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Histoire & Culture

Histoire & Culture

1-22 avril 1945 : la marche de la Ire Armée Française sur Stuttgart

by adminfhesp 16 avril 2016

1 – LA SÉCURISATION DE LA RIVE GAUCHE DU RHIN 

A – LA CONSOLIDATION DES POSITIONS SUR LA RIVE DROITE

– Après le franchissement du Rhin par la 2nde DIM, de Lattre se conforme aux ordres du Général de Gaulle et fait traverser le fleuve au reste de la Ire Armée. Pour l’heure, les unités de la Ire Armée élargissent la tête de pont constituée la veille. Au sud, le 151e RI (Colonel Gandoët) s’empare de Rheinseheim, pendant que le 4e Tirailleurs Marocains (Lt.Col. Clair) prend Philippsbourg, là où plus de deux siècles auparavant, le Maréchal Jacques de Berwick avait trouvé la mort. De Lattre donne pour mission à la 2nde Division d’Infanterie Marocaine de Carpentier de sécuriser la rive droite du Rhin. Ainsi, toujours durant la journée du 1er avril, le 4e RTM s’empare de Neudorf, puis après avoir contourner une série de casemates, rejette les troupes ennemies défendant Graben. Pendant ce temps, le 151e RI nettoie le Bois de Lusshart, avant de prendre Kirrlach et Hambrücken. Le Régiment fait ensuite sa jonction avec le 3e Tirailleurs Algériens.

– Plus au nord, après négociations, le Général Augustin Guillaume patron de la 3e DIA, obtient l’autorisation du Major.General Edward H. Brooks (commandant du VIth US Corps formant l’aile droite la VIIth Army) de faire passer chars et véhicules sur le pont lourd construit par le Génie américain à hauteur de Mannheim. Dans la journée, les chars légers M5 Stuart du 3e Régiment de Spahis Algériens de Reconnaissance (RSAR) et les canons portés du 7e Régiment de Chasseurs d’Afrique (Colonel Alphonse Van Hecke) franchissent le Rhin avant de se rabattre aussitôt en angle droit vers le sud. Pulvérisant la défense de Hockenheim, les équipages font leur jonction avec le 3e RTA. Les Tirailleurs coopèrent alors avec les chars pour s’emparer de Russheim et Mingolsheim. Un groupe de reconnaissance mécanisé parvient même à couvrir 20 km jusqu’à Bruschal. Parallèlement, le 3e RTA établit sa jonction avec la 10th US Armored Division (10e Division blindée américaine) arrivée depuis Heidelberg.

– Le 1er avril toujours, de Lattre fait rédiger sa directive

16 avril 2016
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Histoire & Culture

Vins et crus du Rhône : Vacqueyras

by adminfhesp 16 avril 2016

Le nom de ce vin vient du latin Vallea quadreria, la vallée des pierres. Cette appellation est la dernière créée pour les Côtes-du-Rhône (1990). Son vignoble s’étend au pied des dentelles de Montmirail, entre Vacqueyras et Sarrians et est enrichi par l’apport des cailloux roulés déposés par l’Ouvèze.


– Les rouges

Ils sont issus des cépages « ensoleillés » Grenache noir, Syrah, Mourvèdre et Cinsault. Complexes et concentrés, d’une robe rubis, les Vacqueyras rouges délivrent au nez une palette de cassis et de cerise dans leur jeunesse. Cette palette évolue vers des fruits cuits et confits, notamment la figue, avec des nuances fumées, épicées (poivre, garrigue). En bouche, ils sont puissants, charpentés grâce à de jolis tannins et riches. On les déguste à 14-16 °C sur de l’agneau et de la viande rouge grillée.

On peut enfin les conserver jusqu’à cinq ans.

 

– Les rosés

Eux aussi issus du Mourvèdre, du Grenache Noir et du Cinsault, ils offrent une robe rose soutenue, des arômes d’agrumes (surtout du pamplemousse) et s’expriment en bouche avec du parfum rappelant le terroir provençal. On les sert volontiers sur des salades ou de la charcuterie.

 

– Les blancs

 Issus de la Clairette, du Grenache blanc, du Bourboulenc et de la Roussanne, les blancs de Vacqueyras offrent une robe or pâle à reflets verts, ainsi qu’un harmonieux mélange d’arômes de fleurs blanches (acacia, genêt) et de fruits (pamplemousse). Ils sont enfin gras, aromatique et frais en bouche. Ils sont à déguster frais avec du poisson aromatisé aux herbes de Provence.

Source : Dictionnaire des vins de France, Hachette, Paris

 

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Vins d'été : Rosé d'Anjou

Vins d’été : Rosé d’Anjou

On peut dire que ce sont des vins « jeunes » car les vignes originelles du XIXe siècle ont été détruites par l’épidémie de phylloxera qui a frappé le vignoble français au début du XXe siècle. Issu donc de « nouveaux » cépages (Cabernet franc, Cabernet-Sauvignon, Pineau d’Aunis, Gamay, Côt et Grolleau), le Rosé…

1 juillet 2015

Dans « Non classé »

Campagne de 1814 - 29 janvier : Victoire de Brienne

Campagne de 1814 – 29 janvier : Victoire de Brienne

Après la grave défaite de Leipzig en octobre 1813, Napoléon a dû replier sa Grande Armée sur l’Elbe, puis sur le Rhin qui est franchi le 7 novembre. Une plus grande catastrophe a pu être évitée grâce aux talents manœuvriers du Prince Eugène de Beauharnais qui a réussi à stabiliser…

29 janvier 2016

Dans « Grande Armée »

5 août 1796 : Victoire de Castiglione

5 août 1796 : Victoire de Castiglione

Avec les victoires de Montenotte et de Lodi, les Français du Général Bonaparte ont occupé Vérone et chassé les Autrichiens d’Italie, au nord du Tyrol. Seule la garnison de Mantoue commandée par le Feld-Maréchal-Lieutenant Joseph Canto d’Irles. Alors, le Feld-Maréchal Dagobert von Würmser décide d’envoyer 25 000 hommes par-delà les Alpes tyroliennes pour secourir les défenseurs…

5 août 2016

Dans « 1715-1804 »

16 avril 2016
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Histoire & Culture

4 décembre 1923 : Mort de Maurice Barrès

by adminfhesp 16 avril 2016

Né en 1862 à Charmes dans les Vosges, enfant il est profondément marqué par la séparation de la Lorraine à l’issue de la Guerre de 1870, ce qui le conduira à devenir l’un des chantres de la Revanche et du Nationalisme anti-allemand. Il fut notamment boulangiste et membre de la Ligue des Patriotes de Paul Déroulède.

– Journaliste et écrivain s’assumant de droite, d’abord antidreyfusard avant de se radoucir pour faire l’éloge des combattants juifs français dans les Tranchées,
il sera élu à l’Académie Française en 1906 au siège de José-Maria de Heredia.

– D’abord influencé par la pensée de Hippolyte Taine et d’Ernest Renan, il glissera peu à peu vers une littérature plus teintée de catholicisme.

Il est l’auteur  entre autres, du Culte du Moi, La Terre et les Morts, L’Ennemi des lois, Le Roman de l’Énergie Nationale, Les Bastions de l’Est et de La Colline Inspirée.

« Certes, une telle connaissance de la Patrie ne peut être élaborée que par une minorité, mais il faut qu’ensuite tous la reconnaissent et la suivent.
À ce résultat général comment parvenir ?
En développant des façons de sentir qui naturellement existent dans ce pays.
On ne fait pas l’union sur des idées, tant qu’elles demeurent des raisonnements ; il faut qu’elles soient doublées de leur force sentimentale. À la racine de tout, il y a un état de sensibilité. On s’efforcerait vainement d’établir la vérité par la raison seule, puisque l’intelligence peut toujours trouver un nouveau motif de remettre les choses en question.
Pour créer une conscience nationale, nous devons associer à ce souverain intellectualisme un élément plus inconscient et moins volontaire…
…Cette voix des ancêtres, cette leçon de la terre, rien ne vaut davantage pour former la conscience d’un peuple. La terre nous donne une discipline, et nous sommes le prolongement de nos ancêtres. Voilà sur quelle réalité nous devons nous fonder. »

(La Terre et les Morts)

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Brève - 29 mars 1796 : Charette est fusillé à Viarme

Brève – 29 mars 1796 : Charette est fusillé à Viarme

– Il reste sans doute l’un des chefs de la Vendée militaire les plus connus (et les plus hauts en couleurs), notamment parce qu’il a continué de lutter contre la Convention et le Directoire après les massacres de Savenay. – Né en 1763 à Couffé, François-Athanase de Charette de la…

29 mars 2016

Dans « 1715-1804 »

6 septembre 1683 : Mort de Colbert

6 septembre 1683 : Mort de Colbert

Considéré comme l’archétype de grand commis scrupuleusement dévoué à l’État, l’homme qui mit fin à l’ascension de Nicolas Fouquet reste encore l’une des personnalités marquantes du Grand Siècle, puisqu’il resta plus de vingt-deux années au service du Roi Soleil. Né en 1619 dans une famille de la bourgeoisie drapière rémoise,…

6 septembre 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

Général Diego Brosset

Général Diego Brosset

« La 1re DFL ? Elle est comme ma fille, une fille susceptible, bien douée, capricieuse, difficile et, quand elle veut, charmante. (…) Elle a des excuses à ne pas être comme tout le monde. Elle s’est formée en courant le monde… C’est une grande unité qui a de la…

20 novembre 2015

Dans « Histoire militaire française »

16 avril 2016
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Histoire & Culture

POURQUOI « FRANCE-HISTOIRE-ESPÉRANCE »?

by adminfhesp 16 avril 2016
16 avril 2016
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Histoire & Culture

Hélie de Saint Marc, « Les Champs de braises »

by adminfhesp 16 avril 2016

Dans une époque où l’engagement fait peur, voici le témoignage d’un homme qui n’a pas eu peur de s’engager. Résistant, déporté en camp de concentration, légionnaire durant les guerres d’Indochine et d’Algérie, Hélie de Saint Marc n’aura pas été épargné par les épreuves, y compris celle d’être condamné par les autorités de son propre pays.

Une vie dense et romanesque, toujours habitée par la soif de comprendre :
Pourquoi ? Pourquoi tant d’horreurs et de souffrances? 

La vie du soldat apparaît comme une tentative de réponse : avancer en terre inconnue, faire face au danger, tomber parfois, se relever, toujours. Pas de fatalisme, mais une vie faite d’ombres et de lumières, d’aventure et d’espérance, de « braises » qui ne demandent qu’une étincelle pour brûler à nouveau…

« En quelques années, ma situation apparente s’est ainsi retournée du tout au tout. Le soldat perdu et malade est
devenu un témoin que l’on sollicite. Mais l’homme intérieur, lui, n’a pas changé. Je sais ce qu’il peut y avoir de vanité et d’artifice dans l’image que les assemblées attentives claquent sur vous. C’est pourquoi je cherche constamment à décaper sur mon visage le fard insensible qui vient à ceux qui accèdent à une petite renommée, ceux qu’on mentionne en note dans les livres d’histoire, ceux qui accrochent, dans certains cercles d’amis, des regards inconnus. Je désamorce l’admiration touchante. Je me souviens du Revier de Langenstein, de la cellule de Tulle et d’une chambre d’hôpital la nuit. Là j’ai rencontré la vérité de mon destin. Personne ne m’enlèvera cette peau de chagrin. Car celle-là, du moins, est à moi. »

Les Champs de braises. Mémoires avec Laurent Beccaria, Perrin, 1995

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Hommage à Hélie de Saint Marc :

Hommage à Hélie de Saint Marc : « Simplement essayer d’être un homme »

Aujourd’hui 26 août 2013, Hélie de Saint-Marc âgé de quatre-vingt-onze ans, nous a quitté à La Garde-Adhémar pour son dernier grand saut. En hommage à cet homme d’Honneur, d’Engagement et de Noblesse, amoureux de l’Asie, qui connut l’horreur des camps nazis, les rizières d’Indochine et l’internement à Frênes, nous publions…

26 août 2013

Dans « Non classé »

« Que dire à un jeune de 20 ans ? » Hélie de saint Marc

Voici le précieux témoignage d’un résistant, d’un homme de combat et d’honneur s’adressant aux jeunes d’aujourd’hui :  une invitation au courage, à la quête de absolu et au don de soi… « Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa…

26 août 2013

Dans « Non classé »

Hélie de saint Marc :

Hélie de saint Marc : « Que dire à un jeune de vingt ans ? »

Au moment où une rue de Bézier est rebaptisée « rue du commandant Hélie Denoix de Saint Marc », il semble opportun de relire ce beau texte où l’ancien résistant rappelle à la jeunesse ce qu’il considère comme « l’honneur de vivre »… « Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a…

14 mars 2015

Dans « Non classé »

16 avril 2016
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Histoire & Culture

Chroniques de la Grande Guerre 1 – La course aux armements

by adminfhesp 16 avril 2016

La phase préparatoire de la Première Guerre mondiale baptisée « Course aux Armements »  comprend deux périodes distinctes. Elle prend racine peu après l’avènement du Kaiser Guillaume II lorsque le jeune souverain rompt avec la prudente Realpolitik d’Otto von Bismarck pour lancer l’Allemagne dans une nouvelle Weltpolitik. Celle-ci tendait à affirmer la place du II. Reich allemand non plus seulement en Europe mais dans le monde face à la Grande-Bretagne et à la France. C’est la période marquée par la personnalité du Gross-Admiral Alfred von Tirpitz.

La seconde période qui va de 1905-1907 à 1914 est marquée par l’effacement des tenants de la Weltpolitik (1) et de l’armement naval au profit des terriens de l’état-major impérial – Erich Ludendorff en tête – qui convainquent Guillaume II de la nécessité de renforcer le potentiel terrestre de la Kaisersheer (2) face à l’encerclement géopolitique du Reich menacé conjointement par la Russie et la France.

Bien entendu, si l’Empire allemand a sans doute fourni le plus gros effort industriel en matière d’armement à la veille de la Grande Guerre, la France et la Grande-Bretagne n’ont pas été en reste. Seule la Russie de Nicolas II n’a pu accélérer sa transition dans ce domaine, faute de capacités structurelles et matérielles. Malgré une production de canons, cette puissance dépendra bien souvent des approvisionnements français.

Précision pour vous chers lecteurs et chères lectrices, nous traiterons essentiellement ici des ARMEMENTS LOURDS. Les armes individuelles et collectives des fantassins feront l’objet d’un article ultérieur.

1. LA COURSE AUX ARMEMENTS NAVALS

A. Les ambitions navales allemandes

Avant l’accession au pouvoir du Kaiser Guillaume II, la Grande-Bretagne est la première puissance navale du monde en matière de tonnage ; celui-ci étant égal ou supérieur à la capacité cumulée des deux.  Le principe du Two-Power-Standard, répondant aux impératifs d’assurer sa protection comme celle de ses colonies et routes commerciales. Dans ses recommandations aux Président Theodore Roosevelt, l’Amiral américain Alfred T. Mahan montrait comment Londres avait assuré la prospérité de son empire grâce au déploiement d’une flotte puissante.

Après le départ d’Otto von Bismarck, Guillaume II estime qu’il est temps pour l’Allemagne de briller dans le monde et de se constituer un empire colonial. En écho aux  ambitions du Kaiser et en adepte scrupuleux des thèses de Clausewitz, le Gross-Admiral Alfred von Tirpitz estime que, pour répondre aux besoins de sa nouvelle Weltpolitilk, le Reich doit se doter d’une puissante marine (sans pour autant tenir compte de la diplomatie). Or, les stratèges navals britanniques se basent beaucoup sur les théories de Mahan qui préconise la bataille décisive. Comme l’a montré Joseph Henrotin, seul le grand stratégiste de l’Amirauté, Sir Julian Corbett préconise plusieurs déploiements simultanés afin de sécuriser les lignes de communication sans rechercher le combat décisif.

Or en 1897, von Tirpitz préconise la construction de soixante cuirassiers lourds en six étapes sur vingt ans (soit trois cuirassiers en un an). La planification industrielle navale, d’apparence relativement modeste dans le temps, vise à ne pas inquiéter la Grande Bretagne tout en préparant une force navale capable d’anéantir les capacités de la Royal Navy en une bataille décisive – Vernichtungsschlacht – en Mer du Nord.

Dans un document secret remis à Guillaume II,  vont Tirpitz explique au Kaiser : « L’Allemagne doit faire porter tous ses efforts sur la création d’une flotte de guerre qui seule lui garantirait une influence maritime face à l’Angleterre. Mais avant de pouvoir songer à l’exploiter, il faut que la bataille ait été livrée et emportée. […] Concentrons donc nos ressources sur cette victoire ».
Convaincu, Guillaume II donne son accord à la constitution de la nouvelle Kriegsmarine, et demande la levée des financements nécessaires, au détriment du renforcement technique de l’Armée de Terre.

B. La Réaction britannique

Selon l’historien allemand Karl Hildebrand, les ambitions de von Tirpitz se sont révélées très vite irréalisables, sinon fantaisistes, d’autant que Sir John Fisher, Premier Lord de l’Amirauté (et qui tend attentivement l’oreille aux thèses de Corbett) reçoit les renseignements concernant les projets allemands.
Pour contrecarrer les ambitions allemandes, Fisher annonce que la Grande Bretagne va lancer la construction de quatre nouveaux vaisseaux de surface de dernière génération de type Dreadnought. Tirpitz lui emboîte le pas mais doit vite déchanter car les budgets ne peuvent suivre les ambitions du Grand Amiral allemand.

Du côté britannique, lorsqu’il prend sa charge de First Lord of Sea en 1904, Sir John Fisher dresse un constat sévère de l’état de la Royal Navy d’alors. Passé les remontrances, l’énergique patron de la RN lance alors un important programme d’armement pour les grands navires de ligne. C’est donc dans cette optique que sont construits les HMS Dreadnought et HMS Invicible. Suivent ensuite des croiseurs et des destroyers.

Grâce aux efforts de Fisher et aux importants crédits accordés par les gouvernements Campbell-Bannerman et Asquith, en 1913-1914, la seule Grand Fleet (différenciée de la Reserve Fleet) peut se prévaloir d’un avantage certain de 22 navires de type Dreadnought contre 14 pour la Kriegsmarine, sans compter les 35-40 croiseurs et autres navires de guerre disponibles alors.

2. LA COURSE AUX ARMEMENTS TERRESTRES

A. Le Reich Allemand

1. La décision :

Le développement de l’armement terrestre allemand répond à des impératifs géopolitiques évidents. Depuis 1893, la France de la IIIe République anticléricale est l’alliée de la Sainte Russie Orthodoxe, pour reprendre les mots de Pierre Milza, ce qui place le Reich de Guillaume II entre deux probables adversaires. En outre, en 1907, la consécration du Système Delcassé voit la Grande-Bretagne et la Russie solder leur contentieux concernant leurs zones d’influences en Asie Centrale (Afghanistan et Perse). La France est déjà alliée aux deux autres puissances, ce qui donne naissance à la Triple Entente.

Pour les hauts-responsables de la Kaisersheer – Helmuth von Moltke le Jeune, Paul von Hindenburg, Erich von Falkenhayn et Erich Ludendorff en tête – il est grand temps d’abandonner le programme naval hasardeux de von Tirpitz (d’autant plus que la Kriegsmarine s’est discréditée lors de l’affaire d’Agadir en 1911) pour reprendre le développement des armements terrestres (artillerie lourde et mitrailleuses en particulier).
Il n’empêche qu’en 1912, la Lex Bassermann-Erzberger est votée au Reichstag pour doter l’Allemagne de moyens militaires encore plus importants. L’industrie de guerre doit notamment accroître la production de canons, de mitrailleuses, d’obusiers lourds et bien sûr, de munitions de tous calibres.
Lors de la Guerre de 1870, l’Armée de Napoléon III eut la très mauvaise surprise de découvrir que l’artillerie adverse, conçue et fabriquée par les usines Krupp, utilisaient des canons rayés tirant des obus et non plus des boulets et se chargeant par la culasse et non plus par la bouche. Nous y reviendrons dans un article consacré aux plans de guerre et à l’emploi des forces chez les belligérants mais il est nécessaire de bien préciser que l’Artillerie prend une place importante dans la doctrine militaire allemande ; ce qui explique le développement prépondérant de l’artillerie lourde dans le Reich.

Parallèlement au développement de la Kriegsmarine, la Kaisersheer, de concert avec l’Artillerie-Konstruktion-Büro (A.K.B) et les firmes Krupp et Rheinmetall, se lance alors dans un programme de modernisation et d’augmentation de la puissance de feu de son parc d’artillerie. Dès 1896, l’état-major fait remplacer les anciens modèles de canons Krupp par tout une gamme de bouches à feu plus modernes. Naît ainsi l’obusier léger l.F.H 98/09 de calibre 10,5 cm (3) destiné à appuyer l’infanterie lors de l’assaut. 1 260 de ces modèles sont disponibles lors de la mobilisation.

En 1904, en réplique au 75 mm Français, la firme Rheinmetall reprend le modèle du Felkanone 96 n/A (canon de campagne), alors passé de mode. Doté d’un calibre de 7,7 cm, du nouveau système de recul Ehrhardt et du dispositif d’arrêt Krupp, le nouveau modèle va équiper plusieurs régiments d’artillerie en quantité conséquente.
Mais c’est surtout dans l’artillerie lourde que l’industrie de guerre allemande va particulièrement se distinguer. En 1895, par la décision impérative Allerhöchste-Kabinetts-Order (A.K.O), Krupp et l’AKB conçoivent un nouvel obusier (Mörser) amélioré avec un tube au poids allégé et un recul simplifié. En 1904, Krupp met au point le 10 cm Kanone 1904, doté d’une bonne mobilité comme d’une bonne vitesse de tir (560 m/s). Dans la foulée Krupp produit encore le 13 cm Kanone. Adopté en 1909 il n’est encore produit qu’en petit nombre mais équipera les batteries d’artillerie de siège lors de l’entrée en guerre du Reich.
En 1899, l’état-major impérial et l’A.K.B demandent à Krupp et Rheinmetall de concevoir un modèle amélioré du vieux schwere-Mörser (obusier lourd) utilisé durant la guerre contre les Français. Les deux firmes entrent alors en concurrence et conçoivent plusieurs modèles de Mörsers qui sont refusés entre 1905 et 1908.

Toutefois, en 1910, Krupp sort (avec l’aide de Heinrich Ehrhardt, l’un des meilleurs ingénieurs industriels de Rheinmetall) le 21 cm Mörser 16. Conçu spécialement pour écraser des positions fortifiées ou non, ce nouveau modèle peut tirer un obus de 120 kg à une portée 11 100 mètres pour une vitesse de tir de 393 m/s. Enfin, comme si cela ne suffisait pas, à partir de 1896, Krupp met encore au point un obusier lourd de calibre 30,5 cm, le schwerer-Küstenmörser L/8 (B-Gerät), capable d’envoyer des obus de 335-410 kg à plus de 8 kilomètres de portée. Transportable seulement par chemin de fer, cette pièce d’artillerie n’est produite qu’à neuf exemplaires au début du conflit. 

A. Français et Britanniques

1. Le Glorieux 75… sans les canons lourds 

Conformément à la nouvelle doctrine offensive initiée par le Colonel Ardant du Picq, dès le début des années 1890, l’état-major français et la Direction de l’Artillerie (que commande le Général Matthieu) commandent un nouveau type de canon de campagne destiné à appuyer l’infanterie en mouvement. Il faut donc qu’il soit léger, mobile mais aussi doté d’une bonne capacité de tir.

Pilotés par le Capitaine Sainte-Claire Deville, un polytechnicien, les travaux de l’Arsenal de Bourges aboutissent à la création d’un canon de 52 mm à tir rapide. Sur ordre de Matthieu, le Commandant Joseph-Albert Deport (Directeur des Ateliers Militaires de Puteaux) et Sainte-Claire Deville travaillent sur une amélioration du modèle de 1892. En raison de problèmes de fiabilité, Deport finit par laisser sa place à Sainte-Claire Deville.

Celui-ci, assisté du Capitaine Ingénieur Emile Rimailho, améliore le canon déjà existant grâce à l’introduction du nouveau frein Deport II comme du tout nouveau système d’arrêt hydraulique. Les résultats ne se font pas attendre. Présenté devant la Commission des Armements, la nouvelle arme se révèle capable de tirer jusqu’à 20 obus de 75 mm… en une minute seulement, soit 1 obus/3 secondes ! Pour maintenir la bonne cadence de tir de l’engin Sainte-Claire Deville conçoit un caisson d’avant-train en acier qui peut être installer au plus près du canon.

Or, bien que disposant du meilleur canon de campagne existant, les Français manquent cruellement d’artillerie lourde. En 1913, le Général Edouard de Curières de Castelnau fait une intervention tonitruante à la Chambre des Députés où il met en garde contre l’impréparation et les manques matériels de l’Armée française qui est selon lui « une armée de pouilleux ». Résultat, les Députés votent urgemment les crédits supplémentaires, en particulier en faveur de l’Artillerie de campagne. C’est dans ce contexte notamment qu’en 1913 toujours, les Usines Schneider-Creusot lancent la production du nouveau canon de 105 mm mle 1903. Or, celui-ci n’atteindra jamais le niveau de ses adversaires allemands. C’est pendant le début de la Guerre que l’Armée française lancera la production de pièces d’artillerie plus lourde.

2. L’artillerie Britannique

Habituellement familière d’opérations de police dans les colonies, l’Armée britannique prend conscience de ses carences en artillerie au moment de la Guerre des Boers en Afrique du Sud. Bien que la Royal Navy absorbe l’essentiel des crédits militaires, les gouvernements Campbell-Bannerman et Asquith décident toutefois d’augmenter le parc de canons de l’Army (même si celle-ci, formée de volontaires est restreinte en effectifs). Il n’empêche, en 1904, les régiments de la Royal Artillery et de la Royal Horse Artillery se voient dotés du nouveau 18-pdr Gun Mark II (18 livres) qui sera produit 1 226 exemplaires jusqu’en 1914. Parallèlement, les Anglais se lancent aussi dans la production de canons lourds, sans pour autant atteindre le niveau quantitatif des allemands. En 1904 encore, la firme Elswick Ordnance Company sort de ses chaînes d’assemblage le e 5.5-Inch/60 pdr Gun (127 mm), doté d’un système de recul de culasse à vérins et pouvant projeter un obus de 60 livres (28 kg environ) à 11,6 km.

Lire :
– Les Causes de la Première Guerre Mondiale: la structure militaire des empires, (Site) JeRetiens
– WINTER Jay (Dir.) : La Première guerre mondiale, Combats, Fayard, Paris
– LANGERDORF Jean-Jacques : La pensée militaire prussienne. Etudes de Frédéric le Grand à Schlieffen, Economica, Paris
– GOYA Col. Michel : La chair et l’acier, Tallandier, Paris
– HENROTIN Joseph : Julian Corbett. Renouveler la stratégie navale, Argos, coll. Les Maîtres de la Stratégie
– The long, long trail, http://www.1914-1918.net
– La doctrine militaire française de 1871 à 1914 : considérations théoriques et matérielles, (blog) : http://www.carlpepin.com

(1) – Politique mondiale
(2) – Armée de terre impériale
(3) – Les Allemands comptent en centimètres, les Français en millimètres et les britanniques en livres (pound, conformément au poids de l’obus) ou bien en Inch (pour la mesure du calibre). 1-inch correspondant grosso modo à 24 mm.

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Chronique de la Grande Guerre : les systèmes d'alliances européens

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11 janvier 2014

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30 décembre 2013

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16 avril 2016
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Histoire & Culture

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Onzième partie

by adminfhesp 16 avril 2016

VIII – L’OFFENSIVE SUR LA SARRE

A – L’OFFENSIVE DU XIIth CORPS : PREMIERE PHASE (8-17 NOVEMBRE)

– Durant la dernière semaine d’octobre, Manton S. Eddy et son état-major s’emploient à mettre au point un plan afin d’établir une tête de pont sur le Rhin entre Oppenheim (au sud de Mayence) et Mannheim, avec pour objectif final la région de Darmstadt. L’avance du XIIth Corps doit s’effectuer rapidement pendant que le XXth Corps s’emploie à encercler Metz. L’ordre paraît le 3 novembre, sous la dénomination Field Order No. 10.
Eddy dispose d’une redoutable force de 5 divisions (plus de 70 000 hommes), soit 3 d’infanterie (26th, 35th et 80th) et 5 blindées (4th et 6th), appuyées par 17 bataillons d’artillerie, 9 bataillons du Génie, 7 bataillons de chasseurs de char, 7 bataillons d’artillerie antiaérienne, 3 bataillons autonomes de chars (pour soutenir chaque division d’Infanterie) et 2 Escadrons de cavalerie mécanisée. Pour les Divisions d’Infanterie, les 35th et 80th Divisions, très éprouvées durant le mois d’octobre, ont reçu des remplaçants provenant de Grande-Bretagne et des unités de dépôts. En revanche, la 26th, arrivée sur le front de Lorraine en octobre, est à effectifs pleins.

– Le renseignement du XIIth Corps estime que les Allemands leur opposeront les 559. et 361. Volks-Grenadier-Divisionen – aux effectifs complets –,des éléments de la 48. Infanterie-Division, ainsi que d’autres unités. Le tout comptant 15 000 hommes en tout, appuyés par 20 engins blindés (chars et canons d’assaut). Le renseignement d’Eddy pense aussi que la 21. PzD se trouve en arrière de la zone de progression du XIIth Corps. Là encore, il se trompe puisque la 21. PzD ne se trouve pas à l’arrière mais dans la zone de la 19. Armee. Toutefois, elle se retrouvera aux prises avec la 2e DB française courant novembre.

– Du côté allemand justement, la 361. Volksgrenadier-Division (Oberst Alfred Philippi) se trouve dans le secteur de Moyenvic depuis le 23 octobre, après qu’elle ait relevé la 11. Panzerdivision. C’est une unité formée à partir de marins, de personnels administratifs et de la Luftwaffe transformés en fantassins mais disposant de presque toute son artillerie. Quant à la 559. VGD de Mühlen qui tient le secteur de Château-Salins, elle a été sévèrement malmenée par les forces d’Eddy durant le mois d’octobre et se trouve considérablement affaiblie. La 48. Infanterie-Division du Generalleutnant Carl Casper n’a pas une meilleure situation, ayant accumulé les pertes depuis l’été face à la IIIrd Army. Et si 2 de ses régiments ont reçu leur entraînement, le troisième, le Grenadier-Regiment 128 n’est absolument pas prêt pour le combat.
Les Allemands ont connu une réorganisation de leurs unités. Le LVIII. Panzer-Korps de Walter Krüger a quitté la Lorraine début novembre pour rejoindre la frontière germano-belge. Il a été remplacé par le LXXXIX. Armee-Korps du General der Infanterie Gustav Höhne, qui tient le secteur sur la gauche du XIII. SS-Korps de Hermann Priess, tout comme le secteur allant du Canal Rhin-Marne jusqu’à Malaucourt. Au début de novembre, la 559. VGD laisse un régiment de réserve près de Château-Salins, tandis qu’un Régiment de la 361. VGD reste aussi en retrait près de Dieuze. Enfin, la 11. Panzerdivision de von Wietersheim reste positionnée en réserve tactique à l’ouest de Saint-Avold, après avoir été rééquipée suite aux combats contre la 4th Armored Division. Elle compte alors 19 Pzkw Mark IV et 50 Panther flambants neufs, ce qui en fait une force plus qu’appréciable au vu de la situation de la Heer dans ce secteur. Hitler a lui aussi donné une unité de réserve au Groupe d’Armée G, en envoyant le 401. Volks-Artillerie-Korps, fort de 5 bataillons d’artillerie. Cette unité arrive aussi dans le secteur de Saint-Avold au début du mois de novembre. Enfin, la 243. Sturmgeschützte-Brigade reçoit l’ordre de se porter dans le secteur de Dieuze afin de relever la 21. Panzer-Division.
D’autre part, les Allemands peuvent bénéficier des obstacles naturels formés par le massif forestier, les marais et les lacs qui gênent l’accès à la Sarre dans le triangle Dieuze – Mittersheim – Gondrexange, entre les Basses-Vosges et la frontière allemande de 1939. L’Ouest de la Sarre est couvert par une série de plateaux délimités par la Seille (Morhange et Dieuze). Et le Plateau de Dieuze est couvert par les Forêts de la Bride et de Château-Salins. Au nord-ouest, s’étend une barrière militaire isolée connue des Américains sous l’appellation de Côte de Delme. Celle-ci est d’une importance tactique certaine puisqu’elle domine la Seille et la Nied.

