, le 18 août, il arrive devant Lens déjà prise par le Prince Léopold. Le jeune vainqueur de Rocroi prend le commandement de l’aile droite, laissant l’aile gauche au Maréchal Antoine III de Gramont, pendant que l’artillerie reste placée sous le commandement du Comte de Cossé.

Aux dires du Marquis de Quincy dans L’Histoire militaire de Louis le Grand, Roy de France, Condé donne les instructions suivantes à ses soldats : « la première ; regarder leur droite et leur gauche en marchant afin que l’infanterie et la cavalerie fussent sur la même ligne et puissent bien observer les distances et les intervalles ; la seconde de n’aller à la charge qu’au pas et la troisième de laisser les ennemis tirer les premiers. »
Toujours selon Quincy, l’idée est excellente mais Condé commet une erreur d’appréciation sur la disposition de Beck. En effet, celui-ci a disposé son aile droite dans les taillis et les chemins creux pendant que son aile gauche occupe le plateau au-dessus de Lens. Prudemment, le Prince de Condé n’engage pas le combat et se contente d’échanger des tirs d’artillerie avec Beck.

Le 20 août, le jeune Prince français harangue ses troupes en ces termes : « Amis, vous souvenez-vous de Rocroi, de Fribourg, de Nordlingen ? Il nous faut vaincre ou mourir. Vous marcherez sur une seule ligne. Vous conserverez quoi qu’il en coûte votre ordre de bataille. Vous essuierez sans tirer le premier feu de l’ennemi. Ensuite seulement vous pourrez tirer. » Puis, il lance ses forces dans la bataille au cri de « Vive le Roi ! »

S’ensuit alors une furieuse bataille qui dure toute la journée. La grande réussite du Prince de Condé est d’avoir bien utilisé ses Cavaliers pour mettre à mal celle de Jean de Beck afin de priver les Tercios de toute protection comme à Rocroi.

Mais laissons donc Quincy conclure : «  Jamais on ne vit une victoire plus complète. Le général Beck y fut blessé à mort et fait prisonnier (par le Marquis de Coligny-Saligny – NDLR). Le prince de Ligne, général de la cavalerie espagnole, eut la même destinée, aussi bien que presque tous les principaux officiers allemands et tous les officiers, tant espagnols qu’italiens. Ils laissèrent sur le champ de bataille, trente-huit pièces de canon et huit mille hommes. On leur prit un grand nombre de canons et d’étendards et tout leur bagage. Le nombre de prisonniers s’élevait à cinq mille ». Parmi les cinq mille se trouvaient dit La Gazette n°137, datée de 1648 « près de 300 Espagnols naturels, 700 à 800 officiers, sans compter 600 blessés sont demeurés à Arras pour s’y faire panser et quelques-uns ont même fini dans notre  armée. »Et le 26 août, Anne d’Autriche et Louis XIV font chanter un Te Deum à Notre-Dame de Paris en l’honneur de cette victoire.Source :
– JANICKI J : La puissance espagnole est anéantie en 1648 à la Bataille de Lens, in L’Avenir de l’Artois, édition internet, 2009

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Louis II de Bourbon, le « Grand Condé »

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3 août 2015

Dans « Non classé »

21 novembre 2014
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Histoire & Culture

21 mars 1918 : Offensive de Ludendorf, Opération « Michael »

by adminfhesp 10 novembre 2014

Grâce à la signature du Traité de Brest-Litovsk avec la Russie des Soviets, l’Armée du Kaiser Guillaume II tenant le Front de l’Ouest put compter sur l’apport colossal de 1 million de soldats. Le Grand État-major dirigé alors par les Dioscures Paul von Hindenburg et Erich Ludendorf put alors envisager de lancer une grande offensive – ou plutôt une série d’ offensives – sur le front Français.

– Fidèle à la stratégie de la bataille décisive initiée par Helmut von Moltke dit l’Ancien en 1870, Ludendorf ne veut lancer l’offensive qu’après avoir réuni le maximum de moyens humains et matériels nécessaires.

– Ainsi, 38 nouvelles divisions arrivent sur le Front de l’Ouest entre le littoral des Flandres et le cours de la Marne.
La première phase du plan général de Ludendorf est stratégiquement simple : reprendre la guerre de mouvement et enfoncer à l’aide de 1 300 000 hommes, les lignes françaises et britanniques entre les cours supérieurs de la Scarpe et de l’Oise pour prendre Amiens, important nœud de communication allié, dans l’espoir d’atteindre les côtés de la Manche pour couper les lignes alliées en deux. Les phases suivantes visent à forcer les cours de la Lys (Flandres, secteur d’Ypres) et de la Marne (Champagne).

– Mais c’est sur le plan technique, sinon tactique, que le plan de Ludendorf s’avère plus novateur. Il réside notamment dans l’utilisation des Stosstruppen (ou Sturmtruppen), des unités d’infanterie spécialisées dans l’infiltration en profondeur lignes adverses grâce à de nouvelles techniques de combat : utilisation de lance-flammes et d’armes collectives (mortiers, fusils-mitrailleurs, Minnenwerfer…). L’emploi de telles unités datent du début de la guerre mais il a été perfectionné par le général Oskar von Hutier contre les Russes à Riga en 1917. En outre, une impressionnante artillerie est mise en lice, ainsi que des avions des jeunes (Luftstreitkräfte), qui ne sont pas encore pleinement différenciées de l’Armée de Terre. En revanche, contrairement à ses adversaires, Ludendorf a négligé le rôles des chars. Il en dispose de très peu (tandis que la France en a déjà produit plus de 3 000 et que la Grande-Bretagne en dispose elle aussi d’un bon nombre), soit 20 Sturmpanzerwagen A7V, un engin pataud et lent, ne roulant qu’à 16 km/h sur route et 4-8 en tout terrain (contre

Erich Ludendorff

Erich Ludendorff

– Pour l’Opération Michael, Ludendorf met en lices les III., XVII. et XVIII. Armeen commandées respectivement par Georg von der Marwitz, Otto von Below et von Hutier. Elles comptent 37 Divisions qui sont de la première vague d’assaut, ainsi que 27 Divisions de Réserve.

– En face, les commandements britanniques et français s’attendent à l’imminence d’une offensive allemande. La IIIrd Army du General Julian Byng (6 Divisions) se tient en alerte entre Croisilles et La Vacquerie (QG à Albert), pendant que la Vth Army de Hubert Gough (QG à Nesle) tient la ligne entre La Vacquerie et La Fère (vallée de l’Oise) avec 10 divisions. Gough croit être à l’abri derrière les marais de l’Oise mais ceux-ci ont été asséchés.

– Ainsi, le 21 mars Ludendorf déclenche l’Opération Michael du nom du Saint Patron de l’Armée du Kaiser. Des tonnes d’obus explosifs et toxiques s’abattent sur les positions britanniques en Picardie. Puis, les Stosstruppen des III, XVII et XVIII. Armeen s’élancent contre les tranchées adverses. Les états-majors alliés – qui n’ont toujours pas formé de commandement unique – ne s’attendent absolument pas à une offensive d’une telle ampleur. Il faudra que des bataillons et des régiments improvisent des défenses pour retarder l’Armée allemande. Du côté de la IIIrd Army de Byng, les divisions tiennent bon et reculent pied-à-pied. En revanche, les 10 divisions de Gough voient fondre sur elles la masse des XVII et XVIII Armeen. Les Britanniques connaissent de lourdes de pertes. Tout en devant reculer ses forces vers Amiens, Gough fait ce qu’il peut pour maintenir la liaison entre Byng sur son aile nord et surtout, avec la VIe Armée française sur son aile gauche.

GasMask7– Au Grand Quartier Général français, la situation n’a pas échappé à l’œil de Pétain qui décide immédiatement de rassembler des forces pour maintenir la charnière entre Français et Britanniques soudées. Ainsi, il ordonne au Général Émile Fayolle de se tenir prêt à rassembler ses forces du Groupement d’Armées de Réserve (GAR) et au Général Georges Humbert de s’apprêter à faire manœuvrer sa IIIe Armée vers la Fère. Pendant ce temps, le Ve Corps du Général Pellé commence à embarquer ses hommes et ses canons sur camions. C’est la 125e Division d’Infanterie du Général Diebold qui arrive à Quierzy durant la journée. En même temps, Pétain ordonne au Général Eugène Debeney de faire embarquer toute sa Ire Armée, alors maintenue en réserve en Champagne en vue d’être transférée en Picardie.

– Enfin, comme le dit Jean Lopez, les Alliés ont un avantage sur Ludendorf ; la logistique. En effet, comprenant qu’il faut au mieux utiliser l’espace, le Grand Quartier Général Français a doté les Divisions et les Corps d’Armées d’unités de transport par camion, donnant ainsi à l’Armée une motorisation inégalée. En outre, des routes ont été aménagées par les territoriaux derrière les lignes du front pour permettre un meilleur acheminement.


Lire :

– KEEGAN John, La Première Guerre mondiale, Perrin, Paris
– LOPEZ Jean (Dir.) : Guerre et Histoire N°5, L’Armée française à son Zénith, 2012
– La bataille de l’Empereur. 21 – 31 mars 1918, http://www.chtimiste.com
– JÜNGER Ernst, Orage d’Acier

 

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Chroniques de la Grande Guerre : Plan Schlieffen contre Plan XVII

Chroniques de la Grande Guerre : Plan Schlieffen contre Plan XVII

A. LE MYTHE DE LA  « BATAILLE DÉCISIVE » Après la Guerre de 1870, Helmuth von Moltke l’Ancien estime que le prochain conflit armé en Europe ne se livrerait plus qu’entre les seules grandes puissances européennes. Mais il était convaincu qu’il serait plutôt une Volkskrieg, soit une « Guerre de Peuples ». Aussi fallait-il tout…

30 décembre 2013

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8 août : « Jour de deuil de l’Armée allemande »

8 août : « Jour de deuil de l’Armée allemande »

L’été 1918 est marqué d’un contexte particulièrement favorable pour les Alliés commandés par le Maréchal Foch. En effet, les différentes offensives de Ludendorf ont été enrayées entre la Lys (Flandres) et la Marne. Le 18 juillet, les Franco-Américains des VIe et Xe Armées commandées respectivement par Mangin et Degoutte repoussent…

8 août 2016

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Général Henri Gouraud, héros des Dardanelles et pacificateur de la Syrie

Général Henri Gouraud, héros des Dardanelles et pacificateur de la Syrie

Occulté par des figures comme Foch, Joffre, Pétain et même Mangin, Henri Gouraud n’en fut pas moins l’un des plus braves généraux français de la Grande Guerre. Sa belle carrière, commencée dans la Coloniale et marquée par une mutilation à vie, sera couronnée par le succès de l’administration de la…

16 septembre 2016

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10 novembre 2014
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Histoire & Culture

Mort de Louis XVI

by adminfhesp 9 novembre 2014

Louis XVI fut guillotiné le 21 janvier 1793, Place de la Révolution ( actuelle Place de la Concorde)

 Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute ; je pardonne aux auteurs de ma mort ; je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe pas sur la France. »

( Dernières paroles de Louis XVI, roi de France, au moment d’être exécuté)

L’endroit où fut inhumé Louis XVI, et plus tard Marie-Antoinette d’Autriche (16 octobre 1793) au cimetière de la Madeleine, est aujourd’hui le square Louis-XVI ( dans le 8ème arrondissement de Paris). A cet endroit s’élève la Chapelle expiatoire ( construite à l’emplacement de l’ancien cimetière). L’autel de la crypte y marque l’endroit exact où Louis XVI fut inhumé ( ses restes ne seront transférés à st Denis qu’en 1815). Des messes catholiques sont organisées chaque année, le 21 janvier, en commémoration de la mort du défunt roi, qui, pour certains catholiques, mériterait d’être béatifié.

Voici les mots de Pie VI ( 1717-1799), le pape de l’époque, à propos de exécution du roi:

« Ah, France ! Ah, France ! Toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la chrétienté et l’inébranlable appui de la foi, toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège Apostolique, ne marche pas à la suite des autres nations mais les précède toutes, que tu Nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion ! Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu’à présent ses persécuteurs les plus implacables ! Et cependant tu ne peux pas ignorer, quand même tu le voudrais, que la religion est la gardienne la plus sûre et le plus solide fondement des empires, puisqu’elle réprime également les abus d’autorité dans les puissances qui gouvernent, et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Et c’est pour cela que les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir et s’efforcent d’amener d’abord le renoncement à la foi catholique. Ah, encore une fois, France ! Tu demandais même auparavant un Roi catholique. Tu disais que les Lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fut pas catholique, et c’est précisément parce qu’il était catholique que tu viens de l’assassiner ! (…) Ô jour de triomphe pour Louis XVI à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de son supplice ! Nous avons la confiance qu’il a heureusement échangé une couronne royale toujours fragile et des lys qui se seraient flétris bientôt, contre cet autre diadème impérissable que les anges ont tissé de lys immortels ! ».

