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Histoire & Culture

Histoire & Culture

Le billet : « Le changement, c’est maintenant ! »

by adminfhesp 10 juin 2015

« Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots… »

Et oui, il faut peut être se tourner vers Dalida pour ne pas être dupe en amour… et en politique aussi !

Oui, finalement, l’amour et la politique, c’est un peu la même chose… notamment lorsqu’il s’agit de promettre l’impossible à sa bien-aimée ou à son peuple. Oui, l’élection présidentielle n’est-elle pas, d’une certaine manière, une histoire d’amour entre un candidat et son peuple ?

A chaque élection, les prétendants se bousculent et se ressemblent. Toujours les mêmes promesses, les mêmes avances, les mêmes déclarations : « demain, ce ne sera plus pareil », « avec moi, les choses vont changer », « C’en est fini des erreurs du passé »… Ah, les beaux discours ! On croirait entendre un amant ayant trompé sa femme des dizaines de fois et qui lui promet que, cette fois-ci, il lui restera fidèle jusqu’à la mort ! Discours amoureux, discours politiques:  même combat ! Les visages changent, bien sûr, mais le cœur humain, lui,reste le même ! Il promet ce qu’il ne peut donner, et souvent, ce qui ne dépend pas de lui.

Et puis cette obsession du « changement », comme si l’homme ne pouvait changer qu’en bien… On retrouve bien ici le mythe du progrès de nos chers illuminés du siècle des Lumières. Les mêmes qui vantent la valeur absolue de la liberté humaine ! Ah, tristes lumières que ceux qui demeurent dans l’obscurité de leur aveuglement.

Après les disciples du « c’était mieux avant », voici les apôtres du « ce sera mieux après » !

Alors oui,  les choses peuvent changer, mais autant en bien qu’en mal. Et oui, les choses peuvent aussi empirer ! Et ce n’est pas parce que nous sommes dans une situation critique que les choses vont nécessairement s’améliorer… Le fond est toujours plus loin qu’on le pense…

Quel changement voulons-nous ? Voilà la question qui mérite d’être posée s’il on veut éviter les divisions et un divorce douloureux. Le reste n’est que promesse, slogan, et poudre aux yeux…

« Au premier grain de passion, il y a un premier grain de fiasco » écrivait Stendhal…

Comme un avertissement…

Mais laissons le dernier mot à Dalida :

 

 

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Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Chers lecteurs, France-Histoire-Espérance vous propose de redécouvrir le fameux discours sur la vocation de la France, prononcé le 13 juillet 1937-dans la chaire de Notre-Dame de Paris-par son éminence le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII. Un discours plus que jamais d’actualité !  « Tandis que dans la majesté des fonctions liturgiques,entouré…

23 septembre 2013

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Nuit de prière pour la France et l'Europe

Nuit de prière pour la France et l’Europe

Lettre de Monseigneur Dominique Rey, évêque de Toulon : « Des liens solides et privilégiés se sont formés depuis le baptême de Clovis, premier roi barbare à embrasser le christianisme romain, entre la France et l’Eglise. Dans son encyclique au titre révélateur, Nobilissima Gallorum Gens, publiée le 8 février 1884, le…

10 mars 2012

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Abbé Iborra :

Abbé Iborra : « En décapitant le roi, on décapitait symboliquement la France »

Extrait de l’homélie de l’abbé Eric Iborra, vicaire de la paroisse saint Eugène, à Paris, prononcée à l’occasion de la messe de requiem pour le défunt roi de France Louis XVI, le 21 janvier dernier :  « Pourquoi assistons-nous à une messe de suffrage si nous pensons, avec le pape Pie…

22 janvier 2014

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10 juin 2015
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Histoire & Culture

10 avril 1814 : Bataille de Toulouse

by adminfhesp 7 juin 2015

En 1814, peu avant l’abdication de Napoléon à Fontainebleau, la France est soumise à des attaques constantes au Nord et à l’Est (Autrichiens, Prussiens, Allemands, Russes…), dans les Alpes (Autrichiens), mais aussi au Sud-Ouest (Anglais, Espagnols et Portugais).

Ainsi, le Maréchal Jean-de-Dieu Soult arrive à Toulouse après avoir retiré son armée d’Espagne lors d’une retraite épuisante et talonné par les Anglo-Hispano-Portugais du Duc de Wellington.

Soult prépare alors activement la défense de la ville, prévoyant de devoir y mener un long siège. Mais il ne reçoit que peu d’aide de la part de la population pour fortifier la ville, ce qui la rend d’autant plus vulnérable. Soult ignore aussi que les Austro-Prusso-Russes sont sur le point d’entrer dans Paris.

Le 10 avril, Wellington arrive, laisse quelques troupes à Saint-Cyprien et contourne la cité après avoir franchi la Garonne. Les troupes ibéro-britanniques s’engagent alors vers la cité toulousaine mais se font repousser une première fois. Wellington lance alors ses Ecossais à l’assaut des Ponts-Jumeaux mais il se fait encore repousser par 300 soldats français et 5 canons très bien disposés.

Le Général britannique décide alors de modifier son axe d’attaque, pour passer par la route de Castres (même si Soult a fait provoquer le débordement de l’Hers) et s’emparer de la Redoute de Cépière et de Jolimont. Les Français tentent de repousser les forces ennemies, ce qui coûte la vie au général Eloi-Charlemagne Taupin. Wellington réussit finalement à prendre Jolimont.

Eloi-Charlemagne Taupin (1767-1814)

Malgré une bonne tactique de défense, le Maréchal Soult doit abandonner Toulouse. Les 11 et 12 avril, il réussit donc à évacuer toute son armée de la cité toulousaine sans coup férir.

Alors, le 12 avril, Wellington peut faire une entrée dans la Ville Rose, sous les acclamations des royalistes.

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Nicolas Jean-de-Dieu Soult, Maréchal et Pair de France, Duc de Dalmatie et « Premier manœuvrier d’Europe »

Nicolas Jean-de-Dieu Soult, Maréchal et Pair de France, Duc de Dalmatie et « Premier manœuvrier d’Europe »

Il reste sans doute l’un des plus grands maréchaux de Napoléon. Malgré plusieurs insuccès en Espagne, il contribua aux plus grandes victoires de l’Empereur. Toutefois, ses inimitiés avec plusieurs autres Maréchaux tels Suchet et Ney, ainsi que ses revirements successifs lors de la Restauration sont aussi restés célèbres. Auguste-Frédéric Marmont disait de Soult…

26 novembre 2013

Dans « Non classé »

Maréchal Honoré Charles Reille

Maréchal Honoré Charles Reille

Honoré Charles Michel Joseph Reille voit le jour le 1er septembre 1775 à Antibes au sein d’une famille bourgeoise. Se sentant une vocation pour la carrière des armes, le jeune Reille entre à quatorze ans seulement comme volontaire au sein de la Garde Nationale d’Antibes. – En 1791, il intègre…

4 mars 2016

Dans « Grande Armée »

Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

– Le Général Jean-Adoche Junot disait de lui : « c’est un brave homme que Ney ; c’est dommage qu’il soit ce que nous appelons un mauvais coucheur. ». Colérique, emporté, orgueilleux mais au courage et à l’intrépidité légendaires, Michel Ney reste sans conteste l’une des personnalités les plus incontournables de la Grande Armée. Même si…

7 décembre 2015

Dans « Grande Armée »

7 juin 2015
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Histoire & Culture

15 février ; fête de Saint Claude La Colombière

by adminfhesp 7 juin 2015

Né le 2 février 1641 à Saint-Symphorien-d’Ozon (province du Dauphiné), fils d’un notaire, il entre dans la Compagnie de Jésus le 25 octobre 1658. En 1674, il est nommé supérieur de la résidence des Jésuites de Paray-le-Monial. Il y rencontre Sainte Marguerite-Marie Alacoque dont il devient le directeur spirituel.


Envoyé comme missionnaire en Angleterre en 1674, il devient prédicateur de Béatrice de Modène Duchesse d’York. Soupçonné de conspiration, il est jeté en prison avant d’être libéré grâce à Louis XIV et à la Duchesse d’York. Mais il est banni d’Angleterre et doit rentrer en France.

– Il a été canonisé en 1992 par Saint Jean-Paul II.

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Les Maréchaux de La Palice et de La Trémoille

Les Maréchaux de La Palice et de La Trémoille

Capitaines de Charles VIII, de Louis XII et de François Ier tombés à Pavie, Jacques II de Chabannes Maréchal de La Palice (ou La Palisse) et Louis II de La Trémoille restent pour autant méconnus. La Palice ayant toutefois (et malheureusement et malgré lui) laissé sa fameuse « vérité » post mortem.…

24 février 2016

Dans « De Louis XI à Henri IV »

Abraham Duquesne Baron d'Indret

Abraham Duquesne Baron d’Indret

Gentilhomme calviniste engagé jeune dans la Marine Royale, Abraham Duquesne Marquis d’Indret, puis Marquis du Quesne, était l’un des plus grands capitaines navals du Grand Siècle. Né entre 1604 et 1610 à Dieppe au sein d’un famille d’armateurs huguenots d’Abraham Duquesne Père et de Marthe de Caux, le jeune Abraham…

2 février 2016

Dans « Grand Siècle »

27 septembre : Fête de Saint Vincent de Paul

27 septembre : Fête de Saint Vincent de Paul

Saint Vincent de Paul (ou Depaul) naît à Pouys* en 1581 dans une famille de paysans pauvres gascons des Landes. Berger dans sa jeunesse, il devient prêtre à dix-neuf ans, précepteur de la famille de Gondi, avant de renoncer à ses bénéfices pour aller évangéliser les campagnes paupérisées. – Curé…

27 septembre 2016

Dans « Figures de l’Eglise »

7 juin 2015
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Histoire & Culture

28 juillet 1914 : Vienne déclare la guerre à la Serbie

by adminfhesp 7 juin 2015

Rappelons tout de suite un point important. Si l’assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand et de son épouse la Comtesse Sophie Sotek a été commandité par un groupe d’officiers serbes nationalistes nommé « La Main noire » (Crna Ruka) et commandés par le colonel Dragutin Dimitrijevic, JAMAIS le Gouvernement Serbe n’a souhaité déclaré la guerre à l’Autriche d’une telle manière.  Le Roi Pierre Ier Karagjeorgjevic (qui a décidé d’abdiquer au profit de son fils Alexandre devenu Régent) et son Premier Ministre le National-Radical Nikola Pasic étaient certes assurés de l’alliance avec la France et la Russie mais souhaitaient pour autant mener une politique de bon voisinage avec l’Autriche-Hongrie en dépit des tensions nées par l’annexion (précipitée) de la Bosnie-Herzégovine à l’Empire central. Seulement, la poudrière que représente les Balkans a dépassé les protagonistes.

François-Joseph et Pierre Ier Karagjeorgjevic

François-Joseph et Pierre Ier Karagjeorgjevic

– L’émotion soudaine provoquée en Autriche-Hongrie incite très vite l’Empereur François-Joseph, soutenu par son gouvernement et son état-major à entamer une politique de fermeté avec Belgrade.
Mais si l’opinion publique veut en majorité une réponse ferme, les Ministres de l’Empereur divergent quant à l’attitude à adopter.

Pour l’instant, conformément aux lignes directrice de la Triplice, Vienne cherche l’appui de Berlin. Or, comme l’a bien montré Charles Zorgbibe dans sa dernière biographie de Guillaume II, celui-ci est d’abord hésitant à lancer son Empire dans une guerre qu’il ne souhaitait pas. En revanche, le Grand Etat-Major impérial commandé par Helmut von Moltke et le Kanzler (Chancelier) Theobald von Bethmann-Hollwegg incitent Guillaume II à soutenir François-Joseph. Lors des Entretiens de Potsdam (5-6 juillet) entre politiques Allemands et Autrichiens, Bethmann-Hollwegg indique à ses interlocuteurs de Vienne que le moment est favorable à une intervention armée. Enfin, von Moltke pousse von Hötzendorff à mener une action armée. Guillaume II déclare par la suite à François-Joseph qu’il « marchera à ses côtés sans reculons ».

– Ainsi, le Conseil de la Couronne du 7 juillet qui tient séance à Vienne voit les avis diverger. Le Comte Leopold Berchtold Ministre des Affaires Etrangères ouvre le feu en prenant position pour une opération armée puisque l’Empereur a l’appui de l’Allemagne. En revanche, le second personnage de l’Empire, le Comte Istvan Tisza Premier Ministre (hongrois) – admirateur de Bismarck – penche pour présenter une note ferme à Belgrade mais avec des conditions acceptables pour s’assurer la coopération du Gouvernement Pasic (alors en pleine crise) et rassurer la Russie quant aux intentions autrichiennes. Le but de la manœuvre serait aussi d’annihiler l’influence néfaste du nationalisme serbe en Bosnie, Croatie et Slovénie. Il est rejoint en cela par le Comte Karl Stürgkh Président du Conseil Autrichien. Mais Berchtold met en avant l’argument qu’une réponse limitée à l’attentat de Sarajevo ne ferait que donner une position de faiblesse à la Double Monarchie. Leon von Bilinski Ministre des Finances et Tuteur de la Bosnie-Herzégovine rapporte l’avis du Général Oskar Potiorek Gouverneur de la province qui explique que les Serbes ne comprennent que la force et qu’il faut donc faire cesser leurs menées.
– Enfin, si une partie du gouvernement opte pour des pressions diplomatiques sur Belgrade, l’Etat-Major Impérial que dirige Franz Conrad von Hötzendorf prêche clairement pour une intervention armée afin de punir la « vipère serbe ».

– Le 8 juillet, Heinrich von Tschirschky Ambassadeur allemand à Vienne fait pression sur les Austro-Hongrois pour démarrer au lancer une expédition militaire au plus vite contre les Serbes. Tisza réagit immédiatement par un communiqué où il demande à Berlin de préconiser une voie modérée.

– Guillaume II et François-Joseph s’inquiètent de l’attitude de la Russie. Nicolas II interviendra-t-il ? Pour l’Etat-Major allemand, une campagne punitive rapide contre les Serbes prendra l’Armée russe de court puisque les services de von Moltke estiment que les troupes du Tsar ne pourront être mobilisées dans des délais restreints.
Au moment même, Saint-Pétersbourg est mis au courant des tensions entre Vienne et Belgrade et fait savoir que la Russie s’opposera à toute menée militaire autrichienne contre l’allié serbe.
Mais ce que ni Berlin ni Vienne ne mesure alors, c’est que les milieux militaires russes et une partie de la Douma incitent eux aussi Nicolas II à adopter une attitude ferme face aux Allemands et aux Autrichiens. Laisser la Serbie isolée face à Vienne serait perçu comme une humiliation pour la Russie, d’autant qu’une telle attitude laisserait les Autrichiens prendre davantage pied vers les détroits de Méditerranée.

– D’autre part, il faut bien garder à l’esprit que la France et la Russie sont très liées par l’alliance contractée en 1893. Et Paris incite Moscou à se montrer ferme vis-à-vis de Vienne, notamment par la bouche de Maurice Paléologue, l’ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg. Seulement, Paléologue est handicapé par un problème technique. En effet, afin d’éviter que les messages diplomatiques français Saint-Pétersbourg – Paris ne soient interceptés par le déchiffrage allemand, il doit faire passer ses messages via Stockholm, ce qui allonge les communications. Ce faisant, le Quai d’Orsay et Matignon sont généralement en retard dans la réception des informations venues des Chancelleries d’Europe.
Du 20 au 23 juillet 1914, Raymond Poincarré Président de la République et le Radical-Socialiste René Viviani, Président du Conseil, se rendent en visite officielle à Saint-Pétersbourg pour assister à des manœuvres militaires russes. Poincarré fait alors de l’ombre à Viviani et en profite pour s’assurer du soutien mutuel des deux puissances. A Saint-Pétersbourg on semble rassuré, Paris tiendra ses engagements.
Lorsque les deux hommes d’Etat français reviennent en France, Viviani ordonne à Joffre de faire reculer l’Armée française à 10 kilomètres de la Frontière avec l’Allemagne afin d’éviter les incidents et de ne pas apparaître comme agresseur. Pendant ce temps, Guillaume II se rend à Kiel pour assister à sa régate estivale qu’il affectionne particulièrement.

– Mais le 23 juillet, assuré du soutien de l’Armée austro-hongroise, François-Joseph et son gouvernement adressent un ultimatum à Belgrade. Véritable pousse-au-crime, il y est stipulé en neuf conditions – et sur un ton volontairement condescendant –  que le Roi Pierre Ier et son gouvernement devront enquêter et arrêter les meneurs de l’attentat du 28 juin, ainsi que leurs présupposés complice. D’autre part, Belgrade devra faire cesser les menées nationalistes antiautrichiennes en Bosnie et en Croatie. Enfin, la police et l’armée royale serbe devront intégrer dans leurs rangs des éléments austro-hongrois pour participer à l’enquête. Vienne veut ainsi pousser Belgrade à rejeter l’ultimatum arguant d’une ingérence étrangère dans ses affaires intérieures. Mais Alexandre, Pierre Ier et Pasic décident d’accepter les huit points de l’ultimatum, soutenus en cela par l‘ambassadeur russe Nikolaï Hartwig (considéré comme un grand ami des Serbes), ainsi que par Sergeï D. Sazonov, Ministre des Affaires Etrangères du Tsar. Ils émettent alors une réserve quant au qui stipule l’intégration de policiers impériaux dans les forces de l’ordre serbes. Pasic propose alors à Vienne qu’une Cour Internationale de Justice examine les conditions. Toujours dans l’espoir d’éviter une escalade, Pasic indique que Belgrade est entièrement prête à coopérer si sa Souveraineté est garantie. Le vieux ministre essuie se retrouve presque isolé car le reste du Gouvernement Serbe et l’Opinion refusent l’ultimatum vécu comme une humiliation, sûrs du soutien des Russes. Pour eux, le Gouvernement n’a rien à voir avec Dimitrijevic et c’est l’Autriche qui est l’agresseur.
– Une enquête est néanmoins menée par la police serbe et aboutit à l’arrestation de Danilo Ilic, un membre du mouvement Jeune Bosnie mais tout lien quelconque avec le gouvernement royal de Belgrade est écarté. Du coup, le 25 juillet, le Régent Alexandre convoque le Voïvode Radomir Putnik pour lui ordonner de mobiliser la petite armée royale.
Pasic remet néanmoins la réponse de l’ultimatum aux Autrichiens mais ceux-ci la trouvent insuffisante et le Gouvernement de Vienne déclare la guerre à la Serbie le 27 juillet. Mais von Hötzendorf obtient qu’elle soit différée le lendemain. En même temps, les relations entre Vienne et Belgrade sont officiellement rompues.