– Le plan d’attaque du XIIth Corps est donc prêt le 5 novembre et est approuvé par Patton qui laisse Eddy et ses commandants de divisions agir de façon autonome quant aux opérations. L’attaque doit être déclenchée par les trois divisions d’infanterie, couvertes par les deux divisions blindées sur leurs flancs (4th sur la gauche et 6th sur la droite). Les deux unités de chars ont pour ordre de pénétrer dans le dispositif allemand dès que l’exploitation de percée est rendue possible. – La 26th Infantry Division du Major.General Willard S. Paul qui forme la droite de la ligne d’attaque XIIth Corps doit attaquer au nord du Canal Rhin – Marne, sur la Crête Saint-Jean sur le Plateau de Koecking et Guebling.
Au centre, les « anciens » de la 35th Infantry Division du Major.General Paul W. Baade ont pour objectif l’ouest de Château-Salins et l’est du Plateau de Morhange. Enfin sur la gauche, la 80th Infantry Division de Horace McBride doit s’emparer de Morhange. Enfin, le flanc droit du XIIth Corps est couvert par le 2nd Cavalry Squadron qui surveille la rive nord du Canal Rhin-Marne.

– Eddy pourra aussi compter sur l’écrasante supériorité de son artillerie et de la couverture aérienne fournie par le XIXth TAC. Les 17 bataillons d’artilleries (pièces de 105, 155, 203 et 240 mm) doivent matraquer les lignes adverses durant 03h30, avant que les 20 bataillons d’artilleries divisionnaires ouvrent le feu à leur tour 30 minutes avant l’assaut. Chaque bataillon d’artillerie s’est vu attribué des cibles précises. Ainsi les calibres lourds doivent rompre les principales concentrations comme les positions d’artillerie ennemies. Enfin, les pièces antiaériennes de 90 mm, plusieurs batteries de Howitzer de 105 mm, les canons antichars de 57 mm et les chasseurs de chars doivent appuyer l’assaut de l’infanterie au plus près contre les positions de mitrailleuses et de mortiers ennemies. Le 5 novembre, chaque unité d’artillerie a défini son plan de feu grâce aux avions Piper Cubs qui ont observé les positions allemandes. Juste à temps, car le même jour une pluie torrentielle s’abat sur la Lorraine. Patton n’était pas favorable à l’utilisation d’une telle puissance de feu, privilégiant l’usage de ses blindés qui selon lui, étaient plus à même de percer vers le Rhin. Opinion loin d’être partagé par les jeunes officiers des bataillons blindés qui ont toujours la crainte (justifiée) de subir le feu aussi efficace que meurtrier des redoutables canons antichars PaK allemands. En outre, les officiers des unités blindées ne voyaient guère comment leurs Sherman – aussi maniables soient-ils – pourraient manœuvrer aisément dans un terrain transformé en bourbier par le mauvais temps de la saison. Beaucoup pensent également qu’une telle opération commence un mois trop tard. Toutefois, les troupes américaines font encore preuve d’optimisme pour la suite des opérations, bien que l’optimisme en question ne soit pas aussi intense qu’en août.
Eddy prévoyait que son attaque commence le  5 novembre. Mais il doit la reculer au 7 en raison du mauvais temps. Mais Patton ne pouvait attendre plus longtemps et lança le mot de code « Play ball » (« lancez le ballon ») pour signifier à Eddy de démarrer son avance dès le 8 novembre. Le 7 novembre à la tombée de la nuit, l’Infanterie d’assaut commence son déploiement sur ses positions de départ. Mais la IIIrd Army comprend à ses dépens ce que Napoléon signifiait quand il parlait du « cinquième élément de la guerre », à savoir la boue.

– Le 8 novembre à 06h00 du matin, l’artillerie du Corps et des  5 divisions démarre son tir de barrage préparatoire. Les communications téléphoniques allemandes sont détruites et la plupart des canons allemands sont mis hors de combat. Pendant vingt-quatre heures – mais par intermittences – les bouches à feu américaines crachent 21 933 obus. Les artilleurs américains ne lésinent pas sur la quantité car nombre d’obus n’explosent pas en heurtant le sol boueux. Malgré le mauvais temps, plusieurs appareils des IXth et XIXth TAC prennent l’air pour apporter leur appui rapproché aux troupes au sol.
Sous le couvert de l’artillerie, l’infanterie avance et ne rencontre d’abord qu’une faible résistance ennemie. Bientôt, les Américains doivent nettoyer plusieurs petites poches de résistance. Mais c’est la boue qui les ralentit le plus. Et pour ne rien arranger, la Seille est en crue, dépassant le niveau de 1919. Toutefois, plus de 1 000 Allemands hébétés se rendent et une importante quantité de matérielle est laissée à l’abandon.

Source : http://www.ibiblio.org

– Du côté du commandement allemand, on est complètement surpris par la brutalité de l’attaque américaine qui se déroule dans un secteur qui n’était pas prévu par le renseignement du Groupe d’Armées G. Celui-ci estimait en effet que les Américains frapperaient particulièrement dans le secteur de Thionville ou bien entre Metz et Pont-à-Mousson. En outre, les prisonniers capturés étaient eux aussi complètement surpris, pensant se trouver sur une ligne de repos pour l’hiver.


2 – L’avance de la 26th Division

– Pendant la nuit du 7-8 novembre, la « Yankee Division » se positionne avant l’offensive. Le 104th Infantry Regiment du Colonel Dwight D. Colley s’aligne entre Salonnes et Vic-s/-Seille, le 101st Infantry du Colonel Walter T. Scot se concentre près de « Cinq points » sur la RN 414 qui mène à Moyenvic et enfin, le 328th Infantry du Colonel Ben R. Jacobs prend position entre Moncourt et Bezange-la-Petite. L’aile droite de la division est bien sûr couvert par le 2nd Cavalry Group, à la jonction avec la VIIth Army. La Division doit franchir la Seille à Moyenvic, la Côte Saint-Jean (Côte 310) et progresser vers Dieuze. Le 328th Infantry doit mener une attaque de diversion entre Moncourt et Bezange. La Division est appuyée par le 761st Tank Battalion du Lt.Col. Hollis C. Hunt, unité blindée qui a la particularité d’être composée de soldats et de sous-officiers afro-américains.

– Le 8 novembre, après le barrage d’artillerie, le 104th Infantry balaie les avant-postes de la 361. VGD. En même temps, le 2/101st Infantry (Lt.Col. B.A. Lyons) bondit de ses positions pour s’emparer du pont sur la Seille à Moyenvic, tandis que le 1/101st (Lt.Col. L.M. Kirk) effectue son attaque de diversion dans le secteur de Xanrey. A Moyenvic, les allemands sont complètement pris par surprise par le barrage roulant du 101st Field Artillery Battalion sur la Cote 310. La garnison de 542 soldats se rend sans combattre. Une compagnie s’empare du pont avant qu’il ne soit démoli, pendant qu’une seconde commence à combattre pour le contrôle de la Cote 310, tenue par des éléments du Grenadier-Regiment 953 et des Pioniere du 361. Pionier-Bataillon, mais bien appuyés par 6 obusiers, des mortiers et des mitrailleuses. Les F et E Companies du 101st Infantry perdent alors beaucoup d’hommes, dont le commandant de la F. L’arrivée de la G Company à 11h00 ne change rien et l’unité perd aussi son commandant sur le pont de Moyenvic. Les GI’s restent alors cloués sur place, permettant au Pionier-Bataillon 559 de venir renforcer leur camarades sur la hauteur.

– Si l’attaque de la Cote 310 a échoué, le reste des attaques de la 26th Infantry Division se solde néanmoins par des succès. Les 101st et 104th Infantry ont sécurisé plusieurs ponts sur la Seille, tandis que le 328th Infantry chasse 6 compagnies du Grenadier-Regiment 952 du secteur Bezange-la-Petite – Moncourt, avec de lourdes pertes néanmoins.
Pendant trois jours durant, la 26th Division doit batailler pour dégager la Cote 310, afin de pivoter sur la Crête de Koecking, par un temps froid et sous la pluie mêlée de neige. Le 101st Infantry souffre particulièrement des conditions. Le 9 novembre, parti de Juvrecourt, il tente d’envelopper la Crête mais est encore arrêté par le feu allemand. Toutefois, le 3/101st Infantry parvient à s’emparer de Salival durant la nuit, avant de s’infiltrer dans les Bois, derrière les tranchées allemandes.

Major.General Willard S. Paul, commandant de la 26th Infantry Division

Major.General Willard S. Paul, commandant de la 26th Infantry Division

– Pendant ce temps, le 104th Infantry Regiment attaque en direction de la Forêt de Château-Salins, en coordination avec la 35th Infantry Division. Le 9 novembre, les troupes allemandes qui tiennent Château-Salins, sont rejetées sur Morville-lès-Vic. Morville est prise à 15h00, par la Task Force A rattachée à la division (K Company et un peloton de chars). Seulement, un M4 Sherman  du 761st TB  est touchée par une roquette et bloque la route de Hampont. La TF A continue vers Hampont mais le Captain Charles F. Long, commandant de la K Company est tué, et l’unité perd la moitié de ses effectifs.
En raison du mauvais temps, la coopération aérienne est limitée. Les Piper Cubs ne peuvent décoller et sur 110 bombardiers rassemblés par la IXth Bombardment Division pour attaquer Dieuze, seulement 29 peuvent prendre l’air pour pilonner leur cible.

– En dépit de ses difficultés, l’aile gauche de la 26th Division parvient à avancer assez vite pour permettre aux chars de la 4th Armored Division d’avancer, mettant aussi en danger la charnière entre les 559. et 361. VGD. Durant la nuit du 9-10 novembre, Manton S. Eddy ordonne au Lt.Colonel Creighton G. Abrams de lancer son Combat Command A (4th Armored) à l’attaque pour le matin. A 10h55, l’unité d’Abrams commence à traverser les ponts de la Seille en direction de Hampont. Mais l’apparition des chars américains sur le champ de bataille n’a pas grand effet dans la suite des combats pour la Cote 310.

– Le 10 novembre, à 16h00, le Colonel Walter T. Scott ordonne au 1/101st Infantry de repartir à l’attaque de la Cote. Progressant sous un déluge de feu, la C Company parvient à atteindre le nord-est de la Cote 310. Une contre-attaque allemande est très vite repoussée. Le reste du 1st Battalion se déporte sur la gauche, à travers le Bois Saint-Martin et réussit à rejoindre le 3rd Battalion sur la Crête de Koecking. Le 11 novembre, le 3/101st nettoie le bois dans l’obscurité, tout en progressant vers Hampont en ramassant une centaine de prisonnier. Le 11 toujours, le 1/101st chasse définitivement les Allemands de la Cote 310, permettant aux observateurs d’artillerie de la division de relever les cibles de contre-batteries sur Marsal et Haraucourt-s/-Seille, dans la vallée en contrebas.
Le Major.General Paul ordonne alors aux 101st et 104th Infantry de procéder au nettoyage des Bois de Koecking, et de saisir les villages dans la Vallée. Les combats s’avèrent particulièrement coûteux, en plus des 748 hommes perdus pour la conquête de la Cote 310. Le 11 novembre, Paul déplace le 328th Infantry du Colonel Jacobs au centre de la division, au centre de la Crête de Koecking, afin de laisser passer le CC A.


3 – L’attaque du CC A le long de la Petite Seille

– Le Major.General John S. « Tiger » Woods avait émis l’idée à son supérieur d’envoyer sa 4th Armored Division à travers le défilé de Dieuze, le long de la route Moyenvic – Mittersheim. Mais Eddy n’y était pas favorable, compte-tenu des rapports de sa Cavalerie de reconnaissance qui faisait était d’importantes forces allemandes dans le « goulot » de Dieuze. D’autre part, Mittersheim, situé en bout de la route de Dieuze, était l’objectif du XVth Corps de Haislip. Eddy et son état-major prévoient plutôt d’envoyer la 4th Armored Division en fer de lance du XIIth Corps. Mais la décision de Patton de lui intégrer la 6th Armored Division de Grow, contraint Eddy à regrouper ses forces blindées. Au final, Woods reçoit comme objectif la prise de « l’œuf d’oie », couvrant le secteur clé de Morhange. Ensuite, il doit poursuivre l’offensive vers Sarre-Union et la Sarre qu’il doit traverser.

– Cette phase de l’assaut est donc confiée au Combat Command A qui doit traverser les lignes de la 26th Division avant de progresser au nord-est, le long de la vallée de la Petite Seille, dépasser Morhange, avant de cogner contre la route Bénestroff – Francalroff. Le Combat Command B du Brigadier.General Holmes E. Dager doit contourner le plateau de Morhange. Mais Dager et Abrams étaient sceptiques quant aux chances de progression rapide, compte tenu du manque de surfaces en dur.
Le 9 novembre, le CC B de Dager prend position en avant de la tête de pont de la 35th Infantry Division. Le 10 novembre, le CC A passe à l’attaque, Creighton G. Abrams faisant d’abord passer sa colonne de tête (Major Hunter) à travers la ligne du 104th Infantry Regiment de Colley qui combat toujours pour rejeter l’arrière-garde de la 559. VGD de Morville. La colonne de Hunter avance lentement, car même si la résistance allemande est faible, la route est encombrée d’obstacles. Manœuvrer en plein champ est bien sûr impossible, Sherman, Half-tracks et camions ne peuvent s’aventurer dans un bourbier. Toutefois, les chars de Hunter passent Hampont en fin d’après-midi du 10, sauf que la seconde colonne du CC A du Lt.Col. Delk M. Oden est incapable de démarrer en raison de l’encombrement de la route et ne peut atteindre Hampont.

– Pendant ce temps, la Colonne de Hunter combat pour parvenir sur Conthil le 11 novembre mais rencontre de sérieuses difficultés au sud de Haboudange, où un bataillons de Grenadiers de la 361. VGD et le Flak-Abteilung 111 se sont regroupés pour reprendre contact avec la 559. VGD  en retraite. Dans ce secteur, la route passe par un défilé en pointe formé par la rivière et la ligne de chemin de fer. Alors que les véhicules blindés de Hunter entrent dans le défilé, des canons allemands dissimulés ouvrent le feu, faisant mouche sur les chars de tête. La route est alors bloquée. Hunter perd alors quatre officiers, chacun tué l’un après l’autre en tentant de repérer les pièces ennemies. La colonne doit alors reculer pour se retrancher entre Conthil et Rodalbe, tandis que deux compagnies du 104th Infantry (commandé alors par le Colonel Ralph A. Palladino) arrivent pour surveiller les abords du village.

– Durant la matinée du 11 novembre, la Colonne d’Oden démarre pour rejoindre Hunter, tandis que le 2/104th Infantry. Oden ne prend quitte un temps la route principale pour s’emparer de la Cote 337 au sud-est de Lidrezing, une hauteur qui commande les positions ennemies. A l’aube, la colonne de Hunter reprend son avance et atteint Rodalbe qui est occupé par 2 compagnies du 3/104th Infantry (Lt.Col. H.G. Donaldson) et commence à progresser vers le nord vers Bermering, pour couper la retraite aux troupes de la 559. VGD. Toutefois, l’ennemi dispose encore d’assez de temps pour établir une défense au nord de Rodalbe. Tandis que les chars du 37th Tank Battalion tentent de manœuvrer afin d’éviter les champs de mines, devenant des cibles inespérés pour les canons allemands qui ouvrent le feu depuis les Bois de Pfaffenforst. La colonne de Hunter est alors forcée de reculer de nouveau et de se mettre à l’abri dans le Bois de Conthil, moins de 1 km à l’ouest de Rodalbe.

– Du côté allemand, on tente de profiter de l’étirement de la ligne du 104th Infantry Regiment. Le 10 novembre, Hermann Balck fait déployer sa réserve blindée, soit la 11. Panzer-Division de von Wietersheim, contre la gauche et le centre du XIIth Corps. Le 12 novembre, von Wietersheim envoie son Panzer-Aufklärungs-Abteilung 11, 10 chars Panther et 1 bataillon du Panzergrenadier-Regiment 110 pour soutenir les éléments du 559. VGD dans le secteur de Rodalbe, afin de ressouder la jointure entre le XIII. SS-Korps et le LXXXIX. Arme-Korps. Cette unité combinée déclenche alors une contre-attaque brutale dans les chenilles de Hunter mais l’artillerie américaine repousse les poursuivants. Toutefois, à l’ouest, l’ennemi encercle 2 compagnies du 1/104th Infantry dans les environs de Conthil. Mais les officiers américains gardent leurs sang-froid et guident leurs GI’s dans une percée qui leur permet de s’extraire du piège.

– Le matin du 13 novembre, les Grenadiers allemandes lancent une attaque contre le 3/104th Infantry à Rodalbe mais sont repoussés. Ils reviennent à l’assaut après une contrebatterie efficace de l’artillerie allemande. Suivis par des chars, les Grenadiers progressent ensuite sur la route de Bermering. Ils ne rencontrent alors que des petits groupes d’Américains – certains (200 environs) réussissant à se réfugier dans des celliers, les autres réussissant à gagner leurs lignes – et réussissent à s’assurer le contrôle de Rodalbe. A l’ouest du même village, des Panther, des mines et des canons antichars bloquent toute attaque de la grand-route par le 37th TB depuis le Bois de Conthil. Durant la nuit du 12, compte-tenu du manque de réserves, Abrams est forcé de placer la Colonne Hunter en réserve et remplacer les chars perdus par le 37th TB. Oden détache alors une Task Force qui repend Conthil et ouvre la route de ravitaillement à travers la vallée. Le 104th Infantry Regiment de Palladino, alors sérieusement étrillé en hommes, prend position sur l’arc formé par la route Conthil – Lidrezing.

Insigne de la 26th Division "Yankee"

Insigne de la 26th Division « Yankee »

 

4 – Le combat de Koecking

– Avec les pertes enregistrées par le 101st Infantry, Willard S. Paul déploie alors le 328th Infantry de Jacobs pour nettoyer la Crête de Koecking, lui adjoignant le 3/101st Infantry sur la gauche. Le terrain s’annonce difficile à conquérir en raison de la densité du bois, propice à abriter des mitrailleuses, des mines, des fils barbelés et des « booby traps ». Les Allemands ayant réutilisé savamment les anciennes positions aménagées durant la Grande Guerre. Numériquement, les forces allemandes déployées dans le Bois de Koecking sont inférieures, composées du Maschinen-Gewehr-Bataillon 43 et du II/Grenadier-Regiment 1119 (détaché de la 553. VGD). Cependant, ces deux unités sont formés de soldats expérimentés, aguerris dans les combats en milieu forestier.

– Le 328th Infantry Regiment commence son attaque par l’est le 12 novembre et rencontre d’abord une faible opposition. Mais arrivé atour de la Ferme Berange, il tombe sur un parti d’allemands bien retranchés, bien pourvu en armes légères et bien appuyé par de l’artillerie. Le Colonel Jacobs est blessé. Le 2/328th Infantry subit de très importantes pertes. Beaucoup d’hommes sont tués, dont le commandant du bataillon, le Major R.J. Servatius. Toutefois, après de durs combats, les « Yankees » réussissent à repousser les Allemands sur le coup de 15h30. L’artillerie divisionnaire est aussi appelée en renfort, matraquant la Ferme de Berange de 120 coups de canons.

– Mais la météorologie se dégrade encore et la neige vient à tomber. Les fantassins américains grelottent alors de froid car leurs couvertures sont restées à l’arrière. Paul ordonne néanmoins au 1/101st Infantry de s’emparer de Saint-Médard mais le bataillon est très vite pris sous un feu nourri provenant de Dieuze. Mais Saint-Médard est atteinte pendant la journée. Cela n’empêche pas les batteries allemandes positionnées à Dieuze d’intensifier leur activité le 13 novembre. Et l’avance du 328th Infantry est toujours ralentie par des mitrailleuses dissimulées dans les buissons. Toutefois, des chars et chasseurs de contournent le bois par la route de l’est et tirent posément sur les mitrailleurs ennemis. LE 328th Infantry avance mieux et atteint Haraucourt mais voit la pression ennemie s’accentuer sur son flanc droit, étant donné que le 1/101st Infantry ne peut le suivre en soutien.

– Après seulement quatre jours de combats, la situation de la 26th Division est particulièrement difficile. Le 101st Infantry de Scot n’a reçu que 700 remplaçants. Le 328th Infantry a perdu beaucoup d’hommes dans les combats en forêt et le 104th Infantry est encore plus affaibli. Pour dire, la plupart des compagnies 104th Infantry ont vu leurs effectifs fondre jusqu’à 8 – 15 hommes.
Mais les choses ne vont pas mieux du côté des Allemands qui ont aussi accusé des pertes effroyables. En dépit de l’arrivée du II/Grenadier-Regiment 953 et de « rampants » du Luftwaffes-Pionier-Bataillon, les Allemands ne sont pas capables de tenir davantage leurs lignes. Le 14 novembre, le CC A d’Abrams balaie de Bois de Kerperche, au nord du Bois de Koecking, exerçant une pression sur le flanc allemand et l’aile allemande sur la Crête de Koecking. Renforcé par son 3rd Battalion, le 328th Infantry chasse définitivement l’ennemi du Bois le 15 novembre. En même temps, le 101st Infantry et le 2nd Cavalry Group poussent leur effort vers Dieuze, talonnant des Allemands en pleine retraites. Le 17 novembre, la 26th Division se regroupe et prend un bref temps de repos, le temps que les GI’s puissent recevoir des vêtements secs.  Mais les Allemands se retirent sur le carrefour ferroviaire de Bénestroff, facilement défendable.

5 – L’attaque de Guebling

– La Colonne d’Oden tente une nouvelles fois de percer les positions allemandes entre Bénestroff et Dieuze. Son objectif est la prise de Marimont-lès-Bénestroff, environ 1 km au sud-est de Bénestroff. Se séparant de la Colonne de Hunter, Oden scinde sont unité mécanisée en deux Task Forces (West et McKone), chacune étant rassemblée près de la Cote 337. L’attaque démarre aux premières lueurs du 14 novembre. La TF West contourne le Bois de Kerpeche et prend une route secondaire vers Guébling. La TF McKone prend une route passant directement à travers un bois qui n’a toujours pas été nettoyé par le 328th Infantry. Les équipages ont la mauvaise surprise de trouver la route sérieusement minée. Vers 08h45, la TF West rencontre 6 Panther du Panzer-Regiment 15, placés en arrière-garde qui gardent les Américains en respect durant près de six heures grâce à leurs canons de 75 mm à haute-vélocité. C’est seulement après avoir manœuvré autour de la Ferme Kutzeling que les chars du Major West réussissent à mettre 3 Panther hors-service. Mais plus tard dans la journée, 5 autres « fauves » surgissent au croisement de la voie de chemin de fer et de la route de Guébling. Il faut faire donner les obusiers de 105 mm pour les tenir à distance. Fort heureusement, les chars allemands se retrouvent empêtrés dans les mines posées par leurs camarades du Génie. La neige et la pluie s’étant arrêtée, ils sont finalement repoussés par une attaque de P-47, couplée aux tirs des obusiers de 155 mm du 101st Field Artillery Battalion. La riposte forçant les chars ennemis à s’extraire de leur cache, la A Company du 35th TB (1st Lt. Arthur L. Sell) charge dans les flancs du groupe d’engins allemands et en détruit deux. L’avance vers Guébling peut alors reprendre et le village est pris par un détachement avancé durant la soirée. Mais à 03h00 du matin, 3 camions citernes de la division atteignent les postes d’observation ennemis et son détruits par des canons. Plusieurs chars et autres véhicules sont aussi détruits. Tôt durant la matinée du 15, la TF McKone arrive pour renforcer le détachement dans Guébling, avant que le 10th Armored Infantry Battalion est envoyé à l’attaque pour nettoyer le terrain au-delà du village mais les fantassins portés sont arrêtés par un tir de barrage allemand. Et la contre-batterie ne donne rien en raison de la vue obstruée par la neige et la pluie.

– Durant la matinée, John S. Woods ordonne à Oden de quitter la position précaire de Guébling pour se retirer sur la Cote 337. Oden évacue d’abord ses blessés, puis le reste des son unité sous un violent tir d’artillerie, seulement couvert par un écran fumigène. Le 35th TB ne compte alors plus que quinze chars.


6 – L’attaque au centre

– Peu avant l’offensive, le Major.General Paul W. Baade déploie sa 35th « Santa Fe » comme suit : le 134th Infantry Regiment du Colonel Butler B. Miltonberger sur la droite (Forêt de Grémencey) et le 137th Infantry du Colonel William S. Murray sur la gauche entre la Forêt de Grémencey et l’aile droite de la 80th Infantry Division au nord-ouest d’Ajoncourt. Mais c’est le 320th Infantry du Colonel Bernard A. Byrne qui est chargé de l’ouverture de l’assaut, après avoir franchi les lignes du 134thInfantry qui, pour le coup, est maintenu en réserve. L’objectif du 320th Infantry est d’accrocher la ligne Laneuveville-en-Saulnois – Fonteny et nettoyer la portion sud-ouest de la Forêt de Château-Salins. Ensuite, il doit nettoyer une participer au nettoyage du Plateau de Morhange, avec le concours du CC B de Dager.

– Le temps est toujours exécrable. La pluie tombe durant quatre heures le 8 novembre, transformant les routes et les sentiers par lesquels doit progresser le 320th Infantry en de véritables torrents boueux. De son côté, le 137th Infantry doit établir une tête de pont à Osson, avant de bondir sur Laneuveville, afin de couper la route Château-Salins – Metz. Pour franchir la Seille, le Génie divisionnaire jette un pont préfabriqué sur la Seille au sud de Jallaucourt à 10h40. Deux heures plus tard, le 1/137th Infantry, appuyé par des chars du 737th TB se trouve dans Jallaucourt. Un second pont est jetté sur la Seille, ouvrant la route de Malaucourt à 2 compagnies du 137th Infantry. A 12h00, le régiment s’est assuré le contrôle du terrain dominant les deux villages, après avoir envoyé 200 prisonniers du Grenadier-Regiment 1215 à l’arrière.

– Sur la droite de la 35th Division, le 320th Infantry attaque à son tour afin de nettoyer la portion de la Forêt de Château-Salins couvrant une partie du Plateau de Morhange, en coordination avec la 26thDivision qui tente de prendre la Crête de Koecking. Mais le régiment ne peut profiter de l’appui des chars en raison des difficultés du terrain et de la boue. De plus, à Fresnes (localité importante pour la communication et le ravitaillement allemands), la défense allemande s’avère particulièrement tenace et le ravitaillement a du mal à parvenir à l’avant.  Il faut l’intervention du 3/320th Infantry et 1 compagnie du 737th TB pour nettoyer le village mais les Allemands se retranchent solidement dans la Forêt.

– Simultanément, le 2/137th Infantry attaque le Bois d’Amélécourt (formant une extension de la Forêt de Château-Salins). La boue rend encre la progression difficile au nord-est de la Forêt de Grémecey, puis les GI’s rencontrent une résistance acharnée de la part du Grenadier-Regiment 1127. De plus, les routes et les sentiers sont obstrués de mines. Un assaut mené durant la matinée échoue et un second lancé durant l’après-midi n’a pas plus de succès. Les pertes du 2nd Battalions’accumulent mais il échappe au pire grâce au sol boueux qui empêche les obus allemands d’exploser.
En fin d’après-midi, le Colonel Byrne lance le 1/320th Infantry dans la bataille pour fermer la brèche entre Fresnes et le Bois d’Amélécourt. Malgré les mines, le bataillon atteint la route de Fresnes. Grâce à l’action d’équipes du Génie divisionnaire qui ouvrent des passages dans le champ de mines, le bataillon reprend son avance suivi par la C Company du 737th TB qui perd néanmoins 6 M4 Sherman. Deux obusiers allemands sont neutraliser mais les mitrailleuses MG donnent toujours de la voix. Mais l’arrivée des chars dans Fresnes permet aux Américains de détruire les nids de mitrailleuses. Seulement, dans les bois, les Allemands résistent toujours opiniâtrement, avec des positions bien préparées à l’avance (trous, fils de fer barbelés et abris). Signe de cette résistance plus dure, les soldats américains font peu de prisonniers et retrouvent surtout des cadavres ennemis.

– Mais si le 320th Infantry se trouve ralenti, l’avance rapide du 137th Infantry au nord incite Manton S. Eddy à lâcher la bride du CC B. Celui-ci doit passer au nord de la Forêt de Château-Salins pour foncer sur Morhange. Utilisant la technique habituelle employée par la 4th Armored Division, Holmes E. Dager scinde son CC B en deux colonnes. Celle de gauche (Major. Thomas G. Churchill) doit passer à travers les lignes du 137th Infantry, pendant que la colonne de droite (Lt.Col. Alfred A. Mayback) doit ouvrir le passage près de Jallaucourt. Eddy veut profiter d’une situation encore favorable, puisque les Allemands n’ont pas eu le temps d’établir une défense coordonnée après l’attaque de l’aile droite de la 35th Division.

– L’attaque démarre donc le 9 novembre. La Colonne de Churchill réussit à atteindre le village de Hannocourt en dépit de la perte de cinq chars. Plusieurs pièces antichars PaK font feu mais l’arrivée d’appareils du 510th Fighter Squadron frappe les canons allemands avec des bombes à fragmentation et du napalm. Churchill réussit à contourner le flanc sud de la 48. Grenadier-Divisionsur la Crête de Delme, à la jonction du dispositif de la 80th Infantry Division, permettant ainsi au137th Infantry de prendre le village de Delme.

– Sur la droite, la Colonne du Colonel Mayback rencontre une opposition plus dure mais finit par avancer rapidement en dépit des obstacles répandus sur la route, du tir des canons antichars et de la nécessité de réduire chaque trou de résistance allemand. Mais le reste de la 559. VGD met du temps à réagir. A Oriocourt, le 1/137th, suivant de près ses chars d’appui, neutralise une batterie de campagne et capture 150 prisonniers. A Laneuveville, les chars Américains contournent les canons allemands avant que leurs servants ne puissent les déployer convenablement. L’Infanterie de soutien ramasse encore 445 prisonniers pour de très légères pertes. Simultanément, la colonne blindée de Mayback oblique à l’est vers Fonteny. En milieu d’après-midi, l’avant-garde américaine amorce sa descente entre Fonteny et la Forêt de Château-Salins. Mais les Américains donnent très vite dans un nid de frelons. L’accès à la forêt est gardé par des éléments bien dotés de la 9. Flak-Artillerie-Division et quelques Panzer de la 11. Panzer-Division. Mais il suffit d’un Lieutenant et de quelques fantassins portés armés de Bazookas pour repousser les chars.
Pendant ce temps, le Colonel Mayback expédie la C Company du 37th TB en avant pour venir en aide à l’avant-garde. Mais alors que l’avance reprend, trois Sherman sont détruits sur un bas plateau. Les chars deviennent alors des cibles faciles pour les canonniers allemands. Mais les équipages de chars n’en démordent pas moins en détruisant environ treize canons ennemis. Pendant la nuit, le Colonel Mayback ordonne à ses éléments de tête de se rempier derrière le plateau au sud-est de Fonteny. Cependant les pertes de Mayback sont très lourdes : 15 Sherman, 10 Half-tracks, 3 canons automoteurs M7 Priest. Toutefois, il a parcouru plus de 3 km dans le dispositif ennemi et ouvert un passage pour l’infanterie.