 

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21 janvier 1793 : Louis XVI guillotiné

21 janvier 1793 : Louis XVI guillotiné

Courageusement et après avoir été débarrassé de ses effets, le Roi de France monte  sur l’échafaud devant une foule hostile. Il pardonne à son peuple par ces mots : « Je meurs innocent des crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang…

21 janvier 2016

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La mort de Louis XVI ou

La mort de Louis XVI ou « la plus formidable opération d’amnésie collective de notre histoire »

Nous relayons un article paru récemment sur le site http://www.ndf.fr/, signé Gabriel Privat, jeune historien français. « Le 21 janvier 1793 au petit matin mourait le roi Louis XVI, guillotiné à Paris. Depuis, nous n’avons pas cessé de parler de cette mort. Pour Balzac, « le jour où on a coupé la tête…

22 janvier 2015

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Déclaration de Pie VI suite à l'éxécution de Louis XVI (17 juin)

Déclaration de Pie VI suite à l’éxécution de Louis XVI (17 juin)

Extraits de l’ allocution de Pie VI au consistoire secret du 17 juin 1793 sur l’assassinat de Louis XVI « Vénérables Frères, comment Notre voix n’est-elle point étouffée dans ce moment par Nos larmes et par Nos sanglots ? N’est-ce pas plutôt par Nos gémissements que par Nos paroles, qu’il convient…

23 juin 2014

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9 novembre 2014
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Histoire & Culture

L’espérance : « le secret du croyant », Abbé de Tanouarn

by adminfhesp 9 novembre 2014

Voici l’extrait d’une belle réflexion sur l’espérance publiée en avril 2010 sur http://ab2t.blogspot.fr/2010/04/lesperance-theologale-notre-desir.html
L’auteur insiste sur la dimension surnaturelle de la vertu d’espérance qui découle de la Foi. De cette espérance enracinée en « Celui qui peut tout » naît un véritable mode de vie et une « attente active » engageant de toute la personne…

L’espérance est notre indéracinable désir de Dieu, celui qui, en nous, jusqu’au bout, ne renoncera pas, celui qui n’accepte aucun démenti de l’existence : contra spem in spe, dit saint Paul : contre l’espérance dans l’espérance. Péguy l’a chantée de manière merveilleuse dans le Porche du mystère de la deuxième vertu. La petite fille espérance est… « une fille de la charité » (dixit Péguy) qu’aucune plaie ne dégoûte, qu’aucune misère ne rebute, qu’aucun désespoir ne lasse. En elle est le secret du croyant. C’est une vertu que saint Paul (sauf dans le fameux texte de I Cor. 13 que l’on nomme l’hymne à la charité) a tendance à mettre au dessus de tout. La charité, amour désintéressé, demande parfois un effort : « Aimez vos ennemis de charité » nous demande le Christ : pas si facile, n’en déplaise aux grenouilles de bénitier et autres batraciens à sang froid. Alors que l’espérance… L’espérance ne demande pas l’effort, elle l’exige, elle l’arrache, même au plus rétif.

Je ne dis pas que l’espérance est facile, encore moins qu’elle nous pousse à la facilité. Mais l’espérance nous commande tel ou tel geste, elle nous ordonne (dans les deux sens du terme : elle nous met en ordre de bataille et elle nous fait entendre un ordre clair et inconditionnel : celui de marcher toujours).

Quel est l’argument de l’espérance ? « le temps qui reste », selon le titre que Giorgio Agamben a repris à saint Paul. Nous avons peu de temps pour l’éternité. Autant y aller à fond ! Ne pas donner moitié.

 

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9 novembre 2014
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Histoire & Culture

Vins et crus du Rhône : le Condrieu

by adminfhesp 7 novembre 2014

Condrieu, petit port fluvial sur la rive droite du Rhône, se situe à une douzaine de kilomètres au sud de Vienne sur les contreforts du Massif Central. Cette commune possède des coteaux qui produisent le meilleur vin blanc de la Vallée du Rhône. Certains disent que le vin de Condrieu est tout simplement « le blanc de la Côte Rôtie ». Il n’empêche qu’il reste l’un des « Seigneurs » de la Vallée du Rhône.

– La particularité du Condrieu vient du fait qu’il est produit exclusivement à partir du cépage Viognier, ce qui lui procure une bouche délicate, onctueuse et élaborée. Les Condrieu sont à déguster au moment de leur maturité, soit au bout de cinq ans de garde.
Sa robe peut être jaune paille ou dorée, tout dépend de l’âge. Quand il est encore jeune, le nez du Condrieu fait exploser des parfums de fruits frais (abricot, pêche) et de fleurs (violette). Dans sa maturité, il laisse apparaître des arômes minéraux, grillés et miellés, et les fruits frais peuvent s’estomper pour laisser place aux fruits secs.

– En bouche, le Condrieu s’avère assez peu acide et plutôt original, suave, gras et rond. Il est à servir volontiers sur des cuisses de grenouille, du poisson de rivière, de la friture de goujon, des quenelles de brochet, des asperges en sauce mousseline et même… de la tarte aux abricots.

 

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Vins d'été - le Tavel

Vins d’été – le Tavel

Très connu des amateurs de rosés estivaux, le Tavel est toujours reconnaissable dans le commerce grâce à sa bouteille généralement plus élancée que celles des autres vins du Rhône comme au « T » gravé en écusson sur le verre. Mais saviez-vous que le Tavel reste le tout premier rosé…

22 juillet 2015

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Grands vins du Rhône - Côte Rôtie (3)

Grands vins du Rhône – Côte Rôtie (3)

Moins connu du grand public que son voisin méridional de Châteauneuf-du-Pape, le vignoble de la Côte-Rôtie (nord de la Vallée du Rhône, pays Viennois au sud de Lyon) est l’un des plus anciens que compte la France. On dit même que les Gaulois tiraient déjà le vin dans cette région.…

13 avril 2014

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Vins du Rhône - Crozes-Hermitage

Vins du Rhône – Crozes-Hermitage

Le vignoble de cette appellation reconnue en 1937, s’étend dans une plaine (1 411 ha) au sud des coteaux d’Hermitage. Les sols y sont variés ce qui donne une diversités aux vins. Enfin, le Croze-Hermitages est majoritairement produit en rouge, avec un peu de blanc. Issu exclusivement de la Syrah (sols calcaires,…

9 octobre 2013

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7 novembre 2014
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Histoire & Culture

La citation du jour…

by adminfhesp 4 novembre 2014

« Quiconque porte dans le cœur une cathédrale à bâtir est déjà vainqueur ».

Saint-Exupéry, Pilote de guerre (1942)

Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)

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Brève - 31 juillet : Disparition d'Antoine de Saint-Exupéry

Brève – 31 juillet : Disparition d’Antoine de Saint-Exupéry

L’auteur de Terre des hommes, Vol de nuit et du Petit Prince a été porté disparu aux commandes de son chasseur F-5 au large de la Corse lors d’une mission de reconnaissance.

31 juillet 2015

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Il était une fois le franc...

Il était une fois le franc…

Il y a vingt ans le Traité de Maastricht mettait fin aux monnaies nationales et ces visages familiers devaient progressivement disparaître de nos billets…. Debussy  (1862-1918)                                                     Saint-Exupéry (1900-1944) Pascal…

22 août 2012

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Saint-Exupéry  :

Saint-Exupéry : « Ma civilisation est héritière des valeurs chrétiennes »

Dans ce texte lumineux, extrait de son ouvrage Pilote de guerre (1942), le poète, écrivain, et aviateur « mort pour la France » revient sur le génie d’une société vivant sous le regard de Dieu, Être Absolu garantissant la véritable liberté et l’égalité de chaque individu ainsi que la cohésion de tout le corps…

29 juin 2015

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4 novembre 2014
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Histoire & Culture

6 septembre 1683 : Mort de Colbert

by adminfhesp 2 novembre 2014

Considéré comme l’archétype de grand commis scrupuleusement dévoué à l’État, l’homme qui mit fin à l’ascension de Nicolas Fouquet reste encore l’une des personnalités marquantes du Grand Siècle, puisqu’il resta plus de vingt-deux années au service du Roi Soleil.
J-B. Colbert
Né en 1619 dans une famille de la bourgeoisie drapière rémoise, fait d’abord ses études à l’Université de Paris en Droit.

Il démarre sa carrière chez un banquier de Lyon, puis comme clerc de notaire. A la fin de la Guerre de Trente Ans, on le retrouve comme Commissaire aux Armées. C’est là qu’il rencontre Michel le Tellier en 1645, le très bon Secrétaire d’État à la Guerre de la Régence. Le Tellier le présente alors au Cardinal Mazarin qui le prend à son service pour administrer sa fortune. Le Cardinal apprécie très vite les compétences gestionnaires et la loyauté de ce bourgeois de province.

Colbert, personnage froid (Madame de Sévigné le surnomme avec mépris « le Nord ») peu flamboyant préférant les registres de comptes aux productions artistiques se heurte très vite au Surintendant Nicolas Fouquet envers lequel il nourrit une féroce détestation. S’il a scrupuleusement fermé les yeux sur les détournements d’argent effectués par Mazarin, Colbert dénonce sans détour la mauvaise gestion des Finances du Royaume et les fraudes commises par Fouquet.
Après la mort de Mazarin, Colbert est nommé Intendant ce qui lui permet d’approcher Louis XIV et de gagner sa confiance. Confiance qui ne faillira jamais jusqu’à la mort de Colbert.

En 1661, malgré l’important réseau et les protections dont le très puissant Surintendant des Finances (voir l’article consacré à l’arrestation de N.Fouquet), Colbert manœuvre habilement et convainc Louis XIV de se débarrasser de Fouquet. Celui-ci est donc arrêté à Nantes le 5 septembre 1661 par d’Artagnan et enfermé à Angers. C’est Colbert qui organise lui-même le long procès marqué par des pressions sur les témoins et l’implacabilité de Pierre Séguier.

Après la destitution de Fouquet, Louis XIV nomme Colbert Contrôleur Général des Finances du Royaume (la charge de Surintendant étant supprimée), ce qui fait de l’ancien administrateur des Finances de Mazarin le second personnage de l’État. Signe de la confiance que lui accorde le Roi, les deux hommes s’entretiennent cinq fois par semaines pour discuter des affaires de l’État.

S’il n’a pas rang de Ministre, Colbert a cependant en charge l’administration risquée des Finances, du Commerce, la Marine, de la Surintendance des Bâtiments et des Arts et Manufactures.

La première mission de Colbert est d’assainir et de remettre de l’ordre dans les Finances. En dépit des limites causées par l’enchevêtrement des circonscriptions administratives et les coutumes de Province, Colbert s’évertue à rationaliser le système fiscal français avec la création de la Ferme Générale et tente de réformer la Taille. Seulement, ces initiatives échouent et après lors du déclenchement de la Guerre de Hollande en 1672, l’État est forcé de recourir aux emprunts, alors que Colbert s’était évertué à maintenir un budget équilibré sinon excédentaire.

Le Contrôleur Général des Finances comprend qu’il faut donner à la France une véritable industrie, encouragée est contrôlée par l’État. Sa politique mercantiliste (appelée plus tard colbertiste) se caractérise par la hausse des tarifs douaniers, la surveillance des Corporations (institutions quadricentenaires datant de Saint-Louis) et la fondation de Manufactures Royales. Les plus célèbres sont Sèvres (céramiques), Saint-Gobain (verrerie, fondée à l’aide d’artisans verriers vénitiens) et les Gobelins (Tapisseries, avec l’apport du savoir-faire d’artisans de Hollande).

Le troisième axe de sa politique est d’étendre l’influence commerciale de la France dans le monde. Reprenant la politique de Richelieu pour l’Amérique, Colbert encourage vivement l’implantation de colons en Nouvelle-France (Québec). En 1664, il fonde la Compagnie des Indes Orientales, dotée d’un capital de 8,8 millions de Livres. Si cette compagnie va rencontre un succès certain dans ses premières années, les Guerres de Hollandes viendront mettre à mal son fonctionnement.

En politique internationale, Colbert veut mettre fin à la puissance du commerce hollandais dans l’Atlantique et dans la Manche. Cela conduit donc Louis XIV à envahir la Hollande en 1672.

C’est enfin Colbert qui s’emploie à légiférer sur l’administration des colonies des Antilles et particulièrement sur le traitement des esclaves. Cela aboutira à la rédaction du Code Noir, institué après sa mort en 1685, par son fils Colbert de Seignelay.

Enfin, Jean-Baptiste Colbert contribue à l’embellissement de Paris avec l’aménagement de l’Église de Saint-Eustache à laquelle il est très attaché et fait bâtir le siège de l’Académie Royale créée par Richelieu. Soucieux tout comme Louis XIV de promouvoir la grandeur culturelle de la France, il fonde l’Académie des Sciences, l’Académie Royale de Musique, l’Académie des Belles Lettres, et l’Académie de Peinture et de Sculpture. Enfin, il dirige le financement des travaux du château de Versailles mais n’a de cesse d’avertir Louis XIV sur leur coût astronomique.

C’est justement peu de temps après que Louis XIV eut définitivement fait installer sa cour à Versailles que Colbert s’éteint le 6 septembre 1683. Claude Le Peletier de Morfontaine Seigneur d’Ablon, alors Prévôt de Paris, prend sa succession en tant que Contrôleur Général des Finances.

Jean-Baptiste Colbert repose toujours aujourd’hui en l’Église Saint-Eustache à Paris.

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30 octobre 1685 : Mort de Michel Le Tellier

30 octobre 1685 : Mort de Michel Le Tellier

Dans l’Oraison funèbre qu’il prononça aux obsèques de ce Secrétaire d’État à la Guerre, Bossuet dit de lui que « la sagesse, après l’avoir gouverné dès son enfance, l’ait porté aux plus grands honneurs et au comble des félicités humaines » . Ajoutant ensuite : «  Il a connu la sagesse que le monde…

30 octobre 2013

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25 mai 1510 : mort du Cardinal d'Amboise

25 mai 1510 : mort du Cardinal d’Amboise

Né en 1460 au château de Chaumont-sur-Loire au sein d’une vieille famille de la noblesse tourangelle, fils de Pierre d’Amboise et d’Anne de Bueil, le brillant Cardinal Georges d’Amboise a été considéré comme un véritable premier ministre durant le règne de Louis XII tel Richelieu (Lucien Bély). Ses frères feront…

25 mai 2013

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Abraham Duquesne Baron d'Indret

Abraham Duquesne Baron d’Indret

Gentilhomme calviniste engagé jeune dans la Marine Royale, Abraham Duquesne Marquis d’Indret, puis Marquis du Quesne, était l’un des plus grands capitaines navals du Grand Siècle. Né entre 1604 et 1610 à Dieppe au sein d’un famille d’armateurs huguenots d’Abraham Duquesne Père et de Marthe de Caux, le jeune Abraham…

2 février 2016

Dans « Grand Siècle »

2 novembre 2014
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 7/ L’échec britannique devant Caen

by adminfhesp 2 novembre 2014

Nous avons vu les difficultés qu’éprouvent les Britanniques et les Canadiens à s’emparer de Caen à la droite (ouest) et centre de leur dispositif. Voyons à présent les difficultés rencontrées sur leur flanc gauche (est).
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– Plusieurs raisons expliquent l’échec des Britanniques à s’emparer de Caen dès le soir du 6 juin. De l’aveu même du Major.General Thomas Rennie, sa 3rd Infantry Division avait fourni un travail important le Jour-J même. Ainsi, ses trois brigades avaient pour charge de réduire les positions allemandes à Sword Beach mais aussi de foncer sur Caen (185th Brigade). Mais les embouteillages provoqués sur la plage en raison du retard pris par les équipes du Génie et de la 79th Armoured Division à ouvrir des passages dans les champs de mines, ont retardé le déploiement de l’ensemble de la division. Pis encore, la contre-attaque, certes improvisée, menée par des éléments de la 21. PzD ont convaincu Crocker que les forces allemandes étaient plus importantes que prévu autour de Caen. Crocker a donc ordonné à Rennie d’arrêter la progression de sa division afin de regrouper ses forces pour lancer un assaut. Autre erreur, au lieu de lancer la 9th Infantry Brigade (Cunningham) plus au sud avec l’appui de l’East Reading Yeomanry, Crocker préfère la déplacer plus à l’est afin de venir en aide aux parachutistes de la 6th Airborne accrochée à la rive droite de l’Orne.