– Le 28 juillet, Guillaume II revient de Kiel et découvre l’ultimatum et sa réception à Belgrade. Là, il incite d’abord Vienne à la pondération malgré la mobilisation générale serbe. Du coup, l’Empereur François-Joseph proclame une mobilisation partielle et non pas générale, pariant que Nicolas II n’interviendra pas. Lourde erreur. Vienne est alors prise d’une fièvre patriotique et la foule se masse enthousiaste devant la Hofburg.

– Mais c’est la décision de Saint-Pétersbourg qui surprend entièrement Vienne et Berlin, malgré les pressions exercées par l’Ambassadeur d’Allemagne Pourtalès à convaincre les Russes de faire pression sur leurs alliés serbes. Et en dépit des estimations du Grand Etats-Major sur la possibilité de l’Armée russe à mobiliser rapidement. Ainsi, dès qu’il apprend la déclaration de guerre de Vienne à Belgrade, Nicolas II sait qu’il ne peut plus reculer, d’autant que les milieux impériaux russes le poussent à entrer en guerre contre Vienne. Le Tsar déclare alors dans un message : « Par-dessus la tête de la petite Serbie, c’est contre la Grande Russie que l’épée autrichienne est tendue ! » Le jour-même, le Tsar décrète la mobilisation dans les principaux Districts Militaires de l’Empire (Saint-Pétersbourg, Moscou, Minsk, Varsovie, Kiev et Kazan).

– Pendant ce temps à Londres, le Gouvernement Liberal d’Herbert Asquith et notamment son Chef du Foreign Office Sir Edward Grey s’inquiètent quant à la tournure. Ne nourrissant aucune sympathie pour la Serbie, les Britanniques ne souhaitaient pas s’ingérer dans un conflit par lequel ils ne se sentent guère concernés. Grey a aussi les pressions des milieux financiers et négociants qui ne sont guère enthousiastes à voir une guerre éclater en Europe.
Mais lorsqu’ils apprennent les conditions émises par Vienne à Belgrade, Asquith et Grey s’émeuvent, les considérant trop sévères. Mais Grey veut encore sauver la paix et propose le 30 juillet une Conférence internationale qui permettrait aux Russes et aux Autrichiens de négocier directement. Mais Guillaume II refuse car Vienne se retrouverait en position minoritaire, ce qu’il ne souhaite pas. Le projet du chef du Foreign Office n’aboutit donc pas et Londres se montre de plus en plus inquiète quant à l’attitude des empires centraux qui menace l’équilibre européen.
Du coup, si George V reste peu clair sur ses intentions devant Poincarré alors en visite à Londres, le First Sea Lord (Premier Lord de l’Amirauté) Winston Churchill décide de placer la Home Fleet en alerte afin d’aider la France si nécessaire.

Le mécanisme des alliances est dès lors nettement enclenché et rien de pourra l’arrêter jusqu’à la déflagration.

Source :
– MILZA Pierre : Les Relations Internationales de 1871 à 1914, Armand Collin
– SCHIAVON Colonel Max : Le Gouvernement de Vienne face à la crise, in Nouvelle Revue d’Histoire, HS N°8 Été 1914. Le suicide de l’Europe, juillet-août 2014.


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Fantassins de 1914 - Les Serbes (4)

Fantassins de 1914 – Les Serbes (4)

Haranguant ses soldats fin 1915 avant l’assaut contre Belgrade, le grand général allemand August von Mackensen affirmait sans ambages : « Soldats, ce ne sont ni des Anglais, ni des Français ni des Russes que nous allons devoir affronter, ce sont des Serbes qui lutteront jusqu’au bout car ils défendent leur terre ! »…

9 mars 2014

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Chronique de la Grande Guerre : les systèmes d'alliances européens

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Maréchal Louis Franchet d'Espèrey, vainqueur de la Campagne d'Orient

Maréchal Louis Franchet d’Espèrey, vainqueur de la Campagne d’Orient

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8 juillet 2016

Dans « Grande Guerre »

7 juin 2015
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Histoire & Culture

Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

by adminfhesp 1 juin 2015

Fils d’un huissier royal, Claude-Victor Perrin voit le jour à Lamarche dans les Vosges le 7 décembre 1764. A dix-sept ans, il s’engage dans l’Armée du Roi et est incorporé comme Tambour au Régiment d’Artillerie de Grenoble. En 1791, il s’engage dans la Garde Nationale et gravit les échelons rapidement. Ainsi, il est Capitaine au Régiment des Volontaires des Bouches-du-Rhône en 1792.

6124 Il combat face aux Anglais lors du siège de Toulon et s’y distingue pour son courage, notamment lors des assauts contre les redoutes du Mont-Faron avec 800 hommes et du Petit-Gibraltar. Grièvement blessé en décembre 1793, il obtient le grade de Général de Brigade sur place grâce aux Représentants en Mission de la Convention Christophe Salicetti et Gasparin. Cependant, il doit attendre 1795 pour que le Directoire lui confirme son nouveau grade.

En 1794, il est versé dans l’Armée des Pyrénées-Orientales avant de passer sous les ordres de Bonaparte dans l’Armée d’Italie en 1796. Jusqu’en 1800, il est detoutes les batailles lors des deux campagnes transalpines (Borghetto, Loano, Peschiera, Ponte San Marco, Cereo, Senio, Porto Legnano, Santa Lucia, Villafranca, Alessandria, La Trébie, Montebello et Marengo). Le Premier Consul lui octroie notamment un sabre d’honneur pour sa bonne tenue à Marengo face aux Autrichiens.

De 1800 à 1804, le Général Victor est nommé Capitaine Général de Louisiane avant de commander l’Armée de Hollande, puis d’être envoyé à Copenhague comme ambassadeur plénipotentiaire. Il ne participe pas à la campagne d’Autriche de 1805 mais est nommé Chef d’état-major du 5e Corps du Maréchal Jean Lannes. A ce poste, il participe aux victoires de Pultusk et Iéna contre les Prussiens. Mais en janvier 1807, le Général Victor est capturé par les hommes du Freikorps de Ferdinand von Schill alors qu’il rejoint Stettin. Retenu prisonnier durant près de deux mois, Victor est finalement échangé contre le Général prussien Gebhard Leberecht von Blücher par Napoléon.
Retrouvant son commandement auprès du Maréchal Lannes, Victor contribue à la victoire de Friedland contre les Russes de Benningsen le 14 juin 1807. Après la signature de la Paix de Tilsit entre Napoléon et le Tsar Alexandre Ier, Victor reçoit son bâton de Maréchal et est nommé Gouverneur de Berlin et de la Prusse et se montre plutôt modéré. Fait Duc de Bellune en septembre 1808, il est envoyé ensuite par Napoléon en Espagne. Au début de l’année 1809, ayant rejoint l’Armée du Roi Joseph, il remporte les victoires d’Espinosa, Uclès et Medellin (avec Lasalle). Cependant, il échoue face au Duc de Wellington à Talavera en juillet.
En février 1810, il commande le siège de Cadix mais est rappelé par l’Empereur pour participer à la Campagne de Russie en 1812. Placé à la tête du 9e Corps. Celui-ci compte la 12e Division de Partouneaux, la 26e de Daendels, la 28e Division de Polonais de Girard, ainsi qu’une Division de Cavalerie Légère de François Fournier-Sarlovèze, formée de 800 hussards et chevau-légers allemands.
Avec 10 000 hommes, Victor forme l’arrière-garde de la Grande Armée afin de retenir les troupes russes du Général Wittgenstein en appui du 10e Corps de Nicolas Oudinot. Victor tient bien sa position face à l’ennemi. La Division de Fournier-Sarlovèze s’illustre particulièrement en lançant charge sur charge contre les troupes du Tsar pour les empêcher d’avancer.

Lors de la Campagne de Saxe de 1813, Victor contribue à la victoire de Dresde contre les coalisés avant de soutenir l’Empereur lors de la dure défaite de Leipzig, ainsi qu’à Hanau.

En janvier 1814, il commande aux maigres forces françaises qui surveillent les frontières d’Alsace et de Lorraine. Malheureusement, avec la chute de Saint-Avold et l’encerclement de Metz, Victor doit se replier sur la Marne, via la Moselle, la Meuse et l’Ornain. Il participe néanmoins aux succès de Brienne, La Rothière, Mormant et Valjouan. Cependant, alors que Napoléon lui ordonne de rejoindre Pajol devant Montereau, Victor préfère reposer ses forces ce qui cause un retard dans son avance  et lui vaut la colère de Napoléon qui le remplace par le Général Etienne-Maurice Gérard. Toutefois, l’Empereur lui pardonne et lui redonne un commandement. Le 7 mars 1814, Victor participe à la bataille de Craonne à la tête de deux Divisions de la Garde Impériale mais est gravement blessé d’une balle dans la jambe et doit bientôt marcher sur des béquilles.

Il se rallie aux Bourbon et est fait Chevalier de Saint-Louis par Louis XVIII et obtient le commandement de la 2nde Division Militaire. Lors des Cents Jours, il reste fidèle au Roi et rassemble ses troupes à Sedan en vue de marcher contre Napoléon. Mais ses soldats l’abandonnent lorsque l’Empereur arrive en vue de Paris. Il doit alors suivre Louis XVIII à Gand. Napoléon tient des mots très durs contre son ancien Maréchal : « Le maréchal, duc de Bellune… fut obligé de fuir déguisé et de passer la frontière …Ce ne fut pas une grande perte pour la France ».

Après Waterloo, Victor reste à la disposition de Louis XVIII et est nommé à la Chambre des Pairs. Il vote notamment pour la condamnation à mort du Maréchal Ney. Il commande la Garde Royale avant de devenir Ministre de la Guerre en 1821. C’est à ce poste qu’il prépare l’Expédition d’Espagne contre les Carlistes. Il commande le Camp de Reims lors du Sacre de Charles X et devient membre du Conseil Supérieur de la Guerre. Cependant, il ne prête pas serment au nouveau gouvernement et se retrouve exclu de la Chambre des Pairs. Lors de l’arrivée au Pouvoir de Louis-Philippe, il refuse de servir la Monarchie de Juillet et se retire.

Il disparaît le 1er mars 1841, épuisé par ses nombreuses blessures reçues auparavant.

Source :
– http://www.napoleon-empire.net


 

 

 

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Général Louis Pierre de Montbrun, cavalier d'Empire

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Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

– Le Général Jean-Adoche Junot disait de lui : « c’est un brave homme que Ney ; c’est dommage qu’il soit ce que nous appelons un mauvais coucheur. ». Colérique, emporté, orgueilleux mais au courage et à l’intrépidité légendaires, Michel Ney reste sans conteste l’une des personnalités les plus incontournables de la Grande Armée. Même si…

7 décembre 2015

Dans « Grande Armée »

1 juin 2015
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Histoire & Culture

Maréchal Louis-Nicolas Davout duc d’Auerstaedt et Prince d’Eckmühl

by adminfhesp 1 juin 2015

Né le 10 mai 1770 à Annoux (actuel département de l’Yonne), fils aîné de Jean-François d’Avout et de Françoise Adélaïde Minard de Velars, Louis Nicolas D’Avout est issu d’une ancienne famille bourguignonne. Destiné à la carrière des armes, en 1785, il part étudier au Collège Militaire d’Auxerre en tant que Cadet-gentilhomme, avant d’être versé comme Sous-lieutenant au Régiment Royal-Champagne-Cavalerie (1788).
En 1789, il embrasse avec enthousiasme la cause de la Révolution, ce qui lui vaut d’être relevé de son commandement. Néanmoins, en 1791, il est élu  Lieutenant-Colonel et se retrouve à commander le 3e Bataillon des Volontaires de l’Yonne. Il change aussi son patronyme en Davout.

Versé dans l’Armée du Nord, puis dans celle de Belgique en 1792, il fait campagne contre les Prussiens et les Impériaux et participe à la bataille de Neerwinden (1793). La même année, il prend parti contre Dumouriez, ordonnant même à son bataillon de faire feu sur lui.
En 1794-1795, il commande une Demi-Brigade en Vendée, puis dans l’Armée des Côtes de l’Océan, ainsi qu’une Brigade de Cavalerie à Brest.
D’abord promu Général de Division dans l’Armée du Nord, Davout refuse cette nomination et se retire un temps en Bourgogne.

De retour à l’Armée du Nord en 1795, Louis Nicolas Davout commande alors à une division avec laquelle il sempare de Mannheim (18 septembre) mais y est fait prisonnier peu de temps après. En 1796, après un échange d’officiers, il attaque avec succès Kehl et Haslach. C’est à ce moment qu’il rencontre le Général Louis-Jean Desaix avec lequel il devient ami. Le 21 avril 1797, toujours à la tête de sa Division, Davout sempare de la correspondance du Général Pichegru dans le fourgon d’un officier du Prince de Condé.
Très vite, Louis Nicolas Davout se forge l’image d’un général sévère, assez austère, froid et parfois peu soigneux de sa tenue mais aussi celle d’un officier droit, honnête et intègre, ainsi que d’un excellent meneur d’homme et d’un redoutable tacticien.

De 1798 à 1800, Davout partie de l’Expédition d’Égypte. C’est Desaix qui le présente au Général Bonaparte. Ce dernier lui donne une brigade de cavalerie, avec laquelle il participe aux combats des Pyramides et d’Aboukir contre les Mamelouks. Davout devient très vite l’un des généraux les plus loyaux et les plus fidèles envers le futur Empereur.
Le 3 juillet 1800, promu Général de Division, il commande la Cavalerie de l’Armée d’Italie (Dragons, Hussards et Chasseurs à Cheval) du Général Guillaume Brune et combat contre les Autrichiens et les Russes de Souvorov.

En 1802, le Général Davout Commande les Grenadiers de la Garde Consulaire.
Le 19 mai 1804, il est élevé à la dignité de Maréchal d’Empire au sein de la première promotion (avec Masséna, Berthier, Augereau, Lannes, Marmont, Mortier), ainsi qu’au grade de Colonel-Général de la Garde Impériale. Il reçoit ensuite le commandement du IIIe Corps, basé à Boulogne avant la campagne de la guerre de Troisième Coalition. Davout à pour chef d’état-major, le Général de Brigade Joseph Daultanne.

Lors de la superbe campagne du Danuble de 1805, Davout participe à la bataille d’Ulm. A Austerlitz, il tient le flanc droit français face aux Russes, à la tête des Divisions Friant (Infanterie) et Bourcier (Dragons).

Mais sa plus belle victoire reste celle d’Auerstädt, complémentaire de celle de l’Empereur à Iéna (14 octobre 1806).  En nette infériorité numérique (27 000 hommes des Divisions Gudin, Friant et Vialannes), Davout bat sévèrement les 43 000 Prussiens de Friedrich-Wilhelm III von Preussen, Karl-Wilhelm von Brunswick et Gebhard Leberecht von Blücher à Auerstaedt.

Le 8 février 1807, Davout mène son Corps dans la sanglante bataille d’Eylau. Doit contenir les attaques des 10 000 hommes d’Anton-Wilhelm von L’Estocq (Prussien).
En 1807-1809, il est nommé Gouverneur du Grand Duché de Varsovie reconstitué par Napoléon, ainsi que des villes Hanséatiques. Réorganise l’Armée Polonaise.
Le 22 avril 1809, il se distingue face aux Autrichiens à Eckmühl ce qui lui vaudra le titre de Prince. Le 23 juin, tenant l’aile droite de la Grande Armée face aux Autrichiens, il sempare du plateau de Wagram après un violent engagement.  La même année, L’Empereur le charge d’organiser le Corps d’Observation de l’Elbe qui devient la Grande Armée avant la campagne de Russie.

En 1812, pour la campagne de Russie, le Maréchal Davout Commande le Ier Corps de la Grande Armée contre les Russes. Le 23 juillet 1812, il vainc Piotr Iv. Bagration à Moghilev mais ne parvient pas à encercler les forces russes. Le 7 septembre 1812, il est blessé à la Moskowa (Borodino pour les Russes). Avec plusieurs officiers, il tente de convaincre Napoléon d’envoyer la Garde contre les redoutes russes mais Napoléon préfère lancer les cuirassés de Caulaincourt.
Les 15-18 septembre 1812, Davout réussit à empêcher son Ier Corps de se faire écraser par les troupes de Mikhaïl Il. Koutouzov et les Cosaques de Mikhaïl An. Milodarovitch.

En 1813, lors de la Campagne d’Allemagne, Louis-Nicolas Davout tient victorieusement le siège de Hambourg face à 80 000 coalisés Prussiens, Russes et Suédois. Sa résistance lui vaudra le surnom de « la bête de Hambourg ».

En 1814, lors de la Restauration, Davout se retire à Savigny-sur-Orge. Rappelé lors des Cent Jours ; il est nommé Ministre de la Guerre par Napoléon, en vue de préparer la campagne de Belgique. Il se montre un ministre énergique et efficace mais manque cruellement sur le terrain. Le 1er juillet 1815, le Maréchal invaincu mène sa dernière bataille à Rocquencourt avec l’aide de Rémy Joseph Exelmans.
Le 2 juillet 1815, il Signe la Convention de Paris à Saint-Cloud, stipulant que l’Armée Française devait se retirer derrière la Loire. Ensuite, Davout se retire. Il ne refera qu’une apparition pour défendre le Maréchal Ney à son procès.

En 1818, le Maréchal Davout se rallie à la Restauration et entre à la Chambre des Pairs.
Élu Maire de Savigny-sur-Orge en 1822, il exerce son mandant durant à peine un an, avant de succomber à une phtisie pulmonaire. Son fils Napoléon-Louis lui succédera dans cette charge.

Louis-Nicolas Davout est enterré au Cimetière du Père Lachaise. Il reste incontestablement l’un des meilleurs tacticiens de la Grande Armée.

1 juin 2015
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Histoire & Culture

Vins du Roussillon 2 – Maury

by adminfhesp 28 mai 2015

Appellation reconnue depuis 1972, le vin de Maury produit presque exclusivement des rouges doux naturels. Son vignoble couvre 1 700 hectares accrochés à de petites collines, à trente kilomètres au nord de Perpignan, au pied du château cathare de Queribus.
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Le nom de même de Maury vient d’Amariolas ou Amarioles, terme qui signifie « Terre Noire ». Cela indique que le vignoble se développe sur des sols formés de Marnes schisteuses noires, les pelites.
Du point de vue des cépages, le grenache noir domine très nettement (50% au minimum, parfois 100%) avec du Grenache gris, du Grenache blanc, du Macabeu, de la Malvoisie et du Muscat.

