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Histoire & Culture

Histoire & Culture

26 septembre 1423 : « Besoigne » de la Brossinière ou de la Gravelle

by adminfhesp 28 août 2013

Cette victoire française, ardemment souhaitée par Yolande d’Aragon, belle-mère du Dauphin, fut marqué par l’écrasement des Anglais commandés par William de la Pole Comte de Suffolk.
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– Yolande d’Aragon ne pouvait souffrir davantage les incursions et pillages menés par les Anglais dans ses possessions du Maine et d’Anjou depuis la Normandie. Sa préoccupation est donc de mettre son Duché d’Anjou en sécurité.
En septembre 1423, William de la Pole s’est emparé de Segré et s’apprête à remonter vers la Normandie (alors possession du Roi d’Angleterre) avec un butin de 1 200 têtes de bétail. Il est en outre secondé par Thomas Aubourg et Thomas Cliffeton.

– La Duchesse d’Anjou mande alors l’un des plus grands capitaines du règnes de Charles VII, Ambroise de Loré Capitaine de Sainte-Suzanne (1) d’arrêter les Anglais.
Loré  rassemble alors un peu plus de 1 000 hommes et demande le renfort de Jehan VIII d’Harcourt Comte d’Aumale et Gouverneur de Touraine. D’Harcourt parvient à rassembler 900 hommes (400 piétons et 500 archers), tandis que Pierre Ier de Beauvau, le jeune André II de Montfort-Laval de Lohéac (le futur vainqueur de Castillon), Louis de Trémignon et Guy II de Laval-Loué Sire de Montjean se joignent à l’expédition.

Armes d'Ambroise de Loré

Armes d’Ambroise de Loré

– Les Français se rejoignent à Laval le 24 septembre. Le lendemain, des éclaireurs signalent à Loré et d’Harcourt que les Anglais font route vers la Normandie sur une route dite « le chemin gravelais » ou  « le chemin du Roy ». Ils avancent en colonne et à bonne allure.

– Loré rassemble ses gens d’armes et décide de se porter contre La Pole. Il remarque alors que les chariots occupent toute l’arrière du convoi anglais, ce qui entrave toute possible manœuvre de retraite.

– Ambroise de Loré ordonne à ses cavaliers de chasser les éclaireurs ennemis vers leur campement afin de forcer La Pole à s’y retrancher. Le chef anglais concentre alors ses forces pour protéger son butin et fait dresser des pieux pour contrer les assauts de la cavalerie française.

– Mais Loré ne se laisse pas prendre au piège. Il ordonne à ses cavaliers de mettre pied à terre et de combattre aux côtés des piétons. D’Harcourt fait donner ses archers qui éclaircissent les rangs anglais avant la charge.
Ambroise de Loré et ses hommes d’armes tombent alors sur les Anglais de front et commettent un massacre. A la fin de la journée, 1 200 à 1 400 cadavres d’Anglais jonchent le sol. William de la Pole fait partie des morts. Cliffeton et Aubourg doivent se rendre. Peu de pertes sont à dénombrer du côté français.

– André II de Lohéac, petit-neveu de Bertrand du Guesclin et neveu de Gilles de Rais, est armé chevalier à l’issu de cette victoire. Enfin, le chroniqueur Jehan Chartier dira que la « la besoigne de la Brossinière » restera l’un des plus glorieux souvenirs du règne de Charles VII.

(1) – Sainte-Suzanne est aujourd’hui une jolie cité médiévale située non loin de Laval et de Château-Gontier (Mayenne).