– Lorsque le récit du combat de Fonteny parvient à Dager, celui-ci ordonne à Mayback d’arrêter son avance pour attendre le renfort de Churchill qui stationne près de Hannoncourt. Et l’infanterie de la 35th Division se trouve à plus de 4 km derrière le CC B. Mais pendant la nuit, une force mixte allemande formée de chars du Panzer-Regiment 15, de canons d’assaut, ainsi que de troupes duFestungs-Abteilung 43 et du Panzergrenadier-Regiment 110 passe derrière la Colonne de Churchill depuis Viviers. Alors que le 22nd Armored Field Artillery Battalion ouvre un duel avec le 401. Volks-Artillerie-Korps qui pilonne la Colonne de Churchill, celle-ci tente d’ouvrir la route de Viviers mais se retrouve bloquée sur la route par les canons ennemis. Mais c’est le 2/137th Infantry, accouru à marche forcée, qui se lance une attaque dans Viviers qui dure pendant tout l’après-midi. Mais les fantassins américains parviennent à sécuriser le village, après que la garnison ennemie eût été chassée par un pilonnage d’artillerie légère. 100 cadavres Feldgrau sont retrouvés dans les rues. Pendant que le 2/137th s’occupe de Viviers, d’autres éléments de la 35th Division combattent durement pour dépasser Laneuveville et rejoindre la Colonne Mayback à l’ouest de Fonteny.

– Au centre, le 320th Infantry débouche du Bois d’Amélécourt en combat en avançant pour atteindre la lisière de la Forêt de Château-Salins, bien que ces soldats soient fatigués par les incursions allemandes qui se sont produites durant la nuit. Des renforts allemands issus des GR. 1216 et PzGren.Regt. 110 viennent corser la progression américaine. Même l’Infanterie de réserve est forcée de combattre contre l’assaut de petites unités allemandes.
Placé sur la droite de la division, le 134th Infantry Regiment du Colonel Miltonberger est envoyé nettoyer la lisière de la Forêt de Château-Salins le 10 novembre. Mais là encore, des éléments de la559. VGD se montrent intraitables et empêchent le Régiment de s’emparer de Gerbécourt. Le 11 néanmoins, les Allemands se replient en bon ordre sur la ligne Frémery – Dalhain mais s’offrent comme cibles des P-47 du 365th Fighter Squadron qui détruit 58 canons et véhicules dans un seul balayage. Cela soulage la 35th « Santa Fe » mais l’avance n’est pas plus rapide en raison de l’état déplorable des routes et des chemins.

– A l’aile gauche de la division, la résistance se durcit brièvement sur le chemin du CC B et du 137thInfantr, avec un violent tir de barrage de l’artillerie allemande, qui ralentit la progression, permettant aux Allemands d’évacuer la Forêt de Château-Salins en bon ordre. Une dernière contre-attaque est lancée contre la Colonne de Churchill mais elle est très vite repoussée par l’intervention des canons automoteurs. Toutefois, si la colonne détruit 14 canons antichars durant la journée, elle est incapable d’atteindre Fonteny, battue par le feu d’autres canons PaK. C’est après un dur combat que le 1/137th Infantry et 1 compagnie de chars entrent dans le village, où le combat se poursuit maison par maison. Ce combat coûte la vie au Colonel Mayback et au Lt.Col. William L. Shade, commandant du 253rd Field Artillery Battalion. La Colonne passe alors sous les ordres du Major. Harry R. Van Arnam. Tôt Durant la matinée du 12 novembre, un détachement de la 11. PzD évacue Fonteny, sauvant presque tous ses chars et son Infanterie mais abandonnant 3 Panther.

– Le 3/137th Infantry vient relever le 1/137th, pendant que le 2/137th s’empare de Faxe, rétablissant ainsi le contact avec le CC B de Dager et l’Infanterie attaque de nouveau à l’est, dans la Vallée de la NIed française, par laquelle passe la route de Morhange. Avant la fin du jour, les chars américains atteignent Oron et mettent la main sur un pont intact. Les Allemands en retraite n’ayant offert qu’une faible résistance.
Au centre, le 320th Infantry termine le nettoyage de la Forêt de Château-Salins, pendant que le134th Infantry avance jusqu’à Bellange, environ à 2,5 km au sud-ouest de Morhange. Eddy ordonne ensuite d’approvisionner ses hommes en vêtements secs et en couverture.

7 – L’avancée sur Morhange

– L’avance sur Morhange reprend le 12. Le CC B de Dager avance à l’est le long de la Nied Française avec l’appui du 137th Infantry de Murray. Au sud de la rivière, la Colonne de Van Arnam doit avancer lentement en raison de la présence de mines et de ponts détruits et atteint une crête au nord d’Achain. La Colonne de Churchill avance quant à elle jusqu’à Villers-s/-Nied, où l’ennemi à néanmoins miné la grand-route. Ce qui décide Churchill à couper à manœuvrer. La A Company du 8th Tank Battalion passe alors derrière les positions de batteries couvrant la route Villers-s/-Nied – Marthille. Pris complètement par surprise, les servants allemands sont incapables de se servie de leurs PaK 40 et FlaK de 88 mm. 18 canons sont alors réduits en pièces par les Sherman. La Colonne de Churchill atteint ensuite la Crête de Marthille, se positionnant non loin de la Colonne de Van Arnam pendant la nuit du 13-14. Là, le Génie éprouve de grandes difficultés à déminer le terrain en pleine nuit.

– Le 14 novembre, le CC B et 1 bataillon du 137th Infantry attaque les villages de Destry et de Baronville, en préparation d’une attaque de flanc sur Morhange depuis le nord, en coordination avec le gros de la 35th Division. L’assaut se solde par un succès, même si la résistance allemande s’est considérablement durcie, suite à l’arrivée de remplaçants accourus de Pologne au sein de la 559. VGD.
Seulement, le plan prévoyant que le CC B ferme tout accès à Morhange par le nord pour continuer sa route vers Sarreguemines se révèle fortement compris par le temps, bien plus que par la résistance ennemie. La pluie reprend et le CC B patauge le long de la voie de chemin de fer Metz – Sarrrebourg. Le 15 novembre, Eddy ordonne à Dager d’arrêter son avance et de coller au reste de la 4th Armored Division plus au sud afin de ferme la brèche de Dieuze.

– Finalement, c’est la 35th Infantry Division de Baade qui lance l’assaut sur Morhange par un froid mordant, avec un coût très élevé en hommes. Le 134th Infantry de Miltonberger combat durement pour accrocher la route Baronville – Morhange et la Crête de Rougemont, bientôt surnommée« Bloody hill » où le 3rd Battalion subit de lourdes pertes, perdant aussi son commandant (blessé), le Lt.Col. Warren C. Wood. Toutefois, la Crête de Rougemont tombe et le 2/134th Infantry s’empare d’Achain le 15 au matin, après un dur combat dans le village. Le Sergent Spurrier se distingue en abattant 25 soldats ennemis et en en capturant 25 autres. Mais le 2/134th Infantry a perdu 106 hommes pour le contrôle du village.
A Morhange même, les soldats du Grenadier-Regiment 1127 subissent un violent tir de barrage de la part de l’artillerie des divisions engagées et du XIIth Corps. Un concert de plusieurs heures mêlant obusiers de 105 mm, 155 mm, 8-inch et 240 mm force le régiment ennemi à battre en retraite le 15, après avoir détruit le pont et semé des mines. Le 216th Field Artillery Battalion tire 999 coups à lui tout seul !

– En milieu d’après-midi, la 35th Infantry Division atteint la ligne ferrée Metz – Sarreboug. Là, Paul W. Baade arrête ses soldats fatigués en attendant de nouveaux ordres. Mais sa division a avancé de près de 10 km en huit jours durant de très durs combats. Mais la « Santa Fe » n’a pas démérité malgré ses lourdes pertes : 53 canons et 26 véhicules détruits ou capturés. Son 137th Infantry a ramassé 1 000 prisonniers à lui tout seul. Eddy accorde alors une période de repos à la 35th Division.

8 – L’avance de la 80th Infantry Division

– Sur la gauche d’Eddy, la 80th Infantry Division « Blue Ridge » du Major.General Horace G. McBride fait la jointure avec l’aile droite du XXth Corps de Walker à l’ouest de Cheminot et tient une ligne sur la rive gauche de la Seille jusqu’à Chenicourt. Toutefois, sur son flanc droit, les Allemands tiennent toujours le petit saillant de Létricourt. McBride a déployé ses trois régiments le 8 novembre dans l’ordre suivant : le 317th (Warfield M. Lewis) à gauche, le 318th (Lansing McVickar) au centre et le 319th (Orion L. Davidson) à droite. En face, les Allemands alignent la 48. Grenadier-Division et quelques éléments du SS-Panzergrenadier-Regiment 38 (SS-Standartenführer Ernst Schützek) de la 17. SS-PzGren.Div. « Götz von Berlichingen » face aux lignes du 317th Infantry.

– Le plan d’assaut du XIIth Corps prévoit que la 80th Division établisse une tête de pont sur la Seille pour qui permettrait à la 6th Armored Division de Robert W. Grow de se lancer à l’attaque vers Faulquemont (Falkenberg). Une fois la Seille franchie, la 80th Division relèvera la division blindée dans les environs de Faulquemont. Les deux divisions américaines bénéficient d’un terrain moins difficile qu’au centre du Corps grâce au réseau routier adéquat, avec la grand-route Luppy – Han-s/-Nied. Toutefois, la 80th Division sera confrontée à des difficultés en raison des pluies et de la boue de novembre. Et les cours des Nied et Rote (sud-ouest de Faulquemont) est gonflé par les précipitations. Le renseignement américain pense que ses barrières naturelles sont bien fortifiées. Les observateurs de la 80th Division avaient noté que les fantassins allemands s’emploient à creuser activement des trous et abris individuelles et d’étendre du fil barbelé.

– Le 8 novembre à 05h00, l’artillerie du XIIth Corps démarre son tir de préparation avant la traversée de la Seille. Peu de temps avant l’heure H, l’artillerie divisionnaire, les chars d’appui du 702nd TB, les M18 Hellcat du 808th TDB et les compagnies de canon d’infanterie se joignent au concert d’artillerie en pilonnant une ligne de 2,5 km. A 06h00 pile, les principaux échelons d’attaque de chaque régiment bondissent pour traverser la Seille et établir une tête de pont sur la rive droite. Sur la droite, le 319th Infantry, avec son 1st Battalion, nettoie la rive de la Seille entre Abaucourt et Létricourt et traverse la rivière à Aulnois-s/-Seille qui tombe dans les mains américaines en deux heures seulement. Au centre, le 318th Infantry franchit lui aussi la Seille dans de petites embarcations et prend Nomény fortifiée en tenaille malgré des tirs de mortiers. Le combat dure toute la matinée, causant 100 tués et blessés aux Américains. Mais grâce au Génie qui a pu poser des ponts lourds, des M4 Sherman du 702nd TB se ruent sur Nomény qui tombe. Sur la gauche, le317th Infantry franchit lui aussi la Seille et encercle Eply par un mouvement nord-sud. Tard dans l’après-midi, les Allemands répliquent par un tir d’artillerie et des contre-attaques locales, qui sont plus soutenues dans le secteur du 317th Infantry que le régiment frappe à la charnière du SS-PzGren.Regt 38 et de la 48. Infanterie-Division. Mais à Nomény, le I/Grenadier-Regiment 126 disparaît corps et biens durant la nuit du 8-9 novembre. Le Festungs-Bataillon 1431 qui tient le secteur au nord et à l’ouest de Nomény, est dépassé lui aussi et faillit ne plus exister le lendemain.

– Durant la matinée du 9 novembre, la 48. Infanterie-Division rallie la Crête de Delme afin de bloquer l’avance de la 80th Infantry Division. De con côté McBride prévoit de prendre la crête par un crochet au nord avec le318th Infantry mais celui-ci a déjà rallié le 319th en contrebas. Le régiment progresse difficilement le 9 novembre à cause de la boue et ne peut atteindre son objectif le jour même. McBride décide alors d’engager sa réserve, le 1/319th Infantry. Appuyé par des Sherman, le 319th Infantry lance une attaque frontale contre la Crête de Delme. L’assaut est brutal, facilité par des pentes encore praticables pour les chars. Malgré la présence de mines, les Américains enlèvent de l’artillerie russe de prise et enlèvent la hauteur.

– Sur la gauche, le 317th Infantry Regiment subit de terribles pertes face au I/SS-Panzergrenadier-Regiment 37 qui tient le plateau au nord de la Crête de Delme. Ses flancs exposés en raison du départ de la 5th Infantry Division sur sa gauche, le régiment est littéralement quadrillé par un violent tir d’artillerie. Tard dans l’après-midi, le 357th Fighter Squadron surgit pour frapper les Allemands sur la pente opposée de la Crête de Delme et dans les bois à l’est. Pendant ce temps, les trois bataillons d’artillerie de campagne de la 80th Division pilonnent les arrières ennemis. Pendant la soirée, le 137th Infantry Regiment s’empare de Delme, permettant à la 80th Division de reprendre son avance.

– Le second jour de l’offensive se montre particulièrement fructueux pour les soldats du Général McBride. La 48. Infanterie-Division se trouve particulièrement malmenée et doit laisser 1 000 prisonniers. Du coup, alors que la 80th Division combat toujours pour la Crête de Delme, Manton S. Eddy décide d’engager son élément de second échelon, la 6th Armored Division du Major.General Grow. Celle-ci doit s’élancer entre Château-Salins et la Crête de Delme, franchir la Nied sur un front de 8,5 km environ et s’emparer du plateau dominant Faulquemont. Le Combat Command A, alors commandé par le Colonel John L. Hines après la blessure du Colonel Hanson, doit s’emparer des collines au sud-est de Faulquemont dans les environs de Guessling et Hémering. Au CC B du Colonel George W. Read Jr. revient la mission de s’emparer du plateau au nord-est de la ville.

– Le 9 novembre toujours, le Combat Team Brindle (86th Cavalry Reconnaissance Squadron et 1 compagnie du 15th TB) s’élance en tête du CC B et réussit à passer la Seille à Port-s/-Seille, avant d’arriver à l’ouest d’Alémont où un canon antichar allemand force la colonne à s’arrêter. Malheureusement, la boue et la pluie annihilent la vitesse des blindés américains.
Pendant ce temps, le 318th Infantry Regiment et des éléments d’infanterie portée de la 6th Armored chassent les derniers éléments ennemis des alentours de Nomény, permettant aux deux Combat Commands de Grow de passer sur la rive est de la Nied française en début de soirée. Le reste de la Division passe la rivière durant le lendemain.

– Le 10 novembre, la 80th Divsion avance rapidement, coopérant étroitement avec ses chars de soutien et couvrant plus de 7 km vers l’est. Alors décimée, les restes de la 48. ID refluent devant la « Blue Ridge ». Hermann Balck n’a alors rien à envoyer pour rétablir la situation, si ce n’est une partie de la 11. Panzer-Division qui a été scindée en plusieurs morceaux depuis son secteur de rassemblement de Morhange. De plus, toute une partie de la 11. PzD se trouve plus au sud afin de contenir la 4th Armored Division.
Du coup, le 318th Infantry Regiment du Colonel McVickar rencontre quelques troupes du Grenadier-Regiment 951 (361. VGD), jetés dans la bataille depuis le nord et qui retiennent un temps son avance. Toutefois, si la 80th Division effectue une bonne avance durant la journée, elle ne capture que 350 soldats allemands.

9 – La prise de Han-sur-Nied

– En revanche, l’attaque de la 6th Armored Division est rendue beaucoup plus compliquée en raison du peu de surface en dur de disponible pour permettre aux chars de manœuvrer. Une seule route peut y faire office, celle qui part de Pont-à-Mousson pour traverser Vigny et Luppy et arrive à Han-s/-Nie. Même si le CC Bdevait initialement longer la route de Han-s/-Nied par la droite, il est forcé de trouver d’autres chemins.
Malgré leurs difficultés, les Combat Commands de la 6th Armored obliquent vers le nord-est et viennent soutenir l’avance de l’aile droite du XXth Corps de Walker. Ils atteignent ensuite Luppy tenue par un détachement de la 11. Panzer qui défend la grand-route. Le CC A de Hines passe alors le reste de la journée à nettoyer le village. De son côté, le CC B s’emploie à nettoyer la route Vigny – Buchy, les Allemands s’étant alors retrancher dans les villages. Mais la situation se débloque grâce à l’arrivée des soldats du 2nd Infantry Regiment du Colonel Roffe (5th Division), qui contribuent à prendre les deux villages.

– Le 11 novembre, la 6th Armored Division avance sur un front de 8, 5 km et arrive à 4,5 km de la NIed française. Avec l’aide de la 80th Division, elle réussit à nettoyer plusieurs secteurs clés. Le CC A de Hines est néanmoins bloqué par un important champ de mines à Béchy, bien tenu par des éléments de la « Götz von Berlichingen » appuyés par d’autres de la 48. ID. Deux heures sont nécessaires aux Américains pour dégager le secteur. Avec l’arrivée du 1/317th Infantry du Lt.Col. Sterling S. Burnette, le Colonel Hines combine les deux forces pour marcher vers le pont de Han-s/-Nied. Une colonne de fantassins, soutenus par un peloton de Sherman du 68th TB et 5 Half-tracks transportant des soldats du 9th Armored Infantry Battalion se lancent alors vers l’objectif. Les fantassins sur la route et les blindés dans les champs. Arrivés en vue de la Nied française, les Américains tombent sur des colonnes de véhicules allemands, certains tractant de l’artillerie. Un observateur, juché sur un char léger contacte alors les unités d’artillerie de soutien pour canonner les abords du pont. Hines ordonne alors de lancer un assaut immédiat. Mais les fantassins subissent un tir de barrage particulièrement violent. Les pertes sont sensibles mais les chars réussissent à passer le pont, suivis par les restes de la A Company du 1/317th Infantry. Pendant ce temps, l’artillerie de soutien s’en prend aux bouches à feu allemandes. Si celles-ci ne parviennent pas à détruire le pont, elles réussissent à gêner considérablement l’avance américaine. Vers 17h15, le Colonel Hines (blessé), lance une poignée d’hommes à travers le pont mais sans l’appui des chars afin de ne pas écraser les soldats blessés sur le pont. Finalement le pont est sécurisé après plusieurs heures de combat et à 21h30, le Colonel Lewis expédie ses 2nd et 3rdBattalions sur la rive gauche de la Nied pour attaquer le plateau au-delà de Han-s/-Nied.

– Le 11 novembre toujours, le Combat Team 68 d’Harold C. Davall (la colonne sud du CC A) et le 318th Infantry doivent se frayer un chemin sur des routes secondaires boueuses pour arriver sur la Nied française. Mais pendant la nuit, la colonne trouve un pont à Baudrecourt, 1,5 km au sud de Han-s/-Nied. Le pont est pris le lendemain par un assaut ne rencontrant qu’une très faible résistance. Mais ce succès ne contribue pas immédiatement à exploiter la prise du pont de Han, en raison du manque de troupes. Les pertes du 318th Infantry ont été telles dans les jours précédents que son 2nd Battalion ne peut aligner l’équivalent que d’une compagnie.
Le difficile succès de Han-s/-Nied va être exploité par son équivalent sur le flanc gauche de la 80th Divisionpar le Combat Command B du Colonel Read. Celui-ci frappe à l’est avec deux Combat teams avec le but de saisir les ponts sur la Nied française à Anverville et Remilly. Mais les Allemands sont bien plus vigilants dans ces deux secteurs qu’à Han-s/-Nied et les ponts sont détruits dès que les Américains démarrent leur avance. A Remilly, où doit déboucher le CT 50 de Wall, l’artillerie d’appui ouvre une « sérénade » autant pour commémorer l’armistice que pour des impératifs tactiques (Journal du CC B). Le Colonel Read obtient de Grow la permission de glisser son axe principal de progression plus au nord. Une petite unité de reconnaissance menée par le Lieutenant Frederick Titterington du 25th Armored Engineer Battalion, ouvre le chemin vers le nord à travers les lignes ennemies et trouve un pont encore intact près de Sanry-s/-Nied. Titterington mène alors un half-track de l’autre côté du pont, saute à terre avec une petite équipe pour couper les fils de mise à feu des explosifs. Cela permet alors aux fusiliers de tête du CT 15 du Lt.Col. Lagrew se rue sur le pont pour accrocher la rive droite, malgré un violent tir de l’artillerie ennemie.

– Le CC A de la 80th Division exploite de son côté la prise du pont de Han-s/-Nied le 12 novembre même. La nuit précédente, le 69th Tank Battalion (Lt.Col. Bedford Forrest) a été rattaché au CC A. Le CT de Forrest mène alors une attaque sur la route de Faulquemont. A Henry, 1,5 km à l’est de Han-s/-Nied, la colonne rencontre néanmoins une batterie de canons de 88 mm, soutenus par une infanterie lourdement armée. Après un dur combat de cinq heures, l’ennemi fini par se replier de la grand-route. Plus au sud, dans le triangle entre la Nied et la boucle de la Rotte, les Allemands tentent une dernière fois d’arrêter l’avancée américaine en attaquant à la jonction des 318th et 319th Infantry Regiments, mais doivent se replier lorsque le Combat Team 9 de Stablein débouche sur la Rotte par le nord avec infanterie portée et blindés. Pendant la nuit du 12 novembre, 3 ponts sont lancés sur la Rotte, permettant à l’infanterie et aux chars d’avancer vers Faulquemont.
Toutefois, au même moment, Eddy établit un nouveau plan d’opération consistant à prendre les points de passage sur la Sarre. Si nécessaire, l’objectif de la 6th Armored Division sera élargi au plateau au sud de Faulquemont, afin de permettre à la 35th Infantry Division d’avancer en force vers la Sarre.

– Mais l’avance de l’aile gauche du XIIth Corps commence à perdre son rythme en raison de la pluie et de la boue et les pertes ont été lourdes depuis le 8 novembre. Le ralentissement de la progression américaine permet aux Allemands d’acheminer des renforts, notamment la 36. Volks-Grenadier-Division du Generalmajor August Wellm. Son arrivée permet alors à Hermann Balck d’envisager un rétablissement de situation, suite au choc sui par la 1. Armee de von Knobbelsdorff. Le commandant du HG G – d’habitude optimiste – est alors très inquiet des conséquences pouvant être engendrées par l’effondrement de la 48. ID. Et rien ne peut laisser présager d’optimisme le 12 novembre : la brèche sur la Seille menace directement la principale voie de ravitaillement allemande au nord de la Lorraine, soit la  Han-s/-Nied – Faulquemont – Saint-Avold.
Balck ordonne alors à Hermann Priess de lancer son XIII. SS-Korps en contre-attaque afin de restaurer la ligne sur la Seille. Du coup, presque tout l’ensemble des effectifs du régiment motorisé de la 361. VGD se trouve détaché du LXXXIX. Armee-Korps afin d’aider les restes étrillés de la 48. ID à retenir les Américains. Le XIII. SS-Korps reçoit aussi le renfort d’éléments de la 21. PzD mais qui manquent cruellement de chars, la division ayant été malmenée par le 2e DB française à Baccarat. Pour l’heure, elle ne compte que 19 chars, 3 canons d’assaut et quatre bataillons lourds qui ne comptent plus que 70 hommes chacun.

– Lorsque la 21. PzD arrive dans le secteur de la 1. Armee, Balck l’envoie immédiatement contre la tête de pont formée à l’est de la Nied par la 6th Armored Division. Mais en même temps, la Colonne Lagrew élargit la tête de pont de Sanry le 12 novembre en poussant vers le nord, malgré la présence de canons antichars qui rend la progression plus difficile. Mais la coopération avec l’aile droite du 2nd Infantry Regiment (5th Division) permet de maintenir fermée la charnière avec le XXth Corps de Walker.
Le 13 novembre, alors que le CC B de la 6th Armored Division avance toujours depuis la Nied, les éléments de la 21. PzD surgissent de la Forêt de Remilly. Mais le Colonel Lagrew a pris ses précautions en envoyant le détachement de Cavalerie du Captaine James Bridges surveiller le secteur Bazoncourt – Berlize, avec chars légers, canons de 75 mm, canons automoteurs et chasseurs de chars M18 Hellcat (603rd TDB). Soudain,Panzer et grenadiers surgissent sur l’avant-poste tenu par Bridges. L’affrontement est violent, les Américains perdent 13 véhicules et une trentaine d’hommes. Mais l’effet de surprise ne fonctionnera pas et les Allemands sont forcés d’arrêté leur assaut entre Bazoncourt et Berlize.

– Toutefois, le 13 novembre, la principale force de Lagrew est bloquée par des obstacles routiers. Tard dans l’après-midi, Robert W. Grow ordonne au CC B de tourner la tête de pont de Sanry et d’obliquer au sud-est vers Herny. Le CC A continue son attaque vers Faulquemont avec l’aide du 317th Infantry Regiment, créant alors un saillant de 1,5 km de large et d’environ 4,5 de profondeur après toute une journée de durs combats. Le Major Milford F. Stablein, commandant du 9th Armored Infantry Battalion est tué dans l’assaut d’Arraincourt.
La 48. ID, réduite à moins d’un régiment et manquant totalement d’armes lourdes, trouve néanmoins l’énergie de se battre durement sur la route de Faulquemont mais les événements du 13 indiquent que la division est sur le point de s’écrouler définitivement.
Le soir du 13, Hermann Balck donne des ordres pour replier la 48. ID pour rejoindre la 559. VGD, elle aussi sévèrement secouée après les combats du secteur de Morhange.

– Tout indique alors que l’état de la 48. ID ne peut empêcher les Américains d’exploiter leur succès. Pour remédier à la situation, Hermann Priess rameute d’urgence la 36. VGD qui dispose ses trois régiments face à la 6th Armored et à la 80th Division. Ses canons antichars étant disposés le long de la route Han-s/-Nied – Faulquemont. Bien qu’étant réputé bon tacticien, August Wellm ne dispose pas d’assez de temps pour déployer sa division comme il le souhaiterait, devant parer au plus urgent.


10 – Le combat de Landroff

– Le 14 novembre, Manton S. Eddy donne de nouveaux ordres afin de continuer son attaque et prendre le plateau au sud de Faulquemont, tout en enjoignant McBride d’avancer moins rapidement afin de maintenir la liaison avec le XXth Corps de Walker et d’assurer la protection de l’aile gauche du XIIth Corps. Puisque le gros la 80th « Blue Ridge » n’a pas encore franchi la boucle de la Rotte, l’assaut sera confié au blindé. Déjà fortement engagé contre l’ennemi, le CC A doit attaquer sur la droite, à la Côte de Suisse (entre Landroff et Thicourt), afin de favoriser la progression de l’Infanterie sur Faulquemont. Le secteur est défendu par le Grenadier-Regiment 87 (Oberst Walter Fries). Toutefois, les forces de combat du CC B ne sont peuvent être rassemblés à l’est de la Nied avant 16h45.

– Le Colonel Hines, patron du CC A décide d’avancer en pointe le long de la route bordant la Rotte pour s’emparer de Landroff. Le matin du 14 novembre, le CT Davall (68th TB, 1 compagnie du 9th AIB et des chasseurs de chars) attaque le long de la rivière, prend Brulange et Suisse avant de pouvoir se lancer sur Landroff. Mais l’artillerie allemande donne de la voie en pilonnant la route à l’ouest de Landroff. Mais le CTfinit par prendre d’assaut la localité en fin de journée.
Craignant alors de voir son front s’écrouler rapidement, Priess ordonne à Wellm d’étendre le flanc gauche de sa 36. VGD. Wellm lance alors le I/Grenadier-Regiment 87 vers le sud-est depuis Eicheville, avec l’appui des pièces de l’Artillerie-Regiment 268. Le premier assaut sur Landroff, mené avec quelques canons d’assaut, réussit à atteindre le centre de la ville mais les Allemands en sont rejetés par une violente défense couplée à un tir de barrage. Des éléments d’infanterie américaine réussissent à créer un couloir entre Suisse et Landroff, forçant les Allemands encerclant Landroff à rebrousser chemin. Le tir de huit bataillons d’artillerie réduit les Allemands en pièce mais ne suffit pas à les chasser définitivement. Il faut attendre la nuit, marquée par un violent engagement au corps-à-corps, au pistolet-mitrailleur, au fusil, au bazooka et à la pelle de tranchée pour chasser les assaillants de la moitié sud du village. Le 15 novembre à 05h00 du matin, 1 compagnie du 319th Infantry parvient à rejoindre les défenseurs de Landroff et à chasser les Allemands de la moitié nord du village. 100 cadavres de soldats allemands sont retrouvés gisant dans les rues. Le CT du Lt.Colonel Harold C. Davall n’est toutefois plus en état de poursuivre l’offensive au vu de ses pertes et du manque de munitions. Mais il a définitivement sécurisé Landroff, permettant à d’autres unités d’attaque la Côte de Suisse défendue par le II/Grenadier-Regiment 87. L’assaut est alors mené par le Combat Team 44 du Lt.Colonel Brown et par 1 bataillon du 319th Infantry Regiment. La Côte de Suisse tombe à la fin de la journée et le II/GR 87 est quasiment exterminé.

– Le 16 novembre, le CC A, les 318th et 319th Infantry Regiments déclenchent une attaque très bien coordonnée sur Faulquemont et appuyée par le feu des chars, canons automoteurs et chasseurs de chars disposés sur la Côte de Suisse. La rapidité et la brutalité de l’attaque frappe violents les GR 87 et 118 considérablement affaiblis. Le CT Forrest s’empare de la Cote 337 en débusquant les Allemands de leurs trous individuels, pendant que le CT Brown prend Eincheville. Au bout de la journée, le CC A a envoyé 1 200 prisonniers dans les lignes du XIIth Corps (soit l’équivalent de presque tout un régiment allemand type 1944). La position de Faulquemont est définitivement verrouillée, empêchant alors toute contre-attaque allemande en direction de la Nied.

– Eddy ordonne alors à McBride et Grow d’arrêter leur avance et de faire prendre à leurs hommes une pause bien méritée, le temps de les approvisionner en couvertures et en vêtements secs, afin d’éviter l’accroissement des cas de grippes et de pneumonies.

[Suite]

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Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Douzième partie

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B – LA POUSSÉE DU XIIth CORPS VERS LA SARRE  – En raison du ralentissement de l’attaque de début novembre, l’objectif principal du XIIth Corps, Darmstadt, reste encore à 90 km. Devant les Américains, un terrain beaucoup plus favorable à la défense, avec l’établissement d’une nouvelle ligne de défense Faulquemont – Bénestroff…

18 décembre 2014

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Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine - Dixième partie

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VI – LA SECONDE OFFENSIVE DU XXth CORPS CONTRE METZ 1 – Préparatifs de Walker – Durant la pause d’octobre, la IIIrd Army de Patton reçoit les renforts attendus afin d’achever la phase d’encerclement et de nettoyage du secteur de Metz. Afin de relever la 5th Infantry Division éreintée, le…

7 décembre 2014

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Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Neuvième partie

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V – LE XXth CORPS TENTE DE PRENDRE METZ 1 – Échec devant le Fort Driant  – Fin septembre, la 90th Infantry Division retourne à l’attaque contre le secteur du Fort « Jeanne d’Arc ». Baptisée « Thunderbolt », l’opération mis au point par le Major.General McLain consiste à exercer une poussée en force vers l’est depuis…

2 novembre 2014

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16 avril 2016
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Histoire & Culture

22 janvier 1850 : Fête du Bienheureux Père Guillaume-Joseph Chaminade

by adminfhesp 16 avril 2016

Né en 1761, fis d’un drapier, Guillaume-Joseph Chaminade étudie au séminaire de Bordeaux et est ordonné prêtre en 1785 (peut-être la veille de Pentecôte).