Pour les vignerons du Roussillon, produire des vins doux naturels nécessite des condition presque draconiennes : teneur en sucre des raisins doit équivaloir à 252 g/l, rendement limité à 28 hectolitres/hectare, seuls les cépages mentionnés plus haut sont autorisés, élevage de douze à trente mois. Ces éléments donnent un beau vin de garde que l’on peut conserver jusqu’à trente ans pour les meilleures années.

La production des vins doux naturels implique un procédé spécial. Celui-ci consiste à arrêter la fermentation par ajout d’alcool neutre d’origine vinique tirant 96% de volume d’alcool. Cette opération est réalisés à mi-fermentation pour conserver 54-125 g/l de sucres naturels.
maury-collection-les-vignerons-catalans-2004La robe des Maury révèle un rouge rubis dense qui est paré de reflets tuilés puis d’acajou dans la vieillesse. Du point de vue des arômes, le Maury jeune délivre une palette composée de griotte, de mûre et de baies. Avec l’âge, le vin prend des notes plus épicées, de fruits secs et confits, de pruneaux, de cire, de cacao, de torréfaction et de cavé. A l’instar des Banyuls, le vin devient rancio.
En bouche, la jeunesse fait état d’un vin chaleureux, charpenté et tannique agrémenté de notes de fruits croquants et de cerise. L’âge lui donne de jolies notes de fruits mûrs, de pruneau, de fruits à l’eau-de-vie, de café, de torréfaction, de cacao et de noix. En outre, le vin devient plus doux et plus rond.

Les Maury sont à déguster entre 13 et 16°C. Jeunes, on les sert sur du melon (frais) et des desserts aux fruits rouges (salades, mousse, Bavarois, Charlotte…). Plus âgé, on le sert volontiers sur du foie gras (aux figues, chaud, poêlé), du civet de langouste, de la canette aux fruits, du tournedos de boeuf au Roquefort, des fromages à pâte persillée (Roquefort, Bleu d’Auvergne, Fourme d’Ambert, Bleu de Bresse et Bleu des Causses) des gâteaux au chocolat ou au café (tartes, charlotte, forêt noire, moka, sachertorte, bûches de Noël), des mousses au chocolat et des tartes tatins aux figues.

Recommandations personnelles :
– Domaine du Mas Amiel
– Domaine de Lauriga (Vigneron Indépendant).

Sources :
– Dictionnaire des vins de France, Hachette, coll. Les Livrets du vin
– http://www.platsnetsvins.com

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Vins du Rhône - Rasteau

Vins du Rhône – Rasteau

On connaît beaucoup les vins du Rhône pour leurs bons et grands rouges, ainsi que pour le Muscat de Beaumes-de-Venise mais on connaît bien moins les vins doux produits non loin d’Avignon. Or, si les Rasteau n’ont pas la renommée de leurs « cousins » du Roussillon, Banyuls et Maury, ils n’en valent…

28 février 2014

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Les Côtes du Roussillon

Les Côtes du Roussillon

Après les Banyuls et les Maury, je vous propose de partir à la découverte des autres vins du Roussillon, moins connus mais tout aussi intéressant et appréciables. Situé entre le massif des Corbières et la frontière espagnole, au pied du Mont Canigou (Pyrénées Orientales), le vignoble des Côtes du Roussillon…

16 janvier 2014

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Vins pour Noël : les Banyuls

Vins pour Noël : les Banyuls

Issu d’une terroir prestigieux, l’AOC Banyuls – et Banyuls Grand Cru – reconnue en 1936, s’étend sur 1 150-1 560 hectares ce qui limite la production à environ 25 000 – 28 000 hectolitres par an. Le vignoble de Banyuls existe depuis 1285 lorsque des chevaliers Templiers décident de planter des vignes dans…

8 décembre 2015

Dans « Cuisine et vins »

28 mai 2015
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Histoire & Culture

Napoléon III ; empereur mal aimé et méconnu – Troisième partie

by adminfhesp 28 mai 2015

4 – LA CHUTE D’UN EMPIRE SOLIDE A L’INTERIEUR

C’est tout le paradoxe du Second Empire. En 1869, malgré les menaces de guerre, le pouvoir impérial bénéficie encore d’une assise populaire considérable, d’autant plus que Napoléon III a lancé une série de réformes politiques et sociales qui orientent le régime vers un plus grand libéralisme.

Napoléon III et Otto von Bismarck après la capitulation de Sedan

Napoléon III et Otto von Bismarck après la capitulation de Sedan

1 – L’Empire Libéral

– Avec la défection des catholiques et des milieux de droite au sujet de la question Romaine, l’Empereur va donc chercher des alliés au centre et sur sa gauche. Comme nous l’avons vu pour les ouvriers, Napoléon III desserre l’étau en ce qui concerne le droit d’association et de réunion, comme la censure de la presse. Mais gardons à l’esprit que l’Empereur peur aussi se permettre de faire des concessions car son règne est alors brillant car marqué par le développement économique et un prestige certain en Europe.

– Du point de vue politique, le décret du 2 novembre 1860 confirmé par Sénatus-consultes (2-3 février 1861) modifie la Constitution de 1852 dans un sens moins autoritaire. Ainsi, le Sénat et l’Assemblée recouvrent leur droit d’Adresse au Ministre.
Les élections du 31 mai 1863 voient donc une évolution. Si les candidats officiels conservent la majorité à l’Assemblée, ils perdent néanmoins des sièges au profit de candidats Républicains. Une nouvelle coalition se forme au centre avec des Républicains modérés ralliés à l’Empire et les Bonapartistes Libéraux (le « Tiers Parti »). Républicains avancés, Socialistes, Bonapartistes autoritaires, Monarchistes des deux obédiences et Catholiques forment les deux ailes de l’opposition.

– Après un remaniement ministériel où Napoléon III appelle à lui des réformistes comme Victor Duruy (Instruction publique), Louis Behic (Agriculture Commerce et Travaux Publics) et Paul Boudet (Intérieur). En 1867, l’Empereur fait passer des « réformes utiles » en faveur de la liberté de la presse et des réunions électorales.
En 1869, ne nouvelles élections législatives ont lieu. Si les Républicains restent dans l’opposition, ils sont toutefois consolidés de plus de 3,3 millions de voix contre 4,6 millions aux candidats bonapartistes. Napoléon appelle nomme Emile Ollivier Premier Ministre. En plus de prendre le portefeuille de la Justice, Ollivier appelle des hommes nouveaux tels Félix Parieu (Présidence du Conseil d’Etat), Charles Louvet (Agriculture et Commerce), Napoléon Daru (Affaires érangères), Rigault de Genouilly (Colonies – premier ministère de ce type) et Eugène Valdrome (Intérieur).
La même année, Ollivier soumet à l’Empereur un projet de plébiscite qui serait soumis au peuple afin de proposer un régime semi-parlementaire qui verra l’abandon du système des candidatures officielles. Les Républicains et les Monarchistes appellent à voter « non » mais l’habile manœuvre de Napoléon III et de son Premier Ministre porte ses fruits puisque plus de 7 millions de Français approuvent le projet de loi. L’Empereur se serait écrié avec satisfaction : « J’ai mon chiffre ». Dans l’autre camp, le député Léon Gambetta lâche amer : « Il n’y a plus rien à faire en politique ! ».


2 – La Guerre franco-prussienne

– Sans trop entrer dans les détails, voyons comment Napoléon III en est venu à devoir déclarer la guerre à la Prusse, alors qu’il ne le voulait pas. En 1866, le Royaume de Prusse de Guillaume Ier sort vainqueur de la guerre contre l’Autriche-Hongrie lors de la bataille de Sadowa. Grâce à l’énergique chancelier Otto von Bismarck, les anciens États nés de la fragmentation de la Confédération du Rhin s’unissent à Berlin, ainsi que la Bavière. S’il regarde ses évènements en spectateur, Napoléon III s’inquiète. Pour gagner du temps, il tente de se concilier avec Bismarck (entrevue de Biarritz en 1865) par la maladroite « politique des pourboires ». Souhaitant maintenir un équilibre entre puissance des deux côtés du Rhin, l’Empereur émet l’idée de reconnaître l’unité allemande par Berlin contre une possible annexion de la Belgique et du Grand-Duché de Luxembourg. L’Empereur peut espérer une issue en cette faveur car Guillaume III de Hollande Souverain du Luxembourg accepte une compensation financière de 5 millions de florins. Mais la manœuvre s’avère un marché de dupes puisque l’annexion du Luxembourg est subordonné à l’accord France-Prusse et non contractée de façon bilatérale en France et Pays-Bas. Pis encore, de façon aussi rusée que retorse, Bismarck fait connaître l’accord en question en sachant pertinemment que l’opinion allemande ne saurait l’accepter. Le chancelier gagne son pari et l’annonce des accords secrets provoque une levée de boucliers de l’opinion allemande devenue particulièrement belliciste. L’opinion française répond de la même manière, ce qui force l’empereur à décréter la mobilisation. Toutefois, la Grande-Bretagne présente sa médiation. La Crise du Luxembourg est résolue grâce au Second Traité de Londres (1867) qui entérine la neutralité du Grand-Duché.
La maladresse diplomatique française provoque l’isolement de Paris car l’Autriche ne digère pas l’abandon de Maximilien au Mexique, la Russie garde rancune du soutien français à la révolte polonaise à Varsovie et le Parlement britannique voit d’un mauvais œil les ambitions territoriales de l’allié français.

– Les tensions avec la Prusse conduisent Napoléon III à lancer en toute urgence un programme de réforme de l’Armée française. Comme le dit Jean Tulard en dépit des succès en Crimée ou en Cochinchine, les soldats impériaux ont montré « davantage de bravoure que d’efficacité », en particulier au Mexique. Napoléon III remplace le Maréchal Randon par l’énergique Maréchal Adolphe Niel. Sur deux ans, Niel accélère le programme de modernisation de l’armement (très bon fusil Chassepot, prototypes de mitrailleuses). Adolphe Niel fait aussi voter une loi à l’Assemblée obligeant les hommes non exonérés à incorporer les Gardes mobiles (sauf les ouvriers spécialisés dans l’armement). Malheureusement, en dépit de son énergie, Niel rencontre une violente opposition des parlementaires et de l’opinion publique. Un de ses collègues lui lance un jour : « Monsieur le Maréchal, vous voulez faire de la France une caserne ! » Niel lui répond : « Vous ne voulez pas en faire une caserne, prenez-garde de ne pas en faire un cimetière ! ».
Malheureusement, Niel meurt subitement en 1869 de la maladie de la pierre. Il est remplacé par le Général Edmond Le Bœuf.

– Les tensions entre la France et la Prusse s’aggravent encore en 1870 en raison de la crise de succession d’Espagne. Le trône du vieux royaume est vacant depuis le coup d’Etat du Général Prim y Prats en 1868. Berlin propose alors un candidat, Léopold von Hohenzollern-Sigmarigen. Paris s’alarme alors de cette candidature car elle craint un encerclement de ses frontières à l’est et au sud. Napoléon III décide alors de négocier avec Guillaume Ier. L’entrevue entre l’ambassadeur de France Benedetti et le Roi de Prusse à lieu à Ems. Les négociations sont fermes mais cordiales. Léopold annonce même qu’il va retirer sa candidature. Benedetti attend la réponse de Guillaume Ier qui arrive le 13 juillet sous la forme de la fameuse dépêche d’Ems, en fait un communiqué cinglant et humiliant pour la diplomatie française rédigé par Bismarck lui-même qui veut pousser la France à la guerre. La manœuvre fonctionne à plein, donnant lieu à une flambée nationaliste et germanophobe à Paris. Au sein du Gouvernement, les avis sont partagés. L’Empereur aurait voulu éviter l’entrée en guerre, Ollivier n’y est absolument pas favorable mais Daru va dans le sens de l’opinion publique.
Finalement, le 14 juillet 1870, Napoléon III déclare officiellement la guerre à la Prusse et décrète la mobilisation. Le 15, Le Bœuf alors chef du Cabinet de Guerre déclare devant les Ministres et les Députés réunis à l’Assemblée : « Nous sommes prêts et  archiprêts. La guerre dût-elle durer deux ans qu’il ne manquerait pas un seul bouton de guêtre à nos soldats. » Le Bœuf est ce jour-là, bien en-deçà de la réalité.

– La conduite de la guerre par le Maréchal Bazaine et l’Empereur glisse ensuite vers le désastre face à une armée prussienne mieux commandée, disposant d’une meilleure logistique et d’une bien meilleure artillerie. En dépit de la bonne conduite au feu d’unités françaises comme l’Infanterie de Marine à Bazeilles où la cavalerie à Reichshoffen, le gros de l’Armée Impériale se fait piéger par von Moltke à Sedan et dans Metz (Bazaine). Le 2 septembre 1870, Napoléon III capitule devant Bismarck à Sedan avec tous les généraux, officiers et hommes du rang qu’il a sous ses ordres.

3 – La chute et l’exil

Le 4 septembre, la foule parisienne envahit le Palais Bourbon et un Gouvernement provisoire avec Gambetta et Jules Simon comme, proclame la IIIe République. L’Impératrice s’enfuit en Angleterre. Les provinces  ne bougent en majorité qu’assez peu, exception faite de la Corse, de la Charente, du Puy-de-Dôme où des partisans de l’Empereur tentent de tenir les villes. Napoléon III espère revenir au pouvoir malgré son discrédit mais Gambetta le prend de vitesse en faisant voter la dissolution des Conseils Généraux, certains étant encore aux mains de partisans de l’Empereur. Enfin, le 1er mars 1871, le Gouvernement alors réuni à Bordeaux vote la déchéance de la Famille Impériale.
Le 19 mars, Bismarck fait libérer Napoléon III qui est forcé de rejoindre son épouse et son fils en Grande-Bretagne. La famille impériale s’installe à Chislehurst. Les relations amicales nouées avec Victoria compteront beaucoup. La Reine d’Angleterre leur rendra régulièrement visite. Gravement atteint de la maladie de la pierre, Napoléon III passe le restant de sa vie à écrire et à recevoir des dignitaires britanniques.
Il s’éteint le 9 janvier 1873 suite à une opération de la vessie qui s’avère fatale. Lors de ses obsèques, 60 000 français traverseront la Manche pour lui rendre hommage. Il repose toujours à St Michael’s Abbey, devenu Monastère bénédictin conformément à la volonté d’Eugénie.
Un homme politique anglais, Lord Thomas Newton a laissé cette impression pertinente de l’Empereur déchu : « Si la carrière de Napoléon III s’était achevée en 1862, il aurait probablement laissé un grand nom dans l’Histoire et le souvenir de brillants succès ».

Sources :
– LAHLOU Raphaël : Napoléon III ou l’obstination couronnée, Pierre Giovanangeli éditeur
– MILZA Pierre : Napoléon III, Perrin, Paris
– GIRARD Louis : Napoléon III, Fayard, Paris
– TULARD Jean (Dir.) : Dictionnaire du Second Empire, PUF, Paris

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Histoire & Culture

Falaises d’Etretat

by adminfhesp 27 mai 2015

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Aragon : « Je vous salue ma France »

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Histoire & Culture

11 juin 1430 : Victoire d’Anthon

by adminfhesp 25 mai 2015

11 juin 1430 : Victoire d’Anthon

Passée dans l’oubli, la victoire d’Anthon, remportée par Raoul de Gaucourt fut en cela importante qu’elle décida de l’avenir de la Province du Dauphiné. Celle-ci allait-elle s’ancrer définitivement dans le Royaume de France ou bien passer dans l’orbite bourguignonne ?

Armoiries de Raoul de Gaucourt : Figurant à tort deux dauphins adossés
au lieu de bars ou de barbeaux

– Durant les années 1420, la province du Dauphiné est convoitée par trois couronnes :
celle du Roi de France Charles VII, celle du Prince d’Orange, Louis de Chalon, vassal du Duc de Bourgogne dont les possessions s’étendent sur l’actuelle Franche-Comté et enfin, par celle du Duc de Savoie Amédée VIII. Or, le plus actif des trois reste Louis de Chalon même si Amédée VIII l’appuie dans ses velléités annexionnistes pour mieux se servir de lui.

– Entre 1427 et 1428, profitant de l’état de faiblesse du Royaume de France, Louis de Chalon fait passer le Rhône à ses routiers qui chassent les quelques garnisons delphinales pro-françaises qui occupaient les châteaux d’Anthon, du Colombier et de Saint-Romain, pendant que Jehan Grand et Antoine Ferrières, hommes de main du Prince d’Orange, mettaient en geôles plusieurs administrateurs dauphinois.

– Sauf que dans un sursaut d’énergie, Charles VII entend bien mettre la main sur le Dauphiné et y envoie Raoul de Gaucourt (1371-1462), un vieux et vaillant soldat. Ce dernier arrive à la tête d’une armée, forçant ainsi Chalon à quitter les forteresses dont ils s’était emparé et à libérer les administrateurs prisonniers. Gaucourt repart alors avec ses gens vers la vallée de la Loire pour participer à la défense d’Orléans. Louis de Chalon en profite alors pour revenir en Dauphiné et fait fortifier le château d’Anthon durant l’hiver 1429-1430. Chalon réussit même à convaincre le puissant Duc de Bourgogne, Philippe le Bon, de l’aider à prendre le Dauphiné. Le Duc consent en effet à lui prêter des hommes d’armes et rompt même la trêve fragile qu’il avait contracté avec Charles VII.
Ceci dit, ce dernier qui vient juste d’être sacré à Reims ne cherche pas à négocier et accepter le combat. En mai 1430, il renvoie donc le fidèle Gaucourt en Dauphiné en lui octroyant de titre de Gouverneur. Le coup est plutôt bien joué de la part du Roi de France car Gaucourt peut réunir les États du Dauphiné à Vienne qui votent sans tarder un subside de guerre. Une petite armée est alors levée et placée sous les ordres du Baron Hugues II de Maubec. De plus, Gaucourt reçoit l’appui de Humbert de Grolée Sénéchal du Lyonnais, ainsi que des Lombards et Milanais de Georges Bois et Burnon de Caqueran Seigneur de Saint-Georges-d’Espéranche. Gaucourt réussit même à rallier contre rétribution, le sinistre routier aragonais Rodrigue de Villandrado, connu pour passer facilement d’un camp à l’autre, qui avait établi son camp non loin de Vienne.

– Ayant réuni en tout un petit Ost de 1 600 piétons, archers, arbalétriers et cavaliers, Gaucourt décide de frapper vite. Le 27 mai 1430, il s’empare de la forteresse d’Auberive et onze jours plus tard, le 7 juin, il chasse les orangistes du château de Pusignan. Le 9 juin, après avoir dû reporter deux fois son attaque en raison du temps exécrable, le capitaine français décide de s’emparer du château de Colombier. Louis de Chalon, qui venait de passer le Rhône, ne peut alors savoir que ses troupes ne contrôlent plus qu’Anthon. Voulant voir ce qui se passe à Colombiers, il refoule des Milanais de Caqueran qu’il trouve sur son chemin. Comprenant que l’armée du Dauphiné n’est guère loin, il décide de se porter à sa rencontre.