Lire :
– FAVIER Jean : La Guerre de Cent Ans,  Fayard
– MINOIS Georges : Charles VII, Perrin

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22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

Souverain passé à la postérité comme étant le « Petit Roi de Bourges qui a trahi Jehanne d’Arc » , dénigré par les historiens de la IIIe République, il apparaît très souvent comme un monarque effacé sinon insignifiant, coincé avec son père Charles VI le Fou entre les grands règnes…

22 juillet 2016

Dans « Bas Moyen-Âge et Guerre de Cent Ans »

10 juillet 1480 : Mort du Roi René d'Anjou

10 juillet 1480 : Mort du Roi René d’Anjou

A défaut d’avoir eu le poids politique de Charles VII ou de Philippe le Bon Duc de Bourgogne, le « Bon Roi René » , tel que le surnommaient ses vassaux et sujets provençaux, reste l’une des grandes figures attachantes de la seconde moitié du XVe siècle. Retour sur un…

10 juillet 2015

Dans « Non classé »

22 mars 1421 : Victoire franco écossaise de Baugé

22 mars 1421 : Victoire franco écossaise de Baugé

– En 1421, sous l’impulsion d’Yolande d’Aragon, Charles VII s’appuie sur les clauses de l’ Auld Alliance avec le Royaume d’Écosse et fait voter un impôt par le Parlement de Toulouse (États du Languedoc) pour relancer la guerre contre le Roi d’Angleterre Henri V. Jacques Ier d’Écosse consent alors à fournir…

22 mars 2016

Dans « Epoque médiévale »

28 août 2013
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Histoire & Culture

Vins d’été : Muscat du Cap Corse

by adminfhesp 23 août 2013

Chers lecteurs, chères lectrices les vins corses n’ayant toujours pas été traités sur FHE, l’occasion était donnée compte-tenu de ce bel été 2013.
September
Accrochées sur les terres arides et battues par les vents chauds du Cap Corse (tout au nord de l’Île de Beauté) et du Nebbio entremer, montagne et maquis. Malgré ses conditions assez difficile, les 89 hectares des vignes du Cap Corse produisent un vin parfumé, persistant en bouche, rond et sucré, doté d’un bon potentiel de garde d’une dizaine d’années.

Les cépages de Muscat blanc à petits grains, poussent sur des terres schisteuses ou granitiques, les secondes étant plus présentes sur les pentes du Massif du Tenda dans le Nebbio. On trouve aussi des terroirs calcaires sur les communes de Rogliano, Tomino et Patrimonio.

RH-muscat-de-cap-corse817-70055A l’œil, le Muscat du Cap Corse délivre une robe d’abord jaune pâle dans sa jeunesse qui devient ambrée avec l’âge.

Ses arômes, agréables et parfumés, mélangent l’abricot sec, la figue, le raison de Corinthe, les fruits exotiques comme la manque et le litchi, le beurre, des épices (cannelle et poivre blanc) et des agrumes telles le citron et le cédrat.

En bouche, le Muscat du Cap Corse est un véritable délice à déguster entre 8 et 10°C et offrant des notes de raisin frais croquant. Toutefois, selon la volonté des vignerons, les Muscat peuvent avoir un faible taux de sucre s’ils sont destinés à l’apéritif et inversement s’il s’agit d’un vin de dessert.

Vous l’aurez donc compris, selon la teneur en sucre on peut servir le Muscat du Cap Corse à l’apéritif pour accompagner des fromages et même de la charcuterie. Plus étonnant, si la teneur en sucre est faible, on peut le servir sur de la viande blanche grillée et aromatisée aux herbes.
A contrario, si la teneur en sucre est plus élevée, le vin accompagne fort bien les mousses et salades de fruits et pourquoi pas, les tartes aux citrons comme les desserts au chocolat.

Source :
– Dictionnaire des vins de France, Hachette

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Les vins de Corse

Les vins de Corse

Le vignoble de l’Île-de-Beauté peut se targuer d’être parmi les plus anciens de France. Déjà, en 570 av JC, les Phocéens, Grecs d’Asie Mineure, y ont planté des ceps. Mais le vignoble que nous connaissons aujourd’hui date du XVIe siècle et a été planté par les Gênois qui possédaient l’Île.…

22 mai 2014

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Vins d'été : Muscat de Beaumes de Venise