Insigne de la 3rd Infantry Division

Insigne de la 3rd Infantry Division

Major.General Thomas Gordon Rennie

Major.General Thomas Gordon Rennie

– Du côté allemand, alors que Feuchtinger arrive de Paris pour reprendre la tête de sa division, menés par von Berlichingen (chef d’état-major*) von Oppeln-Bronikowski et le Major Hans von Luck, patron du Panzer-Grenadier-Regiment 125, les éléménts de la 21. PzD s’établissent solidement à la périphérie de Caen et sur la rive gauche de l’Orne. Le II/PzGren-Regt. 192 de l’Hauptmann Werner Rätzer tient solidement Lébisey et Bieville dès le 6 juin face au  2nd Bn. King’s Own Shropshire Light Infantry (KSLI) du Lt.Col. Maurice (185thBrigade). Il faut ajouter à cela que la 8th Brigade n’est pas entièrement opérationnelle car elle a dû passer tout le reste de la journée du 6 à réduire la position « Hillman » pendant toute la journée du 6.

Major Hans von Luck

Major Hans von Luck

– Crocker et Rennie tentent de reprendre l’offensive vers Caen dès le 7 juin. Déjà, sur ordre de son supérieur, Rennie replace la 9th Brigade de Cunningham (2nd Lincoln, 1st King’s Own Scottish Borderers et 2nd Royal Ulster Rifles) sur son secteur d’origine à l’ouest de Bénouville. Ainsi, la 185thBrigade de Pearce Smith, avec le 2nd Bn. Royal Warwickshire (Lt.Col. H.O. Herdon), appuyé par le tir conjugué des pièces de 25 livres des 7th  et 33rd Field Regiments, ainsi que par les canons lourds du HMS « Warspite » tente de s’emparer de Lébisey, bien tennu par le Panzergrenadier-Regiment 125 d’Hans von Luck mais c’est un échec.

Insigne du Royal Ulster Rifles Regiment

Insigne du Royal Ulster Rifles Regiment

– Le 8 juin, appuyée par le 1st Bn. East Riding Yeomanry (27th Armoured Brigade) et les pièces légères du HMS « Danae », le 2nd Bn. Royal Ulster Rifles du Lt.Col. Ian Harris tente de s’emparer de Cambes afin d’accrocher les faubourgs de Caen. Mais face aux hommes du Panzergrenadier-Regiment 192 de l’Oberst Josef Rauch bien retranchés, les nord-irlandais doivent mener un dur combat avec des pertes. Ils parviennent à semparer du bourg mais ils en ont chassés par l’arrivée inopinée d’éléments de la 12. SS-PzD « Hitlerjugend ». Le 8, le 2nd Royal Ulster Rifles lance un nouvel assaut qui s’avère fructueux mais il a perdu en trois jours un peu moins de 200 hommes sur 850.

– Montgomery et Crocker tentent alors de prendre Caen par l’est, en s’assurant le contrôle du bourg de Cagny par une rocade d’environ 8 km. Cette mission est confiée à la 51st Highland Infantry Division du Major.General Bullen-Smith (unité favorite de Montgomery puisqu’elle mena l’un des principaux assauts d’el-Alamein), avec l’appui de la 4th Armoured Brigade. Entièrement mise à terre le 7, la 51st Highland vient relever les parachutistes de la 6th Airborne à l’est de l’Orne qui avaient perdu Bréville et avaient été malmenés par les éléments de la 21. PzD au sud de leur dispositif. Dès le 9, les Ecossais sont engagés pour refouler une contre-attaque de Panzergrenadiere et de chars du Kampgruppe « von Luck ». Le 11 juin, la 153rd Infantry Brigade (51st HD) lance son assaut contre Cagny avec l’appui de chars de la 4th Arm.Brig pour se faire impitoyablement bloquer par un tir nourri de mortiers et de mitrailleuses. Son 5th Bn. Black Watch, doit même céder des prisonniers aux Panzergrenadiere, perdant 200 hommes dans l’affaire. Et le reste de la 153rd Brigade ne fait pas mieux. La piteuse entrée en scène des Highlanders fait encore échouer plan de Montgomery.

– Pendant ce temps, le Major.General Richard Gale ordonne au 12th Parachute Battalion du Lt.Col. Anthony Johnson de reprendre Bréville très bien défendu. Appuyés par des blindés, les parachutistes britanniques réussissent à reprendre le bourg après un violent combat contre les Panzergrenadiere.

Lieutenant-General John Crocker, commandant du Ist British Corps

Lieutenant-General John Crocker, commandant du Ist British Corps

– Pour s’emparer de Caen, Montgomery échafaude un plan aussi audacieux que risqué ; tout simplement larguer dans les environs d’Evrecy, donc sur les arrières allemands, la 1st Airborne Division du Major.General Robert Urquhart restée en réserve en Grande-Bretagne. Mais au cours d’un entretien houleux au château de Creully entre Montgomery et Trafford Leigh-Mallory (commandant des forces aériennes expéditionnaires alliées), le général de la RAF fait catégoriquement comprendre à son collègue qu’il est absolument hors de question faire croiser des Dakotas et des planeurs juste au-dessus de la FlaK allemande. Montgomery doit alors s’incliner mais traite Leigh-Mallory de « dégonflé » aussitôt que ce dernier eut quitté les lieux, selon ce qu’a pu rapporter un témoin a posteriori.

– L’échec à prendre Caen par l’est conduit alors Montgomery à placer temporairement l’aile droite du Ist British Army Corps de Crocker dans un rôle de surveillance de l’Orne et des abords de Caen et à effectuer un redéploiement sur son flanc ouest dans le secteur du XXXth Corps de Bucknall et du VIIIth British Army Corps de Richard O’Connor qui vient d’être mis à terre.

[Suite]

* Descendant du reître du XVIe siècle qui donne aussi son nom à la 17. SS-Panzergrenadier-Division.

(1) : In, BEEVOR A.: D-Day, Calmann-Lévy

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Chroniques de la Bataille de Normandie – 16/ Libération de Caen (Opération « Charnwood »)

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Peu de temps après l’échec du premier assaut sur Carpiquet, le General Miles Dempsey et le Lieutenant-General Crocker décident de renouveler l’attaque anglo-canadienne sur un arc allant de l’aérodrome au nord-est de la préfecture du Calvados. Le nouveau plan baptisé « Charnwood » envisage alors d’entrer dans Caen par le nord, nettoyer…

9 juillet 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 12/ « Epsom » (troisième partie)

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– L’ASSAUT DU II.SS-PANZER-KORPS – Au plus fort de l’offensive britannique, Paul Hausser décide de lancer sa contre-attaque pour récupérer la moitié nord de la Cote 112 et réduire le saillant britannique. Hausser pense que le moment est venu pour que ses Hohenstaufen et Frundsberg entrent pleinement dans la danse,…

1 juillet 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 10/ Opération « Epsom » (Première partie)

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Faisons un bref retour en arrière. Le 11 juin 1944, la 3rd Canadian Division du Major-General Rodney E. Keller emporte de haute lutte le Le Mesnil-Patry, achevant ainsi la mission première à l’issue d’Overlord. Cependant, le commandement britanniques n’a pu prendre Caen dès le 6 juin, pour trois principales raisons :…

28 juin 2014

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2 novembre 2014
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Histoire & Culture

Frédéric Bastiat (1801-1850), icône de l’École Française d’économie

by adminfhesp 1 novembre 2014

On entend souvent dire que « le libéralisme est une perversion de la pensée humaine », anglo-saxon, inefficace, pervers, apatride, etc. (pour la liste complète des doux qualificatifs du libéralisme vous n’avez qu’à consulter un média ou un homme politique français). Notre modernité a la mémoire courte et si aucune de ces désignations n’est juste, on peut démontrer que le libéralisme possède d’indéniables racine françaises et qu’une de ces plus belle figure est Frédéric Bastiat.

220px-BastiatNé à Bayonne, il est issu d’une riche famille de négociant. Il perd ses parents très jeunes et est recueilli par ses grands-parents. Il commence la carrière commerciale à 17 ans avant de se consacrer à des domaines familiaux qui lui donnent une aisance matérielle qui va lui permettre de se consacrer à la défense des idées libre-échangistes. Il effectue différents voyages, en particuliers en Angleterre et au Portugal qui renforceront ses convictions.

Sa carrière dans le monde des lettres  débute en 1844 avec la publication d’un article dans le Journal des Économistes. Il s’en suit une carrière très féconde. Bastiat a un indéniable talent de polémiste (on se réfèrera à sa controverse avec Proudhon). En matière de satire sa plus célèbre est sa Pétition des marchands de chandelles[1] écrite pour lutter contre le protectionnisme. On notera aussi ses Sophismes Économiques et ses Harmonies Économiques, qui sont rien de mois que d’excellents traités d’économie.

Bastiat est l’auteur d’un concept très célèbre en économie : ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas. Pour Bastiat, dans une action économique il y a des effets qui sont perceptibles et d’autres moins. Il l’a résumé dans le sophisme de la vitre cassée. Un enfant casse la vitre d’un bourgeois. Le bourgeois peste mais on lui répond que cela permet au vitrier de vivre et qu’il contribue donc à l’enrichissement général. Bastiat rétorque que cela est faux car pour le bourgeois c’est une perte sèche. Avec l’argent de la vitre il aurait pu s’acheter un livre, une nouvelle paire de soulier, etc. Ainsi au lieu d’avoir un livre et une vitre, il n’a plus qu’une vitre. Toute destruction ne peut être source de richesse, n’en déplaise à nos pipaunomistes modernes qui se réjouissent d’une catastrophe naturelle comme étant bénéfique économiquement.

Bastiat est élu à la constituante de 1848. S’il siège au centre gauche il vote tantôt avec un côté, tantôt avec l’autre. Il n’a pas de goût pour la politique pure, par contre il défend inlassablement ses idées de liberté, en particulier ses idées libres échangistes. Malade il part se soigner en Italie et meurt à Rome. Il est enterré à Saint-Louis-des-Français.

Bastiat est une figure à connaître car il permet de réfuter bon nombre d’âneries journalisticopolitiques. Non le libéralisme n’est pas anglo-saxon, il a des racines et des représentants français dont l’influence est indéniable.

Bastiat est membre de ce que l’on a appelé l’École de Paris. Cette école est l’héritière des Physiocrates du XVIII° siècle qui compte parmi ses illustres membres Quesnay (médecin de Louis XV), Cantillon, Turgot (qui fit paraître son enquête sur la richesse des nations 10 ans avant Smith), Condillac, Mirabeau Père. Cette école, principalement française, a grandement influence Adam Smith, celui-ci la complète en percevant que l’industrie et le commerce sont créateurs de richesses (et non pas simplement l’agriculture).

L’École de Paris n’est pas une imitatrice de l’École classique fondée par Smith, mais la grande école libérale française. On peut y rattacher des auteurs comme Destutt de Tracy, Jean Baptiste Say, Condorcet, Constant, Adolphe Blanqui, Charles Coquelin, Laboulaye, Gustave de Molinari (fils spirituel de Bastiat et précurseur de l’anarcho-capitalisme). Cette école à une postérité, l’École Autrichienne d’Économie (Menger, Mises, Hayek). La raison est fort simple, le français, comme il s’agissait de la langue intellectuelle de l’Europe, les travaux français pouvaient être lu sans traduction dans les cercles intellectuels autrichiens, au contraire de l’anglais, l’École Autrichienne est devenu ainsi l’héritière de l’École Française.

Bastiat, figure majeure de l’École de Paris, a été oublié en France, mais ailleurs non. Outre son influence sur l’École Autrichienne il est également précurseur d’une autre école appelée École des Choix Publics. Celle-ci étudie le comportement des politiques en partant du postulat que ces derniers ne recherchent pas l’intérêt général mais celui d’être élu. Ils agissent donc en ce sens. Bastiat a également eu un certain nombre d’émule comme Reagan, dont il était l’économiste préféré, ou Thatcher.

Pour finir Bastiat est un excellent pédagogue. Il est facile à lire et à comprendre, il est donc parfait pour s’intéresser à l’économie. L’Institut Coppet a été fondé pour ressusciter l’École française d’Économie. On peut y télécharger nombre d’ouvrage de manière gratuite et libre de droit. Ce serait dommage de se priver d’une telle manne. Et surtout LISEZ Bastiat !