En 1790 il refuse de prêter serment sur la Constitution Civile du Clergé et doit s’enfuir en Espagne et s’installer à Saragosse. Il y fit de la confection de petites statues pieuses et cela, jusqu’en 1800.

Il revient en France en 1800, à la faveur des mesures d’apaisement religieux du Consulat et choisit de se consacrer à la formation et à l’accompagnement spirituel des jeunes gens., afin que ceux-ci soient exemplaires dans leur vie. Aidé par Adèle de Trenquelléon, il fonde la Société de Marie, dont les membres seront appelés Marianistes. Les Filles de Marie Immaculée – dont la première supérieure fut Adèle – dépendent de cet ordre séculier.

Le P. Chaminade a été bébéatifié en 2000 par Jean-Paul II.

Voici un extrait de l’homélie du défunt Pape : La béatification, durant l’année jubilaire, de Guillaume-Joseph Chaminade, fondateur des marianistes, rappelle aux fidèles qu’il leur appartient d’inventer sans cesse des manières nouvelles d’être témoins de la foi, notamment pour rejoindre ceux qui sont loin de l’Eglise et qui n’ont pas les moyens habituels de connaître le Christ. Guillaume-Joseph Chaminade invite chaque chrétien à s’enraciner dans son Baptême, qui le conforme au Seigneur Jésus et lui communique l’Esprit Saint.
L’amour du Père Chaminade pour le Christ, qui s’inscrit dans la spiritualité de l’Ecole française, le pousse à poursuivre inlassablement son oeuvre par des fondations de familles spirituelles, dans une période troublée de l’histoire religieuse de France. Son attachement filial à Marie l’a maintenu dans la paix intérieure en toute circonstance, l’aidant à faire la volonté du Christ. Son souci de l’éducation humaine, morale et religieuse est pour toute l’Eglise un appel à une attention renouvelée pour la jeunesse, qui a besoin tout à la fois d’éducateurs et de témoins pour se tourner vers le Seigneur et prendre sa part dans la mission de l’Église.

[Source : Nominis]

 

 

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Maréchal Laurent de Gouvion-Saint-Cyr

Maréchal Laurent de Gouvion-Saint-Cyr

Lorrain de naissance, Laurent Gouvion voit le jour à Toul le 13 avril 1764. Son père, soldat du Roi, souhaite le voir suivre la carrière mais Laurent se montre un très bon dessinateur et se sent davantage attirer par les métiers de l’art. Il a notamment la chance de partir…

17 mars 2016

Dans « Grande Armée »

Général Pichegru

Général Pichegru

Fils de cultivateurs du Jura, Jean Charles Pichegru voit le jour à Planches-près-d’Arbois le 16 février 1761. Il fait d’abord sa scolarité au Collège des Minimes d’Arbois et s’y révèle doué pour les Mathématiques. En 1779, il entre au Collège de Brienne comme répétiteur de quartier. Il entre d’abord dans…

6 avril 2014

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13 mars 1854 : Disparition du Comte Joseph de Villèle

13 mars 1854 : Disparition du Comte Joseph de Villèle

S’il fut l’une des têtes pensantes du Parti Ultra sous la Restauration, ce qui lui valut une forme d’ostracisme historique et mémoriel, Joseph de Villèle, Ministre de Louis XVIII et de Charles X fut une personnalité sans doute plus modérée qu’on ne le pense, partisan d’une politique internationale prudente et…

13 mars 2016

Dans « Grands personnages politiques »

16 avril 2016
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Histoire & Culture

Beaudouin IV de Jérusalem : « Le roi lépreux » (abbé Iborra)

by adminfhesp 16 avril 2016

Voici  le sermon prononcé par l’abbé Eric Iborra, à l’occasion d’une messe solennelle de requiem célébrée à la mémoire du roi Baudouin IV de Jérusalem. (1161-1185)

« Fais ce que dois, advienne que pourra ». Le 16 mars 1185, il y a 830 ans, s’éteignait Baudouin IV de Jérusalem. Il avait 24 ans. « Humblement, insensiblement, abandonnant son corps déchu en la Jérusalem terrestre à la défense de laquelle il s’était consacré tout entier, il s’en fut rejoindre la demeure promise par l’Ecriture, à laquelle il aspirait de tout son être, la Jérusalem céleste, pour y connaître enfin la béatitude dans un corps de gloire » . « Lui, le faible, l’infirme, avait réussi à barrer la route du plus grand, du plus puissant, du plus résolu des ennemis que la Terre Sainte ait jamais connu, Saladin. Après douze ans de règne l’héritage que lui avait légué son père était intact »

Une dernière fois il avait fait venir les grands feudataires du royaume. « Impressionnants et poignants adieux de cet être défiguré dont la vue seule provoquait l’effroi ou une profonde pitié. Dans le silence atterré des barons, un souffle de voix sortit des lèvres difformes, de cette voix si particulière et si attendrissante pour son léger défaut de prononciation, afin de demander à tous de jurer fidélité à son neveu et héritier et de respecter ses dernières volontés concernant la régence. Remués au plus profond d’eux-mêmes, sous leur rude carapace par tant de grandeur et de dévouement, tous jurèrent avec émotion pour lui complaire et lui témoigner une dernière fois leur confiance, leur attachement et leur affection » . Baudoin venait d’achever son dernier combat.

C’est ainsi que disparut Baudouin de Jérusalem, le roi lépreux,
« stoïque et douloureuse figure, la plus noble peut-être de l’histoire des Croisades, figure où l’héroïsme, sous les pustules et les écailles qui le couvraient, confine à la sainteté, pure effigie du roi français » .
Une figure défigurée que nous avons croisée, adolescents, dans L’étoile de pourpre ou bien dans Kingdom of Heaven, et plus tard peut-être dans les ouvrages historiques de R. Grousset, D. Paladilhe ou P. Aubé. Une figure hélas bien oubliée, en France du moins, comme l’est aujourd’hui d’ailleurs ce royaume franc de Terre Sainte que ses successeurs ne surent conserver. « On oublie celui qui, pendant dix ans, a tenu tête à Saladin et l’a fait fuir plus d’une fois. On oublie que ce roi était un adolescent. On oublie que pendant son règne il eut à subir une des plus rudes épreuves que puisse subir un être humain, celle de la lèpre. On oublie que malgré l’adversité son pays était prospère, que des villes, depuis rayées de la carte, étaient riches ! On rappelle trop souvent les fautes commises après sa mort et l’on néglige les remarquables réalisations faites durant son règne. Il faut toujours se souvenir qu’il est sorti vainqueur de trois ennemis qui l’assaillirent sans relâche : Saladin, les intrigues de cour autour de sa succession, sa maladie » . Evoquons-les successivement.

Saladin, c’est ce général kurde fanatique qui s’empara de l’Egypte et de la Syrie au moment où mourait le père de Baudouin. Si bien que « le règne du malheureux jeune homme, nous dit R. Grousset, ne devait être qu’une longue agonie, mais une agonie à cheval, face à l’ennemi, toute raidie dans le sentiment de la dignité royale, du devoir chrétien et de la responsabilité de la Couronne en ces heures tragiques où au drame du roi répondait le drame du royaume » . Jamais, tant que Baudouin vécut, Saladin ne réussit à prendre un réel avantage. Et les plus glorieuses victoires des croisades furent celles de l’adolescent lépreux. Couronné en 1174, il repousse une première fois les Turcs en 1176, à 15 ans, alors qu’il vient d’accéder à la majorité. En 1177, à Montgisard, alors qu’il n’a pas encore 17 ans et que la situation semblait désespérée, il met en fuite une armée de 26 000 h avec seulement 400 chevaliers. Le patriarche jacobite Michel le Syrien raconte : « Dieu, qui fait paraître sa force dans les faibles, inspira le roi. Il descendit de sa monture, se prosterna face contre terre devant la Vraie Croix, et pria avec larmes. A cette vue, le cœur des soldats fut ému, ils jurèrent sur la Croix de ne pas reculer et de regarder comme traître quiconque tournerait bride. Ils remontèrent à cheval et chargèrent ». Ce fut une victoire éclatante. Trois ans de suite la guerre se poursuivit, aboutissant à une trêve malheureusement rompue par la faute du cruel et inconsistant Renaud de Châtillon. Baudouin fit taire son ressentiment, se porta au secours de son vassal et vainquit le sultan. Il ne cessera de s’opposer à ses retours offensifs. Le corps rongé d’ulcères, presque aveugle, désormais incapable de quitter sa litière, le roi galvanisait ses troupes et faisait fuir l’ennemi, saisi de stupeur à la vue de l’énergie surhumaine de ce cadavre ambulant.

Le 2e ennemi que dut combattre Baudouin, ce fut son entourage, et en particulier sa parenté. S’il put s’appuyer sur des fidèles d’exception comme l’archevêque et mémorialiste Guillaume de Tyr, le maréchal Onfroy de Toron ou le comte Raymond de Tripoli, tous ceux qui lorgnaient sur sa succession sans mesurer d’ailleurs la charge qu’elle impliquait complotaient et finirent par hâter la fin : il ne fallut pas plus de deux ans pour qu’à la faveur d’intrigues la régence fût ruinée et que le royaume tombât sous les coups des Turcs. Ce fut la funeste bataille de Hattin. A l’ambition des uns s’ajoutait la veulerie des autres tandis qu’en Europe d’où pouvait provenir les secours l’indolence piquetée de rivalités dynastiques paralysait princes et rois. Tout au long de son règne Baudouin ne cessa d’être déçu par ceux qui auraient dû être ses plus solides soutiens. Avec patience et abnégation il s’efforça de les réconcilier et de les mobiliser au service du bien commun. Avec peine.
Car il luttait chaque instant contre un 3e ennemi, encore plus intime : cette lèpre qui, pourrissant le corps, est, dans la Bible, le symbole du péché qui défigure l’âme. La lèpre, cette maladie qui en détruisant les terminaisons nerveuses rend insensible le corps mais qui par l’horreur et les infirmités qu’elle suscite transperce aussi le cœur. Car Baudouin avait tout pour lui : beau, intelligent, courageux, excellent cavalier, il était un chevalier accompli. Terrassé par les poussées progressives de ce mal incurable, il offre encore aujourd’hui un exemple admirable de résilience et d’abnégation, se décentrant de lui-même pour s’oublier totalement dans le service du royaume que la providence lui avait confié. C’est là que se manifeste sa grandeur, et une grandeur surnaturelle : « Dans un cloaque d’ambitions, de violences et de luxure, couvert du signe de la croix comme par sacrilège, cet enfant mystique n’a pas seulement accompli la perfection du prince selon l’Evangile : par l’épreuve de la maladie, de la détresse solitaire et de la mort précoce, il fut aussi un Christ de douleur couronné d’or et d’épines » . « Christ de douleur couronné d’or et d’épines » ! Oui, Baudouin consentit à prendre sur lui le symbole du péché comme le Christ dans sa chair lui aussi en avait porté la réalité. Baudouin est une figure christique éminente, comme le sera, un siècle plus tard, un autre roi, devenu pèlerin de l’Absolu, rongé par les fièvres et mourant sur la cendre devant les murs de Tunis, saint Louis. On pourrait appliquer au roi Baudouin ce que le cardinal Sarah dit du saint pape Jean-Paul II : il fut la « gloire de la souffrance » et son règne, « un règne prodigieux et crucifié à la fois » .

Alors, au moment de chanter l’absoute, est-il bien nécessaire de prier pour lui ? N’est-ce pas plutôt à lui d’intercéder pour nous ? D’intercéder pour ce Proche Orient auquel il se dévoua et pour cette Europe dont il fut issu.
Le Proche Orient d’abord. En ces jours où le fanatisme et la barbarie des héritiers de Saladin terrorisent chrétiens et musulmans, son exemple est d’actualité : il a combattu loyalement ses ennemis en recourant aux armes, mais en même temps les musulmans installés dans son royaume confessaient préférer être sous la croix que sous le croissant. Car il était juste et miséricordieux en même temps que fort et courageux. On sait aujourd’hui que le monde islamique ne gagnera rien à la disparition des chrétiens d’Orient. Leur humanité, perfectionnée par l’Evangile, est un gage de paix et de réconciliation pour tous ceux qui habitent dans cette région.
L’Europe ensuite. En ces jours où la noblesse d’âme a déserté les palais que se disputent tous ceux qui sont affamés de pouvoir et d’avoir son exemple nous fait cruellement regretter le temps de ces chefs à l’âme profondément chrétienne qui surgissaient pour entraîner à leur suite les meilleurs et pour tenir en respect la meute des médiocres. Il en est certains qui paradent aujourd’hui à la tête de nos institutions et qui ne valent sûrement pas le valet d’armes qui graissa le heaume du roi au matin de Montgisard ! Si la veulerie a toujours existé, au moins devait-elle reconnaître sa condition face à de tels exemples de lumière. Une lumière tout intérieure mais d’autant plus éblouissante, une lumière issue des ténèbres du Vendredi Saint, une lumière qui fortifie les cœurs purs et confond les méchants, une lumière si contraire aux feux qu’un monde fanatique et fruste, avide de pouvoir mais fasciné par la supériorité de son adversaire, oppose aux paillettes artificielles d’un autre monde, matérialiste, effondré sur sa richesse et son vide existentiel. Baudouin nous rappelle la parole du prophète Samuel face au jeune David : « Les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais le Seigneur regarde au cœur » . Parole si actuelle à l’heure où en ce monde de l’apparence, de la cosmétique et de la superficialité, on s’apprête à supprimer légalement ceux qui nous rappellent cette faiblesse de l’homme dans laquelle peut transparaître la puissance de Dieu : aujourd’hui les moribonds, demain les handicapés et pourquoi pas après-demain ceux dont la pensée n’est pas conforme à la doxa dominante. Non, la dignité de l’homme n’est pas dans l’apparence du corps, elle est dans la pureté du cœur.
Baudouin le lépreux, roi de Jérusalem, a traversé les sombres tempêtes de l’histoire comme un astre de lumière. D’une lumière ténébreuse dont seule la foi peut déchiffrer le mystère. « Devenu parfait en peu de temps, il a fourni une longue carrière. Son âme était agréable au Seigneur, aussi est-il sorti en hâte du milieu de la perversité ». Et le livre de la Sagesse continue : « les foules voient cela sans comprendre. Le juste qui meurt condamne les impies qui vivent, et la jeunesse vite consommée, la longue vieillesse de l’injuste » . En ces jours de carême, qui nous pressent de suivre le Christ de plus près, l’exemple de Baudouin, configuré jusque dans sa chair à la passion de son Maître, nous provoque : force d’âme, intelligence politique, incorporation au mystère du Sauveur. Qu’un jour il nous soit donné de le vénérer sur les autels !

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Abbé Iborra :

Abbé Iborra : « En décapitant le roi, on décapitait symboliquement la France »

Extrait de l’homélie de l’abbé Eric Iborra, vicaire de la paroisse saint Eugène, à Paris, prononcée à l’occasion de la messe de requiem pour le défunt roi de France Louis XVI, le 21 janvier dernier :  « Pourquoi assistons-nous à une messe de suffrage si nous pensons, avec le pape Pie…

22 janvier 2014

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A l’approche de la fête chrétienne de l’ Assomption ( montée au Ciel de Marie, la mère du Christ), France-Histoire Espérance publie en intégralité la déclaration officielle du roi Louis XIII qui consacra la France à la sainte Vierge le 10 février 1638. « Louis, par la grâce de Dieu, roi de France…

10 août 2012

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Hommage du ministre de la Défense au général Bigeard

Voici le texte intégral du discours prononcé par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à l’occasion du transfert des cendres du général Marcel Bigeard (1916-2010), au mémorial des guerres d’ Indochine, à Frejus. La cérémonie s’est déroulée ce mardi, 20 novembre, date anniversaire de l’opération « Castor », au…

21 novembre 2012

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16 avril 2016
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Histoire & Culture

1er mars 487, le Vase de Soissons

by adminfhesp 16 avril 2016

Cette anecdote légendaire nous a été rapportée par Saint Grégoire de Tours dans l’Histoire des Francs. Voici ce que raconte l’homme de lettres du VIe siècle : Peu de temps après la prise de Soissons (486), capitale de Syagrius, « beaucoup d’églises furent pillées par l’armée de Clovis parce qui était encore enfoncé dans les erreurs du fanatisme.»

Les soldats pillent un édifice religieux du diocèse de Reims et rapportent des ornements liturgiques, un vase liturgique, probablement en argent, « d’une taille et d’une beauté extraordinaires ». Saint Rémi Evêque de Reims envoie un émissaire à Clovis pour lui demander « qu’à défaut des autres prises il lui restituât au moins cet objet auquel il tenait précieusement. »  Le roi invita l’homme de Dieu à le suivre jusqu’à Soissons où devait avoir lieu le partage du butin, comme le veut la tradition germanique.

A Soissons, Clovis demande aux « très valeureux guerriers » de lui céder le vase en plus de sa part. Les hommes de bon sens lui répondent : « Tout ce que nous voyons ici est à toi, glorieux roi, et nous sommes nous-mêmes soumis à ton autorité  Agis maintenant comme il te plaira, personne ne peut te résister.  Mais, tout le monde ayant parlé, un soldat – homme léger, envieux et impulsif frappe le vase de sa hache en s’écriant : ‘Tu ne recevras que ce que le sort t’attribuera vraiment !’ »

« Le roi avala l’affront garda sa blessure cachée dans son cœur ». Saint Rémi récupéra tout de même son vase, brisé ou cabossé.

Au bout de l’année, Clovis convoque son armée au Champ de Mars, passe ses guerriers en revue et reconnut le soldat indocile. Constatant que sa tenue et l’entretien de ses armes laissent à désirer, il les lui prend et les jeta à terre. Le soldat se baisse pour les ramasser et Clovis en profite pour lui briser le crâne d’un coup de francisque en disant :

« Ainsi as-tu fait au vase à Soissons ! »

 

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Huit-cent ans de la naissance de Saint Louis

Huit-cent ans de la naissance de Saint Louis

25 avril 1214 : le futur Roi Louis IX voit le jour à Poissy. Il est le quatrième fils survivant et cinquième enfant de Louis le Lion et de Blanche de Castille. Voyons d’abord le contexte historique. La naissance de Saint Louis a lieu dans un contexte d’affirmation de la…

25 avril 2014

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Nuit de prière pour la France et l'Europe

Nuit de prière pour la France et l’Europe

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10 mars 2012

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Campagne de 1814 - 13 mars : Victoire de Reims « Dernier sourire de la fortune »

Campagne de 1814 – 13 mars : Victoire de Reims « Dernier sourire de la fortune »

Le 12 mars, le 8e Corps de l’Armée de Silésie (Prussiens et Russes) du Général Guillaume de Saint-Priest, un ancien émigré passé au service de la Prusse prend le chemin de Reims avec 15 000 hommes et s’avance vers Reims et y fait son entrée le jour même alors que l’Infanterie…

13 mars 2016

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16 avril 2016
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Histoire & Culture

21 – 30 août 1944 : Bataille de Montélimar

by adminfhesp 16 avril 2016

Occultés par la Bataille de Normandie, les combats de Montélimar qui ont mis aux prises Américains et FFI d’un côté et forces allemandes de l’autre, marque le parachèvement du succès définitif de l’Opération « Anvil Dragoon », tout en assurant aux alliés de disposer des deux rives du Rhône pour remonter vers Lyon à la poursuite des forces allemandes en retraite depuis le Var et les Bouches du Rhône.

1_0– Pour l’heure, la 19. Armee allemane de Friedrich Wiese ne se trouve pas dans une situation favorable. Bousculée par les Américains et les Français dans le Var, elle a dû abandonner la 148. Infanterie-Division dans les Alpes-Maritimes et voit disparaître les 244. et 242. ID dans leur quasi-intégralité durant les combats respectifs de Toulon et de Marseille. Devant la pression alliée mais aussi, conformément à l’ordre – exceptionnel – donné par Hitler de retirer presque toutes les unités de combat allemandes situées au sud de la Loire vers les frontières du Reich (Alsace-Lorraine y compris), Wiese organise sa retraite par la Vallée du Rhône en échelonnant son mouvement de recul qu’il fait couvrir par des lignes de défenses distantes de 25-30 km entre elles. Les 242. et 244. ID sont donc laissées à leur sort face à la Ire Armée française. Wiese prévoit aussi d’effectuer sa retraite de nuit afin de subir a minima l’écrasante supériorité aérienne alliée. Précisons que la Luftwaffe est quasiment absente de cette partie du territoire français.

– Wiese donne son ordre de retrait le 21 août mais ses unités ne peuvent se rassembler – dans un désordre certain et sous le harcèlement des FFI – que le 23 seulement dans le Vaucluse. La 19. Armee tente donc de remonter le Rhône, chariant ses éléments d’Infanterie conidérés comme « faibles » (198. et 338. ID) mais récupérant tout de même la 11. Panzer-Division accourue depuis la région de Toulouse – Albi – Carcassonne ; celle-ci ayant contribué à « nettoyer » plusieurs secteurs de l’Aveyron et de la Lozère des actions de la Résistance. Cette unité mécanisée, commandée par le Generalleutnant Wend von Wietersheim a connu l’invasion des Balkans et de la Grèce, la Seconde bataille de Kharkov en 1942, la ruée vers le Caucase, Koursk, Kirvoï Rog, Kirovograd et Korsoun-Tcherkassy. Unité particulièrement puissante, elle compte 73 chars PzKw V « Panther » (dont 14 en maintenance), 80 Panzer IV, 8 canons automoteurs Sturmgescützt III, 15 Panzerjäger, 64 pièces d’artillerie (dont 16 antichars) et 180 blindés légers. Toutefois, son Panzer-Regiment 15 a été « vampirisé » de 30 Panzer IV qui ont été affectés en Normandie avec leurs équipages. Ceci-dit, elle conserve une bonne mobilité et une puissance de feu à ne pas négliger.

– Du côté allié, alors que la Ire Armée Française du Général de Lattre de Tassigny se consacre à la prise des ports de Marseille et Toulon, le VIth US Army Corps de Lucian K. Truscott (VIIth Army) mènent une campagne éclair qui leur assure la libération du Var, des Alpes-de-Haute-Provende et d’une partie de la Drôme. Ainsi jusqu’au 20-22 août, la 45th Infantry Division de William W. Eagles s’assure le contrôle des vallées de la Durance et du Verdon, pendant que la 3rd Infantry Division « Rock of the Marne » d’O’Daniel libère Aix-en-Provence, Orgon puis Carpentras dans la foulée. Enfin, la 36th Infantry Division « Texas » (ou « Lone Star ») de Dahlquist doit se passer de l’appui de la 1re DB Française de Touzet du Vigier occupée à Aubagne et Marseille pour remonter vers la Drôme. Cette entreprise est possible car les services de décryptage de la VIIth Army annoncent au General Patch que les Allemands ne chercheront pas à s’accrocher dans les Alpes du Sud, ni même à lance de contre-attaques.

– Les forces terrestres peuvent bénéficier d’un important appui aérien, d’autant plus employable que la Luftwaffe n’existe quasiment plus dans la région. Interviendront les Groupes de chasse français (P-47 Thunderbolt) « Dauphiné », « La Fayette » et « Navarre », des 27th et 79th Fighter Groups américains (P-47), ainsi que du 111th Squadron britannique (Spitfire).

– Du coup, le Major.General Dahlquist forme la Task Force Butler (Brigadier.General Butler) pour atteindre la Drôme à hauteur de Crest et Montélimar au plus vite. Butler peut alors compter sur le 117th Reconnaissance Squadron du Lt.Colonel Hodge (36 blindés légers M8 Greyhound, 5 canons autoportés HMC 8 et des Chars légers M5 Stuart), le 2/143rd Infantry Regiment, 1 compagnie de chasseurs de chars TD M10 « Wolverine » du 601st Tank Destroyer Battalion, 2 compagnies (Troops) de M4 Sherman, ainsi que des unités d’appui (transport et santé).

– Le 20 août donc, alors que les Français combattent encore pour Hyères, la Task Force Butler libère Sisteron et remonte vers le Rhône, couverte sur son flanc droit par des éléments aéroportés de la 1st Airborne Task Force de Robert T. Frederick. Butler est aidé dans sa tâche par les FFI-FTP de tendance communiste mais aussi par les membres de l’Armée Secrète. Le 20 août toujours, FFI et Américains de la 45th Division « Thunderbird » bloquent la retraite de la faible garnison allemande de Gap. Celle-ci, assommée par 40 coups d’obusiers américains, ne daignent cependant se rendre qu’aux hommes de Walker et non pas aux FFI dont ils craignent l’esprit de revanche. Précisions qu’aux dires – subjectifs – du Colonel Bernard Saint-Hillier, chef d’état-major de la 1re DMI (DFL), les Résistants de la Drôme s’étaient montrés bien plus efficaces et combattifs que ceux du Var mais avaient un penchant pour les représailles sans grande pondération (1).
Cependant, en voulant remonter la Vallée du Drac, les Américains tombent sur une résistance allemande beaucoup plus forte  et finissent par se désintéresser de ce secteur trop risqué. Patch et Truscott préférant alors reporter leurs efforts sur la Vallée du Rhône.
889– Au soir du dimanche 20 août, Truscott ordonne à Butler de gagner « Montélimar à toute vitesse » et de « bloquer toutes les voies de retraite au nord de cette localité » (en fait les collines surplombant la ville au nord), ajoutant « la 36th Division vous suit ». En effet, Dahlquist avance dans les pas de son subordonné avec le 141st Regimental Combat Team du Colonel John W. Harmony, le 977th Field Artillery Battalion (armé des excellents canons de 155 « Long Tom ») et du 155th Field Artillery Battalion (équipé d’obusiers M1 de 155 mm).

– Obliquant donc vers l’ouest et vers le Rhône dans la matinée du 21 août, la Task Force Butler atteint Crest. Aidés des FFI locaux, la Troop B du Captain Wood traverse la plaine de Marsanne pour arriver jusqu’à Savasse alors contrôlée par la Résistance de la Drôme. Constatant que les FFI ne sont pas en mesure de s’emparer de Montélimar, Wood décide d’abord d’établir la jonction avec les hommes du Commandant Bernard responsable de l’Armée Secrète dans la région. FFI et GI’s s’établissent néanmoins solidement dans les collines de Loriol, Grande, Saint-Marcel-Lès-Sauzet et L’Homme-d’Armes. Plus au nord, la Troop C du Captain Nugent atteint la rive droite de la Drôme et établit sa jonction avec les FFI de la Compagnie de Paul Pons (alors officier de Marine) qui harcèlent les convois allemands sur la Route Nationale 7. C’est aussi à Livron que le Capitaine Henri Faure, membre du réseau « Action » de la Drôme dynamite le pont enjambant la Drôme à l’aide de plusieurs hommes et de 160 kg de plastic, ce qui affecte la retraite allemande dans ce secteur de manière non négligeable.

– La belle avance de la Task Force Butler permet alors à Dahlquist de faire avancer les restes de sa division pour sécuriser la route Gap – Guillestre – Grenoble. En une journée, Dahlquist a pu déplacer le PC de sa division de… 160 kilomètres. La menace américaine incite alors le Generalfeldmarschall Albert Kesselring à faire fi de l’oganigramme des forces allemandes en France pour prendre sous son commandement la 157. Reserve-Division du Generalleutnant Pflaum basée dans la région de Grenoble* vers les cols Alpins à la frontière italienne. Ici, Kesselring est passé sans vergogne par-dessus l’autorité de von Blaskowitz (commandant du Groupe d’Armée G) et de Wiese qui avait pourtant donné ordre à Pflaum de tenir Grenoble jusqu’au 30 août. Le mardi 22 août donc, les éléments de la 157. RD tout comme les unités administratives et de logistique quittent Grenoble à la faveur de la nuit. Le 142nd RCT de la 36th Infantry entre donc dans Grenoble durant la matinée, accueilli par la population.

– Dans la Vallée du Rhône, les FFI tentent de conquérir plusieurs villes mais sans coordination avec les forces de Truscott qui tente plutôt un encerclement en tenailles. Si les Résistants s’emparent de Romans-s/-Isère avec succès, ils ne parviennent pas à s’assurer le contrôle de Valence en raison d’une violente contre-attaque ennemie appuyée par des chars du Panzer-Regiment 15 de l’Oberst (Colonel) Meinard von Lauchert. Pour éviter les pertes, Jean-Pierre de Lassus Saint-Géniès, commandant des Maquis de la Drôme, préfère alors tenir les collines au nord de Romans et d’attendre les Américains pour tenter un assaut sur les villes.

Colonel Jean-Pierre de Lassus Saint-Géniès

Colonel Jean-Pierre de Lassus Saint-Géniès

– Les FFI de Paul Pons déclenchent alors une embuscade contre les Alleamnds sur la RN 7 à hauteur de Fiancey mais la présence de Panzer IV obligent les Résistants à décrocher. Une autre embuscade se produit à Serres, non loin de Nyons au pied du Massif des Baronnies et de la Route des Alpes.

– Pendant ce temps, du côté de la Task Force Butler, la Troop A du Captain Piddington appuyée par 6 chars M4 Sherman prend position à l’est de Sauzet (au nord de Montélimar) avec l’aide des Maquisards. Cependant, juste en face d’eux les 2 000 hommes Feld-Ersatz-Bataillon 119 (unité d’instruction et de recomplètement de la 11. Panzer), correctement armé et entraîné, s’installe à La Coucourde, obligeant Piddington à se retrancher sur Condillac. Le lendemain 23 août, le 2nd Battalion du 141st Regimental Combat Team (RCT) se positionne au sud de Marsanne face à la Cote 340, pendant que le 1/141st RCT fait de même à Condillac, imité par le 3/141st entre Loriol et Mirmande. Le RCT du Colonel Harmony couvre en tout une ligne de 22 km s’étirant de Loriol à Sauzet. Enfin, les canons lourds du 977th Field Artillery Battalion sont installés entre le Col de Condillac et la D 105.
Le même jour, l’ensemble de la 11. Panzer-Division franchit le Rhône. Weise ordonne immédiatement à von Weitersheim d’attaquer sur Loriol pour dégager la « Route du Rhône » et la N 86. Mais von Weitersheim doit aussi engager plusieurs de ses éléments pour surveiller son flanc droit sur les D94 et D 541. Le Kampfgruppe Thieme formé par addition d’éléments de la 11. Panzer est chargé d’attaquer au nord-est de Montélimar mais de sérieux embouteillages l’empêchent de parvenir sur son objectif et il est devancé par le 142nd RCT du Colonel George E. Lynch.

– Le 24 août, FFI et 143rd RCT tentent de prendre Montélimar d’assaut mais, mal coordonnés, ils se font durement repousser par des canons antichars allemands et des Panther. Les Américains perdent plusieurs véhicules et des chars. Ce succès défensif permet à la 19. Armee de conserver le contrôle de la RN 7. Von Wietersheim envoie alors son unité de reconnaissance mécanisée, le Panzer-Aufklärungs-Abteilung 11 du Hauptmann Pirch verouiller la Vallée de la Drôme. En face, le Major.General Dahlquiest qui a établi sont PC à La Répara-Auribles étoffe son dispositif devant Montélimar. Ainsi, le 142nd Regimental Combat Team de Lynch se positionne dans la Vallée du Roubion. Dans l’après-midi, FFI et 143rd RCT tentent une nouvelle attaque contre Valence mais sont encore arrêtés par des canons FlaK de 88 mm. Von Wietersheim envisage alors de lancer une nouvelle attaque pour forcer la Drôme et atteindre Crest.