Vins d’été : Muscat de Beaumes de Venise

Il est vrai que les vins du Rhône sont en grande partie connus pour leurs grands rouges mais il y en a tout de même un qui s’en détache. Bénéficiant d’une température idéalel’été comme du vent chaud débouchant dans la vallée du Rhône depuis la Méditerranée, les vignes du Muscat…

3 septembre 2013

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Vins de Corse - Le Patrimonio

Vins de Corse – Le Patrimonio

Avec les Vins de Corse (Bastia, Ajaccio, Sartène) et les Muscat du Cap Corse, Patrimonio est la troisième appellation connue (et reconnue) de l’Île de Beauté.Mais elle est aussi la première reconnue (1968). Le vignoble de Patrimonio se situe au nord de l’île de Beauté et s’étend à l’est de Bastia dans un…

13 juin 2014

Dans « Non classé »

23 août 2013
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Histoire & Culture

Recette de cuisine : lapin à la bourguignonne

by adminfhesp 22 août 2013


– Lapin/cuisses de lapin/râble de lapin
–
350 g de champignons
– 20 cl de crème fraîche
– Lardons ET/OU poitrine fumée
– 30 cl de Bourgogne rouge
– 1 cuiller à soupe de sucre
– Miel (pas nécessaire mais donne du corps à la sauce)
– 2 cuillers à soupe de moutarde de Dijon
– Bouquet garni
– Ail
– Oignon OU petits oignons
– Échalote
– Estragon
– Marc de Bourgogne


– Pour accompagner
– Riz ou pommes de terre (rissolées ou vapeur) accompagné(es) de carottes, ou non

1. Dans une casserole
– Faire revenir l’ail et l’échalote dans une casserole en recouvrant d’eau
– Ajouter les champignons
– Couvrir d’eau froide
– Retirer et mettre dans une assiette à part

2. Dans une cocotte

– Faire fondre un morceau de beurre
– Faire revenir le lapin ou les morceaux
– Ajouter lardons et poitrine fumée
– Ajouter sel, poivre, bouquet garni
– Ajouter champignons, ail et échalote
– Faire mijoter à feu doux

3. Dans la casserole
– Faire fondre l’oignon/petits oignons
– Recouvrir d’eau froide
– Cuire 20 minutes
– Ajouter dans la cocotte

4. Sauce (dans un bol ou une jatte à part)
– Mélanger crème fraîche, moutarde, sucre (plus miel) et estragon
– Verser dans la cocotte peu avant la fin de cuisson.

5. C’est prêt ! Servez avec le riz ou les pommes de terre

 

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Cuisine bourguignonne : Matelote

Cuisine bourguignonne : Matelote

Chers lecteurs, chères lectrices, jour des Poissons d’Avril obligeant, je vous ressors donc la recette de la Matelote des archives. INGRÉDIENTS: – Anguille, carpe/sandre/truite, brochet (500 g chacun) – 30 cl de vin rouge – 200 g de champignons – 20 petits oignons – 1 cuillerée à soupe de farine…

1 avril 2014

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Vins du Rhône - Crozes-Hermitage

Vins du Rhône – Crozes-Hermitage

Le vignoble de cette appellation reconnue en 1937, s’étend dans une plaine (1 411 ha) au sud des coteaux d’Hermitage. Les sols y sont variés ce qui donne une diversités aux vins. Enfin, le Croze-Hermitages est majoritairement produit en rouge, avec un peu de blanc. Issu exclusivement de la Syrah (sols calcaires,…

9 octobre 2013

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Vins et crus de Bourgogne : le Chablis

Vins et crus de Bourgogne : le Chablis

Tout d’abord, nous trouvons quatre appellations distinctes : Chablis, Chablis Grand Cru, Chablis Premier Cru et Petit Chablis. Le vignoble du Chablisien se situe dans la partie nord de la Bourgogne, le long du Serein, dans l’actuel département de l’Yonne. La production est assurée grâce à des sols calcaires, durs et…

6 décembre 2015

Dans « Cuisine et vins »

22 août 2013
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Histoire & Culture