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. Car, aujourd’hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d’autrui. Ce sentiment, on n’ose l’afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on? On imagine un intermédiaire, on s’adresse à l’État, et chaque classe tour à tour vient lui dire: « Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons. » »

Voir :
http://www.institutcoppet.org
http://www.bastiat.org



 

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Pierre-Antoine Berryer, avocat de la Légitimité et du Libéralisme

Pierre-Antoine Berryer, avocat de la Légitimité et du Libéralisme

L’Histoire fourmille d’illustres inconnus, de grands noms qui ont marqué leur époque mais que la pensée officielle rejette dans l’oubli. Il est toujours bon de les ramener à la lumière, que ce soit pour rappeler leurs existences ou simplement pour briser les étroites catégories que nous nous plaisons tant à…

7 octobre 2013

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Portrait : Pierre-Antoine Berryer, avocat de la Légitimité et du Libéralisme

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6 mai 2015

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Antoine Pinay « le sage de Saint-Chamond »

Antoine Pinay « le sage de Saint-Chamond »

Cet homme d’État raillé par les gaullistes comme « l’homme au petit chapeau » qui incarnait la IVe République et ses instabilités ministérielles, fut toutefois l’artisan principal du redressement de l’Économie française durant les Trente Glorieuses. Antoine Pinay voit le jour le 30 décembre 1891 à Saint-Symphorien-sur-Coise. Son père, Claude, est un…

13 décembre 2013

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1 novembre 2014
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Histoire & Culture

6 octobre 1914 : Mort du Comte Albert de Mun, combattant du Catholicisme Social

by adminfhesp 29 octobre 2014

« Mais quelle voix ! », disait de lui Maurice Barrès pour souligner ses remarquables qualités d’orateur. Même le Socialiste anticlérical René Viviani (Président du Conseil en 1914) le qualifiait de « plus grand orateur du Parlement, égal dans la préparation et dans l’improvisation ». D’abord Légimiste, un temps boulangiste, finalement rallié à la IIIe République en 1892, anti-dreyfusard (mais non antisémite), toujours fidèle à l’Eglise et à la France, Albert de Mun a lutté pour réconcilier ouvriers et catholicisme, capital et travail.
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– Né en 1841 au Château de Lumigny enSeine-et-Marne, Adrien Albert Marie de Mun choisit la carrière des armes sous le Second Empire et entre à Saint-Cyr, avant de choisir la cavalerie. Aux dires de Mme de Gramont, il mène « joyeuse vie » avant son mariage avec Simone d’Andlau (1867) à partir duquel il retourne à une vie « très chrétienne ».

– En 1870, il combat les Prussiens et est capturé. Il partage la captivité avec son ami légimitiste François-René de La Tour du Pin Marquis de la Charce. C’est de l’autre côté du Rhin que de Mun et La Tour du Pin font leur rencontre avec le mouvement populaire catholique allemand et l’Archevêque de Mayence, Mgr Wilhelm Emmanuel Freiherr von Kettler, l’un des « Pères » du Catholicisme social en Europe.

– De retour en France, Albert de Mun est témoin de la violente répression ordonnée par Thiers contre la Commune de Paris. S’il ne nourrit guère de sympathies pour les chefs de l’éphémère gouvernement utopiste, il est en revanche choqué du traitement infligé au petit peuple. Prenant conscience que l’Église ne peut rester insensible au sort des ouvriers. En 1878, Albert de Mun et François-René de La Tour du Pin fondent avec Maurice Maignien, Félix de Roquefeuil-Cahuzac et des Frères de Saint Vincent de Paul l’Oeuvre des Cercles Catholiques d’Ouvriers. Cette organisation animée par des laïcs et des prêtres a plusieurs objectifs : rechristianiser le milieu ouvrier, protéger et défendre les travailleurs contre les dérives de l’industrialisation et du capitalisme et enfin, proposer un contre-modèle de société fondé sur le Corporatisme. Le terme fait explicitement référence aux « Corporations de métiers » créées au XIIIe siècle par Saint-Louis. Ni libéral, ni capitaliste, pas moins révolutionnaire, Albert de Mun et ses amis se placent dans une logique d’une société organisée fondée sur l’Équité et la Justice et plaident ainsi pour la création de « Syndicats mixtes » qui associeraient à la fois dirigeants et ouvriers. En 1886, se crée sous son égide l’Association Catholique de la Jeunesse Française (ACJF). Enfin, Albert de Mun participe notamment à l’Union de Fribourg de 1884 qui rassemble les principaux mouvements du Catholicisme social en Europe (Allemagne, France, Autriche, Italie et Belgique). Toutefois, l’idée de fonder un grand parti catholique en France à l’image du très puissant Zentrum Rhéno-Bavarois (fondé par Liebert et Windhorst) restera un échec. En revanche, ses idées seront appliquées – quoique avec davantage d’avant-garde –

– S’engageant en politique, Albert de Mun est élu Député du Morbihan en 1881 et sera constamment réélu jusqu’en 1893. Battu par un candidat radical (soutenu par des royalistes locaux non ralliés à la République), de Mun est cependant réélu lors d’une législative partielle à Morlaix en 1894, mandat qu’il conserve jusqu’à son décès.

– D’un point de vue des idées politiques, Albert de Mun, très proche de Henri Comte de Chambord (l’un de ses fils est filleul du Comte), ne conçoit pas une société corporatiste sans une monarchie forte et s’oppose en cela au régime parlementaire. « Le parlementarisme, voilà l’ennemi ! » déclare-t-il lors d’un discours. En cela, Albert de Mun ne peut nullement être qualifié de « Démocrate-Chrétien ».
Sauf qu’en 1883, le Comte chef de file des Légitimistes meurt, ce qui ruine tout espoir d’une restauration. Albert de Mun soutient alors Georges Boulanger et fini par se rallier à la IIIe République après la publication par Léon XIII de l’Encyclique, Au milieu des sollicitudes. Peu de temps après, il fonde l’Action Libérale Populaire qui regroupe des catholiques ralliés. Lors de l’affaire Dreyfus il attaque violemment Emile Zola dans un discours à l’Assemblée et obtient des poursuites contre l’écrivain.
Il combat vigoureusement la politique anticléricale du « Petit Père Combes », la Loi de Séparation et celle sur les inventaires.

– Les dernières années de sa carrière politique est marquée par son entrée à l’Académie française et son soutien au Maréchal Lyautey lors de la crise d’Agadir en 1911.
Lors de l’entrée en guerre de la France contre l’Allemagne, il se rallie sans reculer à l’Union Sacrée et va même jusqu’à donner l’accolade au socialiste et ancien communard Edouard Vaillant. Après la victoire de la Marne il s’exclame : « Dieu sauve la France comme il l’a sauvée déjà à Poitiers, Bouvines, Orléans, Denain et Valmy ».

– Cet orateur catholique de grand talent décède d’une crise cardiaque à Bordeaux le 6 octobre 1914.

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Je suis Albert de Mun !

Je suis Albert de Mun !

Chers lecteurs, chères lectrices, je ne puis m’empêcher de réagir à la dernière décision de l’actuel président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone. En effet, dans une manifestation d’un sectarisme que n’aurait guère renié le petit père Combes, M. Bartolone a décidé de remplacer le buste d’Albert de Mun, penseur majeur du Catholicisme…

20 août 2015

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Jules Barbey d’Aurevilly – « Le Connétable des lettres »

Jules Barbey d’Aurevilly – « Le Connétable des lettres »

Jules Amédée Barbey d’Aurevilly est un écrivain français né à Saint-Sauveur-le-Vicomte, en Normandie, le 2 novembre 1808 et mort à Paris, le 23 avril 1889. Surnommé le « Connétable des lettres », il a contribué à animer la vie littéraire française de la seconde moitié du XIXème siècle. Il a…

2 novembre 2014

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Général Edouard de Curières de Castelnau

Général Edouard de Curières de Castelnau

Celui que Georges Clémenceau surnommait avec aversion « le capucin botté » naît le 24 décembre 1851 à Sainte-Affrique (Aveyron). Fils de Michel et Marthe de Curières de Castelnau, avocat, Édouard est issu d’une lignée de la très vieille noblesse rurale du Haut-Rouergue. L’un de ses ancêtres, le Seigneur Hugues de…

19 mars 2016

Dans « Grande Guerre »

29 octobre 2014
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Histoire & Culture

25 juin 1804 : Mort de Georges Cadoudal

by adminfhesp 24 octobre 2014

Figure incontournable de la Chouannerie, chef courageux et droit, Georges Cadoudal fut un remarquable meneur d’hommes et un fin organisateur. Sa fin tragique est sans doute aussi grande que sa vie.

Fils de Louis Cadoudal et de Jeanne Le Bayon, né le jour de l’an 1771 à Kerléano, petit village près d’Auray, ce fils de laboureur songe d’abord à entrer au séminaire. Intelligent et travailleur, Georges Cadoudal peut entrer aux Collège de Vannes aux côtés d’autres enfants de paysans mais aussi, de fils de marins fortunés. D’un tempérament fougueux et charismatique, le jeune Georges gagne l’attachement de ses camarades, d’autant plus qu’a sa première rentrée, il refuse de se plier à la règle selon laquelle les nouveaux doivent courber l’échine devant leurs aînés.

En 1789, Cadoudal monte à Rennes avec ses camarades pour répondre à l’appel de Jean-Victor Moreau, meneur des étudiants de Rennes contre la noblesse. Mais sa ‘compagnie’ arrive trop tard pour l’affrontement. Cadoudal, comme l’écrasante majorité des bretons, accueille bien la Révolution qui met fin à de vieux privilèges désuets. Mais il s’en écarte très vite, suite aux lois antireligieuses notamment.
Lorsqu’en 1793, Danton et la Convention décrètent la levée en masse, Cadoudal, comme beaucoup d’autres, refuse de se soumettre et participe à la flambée royaliste qui embrase tout l’Ouest de la France. Lui et les siens tentent de prendre le contrôle de la ville de Vannes mais ils sont repoussés par les troupes révolutionnaires mieux armées.

Il décide alors de rejoindre la Grande Armée Catholique et Royale de Vendée. Il intègre le bataillon commandé par le Jean Nicolas Stofflet ; il s’y fait rapidement remarquer par sa force et son intelligence, promu chef d’escadron, il combat jusqu’aux massacres de Savenay avant de rejoindre le Morbihan où des chefs chouans se sont déjà organisés en bandes de Chouans pour harceler les Bleus : Pierre Guillemot dit Le Roi de Bignan, Jean Jan, les frères du Bouaÿs et Jean Rohu.
Malheureusement, en juin 1794, Cadoudal est capturé par les bleus (sans doute sur dénonciation d’un voisin) et incarcéré à la prison d’Auray tout comme son oncle et ses parents. Le premier, nommé Denis et sa mère, mourront en captivité. Cependant, avec la complicité d’un canonnier de marine rallié à la cause des Chouans, Cadoudal s’évade avec son futur lieutenant Pierre Mathurin Mercier dit La Vendée et un autre, d’Allègre de Saint-Tronc.

En 1795, Cadoudal prend le commandement des chouans du Morbihan mais refuse de se placer sous les ordres du Comte de Joseph de Puisaye, ce dernier voulant réunir l’ensemble des chouans de la Bretagne sous son commandement. Devenant commandant de la Division d’Auray (le Morhiban en compte onze), il choisit lui-même ses lieutenants : Mercier-La Vendée (Canton de Hennebont), et Bonfils de Saint-Loup (Canton de Lorient). La Division d’Auray devient alors une redoutable unité de guérilla, organisée à partir des paroisses paysannes. Avec elle, Cadoudal mène de nombreuses actions qui paralysent les Bleus dans tout l’Ouest du Morbihan. Autant dire que cette partie du département est sous son contrôle.

Au printemps 1795 Cadoudal rejette un cessez-le-feu conclu La Mabilais par La Haye de Silz et Puisaye, et continue seul le combat.

En juin Cadoudal et ses chouans participent à la tragique expédition de Quiberon. Victime des préjugés défavorables des chefs immigrés (de la Hervilly notamment), les Chouans ne peuvent coordonner leurs actions avec l’armée débarquée par les Anglais. Cela laisse les mains libres au Général Hoche de reprendre la presqu’île et Carnac. Furieux et impuissant, Caoudal doit se résigner à replier ses hommes avec les rescapés de l’Armée et réorganisée ses forces . Il peut reprendre Sarzeau à la fin de l’année et Locminé en avril 1796.  Cependant, il se retrouve en infériorité face à Hoche et doit accepter la paix. Cadoudal et ses hommes font taire leurs armes… pour un temps.

Le 4 septembre 1797 Georges Cadoudal reprend le combat de guérilla contre les forces du Directoire et est nommé Commandant de l’Armée Catholique et Royale du Morbihan par le Comte de Provence (futur Louis XVIII). Outre Jan, Rohu, Guillemot, La Haye de Silz, Mercier et Bonfils de Saint-Loup, ses subordonnés qui commandent les divisions du département (plus Redon et la Trinité-Porhoët) se nomment Robinault de Saint-Régeant, Trousier, Guillaume Sol de Grisolles, César du Bouaÿs, Closmadeuc, Lativy du Rest et du Chélas.

Après deux ans de combat, le 25 février 1799, Cadoudal est invité par le Premier Consul Bonaparte à signer une paix définitive. A cette occasion, Talleyrand écrit au Général Brune : « J’ai vu ce matin Georges, il m’a paru un gros breton dont peut-être il est possible de tirer parti pour les intérêts même de la patrie. » Sauf que l’entretien tourne très
court, le chef breton rejetant les propositions de Bonaparte.
De retour en Bretagne, Cadoudal tente de soulever la Bretagne une nouvelle fois avec l’aide du Comte d’Artois depuis l’Angleterre mais le Comte d’Artois ne vient pas et les Chouans doivent se contenter de pratiquer une nouvelle fois la guérilla contre les Bleus, tout en bénéficiant d’un approvisionnement en armes fourni par les Anglais. Toutefois, Bonaparte envoie le Général Guillaume Marie Brune

Décidant de changer de tactique, avec Mercier, de Saint-Régeant, Picot de Limoëlan et un certain Carbon, il organise l’attentat de la rue Saint-Nicaise, dit de la Machine infernale. Seulement, Bonaparte en sort sain et sauf mais la bombe a fait vingt-deux tués. Mis au courant, Bonaparte ordonne de prendre Cadoudal mort ou vif. Toutefois, Saint-Régeant et Carbon sont pris et guillotinés pendant que Mercier est tué en voulant s’enfuir. L’un des frère de Cadoudal, Julien sera exécutée en Bretagne peu après.