– Le 11 juin, après avoir entendu la messe, Gaucourt est informé de l’arrivée de Chalon et de ses 4 300 routiers. Conscient de son infériorité numérique, il décide d’éviter la bataille rangée. Au lieu de cela, il dissimule ses piétons dans le Bois des Franchises qui borde le chemin menant à Colombier, ainsi que le croisement dudit chemin avec la route Lyon-Crémieu. De plus, depuis l’attaque de Colombier, Raoul de Gaucourt avait reçu l’aide de Sibuet de Rivoire Châtellain de Crémieu qui était venu avec des bombardes. Pendant ce temps, Villandrado se poste à l’orée du bois pour couper toute retraite aux orangistes (Matthieu Thomassin).
Le 11 juin 1430 à 13h00, l’embuscade réussit. Les traits dauphinois et français trouent les rangs de Louis de Chalon, d’autant plus le grondement des bombardes de Rivoire effraie les montures orangistes, ajoutant à la panique. Chalon veut alors reculer mais il se retrouva prit en étau entre Gaucourt et Villandrado qui avait surgit par derrière. Si le gros des orangistes réussit à prendre la fuite et à repasser le Rhône, trois-cents d’entre eux jonchent les bois et le chemin de Colombier. Selon les chroniqueurs de l’époque, cela n’empêcha point la châtellenie de Crémieu d’organiser un marché le lendemain durant lequel 1 200 chevaux harnachés seront vendus.

-La victoire de Gaucourt fut un incontestable succès pour le Royaume de France qui peut définitivement prendre pied dans le Dauphiné et s’assurer le contrôle de moyenne vallée du Rhône. Comprenant que son cousin Charles VII, qu’il appelait avec mépris et détestation le petit Roi de Bourges, est plus fort qu’il l’entend, Philippe le Bon n’entreprend plus rien dans cette région par vassal interposé. Il va même jusqu’à retirer les privilèges, l’Ordre de la Toison d’Or et les terres qu’il avait octroyé à Louis de Chalon. Autre grande perdante, la Maison de Savoie qui avait caressé l’espoir de prendre le Dauphiné. Amédée VIII décidera de se reporter plutôt vers l’Italie. De son côté Raoul de Gaucourt se verra confirmé le titre et la fonction de Gouverneur de Dauphiné.

Sources :
– http://old.citadelle.org/magazine-3-31-La-Bataille-d%27Anthon-%2811-juin-1430%29.cfm
– MINOIS Georges, La Guerre de Cent Ans, Perrin, 2007

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Raoul VI de Gaucourt

Raoul VI de Gaucourt

– Il était l’un des doyens parmi les Capitaines de Sainte Jehanne d’Arc à Orléans. Né vers 1370-1371, fils de Raoul V de Gaucourt Bailli de Rouen et de Marguerite de Beaumont fille de Jehan de Beaumont Seigneur de Luzarches, Raoul de Gaucourt – Seigneur d’Hargicourt et de Maisons-sur-Seine -…

10 juin 2016

Dans « Epoque médiévale »

22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

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Souverain passé à la postérité comme étant le « Petit Roi de Bourges qui a trahi Jehanne d’Arc » , dénigré par les historiens de la IIIe République, il apparaît très souvent comme un monarque effacé sinon insignifiant, coincé avec son père Charles VI le Fou entre les grands règnes…

22 juillet 2016

Dans « Bas Moyen-Âge et Guerre de Cent Ans »

7 avril 1498 : Mort de Charles VIII à Amboise

7 avril 1498 : Mort de Charles VIII à Amboise

Charles VIII fait partie de ces Rois de France dont on préfère retenir la mort que le règne. Pourtant, aussi court fut-il, son règne a été marqué par des victoires militaires lors de la Première Guerre d’Italie. – Fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, il n’a que…

7 avril 2016

Dans « Non classé »

25 mai 2015
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Histoire & Culture

26 mars 1807 ; création de l’Arme du TRAIN

by adminfhesp 24 mai 2015

Afin d’améliorer le ravitaillement de sa Grande Armée en campagne, Napoléon Ier signe un décret créant les équipages des Troupes de Ravitaillement de l’Armée Impériale Napoléonienne (TRAIN).

A l’époque, il s’agissait des chariots tirés par les bœufs chargés d’acheminer le ravitaillement et les munitions aux troupes positionnées à l’avant.

Il faudra seulement attendre l’année suivante pour que l’Empereur octroie un étendard à sa nouvelle Arme.

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6 mars 1204 : Prise de Château-Gaillard par Philippe Auguste

6 mars 1204 : Prise de Château-Gaillard par Philippe Auguste

– Cet épisode nous est parvenu à travers les lignes de « La Philippide », chronique apologétique du septième Roi capétien rédigée de la plume de Guillaume Le Breton. Construite au-dessus des Andelys (actuel département de l’Eure) par Richard Cour de Lion en 1198 afin de surveiller les accès au Duché de Normandie par…

6 mars 2016

Dans « Epoque médiévale »

29 septembre 1918 : Front d'Orient, victoire oubliée des « Jardiniers de Salonique »

29 septembre 1918 : Front d’Orient, victoire oubliée des « Jardiniers de Salonique »

Si la campagne des Balkans de 1915-1918 et l’histoire de l’Armée Française d’Orient ont aussi peu fait l’objet de productions littéraires, c’est que ce théâtre d’opérations a longtemps reçu l’opposition de bon nombre de milieux politiques et militaires français et britanniques. Et cela, en raison des pertes énormes encourues aux…

29 septembre 2016

Dans « Grande Guerre »

18 août 1304 : Victoire de Philippe le Bel à Mons-en-Pévèle

18 août 1304 : Victoire de Philippe le Bel à Mons-en-Pévèle

Après les graves déconvenues des Mâtines de Bruges et de Courtrai, Philippe le Bel décide de laisser son vassal le Comte Guy de Flandres chercher à rétablir la paix entre son autorité et les Cités flamandes tendant à s’émanciper autant du point de vue politique et économique. Mais le Roi…

18 août 2015

Dans « Non classé »

24 mai 2015
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Histoire & Culture

20 septembre 1946 : disparition de Raimu

by adminfhesp 20 mai 2015

– Celui qu’Orson Welles considérait comme « le plus grand acteur de tous les temps » est   né Jules Auguste César Muraire à Toulon en 1883, élève très difficile, il trouve sa vocation au théâtre et dans les music-hall. Après avoir été réformé de l’Armée en 1915 suite à un ensevelissement au front, il connaît ses premiers succès sur les planches. Dans les années 1920, grâce à son ami Marcel Pagnol, il triomphe au théâtre grâce à sa voix aussi puissante que reconnaissable.
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– Incontournable vedette populaire, Raimu rencontre un autre succès devant les caméras, en interprétant les pièces de théâtre qu’il a l’habitude de jouer, notamment celles écrites par Pagnol. Citons dans sa filmographie : « La trilogie marseillaise (« Marius », « Fanny » et « César ») », « Tartarin de Tarascon » (R. Bernard), « Gaspard de Bresse » (A. Hugon), « Le secret de Polichinelle » (A. Berthomieu), « La chaste Suzanne » (Berthomieu), « Le fauteuil 47 » (F. Rivers), « Les nouveaux riches » (Berthomieu), « La femme du boulanger », (M. Pagnol) « Noix de coco » (J. Boyer), ou encore « La fille du puisatier » (Pagnol), tourné juste au après la défaite de 1940.

– Lors de l’Occupation, Raimu fait comme l’écrasante majorité de ces collègues poursuit son travail d’acteur. La Continental (maison de production allemande) le sollicite pour « Les inconnus dans la maison ». Réalisé par Henri Decoin, il y incarne avec brio un juge alcoolique. Néanmoins, il décline plusieurs offres de la Continental pour honorer d’autres contrats. Ainsi, il tourne « Les petits riens » (R. Leboursier), « L’Arlésienne » (M. Allégret), « Le bienfaiteur » (Decoin) et « Le Colonel Chabert » (R. Le Hénaff). Il est également reçu comme Pensionnaire de la Comédie française en 1943.

– Après la Libération, il n’est pas inquiété. Il tourne « Untel père et fils » de Duvivier, « Les gueux aux parais » (R. Le Hénaff) et « L’homme au chapeau rond » (P. Billon).
Il succombe à une crise cardiaque le 20 septembre 1946, alors qu’Orson Welles voulait lui rendre visite. Ses obsèques sont l’occasion d’un immense hommage populaire et de la part des professions du spectacle français. Son oraison funèbre est prononcée par Marcel Pagnol, son ami de toujours.

 

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4 janvier 2016 : Disparition de Michel Galabru

4 janvier 2016 : Disparition de Michel Galabru

– Né au Maroc en 1922, ce fils d’un ingénieur des Ponts-des-Chaussées effectue sa scolarité chez les Jésuites de Montpellier. Son père le destine au Droit mais le jeune Michel préfère le théâtre. Sa vocation sera interrompue par sa réquisition au STO qui l’emmène  d’Allemagne et la Yougoslavie. – Il…

4 janvier 2017

Dans « Arts et lettres »

26 février 1971 : Disparition de Fernandel

26 février 1971 : Disparition de Fernandel

« Moi on m’admire, vous on vous aime » lui avait un jour dit Sacha Guitry. Il est bien vrai que Fernandel fut aux yeux du grand public français, l’un des artistes les plus populaires, tant sur la scène qu’à l’écran. Comme Bourvil, il était autant spécialisé dans la chanson (surtout dans…

26 février 2016

Dans « Arts et lettres »

16 août 1972 : disparition de Pierre Brasseur

16 août 1972 : disparition de Pierre Brasseur

– Né en 1905, de son vrai nom Pierre-Albert Espinasse, père de Claude Brasseur et grand-père d’Alexandre, Pierre Brasseur était célèbre autant devant la caméra que sur les planches. Touché par le monde du spectacle par sa mère, Germaine Brasseur, il étudie au Conservatoire de Paris, puis au Conservatoire Maudel.…

16 août 2016

Dans « Arts et lettres »

20 mai 2015
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Histoire & Culture

19 septembre 1691 : Victoire de Leuze (guerre de la Ligue d’Augsbourg)

by adminfhesp 13 mai 2015

Lors de la Campagne des Flandres démarrée en mars 1691 qui voit la prise de Mons, François-Henri de Montmorency-Bouteville Maréchal de Luxembourg et le Prince Guillaume III d’Orange rivalisent d’esquives sans s’affronter. Finalement le Prince d’Orange repart en Angleterre sans avoir affronté le Tapissier de Notre-Dame.

Le commandement de l’Armée coalisée revient alors au 

Prince Frédéric-Georges de Waldeck qui est déjà à la tête des Impériaux et des Hollandais. Lui et Luxembourg se sont déjà affrontés à Fleurus, la victoire étant revenue au Maréchal de Louis XIV.

Alors qu’il s’apprêtait à quitter les Provinces-Unies après le départ de  Guillaume III d’Orange pour l’Angleterre, le Prince Waldeck positionne son armée entre Ath et Bruxelles. Le Maréchal de Luxembourg s’ancre le long de l’Escaut entre Pont-de-Laye (nord – gauche) et Hérinnes (sud – doite). La protection des convois de ravitaillement du Maréchal de Luxembourg sont assurés par Mr. de Villars, avec quatre Bataillons d’Infanterie, (2 du Régiment du Roussillon, 1 du Régiment de Dauphiné et 1 du Régiment de Saint-Laurent).

Grâce à Villars et aux agents dont il dispose dans la région, le Maréchal de Luxembourg apprend que Waldeck vient camper à Leuze, près de Tournai. 400 Cavaliers (200 Gardes du Corps et 200 Dragons) commandés par Mr. de Marcilly, un lieutenant de Villars, sondent les lignes adverses et repèrent les mouvements de troupes ennemies vers le nord-est. Luxembourg comprend que Waldeck tente se redéployer au nord-est, vers Cambron.

Le Maréchal français décide de se porter contre Waldeck avec la Cavalerie de la Maison du Roi, élite de l’Armée Royale. Celle-ci compte les Gardes du Corps, les Gendarmes du Roi,  les Chevau-Légers, les Compagnies des Mousquetaires (Gris et Noirs) et la nouvelle Compagnie des Grenadiers à Cheval. Ce dernier se distingue des autres unités de Cavalerie par le port de la moustache et l’origine plus modeste de ses officiers et soldats. Luxembourg peut compter aussi sur le renfort de la Gendarmerie de France, des Dragons de Tessé (Mestre de Camp des Dragons), ainsi que des Régiments de Mérinville et de Quadt.

Rejoignant Marcilly, Luxembourg voit les 12 escadrons et 5 Bataillons d’Infanterie d’arrière-garde de Waldeck, postés entre Leuze et Catoire. Le Maréchal français déploie la Maison du Roi au centre, couverte à l’aile gauche (nord – Mr. d’Auger) par le Régiment de Mérinville ; les Dragons de Tessé assurant la droite (sud – Mr. de Choiseul). Avec les renforts venant se coller à l’arrière de son centre, Luxembourg dispose d’un centre fort de 25 à 28 escadrons, soit une masse d’environ 2 500 cavaliers.

Le 19 septembre donc, le Maréchal de Luxembourg ordonne à Marcilly de charger les Bataillons d’Infanterie impériaux. Selon le Marquis de Quincy, auteur de L’Histoire militaire de Louis le Grand, Roy de France, la Maison du Roi donnent  « la charge la plus belle et la plus vigoureuse qu’on eut vu ». Un tir de mousqueterie des fantassins impériaux trouent les rangs français, Monsieur de Marcilly a lui-même la jambe cassée. Les escadrons français chargent toujours « à la forte épée » et culbutent le centre des Impériaux sur cinq lignes d’affilée. Les cavaliers français s’illustrent en plusieurs exploits. La Compagnie des Grenadiers à Cheval perd son chef, le Capitaine de Riotort mais s’empare de quatre étendards ennemis. L’un des escadrons de la Gendarmerie Royale aux ordres de Monsieur de Tresnel défait deux escadrons impériaux. Enfin, le Duc du Maine, fils naturel de Louis XIV, se comporte bravement durant la bataille.

Le Prince de Waldeck renforce alors ses éléments, obligeant le Maréchal de Luxembourg à arrêter la charge de la Maison du Roi, à la renforcer par la Gendarmerie de France et le Régiment de Quadt. Le Maréchal français vient lui-même inspecter ses rangs et donner ses ordres au vu de l’ennemi. Deux cavaliers de la Compagnie d’Osmond (Garde du Prince d’Orange) tentent alors de charger pour le prendre mais sont tués juste en arrivant sur à lui.

La Gendarmerie lance une autre charge qui cause d’importantes pertes dans les rangs ennemis, mais Waldeck se ressaisit et renforce son dispositif. Luxembourg retire alors ses forces derrière les ruisseaux de Leuze et de Catoire afin de reposer ses forces. Plus de 600 cavaliers français sont tombés ce 19 septembre 1691. Luxembourg a perdu cinq de ses officiers généraux dont Messieurs d’Auger et de Toiras.

En revanche, Waldeck a laissé 1 500 tués sur le champ de bataille et 400 prisonniers aux Français. En outre, les Princes d’Anhalt-Nassau et de Tilly, les Comtes de Lippe Père et Fils et le Baron de Skelin sont tombés au combat.

Source :
– DESCHARD Bernard : « Le combat de Leuze », in Persée Revue Scientifique, N°151 Histoire, économie et société, http://www.persee.fr

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François de Montmorency-Bouteville, Maréchal de Luxembourg et Tapissier de Notre-Dame

François de Montmorency-Bouteville, Maréchal de Luxembourg et Tapissier de Notre-Dame

Fils de François Ier de Montmorency-Bouteville qui avait été décapité en 1628 sur ordre de Louis XIII pour avoir osé défier le Cardinal de Richelieu en se brettant Place Royale, avec Guy d’Harcourt, François-Henri de Montmorency-Bouteville, Duc de Piney et Comte de Luxembourg, combat d’abord très jeune pendant la Guerre…

4 janvier 2017

Dans « Grand Siècle »

14 octobre 1806 : Victoires d'Iéna et d'Auerstädt

14 octobre 1806 : Victoires d’Iéna et d’Auerstädt

Le 7 octobre 1806, la Prusse du Roi Frédéric-Guillaume III déclare la guerre à l’Empire Français. Si son armée est bien mieux encadrée et armée que celle de l’Autriche, les soldats récemment engagés n’ont pas été entraînés. Qu’à cela ne tienne, l’opinion prussienne galvanisée par la Reine Louise de Mecklembourg-Stretlitz,…

14 octobre 2016

Dans « Grande Armée »

Jacques Fitz-James Duc de Berwick et Maréchal de France

Jacques Fitz-James Duc de Berwick et Maréchal de France

Grande figure militaire de la seconde moitié du règne de Louis XIV et du début de celui de Louis XV, quelque peu occulté par les Maréchaux de Luxembourg et de Villars, Jacques de Fitz-James Duc de Berwick a contribué nettement au redressement militaire du Royaume durant la Guerre de Succession…

12 juin 2016

Dans « 1715-1804 »

13 mai 2015
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Histoire & Culture

Libération de Paris – 2/2

by adminfhesp 8 mai 2015

leclerc-paris– « LECLERC… FONCEZ SUR PARIS ! »

Mais l’avenir de Paris se joue… entre la Normandie et Laval.

En effet, craignant que Paris ne connaisse le même sort que Varsovie au même moment, de Gaulle insiste auprès d’Eisenhower et ce, dès le 19 août, pour que des unités soient envoyées à Paris. Politique oblige, il ne veut pas laisser le monopole de la libération de la capitale aux Communistes. Cependant, le commandement allié a d’autres préoccupations. En effet, au même moment les troupes anglo-américano-canadiennes combattent pour refermer la Poche de Falaise, afin d’encercler le reste des troupes allemandes se repliant de Normandie. Toutefois, les Américains le la IIIe Armée de Patton ne sont pas loin. En effet, les troupes du bouillant général américain ont libérer Chartres et sont à Rambouillet. Sauf que, LIBERER PARIS NE FAIT ABSOLUMENT PAS PARTIE DES PLANS AMERICAINS.  De Gaulle va alors sortir son « joker » : la 2e Division Blindée du Général Leclerc. Cette dernière est alors en partie occupée à participer à la fermeture de la Poche de Falaise mais en partie seulement. Si le Groupement Tactique du Colonel Paul de Langlade combat encore en Normandie (secteur d’Argentan), le reste de la division se prépare à marcher sur Paris. Leclerc est donc prêt à lancer ses hommes vers la capitale. Le commandement français réussit à négocier avec les généraux américains Bradley et Patton (les supérieurs de Leclerc du point de vue militaire) pour que la 2e DB puisse se lancer sur la capitale.