– Le 25 août, jour même de la libération de Paris, la 36th Division tente de s’assurer le contrôle de la RN 7. Le 141st RCT d’Harmony attaque alors dans le secteur Lyne – La Courcoude et se portent en avant de Crest, ce qui empêche l’ennemi de prendre l’initiative dans ce secteur. Cependant, au nord, le Pz.Aufkl.Abt. 11 de Pirch déclenche son attaque contre Livron et Loriol pour empêcher les Américains de fermer leur tenaille. Au sud, la 198. ID de Kuhnert tente de forcer la cuvette de la Valdaine et le Roubion avec ses 3 Grenadier-Regimente (305, 308 et 326), appuyés par son artillerie. Kuhnert est très bien informé car ses hommes ont trouvé les ordres d’opérations de la 36th dans une jeep capturée. Les assauts allemands sont particulièrement violents contre Charols, Bonlieu, La Laupie et contre le cours de l’Ancelle (affluent du Roubion. Les Américains éprouvent alors de sérieuses des difficultés à tenir le terrain et des Grenadiere parviennent à s’infiltrer dans les lignes alliées sans pour autant percer de manière décisive.
C’est alors que von Wietersheim décide de forcer l’Isère entre Pont-de-l’Isère et Romans-s/-Isère. Prenant sous son commandement le Kampfgruppe de l’expérimenté Major Karl Thieme (I/Panzer-Grenadier-Regiment 110, I/Panzer-Regiment 15 et I Gruppe du Panzer-Artillerie-Regiment 119), Wietersheim grimpe dans son Panther, bien décidé à forcer le passage de La Courcoude. Un violent combat s’engage contre les M4 Sherman et les M10 Wolverine mais les Allemands parviennent à passer. Les Américains perdent 7 chasseurs de chars et 3 chars. Von Wietersheim réussit sa mission et fait sauter le verrou. Plusieurs convois allemands réussissent à passer, dégorgeant l’embouteillage monstrueux qui s’était créé dans Montélimar. Au même moment, les Grenadiere de la 198. ID combattent durement pour tenter d’enlever Saint-Michel, la Ferme de Dagues et La Laupie pour tenter de percer vers Grane et Crest. Toutefois, le 143rd RCT tient fermement ses positions.
Truscott est ulcéré et menace de relever Dahlquist de son commandement. Mais son subordonné réussit à le convaincre qu’il n’est pas le responsable de cette déconvenue.

– Américains et FFI d’un côté et allemands de la 198. Infanterie-Division d’Alfred Kuhnert s’affrontent férocement pour le contrôle de la Ferme de Dagues, de la Laupie et de la Chapelle Saint-Michel. Mais le front américain ne rompt pas.
Le Dimanche 27 août, les Allemands vont tenter de chasser les Américains de la Crête de Condillac alors que ceux-ci s’emploient en revanche de refermer la nasse sur leurs ennemis. Dahlquist fait alors donner les obusiers du 133rd FAB pour matraquer les positions allemandes de la Courcoude afin de soulager les efforts du 141st d’Harmony. Entre-temps, le 157th Infantry Regiment de la 45th « Thunderbird » combat pour dégager Crest et Allex contre les blindés légers du Panzer-Aufklärungs-Abteilung 11 (reconnaissance mécanisée) de l’Hauptmann Wilhelm Pirch. Plus au sud, sur la Crête de Savasse, le 143rd RCT du Colonel Paul D. Adams combat lui aussi durement pour s’assurer la prise de la Cote 300. C’est durant ce combat que le Sergent Gregg remporte la Congress Medal of Honor.

– Le long du Rhône, von Weitersheim décide de former deux colonnes « musclées » par 25 chars Panther du I/Pz-Regt 15 qui aimantent les hommes des 198. et 338. Infanterie-Divisionen. Les Allemands en profitent alors pour couper la voie ferrée et sabordent deux lourds Kanonen ; soit 2 pièces de 270 et 430 devenus intransportables.

– Le 28 août, l’assaut américain reprend. Le 142nd RCT de Lynch appuyé par les obusiers de 105 mm du 132nd FAB s’emparent du Livron, pendant que le 157th RCT fait de même avec l’aide des M4 Sherman du 753rd Tank Battalion (Lt.Colonel Robert B. Ennis) comme du 141st FAB au Loriol contre le Grenadier-Regiment 933 de la 338. Infanterie-Division (Rene de L’Homme de Courbière). Mais Laupie fait encore l’objet de furieux combats. C’est alors que les « Dogface Soldiers » de la 3rd Division « Rock of the Marne » parviennent au sud des opérations depuis le secteur de Carpentras et s’établissent sur le cours du Jabron et La Bégude-de-Mazenc. Enfin, vers 16h00, des équipes allemandes du Génie font sauter le pont Eiffel qui enjamble la Drôme. Cela n’empêche pas que de Loriol jusqu’à Montélimar, le tronçon de la N7 soit encombré de charettes hippomobiles et de véhicules en tout genre.

– Dans la nuit du 28 au 29 août, Friedrich Wiese débat avec ses généraux pour savoir quelle tactique adopter pour sortir du Chaudron. Finalement, il est convenu que la 11. Panzer couvrira les points de passage sur la Drôme au nord pendant que les différentes unités se dirigeront vers Tain-l’Hermitage en échelon.
Heureusement pour les Allemands, jusqu’au petit matin, des groupes de Panzergrenadiere et de chars réussissent à maintenir plusieurs coridors ouverts. Le PC de Wiese est transféré sur Tain-l’Hermitage à 08h00 du matin mais la 338. ID met plus de temps pour quitter le Loriol mais donne tout en maintenant un glacis protecteur aux convois de la 19. Armee. De son côté, la 198. ID tient tant qu’elle peut le cours du Roubion, L’Hommed’Arme, l’éperon de Savase et la N7 et décroche plus lentement avec les FFI et les Américains dans les reins.

– Le 30 août au matin, le Grenadier-Regiment 933 lance une dernière contre-attaque sur La Courcoude qui est repoussée. Mais le restant de la 19. Armee a pu s’échapper. Depuis le 15 août, elle a perdu entre 45 000 et 57 000 (tués, disparus, blessés et prisonniers) selon la nationalité des sources. Autant dire qu’elle a été saignée. Point positif toutefois, la 11. Panzer a pu conserver une bonne partie de ses chars et de son matériel pour la perte de 1 382 soldats (10 % de son effectif). Pour la bataille de Montélimar, les Allemands laissent entre 1 100 et 1 500 morts et 2 500 véhicules amoncelés le long des routes. Les Américains ont perdu plus de 1 500 hommes et 36 blindés.
Source :
– CHAMBON Pascal : La bataille de Montélimar (21 au 30 août 1944), in Champs de Bataille N° 23, août-septembre 2008.

* Celle qui participa à la répression du Maquis des Glières et aux opérations de ratissange en Savoie et dans le Jura.

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16 avril 2016
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Histoire & Culture

Maréchal Louis Franchet d’Espèrey, vainqueur de la Campagne d’Orient

by adminfhesp 16 avril 2016
16 avril 2016
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Histoire & Culture

4 décembre 1370 : Victoire de du Guesclin, Clisson et Vienne à Pontvallain

by adminfhesp 14 avril 2016

En 1370, grâce à Bertrand du Guesclin, Charles V a réussi à se débarrasser des Grandes Compagnies de routiers qui ravageaient plusieurs provinces et pays du centre du Royaume (Berry, Auvergne, Champagne, Bourgogne, Languedoc…) en les envoyant guerroyer en Castille, dans la guerre de succession sévissant entre Henri de Trastamare et Pierre le Cruel Roi d’Aragon.

– En 1369, c’est Olivier V de Clisson, alors Capitaine du pro-anglais du Duc Jean IV de Bretagne qui, par exaspération de l’influence anglaise dans le Duché de l’Ouest, se met au service de Charles V (suite au Serment de Pontorson, contracté avec du Guesclin).


– Ainsi donc, en 1370 Charles V charge Bertrand du Guesclin – élevé à la charge de Connétable de France – de reconquérir tout le centre-ouest du Royaume (Maine, Anjou, Poitou, Saintonge, Angoumois, Aunis).
Menant une armée beaucoup plus sûre formée de Bretons et de Gascons qui lui sont dévoués, du Guesclin se met en marche, épaulé dans son commandement par Clisson et l’Amiral Jehan de Vienne.

– L’armée du Roi de France (qui ne compte que près de 2 000) rencontre les troupes anglaises de Robert Knolles (que du Guesclin et Clisson connaissent bien depuis la bataille d’Auray en 1364*) et de Thomas Granson en un lieu dit Pontvallain (aujourd’hui en Mayenne). Du Guesclin et de Vienne sont en première ligne tandis que Clisson forme la réserve avec 500 hommes.

– Évitant soigneusement de lancer inutilement ses cavaliers contre les archers anglais, du Guesclin lance une audacieuse charge à pied qui bouscule violemment Knolles et Granson. Mais les Anglais tiennent encore une partie du terrain et c’est Olivier de Clisson qui accoure pendant la soirée pour offrir une fin heureuse aux Français.

– Après la bataille, du Guesclin fait enterrer ses hommes tués au combat. Pontvallain va avoir deux conséquences principales. D’une part, Saumur est prise dans la foulée et l’Anjou est libéré très rapidement. D’autre part, Charles V peut justifier devant les États, le Parlement et les Villes, le maintien de la levée du Fouage destiné à entretenir une armée régulière de 6 000 hommes.
* A Auray, Clisson servait sous le commandement de Jehan IV de Bretagne aux côtés des Anglais de Knolles. Il y laissa un œil. Quant à du Guesclin, il secondait Charles de Blois, cousin de Charles V.

Source : Georges Minois, La Guerre de Cent Ans, Perrin, coll. Tempus

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14 avril 2016
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 38/ La Poche de Falaise (Cinquième partie)

by adminfhesp 14 avril 2016

6 – « STALINGRAD EN NORMANDIE » N’AURA PAS LIEU

A – QUAND L’OCCASION MANQUÉE FAIT LE LARRON

– Alors que le XVth US Corps de Haislip se prépare à s’emparer de Chambois malgré que des petites unités d’infanterie françaises en aient été chassées, Bradley ordonne à Patton de s’arrêter-là afin de reformer son dispositif. Sans doute trop ambitieux, Bradley veut couper les accès de la Seine aux forces de Model. Le commandant du XIIth US Army Group justifie sa décision en mettant en avant le fait que les troupes de Patton sont en vue de la Seine.  Il ordonne donc aux trois Corps de la IIIrd Army   de se lancer en trois colonnes rapides vers la Seine pour créer une sorte de souricière géante qui piégerait quasiment tout le Heeres-Gruppe B. Une super « Kesselsschlacht », pourrions-nous dire mais c’est vite oublier que « le mieux est l’ennemi du bien ».
Normandy-p123
– Bien sûr, ce n’est guère du goût de Patton qui fulmine et adresse le message suivant à son supérieur dans le style qu’on lui connaît : « Brad’, laisse-moi marcher sur Falaise et rejeter les Angliches à la mer, comme à Dunkerque ! » Au-delà du propos qui trahit la considération que Patton porte aux Anglo-Canadiens, sa colère semble assez légitime puisqu’il était en mesure d’opérer un dernier coup de rein dans le flanc sud allemand pour atteindre Chambois et fermer le « couloir de la mort ».

– Mais les récriminations du patron de la IIIrd Army n’y peuvent rien ; Bradley ordonne donc à Patton de réorienter son XVth US vers Dreux tout en lui ôtant la 5th Armored Division, la 2e DB de Leclerc et la 90th Infantry Division qui passent alors sous le contrôle du Vth Corps de Gerow. La 80th Infantry Division de McBride est retirée du XXth US Corps de Walker pour venir renforcer le Vth. Ajoutons à cela que la réorientation du XVth et les transferts d’unités de Corps à Corps fait perdre plusieurs heures aux américains. Heures qui sont toujours gagnées par Model.

– Il est bien vrai que la chevauchée de la IIIrd Army vers la Seine est un exemple d’action rapide. Avec les 3rd et 7th Armored Divisions en tête, les troupes de Patton commencent à venir renifler les abords de Paris. Ainsi, dans la nuit du 18-19 août, le XVth US Corps de Haislip a déjà traversé la Seine à hauteur de Dreux, pendant que la 7th Armored Division (Major.General Lindsay Silvester) du  XXth US Corps d’Harris W. Walker est déjà en vue de Mantes et Fontainebleau et le XIIth Corps de Manton S. Eddy vient de libérer Orléans et Châteaudun pour s’approcher de Chartres. Venant constater l’avancée de ses éléments de pointe, Patton atterrit dans le secteur du XVth Corps et annonce plus tard gaillardement à Bradley qu’il est « allé pissé dans la Seine ». Il fera d’ailleurs la même chose sur le Rhin sept mois plus tard…

– Mais avec cette volonté de courir deux lièvres à la fois, Bradley manque définitivement l’occasion de bloquer un peu plus de 110 000 hommes dans une nasse qui se rétrécit de jour-en-jour. Les troupes d’Eberbach et de Sepp Dietrich parviennent alors à maintenir un couloir d’évacuation entre Chambois et Argentan, lequel reçoit bientôt le surnom de « Couloir de la Mort ».  Mais les Allemands connaissent eux aussi une difficulté liée à la configuration du terrain. En effet, ils doivent traverser deux cours d’eau : la Dives, peu large mais très encaissée et ne disposant que d’un pont à Saint-Lambert-sur-Dives, puis la Touques à Vimoutiers.

– Model tire aussitôt parti de cette accalmie sur son flanc gauche (sud). En dépit de la situation chaotique, ordonne au XLVII. PzK de von Funck (2. PzD, 1. SS « Leibstandarte » et 10. SS « Frundsberg » PzD) de maintenir la mâchoire ouverte dans le secteur compris entre Saint-Lambert et le Forêt de Gouffern. Pendant ce temps, la 116. PzD de von Schwerin s’accroche à la route Argentan – Chambois pour couvrir les éléments arrière de la retraite. Le I. SS-PzK de Diettrich très affaibli fait face aux Polonais le long de la Dives, sur la route Trun – Vimoutiers. Model a aussi eu l’idée judicieuse de faciliter l’évacuation partielle du II. SS-PzK de Wilhelm Bittrich (2. SS « Das Reich » et 9. SS « Hohenstaufen » PzD) A L’EST de la ligne Trun – Chambois – Argentan afin de le reformer en vue d’une possible contre-attaque. D’autre part, le LXXXVI. Armee-Korps, plus faible, est déjà sortie de la poche de Falaise pour se poster au nord-est de Vimoutiers. Le LXXIV AK d’Erich Straube (qui était accouru en urgence depuis le nord de la Bretagne à la fin juillet), avec les restes étrillés des 84, 276, 277, 326 et 363. ID, réussit lui aussi à s’introduire dans le Couloir de la Mort sous les assauts des bombardiers légers alliés.  Enfin, le LXXXIV. AK d’Otto Elfeldt accroche le train de l’évacuation avec le II. Fallschirm-Korps. Quoiqu’il en soit, ayant savamment mis à profit l’accalmie qui lui a offerte Bradley, tout comme l’arrêt des Polonais aux Champeaux, Model a déjà réussi à évacuer un peu plus de 90 000 hommes de la Poche de Falaise depuis le 15 août, ce qui confirme les qualités tactiques du Führers-Feuerwehrmann.

shambl11B – CANUCKS A SAINT-LAMBERT-SUR-DIVES ET POLONAIS SUR « MACZUGA* »

– Parallèlement aux efforts Polonais, le Major.General  George Kitching détache une force mécanisée placée sous le commandement du Major David V. Currie et composée de l’Argyll and Sutherland Highlanders et du  29th South Alberta Armoured Regiment, qui a pour mission de progresser sur la route Trun – Chambois avant d’attaquer Saint-Lambert-sur-Dives, principal point de passage des forces allemandes en retraite. Currie doit ensuite utiliser Saint-Lambert comme tremplin pour atteindre Chambois afin de « muscler » la tenaille nord avec les Polonais.

– Sauf que les choses ne se passent pas conformément au plan de Kitching. En effet, le 18 août, les chars canadiens arrivent bien à l’Ouest de Saint-Lambert qui se trouve tenu par des Grenadiere particulièrement accrocheurs du XLVII. PzK, appuyés par des canons antichars. Deux Sherman sont perdus, forçant Currie à se replier sur la Cote 117, une butte dominant le hameau. Ce nouveau coup d’arrêt permet à tous les restes du II. SS-PzK de se replier derrière le Mont-Ormel.

Insigne du 29th South Alberta Regiment

Insigne du 29th South Alberta Regiment

– Le 19 août, Currie repart à l’assaut de Saint-Lambert. S’il réussit encore à pénétrer dans l’ouest du village avec ses chars et des éléments de l’Argyll and Sutherland Highlanders, il se retrouve une fois de plus bloqué à 1 000 mètres du pont sur la Dives en raison d’une résistance aussi acharnée qu’audacieuse de la part des Allemands. Ainsi, profitant du couvert des bâtiments, des Landsers n’hésitent pas à bondir sur les chars canadiens pour y accrocher des charges magnétiques. Cette technique de combat éprouvée des Panzerknackers force du même coup Currie à innover. Il ordonne alors à ses Sherman de tourner autour des corps de bâtiments, tels les Indiens d’Amérique autour du camp de pionniers, afin de se couvrir mutuellement à la mitrailleuse au cas où des Grenadiere seraient tentés de placer leurs fameuses charges. Dans le même temps, le Major Canadien dirige les tirs de l’artillerie de la 4th Division autour du pont, causant ainsi de sérieuses pertes aux forces allemandes en retraite. Toutefois, les Canadiens ne bougeront pas de leurs positions jusqu’au 22 août.

Photo (rare) de soldats du 1er BC de Podhale montant au combat

Photo (rare) de soldats du 1er BC de Podhale montant au combat

– Plus au nord, les Polonais continuent leurs progrès. Le Groupement Stefanewicz réussit à grimper sur la Cote 262 et à occuper le Manoir de Boisjos, après que le 1er BC de Podhale de Complak ait anéanti une compagnie de soldats ennemis censés gardés le secteur. Depuis le sommet du Mont-Ormel (là où se situe l’actuel mémorial) Stefanewicz et ses 2 000 hommes peuvent contempler le spectacle qui s’offre à eux, PRESQUE TOUTE L’ARMÉE ALLEMANDE est en contrebas. Sans tarder, il oriente les canons de ses Sherman, Firefly et canons antichars en direction de Chambois et ordonne de faire feu, pendant que le Capitaine Sérigny, officier d’artillerie canadien rattaché aux Polonais, règle les tirs d’artillerie sur les allemands en retraite. Toute une colonne se fait massacrer. Malheureusement, Stefanewicz est presque victime de son succès car des masses de soldats allemands convergent vers le Mont-Ormel et les munitions commencent à manquer. Pis encore, une colonne de ravitaillement dépêchée par Maczek est prise en embuscade et doit rebrousser chemin avec de sérieuses pertes. Stefanewicz va se bientôt se retrouver isolé en haut du Maczuga et les blessés commencent à affluer au Manoir de Boijos transformé en hôpital de campagne. Simultanément, le Groupement Zgorzelski se regroupe entre le pied du Mont-Ormel et Saint-Lambert et fonce vers Chambois.

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B – JONCTION A CHAMBOIS : LA POCHE EST ENFIN (PRESQUE) REFERMÉE ! 

– Au sud-est d’Argentan, Leonard T. Gerow a donc repris le relais du XVth Corps, pour reprendre l’offensive le 17 août. L’autre objectif du Vth Corps est de fermer la brèche existant encore entre Argentan et Exmes. Notons aussi qu’à l’ouest, la 9th Infantry Division de Craig s’est emparée de Putanges, talonnant ainsi la 9. PzD. S’étant fait bloquer par une forte résistance allemande à hauteur d’Argentan, le 318th Infantry Regiment du Col. Harry B. McHugh (80th Infantry) vient couper la route Argentan-Trun par un mouvement en crochet par l’est. Le 18 août, le Maj.Gen. Raymond S. McLain, chef de la 90th « Tough and Ombres »  (devenue une unité bien plus efficace que lors de son arrivée sur le sol normand) ordonne au 359th Infantry du Col.  Robert L. Bacon de marcher sur le Bourg-Saint-Léonard et rejoindre les Polonais à Chambois. 

Insigne du 359th US Infantry Regiment

Insigne du 359th US Infantry Regiment

– Seulement, suite à une confusion dans ses préparatifs de marche, le 359th Infantry ne se met en marche que le 19. Placé en fer de lance, son 2nd Battalion avance bien et atteint Fel durant l’après-midi et pousse jusqu’aux abords de Chambois durant la soirée. Le Lieutenant Laughlin E. Waters de la E Company du 2/359th Infantry (Major Leonard C. Dull) et sa section pénètrent dans Chambois complètement détruite (hormis son Donjon du XIIe siècle qui gardait la frontière entre le Duché de Normandie et le Maine durant l’Epoque médiévale). Pas un allemand. Waters progresse encore quelques mètres et aperçoit un soldat portant l’uniforme britannique. Mais il s’agit du Lieutenant Karcz du 10e Régiment de Dragons. Les Polonais du Groupement Zgorzelski sont donc dans Chambois, ce qui indique que la poche de Falaise est théoriquement fermée. Toutefois, l’espace ouvert existant encore entre les Canadiens à Saint-Lambert et les Polonais sur Maczuga et Chambois est encore ouvert, permettant encore à des milliers de soldats allemands de s’agglutiner dans le couloir de la mort. Après les poignées de mains et les accolades, Zgorzelski et Bacon prennent immédiatement des dispositions pour défendre Chambois car les Allemands sont fortement susceptibles d’y lancer des contre-attaques.

Insigne du 10e Régiment de Dragons polonais

Insigne du 10e Régiment de Dragons polonais

– Plus à l’est, le Sous-groupement Massu (Groupement Tactique de Langlade) de la 2e DB prend position entre Exmes et Oméel (localité située à l’extérieur de la poche), afin de bloquer les sorties du couloir de la mort. On peut s’étonner que le chef de la 2e DB n’ait pas déployé davantage de force dans ce secteur. Les raisons sont ici autant militaires que politiques. En effet, depuis deux jours, le Général de Gaulle presse Eisenhower de lui lâcher la 2e DB pour que celle-ci fonce sur Paris afin de venir en aide aux insurgés qui ont démarré les combats le même jour. Leclerc n’attend jusqte que l’autorisation de Bradley de se porter vers la capitale, sans en référer à Gerow qui en sera profondément courroucé. L’absence de forces françaises supplémentaires a contribué en partie à laisser le couloir de la mort ouvert.

Le Capitane Wladyslaw Klaptocz (à gauche) conversant avec le Major Leonard C. Dull du 359e RI Américain (90e Division)

Le Capitane Wladyslaw Klaptocz (à gauche) conversant avec le Major Leonard C. Dull du 359e RI Américain (90e Division)

– Revenons maintenant du côté Canadien. Les éléments de la 4th Canadian Armoured Division combattent toujours pour forcer le cours de la Dives et s’emparer de Saint-Lambert et du gué de Moissy. Autour de ses deux localités, la vision est quasi-apocalyptique. Victimes des assauts des Typhoon comme des tirs d’artillerie, des centaines de cadavres d’hommes et de chevaux gisent dans les champs, les fossés et dans la Dives, côtoyant les carcasses calcinées de véhicules. Les cours d’eau sont très vite contaminés et des nuages de mouches vont bientôt s’abattre sur la plaine de Chambois.

– Mais l’évacuation se poursuit grâce aux efforts presque surhumains de commandants de division qui retrouvent là une situation qu’ils ont pu connaître sur le Front de l’Est. Ainsi, Heinrich von Lüttwitz, patron de la 2. Panzer-Division, organise le retrait de sa division et d’éléments d’autres divisions qui s’y sont agglomérés depuis le clocher de l’église de Saint-Lambert. Heinz Harmel, le charismatique chef de la Frundsberg rassemble ses officiers dans la même église et les harangue ainsi : « Ecoutez-moi vous tous de la « Frundsberg » et les autres, approchez-vous ! Nous attaquons et nous perçons ! Souvenez-vous du vieux cri de guerre des Frundsberger :  Daran ! Darauf und durch ! ». Galvanisés, les hommes de Harmel se remettent en marche vers le couloir de la mort. De son côté, Richard Schimpf, chef de la 3. Fallschirm-Division explique sans détour à ses soldats que « le premier qui osera dire que l’on ne sortira pas de cette poche se fera fermer la gueule à coups de poing ».

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[Suite]

* Prononcer Matchouga

 

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14 avril 2016
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Histoire & Culture

21 août 1944 : Libération de Hyères par la 1re DFL

by adminfhesp 14 avril 2016

Aussitôt débarquée à Cavalaire entre le 16 et le 18 août, la 1re Division de la France Libre du Général Diego Charles Brosset reçoit pour instruction de de Lattre de s’emparer de Toulon. Mais avant d’accéder à Toulon, il faut d’abord libérer Hyères que des éléments de la 244. Infanterie-Division allemande ont fortifiée, notamment au niveau de la Cote 186,3 et du Golf Hôtel.

images– A peine l’intégralité de sa division débarquée, le 19, Brosset ordonne aux 2nde et 4e Brigades de la France Libre (commandées respectivement par le Colonel Bavière et le Lieutenant-Colonel Raynal) de marcher sur Hyères. Les Sénégalais du Bataillon de Marche (BM) 24 du Chef de Bataillon Sambron (2nde BFL) mènent alors une opération de reconnaissance dans les Vignes de Marvanne mais l’une de leur section se fait violemment repoussée et subit des lourdes pertes dues aux engins explosifs disposés entre les ceps.

– Le 20, l’attaque reprend avec l’appui des pièces d’artillerie navale et de celles du 1er Régiment d’Artillerie (obusiers de 105 et 155 mm) du Colonel Bert. Le BM 5 du Capitaine Hautefeuille (2nde Brigade) s’empare du Mont-Redon aux prix de violents combats contre les défenseurs allemands. Presque au même moment, le BM 11 du Commandant Xavier Langlois (2nde Brigade) s’empare de deux collines fortifiées qui le placent à portée de fusil de La Crau.
La réussite de ces deux actions permet alors au Général Joseph Magnan de déployer un RCT* de sa 9e Division d’Infanterie Coloniale vers Sollièes et La Farlède pour s’engager à conquérir Le Coudon et La Valette.

– Pendant ce temps, le Général Brosset – comme à son habitude – parcourt en Jeep les lignes de sa division en ordonnant à son chauffeur, l’acteur Jean-Pierre Aumont, de rouler à fond. Donnant des sueurs froides à son chef d’état-major le Colonel Bernard Saint-Hillier, Brosset entièrement à son aise d’être au premières loges des combats s’exclame « j’ai vingt ans ! ».

– Le 20 au soir, la 1re Compagnie du 1er Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique (Capitaine Perraud) tente de s’emparer de la Cote 186,3 qui commande l’accès à Hyères mais il échoue et doit repousser jusqu’à six contre-attaques.

– Le 21 août à 01h00 du matin, les Sénégalais du BM 21 du Capitaine Fournier relèvent les éléments de gauche (droite) du BM 24 et marchent le long de la voie ferée de Provence sous le feu de l’artillerie allemande et parviennent à occuper le quartier des Grès qu’il nettoie à l’issue de violents accrochages. A 03h00 du matin, le BM 24 tente de s’emparer du Golf Hôtel mais échoue face à la défense bien organisée. On s’arrête-là pour le petit matin afin de laisser les pièces du 1er RA se placer en position.

– A 09h30, plusieurs canons de 105 et de 155 mm déclenchent un tir de préparation contre la Cote 186,3. A 09h50, les Fusiliers Marins et les Pacifiens du Capitaine Magendie (1er BIMP) remontent à l’assaut de leur objectif, franchissent les barbelés et après un furieux, la 1re compagnie  réussit à capturer l’observatoire.
Magendie reçoit ensuite l’ordre de s’emparer du Golf-Hôtel, sorte de gros cube de béton transformé en blockhaus et dont l’accès est barré par des fils barbelés. En effet, le BM 24 qui devait s’en emparer est bloqué et le Colonel Saint-Hillier ne peut s’empêcher de pester contre la « pusillanimité » des chars d’accompagnement de la 9e DIC qui n’interviennent pas en appui. A l’inverse, la prise de la Cote 186,3 peut permettre à Magendie de s’empare du Golf-Hôtel par l’arrière.
Pour cette mission, les Fusiliers Marins et Pacifiens sont appuyés par la Compagnie Antichar du 1er RA (Chef de Bataillon Goriaux), par le 3e Escadron du 8e Régiment de Chasseurs d’Afrique (Capitaine Periguet) et par 4e Escadron du 1er Régiment des Fusiliers Marins (Commandant Langlois). De son côté, Magendie forme 8 groupes pour l’assaut (avec les Lieutenants et Sous-Lieutenant Salvat, Loarec, Duchene, Malfettes et Morand), chacun étant chargé d’une tâche précise.
Après un déluge de feu, les Groupes de Magendie partent à l’assaut sur le coup de 10h00 et progressent sous un violent tir de barrage avec mitrailleuses et mortiers. Le premier assaut échoue. Le CB Goriaux est lui-même blessé. Un second assaut est relancé plusieurs minutes après et cette fois-ci, les hommes de Magendie réussissent à pénétrer dans le Golf-Hôtel et à nettoyer les étages un par un.

– Saint-Hillier adresse un simple mais sincère « bravo les Fusiliers Marins ». Mais en cours de soirée, venu rendre visite aux blessés du BIMP et aussi aux prisonniers, Brosset déclare aux captifs allemands qu’ils se sont bien battus mais qu’ils « avaient trouvé bien plus fort qu’eux. Les Français ».

– Alors que le BM 24 et les Pacifiens sont occupés devant le Golf-Hôtel, le BM 21 continue sa progression dans Hyères pour atteindre sans grande encombre les quartiers de la gare et de la Croix de Fer. Les Sénégalais sont alors ralentis par la population qui les accueille et les acclame mais la 2e Compagnie du Capitaine Marnay se trouve prise sous le feu d’armes lourdes allemandes postées sur les hauteurs de Costebelle. Marnay doit alors monter à l’assaut avec des pertes pour nettoyer définitivement Costebelle à la grenade et à l’arme légère. Notons que sur le coup, des habitants de Hyères se sont improvisés secouristes pour venir en aide aux hommes du BM 21, pendant que des infirmières pansaient des blessés.

– En début d’après-midi, le BM 24 et la Compagnie Antichar font leur entrée dans Hyères par le nord pour recevoir un accueil chaleureux. 1re DFL avait libéré sa première ville. Comme le dit Jean-Christophe Notin, Brosset est tout à fait enthousiaste pour lancer sa division sur Toulon alors à portée de fusil. Mais son supérieur direct, Joseph de Goislard de Monsabert commandant du IInd Corps d’Armée, contrecarre son projet en désignant la 9e DIC de Magnan pour libérer le grand port varois.