Après s’être réfugié en Angleterre, le chef breton ne renonce pas et monte un plan visant à enlever le Premier Consul avec trois autres hommes : Joyaut, Burbant et Gaillard. Sauf que les trois hommes sont reconnus non loin du Panthéon. Après un folle course poursuite dans les rues de la rive gauche au cours de laquelle un inspecteur de police nommé Buffet est tué, Cadoudal est capturé.

Emprisonné à la conciergerie, interrogé par le préfet Dubois, Cadoudal est jugé avec dix autres de ses amis et le 25 juin 1804, tous montent à l’échafaud. Le corps du courageux chef des Chouans du Morbihan sera livré à l’Académie de Médecine. Ses restes seront rendus au village de Kerléano lors de la Restauration où l’on pourra l’inhumer.

24 octobre 2014
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Histoire & Culture

Campagne des Vosges (1944) : Sixième partie

by adminfhesp 18 octobre 2014

5 – LA LIBÉRATION DE STRASBOURG 

1 – La réaction allemande

– Gerd von Rundstedt et Hermann Balck réalisent alors le danger que représente la percée des Alliés dans la Plaine d’Alsace. Une dangereuse brèche vient d’être ouverte entre la 1. Armee et la 19. Armee. En plus, la pression exercée par le XIIth Corps de la IIIrd Army en Moselle conduit l’Ober-Befehlshaber-West à avertir l’OKW à Rastenburg de la possibilité d’une percée à la gauche de la 1. Armee, menaçant par-là même les frontières du IIIrd Reich, tout comme le bassin de la Sarre par le sud et l’est. Deux conséquences se profilent alors pour les Allemands si rien est tenté : la perte d’une partie du potentiel industriel de l’Allemagne, comme le passage du Rhin par les Alliés.

– Von Rundstedt ordonne alors au Groupe d’Armée H de délivrer la faible 256. VGD (reconstituée) de Hollande pour l’acheminer d’urgence vers l’Alsace.  Le 21 novembre, le Groupe d’Armée H lâche la 254. VGD , ainsi que le 4. Gruppe du 401. Volks-Artillerie-Korps. Dans le même temps, la 361. VGD, qui a échoué à tenir la ligne Mittersheil – Schalbach le 21 novembre, se voit renforcée par les dernières réserves de la 1. Armee, soit un bataillon d’infanterie en sous-effectif la compagnie de sécurité du QG d’Armée. Elle reçoit alors l’ordre de regrouper son aile gauche vers le nord et tenir une ligne Mittersheim – Bärendorf – Weyer – Drulingen, d’ouest en est.
Le 22 novembre, von Rundstedt donne au HG G, le PC d’un nouveau corps créé en urgence, le Korps-Kommano « Vogen » pour consolider la défense du secteur de Strasbourg. Pour  ralentir l’avance alliée, le Korps « Vogen » doit tenir une ligne allant de la Moder au sud de Wasselonne, à 6,5 km au sud-est de Saverne. Toutefois, afin d’accomplir cette mission, le HG G ne peut donner au Korps-Kommando « Vogen », que d’éléments bien insignifiants, la Feldkommandantur 987, une unité d’occupation située à Haguenau et les forces du commandement allemand défendant Strasbourg, l’unité de commandement de la 49. Infanterie-Division, 2 formations d’Infanterie pompeusement dénommées bataillons (600 hommes en tout) de la Wehrkreis III, ainsi que d’un agrégat de plusieurs petites unités qui affluent vers le Rhin depuis les Wehrkreise V et XII.  La 256. VGD doit passer sous commandement du KK « Vögen », aussitôt arrivée dans le secteur de Haguenau, ce qui se fera le 24 novembre.

– Comme le dis Jeffrey L. Clarke, von Rundstedt réalise très vite que ses redéploiements d’urgence ne sont que des soins palliatifs et que seule une puissante contre-attaque peut empêcher une percée alliée. Pour cela, il demande incessamment à l’OKW te libérer la Panzer-Lehr-Division de Fritz Bayerlein, qui est pourtant prévue pour participer à l’Offensive dans les Ardennes. Autant dire que l’OKW est réticent à la céder à Balk. Toutefois, le 21 novembre, l’OKW autorise Bayerlein à mettre sa division en marche pour le nord de l’Alsace. Mais Hitler exige que la Panzer-Lehr soit disponible pour retourner dans le nord pour le 28 novembre. Pour davantage d’efficacité, von Rundstedt stipule fermement à Hermann Balck d’employer la Panzer-Lehr dans une attaque dans la profondeur du dispositif du XVth US Corps. La Panzer-Lehr se rassemble alors à Sarrable, à environ 16 km au nord de Sarrebourg. La mission confiée à la division blindée est de frapper le tronçon de la N 4 entre Sarrebourg et Phalsbourg. Pour soutenir l’attaque, on attribue le 401. Volks-Artillerie-Korps, la 361. VGD alors très affaiblie, et la 25. Panzer-Grenadier-Division, alors en sous-effectif. Balck souhaite que les 361. VGD et la 25. PzGren.Div soutiennent le flanc est de la Panzer-Lehr, afin de contrecarrer toute tentative de la IIIrd Army vers Sarre-Union, 11 km au nord de Sarrebourg.

– Balck ordonne aussi à la 19. Armee de Wiese de former un Kampfgruppe pour faire la jonction avec la Panzer-Lehr dans les environs de Hazelbourg, sur la pente ouest des Hautes-Vosges. Pour libérer des troupes afin de soutenir la contre-attaque, Balck autorise Friedrich Wiese à retirer la plupart de la position défensive des Vosges, incluant toutes les unités situées entre le secteur de Blamont et le Col de Saales, environ 17 km de distance. Ce dernier message révèle alors le peu d’information dont dispose Balck sur l’état de la 553. VGD, qu’il pense encore en train de tenir fermement le secteur de Hazelbourg. L’idée de lancer une une seconde contre-attaque en une pince sud s’avère irréalisable.
A l’est des Vosges, Balck espère disposer de la 256. VDF pour lancer une attaque au sud depuis Haguenau mais seul une force équivalente à un régiment est alors disponible au matin du 24 novembre. Mais finalement, Balck est assuré de disposer de la 254. VGD provenant de Hollande pour le 28 novembre, date à laquelle elle doit sécuriser les secteurs conquises par la Panzer-Lehr. Avec un optimisme presque éhonté, Hermann Balck assure von Rundstedt de remporter des résultats probants. Toutefois, son enthousiasme n’est guère partage par Otto von Knobelsdorff, qui estime que la Panzer-Lehr sera bien chanceuse si elle parvient à tenir ce que ses propres forces étaient encore censées contrôlées.

2 – Achever le serment de Koufra

– Du côté allié, on est bien plus optimiste même si Patch et Haislip restent sagement prudent. Il reste qu’ils tentent de maintenir la bride sur Leclerc, trop impatient de lancer ses soldats sur Strasbourg. Et leur talentueux subordonné est soutenu par de Gaulle au niveau politique. Le 21, Alexander M. Patch ordonne à Haislip de capturer Haguenau puis Soufflenheim, à l’est de Haguenau et à environ 5 km du Rhin. Haislip décide alors de lancer ses unités de flanc garde maintenues à l’ouest des Vosges pour sécuriser le secteur de Molsheim, à environ 12 km au sud de Saverne. Cette action permettra alors de tourner l’arrière des forces allemandes qui tiennent les Hautes-Vosges face au VIth Corps de Brooks.

– Mais finalement, Patch ordonne à Haislip « d’attaquer Strasbourg » en employant ses éléments blindés afin d’aider le VIth Corps à libérer la ville. Même si techniquement, Strasbourg se trouve être l’objectif du VIth Corps de Brooks, la ville se trouve alors à portée du XVth Corps. Après la prise de Strasbourg, le XVth Corps remonter la rive gauche du Rhin jusqu’au secteur de Soufflenheim-Rastatt, ce qui permettra de préparer une traversée en force du Rhin. De son côté, le VIth Corps doit traverser le Rhin dans le secteur de Strasbourg, ou bien, exploiter la tête de pont que le XVth Corps aura constitué.
– Prenant en compte les ordres complémentaires au matin du 22 novembre, Haislip ordonne à Leclerc, qu’aussitôt achevé le nettoyage du secteur de Saverne, la 2e DB fonce d’abord sur Haguenau avant de bondir sur Strasbourg qu’elle devra sécuriser si elle arrive avant le VIth Corps. Autant dire que Leclerc va s’employer à faire entre ses chars et ses hommes avant les vétérans de Sicile, d’Italie et de Provence d’Edward H. Brooks. En parallèle, la 44th Infantry Division de Spragins doit forcer la ligne Haguenau – Soumenheim, tandis que la 79th de Wyche doit se déployer à l’est des Vosges pour soutenir les deux autres divisions. La mission de sécuriser Molsheim revient alors au 179th Infantry Regiment (Colonel J.C. Murphy) de  la 45th Infantry Division « Thunderbird » de William W. Eagles, alors rattachée au XVth Corps. La sécurité et la liaison au nord de Sarrebourg à l’ouest des Basses Vosges revient au 106th Cavalry Group et par les deux autres régiments de la 45th Infantry Division.

– De son côté, Leclerc ordonne au Colonel de Langlade de faire rouler les Sous-Groupements Rouvillois et Massu dans la plaine d’Alsace en direction de l’est (Rouvillois au nord et Massu au sud). Il laisse alors volontairement Haguenau aux Américains, à la colère de Haislip.

– Le 23 novembre à 07h15, par un temps particulièrement froid, le Colonel Dio lance les deux colonnes de son Groupement Tactique dans la plaine d’Alsace, suivi par de Langlade. Tournant chaque poste avancé allemand et les petites garnisons installées dans les petites villes agricoles alsaciennes, le Sous-Groupement Rouvillois entre dans Strasbourg à 10h30, surprenant totalement les Allemands commandés alors par le Général Vaterrodt. C’est le char Evreux du détachement Briot qui entre le premier. Le Sous-Groupement Massu rencontre quant à lui une résistance beaucoup plus dure lorsqu’il contourne Strasbourg par le nord-ouest, perdant des hommes et plusieurs chars. Mais finalement, Massu réussit à entrer dans les faubourgs de Stasbourg. Plus tard, vers 13h00, le GT V du Colonel de Guillebond – avec les Sous-Groupements Cantarel et Putz – , s’élance lui aussi en force vers les accès ouest Strasbourg, entraînant un bataillon du 313th Infantry Regiment. Pendant ce temps, le Commandant Rouvillois fait rouler ses chars et Half-tracks dans les rues de Strasbourg et s’empare du pont d’Anvers sur le Petit-Rhin. Plusieurs casernes se rendent. Il faut alors s’emparer du pont autoroutier et du pont ferroviaire de Kehl. Ce sont les éléments du 12e Régiment Cuirassiers, épaulés par les fantassins du RMT qui s’en emparent de vive force en culbutant les défenses allemandes. Mais il faut aussi neutraliser les tireurs positionnés dans les fenêtres, tout comme les pièces antichars. Bientôt, l’artillerie et les mortiers allemands donnent de la voix depuis la rive est, forçant Rouvillois et ses véhicules à se replier à couvert. Le Général Vaterrodt avait préféré ignorer les ordres de renforcer les positions dans la plaine d’Alsace, contrant ses forces à la défense du secteur de Kehl. Rouvillois fait plusieurs tentatives pour s’emparer de Kehl du 23 au 24 novembre mais en raison du manque d’appui blindé, il doit se contenter de maintenir les allemands isolés du reste de Strasbourg.
En début d’après-midi, les éléments du 501e Régiment de Chars de Combat et le Régiment Blindé de Fusiliers Marins arrivent pour nettoyer les quartiers de Neudorf, de la Bruche et de la Montagne Verte. Au sud de Strasbourg, le détachement Gerbey (Sous-Groupement Cantarel) descend le cours de l’Ill vers le sud. Finalement le Général Vaterrodt signe la capitulation de Strasbourg le 23 novembre et le drapeau français flotte sur la Cathédrale Notre-Dame..

– Une prise d’armes a lieu le 26 novembre en présence du Général Leclerc, de ses officiers et des Strasbourgeois.

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4 novembre 2014

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18 octobre 2014
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Histoire & Culture

17 octobre 1781 : Victoire de Yorktown

by adminfhesp 17 octobre 2014

Point culminant de la Guerre d’Indépendance Américaine, la bataille de Yorktown se caractérisa par un siège des forces britanniques de Lord Charles Cornwallis, mené en coopération par l’armée  de George Washington et les Français de Mr. de Rochambeau.

* ISOLER CORNWALLIS

Le 20 mai 1781, après la sa victoire à la Pyrrhus de Guilford Courthouse sur Nathanael Greene, Lord Charles Cornwallis reçoit l’ordre du Général Henry Clinton d’abandonner la Caroline pour se rabattre sur la Virginie. Or, le 24 mai, le Marquis de La Fayette et ses 3 000 Miliciens de Virginie font leur jonction avec Friedrich Wilhelm Freiherr von Steuben (un ancien aide-de-camp de Frédéric II de Prusse passé au service de la France) et Anthony Wayne, avant de talonner Cornwallis sur Williamsburg. Clinton donne alors ordres et contre-ordres à Cornwallis qui doit finalement se replier sur Yorktown et s’y fortifier.
Pendant ce temps, le Général Jean Baptiste de Vimeur de Rochambeau rassemble ses forces et vient à la rencontre de George Washington au nord de New York. Washington envisage d’abord d’attaquer New York mais Rochambeau lui indique que la flotte de l’Amiral de Grasse vogue vers la Virginie depuis les Antilles. Il suffit donc de maintenir New York isolée, tout en forçant Cornwallis à capituler par un siège terrestre et maritime.

** MARCHE SUR LA VIRGINIE

Washington et Rochambeau disposent maintenant de 7 000 hommes (4 000 Français et 3 000 Américains). Partant de Newport (Rhode Island), ils avancent sur la Virginie sous le couver de l’Hudson Valley. Washigton a aussi le réflexe de maintenir des troupes dans le secteur de New York afin de convaincre Clinton que l’attaque franco-américaine aura bien lieu dans ce secteur. Au début du mois de septembre, Washington et Rochambeau passent Philadelphie. A noter que les soldats américains font savoir qu’ils ne quitteront pas Philadelphie sans avoir reçu leur paie, ce que le Congrès leur accorde immédiatement.