– Rol-Tanguy décide d’envoyer son chef d’état-major, le Commandant Cocteau dit « Gallois », auprès du General George S. Patton pour signaler aux Américains que la moitié de la ville est libérée le 23, mais que la situation des résistants est critique.
De Gaulle rappelle alors à Eisenhower sa promesse faite à Alger en décembre 1943 que la libération de Paris serait confiée à une unité française. Le général Leclerc met aux les Américains devant le fait accompli en donnant l’ordre de marche sur Paris aux éléments de reconnaissance de sa 2e DB. Le Lieutenant-General Leonard T. Gerow, commandant du Vth US Army Corps et supérieur hiérarchique de Leclerc depuis le 18 août, est furieux, considérant l’initiative du Français comme une insubordination.

Blason de la 2e DB

Insigne de la 2e DB

– Pour des raisons tout aussi politiques (éviter de voir Paris transformée en nouvelle Commune tenue par le PCF), Eisenhower ordonne à Bradley de détacher une division américaine à la libération de Paris. C’est donc la 4th Infantry Division (débarquée le 6 juin sur Utah Beach) à du Major.General Raymond O. Barton qui reçoit la mission d’atteindre Paris par le nord.

– Le 23 août, des accrochages ont lieu près des Champs-Elysées, ce qui provoque l’incendie du Grand Palais. De son côté, Radio Londres annonce prématurément la libération de Paris. Pendant ce temps, la 2e DB fonce sur Mantes-la-Jolie et à Rastenburg, on s’impatiente pour savoir si von Choltitz va oui ou non, faire sauter Paris mais l’officier supérieur allemand s’y refuse toujours… Pendant ce temps, Leclerc est arrivé en avion sur l’aérodrome de Laval pour y rencontrer le commandant en chef des forces terrestres américains ; Omar N. Bradley. Le commandant de la 2e DB est nerveux et garde le silence. La Colonne Guillebon, partie en avant, menace d’être coupée du reste de la division qui a encore 200 km à parcourir. A 19h15, Bradley atterrit. S’approchant vers Leclerc il lui dit : «  Leclerc, justement ! C’est d’accord, foncez sur Paris. »

– Le 24 août, Leclerc a scindé sa compagnie en trois Groupements Tactiques chargés d’entrer dans Paris sur quatre axes par le sud :

* Groupement Tactique « V » (P. Billotte) : Avec le 501e RCC ; Marcher sur Arpajon et Sceaux, entrer dans Paris par la porte d’Italie, franchir la Seine et obliquer de 90° vers Vincennes et Charenton en longeant la Seine. Scindé en deux Sous-Groupements, il doit franchir les Portes d’Orléans et d’Italie.

* Groupement Tactique « L » (GT de Langlade) : Avec le 12e Régiment de Chasseurs d’Afrique ; Foncer par la Vallée de Chevreuse, Les Loges, Jouy-en-Josas, Meudon, libérer Sèvres et remonter à travers le 16e Arrondissement, direction l’Avenue des Champs-Elysées et la Place de la Concorde.

* Groupement Tactique « D » (GT Dio) : Avec le 12e Régiment de Cuirassiers. Appuyer le GT Billotte, atteindre le Pont de Sèvres, passer la Porte de Saint-Cloud et se diriger tout droit vers la Mairie de Pantin.
– Chaque GT comprend un régiment de chars, un bataillon d’infanterie du RMT, un escadron du Régiment de Marche des Spahis du Colonel Michon, un régiment d’Artillerie et un escadron du Régiment Blindé des Fusiliers Marins du Capitaine de Vaisseau Maggiar.

Insigne du 501e Régiment de Chars de Combat

Insigne du 501e Régiment de Chars de Combat

Insigne du 12e Régiment de Cuirassiers

Insigne du 12e Régiment de Cuirassiers

Insigne du 12e Chasseurs d'Afrique

Insigne du 12e Chasseurs d’Afrique


– ENTRÉE DANS LA CAPITALE PAR LE SUD

– Seulement, Von Choltitz a placé des défenses antichars sur plusieurs axes de la Banlieue Sud. Ainsi, le Groupement Tactique de Langlade, avec le Sous-Groupement Massu lutte durement pour libérer Meudon. Dans le même temps, le GT Billotte doit durement lutter à Longjumeau, la Croix de Berny, Morangis, Wissous

– Leclerc, qui a établi son PC à La Croix de Berny, envoie un avion Piper Cub larguer des tracts sur Paris. Le « paquet » est réceptionné dans la cour de la Préfecture de Police et contient des tracts sur lesquels les insurgés peuvent lire : « Tenez bon, nous arrivons ! » Galvanisés, les parisiens en armes reprennent les combats de plus belle et atteignent leur paroxysme. Cette fois-ci, les Allemands ne contrôlent plus certains arrondissements, ce qui force von Choltitz à concentrer ses forces sur les grands axes du centre et les VIIe et VIIIe Arrondissements.

– Mais sur les renseignements du Lieutenant-Colonel Leroy (envoyé par Chaban-Delmas), Leclerc sait que la résistance ne pourra tenir plus longtemps. Le patron de la Division de Fer décide alors d’expédier en tête, la 9e Compagnie du Régiment de Marche du Tchad. Celle qu’on appelle la « Nueve » est composée de républicains espagnols qui combattent depuis 1940 et se trouve commandée par le Capitaine Raymond Dronne, un manceau ancien juriste et vieux grognard de la Colonne Leclerc en Afrique du Nord.

Capitaine Raymond Dronne

Capitaine Raymond Dronne

– L’ordre du chef de la 2e est le suivant : « Dronne , filez sur Paris, entrez dans Paris, passez ou vous voudrez, dites aux Parisiens de ne pas perdre courage, que demain matin la division toute entière sera dans Paris »
Leclerc a attribué à Dronne le commandement de la « Nueve » pour aussi « surveiller » les espagnols, ce qui lui a fait dire non sans humour : « Je suis un calotin à la tête de rouges ». A 20h00, précédés des chars Montmirail, Champaubert et Romilly (du 501e RCC) montés sur 11 half-tracks et guidé par « El Capitan » Dronne qui a fait inscrire sur le capot de sa Jeep « Mort aux cons », les Espagnols foncent sur la capitale. A 21h20, Dronne atteint l’Hôtel de Ville et le centre téléphonique et est acclamé par les Résistants.

– Leclerc, l’aristocrate picard racé qui goûte assez peu la devise de combat de Dronne lui a demandé à plusieurs reprises de retirer l’inscription ; ce que l’intéressé à, bien entendu, sans cesse refusé. Leclerc se contentera de lui demander souvent : « mais pourquoi donc voulez-vous tous les tuer ? »  Plus caustique,  lorsqu’il lira l’inscription le lendemain, de Gaulle fixera Dronne en lâchant dans un soupir : « Lourde tâche ! »

 

Insigne du Régiment de Marche du Tchad

Insigne du Régiment de Marche du Tchad

 – LE SÉNAT

– Le 25 août, le GT de Billotte suit l’itinéraire emprunté par Dronne, passe par les Portes d’Orléans et d’Italie. Le Sous-Groupement de Witasse remonte par Denfert-Rochereau et atteint l’observatoire pour nettoyer le quartier du Sénat. L’état-major de la Luftwaffe pour le tout le Front de l’ouest  s’est installé dans le Palais en 1940 et y a réalisé des aménagements défensifs qui vont compliquer singulièrement la tâche des assaillants. Le personnel de l’état-major a quitté les lieux à partir du 10 août et a été remplacé par une troupe d’environ 600 hommes sous les ordres de l’Oberst von Berg et composée en partie de SS.

Colonel P. Billotte

Colonel P. Billotte

– Le plan de défense prévoit des chars en réserve dans la Cour d’honneur du Palais, des barrages épaulés par des chars face au Nord rue de Tournon, à l’Est rue Soufflot, des blockhaus rue de Vaugirard et boulevard Saint-Michel, et enfin d’autres barrages à l’Ouest rue Guynemer, au Sud rue Auguste Comte, à l’Est boulevard Saint-Michel.

– Le même jour, Pierre Georges, 26 ans, alias « Colonel Fabien », chef des Unités de choc des F.F.I, est chargé de réduire le nid de résistance. Il sera épaulé, au Nord, par les chars et l’infanterie du Sous-Groupement Putz de la 2e DB  et au Sud par les chars du Capitaine Alain de Boissieu, commandant de l’Escadron de protection du général Leclerc. Le colonel Fabien dispose de 200 hommes pour attaquer le Luxembourg par l’Est et le Sud et d’une bonne centaine pour la façade Nord. Parmi ses F.F.I, des hommes du 1er Bataillon d’Eure et Loir.

– Le Lieutenant-colonel Putz, envoie la 10e compagnie du 3e Bataillon du RMT (Capitaine Sarrazac) et la 2e Compagnie du 501e RCC (Capitaine de Witasse) remonter le boulevard Saint-Michel pour investir le Luxembourg et empêcher la garnison allemande de se répandre dans les rues de Paris. Il ignore le nombre exact de blindés tenus en réserve dans la Cour d’honneur. Le Capitaine de Boissieu, commandant l’escadron de protection du général Leclerc, arrivant du Sud et dont la mission principale est de protéger le P.C du général qui se rend à la Préfecture de police, s’occupera des Jardins de l’Observatoire, du Lycée Montaigne et remontera vers l’Ecole des Mines par le boulevard Saint-Michel. A la première approche ses chars de tête sont immédiatement pris sous le feu ennemi. Manifestement un observateur guide les tirs de la coupole du Sénat. Au Nord les fantassins du Capitaine Sarrazac escortent les chars du capitaine de Witasse. Place de la Sorbonne le Lützen, de la 2e section, essuie le tir d’un blindé ennemi tapi rue de Vaugirard près de l’Odéon. Des F.F.I sont blessés.

– Voulant repérer les tireurs en montant à l’étage d’une maison de la rue Médicis, un officier français est tué d’une rafale d’arme automatique. La tête de la colonne arrive place Edmond Rostand mais un char Panther, posté rue de Médicis, interdit la place et le carrefour de l’Odéon. Le Char La Moskowa, de la section de commandement, guidé par le capitaine de Witasse à pied devant lui, s’approche par le rue de Vaugirard et l’immobilise d’un coup dans la chenille gauche. L’équipage allemand abandonne le char et se réfugie dans le Sénat.

– Le Capitaine de Witasse installe ses chars en surveillance, prêts à s’opposer à toute sortie en force de la réserve de blindés allemands. Le Colonel d’artillerie Crépin commandant du 3e Régiment d’Artillerie Coloniale, accompagné d’un colonel d’état-major allemand, arrive en auto mitrailleuse devant le Sénat. Il y pénètre à pied, un fusil dans le dos, et montre au colonel von Berg, commandant la garnison, l’ordre du général von Choltitz. Si l’ordre n’est pas exécuté, les soldats allemands ne seront pas considérés comme des prisonniers de guerre.

– L’argument est décisif mais les officiers SS, présents au milieu de leurs troupes, protestent vigoureusement. Ils peuvent encore se défendre et tenir. Dehors on entend les hauts parleurs des voitures de la Préfecture de police annoncer à la population que le Sénat sera bombardé à partir de 19h00 par l’aviation. Après de longues palabres la reddition est acquise. L’ Oberst von Berg a une heure devant lui pour passer le message à tous ses hommes éparpillés dans les bâtiments et dans les Jardins. Des Spahis Marocains de la 2ème Division blindée et des F.F.I du 6ème sont parvenus enfin à pénétrer dans l’îlot de la rue Auguste Comte sous la conduite de Mr Cuny, conservateur du Jardin. Quelques soldats allemands tirent leurs dernières cartouches.

Insigne du Régiment Blindé des Fusiliers Marins

Insigne du Régiment Blindé des Fusiliers Marins

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Insigne du 1er Régiment de Marche des Spahis

– Le Ministère de la Marine, l’hôtel Crillon, le Jardin des Tuileries sont fortement tenus par la garnison allemande à présent sous ses ordres pour assurer la défense de Paris. La place de la Concorde représente donc un nid de résistance allemand dans la capitale que les seuls F.F.I n’arriveront pas à réduire. Des mitrailleurs et des snipers placés sur les toits
pendant qu’un petit blockhaus barre la rue de Rivoli.

– Le 25 août à  07h15, le Groupement Tactique de Langlade part depuis le Pont de Sèvres pour marcher sur la Place de l’Etoile et la Place de la Concorde. De petits détachements français nettoient Puteaux mais le GT de Langlade se fait sévèrement accroché Avenue Kléber par des canons antichars allemands.

Il est imité par le GT Dio qui lance le Détachement du Lt-Colonel Rouvillois sur le Quai d’Orsay en évitant les grands axes et en passant par Montparnasse, pendant que le Détachement du Lt-Colonel Noiret se chargera de sécuriser les ponts reliant la rive gauche et la rive droite entre le Quai Voltaire et le Pont Alexandre III.

– A 09h00, les premiers éléments blindés entrent dans la capitale. Des accrochages se produisent autour du Ministère des Affaires Etrangères et de l’Assemblée Nationale. Une section de char force une barricade qui isole la place des Invalides mais les Allemands défendent durement l’angle de l’Esplanade des Invalides et la Rue de l’Université.

– Le Colonel Billotte adresse un ultimatum à von Choltitz dans lequel il lui laisse : « une demi-heure pour mettre fin à toute résistance sous peine d’une extermination totale de la garnison allemande »

* Compte rendu de l’opération par le capitaine Branet :

– A 13h15, l’attaque se déclenche par la rue de Rivoli, menée par la 3e Compagnie du 501e RCC du Capitaine Branet. Les chars de la section Bénard enfoncent une barricade et poursuivent jusqu’à la place de la Concorde. Le Douaumont éperonne un char Panther en face de l’entrée des Tuileries. Les autres chars détruisent de nombreux véhicules dans la rue de Castiglionne et les rues parallèles; ils arrosent du feu de leurs mitrailleuses les fenêtres des hôtels tenus par les Allemands. Malheureusement les chars sont obligés de marcher la tourelle ouverte et le sergent Marcel Bizien est tué; un autre chef de char, le Caporal-chef Laigle est tué également; le sous-lieutenant Bénard reçoit une grenade dans la tourelle du Mort Homme et est fortement brûlé près de la place de la Concorde avec le chasseur Diot, son chargeur. Il descend de son char, remonte la rue de Rivoli au milieu des balles, se fait évacuer. Le chasseur Champion, conducteur, quoique brûlé parvient à sauver le char. Devant l’hôtel Meurice le Capitaine Branet qui mène l’attaque à pied est blessé par une grenade et après avoir été pansé, peut rejoindre la compagnie. Les fantassins ont pris l’hôtel. Le général allemand est fait prisonnier. Pendant ce temps la section Christen mise à la disposition du Capitaine Sammarcelli du 1/RMT progresse par les rues nord de la rue de Rivoli et enlève les dernières résistances. Enfin sur les bords de Seine, un dernier groupement aux ordres du Lieutenant Bricard réduit les Tuileries et, appuyé par les chars Francheville, Uskub et Surcouf met en feu 6 chars (dont 1 Panther) et véhicules ennemis et atteint son objectif place de la Concorde.

* Compte rendu de l’opération par le lieutenant Franjoux :

(Historique de la 3ème Cie du 501ème RCC)

Sous les ordres du Capitaine Branet j’ai été engagé avec ma section rue de Rivoli sur le trottoir du Louvre alors qu’une section du 1er bataillon était engagée à ma hauteur sur le trottoir des Arcades. Les deux sections sont parties à pied du Châtelet sous la protection de cinq ou six chars moyens. A environ trois cents mètres de l’hôtel Meurice tir ennemi venant de l’hôtel et du Ministère de la marine où est installée au moins une mitrailleuse. Sous la protection d’une mitrailleuse de char et d’une pièce de ma section (autour de laquelle sont tombés trois hommes, deux morts et un blessé) nous traversons la rue de Rivoli; le côté Tuileries est complètement nu et n’offre aucun abri. Ma section se mélange à la section du 1er bataillon. Nous continuons notre progression en subissant quelques pertes par grenades lancées de fenêtres de la rue. Protégé par un homme armé d’une mitraillette j’arrive avec le lieutenant du 1er bataillon devant la porte de l’hôtel. Nous entrons avec le Sergent Brieuce. Le hall est obscur. Le soldat Gutière, de ma section, abat un Allemand dans l’escalier. Le sergent Brieuce lance une grenade fumigène qui fait sortir un officier allemand les mains en l’air. Un soldat du 1er bataillon qui parle allemand somme l’officier d’appeler ses camarades. Colonne par un, une trentaine d’officiers et une soixantaine d’hommes sortent les mains levées. Un capitaine français arrive (Henri Rietzler du Matériel de la Division – NDLR). Il demande où se trouve le général allemand. Un officier allemand dit qu’il est au sixième étage et qu’il attend. On me confie la garde des prisonniers tandis que le lieutenant du 1er bataillon monte faire prisonnier le général.

Dans plusieurs maisons nous avons jeté des grenades; deux Allemands au moins ont été tués dans une cave. Place des Pyramides quatre Allemands nous ont été signalés. Avec le sergent Brieuce nous les avons abattus.

– Sur la Concorde, le char Douaumont fonce sur la place et se trouve face à face avec un Panther. « A l’abordage ! » hurle Bizien à son pilote. Le char percute le Panther qui pivote sa tourelle … mais son canon est trop long. En revanche le canon de Bizien est à la bonne distance. Il ouvre le feu à bout portant et perce le blindage. Bizien est tué d’une balle en pleine tête tirée par un sniper posté sur les toits du Ministère de la Marine. Branet a été blessé par une grenade qui a roulé sous ses pieds. Karcher et Franjoux, suivis de leurs hommes, se ruent à l’intérieur de l’hôtel Meurice. Le Lieutenant-colonel de la Horie arrive, pistolet au poing. Il suit Karcher jusqu’au premier étage. Celui-ci vient de pénétrer dans le bureau de von Choltitz qui attend, un peu pâle, debout et les bras croisés et qui déclare : « Je désire que nous soyons traités en soldat ».