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Sources :
– NOTIN Jean-Christophe : Le Général Saint-Hillier. De Bir-Hakeim au putsch d’Alger, Perrin
– http://www.1dfl.fr

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Général Diego Brosset

Général Diego Brosset

« La 1re DFL ? Elle est comme ma fille, une fille susceptible, bien douée, capricieuse, difficile et, quand elle veut, charmante. (…) Elle a des excuses à ne pas être comme tout le monde. Elle s’est formée en courant le monde… C’est une grande unité qui a de la…

20 novembre 2015

Dans « Histoire militaire française »

26 août 1944 : Libération de Toulon

26 août 1944 : Libération de Toulon

A la suite de la réussite de l’Opération « Anvil Dragoon », il est nécessaire pour les Franco-Américains de s’emparer des ports de Toulon et de Marseille au plus tôt afin d’assurer la logistique avant la remontée dans la Vallée du Rhône. Mais dès le 15 août, le Generaloberst Johannes von Blaskowitz, commandant…

26 août 2014

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Le Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique

Le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique

Unités qui ont fini par donner naissance au 1er Bataillon d’Infanterie de Marine du Pacifique de la 1re DFL, les 1er BIM et Bataillon du Pacifique ont fait partie des toutes premières unités constituées à combattre sous l’insigne de la Croix de Lorraine en 1940. Unitéss distinguée, ils ont participé à…

4 août 2014

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14 avril 2016
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Histoire & Culture

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Douzième partie

by adminfhesp 14 mars 2016

B – LA POUSSÉE DU XIIth CORPS VERS LA SARRE 

– En raison du ralentissement de l’attaque de début novembre, l’objectif principal du XIIth Corps, Darmstadt, reste encore à 90 km. Devant les Américains, un terrain beaucoup plus favorable à la défense, avec l’établissement d’une nouvelle ligne de défense Faulquemont – Bénestroff – Bourgaltroff, Balck ayant anticipé la prochaine attaque américaine.
Le LXXXIX. Armee-Korps tient le secteur entre le Canal Rhin-Marne et Morhange avec la 361. VGD sur la gauche et la 11. PzD sur la droite, ses deux unites ayant subi de lourdes pertes. L’aile gauche du XIII. SS-Korps (soit la 36. VGD et le Kampfgruppe von Mühlen) tient le secteur de Faulquemont.

– Du côté américain, après une brève réorganisation de ses forces, Manton S. Eddy a décidé de percer définitivement en direction de la Sarre. Une fois l’obstacle franchi, le XIIth Corps doit ensuite se lancer sur le Rhin. En première phase, les 26th et 35th Divisions doivent avancer en pointe, pendant que le 80th Division retiendra les forces allemandes à Faulquemont et sur le flanc nord du Corps. Enfin, les deux divisions blindées avanceront avec l’Infanterie.
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1 – L’attaque de la 26th Division sur la ligne Dieuze-Bénestroff

– Le 18 novembre, près avoir reçu leurs remplaçants, les 101st et 104th Infantry Regiments prennent position à Guébling et Bourgaltroff. Sur la gauche, le 104th Infantry du Colonel Palladino attaque en direction de Marimont-lés-Bénestroff et Bénestroff mais se retrouve presque immédiatement bloqué au Bois de Bénestroff, juste à l’est de la voie de chemin de fer. De son côté, le 101st Infantry du Colonel Scott qui tient le flanc droit de la division, se retrouve pris sous un tir d’artillerie à l’ouest de Guébling. Le 3/101st qui a reçu une large part de remplaçants sans expérience, se retrouve bloqué face au plus fort secteur défensif allemand. Un fort parti de mitrailleurs tient la Cote 273 et des observateurs d’artillerie guident le tir sur chaque approche du secteur. Le 3/101st a beau lancer assaut sur assaut, rien n’y fait. Le bataillon perd même son chef, le Captain Donahue et bon nombre de ses officiers.

– Le 1/101st est plus chanceux en avançant sur Guébling grâce à l’appui de Sherman et de chasseurs de char. Les hommes du génie de la Colonne d’Oden réussissent à jeter un pont sur la boucle du Dordal en dépit de l’artillerie allemande et des armes automatiques. Malheureusement, passé l’obstacle, la A Compagny du 761st Tank Battalion reçoit une sévère correction de la part des canons antichars allemands et se voit contraint de reculer. Toutefois, l’Infanterie réussit à accrocher la lisière nord de Guéblig après un dur combat. Le nettoyage du village s’effectue durant le reste de la journée avec l’appui d’un peloton de chars. Le 2/101st qui combat lui aussi entre Guébling et Bougaltroff a la malchance de perdre sa F Company, commandée alors par un officier remplaçant et se perd DERRIERE les lignes allemandes.

– Tard dans la journée, le 104th Infantry du Colonel Palladino attaque à travers le Bois de Bénestroff afin d’alléger la pression sur les épaules du 3/101st Infantry. Une charge à la grenade et au bazooka menées par des survivants de la L Company guidés par le Sergent Sam A. Longbotton permet de chasser les mitrailleurs allemands de la Cote 273. Cette action permet alors au 3/101st de faire sa jonction avec le 104th Infantry dans la partie sud-est du Bois.

– Le 19 novembre, les deux régiments reprennent leur attaque en tenaille par le nord et le sud afin de prendre le carrefour routier de Marimont et sa colline (Cote 334), qui s’étend juste à l’ouest du village et domine la route le longe de laquelle doit avancer l’aile gauche de la « Yankee Division ». L’attaque est menée par le 2/104th sur la gauche et le 3/101st sur la droite. Vers 10h00, le 104th Infantry se retrouve bloqué par un détachement de Panzer de la 11. PzD. Le 3/101st, déjà sévèrement étrillé, subit de nouvelles pertes en avançant vers le Bois de Marimont. A 11h00, après avoir essuyé un déluge d’obus, le bataillon n’a plus que 300 hommes en état de combattre avant de devoir dégagé le Bois de Marimont. Cette mission achevée et après avoir couvert 1,2 km à l’est, il n’a plus qu’une compagnie de fusiliers comptant 90 hommes à aligner !

– De son côté, le 104th Infantry atteint Marimont et 1 compagnie investit le village pour en être rejetée par un intense barrage d’artillerie. Mais ce que les Américains ignorent, c’est que les tubes allemands couvrent la retraite générale avant la tombée de la nuit. Pendant la nuit du 19-20 novembre, les Allemands faisant face à la 26th Infantry Division s’établissent sur de nouvelles positions entre Mittersheim et Albestroff. Du coup, le 104th Infantry investissent définitivement Marimont sur les talons des Allemands et le 3rd Battalion occupe l’important centre routier de Bénestroff.

– Le 19 novembre toujours, le 328th Infantry Regiment du Colonel Jacobs, fort de 800 nouveaux soldats arrivés la veille – c’est dire leur état d’expérience –, se dirige au sud pour s’emparer de Dieuze afin d’ouvrir le chemin à la 4th Armored Division qui doit s’élancer à l’est. Une arrière-garde allemande de la 361. VGD tient fermement face 3/104th Infantry qui doit patauger dans les champs boueux. A la fin de l’après-midi, des chars du 761st Tank Battalion qui appuient l’infanterie, sont arrêtés par un tir d’artillerie depuis Dieuze. Mais là encore, pendant la nuit la garnison allemande se replie vers Mittersheim. Du coup, le 2nd Cavalry Group et le 328th Infantry appuyés par le 51st Armored Infantry Battalion de la 4th Armored Division entrent dans la ville détruite par les raids aériens américains.

Source : http://www.history.army.mil

2 – La poussée vers la ligne Honskirch – Altwiller

– La ligne Dieuze-Bénestroff ayant craqué, la 26th Infantry Division et la 4th Armored Division sont en mesure de couvrir environ 5 km durant la journée, devant nettoyer quelques petites poches de résistance allemandes. Mais en beaucoup de points, la division perd tout contact avec l’ennemi. Les Allemands sont alors en train de se retirer vers le nord, en utilisant le réseau routier complexe qui mène à Munster et à Sarre-Union. Durant la nuit du 20-21 novembre, le 3/101st Infantry effectue une marche forcée sous la pluie afin de couper la route menant au village de Torcheville à l’ouest de Munster. Le bataillon s’empare alors du village tenu par 81 Allemands complètement surpris.

– Sur la droite, le 104th Infantry attaque durant la matinée du 21 novembre pour prendre Montidier, situé sur un plateau en pointe au nord de la zone de la 26th Division. Alors que le 3rd Battalion combat pour escalader la pente, le 1st Battalion contourne le village par le sud pour continuer en direction d’Albestroff, encore ralenti par la boue, les ponts détruits, les canons de 88 mm et les mitrailleuses qui déversent un feu meurtrier. Pire encore, les liaisons radios entre l’artillerie divisionnaire et le Bataillon sont complètement hors d’usage. En dépit de ses difficultés, le 3/104th réussit à s’emparer de Montdidier et tient la position dans les bois au nord-est.

– La prise d’Albestroff présente un véritable problème tactique pour la 26th Division. Cinq routes y convergent et le village verrouille les approches de la Sarre. Au sud d’Albestroff, le 101st Infantry est à bout de force et il doit être remplacé. Or, la zone dont il doit s’assurer le contrôle s’avère particulièrement difficile. La route à l’est de Torcheville était hors d’état, les Allemands l’ayant miné. Au sud-est, la route Lohr – Insviller est noyée par la crue de la boucle de la Rode, après que les Allemands ont fait sauté le barrage dans la vallée. Willard S. Paul ordonne au 328th Infantry de monter sur camion et de faire partir ses bataillons et compagnies depuis Dieuze pour renforcer le 101st Infantry. Mais le déploiement du régiment de réserve prend du temps, ce qui ne rend pas possible l’avance le long de la route Lohr – Insviller dans un délai rapide.
Le 21 novembre vers 16h25, le 1/104th Infantry du Captain L.D. Gladding atteint Albestroff. Dans un premier temps, la marche du bataillon est appuyée par la B Company du 761st TB mais lrs chars cessent leur avance après l’endommagement de quatre engins, les fantassins doivent entrer dans la ville tout seuls. Mais suite à une confusion dans les ordres, le PC du Régiment à l’extérieur du village se retrouve coupé de ses trois compagnies de Fusiliers. C’est alors que des éléments de la 361. VGD appuyés par des chars et des canons automoteurs encerclent Albestroff sans coup férir. Gladding rassemble alors ses troupes restantes pour tenter de rejoindre ses trois compagnies dans le village mais il doit renoncer à son effort face à l’anneau allemand.
Le Colonel Palladino dresse alors un plan pour reprendre Albestroff. A 10h00, les 3 et 2/104th Infantry bondissent de 450 mètres pour dépasser Albestroff à la fois par le nord et le sud. Le 3rd Battalion avance sous une pluie d’obus sur Réning, à 2,2 km au nord d’Albestroff dans le secteur de la 35th Infantry Division. Mais les observateurs ennemis postés dans le clocher de l’église de Réning et au sommet de la Cote 275 guident les tirs d’artillerie et de lance-roquettes sur le Régiment américain qui se retrouve cloué sur place. Et son chef, le Lt.Colonel H.G. Donaldson est tué. Le 2nd Battalion rencontre moins de résistance mais lorsqu’une compagnie roule sur Albestroff, elle rencontre un violent tir de barrage provenant des bâtiments qui l’oblige à reculer. Les Américains passent alors la moitié de la journée du 21 à manœuvrer autour du village pour y déloger les Allemands. Ça n’est qu’à 13h05 que le 104th Infantry parvient à rentrer dans Albestroff et le Major.General Paul ordonne à Palladino de s’y cramponner. Le combat dure toute la journée et les Allemands finissent par se retirer pendant la nuit.

– En dépit de ses pertes, la 26th Division a réussi à maintenir la porte ouverte pour les chars de la 4th Armored Division, qui se trouve prête à repartir immédiatement au combat. Le Combat Command A, commandé alors par le Colonel William P. Withers doit avancer en  l’une sur le flanc nord de la « Yankee Division », l’autre, au sud, doit avancer sur Dieuze pour frapper ensuite au niveau de Mittersheim et atteindre le Canal des Houillères de la Sarre. Le Combat Command B de Holmes E. Dager doit appuyer la colonne sud dans l’avance sur Mittersheim.

– Le Combat Command A démarre son attaque le 19 novembre ; la Task Force Abrams retourne alors dans le secteur de Rodalbe, sur le flanc nord du 104th Infantry pour attaquer en direction d’Insming ; la Task Force West avance alors sur Dieuze en attendant que le 328th Infantry pour forcer le passage. La Colonne d’Abrams prend Rodalbe mais se retrouve bloquer au nord du village par des champs de mines. Peu avant la tombée du jour, la colonne oblique vers le secteur de la 35th Division pour aider le 3/320th Infantry à prendre Virming, un petit village qui contrôle les routes débouchant à l’est. Un violent bombardement d’artillerie a préalablement transformé Virming en tas de ruines. La TF Abrams passe alors à travers le village et établit son campement sur la route menant à Francaltroff.  L’Infanterie attaque Dieuze mais se retrouve bloquée durant la journée. Le Major.General Wood ordonne alors à la colonne sud de basculer vers le nord pour suivre Abrams. Le CC A poursuit alors sa route vers Francaltroff le 20 novembre mais doit progresser difficilement sur une route boueuse, infestée de mines et prise sous le feu des tubes lance-roquettes, comme de l’artillerie de tous types. Toutefois, en fin d’après-midi, les fantassins portés prennent Fancaltroff d’assaut et obliquent pour rejoindre le 320th Infantry.

– La retraite générale ennemie et l’affaiblissement de sa résistance incitent alors Eddy à engager pleinement ses deux divisions blindées. La Directive opérationnelle du XIIth Corps ordonne alors au CC A de la 6th Armored Division du Colonel Hines de s’emparer des points de franchissement sur la Sarre dans le secteur de la 35th Infantry Division, tandis que le  CC B de la 4th Armored Division de Dager doit avancer dans le secteur de la 26th Division pour atteindre Mittersheim. John S. Wood rameute aussi son CC A pour sur Conthil avec pour ordre de soutenir l’avance de Dager. Mais pendant la journée, Dager et ses hommes connaissent un déploiement presque cauchemardesque en raison de l’absence de bonnes routes dans le triangle Dieuze – Gondrexange – Mittersheim. Toutefois, le Colonne de Churchill parvient à Loudrefing pendant que la Colonne de Jacque accroche la route menant à Munster dans le secteur de la 26th Division. Celle-ci est aux prises avec ses problèmes de circulation, le trafic de ses véhicules étant encombré dans le secteur de Guinzelling – Dieuze. Afin de fluidifier la circulation de ses régiments, Willard S. Paul est contraint de demander à Wood de dégager ses chars du secteur. Mais le problème du mouvement des chars est définitivement résolu quand le 8th Tank Battalion (CC B) chasse l’arrière-garde allemande de Mittersheim et franchit le Canal des Houillères le 22 novembre. A cette date, les forces du Brigadier.General Dager se trouvent presque à portée de fusil de l’aile gauche du XVth Corps de Haislip (44th Infantry Division). Eddy ordonne ensuite à la 4th Armored Division de charger devant les 35th et 26th Divisions dans le couloir formé par le Canal des Houillères et la Sarre. Seulement, la 26th Division doit nettoyer un secteur particulièrement bien défendu entre Honskirch et Altwiller, d’autant que le 104th Infantry Regiment de Palladino est bloqué et désorganisé autour d’Albestroff. Paul ne peut donc compter que sur ses 101st et 328th Infantry, le premier étant fatigué par les combats précédents. Le 328th de Jacobs prend alors position au centre de la division et avance vers la ligne Vittersbourg – Honskirch – Altwiller, chaque village étant ceint de Blockhäuse, de tranchées et de champs de mines. Mais ils ne sont pas défendus par le nombre d’hommes adéquat. Le 25 novembre, le 328th Infantry crève la ligne allemande par le nord et s’empare de Vittersbourg. Le lendemain, il attaque Honskirch mais son assaut échoue avec des lourdes pertes. Un second assaut mené par son 1st Battalion butte contre sur un feu d’armes légères et doit se replier sous le couvert des fumigènes. Mais Honskirch est tenu par une arrière-garde. Les GI’s en ont la preuve le lendemain 27 novembre quand leur troisième attaque permet d’enlever Honskirch sans grande difficulté.

– De son côté, à partir du 24 novembre, l’aile droite du 101st Infantry de Scott s’emploie à nettoyer le Bois de Bonnefontaine, défendus par des canons FlaK de 28 mm et des Grenadiere abrités dans leurs tranchées. Le régiment piétine alors dans les bois et autour du Château de Bonnefontaine situé au centre. Les Allemands se paient même crânement le luxe de repousser la K Company à la baïonnette. En revanche, le gros du régiment réussit à accrocher la rive du Canal des Houillères de la Sarre, avant de se porter sur Burbach afin de soutenir l’attaque de la 4th Armored Division sur Sarre-Union le 1er décembre.
Mais pour son baptême du feu sur le front européen, la « Yankee Division » de Paul a particulièrement souffert : 661 tués, 613 disparus et 2 154 blessés. Et 2 898 soldats et officiers doivent être renvoyés à l’arrière pour se reposer. Les pertes s’expliquent autant par l’inexpérience des soldats et des cadres, que par le terrain particulièrement difficile qu’elle a dû conquérir.

Source : http://www.history.army.mil

 

3 – La 4th Armored Division sur la Sarre

– Le secteur d’opérations de la division de Wood est délimité au départ par le Canal des Houillères de la Sarre et la Sarre. Ce secteur forme alors un couloir de 3,5 km environ mais il se resserre sensiblement au niveau de Sarre-Union, ce qui rend une manœuvre mécanisée beaucoup plus difficile. En outre, si le secteur bénéficie de bonnes routes, les seules orientées sud-nord sont moins bonnes et ont été dégradées par les pluies de novembre.

– Le 23 novembre, au lieu de tourner vers le nord, le CC B de Dager fonce vers l’est, roulant débordant la faible ligne de sécurité constituée par le Grenadier-Regiment 953 (361. VGD). Appuyés seulement par des canons de 20 mm, les Grenadiers allemands ne peuvent affronter les blindés Medium. La Task Force Ezell s’empare alors Fénétrange sur la rive ouest de la Sarre par une attaque surprise. Le 25th Reconnaissance Cavalry Squadron tourne rapidement vers le sud et franchit la Sarre à Bettborn, rencontrant des patrouilles de la 44th Division du XVth Corps. Ce qui indique à Wood et à Eddy que la 4th Armored Division est entrée dans la zone d’opérations de l’aile gauche du XVth Corps et donc, de la VIIth Army de Patch. A cette même date, les Français de Leclerc sont entrés dans Strasbourg. Eddy obtient alors l’aval de Haislip pour opérer dans le secteur de l’aile gauche du XVth Corps.

–  Le 24 novembre, le Major.General Wood lance son attaque vers le nord. La Task Force Jaques franchit la Sarre en force près de Gosselming, pendant que la TF Churchill passe la rivière 4,5 km plus à l’est au nord de Romelfing. Mais la belle avance du XVth Corps dans le nord de l’Alsace conduit Hermann Balck et von Rundstedt à lancer une contre-attaque avec la Panzer-Lehr-Division contre la 44th Infantry Division de Spragins. Mais celle-ci échoue grâce à l’intervention du CC B de Dager (voir article La campagne des Vosges – Dernière partie).

– Après l’échec de Fritz Bayerlein, la 4th Armored Division relance une attaque le 25 novembre pour réduire les positions allemandes au nord de Schalbach, avec le 121st Reconnaissance Cavalry Squadron formant un écran de protection au nord-est. Wood envoie alors le 51st Armored Infantry Battalion du CC R (réserve) et toute son artillerie divisionnaire. Aussitôt, Holmes E. Dager regroupe le 51st AIB avec le 8th Tank Battalion. L’attaque reprend alors le 26 de façon coordonnée. La TF Churchill avance vers Wolfskirchen, pendant que la TF Jaques repousse la ligne allemande en roulant vers Eywiller. Mais les Américains progressent lentement dans une zone parsemée de cours d’eau et au sol spongieux. L’artillerie allemande (401. Volks-Artillerie-Korps et les tubes de la Panzer-Lehr) maintiennent un rideau de feu sur chaque itinéraire des colonnes de Dager.
C’est alors que Wood décide de lancer le CC A de Withers à l’est de la Sarre. Passant sur les arrières du CC B, Withers vient se positionner sur la droite de Dager.

– Le 26 novembre, toute la force d’assaut de la 4th Armored Division s’ébranle dans le but de chasser la Panzer-Lehr de ses positions. Le 51st AIB doit cependant mener de durs combats pour chasser les éléments de la 25. Panzergrenadier-Division de Wolfskirchen, exterminant Presque toute la garnison. Eywiller s’avère une noix plus dure à casser pour le 53rd AIB qui doit recevoir l’appui de P-47. Mais un parti de Panther continue de tenir Eywiller, jusqu’à ce que la prise de Gungwiller par la TF West du CC A rend leur position intenable. Bayerlein tente alors de renforcer les approches de Durstel lorsque la TF Oden – engageant le gros du CCA – attaque en milieu de matinée. Mais les environs de Durstel sont protégés par des mines et des PaK. Panzergrenadiere et artilleurs se battent farouchement, forçant les Américains à se retirer dans la soirée. Les trois jours suivants sont consacrés à nettoyer le massif de collines à l’est de la grand-route Drulingen – Sarre-Union. Mais Wood ordonne à ses colonnes de reprendre leur avance vers le nord, dans un terrain ressemblant – selon les mots de Jeffrey L. Clarke – à un puzzle de routes et de cours d’eau. Pire encore, la visibilité est quasi-nulle pendant la journée et les routes s’avèrent impraticables. Si les Allemands cessent leurs tirs de barrage d’artillerie, les éléments de la 25. PzGren.Div commandés par l’Oberst Arnold Burmeister mènent d’efficaces actions retardatrices. Toutefois, le 28 novembre, le CC B s’empare de Berg, dominant la route principale, ainsi que des ponts enjambant un petit cours d’eau. Sur la droite, le CC A de Withers est contraint de construire ses propres ponts sous un tir d’artillerie mais finalement, le 29 novembre, Durstel tombe. Le 30, les Américains s’emparent de Mackwiller. Des patrouilles de la 4th Armored Division s’approchent à moins de 3,5 km de Sarre-Union. Eddy donne alors ordre à Wood d’attaque la ville le 1er décembre, dès que la 26th Infantry Division pourra avancer par l’ouest.


4 – L’avance de la 35th Infantry Division et de la 6th Armored sur la Sarre (Bistroff, Frémestroff, Hellimer)

– Alors que la 80th Division joue le rôle de « bouchon » à Faulquemont tout en maintenant la jointure avec le XXth Corps sur son flanc gauche, la 35th « Santa Fe » de Baade doit porter le poids principal de son attaque sur son aile droite, avec pour principal objectif le plateau formé par le double méandre de la Sarre au sud de Sarreguemines. Au départ, Eddy prévoyait de concentrer toute la « Super Sixth » de Grow au sud de la Rotte ; avant que le CC B ne se joigne à la 35th Division dans le secteur de Morhange et que le CC A reste en réserve. La congestion des routes est telle que seul le CC B du Colonel Read peut être déployé sur Morhange le 17 novembre. Aussitôt positionné, Read reçoit de Grow l’ordre de soutenir pleinement le 137th Infantry Regiment du Colonel Murray.

– Durant la matinée du 18 novembre, les 35th et 26th Divisions repartent à l’assaut. Après un tir d’artillerie préparatoire de 01h18, la « Santa Fe » bondit de ses positions à l’est de la voie ferrée Metz-Sarrebourg et ne rencontre qu’une faible opposition sur l’aile droite du XIII. SS-Korps qui s’est retiré à la faveur de la nuit. Le 320th Infantry du Colonel Byrne et le 137th – respectivement placés à droite et à gauche – avancent rapidement. Mais tard dans la matinée, le 3/137th du Lt.Col. A.M. Butler reçoit un violent tir d’artillerie provenant de Bistroff et se retrouve cloué dans un secteur composé d’étangs, de marécages et de ruisseaux en crue. A ce moment-là, l’infanterie d’assaut se trouve hors de portée de ses canons de ses armes de soutien. Cependant, les homes de Butler, trouvent un gué et attaque le village trempés. Bistroff tombe après un combat rue par rue et maison par maison. Le bataillon s’y cramponne et tient face aux contre-attaques allemandes. Toutefois, à la fin de la journée du 18, l’aile droite de la 35th Division se trouve à l’est de Vallerange et son aile gauche près de Bistroff. Eddy estime que le moment est venu de lâcher le CC B de la 6th Armored par l’aile gauche de la division de Baade. Le 19 novembre, le CC B de Read attaque depuis les lignes du 137th Infantry et atteint les positions allemandes alignées sur une série de villages fortifiés, pourvus en armes antichars et en champs de mines. Mais les troupes allemandes qui se trouvent là sont un mélange d’éléments de la 48. ID, de la 559. VGD, d’unités de forteresse et d’une poignée de véhicules lourds du Panzerjäger-Abteilung 1559, alors organisés en Kampfgruppe von Mühlen. Ce dernier peut profiter du terrain particulièrement difficile, voire infranchissable en plusieurs endroits.

– Sur l’aile nord, le CT Lagrew, suivi par le 1/137th, tente de couvrir la route Morhange – Gros-Tenquin mais connaît de sérieuses difficultés. A l’ouest de Bertring, les blindés sont arrêtés par un tir de barrage de canons antichars et de Panzer. Peu après, le CT Lagrew engage l’ennemi mais perd 7 chars et une cinquantaine d’hommes. Mais les Américains réussissent à mettre 5 Panther hors d’usage et repoussent les Allemands au-delà de Bertring. Vers 14h00, un peloton de chars entre dans Bertring et nettoie rapidement le village. Un plan d’attaque coordonnée contre Gros-Tenquin est répidement établi. A 16h30, 19 bataillons d’artillerie de campagne pilonnent le village qui est incendié au phosphore, pendant qu’un essaim de chasseurs bombardiers matraque les positions allemandes. Les survivants allemands préfèrent se rendent « en tremblant de peur » aux dires des soldats américains. Le KG von Mühlen est alors sur le point de craquer quand des éléments de la 17. SS « Götz von Berlichingen » arrivent en renfort pour s’opposer à la 35th Division. Le 19 novembre toujours, la 4th Armored Division envoie plusieurs unités sur l’aile nord de la 35th Division pour aider le 320th Infantry à prendre Virming.

– Le 20 novembre, le 320th Infantry Regiment de Byrne suit le CC A de Withers, pendant que blindés et fantassins portés s’emparent de Fancaltroff. Sur l’aile gauche de la « Santa Fe », le 137th Infantry reçoit l’appui du CT Forrest articulé autour du 69th Tank Battalion pour longer la route de Hellimer. Mais une force formée de Grenadiers, de Panther et de canons automoteurs de la 11. PzD, arrête la colonne à hauteur du Bois de Freybouse. Forrest perd 6 chars légers Stuart et 4 Sherman pour la prise de cette portion de la grand-route ; mais revendiquera plus tard la destruction de 10 chars, 3 blindés légers et 3 canons antichars. Mais le 2/137th qui a aidé le CT Forrest reçoit le choc d’un violent barrage d’artillerie qui tue ou blesse 6 de ses officiers. Le reste de la journée donne lieu à une avance lente faite de combats d’attrition.

– Le 21 novembre, chars et infanterie américains commencent à élargir leur front en préparation d’une manœuvre d’enveloppement. Sur l’aile gauche, le CT Wall et le 3/137th obliquent vers le nord pour attaquer Frémestroff mais sont considérablement ralentis par des mines, la boue et des tirs antichars. Arrivé devant Frémestoff les hommes de Wall constatent que le pont a été détruit et c’est l’infanterie démontée qui se charge de l’assaut pour s’emparer du village en dépit d’une forte résistance ennemie.
Parallèlement, le 2/137th et le CT Forrest combattent durement pour s’emparer de Hellimer tenu par des éléments de la 11. PzD et du KG von Mühlen. Mais Balck prend alors la décision de retirer la 11. PzD des combats pour la reformer et la remplacer par des éléments de la 15. Panzergrenadier-Division commandés par l’Oberst Hans-Joachim Deckert. Aussitôt arrivés, les Panzergrenadiere sont jetés dans les combats pour le carrefour de Hellimer. Mais le jour-même, les canons de campagne américains déclenchent un feu nourri sur les positions d’artillerie allemande et les nids de mitrailleuses autour de la localité. A 10h00, 2 compagnies d’infanterie s’élancent sous le couvert d’un écran fumigène mais sont repoussé par un feu nourri d’armes légères. Puis, 5 Panzer arrivent par le nord du village pour engager les chars et chasseurs de chars américains. A 15h00 cependant, une section de fantassins réussit à occuper deux maisons du village qui servent de base pour la conquête de Hellimer. S’ensuit alors un violent combat au fusil, au pistolet-mitrailleur et à la grenade antichar. Le commandant allemand du groupe de Panzer est tué et le reste des forces ennemies est rejeté du village.

– Sauf que le retard pris à Hellimer est ressenti sur la droite de la 35th Division, où le 320th Infantry progresse à travers-champ en direction de Grening. Mais son aile gauche est pris sous un violent tir de canon provenant de Hellimer et force le Colonel Byrne à arrêter ses hommes. En attendant, les canons américains ouvrent le feu sur Grening, avant de lancer d’y lancer des tracts en appelant à la reddition. Mais les défenseurs allemands – soit 1 bataillon et 6 Panzer –  ignorent les sommations écrites. Lorsque le 2nd Battalion part à l’assaut, il est arrêté par un violent tir nourri. Byrne fait alors donner sa réserve, le 3rd Battalion, sauf que les Allemands contre-attaquent violemment avec des chars et rejettent encore les Américains. L’arrivée de chasseurs de chars n’y change rien que les engins ne parviennent pas à débusquer les Panzer. Mais en milieu d’après-midi, la L Company réussit à pénétrer dans le village et à s’emparer de plusieurs bâtiments attenants à l’église. Celle-ci est défendue durant toute la nuit et les Allemands sont bientôt contraints de se retirer.

Insigne de la 17. SS « Götz von Berlichingen »

Insigne de la 17. SS « Götz von Berlichingen »

– L’attaque de l’infanterie portée au nord continue le 22 novembre, le CC B manœuvrant pour élargir le front. Au-delà de Hellimer, le CC B et le 1/137th attaquent par surprise l’ennemi de flanc, capturant Leyviller et Saint-Jean-Rohrbach après de durs combats. Les Allemands cherchent alors leur salut en courant à travers champ mais les artilleurs américains déclenchent un tir d’artillerie comme à l’exercice.  Durant l’après-midi du 22, Paul W. Baade reçoit de nouvelles instructions de la part de l’état-major d’Eddy : s’assurer le contrôle du Maderbach, un cours d’eau à plus de 7 km à l’ouest de la Sarre, afin de facilier le déploiement des 2 divisions blindées du XIIth Corps. Baade charge les 1 et 3/134th Infantry du Colonel Miltonberger de cette mission.
Tandis que Grow rassemble sa 6th Armored Division durant la journée du 23 novembre, le 1/137th avance sur Hilspirch, juste au sud-est de Saint-Jean-Rohrbach pour élargir le saillant vers le Maderbach et sécuriser la ligne de déploiement du CC B. Hilspirch est alors tenu par des fantassins du SS-Panzergrenadier-Regiment 38 et quelques Panzer, déployés sur des positions avancées bien renforcées. Vers 09h00, 2 compagnies attaquent en direction de Hilspirch. Arrivés sur la petite colline au nord de Hilspirch, les fantassins américains tombent sur 5 Panzer et de nombreux canons antichars. En réponse, le 1/137th appelle 4 chasseurs de chars en renfort mais une première attaque échoue. Et les deux compagnies subissent d’importantes pertes. Un second assaut a lieu et le bataillon réussit à accrocher le quartier nord-est de Hilspirch à un coût élevé en hommes. Seulement, les Allemands sont en surnombre et 60 soldats américains menés par le 1st Lieutenant Merill H. Lyon parviennent à se replier sur Saint-Jean-Rohrbach.

– La capture de Hilspirch est alors nécessaire pour les Américains car la localié est un important nœud routier qui mène à Puttelange et vers le Maderbach. Robert W. Grow utilise alors le CC B pour capturer Puttelange, avant d’envoyer le CC A vers la rivière éponyme. Le 24 septembre, l’artillerie de la 35th Division déclenche un feu d’enger sur Hilspirch qui est pris par un assaut mené par le 1/134th et le 737th Tank Battalion.