Le 5 septembre, autre bonne nouvelle pour Français et Américains, l’Amiral de Grasse a repoussé la flotte de Thomas Graves à Cheasapeake Bay et entreprend le débarquement de forces terrestres. Le 14 octobre, Washington arrive à Williamsburg et fait sa jonction avec La Fayette, Wayne et von Steuben. Cornwallis qui n’a pas bougé est totalement isolé dans Yorktown qu’il a fortifié avec des redoutes délimitées renforcées de larges pieux de bois. Le siège commence réellement lorsque Français et Américains quittent Williamsburg et se déploient autour de Yorktown à partir du 28 septembre.

*** FORCES EN PRÉSENCE

Lord Cornwallis dispose de 8 300 hommes répartis comme suite : 6 000 Britanniques issus unités de quartier-général (17th Light Dragoons et Marines), l’Artillerie (Royal Artillery Regiment), la 1st Brigade de John Yorke ( Bataillons des 17th, 23th, 33rd et 71st Foot Regimenrts), la 2st Brigade de Thomas Dundas (43rd, 76th et 80th Foots), la Light Infantry Brigade de Robert Abercombrie (38th et 82nd Foot, ainsi qu’une compagnie de plusieurs Regiments différents), ainsi que la Foot Guard Brigade de Charles O’Hara (1st, 2nd et 3rd Foot Guards). Cornwallis peut aussi compter sur un peu plus de 1 500 soldats Hessois et Hanovriens des Ansbach-Bayreuth et Hesse-Kassel Contingents (Colonels/Oberste August von Voigt et Mathaus von Fuchs), ainsi que sur les Loyalists (Queen’s Rangers, British Legion et North Carolina Volunteers).

De leur côté, les Franco-Américains disposent d’une écrasante supériorité numérique : 18 300 fantassins, cavaliers et artilleurs (9 500 Américains pour 8 800 Français) auxquels il faut ajouter les 15 000 marins de l’Amiral de Grasse servant sur 29 vaisseaux.
Washington aligne trois divisions commandées par Benjamin Lincoln (Brigades de James Clinton et d’E. Dayton), La Fayette (Brigades de P. Muhlenberg et de M. Hazen ) et von Steuben (Brigades d’A. Wayne et de M. Gist), la Légion d’Armand Tuffin de la Rouërie (ce dernier étant arrivée en Amérique avant La Fayette), la Milice de Virginie de Thomas Nelson (Brigades de  G. Weedon, R. Lawson et E. Stevens), ainsi que de l’artillerie commandée par Henry Knox.

Du côté français, le Comte de Rochambeau commande à la Légion des Volontaires étrangers de Lauzun (Armand-Louis de Gontaut-Biron Duc de Lauzun) qui forme la Cavalerie (Hussards), ainsi qu’à deux divisions d’infanterie : La Division du Baron de Viomenil, qui incorpore la Brigade du Soissonnais (Marquis de Saint-Maime  Régiments du Soissonnais et de Saintonge) et la Brigade du Bourbonnais (Marquis de Laval  Régiments du Bourbonnais et Royal-Deux Ponts). Le Division du Marquis de Saint-Simon compte la Brigade de l’Agénois (Marquis d’Audechamp   Régiments de l’Agénois et du Gâtinais) et la Brigade de Touraine (Vicomte de Pondeux  Régiments de Touraine et de Port-au-Prince). Un détachement français commandé par le Marquis Claude de Choisy est présent à Cloucester Point (sur l’autre rive de l’York River), en partie tenu par Banastre Tarleton. Enfin, l’Artillerie est placée sous les ordres du Comte François d’Aboville, avec les Régiments d’Auxonne et de Metz.

Du point de vue de la disposition des forces (voir carte ci-dessous), Washington a placé ses forces en arc de cercle à l’est et au sud-est de Yorktown, pendant que Rochambeau fait de même à l’ouest et au sud-ouest. Washington a notamment placé l’artillerie de Knox juste à la droite de celle de d’Aboville, formant ainsi un centre fortement doté en bouches-à-feu.

**** LA BATAILLE

Le 29 septembre, Washington lance son infanterie afin de resserrer l’étau dans exerçant une pression avec son infanterie. Mais celle-ci est arrêtée par les canons de Cornwallis. Durant la journée, d’autres échanges de tirs se produisent entre les fusiliers américains et les Jäger Hessois de von Voigt. Toutefois, Cornwallis fait abandonner ses défenses les plus avancées pour resserrer son dispositif car Henry Clinton lui a promis 5 000 hommes en renfort. Pendant ce temps, Washington ordonne à ses sapeurs de creuser une tranchée parallèle aux lignes anglaises entres les abords de Yorktown et de l’York River.

Le 30 septembre, la Division de Viomenil s’en prend à une importante redoute tenue par les Foot Regiments et les Foot Guards. Le combat dure deux heures mais le 1er octobre, les Français découvrent que les positions ennemies sont abandonnées. Le 2 octobre, profitant que les franco-américains opèrent des travaux de réaménagement de leurs positions, Cornwallis fait donner son artillerie contre les lignes adverses. Toutefois, les pertes franco-américaines sont modérées.

Le 3 octobre, Banastre Tarleton, tente de forcer le passage à Gloucester Point, contre Lauzun et le Marquis de Choisy mais cet assaut est repoussé avec l’aide des Miliciens de Virginie de John Mercer. Le 5, Washington est informé que ses Sapeurs ont presque achevé leur besogne de creusement. La tranchée en question mesurant 1 800 mètres environ.
Washington et Rochambeau prévoient que les Français lancent une attaque de diversion mais les Britanniques sont avertis du projet ennemi grâce à un déserteur français.

Le 9 octobre à 03h00 du matin, les canons terrestres et navals français ouvrent le feu sur les positions britanniques. Washington allume la première mèche à poudre américaine. L’idée de faire tirer les canons durant les nuit est celle du commandant américain qui souhaite désorienter les Anglais. Pendant ce temps, plusieurs navires britanniques tentent de forcer le barrage de l’Amiral de Grasse mais sans réel succès. Les bombardements se poursuivent le 10 et le 11, Washington ordonne à ses sapeurs de creuser une autre tranchée parallèle aux lignes anglaises et distantes de seulement 370 mètres.

Le 14 octobre, l’assaut franco-américain démarre par une approche nocturne au plus près des lignes britanniques. Les combats pour les redoutes 9 et 10 sont particulièrement acharnés. Le Régiment Royal Deux-Ponts commandé par Wilhelm von Zweibrücken, avec 400 réguliers français, enlève de haute-lutte la redoute 9 tenue par 400 hommes des Foot Regiments.

A 06h30, les Américains de La Fayette avancent sur la redoute 10 commandée par Campbell, qu’ils enlèvent à la baïonnette. Toute la garnison de la redoute finit par se rendre. 9 Américains seulement ont été tués.

Le 15 octobre, Cornwallis ordonne à Abercombrie de lancer une contre-attaque avec 350 hommes dans le secteur des redoutes 9 et 10. En chargeant bravement, les Anglais parviennent à capturer six canons, avant de se replier suite à une contre-attaque française.

Le 16, Lord Cornwallis envisage de faire évacuer ses 6 000 soldats sur Gloucester Point en franchissant le bras de l’York River. De là, il espère regrouper ses forces avec celles de Tarleton et forcer les lignes de Lauzun et de Choisy. Malheureusement pour le général britannique, la capacité de nuisance des navires de Grasse rend son projet impossible.

***** REDDITION ANGLAISE

Le 17 octobre, constatant qu’il n’a aucune possibilité de sortir du piège de Yorktown, Lord Cornwallis décide de capituler devant Washington et Rochambeau. Les négociations commencent dans la propriété de Moore House entre Thomas Dundas et Alexander Ross (commandant du 45th Foot Regiment) pour les Britanniques, le Lt.Col. John Laurens pour les Américains et Louis Marc de Noailles (lieutenant de La Fayette) pour les Français.

La capitulation est signée le 19 octobre entre Washington pour les Américains, Rochambeau et Jacques-Melchior de Barras pour la France. Cornwallis et Thomas Symonds signant pour l’Angleterre.

La victoire de Yorktown va permettre l’ouverture des négociations de Paris qui concrétiseront l’indépendance des États-Unis.

Lire :
CAILLOT Bernard : La Guerre d’Indépendance Américaine Prototype des guerres de libération nationale ?, L’Harmattan
PETITFILS Jean-Christian : Louis XVI, Perrin

17 octobre 2014
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Histoire & Culture

7 mai 1954 : Ðiên Biên Phú, la position ‘Eliane’ tombe

by adminfhesp 14 octobre 2014

Après 170 jours de combats contre les Bo doï de Hô Chin Minh et Vô Nguyên Giap et après d’innombrables actes héroïques de la part des Légionnaires (13e DBLE, 2e REI, 3e REI, 1er et 2e BEP – dont de nombreux allemands), des Paras Coloniaux et Chasseurs Parachutistes de Bréchignac et Bigeard, des Tirailleurs d’Afrique, des paras viets, des Thaïs Blancs et des cavaliers, la dernière position française de Ðiên Biên Phú, Eliane, tombe sous les assauts du Viet Minh.

Il n’y a plusni munitions, ni médicaments en nombre suffisant. Rien ne peut être tenté pour dégager les dernières forces dans la cuvette.
Le Général René Cogny, commandant les forces du Tonkin, envoie un message au Colonel Christian de Castries dans lequel il lui demande qu’il n’y ait ni acte de capitulation, ni drapeau blanc.

Seuls, quelques derniers résistants sur Isabelle (Groupe Mobile 6, éléments du 3e REI et des 1er et 7e RTA) menés par le Lieutenant-Colonel André Lalande, se battent encore furieusement. Lalande tentera une sortie en force, qui échouera de peu et seuls quelques intrépides s’échapperont.
Pendant ce temps, les blessés agonisent dans les abris et dans la boue, en dépit des efforts quasi-surhumains menés par le Docteur Paul-Henri Gauwrin et bien sûr, par Geneviève de Gallard « l’Ange de Diên Biên Phu ».

Et le lendemain 8 mai 1954, le camp retranché de Dien Bien Phu tombera définitivement aux mains du Viet Minh. 2 293 soldats français et supplétifs viets et thaïs blancs ont été tués, 11 721 autres partiront en captivité dans les camps du Viet Minh, dont seulement       3 290 sortiront.

Dernière grande défaite connue de l’Armée française, Diên Biên Phu s’inscrivait dans une stratégique politique et militaire sans but précis. Les Gouvernements Mayer et Laniel avaient donné ordre à Navarre de chercher une solution politique sans réellement en préciser la nature. Les objectifs des politiques se confrontaient à ceux des militaires qui souhaitaient empêcher le Viet Minh de mettre la main sur le Tonkin et s’implanter dans les montagnes du Laos.
L’idée de créer une cuvette a été le sujet de nombreux débats. On a reproché au commandement français une prétendue incompétence et son aveuglement quant aux capacités du Viet Minh mais il ne faut pas oublier que le Corps Expéditionnaire bénéficiait de moyens limités. Toutefois, il ne faut pas oublier que sous le commandement du Maréchal de Lattre de Tassigny, les Français avaient infligé de lourdes défaites au Viet Minh en utilisant la technique des camps retranchés dotés de réserves mobiles et d’appuis aériens (Na San, Vin-Yen et Mao Khé). Et Diên Biên Phu était une répétition de combats précédents.

Enfin, il faut souligner qu’en France, la réception de la Guerre d’Indochine auprès du public était assez partielle car lointaine. En revanche, elle a contribué à construire le mythe sacrificiel du soldat français et s’inscrit dans la légende de la Légion Étrangère.

Lire :
– Site officiel de la bataille de Ðiên Biên Phú
– DE JAEGHERE Michel (Dir) : « La bataille de Dien Bien Phu. Dossier spécial », Le Figaro Magazine, mars 2014
– Général Marcel Bigeard : Mémoires
– Erwan Bergot : Les Paras
– Erwan Bergot : La Légion
– 
GRAUWIN Paul-Henri : J’étais médecin à Dien Bien Phu

Acronymes :
* REI :
Régiment Étranger d’Infanterie
* BEP : Bataillon Étranger de Parachutistes
* RTA : Régiment de Tirailleurs d’Afrique

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Ralph Monclar

Ralph Monclar

Personnage à la vie digne d’un roman de guerre, Monclar reste une figure marquante de la Légion Etrangère du XXe siècle. S’il n’eut pas la science militaire d’un de Lattre ou d’un Leclerc, il n’empêche qu’il s’avéra un remarquable meneur d’homme doublé d’un soldat particulièrement courageux. – De son vrai…

3 juin 2016

Dans « Histoire militaire française »

Général Fernand Gambiez, fondateur du 1er Choc

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Fernand Gambiez naît à Lille le 27 février 1903 dans une famille modeste. Toutefois, son père choisit de rejoindre les rangs de l’Armée française et accède au grade d’officier avant la Grande Guerre, ce qui est plutôt rare pour l’époque. Physiquement, Fernand Gambiez n’est pas très grand mais il est trapu…

29 mars 2016

Dans « Histoire militaire française »

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Septième partie

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3 – FLANC SUD : L’AVANCE DU XVth ARMY CORPS – Le 5 septembre, le XVth US Army Corps du Lieutenant.General Wade H. Haislip avait atteint Commercy et la Meuse. Après avoir été rattachée à la Ist Army de Hodges pour les opérations de franchissement de la Seine, cette unité est…

19 octobre 2014

Dans « Non classé »

14 octobre 2014
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Histoire & Culture

5 février 1369 : Charles V et les Consuls de Cahors

by adminfhesp 10 octobre 2014

Suite aux Appels Gascons, à la confiscation de l’Aquitaine, à la proclamation de la souveraineté sur la Guyenne et à la condamnation d’Edouard de Woodstock Prince de Galles par le Parlement de Paris pour sa politique fiscale, Charles V reçoit le soutien des Consuls (collège de notables chargé de l’administration d’une ville ou d’une place forte) de la Bonne Ville de Cahors. Ceux-ci jurent de porter secours au Roi de France et proclament que « sous domination anglaise ils n’avaient cessé d’être Français ».
Pour le « Roi Sage » c’est un succès puisque le ralliement de la place de Cahors lui assure aussi celui du Quercy.