– Le Lieutenant-colonel de la Horie remet son prisonnier au Colonel Billotte qui le conduit à la préfecture de police où attend le Général Leclerc. Von Choltitz signe une convention de reddition dans laquelle il s’engage à donner l’ordre à ses troupes de se rendre partout dans la capitale. La garnison de l’hôtel Meurice s’est rendue mais on tire encore des fenêtres du Ministère de la Marine et de celles de l’hôtel Crillon. A l’hôtel Continental, les Allemands ont préféré déposer leurs armes aux pieds d’un colonel américain qu’ils détenaient. Il faudra attendre la fin de l’après-midi pour que le calme revienne enfin sur la place de la Concorde immédiatement envahie par une foule de badauds qui vient inspecter le char Panther détruit par l’équipage du Douaumont.

– Malgré tout, des combats sporadiques continuent en particulier du fait des unités SS qui refusent la capitulation du général von Choltitz en menaçant de fusiller les officiers « traîtres » de la Wehrmacht qui leur commandent la reddition.
Les FFI dénombreront environ 500 tués et 1 000 blessés. Enfin, la population civile n’aura pas été épargnée : 400 personnes sont mortes, 5 500 ont été blessées. Paris aura payé un lourd tribut à la liberté.

– Le 26 août 1944, la Division Leclerc descend les Champs-Elysées, acclamée par une foule en liesse. La Division Leclerc aura perdu 130 hommes alors plus de 300 seront blessés.

– Toutefois, le 27 août, la 2e DB se porte au nord de Paris afin d’éviter tout retour offensif des Allemands et le nettoyage des poches de résistances allemandes s’effectuera jusqu’au 28.

* Remerciements tout particuliers à Monsieur Philippe Rietzler pour ses aimables compléments.

 

Lire :
– NOTIN Jean-Christophe : Leclerc, Perrin, 2007
– FORGET Dominique :  Le général Leclerc et la 2e DB, Heimdal, 2008

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Le Débarquement de Provence - Première partie

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Étonnamment, le déroulement de cette phase importante de la Libération du territoire français est bien moins connu et étudié que le débarquement de Normandie. Paradoxal, quand on sait que la participation des forces françaises a été importante. Les commémorations du soixante-dixième anniversaire de l’Opération « Anvil Dragoon » est bien sûr l’occasion…

13 août 2016

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25 août 1944 : Libération de Paris - 1/2

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Alors que la Bataille de Normandie achève sa dernière phase (Poche de Falaise), la Résistance parisienne décide de déclencher son insurrection contre la garnison allemande du Gross-Paris que commande le général Dietrich von Choltitz. En voici un résumé chronologique. – Courant juillet et au début du mois d’août, la Résistance…

25 août 2015

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La Corse est occupée le 11 novembre 1942 par les forces germano-italiennes, suite au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord. Mais les Allemands y stationnent peu de forces – notons tout de même la présence notable de la SS-Sturmbrigade                    « Reichsführer…

3 octobre 2013

Dans « Non classé »

8 mai 2015
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Histoire & Culture

6 juillet 1746 : victoire navale de Mahé de la Bourdonnais à Negapatam (Inde)

by adminfhesp 6 mai 2015

Cette victoire française sur la Royal Navy s’inscrit dans le contexte de la Guerre de Succession d’Autriche.

Victoire par duel au canon du Capitaine Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais sur l’Anglais Edward Peyton à Negapatam (première bataille).

Ce succès d’abord indécis va permettre aux Français de s’emparer de Madras quelques mois plus tard.

Bertrand François Mahé de la Bourdonnais

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15 avril 1450 : Victoire des Comtes de Clermont et de Richemont à Formigny

15 avril 1450 : Victoire des Comtes de Clermont et de Richemont à Formigny

– Aujourd’hui passée dans l’oubli et bien moins connue que Crécy, Poitiers et Azincourt, la bataille de Formigny fut pourtant l’un des engagements les plus décisifs de la Guerre de Cent Ans et plus exactement du règne de Charles VII. Pourquoi ? De par le retentissement qu’elle eut à l’époque…

15 avril 2016

Dans « Epoque médiévale »

29 novembre 1516 : Paix perpétuelle de Fribourg

Un peu plus d’une année après sa victoire à Marignan sur les troupes des Canons de Schwyz, Uri, Unterwald et Glaris, François Ier signe avec les représentants de la Confédération Helvétique un traité de neutralité. François Ier avait déjà tenté de négocier en 1515 mais seuls les Cantons de Berne,…

29 novembre 2015

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22 juin 1372 : Victoire Navale franco-castillane de la Rochelle

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Victoire fort méconnue, elle permet au Royaume de France de Charles V de s’assurer la maîtrise des mers de Calais à la Guyenne contre les Anglais, concrétisant les idées novatrices de l’Amiral français en matière de combat naval. Elle nous est en outre connue grâce à Jehan Froissart. En 1368,…

21 juin 2013

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6 mai 2015
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Histoire & Culture

Marcel Bigeard : « Ma vie pour la France »

by adminfhesp 6 mai 2015

 «Ma vie pour la France paraîtra quand je ne serai plus de ce monde. Mon ultime souhait est que mon parcours rappelle aux jeunes générations le sens des valeurs que j’ai toujours défendues, celles qui font la grandeur d’un homme et d’un pays »

Marcel Bigeard, Ma vie pour la France, 2010, éditions du Rocher

Voir aussi : https://www.france-histoire-esperance.com/2012/02/14-fevrier-naissance-de-marcel-bigeard/

 

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Hommage du ministre de la Défense au général Bigeard

Voici le texte intégral du discours prononcé par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à l’occasion du transfert des cendres du général Marcel Bigeard (1916-2010), au mémorial des guerres d’ Indochine, à Frejus. La cérémonie s’est déroulée ce mardi, 20 novembre, date anniversaire de l’opération « Castor », au…

21 novembre 2012

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14 février: naissance de Marcel Bigeard

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Marcel Bigeard, né le 14 février 1916 à Toul et mort le 18 juin 2010 dans la même ville, est un militaire et homme politique français. Il a la singularité d’avoir été appelé sous les drapeaux comme homme du rang, 2e classe, en 1936 et d’avoir terminé sa carrière militaire…

14 février 2012

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Hélie de Saint Marc,

Hélie de Saint Marc, « Les Champs de braises »

Dans une époque où l’engagement fait peur, voici le témoignage d’un homme qui n’a pas eu peur de s’engager. Résistant, déporté en camp de concentration, légionnaire durant les guerres d’Indochine et d’Algérie, Hélie de Saint Marc n’aura pas été épargné par les épreuves, y compris celle d’être condamné par les autorités…

14 juin 2015

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6 mai 2015
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Histoire & Culture

4 août 1914 : L’Armée allemande attaque la Belgique

by adminfhesp 5 mai 2015

– Pourtant garante de la neutralité belge depuis 1839, le Chancelier allemand Bethmann-Hollwegg adresse un ultimatum au Roi des Belges Albert Ier le 2 août, alors que la France vient de décrété la mobilisation générale. Les Allemands exigent que le petit royaume laisse passer sur son territoire les quatre armées qui doivent déferler sur le nord de la France. Albert refuse et ordonne que la petite armée soit mobilisée pour défendre le territoire.
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– En fait, l’invasion de la Belgique est prévue dans les lignes de la version finale du Plan Schlieffen. Du point de vue purement militaire, le Grand Etat-Major impérial avait défini la Belgique comme point de passage idéal pour les forces devant envahir la France et tourner l’Armée française sur son flanc gauche (nord). En effet, hormis quelques forts sur la frontière (Liège), la Belgique est dépourvue de grandes infrastructures de défense et – hormis le massif ardennais – offre un relief se prêtant parfaitement aux grandes manœuvres d’Infanterie.
Il était bien sûr impossible pour les Allemands de percer le front français sur la Meuse et la Meurthe car trop bien défendu. Impossible aussi de lancer une attaque par le massif vosgien, secteur difficilement praticable et prévisible.
Enfin, du point de vue politique, il suffit de reprendre la formule de Bethmann-Hollwegg qui parlait du traité de garantie de neutralité de la Belgique comme un « chiffon de papier » qu’il faudrait fouler si nécessaire. Autant dire que les hauts-responsables politiques du Kaiser s’étaient rangés définitivement du point de vue du Grand Etat-Major.

– Apprenant l’ultimatum, la population belge est foudroyée d’indignation et une vague de germanophobie se répand dans le pays.
Toutefois, le Comte Charles de Broqueville, chef du Gouvernement belge, avait estimé dans les années 1910 que la Belgique pourrait être sujette à une invasion en cas de conflit franco-allemand. Broqueville avait obtenu du Parlement l’autorisation de renforcer le dispositif défensif du Royaume et d’accentuer les efforts concernant la conscription (voir l’article de mars consacré à l’Infanterie belge).

Le 4 août donc, Helmut von Moltke fait appliquer les directives du Plan Schlieffen. Une partie de l’Armée allemande envahit le Luxembourg, pendant que l’Artillerie lourde de la I. Armee de von Kluck bombarde les fortifications de Liège, principal obstacle pour les divisions d’infanterie.

– En même temps, le Roi Albert fait immédiatement appel à la France et à la Grande-Bretagne. Côté britannique, on est définitivement convaincu du danger allemand où l’on perçoit l’invasion de la Belgique tel « un revolver pointé sur la tempe de l’Angleterre ».

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10 novembre 1914 : Fin de la bataille de Dixmude

10 novembre 1914 : Fin de la bataille de Dixmude

En octobre 1914, après avoir échoué sur la Marne, l’Armée du Kaiser déplace ses objectifs vers le nord du front franco-belge. Erich von Falkenhayn (1861-1922), qui dirige le Grand Quartier Général en remplacement de Helmut von Moltke le Jeune, décide alors de changer d’axe offensif afin d’achever la résistance de la petite…

10 novembre 2014

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28 juin 1919 : Signature du Traité de Versailles

28 juin 1919 : Signature du Traité de Versailles

Comme le dit l’historien français Pierre Milza, « cédant à la force », le ministre allemand Müller signe un traité qui ne sera jamais vraiment accepté par l’Allemagne. La signature du Traité de Versailles a lieu dans la Galerie des Glaces (là où le IIe Reich Allemand fut proclamé par…

28 juin 2014

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3 août : L'Allemagne déclare la guerre à la France

3 août : L’Allemagne déclare la guerre à la France

Prétextant le survol du territoire allemand par un avion français, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Le Gouvernement Viviani rompt alors les relations avec l’Allemagne. Dans son discours du jour, le Président Raymond Poincarré en appelle alors à l’Union Sacrée entre Français et entre partis politiques. A la Chambre,…

3 août 2014

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5 mai 2015
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Histoire & Culture

15 février 1714 : Louis XIV force le parlement à enregistrer la bulle Unigenitus

by adminfhesp 3 mai 2015

– La bulle Unigenitus est un texte édicté par Le Pape Clément XI, en septembre 1713, qui condamne le jansénisme.

– Dans ce document pontifical, les Cent-une propositions de Pasquier Quesnel (1634-1719) s’y trouvent condamnées comme « fausses, captieuses, mal sonnantes, injurieuses aux oreilles pieuses, scandaleuses, pernicieuses, téméraires, préjudiciables à l’Église et à ses pratiques, insolentes envers l’Église et l’État, séditieuses, impies, blasphématoires, suspectes d’hérésie et sentant l’hérésie,  favorisant les hérétiques, l’hérésie et le schisme, fausses, proche de l’hérésie, souvent condamnée, hérétiques et faisant revivre différentes hérésies, surtout celles que contenaient les fameuses
propositions de Jansenius
».

– En 1671, Pasquier Quesnel avait publié son livre Abrégé de la morale de l’Évangile, qui contenait les quatre Évangiles en français, accompagnés de courtes notes explicatives, afin d’aider à la méditation. L’ouvrage fut approuvé par l’évêque de Chalons avant d’être condamné par la bulle pontificale.

Rappelons brièvement en quoi consiste le jansénisme…

– Né au cœur de la Réforme Catholique, il doit son nom à l’évêque d’Ypres, Cornelius Jansen, auteur de son texte fondateur l’ Augustinus, publié en 1640. Le jansénisme prend son essor sous les règnes de Louis XIII et de Louis XIV et demeure un courant important sous leurs successeurs. C’est d’abord une réflexion théologique centrée sur le problème de la grâce divine, avant de devenir une force politique qui se manifeste sous des formes variées, touchant à la fois à la théologie morale, à l’organisation de l’Église catholique, aux relations entre foi et vie chrétienne, à la place du clergé dans la société et aux problèmes politiques de son temps.

texte intégral de la bulle :

http://www.andurand.net/these/documents/Bulle%20Unigenitus.pdf

 

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Jeanne d'Arc vue par Benoit XVI

Jeanne d’Arc vue par Benoit XVI

Alors que l’on commémore le sixième centenaire de la naissance de la pucelle d’Orléans, voici le portrait qu’en fit Benoit XVI au cours de l’audience générale du 26 janvier 2011, à Rome. Un point de vue intéressant, et même nécessaire, pour mieux comprendre ce personnage qui a tant marqué l’histoire…

29 mars 2012

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7 juillet 1438 : Charles VII promulgue la Pragmatique Sanction de Bourges

En 1418, réuni à l’initiative de l’Empereur Sigismond, le Concile de Constance s’est achevé avec l’élection de Martin V pour tenter de mettre fin au Grand Schisme d’Occident sans pour autant renforcer l’autorité pontificale, contestée par les Pères du Conciles qui placent celui-ci au-dessus de du Pape. En 1431, un nouveau…

8 juillet 2013

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Didier Le Fur : Enquete historique sur l'inquisition en France

Didier Le Fur : Enquete historique sur l’inquisition en France

Reprenant les diverses erreurs historiques de la série « Inquisitio » diffusée en ce mois de juillet sur France 2, l’historien Didier Le Fur permet de poser un regard apaisé et objectif sur une période souvent instrumentalisée et mésinterprétée. « Procès, tortures et bûchers ; images de douleurs, de feu et de sang…

4 juillet 2012

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3 mai 2015
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Histoire & Culture

Février – 9 avril 1945 : le Régiment Normandie-Niémen dans le ciel de Königsberg

by adminfhesp 26 avril 2015

Replaçons cette partie de l’histoire de l’Escadrille – puis Régiment à partir de l’été 1944 – dans le contexte opérationnel, pour reprendre la terminologie soviétique d’alors. Début 1915, le Régiment alors formé de quatre escadrilles (« Rouen », « Le Havre », « Cherbourg » et  « Caen ») est commandé par le Commandant Louis Delfino et intégré à la 303e Division Aérienne de la 1re Armée Aérienne du Colonel-Général Timofeï Krioukine. Pour les Soviétiques, l’unité aérienne française est d’abord dénommée « 1er Régiment Aérien Français ». Mais Staline lui a donné le second surnom « Niemen » à l’issue de l’offensive du même nom durant l’été 1944 en direction des Pays Baltes.

– A la fin du mois de janvier 1945, les 1er Front de la Baltique (Hovhannes Bragramian) et 3e Front de Biélorussie (Ivan Tcherniakhovski*, puis Aleksandr Vassilievski) cisaillent le dispositif du Heeres-Gruppe « Nord » (Groupe d’Armée Nord ; Lothar Rendulic) qui se retrouve bloqué dans la moitié nord de la Prusse-Orientale (Königsberg, Samland, Courlande et Heiligenbeil).

– Entièrement équipés d’appareils Yakovlev Yak-3; les pilotes du  participe donc aux différentes actions aériennes contre les maigres forces de la Luftwaffe et en escorte des bombardiers de la 1re AA . Les Français connaissent plusieurs pertes, en grande partie en raison de la DCA (FlaK).
Durant cette partie des opérations, pilotes et mécaniciens occupent successivement les aérodromes de Liabau (27 janvier – 5 février), Powunden (5-14 février), Wittenberg (14-25 février), Friedland (25 février – 7 avril), puis celui de Bladiau à partir du 7 avril.  Notons tout de même qu’ils sont les tout premiers français à fouler le sol allemand depuis 1940, alors que les soldats de la Ire Armée sont toujours en garde derrière la rive ouest du Rhin.

– Durant le mois de mars, le Maréchal Vassilievski ne tente aucune action d’ampleur contre Königsberg car la priorité de la STAVKA (l’état-major soviétique) est d’abord la triple offensive Poméranie – Pologne – Silésie avec Berlin pour objectif). En revanche, Vassilievski met à profit le calme du siège pour préparer soigneusement son offensive. Par conséquent les « Neu Neu », comme ils se surnomment, doivent participer activement à des missions au-dessus de la cité transformée en forteresse.

Source : http://www.defense.gouv.fr/

Source : http://www.defense.gouv.fr/

– Le 6 avril, Vassilievski déclenche son offensive contre Königsberg. Pendant trois jours, les pilotes du « Normandie-Niemen » tournoient au-dessus des ruines de la cité, là encore avec des pertes, dont ses derniers tués. Mais à terre, en dépit de très violents combats urbains, l’assaut des Soviétiques se déroule bien. Et le 9 avril, la garnison de Königsberg capitule.
Pour les pilotes français présents en URSS depuis fin 1941, c’est le dernier grand combat. Outre l’estime de leurs frères d’armes russes, ils auront l’honneur d’afficher plusieurs décorations françaises (Légion d’Honneur pour certains, Croix de Guerre, Médaille Militaire, Ordre de la Libération) comme Soviétiques, et non des moindres (Etoile d’Or de Héros de l’Union Soviétique, Ordre de Lénine, Ordre du Drapeau Rouge, Ordre d’Alexandre Nevski, Ordre de la Guerre pour la Patrie, Ordre de l’Etoile Rouge, Médaille de la Victoire et Médaille de la prise de la Forteresse de Königsberg).
Ils rentreront en France en juin.

* Ivan Tcherniakhovski, l’un des meilleurs généraux de Staline a été mortellement blessé par un tir d’artillerie le 18 février 1945. Staline dépêcha alors Vassilievski, chef d’Etat-Major Général de la STAVKA pour le remplacer.