– Le 25 novembre, la 6th Armored Division et les bataillons du 134th Infantry Regiment se trouvent en position pour atteindre et franchir le Maderbach. Mais la météo s’affole et l’état des routes se dégrade encore. La frontière allemande n’étant pas loin, les positions allemandes disposent de plus de canons antichars. De plus, les Américains vont tomber dans une portion de la Ligne Maginot. Dans ces conditions, les chars ne seront pas d’une grande efficacité et l’assaut principal devra être mené par l’infanterie. Encore que, celle-ci grelotte sous la pluie et la neige. Hôpitaux de campagne et infirmeries voient affluer un nombre croissant de malades, en dépit de l’effort des officiers logistiques pour fournir des couvertures et des vêtements secs.  Et la force de combat des unités de fusiliers s’en ressent. Pour preuve, le CT Britton (formé autour du 9th Armored Infantry Battalion) ne perd que tués et 2 blessés dans des accrochages mais doit évacuer 26 malades et 93 soldats épuisés.

– Pendant la nuit du 24-25 novembre, l’infanterie portée et les soldats du Génie réussissent à établir un pont sur la Puttelange en dépit d’un barrage antichar, afin de permettre au CC B de relancer son attaque. Le 25, le 15th Tank Battalion passe le pont. L’avance sur la rive opposée démarre avec difficulté, les chars de tête devant guider le reste entre les cratères et les ornières boueuses. 5 Sherman sont détruits par des PaK antichars et le 15th TB doit se replier.

– Plus au sud, le 737th TB du Lt.Col. F.M. Kroschel – alors rattaché au CC B – échoue lui aussi à se frayer un chemin dans la boue et sous le feu des PaK. En revanche, 2 Compagnies du 134th Infantry Regiment atteint le Maderbach en crue à Rernering, où elles font leur jonction avec l’infanterie blindée. Le CC A, alors maintenant collé au CC B, se trouve alors en position pour attaquer sur le flanc gauche. A Valette, les chasseurs-bombardiers du 377th Squadron lâche des bombes de 500 livres sur les positions allemandes. Puis, le 9th Armored Infantry Battalion du Lt.Colonel Britton charge à la baïonnette sur une pente légère et nettoie les positions allemandes après un violent corps-à-corps. Le 26 novembre, le 69th TB attaque au travers de la Forêt de Puttelange afin de déborder les forces ennemies. Tout se passe pour le mieux, avant que les troupes ne débouchent à l’est des bois. Les chars ne peuvent alors manœuvrer à travers la bout et le Colonel Forrest est contraint de retirer ses hommes à la lisière de la forêt mais tombe dans une embuscade. Il est tué par un tir de mortier. Mais le CC B se trouve en position face au Maderbach. Grow fait alors passer l’ordre à son aile gauche de tenir pour envoyer le 134th Infantry de Miltonberger nettoyer la rive ouest depuis Hilspirch. Cette opération s’avère être un succès mais les chars sont encore retenus par la boue. Finalement, le 27 novembre, la 80th Infantry Division reprend son avance sur l’aile nord du XIIth Corps, contraignant Balck et von Knobbelsdorf à évacuer leurs forces tenant le Maderbach. Du coup, Eddy peut déployer la 6th Armored sur le cours d’eau, pendant que la 35th Division se retrouve placée en réserve. La « Santa Fe » a perdu 1 998 hommes dont 349 tués. De son côté, la « Super Sixth » de Robert W. Grow a perdu 94 chars – mais dont 2/3 de réparables – mais a mis hors d’état 73 blindés allemands et près de 200 canons antichars. Elle a aussi perdu 162 tués, 725 blessés et 47 disparus.

Source : http://www.history.army.mil/

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5 – L’attaque de la 80th Infantry Division
dans le secteur de Faulquemont

 – Le 17 novembre, la 80th Infantry Division de Horace G. McBride se trouve en position défensive à l’est de Faulquemont après 102 jours de combats discontinus. La logistique divisionnaire en profite aussi pour fournir les soldats en vêtements secs.  Mais si la 80th Division se réorganise, la 36. VGD d’August Wellm en fait de même, après avoir reçu l’autorisation de se replier sur la Nied allemande et d’occuper les collines au nord et au nord-est de Faulquemont, où la portion de la Ligne Maginot offre la possiblié d’établir une défense bien mieux organisée. Le SS-Gruppenführer Max Simon, remplaçant Hermann Priess à la tête du XIII. SS-Korps, a donné son assentiment craignant que l’attaque américaine dans ses flancs. Toutefois, Wellm a laissé 1 compagnie renforcée du Grenadier-Regiment 165 tenir Faulquemont.

– Durant le bref temps de repos, Patton rend visite à McBride et sans doute furieux, lui demande pourquoi sa division ne s’est toujours pas emparée de Faulquemont et des hauteurs alentours. Piqué au vif par cette « question », McBride suggère à Eddy de faire tomber la position de Faulquemont. Surpris par cette position, Eddy donne néanmoins son accord. Cependant, les rapports des patrouilles rapportent à McBride que la Nied allemande est solidement tenue. Le 20 novembre, en parallèle de l’attaque conjointe des 35th Infantry et 6th Armored Divisions, McBride ordonne d’effectuer une reconnaissance en force pour sécuriser les têtes de ponts au nord de la Nied allemande à Faulquemont et Pontpierre. L’arrière-garde allemande a négligé de détruire le pont de Faulquemont et les deux régiments de tête en prennent vite le contrôle et établissent une première tête de pont au nord de la Nied. La position est élargie le lendemain, les Américains ne faisant face qu’à une résistance légère. Mais pour autant, les homes de McBride n’ont pas encore rencontré la force principale de la 36. VGD.

– Du côté allemande, la Falkenberg-Stellung – dans laquelle la 36. VGD est déployée – s’étent le long d’une ligne formée par les villages de Haute-Vigneulle et de Bambiderstroff, environ 2,4 km au-delà de la Nied allemande, qui forme alors un angle à Tritteling et Tétring ; le second village barrant la route de Saint-Avold. Le gros des lignes ennemies s’appuie sur des ouvrages de la Ligne Maginot. Mais la 36. VGD se trouve considérablement affaiblie au niveau de ses effectifs, en dépit de l’apport d’un bataillon provenant de la 347. VGD, située juste au nord.

– Le 25 novembre, après une préparation d’artillerie de cinq minutes, la 80th Infantry Divison attaque avec ses trois régiments, soutenus par le 702nd TB, les 610th et 808th TDB et le 42nd Cavalry Squadron qui protège ses flancs. A 13h00, tous les ouvrages principaux se trouvent aux mains des Américains. Les GI’s nettoient les bois et les collines, pendant que les chasseurs de chars neutralisent méthodiquement les nids de mitrailleuses et les bunkers. En tout, la « Blue Ridge » Division envoie 600 prisonniers dans ses lignes. Les rapports du Generalmajor Wellm attribuent l’effondrement de la 36. VGD au feu roulant américain. Les Allemands commencent à se replier devant les 80th et 5th Infantry Divisions mais le 26 novembre, plusieurs détachements d’arrière-garde tentent de retenir les Américains. L’un des bataillons du 318th Infantry Regiment doit même repousser cinq contre-attaques lancées par les restes du II/Grenadier-Regiment 165. Les bataillons d’artillerie de la division doivent eux aussi arrêter la sixième.
Au centre de la division, le 319th Infantry Regiment du Colonel Taylor combat durement pour s’emparer de Saint-Avold, pendant que le 317th Infantry atteint le plateau dominant la ville. Le jour suivant, le 318th Infantry du Colonel Lansing McVickar et le 319th Infantry entrent dans Saint-Avold vidée de ses occupants. En fait, durant la nuit, le XIII. SS-Korps s’est finalement replié sur la rive occidentale de la Sarre.

– Avec la prise de Saint-Avold, la Major.General McBride ordonne au 317th Infantry du Colonel Lewis de tourner vers le nord le 27 novembre pour talonner les Allemands en retraite. Mais comme le note Lewis, « seule l’infanterie peut progresser sûrement » en raison de l’état déplorable des voies de circulation. Laissant ses camions et half-tracks derrière lui, le 317th Infantry s’élance dans la boue et reprend contact avec l’ennemi près de Seingbouse, à 5 km à l’est de Saint-Avold. Le Colonel Lewis donne alors ordre à son régiment de se déployer et lance son 3rd Battalion à l’attaque en direction de Fareberswiller, tandis que les 1st et 2nd Battalions attaquent en tenaille, respectivement par le sud et le nord.

– Le 29 novembre vers 09h00, le 3rd Battalion réussit à accrocher Farebersviller et commence mener un combat maison par maison contre des éléments de la 17. SS « G.v.B ». A la sortie de la ville, une portion de la voie ferrée nord-sud est tenue par une réserve tactique composée de Panzergrenadiere du SS-PzGren.Regt 38 et de blindés légers de reconnaissance du SS-Panzer-Aufklärungs-Abteilung 17. Pendant l’après-midi, les A et C Companies du 1st Battalion franchissent la voie ferrée au sud de Farebersviller et atteignent la lisière du bois. Vers 16h00, 7 chars allemands et 1 compagnie d’infanterie lourde se glissent entre les deux compagnies de têtes et le reste du bataillon. Mais une patrouille de la B Company surprend un groupe d’Allemands qui gardent des prisonniers américains. Cela n’empêche pas les troupes de choc allemandes de rejeter les Américains à l’ouest de la voie ferrée et dans la moitié ouest de Farebersviller. Vers 20h00, 3 ou 4 chars et environ 300 Panzergrenadiere chargent contre les Américains qui tienennt ferme leurs positions. Durant la matinée du 29 novembre, des chars et des chasseurs de chars arrivent à la rescousse. Mais les Allemands qui se sont renforcés, reviennent à l’assaut et reprennent Farebersvillers, forçant les restes du 3/317th à s’enterrer. Toujours durant la journée du 29, les Allemands lancent plusieurs contre-attaques contre le 2/317th mais sont arrêtés par un tir de barrage d’artillerie. La nuit du 29-30 novembre, McBride ordonne au 318th Infantry de McVickar de relever le 317th Infantry sérieusement secoué.  Mais les opérations de la 80th Division cessent-là. Elle a perdu 2 728 hommes dont 513 tués mais a ramassé 3 943 prisonniers ennemis.

– L’offensive de novembre a permis au XIIth Corps de remporter des gains sensibles mais sans effectuer la pénétration espérée en territoire allemand, à la fois en raison principalement du mauvais état des routes et du temps déplorable, même si en certains endroits la résistance allemande a été particulièrement tenace sinon efficace.
Cependant, la IIIrd Army a prélevé un lourd tribut aux Allemands. En effet, si à la fin du mois de novembre, Hermann Balck et ses subordonnés peuvent encore aligner 8 divisions d’infanterie et 4 blindés sur cette partie du front, leurs forces ont été considérablement amenuisées.

Source : http://www.history.army.mil/

Source : http://www.history.army.mil/

C – L’AVANCÉE SUR LA LIGNE SIEGFRIED (DÉCEMBRE 1944)

1 – La prise de Sarre-Union

– Le 30 novembre, le XIIth Corps débute sa manœuvre d’enveloppement de Sarre-Union. A cette date, sa ligne de front suit une ligne Béning-lès-Saint-Avold (sur la Rosselle) – Mackwiller (à la jonction avec la VIIth Army).  L’opération est confiée aux 4th Armored et 26th Infantry Divisions qui ont en face d’elles la 25. Panzergrenadier-Division de Paul Schürmann, correctement doté de 80 Panther, 1 Kampfgruppe de la Panzer-Lehr et quelques chars de la 11. Panzer-Division.

– L’attaque commence le 1er décembre, coordonnée entre le CC B (8th Tank Battalion et 51st Armored Infantry Battalion) de Dager et le 101st Infantry Regiment du Colonel Scott. Avançant en deux colonnes, le CC B pousse lentement vers la Cote 318 au nord de Mackwiller et à l’est de Rimsdorf sur sa gauche. Pendant ce temps, el 3/101st Infantry avance vers Sarre-Union pendant que le 1/101st Infantry nettoie les bois de Bannholtz sur la droite du régiment mais rencontre une vive résistance. Son commandant, le Lt.Col. L.M. Kirk est blessé. Mais le bataillon achève sa mission à la fin de la journée. De son côté, le CC B se retrouve vite pris dans une série d’accrochages qui le retardent davantage et gagnent en intensité à mesure que les GI’s s’approchent de la Cote 318. La A Company du 8th TB mène l’assaut contre la Cote 318 avec l’aide de fantassins portés et repousse un détachement de Panzer. L’attaque réussit mais s’avère coûteuse. Les Lt.Col. Arthur L. West et Major Van Arnam, commandants respectifs des 10th et 51st Armored Infantry sont blessés.

– Malgré la lenteur, le CC B finit par repousser les Allemands et le 3/101st s’approche encore de Sarre-Union en longeant la rive est de la Sarre. Ses I et K Companies entrent alors dans la ville pour n’y trouver qu’une poignée d’Allemands, rapidement maîtrisés. Mais la prise de la Cote 254 qui domine la ville s’avère bien plus difficile. Les deux compagnies accusent de lourdes pertes et doivent se réfugier dans la ville où elles doivent repousser plusieurs contre-attaques allemandes venues des collines. Pendant la nuit, les Allemands réussissent à entrer dans Sarre-Union. Par conséquent, le 2 décembre, le Colonel Scott est forcé de lancer son régiment dans une opération de réduction minutieuse des positions ennemies. Toutefois, 1 compagnie du 104th Infantry arrive en renfort pour rejeter les défenseurs. En même temps, la 4th Armrored Division coupe la route Sarre-Union – Domfessel et s’empare de la Cote 332 sur la grand-route Voellerdingen – Oermingen. Blindés et fantassins portés doivent encore repousser des attaques de petits Kampfgruppen hâtivement formés au sein de la Panzer-Lehr. Ses petites attaques auraient pu avoir un effet plus sérieux sans l’intervention des P-47 « Thunderbolt » qui matraquent un parti de Panzer concentrés près de Domfessel. Toutefois, le 3 décembre, 8 Panzer appuyés par des Panzergrenadiere de la 11. PzD mènent une charge sur la route d’Oermingen et dans Sarre-Union, capturant même le commandant de l’I Company. L’infanterie américaine trouve alors refuge dans les caves et celliers, pendant que des observateurs d’artillerie guident les tirs de 105 mm. En 10 minut

14 mars 2016
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Histoire & Culture

19 août : Fête de Saint Jean Eudes

by adminfhesp 14 février 2016

Jean Eudes naît le 14 novembre 1601 à Ri, petit village proche d’Argentan en Normandie, dans l’actuel département de l’Orne. La France d’Henri IV est alors en pacification et en reconstruction après les ravages causés par les guerres de Religion, même si cette région de la Normandie n’a pas été la plus touchée.
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– Pour ses parents, Jean est presque
un miracle puisqu’il est né assez tardivement après que son père et sa mère eurent accompli un pèlerinage à Notre-Dame de Recouvrance. Ils y revinrent quelques temps plus tard pour offrir leur fils unique au Christ et à sa mère. Cependant, la famille s’agrandira plus tard d’un second enfant, François, qui sera connu plus tard comme historien sous le nom de François-Eudes de Mézeray (1610-1683).

– Vers douze ans, Jean est envoyé chez les Pères Jésuites de Caen pour recevoir une solide formation humaine et spirituelle. A dix-sept ans, il entre à la Congrégation de Notre Dame. Il dira dans son Mémorial que le Seigneur « lui fit de très grandes grâces par l’entremise de sa très Sainte Mère. »   En 1623, il entre dans la toute nouvelle Société de l’Oratoire de Jésus en France où l’accueille le Cardinal Pierre de Bérulle. Dans un contexte de Contre-Réforme, l’Oratoire, créé un peu moins d’un siècle auparavant par Saint Philippe Neri a été amené en France par l’entremise de Saint François de Sales quelques années avant.Jean Eudes est ordonné prêtre en 1632. Grâce à l’action d’hommes et de femmes pieux et décidés comme le Cardinal de Bérulle, Saint Vincent de Paul, Sainte Jeanne de Chantal, Sainte Marguerite-Marie et même des personnalités bien plus politiques comme le Cardinal de Richelieu et le Roi lui-même, la France de Louis XIII entre de plein-pied dans la Contre-Réforme.

– MISSIONNAIRE JUSQU’AU BOUT

– En plaçant sa vie sous le signe de Marie, Jean Eudes part pour la Normandie la même année pour y prêcher des missions populaires, comme l’eût fait Saint Vincent de Paul. Mais il constate que ses efforts ne peuvent avoir de suite en l’absence d’un clergé instruit.

– En Normandie, il est aussi témoin de l’ignorance des baptisés et de beaucoup de misères physiques et morales, en particulier chez les femmes, victimes de la prostitution. Pour elles, il ouvre, à Caen, en 1641, une maison « Notre-Dame du Refuge » : c’est l’origine de la Congrégation « Notre-Dame de Charité », dont est issu « Le Bon Pasteur d’Angers », fondé par Marie-Euphrasie Pelletier.  La Congrégation est reconnue en 1651 par Mgr Molé Évêque de Bayeux.

Le 25 mars 1643, Jean Eudes quitte l’Oratoire qui n’avait pas vocation à encadrer les séminaires et fonde le Séminaire des Eudistes de Caen. Il crée ensuite une société de prêtres voués à la formation des séminaristes et du clergé jusqu’aux prédications populaires dans les paroisses. Elle est appelée Société des Prêtres de Jésus et de Marie, dite des Eudistes. Jean Eudes fait instituer d’autres séminaires en Normandie ainsi qu’en Bretagne. Le premier séminaire de Normandie étant installé à Caen, suivent ensuite Coutances, Lisieux, Rouen, Evreux et Rennes.
Initiateur du culte du Cœur de Marie, Jean Eudes fait célébrer la première fête liturgique en 1648 à la Grande Mission d’Autun.

– Saint Jean Eudes poursuit ses missions jusqu’à la limite de ses forces en Normandie, Bretagne et Bourgogne et même devant le Roi Louis XIV. Tout comme son aîné Saint Vincent de Paul, il s’éteint à l’âge, très avancé pour l’époque, de soixante-dix-neuf ans le 19 août 1680. Il est inhumé dans l’église des Très-Saints-Cœurs-de-Jésus-et-Marie du séminaire des Eudistes de Caen. En 1810, ses ossements sont transférés à Notre-Dame-de-la-Gloriette. Depuis le 6 mars 1884, ils reposent dans la crypte du transept sud de cette ancienne église des Jésuites.

– BÉATIFICATION ET CANONISATION 

Jean Eudes est béatifié en 1909 par Saint Pie X et proclamé Saint en 1925 par le Pape Pie XI. Il est fêté le 19 août, jour de son décès.

 

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7 octobre : Fête de Notre Dame du Rosaire

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Cette fête, propre à l’Église d’Occident, fut instituée par saint Pie V pour commémorer la victoire de Lépante – qui mit un terme à l’expansion ottomane ( 7 octobre 1571) – et pour remercier la Mère du Sauveur de son intercession au cours de la bataille. ( la victoire étant…

7 octobre 2015

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14 juillet 1223 : Mort du Roi Philippe Auguste 2/2

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– LE DIMANCHE DE BOUVINES La Flandre connaît un basculement politique. Baudouin de Hainaut, beau-père de Philippe Auguste, est capturé lors de la Quatrième Croisade et Philippe de Courtenay-Namur, frère de Baudouin, jure fidélité au Roi de France, pendant que Jehanne de Namur épouse Ferrand de Flandres. Le Saint-Empire connaît…

14 juillet 2015

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La bataille de Formigny : Le triomphe capétien en Normandie

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FORMIGNY (15 avril 1450). Aujourd’hui passée dans l’oubli et bien moins connue que Crécy, Poitiers et Azincourt, la bataill

14 février 2016
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Histoire & Culture

11 février : Fête de Notre Dame de Lourdes

by adminfhesp 11 février 2016

La Vierge Marie serait apparue à plusieurs reprises à une jeune bergère nommée Bernadette, entre le 11 février et le 16 juillet 1858, à la grotte de Massabielle, près de Lourdes, dans le sud ouest de la France. Au cours de ces apparitions, la Vierge se serait présentée comme « l’Immaculée Conception ». Cette expression signifie qu’elle n’aurait pas été atteinte par le péché originel, jouissant ainsi d’une grâce exceptionnelle de la part de Dieu.

Le dogme de l’Immaculée conception avait été proclamé, trois ans auparavant, par le pape de l’époque, Pie IX, dans la bulle Ineffabilis Deus.

Aujourd’hui, beaucoup de pèlerins et de malades viennent du monde entier prier Notre-Dame de Lourdes, afin d’obtenir la grâce de la conversion ou le soulagement dans les épreuves. De nombreuses processions ont lieu chaque année et beaucoup de miracles sont recensés.

Rappelons qu’un certain 10 février 1638, soit 220 années et un jour avant la première apparition, le roi Louis XIII consacrait la France à la Vierge Marie

Pour en savoir plus sur les apparitions de Lourdes
http://fr.lourdes-france.org/approfondir/le-message-de-lourdes

11 février 2016
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Histoire & Culture

31 juillet 1914 : Assassinat de Jean Jaurès

by adminfhesp 14 janvier 2016

Chers lecteurs, chères lectrices, il est bien entendu que nous laissons ici la séquence hommage à Jean Jaurès aux personnalités politiques comme à certains médias. Nous nous contenterons de décrire l’événement et de le contextualiser.
Merci

Le vendredi 31 juillet, le Gouvernement de René Viviani se voit remettre l’ultimatum allemand des mains de l’ambassadeur von Schön rédigé par le Chancelier Theobald von Bethmann-Hollwegg. Jaurès qui soutient le radical-socialiste Viviani qu’il juge hostile à la guerre (Viviani a notamment fait reculer l’Armée de dix kilomètres en amont de la frontière franco-allemand) souhaite s’entretenir avec René Viviani. Il l’a fait la veille (30 juillet) lui implorant de ne rien tenter contre l’Allemagne. Sans résultat
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Le 31 donc, apprenant que Nicolas II vient de décréter la mobilisation générale en Russie, le tribun socialiste accourt à la Chambre (Palais Bourbon), où il apprend que Guillaume II vient lui aussi de décréter l’Etat de Guerre en Allemagne. Ce qui n’est pas sans renforcer son pessimisme.

Jaurès demande alors à s’entretenir avec René Viviani mais celui-ci est en entretien urgent avec ses ministres et des hauts-officiers pour adresser la réponse à l’ultimatum allemand. Assisté de son proche collaborateur Pierre Renaudel, Jaurès rencontre néanmoins Abel Ferry* Sous-Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères sur le coup de 20h00 pour un entretien de moins d’une heure. D’après Renaudel, Jaurès aurait menacé de dénoncer « les ministres à la tête folle » si la guerre était déclarée contre l’Allemagne. Voulant alors détendre l’atmosphère écrasante, toujours selon Renaudel, Ferry aurait lancé à Jaurès cette boutade sans hostilité aucune : « Mon pauvre Jaurès, mais on vous tuera au premier coin de rue ! ». Parole prémonitoire ?

Peu après 21h00, Jaurès et Renaudel quittent la Chambre. Jaurès s’entretient un instant avec Philippe Landrieu administrateur de son journal « L’Humanité », ainsi que d’autres proches collaborateurs : Jean Longuet, Ernest Poisson et son épouse, Amédée Dunois, Duc-Quercy, Daniel Renoult, André Renoult, Georges Weil et Maurice Bertre. Après un cours entretien, ils décident d’aller dîner pour parler des prochains articles de « L’Humanité » qui paraîtra le lendemain.

Le petit groupe décide d’aller dîner au « Café du Croissant », 142 rue Montmartre. Peu après 21h00, chacun s’installe à une table près d’un brise-bise caché par un rideau. Jaurès se trouve tout près de la fenêtre. C’est à ce moment que passe Raoul Villain. Qui est-il ?
Raoul Villain, né à Reims, étudiant à l’Ecole du Louvre, est un exalté, férocement patriote qui a pris Jaurès en haine. Pour lui, les appels à la paix du chef socialiste sont assimilés à de la trahison. Villain est aussi membre des « Amis de l’Alsace-Lorraine », association nationaliste qui prêche pour la guerre et proche de « l’Action française ».

A 21h15, armé d’un revolver Smith & Wesson, Villain aperçoit Jaurès qui tient conseil. Il n’hésite pas, avance au « Café du Croissant », soulève le rideau recouvrant le brise-bise et tire deux coups de feu. Jaurès s’écroule touché à la tempe. La seconde balle vient se loger dans un pan de mur. Dans l’établissement, c’est le choc, Renaudel couche Jaurès sur une table pendant que l’on appelle un médecin. Mais le tribun socialiste est bien mort.
Dehors, Villain est arrêté par des gendarmes sans chercher à s’enfuir. Il sera jugé en 1919 et acquitté sur l’argument de la démence.

La mort de Jaurès provoque un électrochoc dans l’opinion de gauche. Un instant, le Gouvernement craint un soulèvement ouvrier mais il n’en est rien. Les militants et sympathisants socialistes sont trop choqués et ne songent pas à déclencher des manifestations et des grèves. Du coup, Louis Malvy Ministre de l’Intérieur annonce renoncer à utiliser le « Carnet B » qui recensait toute personne susceptible de déclencher des troubles à l’ordre public en cas de déclaration de guerre.

Raoul Villain

Raoul Villain

On observe aussi, un retournement de l’opinion socialiste qui se rallie définitivement à la guerre contre l’Allemagne, érigeant Jaurès en victime du militarisme allemand. Ainsi, le 1er août même, Edouard Vaillant en appelle à « l’Union sacrée » et ira même jusqu’à donner l’accolade au catholique-social Albert de Mun. Dans le très anarchisant « La Guerre Sociale », Gustave Hervé écrit : « Ils ont assassiné Jaurès, nous n’assassinerons pas la France ».
Enfin, aux obsèques de Jaurès qui se déroulent le 4 août Avenue Henri-Martin, Léon Jouhaux Secrétaire Général de la CGT fustige dans son éloge funèbre, le militarisme et le capitalisme bourgeois mais déclare solennel : « face à la guerre, la Classe ouvrière fera son devoir ».

Cela amène à traiter du débat historiographique sur l’attitude de Jean Jaurès face à la guerre. La question principale est : Jaurès aurait-il pu éviter la guerre ? Comme le signale Laurent Henninger dans « Guerres & Histoire », il faut poser cette question : « Jaurès avait-il une emprise sur les chancelleries et les Etats-Majors européens ». La réponse est non.
Ce qui faisait sa force était sa grande capacité à mobiliser des foules. Pour lui, comme pour plusieurs dirigeants socialistes européens, le meilleur moyen d’éviter le recours à la guerre était une grève générale dans chaque pays pour pousser les dirigeants à reculer.

Cela amène à traiter du débat historiographique sur l’attitude de Jean Jaurès face à la guerre. La question principale est : Jaurès aurait-il pu éviter la guerre ? Comme le signale Laurent Henninger dans « Guerres & Histoire », il faut poser cette question : « Jaurès avait-il une emprise sur les chancelleries et les Etats-Majors européens ». La réponse est non.
Ce qui faisait sa force était sa grande capacité à mobiliser des foules. Pour lui, comme pour plusieurs dirigeants socialistes européens, le meilleur moyen d’éviter le recours à la guerre était une grève générale dans chaque pays pour pousser les dirigeants à reculer.

Ainsi, lors du Congrés de la IInde Internationale Socialiste, Jaurès et Rosa Luxemburg sont acclamés par les différents délégués au Cirque Royal de Bruxelles. Le Français et son homologue allemand Hugo Haase, coprésident des Sociaux-Démocrates allemands se déclarent optimistes quant à la capacité des peuples à éviter à l’Europe de tomber dans la guerre.

Certes, mais c’est aller vite en besogne et oublier plusieurs points importants qui font la faiblesse de l’Internationale Socialiste.

Premièrement, la différence de culture politique entre Socialistes français et Sociaux-Démocrates allemands, voire même anglais. Si les Français ont une plus grande tradition révolutionnaire, les Sociaux-Démocrates allemands sont davantage adepte de la confrontation-négociation, ce que Jaurès leur reproche bien. Et si le SPD – en particulier son aile droite – rechigne à lancer de grandes grèves en Allemagne, c’est parce qu’il craint de saborder tout l’édifice social édifié depuis Bismarck au profit des milieux ouvriers outre-Rhin. S’ils sont évidemment attachés à la paix, les socialistes allemands n’en sont pas moins légalistes pour autant.

En effet, Jaurès même a critiqué Marx qui déclarait « le prolétaire n’a pas de Patrie ». Ce à quoi, il opposa l’idée suivante : « le Socialisme (…) ne déserte pas la patrie ; il se sert de la patrie elle-même pour la transformer et pour l’agrandir. L’internationalisme abstrait et anarchisant qui ferait fi des conditions de lutte, d’action, d’évolution de chaque groupement historique ne serait plus qu’une Icarie, plus factice encore que l’autre et plus démodée.

Il n’y a que trois manières d’échapper à la patrie, à la loi des patries. Ou bien il faut dissoudre chaque groupement historique en groupements minuscules, sans liens entre eux, sans ressouvenir et sans idée d’unité. Ce serait une réaction inepte et impossible, à laquelle d’ailleurs, aucun révolutionnaire n’a songé ; car, ceux-là mêmes qui veulent remplacer l’Etat centralisé par une fédération, ou des communes ou des groupes professionnels, transforment la patrie ; ils ne la suppriment pas » (« L’Armée Nouvelle », 1911).

Ainsi, l’imprégnation du patriotisme dans les grands partis socialistes européens apparaît clairement à la veille de la Grande Guerre en dépit des efforts pour l’éviter. Et lorsque le 4 août, les Sociaux-Démocrates votent les crédits en faveur de la Kaisersheer à l’entrée en guerre de l’Allemagne, les responsables et députés de la SFIO ne se font plus d’illusion et rejoignent « l’Union Sacrée ». Preuve en est que plusieurs socialistes seront membres du gouvernement (Malvy, Jules Guesde et Albert Thomas notamment), a contrario des partis de droite qui en auront que très peu durant le conflit.
Quelle aurait été l’attitude de Jaurès lors de l’entrée de la France en Guerre, la même que celle de son collègue Vaillant, probablement.

* Neveu de Jules Ferry

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31 juillet 1914 : L'Allemagne adresse son ultimatum à la France

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En début de soirée, l’Ambassadeur de l’Empire allemand à Paris, le Comte Wilhelm von Schön rencontre le Président du Conseil français René Viviani, ainsi que le Secrétaire Général du Ministère des Affaires étrangères, Pierre de Margerie, pour lui remettre l’ultimatum allemand consigné dans un télégramme adressé par le Chancelier Theobald von…

31 juillet 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie : La prise de Tessy-sur-Vire

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– Alors que Patton se charge de nettoyer le Bretagne et d’opérer son large mouvement tournant au sud de la Normandie, vers Laval, Le Mans et Chartes, la Ist Army du General Courntey H. Hodges, ancien commandant-adjoint de Bradley réputé être bon manœuvrier d’infanterie, reçoit l’ordre (un peu plus ingrat)…

31 juillet 2014

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14 janvier 2016
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Histoire & Culture

Napoléon III ; Empereur mal-aimé et méconnu Première Partie

by adminfhesp 9 janvier 2016

Dénoncé pour tyrannie par Victor Hugo depuis l’Île de Jersey, empereur d’un régime considéré comme « tarré » par Émile Littré, honni par la IIIe République, Napoléon III apparaît quelque peu comme un proscrit de l’Histoire, son règne semblant presque être un accident au milieu du XIXe siècle auquel la défaite de Sedan mit fin. Toutefois, sans glisser dans une hagiographie naïve, il faut cependant replacer cet Empereur à sa juste place. Gardons à l’esprit qu’il a lancé pleinement la France dans la Révolution Industrielle. Toutefois, depuis plusieurs années l’historiographie s’est penchée avec plus d’attention sur le règne de Napoléon III, notamment avec Pierre Milza et Raphaël Lahlou.
Loin d’être une tyrannie en dépit du clientélisme et des bourrages d’urnes électoraux, son Régime a connu une période libérale et conserve encore une très forte légitimité avant la Guerre Franco-Prussienne. Comme le souligne Raphaël Lahlou, ce soit en matière de politique intérieure, sociale, économique et internationale, on peut dire que l’action de Napoléon III a été tiraillée entre les aspirations généreuses légitimes de l’Empereur (mesures en faveur des ouvriers, politique des nationalités), le cynisme politique et les réalités du moment.