– Grâce à sa diplomatie qui visait la reconquête des terres françaises perdues au Traité de Brétigny (1357), Charles V s’était assuré le soutien des Seigneurs du Périgord et de Gascogne (dont le puissant Jean d’Armagnac) qui étaient au départ vassaux du Roi d’Angleterre avant de « tourner françoys » , excédés par la politique fiscale du Prince de Galles.

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1er mars 1382 ; révolte des Maillotins

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Cet épisode passé dans l’oubli intervient au cours de la minorité du Roi Charles VI (Le Fol) alors que le gouvernement du Royaume est assuré par les oncles du Souverain (les frères de Charles V) : Louis Ier de Naples Duc d’Anjou, Louis Ier de Bourbon duc d’Orléans, Jean Ier…

1 mars 2016

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16 septembre 1380 : Mort du Roi Charles V dit le Sage

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Trop méconnu aujourd’hui, Charles V reste incontestablement  le plus grand Roi de la dynastie des Valois. Son règne, court mais brillant, fut marqué tant par le spectaculaire redressement de la France face à l’Angleterre des Plantagenêt, tant que par un foisonnement artistique et culturel. Bref retour donc sur l’un des…

16 septembre 2016

Dans « Bas Moyen-Âge et Guerre de Cent Ans »

22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

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Souverain passé à la postérité comme étant le « Petit Roi de Bourges qui a trahi Jehanne d’Arc » , dénigré par les historiens de la IIIe République, il apparaît très souvent comme un monarque effacé sinon insignifiant, coincé avec son père Charles VI le Fou entre les grands règnes…

22 juillet 2016

Dans « Bas Moyen-Âge et Guerre de Cent Ans »

10 octobre 2014
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Histoire & Culture

Il y a 20 ans; Débat entre Séguin et Mitterrand sur l’Europe

by adminfhesp 6 octobre 2014

Le 3 septembre 1992, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, le chef de file du « non » au Traité de Maastricht, Philippe Seguin ( 1943-2010), s’adresse au président de la République François Mitterrand (1943-1996).

Ce débat semble encore d’actualité, à l’heure où la France et l’Union européenne traversent une crise sans précédent.

Rappelons que le Traité de Maastricht sera signé le 7 février 1992 par l’ensemble des pays membres de la Communauté Économique Européenne.

Fidèle à la tradition gaulliste d’une Europe des nations, Seguin affirme que ce traité constitue une véritable menace pour l’indépendance et la souveraineté de la France…

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Discours de Benoit XVI sur l'Europe

Discours de Benoit XVI sur l’Europe

Chers amis, à l’heure où l’ Europe et les élections européennes occupent l’actualité, il semble opportun de lire ou relire ce discours prononcé par Benoit XVI le 30 mars 2006, alors qu’il s’adressait aux participants du congrès promu par le Parti Populaire Européen. Un discours qui rappelle vivement l’héritage chrétien du…

25 mai 2014

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5 février 1679 : Signature du Traité de Paix de Nimègue

5 février 1679 : Signature du Traité de Paix de Nimègue

A la fin des Guerres de Hollande, la France de Louis XIV était en position de force, l’Armée Royale s’est solidement implantée sur le Rhin et dans les Pays-Bas. Et ce, en grande partie grâce aux victoires du Prince de Condé et de feu le Maréchal de Turenne. – Le…

5 février 2016

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21 mai 2013 : Suicide de Dominique Venner à Notre-Dame de Paris

21 mai 2013 : Suicide de Dominique Venner à Notre-Dame de Paris

NB : Cette tribune libre n’engage que son auteur et non l’ensemble de la rédaction de France-Histoire-Espérance. Cependant, au-delà du débat sociétal qui a cours en ce moment, cet évènement inattendu touchant la famille des amoureux de l’Histoire en général et de l’Histoire de France en particulier, nous étions tenus…

22 mai 2013

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6 octobre 2014
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Histoire & Culture

9 juillet 1476 : dégagement du siège de Beauvais

by adminfhesp 4 octobre 2014

Les habitants de Beauvais, aidés par des femmes dont la célèbre Jehanne Laisné dit Jehanne Hachette  repoussent les troupes bourguignonnes de Charles le Téméraire Duc de Bourgogne et Comte de Charolais, ainsi que les Bandes picardes de Philippe de Crèvecoeur d’Esquedres.

Louis XI, alors en guerre contre le flamboyant duc de Bourgogne avait expédié des secours pour tenir la ville durant le mois de juin, dont plusieurs de ses meilleurs capitaines, souvent vétérans de la Guerre de Cent Ans sous Charles VII : Antoine de Chabannes Comte de Dammartin (ancien écuyer de La Hire), Joachim Rouhault de Gamaches, Robert VII d’Estouteville Prévôt de Paris et l’Ancien Écorcheur Jean de Salazar.

Si le siège est effectivement levé, les troupes françaises repousseront les Bourguignons jusqu’à la Somme dans les jours qui vont suivre.

Afin de récompenser les femmes de Beauvais pour leur vaillance,  Louis XI accordera à celles-ci le droit et privilège de porter des habits d’hommes.

 

 

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30 août 1483 : Mort du Roi Louis XI

30 août 1483 : Mort du Roi Louis XI

C’est après s’être confessé à Saint François de Paule que s’éteint ce grand souverain, laid, avare et superstitieux (né en 1423), fils de Charles VII et de Marie d’Anjou. Jules Michelet a brossé de lui un portrait mêlant admiration et effroi, le comparant à un génie démoniaque. Toutefois, son œuvre…

30 août 2013

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Raoul VI de Gaucourt

Raoul VI de Gaucourt

– Il était l’un des doyens parmi les Capitaines de Sainte Jehanne d’Arc à Orléans. Né vers 1370-1371, fils de Raoul V de Gaucourt Bailli de Rouen et de Marguerite de Beaumont fille de Jehan de Beaumont Seigneur de Luzarches, Raoul de Gaucourt – Seigneur d’Hargicourt et de Maisons-sur-Seine -…

10 juin 2016

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Jehan Poton de Xaintrailles, compagnon de Sainte Jehanne d'Arc

Jehan Poton de Xaintrailles, compagnon de Sainte Jehanne d’Arc

Personnage lié à l’épopée de Sainte Jehanne d’Arc et en particulier à Etienne de Vignoles dit « La Hire », Jehan Poton de Xaintrailles (ou Saintrailles) reste toutefois assez méconnu. On peut dire, tout comme « La Hire », il représente les derniers feux des chefs de compagnies médiévales avant l’avènement de la…

7 octobre 2016

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4 octobre 2014
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Histoire & Culture

Chroniques des Dardanelles – 9

by adminfhesp 4 octobre 2014

– KUM KALE : LE SUCCÈS (SANS LENDEMAIN) DES FRANÇAIS

– Conformément au plan de Hamilton, le Corps Expéditionnaire d’Orient du Général d’Amade doit débarquer sur la péninsule de Çanakkale afin de protéger le débarquement britannique au Cap Helles. La 1re Division du CEO (Maurice Bailloud) doit notamment détruire les batteries d’artillerie installées à Kum Kale. Le 6e Régiment Mixte d’Infanterie Colonial du Colonel Noguès doit débarquer près du vieux fort détruit et du village.
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– Le terrain où les Français doivent opérer est formé par une bande de terre large de 450 m coincée entre la Mer Egée et la rivière Mendere et dominé par le Mont Orkanie, entre Yeni Shehr au sud-ouest et Kum Kale au nord-est. Rappelons qu’en février, le raid des Royal Marines du Commodore Robinson avait détruit la batterie installée sur Yeni Shehr.
Seulement, la présence de canons indique clairement que les forces françaises devront affronter des troupes turques plus concentrées. C’est la 3e Division du XVe Corps turc qui défend cette partie de Çanakkale.

– Le débarquement est prévu juste après l’aube. Les fantassins français prennent place sur le « Jeanne d’Arc », pendant que le croiseur russe « Askold » effectue le tir préparatoire direct sur Kum Kale, tandis que les autres navires de guerre bombardent les collines alentour. Notons bien que les fantassins français engagés sont bien différents de leurs camarades de 1914. Le pantalon garance a disparu et les troupes coloniales sont vêtues d’uniformes de couleur sable, bien plus adaptées au terrain.

– Très vite, le débarquement des Français rencontre plusieurs problèmes sérieux. D’une part, le fort courant des Dardanelles cause de sérieux retard dans l’acheminement des troupes. Finalement, à 10h00, les éléments de tête du 6e RMIC commence à débarquer sur une petite jetée en bois près des ruines du Fort de Kum Kale. Il n’y a pas d’opposition ennemie puisque les troupes turques présentes dans le secteur se sont repliées sur la Mendere. Les Français essuient tout de même un tir d’artillerie provenant de la batterie d’In Tepe. Kum Kale est très vite occupé et dans l’après-midi, tout le 6e RMIC et une batterie de canons de 75 mm du 8e Régiment d’Artillerie sont à terre. A 17h30, les Français avancent vers le cimetière de Kum Kale et le Mont Orkanie.
Mais les Turcs réagissent en début de soirée. A 18h00, une reconnaissance aérienne fait était d’une forte concentration de fantassins à Yeni Sher. Noguès arrête alors son attaque et regroupe ses bataillons sur Kum Kale et fait creuser des tranchées sommaires.

– A 20h30, les éléments de la 3e Division turque lancent la première contre-attaque. Les combats sont violent. Les Turcs réussissent à enfoncer la ligne française sur un point, forçant Noguès à lancer une vigoureuse contre-attaque pour les rejeter. Heureusement, pour le 6e RMIC, les canons de 75 mm et le soutien naval trouent les rangs des Turcs qui doivent se replier à la nuit.

– Le 26 avril, les Français reprennent leur avance sur Yeni Shehr, appuyés par les navires. Mais à 07h00, à leur grand étonnement, un parti de Turcs se rend et indique vouloir parlementer. Mais suite à un cafouillage (ou une erreur d’interprétation) plusieurs soldats français sont faits prisonniers pendant qu’une centaine de Turcs réussit à investir plusieurs maisons du village de Kum Kale pour s’y barricader. Bien que pris aux pièges, ils se battent farouchement au point qu’il faut faire donner les « glorieux 75 » pour les faire taire. Du côté du cimetière, le Bataillon de Tirailleurs Sénégalais du 6e RICM monte à l’assaut bien appuyé par les canons de campagne. Mais étonnamment, à 15h00, les 500 soldats turcs qui tiennent les tranchées se rend. Il semble que le feu des canons de 75 mm et le tir naval les aient conduits à déposer les armes. Les pertes françaises ont été particulièrement lourdes pour deux jours de combats : 778 hommes tués, blessés, prisonniers ou portés disparus. En revanche, ils ont infligé 1 730 pertes à leurs adversaires et capturé 500 prisonniers (1).

– Mais le 26 avril, Ian Hamilton ordonne à d’Amade d’arrêter les opérations de Kum Kale pour envoyer une brigade et l’artillerie de la 1re Division sur le Cap Helles afin d’appuyer la 29th Division. Il n’est dès lors plus question d’envoyer des renforts à Kum Kale et à 11h30, d’Amade demande au général britannique de pouvoir évacuer le 6e RCIM et l’artillerie, ce qui lui est accordé.
Durant la nuit du 26 au 27, la marine française évacue le vaillant régiment colonial et les canons de 75 mm dans un ordre parfait pour les envoyer sur le Cap Helles. Le 27 avril, les Turcs réoccupent tout Kum Kale.

(1) in HART Peter : Gallipoli

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 3

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 3

* L’ECHEC DU 4-5 MARS – Le 4 mars, les Britanniques mettent sur pied une opération amphibie plus importante. Il est prévu de faire débarquer deux compagnies sur la face sur de la Péninsule de Gallipoli, à Kum Kale et Sud el-Bahr. L’Opération – ou plutôt le coup de main…

5 mars 2015

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 6

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 6

– LE PLAN DE HAMILTON : HÂTE ET NÉGLIGENCES  – Lorsque il élabore le plan de débarquement pour le 25 avril 1915, l’état-major de Sir Ian Hamilton part avec un inconvénient mais aussi deux avantages. Le premier est l’absence totale d’effet de surprise. En revanche, former une tête de pont est…

21 avril 2015

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 10

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 10

– LA SECONDE BATAILLE DE KRYTHIA (28 avril – 9 mai 1915) – L’erreur grossière de Hamilton est d’avoir laissé Kum Kale inoccupé, permettant ainsi aux Turcs d’y réinstaller des canons qui pilonnent impunément la partie européenne. Cependant, les 26-27 avril, la 1re Brigade Métropolitaine (Général Vandenberg) débarque sur «…

19 mai 2015

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4 octobre 2014
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Histoire & Culture

Richelieu : L’Homme Rouge au service de l’Etat

by adminfhesp 3 octobre 2014

Le 4 décembre 1642 , épuisé et gravement malade, Son Éminence Armand Jean du Plessis Cardinal de Richelieu, Duc et Pair de France s’éteint à Paris après avoir prononcé ces mots : « Je n’ai d’autres ennemis que ceux de l’Etat »

– En somme, pour reprendre les mots du défunt Philippe Erlanger, le Cardinal fut certes un singulier homme d’Eglise mais incontestablement le plus grand homme d’Etat de la France Moderne.

– Bien plus éloigné des clichés restés dans l’imaginaire national grâce à Alexandre Dumas, le Cardinal de Richelieu – surnommé « l’Homme Rouge » (par référence à son manteau couleur du sang) ou  « le Grand Satrape » par ses ennemis – fut un grand serviteur de la Couronne de Louis XIII qu’il conseilla jusqu’au bout.