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Général François Sevez

Général François Sevez

Savoyard, François Adolphe Laurent Sevez naît le 22 novembre 1891 à Chambéry. Fils d’un juge de la Cour d’appel de la même ville, il étudie d’abord le Droit à la Faculté de Lyon mais choisit de s’engager dans l’Armée à vingt ans sans passer par Saint-Cyr. Il sert d’abord au…

1 mars 2016

Dans « Histoire militaire française »

Décès de Roland de la Poype

Décès de Roland de la Poype

Roland Paulze d’Ivoy de la Poype (1920-2012) s’est éteint mardi dernier 23 octobre à Saint-Tropez. Sorti de l’École de Chasse d’Etampes en 1940, il part pour la Grande-Bretagne lors de la capitulation et intègre les Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL). Particulièrement doué, il abat ses premiers avions allemands sur Spitfire…

25 octobre 2012

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Brève -  1er août 1944 : La 2e DB touche le sol français en Normandie

Brève – 1er août 1944 : La 2e DB touche le sol français en Normandie

Après avoir reçu un entraînement pendant plusieurs mois sous la houlette de Patton, les 16 000 hommes et 1 191 engins blindés de la 2e DB du Général Philippe Leclerc débarquent à Utah Beach le 1er août 1944. Pour rappel, elle a été constituée à partir de la « Colonne Leclerc »…

1 août 2014

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26 avril 2015
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Histoire & Culture

2 août 1914 : Mobilisation générale en France

by adminfhesp 14 avril 2015

– Le samedi 1er août, alors que le Gouvernement français n’a pas encore remis sa réponse à l’ultimatum allemand, l’Etat-major français décide – en accord avec le Ministère de la Guerre et le Président du Conseil – de donner l’Ordre aux Colonels commandant les Régiments de faire partir les troupes de couverture en train vers la frontière ; soit en Haute-Meurthe, Basse-Meurthe, Hautes-Vosges et Woëvre. Des groupes incluant des Bataillons d’Infanterie, des Chasseurs Forestiers et même des Douaniers doivent surveiller les frontières contre toute incursion ennemies.
mobilisation generale 1914
– A 15h55, le Gouvernement Viviani ordonne la Mobilisation Générale dans le pays par « décret prescrivant la mobilisation générale des armées de terre et de mer ». Cet ordre est alors transmis en premier aux Commandants des 21 Corps d’Armée, ainsi qu’aux Préfets dans les départements.
Il paraîtra le lendemain 2 août dans le Journal Officiel.

– A 16h00, le tocsin sonne partout en France, pendant que la toute première affiche (photo) est placardée à la même heure Place de la Concorde. C’est l’appel à la mobilisation pour les quelques 3 millions de réservistes des Classes 1880 à 1893. Dans le même temps,la Flotte de Toulon reçoit l’ordre d’appareiller pour protéger les convois de Méditerranée entre Alger et Tunis. L’ordre de mobilisation arrive évidemment plus tard par télégraphe au XIXe Corps basé en Afrique mais les Régiments de Tirailleurs et de Zouaves formant la Division Marocaine, ainsi que les Spahis se regroupent pour gagner leurs ports d’embarquement.
A l’Ecole de Saint-Cyr, fait exceptionnel, la scolarité des Promotions La Croix du Drapeau et Montmirail est suspendue et les élèves-officiers mobilisés pour partir au front.

– A l’annonce de la mobilisation, des scènes de liesse patriotique ont lieu à Paris et dans les grandes villes de province. Mais dans les campagnes, le sentiment est tout autre. Au regard de l’été particulièrement chaud, la principale préoccupation reste les moissons qui sont précoces cette année. Hormis quelques cas isolés, c’est la résignation – voire l’abattement – qui s’abat sur la France des provinces et des petites villes, comme l’a bien montré Jean-Jacques Becker. Mais tous les mobilisés répondent à l’appel par sens du devoir et par attachement à la Patrie. Il faut aussi ajouter à cela, la cohésion au sein des régiments. On part à la guerre avec ses amis, voisins, collègues de travail que l’on connaît facilement depuis l’école publique ou confessionnelle. Pour beaucoup de familles françaises qui n’envisageaient pas la guerre, c’est le déchirement.
Comme la mobilisation a lieu un dimanche, lors de la messe, bon nombre de curés et d’évêques appellent en chaire leurs fidèles à faire leur devoir.

– Aucune émeute, aucune grève ne vient troubler la mobilisation. Le Gouvernement prévoyait un taux de 13 % d’insoumission qui tombe très vite à 1,5 %. Même si par crainte d’agitations de la part de militants de la gauche radicale dans Paris, le Gouvernement décide de maintenir le 1er Régiment de Cuirassiers dans Paris, Louis-Jean Malvy Ministre de l’Intérieur (Radical-Socialiste) décide néanmoins de ne prendre aucune des mesures édictées dans le Carnet B*.

slider_excelsior– Le lendemain dimanche 2 août, les services des préfectures et les gendarmes affichent l’Ordre de Mobilisation dans les villes de province. Les Réservistes gagnent alors leurs casernes régimentaires pour y recevoir leurs armes, équipements, l’as de carreau et uniforme.
Chaque Régiment rejoint ensuite les gares des grandes villes, points de départ des différents Corps d’Armée pour le nord-est de la France. Bien entendu, la circulation des voyageurs sur les chemins de fer est drastiquement restreinte pour laisser la priorité aux transports des militaires, conformément au Plan Freycinet remanié jusqu’en 1913.

– Les défilés des soldats français, en lourde capote de laine bleue et en pantalon de garance, laisse alors place à de plus grandes scènes de liesse populaire. Ceux qui vont monter au front sont acclamés par une foule qui espère aussi que la guerre sera courte. Ce n’est pas par bellicisme que les civils acclament les soldats français mais par attachement à ceux qui vont défendre la France.

– Le 2 août toujours, les premiers coups de feu entre soldats français et allemands sont tirés sur la frontière. Le premier accrochage a lieu à Joncherey dans le nord de la Franche-Comté (Territoire de Belfort) près de la frontière méridionale de l’Alsace. Il voit un affrontement entre des fantassins français du 44e Régiment d’Infanterie et des Cavaliers allemands du Jäger-zu-Pferd-Regiment Nr. 5. Le Caporal Jules André Peugeot du 44e RI (photo ci-dessous) est tué, ainsi que l’Unterleutnant (Sous-lieutenant) Albert Mayer.
Les Allemands opèrent alors d’autres reconnaissances en Meurthe-et-Moselle, à Longwy et Lunéville. Un Colonel en poste alors dans cette région informe alors l’Etat-major qu’il a dû quitté son pré-positionnement face aux reconnaissances allemandes. Joffre donne alors l’ordre une liberté absolue aux Régiments basés en Lorraine pour conserver le positionnement français dans cette région en vue de bien assurer l’exécution locale du Plan XVII ; dussent-ils « passer la frontière allemande ».

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* Voir article sur l’assassinat de Jean Jaurès

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4 août 1914 : L'Armée allemande attaque la Belgique

4 août 1914 : L’Armée allemande attaque la Belgique

– Pourtant garante de la neutralité belge depuis 1839, le Chancelier allemand Bethmann-Hollwegg adresse un ultimatum au Roi des Belges Albert Ier le 2 août, alors que la France vient de décrété la mobilisation générale. Les Allemands exigent que le petit royaume laisse passer sur son territoire les quatre armées…

4 août 2014

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Chroniques de la Grande Guerre : le plan de mobilisation français d'août 1914

Chroniques de la Grande Guerre : le plan de mobilisation français d’août 1914

– Bien que présentant des lacunes en matière de logistique, la mobilisation française de 1914 est bien loin de l’image d’Épinal de joyeuse kermesse laissée par quelques vieux manuels scolaires. Bien au contraire, bien que présentant (forcément) des défauts et lacunes logistiques, elle reste une mécanique particulièrement bien huilée et rationnelle, mise…

24 juillet 2014

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3 août 1914 : Mobilisation en Grande-Bretagne

3 août 1914 : Mobilisation en Grande-Bretagne

Tout d’abord, comme nous l’avons montré dans l’article consacré aux fantassins britanniques publié en mars, la mobilisation en Grande-Bretagne sera de toute autre nature qu’en France, en Allemagne ou en Russie. Cela pour deux raisons principales ; premièrement, l’opinion et les Cabinets Campbell-Bannermann et Asquith ne sont pas favorables à une intervention…

3 août 2014

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14 avril 2015
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Histoire & Culture

Général François Sevez

by adminfhesp 13 avril 2015

Savoyard, François Adolphe Laurent Sevez naît le 22 novembre 1891 à Chambéry. Fils d’un juge de la Cour d’appel de la même ville, il étudie d’abord le Droit à la Faculté de Lyon mais choisit de s’engager dans l’Armée à vingt ans sans passer par Saint-Cyr. Il sert d’abord au 97e Régiment d’Infanterie Alpine (RIA) à Chambéry et obtient le grade de Lieutenant de Réserve en 1913.
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En 1914, il est mobilisé comme Lieutenant au 359e RIA incorporé à 151e Brigade. Le jeune officier Sevez combat alors en Lorraine dans les secteurs de Saint-Martin, Badonviller, Baccarat et Sanzey. En 1915, il combat toujours en Lorraine dans le secteur Sandozweiler-Wattwiller avant de participer à la Seconde bataille de Champagne puis l’année suivante à Verdun (Bois-le-Prêtre et Barleux). En 1917, il combat encore en première ligne sur le Chemin des Dames durant l’été. Enfin, en 1918 Sevez suit encore son Régiment dans les Flandres et participe à la Bataille du Mont-Kemmel et à la contre-offensive de l’été.
En quatre ans de combats, il a reçu cinq blessures, trois citations et plusieurs décorations dont la Croix de Guerre et la Légion d’Honneur. Ayant obtenu le grade de Capitaine en 1918, il choisit de rester dans l’Armée d’active.

En 1919, François Sevez participe à l’occupation de la Ruhr sous les commandements des Généraux Mangin et Degoutte. Après un passage à l’Ecole de Guerre, il est promu Chef de Bataillon et part pour le Maroc. Versé dans la Légion Etrangère, il commande le 1er Bataillon du 4e Régiment Etranger. Membre de l’Etat-major de la Région de Marrakech, il intègre ensuite le Commandement des Supérieur des Troupes au Maroc. En 1935, il est promu Lieutenant-Colonel. De retour en France, il entre au Conseil Supérieur de la Guerre comme adjoint du Général Alphonse Georges alors Inspecteur Général des Troupes d’Afrique.
Auditeur du Centre des Hautes Etudes Militaires en 1938, il prend le commandement du 13e Régiment de Tirailleurs Algériens (2nde Division d’Infanterie Nord-Africaine) et obtient le grade le Colonel tout juste avant de déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. A la tête de son Régiment, le Colonel Sevez combat en Belgique et réussit à être évacué à Dunkerque après avoir pris la tête d’éléments de la 1re DINA.
Débarqué en Normandie avec le grade de Général de Brigade au milieu du mois de juin, il prend la tête de la 32e Division d’Infanterie Légère, unité reformée. Il participe aux derniers combats de 1940 mais est encerclé par les Allemands et fait prisonnier. Envoyé en captivité outre-Rhin il tombe malade et obtient son rapatriement à titre sanitaire.

Le 1er Janvier 1942, il est nommé Commandant de la 1re Section de l’Etat-Major de la Défense Nationale avant d’être affecté à l’Etat-Major du Commandement des Forces Terrestres, Aériennes et Maritimes en Afrique du Nord. Ses responsabilités comprennent aussi les défenses côtières du Maroc, d’Algérie et de Tunisie.
Après le Débarquement Allié de novembre 1942, Sevez suit son chef le Général Juin dans le ralliement aux alliés et devient Chef d’Etat-Major du Commandement des Forces Terrestres d’Afrique du Nord et d’Afrique Occidentale le 3 juin 1943. Pendant cette période, il s’occupe principalement de formation, d’entraînement et de réarmement. En septembre 1943, le Général Juin l’appelle pour commander la nouvelle 4e Division Marocaine de Montagne (DMM) qui compose le nouveau Corps Expéditionnaire Français (CEF) qui prend part à la Campagne d’Italie. Cette division est formée des 1er, 2nd et 6e Régiments de Tirailleurs Marocains, du 4e Spahis, du 64e Régiment d’Artillerie d’Afrique, du 69e Régiment d’Artillerie de Montagne, du 33e Groupe de FTA et du 82e Bataillon du Génie.

Débarquée à Naples fin 1943, la 4e DMM reste en réserve du CEF durant l’hiver et ne participe pas à l’assaut du Belvedere. En revanche, en mai, le Général Sevez mène sa Division à l’assaut des Monts Arrunci. Après un premier assaut infructueux avec de lourdes pertes, les Tirailleurs de Sevez percent dans les défilés et ouvrent le passage sur Rome. Pendant l’été 1944, la 4e DMM se distingue en poursuivant les Allemands en Toscane libérant la belle cité médiévale de San Gimignano, Certaldo et Castelfiorentino.

En juillet 1944, la Division du Général Sevez rejoint la Ire Armée du Général de Lattre de Tassigny. A la mi-août, elle débarque en Provence et remonte les Alpes de Provence pour y déloger les Allemands. En novembre, la Division participe aux combats pour la Libération de l’Alsace. Sevez la commande alors dans les durs combats pour Thann, la Forêt de la Hardt, dans la défense du secteur de Mulhouse. Le 21 décembre, François Sevez laisse le commandement de la 4e DMM au Général André Navereau car il est promu Chef d’Etat-major Adjoint de la Défense Nationale.
Le 7 mai 1945, il a l’honneur de contresigner l’acte de Capitulation allemande signé par le Général Alfred Jodl à Reims, aux côtés du Général Américain Walter Bedell-Smith (chef d’état-major d’Eisenhower).

De 1945 à 1948, le Général Sevez commande successivement le Ier Corps d’Armée en Allemagne puis les Troupes françaises d’Occupation en Allemagne à partir de 1946. Il succombe malheureusement à un accident de chasse à Ichenheim le 29 février 1948.

Il était titulaire, entre autres, de la Légion d’Honneur (Commandeur et Grand Officier), de trois Croix de Guerre (1914-1918, 1939-1945, TOE), de la Médaille Coloniale, de l’Ordre de la Couronne de Belgique, de l’Ordre du Bain, de la Legion of Merit américaine et de l’Ouissam Alaouite Chérifien (Maroc).

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Jean-Baptiste Marchand

Jean-Baptiste Marchand

Cet officier français reste toujours attaché à la déconvenue de Fachoda mais sa carrière militaire en somme toute honorable qu’il a menée, en particulier durant la Grande Guerre restée occultée. Preuve en est que cet officier a cumulé cinq blessures durant ses années de service. – Fils d’un menuisier bressan,…

13 janvier 2016

Dans « 1870-1914 »

Soixante dix-ans de la Campagne des Alpes de 1945

Soixante dix-ans de la Campagne des Alpes de 1945

– Après le Débarquement de Provence, le Generalfeldmarschall Albert Kesselring a ordonné à plusieurs divisions de tenir le front des Alpes, pendant que le reste des unités du Heeres-Gruppe G tenaient la ligne sur le Pô. Avant d’être envoyée en Alsace, la 2nde Division d’Infanterie Marocaine avait conquis Mondane et…

29 avril 2015

Dans « Non classé »

Général Aubert Frère

Général Aubert Frère

Figure méconnue de la Résistance à l’occupant allemand, Aubert Frère a été l’un des seuls officiers supérieurs de l’Armée français, avec Charles Delestraint, à avoir payé de sa vie son engagement. Fils d’un agriculteur du sud de l’Artois et sixième d’une famille de onze enfants, Aubert Achille Jules Frères voit le…

13 juin 2016

Dans « Histoire militaire française »

13 avril 2015
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Histoire & Culture

Déclaration de Pie VI suite à l’éxécution de Louis XVI (17 juin)

by adminfhesp 12 avril 2015

Extraits de l’ allocution de Pie VI au consistoire secret du 17 juin 1793 sur l’assassinat de Louis XVI

« Vénérables Frères, comment Notre voix n’est-elle point étouffée dans ce moment par Nos larmes et par Nos sanglots ? N’est-ce pas plutôt par Nos gémissements que par Nos paroles, qu’il convient d’exprimer cette douleur sans bornes que Nous sommes obligés de manifester devant vous en vous retraçant le spectacle que l’on vit à Paris le 21 du mois de janvier dernier.

« Le Roi très Chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie et ce jugement s’est exécuté. Nous vous rappellerons en peu de mots les dispositions et les motifs de la sentence. La Convention Nationale n’avait ni droit ni autorité pour la prononcer.

« En effet, après avoir aboli la monarchie, le meilleur des gouvernements, elle avait transporté toute la puissance publique au peuple, qui ne se conduit ni par raison, ni par conseil, ne se forme sur aucun point des idées justes, apprécie peu de chose par la vérité et en évalue un grand nombre d’après l’opinion ; qui est toujours inconstant, facile à être trompé, entraîné à tous les excès, ingrat, arrogant, cruel… La portion la plus féroce de ce peuple, peu satisfaite d’avoir dégradé la majesté de son Roi, et déterminée à lui arracher la vie, voulut qu’il fût jugé par ses propres accusateurs qui s’étaient déclarés hautement ses plus implacables ennemis. Déjà, dès l’ouverture du procès, on avait appelé, tour à tour, parmi les juges quelques députés plus particulièrement connus par leurs mauvaises dispositions, pour mieux s’assurer de faire prévaloir l’avis de
la condamnation par la pluralité des opinions. »

 « Ah ! France ! Ah ! France ! toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la chrétienté et l’inébranlable appui de la foi, toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le siège apostolique, ne marche pas à la suite des autres nations, mais les précède toutes, que tu Nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion !

« Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu’à présent ses persécuteurs les plus implacables ! Et cependant, tu ne peux pas ignorer, quand même tu le voudrais, que la religion est la gardienne la plus sûre et le plus solide fondement des empires, puisqu’elle réprime également les abus d’autorité dans les puissances qui gouvernent, et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Et c’est pour cela que les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir et s’efforcent d’amener d’abord le renoncement à la foi catholique.

« Ah ! encore une fois, France ! Tu demandais même auparavant un Roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fut pas catholique, et c’est précisément parce qu’il était catholique que tu viens de l’assassiner !

« Ta rage contre ce monarque s’est montrée telle que son supplice même n’a pu ni l’assouvir, ni l’apaiser. Tu as voulu encore la signaler après sa mort sur ses tristes dépouilles ; car tu as ordonné que son cadavre fut transporté et inhumé sans aucun appareil d’une honorable sépulture.

« Ô jour de triomphe pour Louis XVI à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de son supplice !