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1 – LA JEUNESSE D’UN CONSPIRATEUR

Fils de Louis Bonaparte Roi de Hollande et d’Hortense de Beauharnais, Charles Louis Napoléon Bonaparte naît le 20 avril 1808 à Paris. Il est donc à la fois neveu de Napoléon Ier et neveu et petit-fils de Joséphine. En 1815, sa famille doit s’exiler en Suisse et échoue au Château d’Arenenberg. Le jeune Louis-Napoléon grandit alors dans le souvenir de la gloire de l’Empire. Toutefois, son instruction est confiée Lebas, fils du conventionnel intègre proche de Robespierre. Le jeune prince fait ses études au Collège Militaire d’Augsbourg puis à l’Ecole Militaire de Thoune. Engagé ensuite dans l’armée de la Confédération Helvétique, il sert comme officier d’artillerie. Mais en bon héritier des Bonaparte, la mémoire de son oncle lui occupe l’esprit. En 1828, il reprend à son compte les idées contenues dans le Mémorial de Sainte-Hélène. En 1830, il se rend en Italie avec son frère Napoléon-Louis pour rallier les insurgés favorables à l’Unité contre le pouvoir pontifical. Il se bat en Romagne mais doit repartir ensuite en Suisse pour reprendre un poste dans l’armée helvète comme volontaire en 1832.

En 1836, il débute ses activités de conspirateur. Ainsi, avec des complices, il tente de soulever la garnison de Strasbourg contre Louis-Philippe mais l’affaire échoue. Arrêter, Louis-Napoléon est expédié aux Etats-Unis. De retour en Suisse en 1838, il publie une brochure où il défend les principes majeurs du Bonapartisme : Peuple, Nation, Autorité. Distribué à 10 000 exemplaires, sa publication provoque la réaction de Louis-Philippe qui menace la Confédération de Guerre. Celle-ci n’a d’autre choix que d’expulser le trublion princier. Après un passage en Grande-Bretagne, Louis-Napoléon Bonaparte débarque à Boulogne en 1840 et tente de mener un coup d’état qui échoue de nouveau. Enfermé au fort de Ham dans le Nord, il en profite pour coucher par écrit ses idées économiques et sociales dans son essai De la disparition du paupérisme, fortement inspiré des thèses de Claude de Saint-Simon qui veulent concilier développement économique et politique sociale ambitieuse. En 1846, il réussit à s’évader et à gagner l’Angleterre.

2  LA MARCHE AU POUVOIR

1 – Le Président

Comprenant que le putsch ne peut aboutir, il décide d’entrer en politique légalement en jouant de son nom de famille, toujours très populaire dans certains milieux.
En 1848, il se présente à la Présidence de la Seconde République face à Louis-Eugène Cavaignac (modéré, soutenu par Toqueville), Alphonse de Lamartine, Ledru-Rollin et Changarnier. A ce moment, il reçoit des soutiens aussi divers – sinon opposés – tels Victor Hugo, Odilon Barrot (républicain constitutionnel), Frédéric de Falloux (parti catholique), Faucher et Malleville (orléanistes) et Adolphe Thiers (Parti de l’Ordre). Le suffrage étant universel et masculin pour la première fois en France, Louis-Napoléon Bonaparte l’emporte avec une majorité écrasante de 75% des voix ! Il obtient la majorité absolue à plus de 80% dans trente-quatre départements du sud-est et l’ouest, une majorité relative dans vingt et seul quatre ne lui accordent qu’une minorité des voix (Finistère, Morbihan, Bouches-du-Rhône et Var). Son électorat est majoritairement composé de paysans, d’artisans et de notables des petites villes attachés à la propriété privée. Toutefois, s’il est Président, son gouvernement est formé de personnalités qui ne sont pas bonapartistes, loin de là. En outre, selon un amendement constitutionnel voulu par Toqueville inspiré par l’exemple américain, Louis-Napoléon Bonaparte n’est élu que pour quatre ans et sans pouvoir se présenter à un nouveau mandat. Par conséquent, disposant de pouvoirs limités Louis-Napoléon est forcé de rester en retrait et se contente de lancer des travaux. Toutefois, il réussit à obtenir l’envoi d’un corps expéditionnaire pour secourir Pie IX assiégé dans Rome. Cela cause la colère des républicains mais les élections législatives de mai 1848 donnent encore une majorité aux Parti de l’Ordre (450 députés sur 750) avec toutefois, une notable progression des Démocrates socialistes. Ledru-Rollin demande la mise en accusation du Président mais la manifestation organisée par les républicains n’aboutit à rien. En réaction Louis-Napoléon Bonaparte obtient de l’Assemblée la suspension de la liberté d’association pour limiter les l’influence de la gauche avancée et obtient l’autorisation de faire proclamer l’état de siège lorsque la situation l’exige.

Dès 1849, Louis-Napoléon Bonaparte cultive sa popularité en Province par une série de voyages, notamment dans l’Ouest. Ses discours, simples et accessibles, sont très appréciés des citoyens. Le jeu est très fin. En développant un contact direct avec le peuple, Louis-Napoléon réussit à éclipser les Conservateurs du Parti de l’Ordre empêtrés dans leurs tensions entre courants (Républicains Conservateurs, Orléanistes et Légitimistes). Ainsi, le Président n’est pas « le crétin que l’on mène » comme veut le démontrer Thiers. Louis-Napoléon en profite aussi pour lancer ses premières mesures en faveur du développement du chemin de fer. En 1850, le Président limite toutefois le suffrage universel en faveur du Parti de l’Ordre même si cela heurte ses convictions (les radiés comptant toutefois des démocrates socialistes mais aussi des légitimistes et des napoléoniens plébiscitaires). Toutefois, le Président entre en conflit avec l’Assemblée dont il entretient le discrédit lors d’autres voyages en Province (Est, Lyon, Normandie). Et la revue de Satory du 10 octobre 1850, où la Cavalerie le salue au cri de « Vive Napoléon ! Vive l’Empereur » provoque la fureur de Nicolas Changarnier commandant de la Garde Nationale qui est monarchiste. Changarnier veut faire tomber le Président mais ce dernier réussit à isoler le général en annonçant sa prochaine destitution. Plusieurs ministres démissionnent mais c’est ce qu’attendait Louis-Napoléon. Thiers revient à la charge en faisant voter une motion de défiance contre le président. L’un des proches de Louis-Napoléon Bonaparte, Victor de Persigny un bleu de l’Ouest, pousse son ami à l’action armée mais le Président refuse. Toutefois, la démission de tout le gouvernement lui permet de constituer un « petit ministère » ou « ministère sans nom » sous la direction d’Alphonse d’Hautpoul et d’avaliser la destitution de Changarnier. Durant toute la première moitié de 1851, la vie politique de la France est dominée par différente tentatives de réformer la Constitution de 1848, sous l’impulsion d’Odilon Barrot et d’Alexis de Toqueville. Mais le 21 juillet 1851, la révision ne peut être adoptée en raison de l’absence d’une majorité des trois-quarts de députés. La lenteur des prises de décisions au sein de l’Assemblée crée une véritable « inertie » que dénonce le Président qui pense nettement à passer à l’action.

2 –  Coup d’Etat du 2 octobre et proclamation de l’Empire

Le 20 août 1851, Louis-Napoléon Bonaparte réunit à Saint-Cloud plusieurs hommes ralliés à un projet de coup d’Etat, certains allant devenir les éléments clés du futur régime. On y trouve ainsi Persigny, Eugène Rouher, Emile Fleury, Charlemagne Maupas Préfet de Haute-Garonne,  Pierre Carlier Préfet de Police, le Général Armand de Saint-Arnaud vétéran de la campagne de pacification de l’Algérie et Pierre Carlier. Mais l’un des hommes d’importance dans la planification du coup d’Etat n’est autre que Charles duc de Morny, un affairiste. Le 1er novembre, le Général Bernard Magnan est nommé Commandant de Paris et Maupas Préfet de Police.
Le 2 décembre 1851 – jour anniversaire d’Austerlitz –, le Coup d’Etat baptisé Opération Rubicon (autre symbole) est déclenché avec l’appui de 30 000 soldats. Victor Hugo et Victor Schoelcher tentent de soulever les quartiers populaires de Paris mais les ouvriers ne bougent que très peu. L’état de siège est proclamé dans Paris, quelques barricades se dressent mais elles sont rapidement enlevées et quelques violents affrontements ont lieu sur les grands boulevards. Le Député Baudin est tué. De leurs côtés, les Conservateurs protestent verbalement mais désorganisés, ne peuvent pas grand-chose. Le 4 décembre, tout est terminé. On arrête plusieurs milliers de personnes et plusieurs députés dont Hugo, Edgard Quinet, Thiers, Duvergier de Hauranne et Rémusat sont proscrits.
Sauf qu’en Province, une véritable « Vendée Républicaine » (voir biographie de Louis Girard) fait flamber le Var, les Bouches du Rhône, le Vaucluse, l’Allier et la Nièvre. Adolphe Crémieux en est l’un des principaux chefs. Mais mal organisée, l’insurrection échoue face à l’armée. On arrête près de 6 000 personnes en France mais Louis-Napoléon Bonaparte proclamera 3 400 grâces. Le reste étant envoyé en Algérie.

Le 21 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte organise un plébiscite qui voit le Coup d’Etat approuvé par 7 145 000 voix contre 592 000… avec toutefois une part notable de bourrage d’urnes et de votes multiples organisés par les préfets. Toutefois, le coup de force reste soutenu par les ruraux, les notables des petites villes et par le Clergé qui considère Louis-Napoléon comme un rempart face aux Républicains de gauche.
Pour justifier son action Louis-Napoléon Bonaparte déclare : « Je suis sorti de la légalité pour rentrer dans le Droit ». Une nouvelle Constitution, inspiré de celle de l’An VIII (Consulat) est proclamée qui place le Chef de l’Etat au-dessus de l’Assemblée Nationale qui répond de lui. Le régime n’est plus parlementaire mais plébiscitaire, ce qui implique que le chef de l’Etat élu pour dix ans peut s’adresser aux citoyens sans contrainte dans le calendrier. Le Président nomme les Ministres qui sont responsables devant lui, peut nommer les détenteurs d’emplois civils ou militaires et la Justice se rend en son nom. Ministres, Députés et Fonctionnaires doivent prêter serment. Enfin, seul le chef de l’Etat peut déclarer la guerre ou conduire la paix.

Le 7 novembre 1852, un Sénatus-Consulte donne naissance au Second Empire et le 2 décembre, un nouveau plébiscite octroie à Louis-Napoléon Bonaparte la dignité Impériale avec 7 824 000 « oui ». L’ « Empire autoritaire » voit le jour et durera jusqu’en 1862. Les préfets ont encore bien joué leur rôle et en paroisses, les prêtres ont incité leurs ouailles à « bien voter ». Enfin, pour assurer la pérennité de la lignée de l’Empire, Napoléon III épouse en 1853, Eugénie de Montijo Comtesse de Teba. Un fils naîtra de cette union (marquée par l’infidélité de l’Empereur, notamment avec la Comtesse de Castiglione) : Eugène-Napoléon, qui sera tué en 1879 dans le Natal par les Zoulous.

3 – LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE

Nous l’avons vu brièvement en introduction, Napoléon III se veut un empereur social. Il rêve de voir les ouvriers sortir de la misère et devenir propriétaires. Mais ses aspirations, aussi généreuses et sincères furent-elles vont être mises à mal par le dynamisme économique réel qui a fit entrer la France dans la Révolution Industrielle.

Dès son arrivée au pouvoir, l’Empereur entreprend de lancer la France dans une audacieuse politique de développement économique marquée par le renoncement à un fort protectionnisme mais toujours sous l’œil de l’Etat. Ainsi, pour financer le développement industriel, Napoléon III permet le développement des Banques et des sources de crédit, grâce à l’entremise de deux financiers, les Frères Pereire. Sous son règne, naissent le Crédit Foncier de France, le Crédit Industriel et Commercial et le Crédit Lyonnais fondé par Henri Germain qui existe toujours aujourd’hui. En outre, marque du refus d’un protectionnisme trop fort, un Traité de Commerce entre la France et la Grande-Bretagne est signé le 15 janvier 1860 par Michel Chevalier et Richard Cobden. Cet accord prévoit l’abaissement des droits de douane et de plus grands échanges commerciaux entre les deux pays.

La politique de développement économique est marquée par le développement des industries textile, chimique et sidérurgique, notamment dans le Nord de la France et en Lorraine. Par le même coup, l’exploitation des mines de charbon prend aussi un important essor. Le développement de la sidérurgie permet de développer le chemin de fer de façon particulièrement intensive. Alors qu’en 1849, paris ne reliait qu’Etretat à l’Ouest et Vitry-le-François à l’est, en 1870, le maillage ferroviaire français atteint 18 000 km. Toutes les grandes villes de province sont alors connectées au rail.
Cette politique économique permet à la France de rattraper son retard face à la Grande-Bretagne même si elle ne deviendra jamais son égal dans ce domaine.

Dans les provinces, l’Empereur encourage aussi la modernisation de l’agriculture et une plus grande production en vue d’exporter les produits. Il encourage notamment les agriculteurs à s’organiser, ainsi que la création de sociétés de crédits pour encourager la productivité.
Enfin, cette politique de développement économique permet à la France d’acquérir deux vitrines. Ainsi, en 1855 et 1867, Paris organise deux expositions universelles à l’exemple de Londres où les innovations industrielles encouragées par le régime sont présentées. D’autre part, nommé Préfet de Paris, le Baron Haussmann entreprend de vastes de travaux de rénovation de la capitale et la construction de nouveaux édifices. Ainsi, les rues sont élargies à des buts autant sanitaires que militaires (éviter la construction rapide de barricades) et le vieux quartier de l’Île de la Cité est rasé. Seules Notre-Dame et la Sainte-Chapelle sont conservées et un nouveau Palais de Justice est édifié. Sur la rive droite, on bâtit le Théâtre du Châtelet, l’Opéra Garnier, l’Eglise Saint-Augustin, ainsi que les Halles de Paris. L’effet pervers de la politique d’Haussmann se voit toutefois dans la fracture sociale qui va marquer durablement la capitale ; l’Ouest étant aux mains des classes supérieures tandis que l’Est reste populaire et ouvrier.

2 – Portée limitée des aspirations sociales de l’Empereur

Résolument Saint-Simonien, Napoléon III souhaite que les ouvriers bénéficient du développement économique. Malheureusement, sous l’Empire Autoritaires, si les classes moyennes et les notables de provinces voient leurs conditions de vie s’améliorer nettement, les ouvriers connaissent toujours des conditions difficiles. Toutefois, lors de l’avènement de l’Empire Libéral en 1862, l’Empereur cherche de nouveau l’appui du milieu ouvrier et prend des mesures en leur faveur. Jusqu’alors, les catholiques sociaux, notamment la Société Saint-Vincent de Paul, se préoccupait du sort des ouvriers. Notons aussi que l’Impératrice vient aussi en aide aux démunis dans une logique de bienfaisance. Ainsi, en 1862, est fondée la Société du Prince Impériale qui reste une société d’aide parrainée par l’Empereur. Napoléon III souhaite aussi créer une Inspection du Travail mais son projet est rejeté par le Conseil d’Etat. Napoléon III autorise une délégation ouvrière menée par Henri Tolain de visiter la Grande-Bretagne pour voir comment les ouvriers se sont organisés. En 1864, Tolain est autorisé à fonder l’Association Internationale du Travail. En 1866, un décret impérial autorise les ouvriers et salariés à se constituer en association mais toujours sous contrôle de l’Etat. La même année, l’Empereur autorise la constitution de sociétés d’entraide mutuelle. Les réunions doivent être notamment déclarées en préfecture. Cela aboutit à des situations prêtant à rire si le Préfet est peu favorable à la réunion d’ouvriers. Ainsi, on voit des réunions déclarées sous le sigle : « Comment élever des lapins ».
La politique impériale sera fortement critiquée par les Socialistes de l’époque et par l’a IIIe République. Les Socialistes reprochant à Napoléon III d’émanciper les ouvriers sur le plan économique et non sur le plan politique. Si les milieux populaires ne se rallieront pas en masse à l’Empereur et beaucoup allant préférer rejoindre les différents courants socialistes voire plus radicaux, le ralliement d’une partie non négligeable des ouvriers français à la politique sociale de l’Empereur, ne serait-ce que par une amélioration notable de leur pouvoir d’achat et l’assurance d’avoir un travail relativement stable durant le règne.

 En 1868, Napoléon III réussit toutefois à abroger un article du Code civil édictée par son oncle affirmant que la parole du Maître prévaut sur celle de l’ouvrier. L’Empereur tente ensuite de faire disparaître le Livret d’ouvrier crée sous le Premier Empire qui était un moyen de contrôle social. Malheureusement, là encore, le Conseil d’Etat refuse d’enregistrer ce projet de loi.

[Suite]

https://www.france-histoire-esperance.com/napoleon-iii-empereur-mal-aime-et-meconnu-seconde-partie/

9 janvier 2016
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Histoire & Culture

17 novembre : Fête de Saint Grégoire de Tours

by adminfhesp 17 novembre 2015

De ses véritables triae nominae*, Georgius Florentius Gregorius, Saint Grégoire de Tours naît vers 539 à Urbs Arverna, l’actuel Clermont-Ferrand. Il n’est pas issu de la noblesse franque mais de l’aristocratie provinciale gallo-romaine. Il compte dans ses ascendants des Évêques de Lyon et des Martyrs des premiers temps du Christianisme. Son parcours et ses origines révèlent donc qu’il a reçu une solide instruction.

Élevé et instruit par ses oncles Gal et Nizier Évêque de Lyon, Saint Grégoire de Tours exerce plusieurs fonctions dans l’Eglise franque, notamment Diacre de Saint-Julien de Brioude. Régulièrement malade, il se rend en pèlerinage à Tours sur le tombeau de Saint Martin en 562 ou 563.
Mais en 573, au lieu de retourner en Auvergne, il est élu Évêque de Tours sur instigation de la Reine Brunehilde et du Roi Sigebert Ier, afin de remplacer l’Évêque suffragant Saint Euphrone.
Grégoire est témoin de la Faide Royale, soit cette vendetta propre aux petits-fils de Clovis. Il prend lui-même parti contre la Reine Frédégonde et ses partisans.

Mais outre ses prises de positions d’ordre politique, Grégoire rédige beaucoup dans des matières comme l’Histoire, la Théologie, l’Hagiographie et l’Astronomie. Son oeuvre la plus importante reste « Les Dix Livres d’Histoire » que d’autres chroniqueurs appelleront a posteriori « L’Histoire des francs » ou « La Geste des Francs ». L’Oeuvre sera complétée après 594 par le  « Libri Octo Miraculum ».
Inscrits dans une perspectives eschatologique chrétienne, « Les Dix Livres d’Histoire » entreprennent de raconter l’Histoire de la Monarchie franque de Clovis à Sigebert Ier, tout en remontant aux récits de la Bible.  Saint Grégoire de Tours a aussi laissé un important portrait hagiographique de Saint Martin.
Saint Grégoire a rédigé son oeuvre sous forme de chronique, y laissant place à un jugement personnel quant aux personnages et aux événements. En dépit du manque d’objectivité, « Les Dix Livres d’Histoire » reste la source la plus sûre sur cette période marquée par le manque de documents fiables.

Plusieurs continuation de l’oeuvre de Saint Grégoire ont été rédigées après sa mort, notamment par un Frédégaire et un pseudo-Frédégaire. En revanche, son style inspirera Bède le Vénérable pour son « Histoire ecclésiastique du peuple anglais » (« Historia ecclesiastica gentis Anglorum »).

* L’aristocratie Gallo-Romaine utilisait le système patronymique romain, alors que les francs utilisaient des noms composés.

17 novembre 2015
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Histoire & Culture

Petite carte des vins et fromages de France…

by adminfhesp 17 novembre 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus sur les fromages de France :

http://www.fromages-de-terroirs.com/fromages-france.php3

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Les alliances vins et fromages - 1

Les alliances vins et fromages – 1

Chers lecteurs, chères lectrices, le fait d’avoir parcouru nos terroirs durant plusieurs étés m’a donné l’envie de vous faire partager les conseils qu’on pu me prodiguer quelques viticulteurs ou professionnels de la restauration en ce qui concerne, l’assemblage des vins et des fromages. En espérant vous surprendre quelque peu, bien…

6 septembre 2013

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Vins de Loire - Reuilly

Vins de Loire – Reuilly

Situé à une trentaine de kilomètres au sud de Vierzon (Cher), le vignoble berrichon de Reuilly s’étend sur quelques kilomètres carrés (187 ha) et se trouve être scindé par un plateau à dominante agricole. Les parcelles de vigne sont donc réparties entre les coteaux de l’Arnon et de La Théols…

22 février 2013

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Vins pour Noël : Jurançon moelleux

Vins pour Noël : Jurançon moelleux

Reconnu AOC depuis 1975 mais produit dès l’Epoque médiévale, il était l’un des vins préférés d’Henri IV, ses parents lui en ayant imbibé les lèvres de quelques gouttes lors de son Baptême. Colette disait aussi de ce vin Béarnais qu’il était un « prince enflammé, impérieux ». – Le vignoble de Jurançon se situe dans…

16 décembre 2014

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17 novembre 2015
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Histoire & Culture

25 août 1944 : Massacre de Maillé (Indre-et-Loire)

by adminfhesp 14 novembre 2015

Resté longtemps occultée par le massacre d’Oradour-s/-Glane mais aussi par la Libération de Paris, la tragédie de Maillé est survenue alors qu’une grande partie de l’Armée de terre allemande quittait le territoire français pour gagner les frontières du Reich.

Ruines– Cependant, jusqu’aux opérations de Provence et avant la toute fin de la Bataille de Normandie, quelques unités étaient encore stationnées dans l’ouest et le sud-ouest de la France afin de maintenir l’ordre face aux actions de la Résistance.

– C’est notamment le cas de la section du SS-Untersturmführer (Sous-Lieutenant) Gustav Schülter, appartenant au SS-Feldersatz-Bataillon 17 de Châtellerault (unité de réserve de la 17. SS-Panzergrenadier-Division) qui stationne au poste de Sainte-Maure-de-Touraine, alors que sa division a subi de très lourdes pertes en Normandie et vient de passer la Seine pour filer vers la Lorraine.

– Or, au même moment, les FFI et FTP tourangeaux et poitevins en profitent pour harceler les forces allemandes en retraite. Or, il faut bien garder à l’esprit que de telles actions de guérilla rendent fous les soldats allemands qui considèrent d’abord le Résistants et Maquisards comme des terroristes. La réaction de Schülter à Maillé est donc symptomatique de ce qui a pu se produire dans d’autres endroits en France mais elle reste assez exceptionnelle par le nombre des victimes.

– Ainsi, le matin du 25 août, Schülter décide de créer un exemple. Il fait encercler le village avec son artillerie, ses véhicules et ses mitrailleuses et ordonne de tirer à vue et sur les habitations. Cinquante-deux habitations sur soixante sont transformées en ruines. Puis, les Waffen-SS pénètrent dans le village et se mettent à tirer sur tous les habitants qu’ils peuvent croiser, hommes, femmes, enfants et vieillards. Cent-vingt-quatre personnes dont quarante-quatre enfants perdent la vie. A 12h00, les Waffen-SS finissent par se retirer mais maintiennent des tireurs aux entrées du village pour empêcher les survivants de s’enfuir.

– Resté méconnu dans les différents pans de la mémoire française durant près de soixante-ans, le massacre de Maillé a été révélé au grand public seulement en 2004-2008. En revanche, l’enquête est toujours confiée au Tribunal de Dortmund.

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Chroniques de la Bataille de Normandie – 23/ La « Vallée de la mort » (première partie)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 23/ La « Vallée de la mort » (première partie)

Alors que les VIIIth Army Corps et IInd Canadian Corps tente de dégager définitivement Caen tout en sécurisant les rives de l’Orne, les XIIth et XXXth Corps lancent une série de nouvelles opérations pour forcer le cours de l’Odon et s’emparer définitivement de la Cote 112, secteurs toujours sous le…

20 juillet 2014

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1er avril 1944 : Massacre de Villeneuve d'Ascq (Nord)

1er avril 1944 : Massacre de Villeneuve d’Ascq (Nord)

Bien moins connu qu’Oradour-sur-Glane, cet épisode tragique s’est déroulé alors que la 12.SS-Panzer-Division « Hitlerjugend » rejoignait le Front de Normandie. Vers 22h45, alors que la 3/SS-Panzergrenadier 25 (3e Compagnie/25e Régiment d’Infanterie mécanisée) de l’Oberstturmbannführer Walter Hauck arrive en gare de Villeneuve-d’Ascq (entre Lille et la frontière belge) avec ses véhicules blindés…

1 avril 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 6/ L'heure de gloire de Michael Wittmann

Chroniques de la Bataille de Normandie – 6/ L’heure de gloire de Michael Wittmann

Parallèlement aux combats de Tilly-sur-Seulles qui créent une brèche étroite dans le dispositif allemand et retiennent la Panzer-Lehr face aux XXXth Army Corps, Montgomery décide de lancer la 7th « Desert’s Rats » en avant-garde de la IInd Army de Dempsey prendre Villers-Bocage avant d’opérer un crochet vers Evrecy pour s’emparer ensuite de la Cote 113. Ce plan qui mise sur une…

17 juin 2014

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14 novembre 2015
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Histoire & Culture

Connétable Anne de Montmorency

by adminfhesp 12 novembre 2015

Né en 1493, filleul de la Reine Anne de Bretagne, fils de Guillaume de Montmorency et d’Anne Pot, Anne de Montmorency Baron des Baux est confié à dix ans à la maison de François d’Angoulême (futur François Ier) pour son instruction. Il devient très vite l’ami du futur Roi de France.

Participant aux Guerres d’Italie dès la fin du règne de Louis XII, Anne de Montmorency se distingue à Ravenne (1512), puis à Marignan trois ans plus tard. En 1521, il défend victorieusement Mézières aux côtés de Pierre du Terrail Chevalier de Bayard, face au Comte Franz de Nassau-Sickingen. Et en 1522, on le retrouve à Novare.
Prisonnier suite au désastre de Pavie aux côtés de François Ier, il est libéré contre rançon et aide la Reine Louise de Savoie à négocier la rançon et la libération du souverain. La seigneurie de Fère-en-Tardennois lui est alors octroyée en guise de récompense. En 1527, il épouse Madeleine de Savoie.

De retour en France, François Ier prend Anne de Montmorency à ses côtés pour gérer les affaires du Royaume. Nommé Grand-Maître de France, il est en charge des affaires courantes de la Maison du Roi. En 1538, lorsque Charles Quint envoie le Connétable de Bourbon et Antonio de Leiva en Provence, Anne de Montmorency y est envoyé avec le titre de Connétable pour en assurer la défense. Si Aix-en-Provence tombe, Français et Provençaux (ainsi que la maladie) empêchent les Impériaux de s’assurer le contrôle de la province.

Seulement, moins bon diplomate que soldat, Anne de Montmorency tente de convaincre son souverain de s’entendre avec Charles Quint en vue de récupérer le Milanais. François, qui ne l’entend pas ainsi, se brouille avec son Connétable qu’il destitue.

Après la mort de François Ier en 1547, Henri II reprend Anne de Montmorency à son service et élève la Baronnie de Montmorency en Duché-Pairie de France. Loyal envers Henri II, son influence s’entrechoque avec la montée en puissance de la famille de Guise. Manquant encore de réalisme et de clairvoyance face aux enjeux de la Réforme en France, il pousse Henri II à l’intransigeance. En cela, il s’oppose à l’autre grand personnage de confiance du Roi, François de Scépeaux Maréchal de Vieilleville.

Après la mort de Henri II en 1559, Anne de Montmorency reste auprès de François II comme de Charles IX.
Il meurt à soixante-quatorze ans le 12 novembre 1567 après avoir battu une armée de Huguenots en Plaine de Saint-Denis.

Lire :
HENTET Thierry : Anne de Montmorency, Grand Maître de François Ier, Presses Universitaires de Rennes.

12 novembre 2015
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Histoire & Culture

8 novembre 1226 : Mort du Roi de France Louis VIII le Lion

by adminfhesp 11 novembre 2015

Né en 1187, Fils de Philippe II Auguste et d’Isabelle de Hainaut, il gagna son surnom grâce à sa vaillance face aux Anglais en Poitou, Saintonge, Angoumois et en Guyenne, durant le règne de son père.

En 1214, en écho à la victoire de Philippe II à Bouvines, il bat les troupes de Jean Sans Terre à la Roche-aux-Moines.

En 1216, à l’appel de Barons d’Angleterre révoltés contre Jean, il entre dans Londres à la tête d’une armée. Toutefois, il est battu l’année suivante à Lincoln mais va prendre sa revanche en combattant les vassaux des Plantagenêt dans le Sud-Ouest de la France.Il est sacré Roi de France le 6 août 1223 par l’Archevêque de Reims Guillaume de Joinville. En 1226, il profite de la Croisade des Albigeois pour mettre la main sur plusieurs cités du Midi comme Castres, Nîmes, la Provence et Albi. Louis VIII aurait souhaité rattacher Avighon à la Couronne de France mais les réticences du Comte Raymond VII et sa mort prématurée l’en ont empêché.

Il eut onze enfants avec Blanche de Castille (qu’il avait épousé en 1200) dont Saint Louis, Alphonse de Poitiers, la Bienheureuse Isabelle de Valois et Charles d’Anjou.
A sa mort, c’est la Reine Blanche qui assure la régence du jeune Saint Louis.

Resté discret dans l’historiographie française, Louis VIII a laissé paradoxalement davantage de souvenirs comme fils batailleur et courageux de Philippe Auguste. Toutefois, chroniqueurs et historiens se sont accordés à dire qu’il fut bon époux et bon père.

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Les Maréchaux de La Palice et de La Trémoille

Les Maréchaux de La Palice et de La Trémoille

Capitaines de Charles VIII, de Louis XII et de François Ier tombés à Pavie, Jacques II de Chabannes Maréchal de La Palice (ou La Palisse) et Louis II de La Trémoille restent pour autant méconnus. La Palice ayant toutefois (et malheureusement et malgré lui) laissé sa fameuse « vérité » post mortem.…

24 février 2016

Dans « De Louis XI à Henri IV »

11 août 1297 : Officialisation de la canonisation de Saint Louis par Boniface VIII

11 août 1297 : Officialisation de la canonisation de Saint Louis par Boniface VIII

Le procès en canonisation du Roi de France a été particulièrement rapide pour l’époque – vingt-sept ans – même s’il a été quelque peu soumis aux turpitudes de la politique ecclésiastique des neuf Souverains Pontifes qui ont pu se pencher sur le dossier. Certains s’y étant penchés de façon assez…

11 août 2016

Dans « Non classé »

14 juillet 1223 : Mort du Roi Philippe Auguste 1/2

14 juillet 1223 : Mort du Roi Philippe Auguste 1/2

Incontestablement, Philippe II Auguste (ou le Magnanime selon Guillaume le Breton) reste l’un des plus grands Rois de France de l’époque médiévale. Souverain brave autant que rusé, conscient du prestige sacré de sa couronne comme aimé de ses Sujets, combattant au devant de sa Chevalerie à Bouvines tout en usant…

14 juillet 2015

Dans « Non classé »

11 novembre 2015
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