Pour le bien de la langue française, évitons quelques erreurs fréquentes

by adminfhesp 21 août 2013

-Il ne faut en aucun cas prononcer « challenge » à l’anglaise : Challenge est un mot cent pour cent français, et même l’un des plus anciens mots de la langue française. Directement dérivé du latin « calumniare », il apparaît dans sa forme actuelle ou dans sa variante « challonge », dès le Moyen-Age où il signifie « accuser publiquement », ou « défier ». Pas très loin de son sens actuel. Les anglais nous l’empruntent, comme beaucoup d’autres mots, mais le français ne l’oublie jamais au cours de son histoire, contrairement aux fameuses « bougette » (budget) ou « fleurette » (flirt).

-Il n’y a pas plus de « sourds et muets » que d’aveugles unijambistes : Dans le langage courant, celui où on ne pèse pas ses mots, il est fréquent d’entendre parler d’un sourd muet. Ces deux déficiences physiques doivent pourtant être dissociés car il s’agit bien de deux problèmes distincts et non liés. Ce qui est vrai, c’est que les sourds ont des difficultés à apprendre à parler parce qu’ils ne s’entendent pas. Mais il ne s’agit en aucun cas de mutisme. leurs cordes vocales fonctionnent parfaitement et leur permettent d’émettre autant de sons que n’importe quel entendant. Les sourds qui ne parlent pas n’ont tout simplement pas appris à parler mais ne présentent pas de déficience physique autre que leur surdité.

-On dit que les fêtes « battent leur plein » : Si l’expression « battre son plein « a naguère encore suscité quelques controverses, tous les spécialistes s’accordent aujourd’hui à donner raison à Littré. Dans cette expression empruntée à la langue des marins, son est bien un adjectif possessif et plein un substantif, les meilleurs auteurs se rangent à ce point de vue. Le plein, c’est la pleine mer, et l’on dit que la marée bat son plein lorsque, ayant atteint sa plénitude, elle demeure un temps stationnaire.

-« Gadget » n’est pas un mot d’origine anglaise. Ce mot est d’origine incertaine, mais il vient probablement du français. Il apparaît pour la première fois écrit en 1886, et cette année-là, une entreprise française nommée « Gaget, Gauthier et Cie » eut l’idée de fabriquer des modèles réduits de la statue de la Liberté. L’entreprise, qui effectuait le travail de fonderie pour la construction de la statue de la Liberté, proposa ses miniatures à l’inauguration de la statue en 1886. Les miniatures mentionnaient le nom de la société, déformé en anglais en « gadget ».

-On écrit bel et bien des « remèdes de bonne femme » : L’expression, encore utilisée aujourd’hui pour désigner des pharmacopées désuètes et peu crédibles, aurait selon certains une origine latine : le terme fama qui a donné en français des mots comme « fameux » et « infâme » ou encore une locution telle que « mal famé ». Un « remède de bonne fame » est donc soutenu par ceux-là comme un remède de bonne réputation. Pourtant on ne trouve aucune trace écrite de l’expression dans toute la littérature ancienne (latine comprise) ; il y a bien l’emploi de « bonne fame » au sens de bonne renommée, mais rien associant un mot désignant un remède ou une médication. (si vous avez en votre possession un texte à nous soumettre, n’hésitez pas a nous en informer). Il faut aussi considérer qu’au Moyen Âge on écrivait indifféremment le mot femme, fame ou famme pour désigner le sexe féminin. Pour ce qui est de son orthographe, c’est bien « bonne femme » qui est à employer, n’en déplaise à certains : l’académie a depuis longtemps tranché là dessus.