« Nous avons la confiance qu’il a heureusement échangé une couronne royale toujours fragile et des lys qui se seraient flétris bientôt, contre cet autre diadème impérissable que les anges ont tissé de lys immortels. »

« C’est pourquoi pour achever ce qui Nous reste à dire, Nous vous invitons au Service solennel que Nous célébrerons avec vous pour le repos de l’âme du Roi Louis XVI, quoique les prières funèbres puissent paraître superflues quand il s’agit d’un chrétien qu’on croit avoir mérité la palme du martyre, puisque Saint Augustin dit que l’Église ne prie pas pour les martyrs, mais qu’elle se recommande plutôt à leurs prières… »

Voir discours intégral  http://leblogdumesnil.unblog.fr/2008/01/21/85du-martyre-de-louis-xvi/

 

 

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Abbé Iborra :

Abbé Iborra : « En décapitant le roi, on décapitait symboliquement la France »

Extrait de l’homélie de l’abbé Eric Iborra, vicaire de la paroisse saint Eugène, à Paris, prononcée à l’occasion de la messe de requiem pour le défunt roi de France Louis XVI, le 21 janvier dernier :  « Pourquoi assistons-nous à une messe de suffrage si nous pensons, avec le pape Pie…

22 janvier 2014

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Prêtres et aumôniers pendant la Grande Guerre ( abbé E. Iborra)

Prêtres et aumôniers pendant la Grande Guerre ( abbé E. Iborra)

A bien des égards la Première Guerre mondiale a été une guerre civile à l’échelle européenne, et donc une guerre entre chrétiens. C’était le même rosaire qu’égrenaient ici des Bretons dans leur tranchée et là des Bavarois dans celle d’en face ; les mêmes chorals protestants qui s’élevaient des positions britanniques…

29 avril 2014

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18 juin 1940

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne,…

18 juin 2013

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12 avril 2015
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Histoire & Culture

Denis Tilliniac : « L’amour de la France doit être vertical ! »

by adminfhesp 12 avril 2015

« Seigneur, tu sais que Roland, saint Louis ou Jeanne d’Arc ont hissé le patriotisme français à une certaine altitude. L’amour de la terre et des morts de Barrès, cela ne suffit pas. Cet amour de la France doit être aussi vertical sinon il se transforme en défense  de la tribu.

Seigneur, la France est reliée à une transcendance. Elle doit devenir ou redevenir un des phares de la chrétienté. Elle est fille aînée de l’Eglise! Elle a un lien indissoluble avec ton Eglise catholique et romaine malgré toutes les tentations de gallicanisme. Il y a ici une dialectique qui a empêché notre patriotisme de dégénérer en nationalisme.

Seigneur, j’aime la crypte de Saint-Denis où réside la mémoire de l’histoire de France jusqu’à Charles X. Et aussi cet endroit où l’équipe de France, en 1998 a remporté la Coupe du monde dans une acropole moderne

Tu sais que, depuis la colline sacrée de Montmartre, on aperçoit les deux endroits en même temps.

Seigneur, l’amour de la France n’est pas celui de l’Etat, de la nation ou de la République. Tout cela peut disparaître ! On voit cela dans l’Ancien Testament… Quand un peuple n’est pas fidèle à son lien avec l’invisible, il décline et périclite. Toute l’histoire biblique est l’histoire de ce lien perdu et retrouvé.

Seigneur, je crois que la France a une âme. Elle peut survivre au déclin des structures. Son âme a des racines plus profondes, moins matérielles. L’identité de la France est dans son âme et pas dans la laïcité.

Seigneur, Tu sais qu’il est impossible de faire refluer le catholicisme dans le domaine privé. Sinon il faudrait débaptiser le tiers de nos communes de France ! Seigneur, dans mon village de Corrèze, j’entends sonner l’Angélus. Il sonne depuis le XIVè siècle grâce aux papes d’Avignon. Je sais que mes ancêtres ont entendu le même son. Leur ferveur a traversé les ages les plus sombres. »

Entretien paru dans l’hebdomadaire catholique Famille chrétienne, n°1922, du 15 au 21 novembre 2014

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« L’amour de la France fut avec l’amour de Dieu la flamme de Jeanne d’Arc » Mgr Dupanloup

Le 8 mai 1429 sainte Jeanne d’Arc entre dans Orléans d’où les Anglais viennent de s’enfuir. Prions sainte Jeanne de nous communiquer son amour de Dieu et son amour de la patrie.   Voici un extrait du Second Panégyrique de Jeanne d’Arc prononcé dans la cathédrale de Sainte-Croix, le 8 mai…

8 mai 2015

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« Le rayonnement de la France dans le monde s’enracine dans sa vocation chrétienne » Mgr Rey

« Au cours de sa visite apostolique en 1980, Jean-Paul II adressait une adjuration pathétique aux chrétiens de France : « France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » Les peuples, comme les personnes, ont une âme et une vocation à remplir, en toute liberté.…

9 avril 2015

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Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Chers lecteurs, France-Histoire-Espérance vous propose de redécouvrir le fameux discours sur la vocation de la France, prononcé le 13 juillet 1937-dans la chaire de Notre-Dame de Paris-par son éminence le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII. Un discours plus que jamais d’actualité !  « Tandis que dans la majesté des fonctions liturgiques,entouré…

23 septembre 2013

Dans « Non classé »

12 avril 2015
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Histoire & Culture

31 mars 1945 : la 1ère Armée française traverse le Rhin

by adminfhesp 9 avril 2015

– Après le nettoyage de la forêt de Bienwald et la prise de Maximilansau, les deux adversaires consolident leurs positions sur les deux rives du Rhin. Le Général Petersen, commandant du LXXXX. Armee-Korps déploie quatre divisions – ou plutôt ce qu’il en reste –  dans le Créneau du Rhin face aux Français : 47. Volks-Grenadier-Division (Oberst von Grunherr) dans le secteur de Spire ; 2. Gebirgs-Division (WIlibald Utz) à Philippsbourg ; 16. VGD (Schmidt) sur la ligne Graben – Leopoldshafen et 257. VGD (Erich Seidel) sur Karlsruhe. Néanmoins, en cette entrée du mois d’avril où la Heer s’effondre à l’ouest, l’effort de Petersen relève quasiment de l’exploit.

– En face, la 3e DIA, le CC N°6 et les Goumiers marocains (1er GTM) font face aux trois Volksgrenadier-Regimente de la 257. VGD (457., 466. et 477), tous-trois encore correctement dotés en infanterie (si l’on considère qu’un régiment ne compte que deux bataillons au lieu des trois réglementaires avant 1945). En revanche, la division manque cruellement d’artillerie, problème que ne connaissent guère les Français. Chaque Artillerie-gruppe de l’Artillerie-Regiment 257 ne compte que 1 à 2 batteries au lieu de 3. De son côté, après avoir été quasiment détruite pendant la campagne des Vosges, la 16. VGD vient de connaître sa troisième reconstitution en regroupant les restes des 245., 256 et 905. Infanterie-Divisionen, ainsi que des éléments des Waffen-SS. Mais elle possède encore le luxe de disposer de 5 très bons chasseurs de chars légers Panzerjäger (38 t) SdKfz. 138/2 « Hetzer ». Enfin, la 2. Geb.Div. ne reste pas sur cette partie du front mais devra y laisser un régiment.

– Côté français, le Général de Lattre de Tassigny ne dispose que de 20 km ouverts sur le Rhin, ce qui va l’obliger à ne déployer qu’une partie de ses unités pour franchir le fleuve. Le général français retrouve alors le Général Devers et lui demande l’autorisation d’introduire Spire dans la zone de franchissement français Devers accepte, car plus au nord la VIIth US Army de Patch vient de franchir le Rhin et la Ire Armée Française peut servir de flanc garde sur la droite des Américains. Outre cet impératif stratégique, de Lattre a un autre motif, politique cette fois. En effet, le Général de Gaulle veut que la France prenne sa part dans la conquête de l’Allemagne afin de discuter avec les trois autres grands vainqueurs. Pour lui, cette question de prestige et de politique sera résolue lorsque la Ire Armée aura conquis le sud de l’Allemagne. Le 29 mars, de Lattre reçoit un télégramme signé de Gaulle avec cet ordre : « Mon Général, il faut que vous passiez le Rhin, même si les Américains ne s’y prêtent pas et dussiez-vous passer sur des barques. Il y a là une question du plus haut intérêt national. Karlsruhe et Stuttgart vous attendent, si même ils ne vous désirent pas ». Notons bien que les plans Américains prévoient que les Français restent cantonnés à un rôle de flanc garde et ne s’emparent pas de Stuttgart. Mais de Lattre et de Gaulle voient les choses bien autrement…

– Juste après la réception de l’ordre signé du Chef du Gouvernement provisoire, de Lattre ordonne au Général de Monsabert de faire traverser le Rhin à son IInd Corps dans la nuit du 30 au 31 mars. La première vague d’assaut sera formée des 2nde Division d’Infanterie Marocaine et 3e DIA. La première, commandée par le Général Marcel Carpentier doit traverser le vieux Rhin à Gemersheim, en profitant du couvert des sous-bois. De son côté, la 3e DIA du Général Guillaume a reçu l’ordre du « Roi Jean » de traverser le Rhin « avec les moyens du bord » et de prendre pied dans le secteur de Spire.
Seulement, les bateaux manquent. Monsabert ne disposent que de 55 bateaux M2 d’une capacité de 12 hommes, ainsi que de 15 stormboats  – certains étant dotés de moteurs Goïot – pouvant filer à 60 km/h mais n’embarquant que 6 hommes, ainsi que de 12 petits navires pneumatiques.

– Du côté de la 2nde DIM, le 87e Bataillon du Génie a établi de plages de départ, « A » pour le 4e Régiment de Tirailleurs Marocains (Lieutenant-Colonel Clair) et « B » pour le 151e RI (Colonel Gandoët).
Le 31 mars à 04h45, 20 groupes d’artillerie de la Ire Armée, comme des 2nde DIM et 3e DIA ouvrent un feu d’enfer sur le Rhin. Mais le tir de préparation n’est pas concomitant avec la préparation de traversée des fantassins. En effet, les deux régiments d’assaut ne sont pas encore en place. A 06h00, les premières embarcations sont mises à flots mais ne tardent pas à essuyer un violent tir de barrage allemand. Les hommes du 151e RI sont forcés de se retirer sur la berge. Le 4e RTM n’a pas plus de chance puisque sur les 10 premières embarcations engagées, 4 sont perdues et 3 accusent des défaillances de moteurs. Trois bateaux parviennent sur la rive droite et 30 Tirailleurs réussissent à s’y accrocher mais se retrouvent cloués par le tir d’un Blockhaus. Ils ne doivent leur salut qu’au tir d’appui fourni par les Sherman et Wolverine du CC N°6 disposés sur la rive gauche du Rhin.
D’autres embarcations parviennent à acheminer 170 autres soldats qui tiennent une minuscule tête de pont de 200 m sur 80.

– Après une suspension de traversée de 09h30 à 11h30 environ, le Colonel Gandoët tente d’envoyer d’autres embarcations sur l’autre rive. Résultat, 20 soldats supplémentaires parviennent sur la rive allemande pour ne plus y bouger. Il n’y a bientôt plus que 8 hommes valides. Du coup, Carpentier ordonne de renforcer la tête de pont du 4e Tirailleurs Marocains. Les navettes reprennent et le Colonel Clair réussit à faire traverser tout le 3e Bataillon à 12h00. Une contre-attaque lancée par des éléments de la 16. VGD est repoussée et bientôt, tout le régiment se trouve sur la rive droite du fleuve durant la soirée.

– De son côté, la 3e DIA démarre sa traversée. Elle a dû céder des navires à sa voisine sans trouver de quoi les remplacer dans le port fluvial de Spire. Toutefois, grâce au conseil du Colonel Vilette qui connaît Spire pour y avoir été en garnison après la Grande Guerre, les Tirailleurs Algériens traversent le Rhin en amont du pont détruit, évitant ainsi le feu des casemates.
A l’aube, sans préparation d’artillerie, 1 compagnie du 1/3e RTA franchit le fleuve et prend pied sur la rive droite. L’effet de surprise joue et la 47. VGD ne produit aucune réaction. C’est seulement vers 10h00 que plusieurs batteries de canons et d’obusiers quadrillent le secteur de franchissement du 3e RTA depuis Altussheim causant plusieurs pertes. Néanmoins, les soldats français et algériens réussissent à s’installer dans une solide tête de pont de 5 km sur 3,5 km.
De Lattre en profite alors pour exploiter son succès et ordonne au Général Dromard, commandant du Génie de la Ire Armée d’établir une solide point de franchissement. Dromard déploie alors les équipes du Génie et ses pontonniers du 101e RG (Colonel Ythier) qui établissent un pont de 10 tonnes sur le Rhin. Mais seuls les véhicules légers et camions peuvent passer et non les chars. Du coup, afin de faire passer l’obstacle à la 5e DB, de Lattre obtient des Américains la permission d’utiliser le pont de Mannheim. En revanche, les 31 mars – 1er avril, les 3e DIA et 2nde DIM traversent le Rhin en force avec pour objectif Karlsruhe. La 9e Division d’Infanterie Coloniale de Magnan traversera le 2 avril. Enfin, si conformément aux plans du SHAEF, les Américains ordonnent à de Lattre de ne pas avancer à plus de 30 km à l’intérieur de l’Allemagne, le général français ne tient pas compte de ses instructions et compte bien pousser son effort.

9 avril 2015
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Histoire & Culture

Maréchal Bon-Adrien Jannot de Moncey

by adminfhesp 20 mars 2015

Fils d’un avocat du Parlement de Besançon, Bon-Adrien Jannot de Moncey voit le jour le 31 juillet 1754 à Moncey (ou à Palise pour d’autres) en Franche-Comté. La famille est d’origine bourgeoise et sa fortune a permis d’acquérir le domaine de Moncey.
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Etudiant d’abord le Droit pour suivre la voie paternelle, Bon-Adrien s’engage à quinze ans dans l’Armée Royale au Régiment Champagne-Infanterie mais ses parents obtiennent sa mise en congé moyennant paiement. Mais le jeune Moncey récidive et finit par s’engager dans la Compagnie des Gendarmes Anglais. En 1779, il est Sous-lieutenant au Corps de Nassau-Siegen et Lieutenant en 1785. Suivant une vie de garnison, il est transféré au 5e Bataillon de Chasseurs avant d’être promu Capitaine en 1791. Entretemps, il s’est marié avec Charlotte Prospère Remillet qui lui donnera quatre enfants.

Rallié avec enthousiasme à la Révolution, Jannot de Moncey combat dans les Pyrénées avec courage entre 1793 et 1795 en obtenant successivement le commandement de la 5e Demi-Brigade légère, puis les grades de Généraux de Brigade et de Division. Après la prise de San Sebastiani en août 1794, Moncey accède au commandement de l’Armée des Pyrénées.
En juillet 1795, le Directoire le nomme au commandement de la nouvelle Armée des Côtes qui doit prévenir contre toute tentative de débarquement entre Brest et Bayonne mais Moncey refuse pour des raisons de santé. Au lieu de cela, il est nommé commandant d’une Division à Bayonne.

Malheureusement, suite au coup d’Etat du 18 Fructidor An V mené par La Révellière-Lépeaux et Reubell, Jannot de Moncey est dénoncé comme élément royaliste en raison de ses très bonnes relations avec Jean Charles Pichegru et Lazare Carnot. Il est démis de son poste mais n’est pas emprisonné et est simplement placé en inactivité. En revanche, il se tourne contre le Directoire qu’il accuse d’avoir ruiné sa carrière. C’est pour cette raison, qu’il soutient le Coup d’Etat de Bonaparte le 18 Brumaire sans reculer.

En 1800, le Premier Consul nomme Moncey commandant de la 18e Division Militaire de Lyon puis Commandant en Second du Général Moreau à l’Armée du Rhin et mars de la même année. Même s’il se voit attribué des rôles secondaires, Moncey remplit bien ses missions en Suisse et en Italie. Malheureusement, il est dupé par l’Autrichien Laudon qui lui fait croire à un armistice. Cela n’empêche pas Bonaparte de le nommer au Commandement de l’Armée d’Italie en remplacement de Guillaume-Marie Brune mais Moncey quitte rapidement son nouveau poste, refusant de servir sous les ordres de Joachim Murat (qu’il déteste).
Le Premier Consul nomme alors Moncey à la tête d’un commandement peu gênant politiquement, à savoir Inspecteur Général de la Gendarmerie. A l’avènement de l’Empire, Napoléon Ier qui l’apprécie néanmoins pour son honnêteté (Mémoires de Sainte-Hélène), promeut Moncey Maréchal d’Empire en même temps que Lannes, Murat, Brune, Davout, Victor, Marmont, Ney Masséna, etc. Il est alors le doyen de la fournée.

Pendant cinq ans, Moncey reste à la tête de l’Inspection Impériale de la Gendarmerie avant d’être placé à la tête du Corps d’Observation de l’Armée d’Espagne en 1808. Il reçoit la mission de s’emparer de Valence et de Carthagène mais sa mission échoue. Fait néanmoins Duc de Conegliano, Moncey est placé sous les ordres de Jean Lannes lors de la victoire de Tudela mais il est rappelé à Paris en 1809. Pendant cinq ans, il doit alors se contenter de tâches secondaires.

En avril 1814, alors que les Coalisés Prussiens, Russes et Autrichiens sont sur le point de s’emparer de Paris (l’Empereur s’étant retranché à Fontainebleau), Moncey décide de résister à l’ennemi. Mobilisant tout ce qu’il a – Garde Nationale, Etudiants volontaires de Polytechnique et de l’Ecole Vétérinaire et autres – le vieux Maréchal décide de résister et de ne pas laisser tomber la capitale. Il défend ainsi vaillamment la barrière de Clichy mais il ne que retarder dans l’honneur, une échéance qui avait été décidée lors des négociations menées par Talleyrand, le Tsar Alexandre, l’Empereur François Ier et le Général Philip Schwartzenberg. Convaincu par Marmont, Ney et Victor de l’inutilité de résister, Moncey se rallie aux Maréchaux qui incitent Napoléon à abdiquer.

Servant à la Restauration pour rallier ensuite l’Empereur lors des Cent Jours, Moncey reste néanmoins spectateur des évènements de la première moitié de l’année 1815. Chargé de présider le Conseil de Guerre jugeant le Maréchal Michel Ney, Moncey refuse de présider le tribunal ce qui lui vaut d’être emprisonné… dans une chambre d’Hôtel. Mais il perd son bâton de Maréchal.

Ayant recouvré sa dignité de Maréchal de France en 1816 et pardonné par Louis XVIII,  il obtient un siège à la Chambre de Pairs de France en 1819. Gouverneur de la 9e Division Militaire en 1820, il participe activement à la Campagne d’Espagne de 1823 en conquérant Barcelone, Tarragone et Hostalrich.

Gouverneur des Invalides en 1833 (Monarchie de Juillet), il assiste au retour des Cendres de l’Empereur en 1840. Gravement malade, il s’éteint à Paris le 20 avril 1842 après avoir servi cinq régimes.

 Source :
– http://www.histoire-empire.org

 

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31 mai 1809 : Mort du Maréchal Jean Lannes à Essling

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Avec Davout  il fut l’un des seuls Maréchaux d’Empire restés invaincu et demeure sans conteste l’un des plus grands chefs de la Grande Armée. Connu pour sa fougue qui lui venait de ses profondes racines gasconnes et reconnu pour ses qualités de tacticiens et de manœuvrier, Jean Lannes représente aussi…

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