– Né le 9 septembre 1585 à Paris (ou en Poitou selon d’autres), fils du Grand Prévôt de Henri III, François du Plessis de Richelieu et de Suzanne de la Porte. Armand-Jean du Plessis entre au Collège de Navarre puis à la Sorbonne où il obtiendra un doctorat en théologie. Il s’oriente d’abord vers la carrière des armes mais doit prendre la barrette et la crosse épiscopale du diocèse de Luçon, propriété de sa famille du fait que son second frère aîné Alphonse choisit d’entrer à la Grande Chartreuse (Armand le placera à l’Archevêché de Lyon après être arrivé au Conseil du Roi). Il grandit politiquement dans l’ombre de la Reine Marie de Médicis et de Concino Concini Maréchal d’Ancre. Il se fait notamment remarqué en prononçant un discours éloquent lors des Etats-Généraux de 1614. Éloigné du Louvre après la mort de Concini (1617), il revient en grâce en 1624 après avoir réconcilié Louis XIII et Marie Junon de Médicis suite à la drôlerie des Ponts-de-Cé. Il va alors s’employer à servir Louis XIII, ce qui va irrémédiablement le brouiller avec la mère du souverain, dévote et pro-espagnole.

– Grâce au soutien de son Principal Ministre, Louis le Juste abat le très puissant parti Huguenot et apaisé la situation confessionnelle par l’édit de Grâce d’Alès (1629), rabattu l’orgueil des Grands du Royaume (édit de 1626 sur l’interdiction du duel, démantèlement des forteresses…) malgré les cabales et conjurations (du Chalais, Thou, Soissons, le Maréchal Louis de Marillac, Cinq-Mars). Il s’efforce de réformer l’État (création des Intendants de Police, Justice et Finances) et rendre la fiscalité plus efficace afin de financer l’effort de guerre français, et cela, en dépit des émotions populaires (Croquants en Périgord et Va-Nu-Pieds en Normandie) qui agitent le Royaume.

– Il réussit après la Journée des Dupes (10-11 nov. 1630) à écarter les dévots pro-espagnols (Marie de Médicis, le Chancelier Michel de Marillac, Pierre de Bérulle) pour lancer la France dans la Guerre de Trente Ans contre l’hégémonie des Habsbourg. Richelieu pouvait compter sur l’aide incomparable de son ami François Le Clerc du Tremblay dit le Père Joseph, membre de l’Ordre des Capucins, pour connaître la vie des cours européennes et rallier divers princes à la cause française. C’est ainsi que la France du Très Chrétien Louis XIII s’allie la Suède de Gustave-Adolphe (Traité de Ratisbonne de 1631) et des Princes Protestants d’Allemagne. Alliance qui passait pour très étonnante sinon scandaleuse auprès des Cours catholiques, quand on sait la haine que portait Gustave-Adolphe au Papisme. Mais comme le recommandait le Père Joseph : « Il faut user de l’alliance avec la Suède comme du venin. Le peu soigne, le trop tue ».
Par conséquent, si la diplomatie française compte bien s’appuyer sur la puissante arme de guerre forgée par le Lion du Nord, elle ne s’en inquiète pas moins de certaines menées du Roi de Suède, notamment à Cologne où le nouvel allié de Louis XIII force le Prince-Archevêque Électeur à s’enfuir. Au moins, les Français obtiennent-ils de Gustave-Adolphe l’assurance de la liberté de culte catholique dans cette région (H. Bogdan).

– Richelieu convainc Louis XIII de former des Portes sur les frontières est du Royaume en s’assurant le contrôle des Trois-Evêchés en Lorraine (Metz, Toul et Verdun) et de l’Alsace, ce qui sera concrétisé par la prise de Neuf-Brisach en 1638.
Si en 1635, la Guerre contre l’Espagne ne commence pas sous les meilleurs auspices (siège de Corbie), la situation se rétablit dès 1638. Alors que les Tercios de Philippe IV d’Espagne marchent sur Paris, Louis XIII appelle son peuple aux armes malgré les épreuves. D’abord prostré dans le Palais Cardinal, Richelieu décide toutefois de sortir dans les rues de Paris malgré la détestation dont il fait l’objet. Toutefois, il relaie l’appel du Souverain et s’attire la sympathie des Parisiens. Grâce aux efforts entrepris, la situation est rétablie (dégagement de Corbie et résistance de Saint-Jean-de-Losne), ce qui permet à Louis XIII de reprendre l’offensive en Artois. Plus au sud, la Catalogne se soulève elle aussi contre Madrid, ce qui permet au Roi et au Cardinal de mettre la main sur le Roussillon après la chute de Perpignan (1641-1642). Souhaitant absolument voir tomber Perpignan et alors que se trame la conspiration de Cinq-Mars, Richelieu alors gravement malade, se fait transporter en litière par voie fluviale.
Enfin, Richelieu soutient l’entreprise de constituer un empire colonial à la couronne et fait poursuivre la colonisation du Canada Français entreprise dès le règne d’Henri IV. Il fonde donc la Compagnie des Cent-Associés ou Compagnie de la Nouvelle France qui détient le monopole du commerce des fourrures.

– Bien qu’aristocrate, Richelieu avait peuplé le Conseil Royal et plusieurs institutions judiciaires et civiles de ses créatures, qui bien que brutaux pour la plupart et rapaces pour certains, se sont montrés d’efficaces et zélés subalternes : Pierre Séguier (Sceaux), Abel Servien (Secrétariat d’Etat à la Guerre), Claude Bouthillier de Chavigny (Secrétariat d’Etat aux Affaires étrangères), ainsi que l’impitoyable mais intègre Isaac de Laffemas (Lieutenant-Civil de la Prévôté de Paris). Toutefois, les tensions existantes entre Chavigny et Servien, tout comme les soupçons de versements de pots-de-vin pesant sur le second, conduiront le Cardinal à congédier Servien pour le remplacer par François Sublet de Noyers. Pour la guerre, le Cardinal choisit aussi les talents malgré un népotisme certain. C’est ainsi que son neveu Jean-Armand de Maillé Duc de Fronsac le remplace comme Grand Maître de la Navigation, ce qui ne l’empêchera pas de remporter la victoire navale de Tarragone. Richelieu appuie aussi les promotions de Charles de La Porte Marquis de La Meilleraye, Grand Maître de l’Artillerie et de Jean de Gassion, réformateur de la Cavalerie française et futur vainqueur de Rocroi.

– Du point de vue religieux, bien que prônant l’alliance avec une puissance protestante et hostile à l’idée de relancer les Guerres de Religions à l’intérieur du Royaume, le Cardinal de Richelieu n’oublie pas qu’il était un prince de l’Église romaine. Il veilla à ne pas s’attirer l’hostilité d’Urbain VIII et déploya maints efforts pour installer durablement la Réforme du Concile de Trente dans le clergé de France. La moralisation du clergé s’accélère, les ordres réguliers furent réformés (en grande partie grâce aux importants bénéfices de Son Éminence, Abbé Honoraire de Cluny) et des séminaires sont fondés à Paris comme en province. Si le cardinal de Bérulle fit les frais de la politique royale, des personnalités comme Saint Vincent de Paul et Sainte Jeanne de Chantal poursuivirent leur œuvre, amorçant la dynamique du Siècle des Saints.

Gisant du Cardinal à la Sorbonne (photo de l'auteur)

Gisant du Cardinal à la Sorbonne (photo de l’auteur)

– Souhaitant épurer et retravailler la langue française, Richelieu réunit en 1635 plusieurs gens de Lettres dans l’Académie, institution qui a perduré jusqu’à aujourd’hui. Y ont figuré Séguier (qui a contresigné l’acte de création), Jean Chapelain et Valentin Conrart. Pierre Corneille en fut aussi membre mais il se brouilla avec le Cardinal et quitta l’Institution. En revanche, ses relations avec Pierre Corneille étaient plus difficile. L’opinion que le grand dramaturge avait du Grand Cardinal se résume dans cette maxime : « Il m’a fait trop de bien pour que j’en dise du mal. Il m’a fait trop de mal pour que j’en dise du bien ».

– Amateur d’art, il avait protégé et soutenu de grands noms de l’Art français du XVIIe comme l’architecte Jacques Lemercier et les peintres Simon Vouet et Philippe de Champaigne (qui fut son portraitiste attitré et le peignant plus grand qu’il ne l’était). Sur son lit de mort, il convainc Louis XIII de s’adjoindre les services de son ami, le Cardinal Jules Mazarin.

Il nous a laissé la ville de Richelieu en Touraine (qui a aussi inspiré Versailles), le Palais-Royal, ainsi que la Chapelle de la Sorbonne, où il fut inhumé. Son tombeau fut saccagé par les Enragés en 1793.

Citations :– « En matière d’Etat, il faut tirer profit de toutes choses, et ce qui peut être utile ne doit jamais être méprisé »
–  « Savoir dissimuler est le savoir des Rois ».
– « Les Rois de France n’ont pas de jambes pour marcher en arrière ».
– « Perdre bientôt la mémoire d’un bienfait est le vice des Français ».
– « L’autorité contraint à l’obéissance, mais la raison y persuade ».
– « Les plus nobles conquêtes sont celles des cœurs et des affections ». 


Lire :

– ERLANGER Philippe : Richelieu, Perrin, coll. Tempus
– HILDESHEIMER Françoise : Richelieu, Flammarion
– CARMONA Michel : Richelieu. L’ambition et le pouvoir, Perrin
– PETITFILS Jean-Christian : Louis XIII, Perrin
– Bogdan Henri : La Guerre de Trente Ans, Perrin, coll. Tempus

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Charles de La Porte Marquis de la Meilleraye, « le grand canonnier » de Louis XIII

Charles de La Porte Marquis de la Meilleraye, « le grand canonnier » de Louis XIII

Fils de Charles de La Porte Premier du Nom, avocat au Parlement et de Claude de Champais, Charles de La Porte futur Marquis de La Meilleraye et Duc de Rethel voit le jour à Paris en 1602. Sa famille est originaire de la Gâtine (le pays de Parthenay, aujourd’hui dans…

8 février 2016

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25 mai 1510 : mort du Cardinal d'Amboise

25 mai 1510 : mort du Cardinal d’Amboise

Né en 1460 au château de Chaumont-sur-Loire au sein d’une vieille famille de la noblesse tourangelle, fils de Pierre d’Amboise et d’Anne de Bueil, le brillant Cardinal Georges d’Amboise a été considéré comme un véritable premier ministre durant le règne de Louis XII tel Richelieu (Lucien Bély). Ses frères feront…

25 mai 2013

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Louis II de Bourbon, le « Grand Condé »

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« Que ne doit point le royaume à un prince qui a honoré la maison de France, tout le nom français, son siècle, et pour ainsi dire l’humanité tout entière ? Louis le Grand est entré lui-même dans ces sentiments. Après avoir pleuré ce grand homme et lui avoir donné par…

10 décembre 2016

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3 octobre 2014
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Histoire & Culture

Denis Tillinac: « Dictionnaire amoureux de la France »

by adminfhesp 24 septembre 2014

« Le terroir et la littérature ont toujours fait bon ménage.
Diverse et belle, la France n’en finira jamais d’inspirer les écrivains. Avec ce Dictionnaire amoureux, Denis Tillinac nous offre le plus beau des miroirs car l’image ici réfléchie est tout simplement celle de notre histoire.

Pour certains, la France n’est qu’une idée, un art de vivre, un mode de citoyenneté ! Pour d’autres, c’est surtout une galerie de portraits – des héros, des poètes, des insoumis géniaux, des penseurs. Pour d’autres, une pléthore de beaux paysages et de monuments somptueux.

Pour Denis Tillinac, elle est tout cela, mais infiniment plus. C’est une personne à la fois très charnelle et un peu idéale dont il aime – en amoureux transi – les figures symboliques, les lieux, les styles, la mémoire, y compris les moins convenues. Avec lui on se balade
entre la môme Piaf à Montmartre, Arsène Lupin à Etretat, d’Artagnan ou Balzac sur les mille départementales de son imaginaire.
Et pour cause : l’auteur a passé l’essentiel de sa vie à sillonner le pays de ses rêves, accessoirement de ses racines, entre la capitale et son village. La France, c’est sa demeure, sa fiancée éternelle, le ressort innombrable de ses songes. Ce qu’il a vu, ce qu’il a lu, ce qu’il a dégusté en érudit en en gourmand, compose un camaïeu assez prodigieux. Ce voyage enchanté, totalement non-conformiste, peut être lu comme le témoignage de ce patriotisme que les Français ont dans le cœur, sans le savoir d’où qu’ils proviennent. Mais on peut aussi le savourer par fragments pour découvrir une France insolite, charmeuse, enjôleuse. Toujours avec la tendresse et l’humour qui sont la marque de cet écrivain. Pour lui, c’est le livre le plus important qu’il ait jamais écrit, une sorte de testament, un acte de gratitude.

Denis Tilliniac, Dictionnaire amoureux de la France, Plon (2008)

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26 février 1802: Naissance de Victor Hugo

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Victor Hugo est né le 26 février 1802 à Besançon Écrivain, dramaturge, poète, intellectuel engagé, Victor Hugo laisse derrière lui une œuvre  immense et protéiforme. Son roman intitulé les  Misérables (1862) tient une place de choix dans cette œuvre et illustre bien son engagement politique en faveur des plus démunis.L’auteur…

26 février 2012

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La France recommence depuis quelques mois à pleurer le nom de ses morts en opération. Régulièrement, les médias rappellent à notre souvenir que des soldats français continuent à donner leur vie, que ce soit dans les Balkans, en Afghanistan, en Afrique ou au Liban. Ces mots d’Ernest Psichari (1883-1914), qui…

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Souhaitant donner à la langue française toute sa clarté et son uniformité, le Cardinal de Richelieu décide de réunir des gens de lettres au sein d’une Académie qui serait dirigée vers ce travail. La création d’académies n’est pas le fait du grand Cardinal-ministre de Louis XIII. En effet, des sociétés…

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24 septembre 2014
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