Source : http://tatoufaux.com

Un doute sur un mot ou une expression de la langue française ?
N’hésitez pas à recourir à l’excellent et on ne peut plus précis Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales : http://www.cnrtl.fr/definition/

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Richelieu : L'Homme Rouge au service de l'Etat

Richelieu : L’Homme Rouge au service de l’Etat

Le 4 décembre 1642 , épuisé et gravement malade, Son Éminence Armand Jean du Plessis Cardinal de Richelieu, Duc et Pair de France s’éteint à Paris après avoir prononcé ces mots : « Je n’ai d’autres ennemis que ceux de l’Etat » – En somme, pour reprendre les mots du défunt Philippe Erlanger, le Cardinal…

4 décembre 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

Francophonie : La France n'a pas dit son dernier mot...

Francophonie : La France n’a pas dit son dernier mot…

La France rayonne dans le monde à travers sa langue. Après avoir été à l’époque de l’Ancien Régime la langue des cours royales et princières (russes, espagnoles, anglaises ou allemandes), le français demeure une langue importante de la diplomatie internationale. Il est une des deux langues de travail (avec l’anglais) de…

25 janvier 2012

Dans « Non classé »

Frédéric Bastiat (1801-1850), icône de l’École Française d’économie

Frédéric Bastiat (1801-1850), icône de l’École Française d’économie

On entend souvent dire que « le libéralisme est une perversion de la pensée humaine », anglo-saxon, inefficace, pervers, apatride, etc. (pour la liste complète des doux qualificatifs du libéralisme vous n’avez qu’à consulter un média ou un homme politique français). Notre modernité a la mémoire courte et si aucune de ces…

18 novembre 2013

Dans « Non classé »

21 août 2013
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Histoire & Culture

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 12

by adminfhesp 17 août 2013

– LES OFFENSIVES D’AOÛT 1915 (Première partie)

1 – IMPASSE AU CAP HELLES

– Au cours du mois de juillet, alors qu’un soleil de plomb s’abat sur les tranchées alliées et turques, le général Hamilton décide de modifier son axe offensif. Le VIIIth Corps, placé sous le commandement du Lieutenant.General William Douglas (en attendant la venue de Sir Francis Davies) doit attaquer les positions ottomanes autour d’Achi Baba et celles qui barrent l’accès de Kilid Bahr. Mais l’offensive principale doit s’effectuer plus au nord, à partir de la Baie de Sulva.
Le 6 août, la 88th Infantry Brigade (29th Division), dont les effectifs viennent d’être complétées doit attaquer les lignes turques au nord de Krithia Nullah et pousser vers « l’Eperon du sapin » afin de permettre aux Anzacs de progresser, pendant que les 125th et 127th Brigades de la 42nd Infantry Division attaqueront le long de l’éperon de Krithia et sur Krithia Nullah.

Source : http://www.gallipoli.gov.au/

Source :
http://www.gallipoli.gov.au/

– Le 6 août donc, à 14h20, l’artillerie britannique – qui limite sa consommation de munitions – déclenche un tir de barrage. Mais les Turcs s’attendent à une attaque britannique dans le secteur de Krithia et répliquent par une violente contre-batterie. Juste arrivé du Front de l’Ouest, Sir Francis Davies dit se trouvé « horrifié par l’inefficacité du bombardement britannique ». A 15h30, appuyés par les mitrailleurs du 1/6th Bn. Manchester, les fantassins britanniques de la 88th Brigade sortent de leurs tranchées pour être balayés par un feu d’enfer dans le No man’s land. Mais cela ne décourage pas les officiers supérieurs britanniques. Se fondant sur des rapports aussi optimistes qu’erronés, le Major.General Henry de Beauvoir de Lisle, nouveau commandant de la 29th Division ordonne à la 86th Brigade de lancer un assaut de nuit à 22h30. Mais devant les protestations de plusieurs de ses subordonnés, de Beauvoir de Lisle annule sont assaut. Toutefois, les Turcs ne lancent pas de contre-attaques, préférant tenir fermement leurs positions.

– Au matin du 7, les 125th et 127th Brigades s’apprêtent à passer à l’assaut contre les lignes de la 4e Division turque. Un tir de barrage inefficace démarre à 08h10 avec des mitrailleuses du 1/6th Manchesters, dans le but de noyer plusieurs positions turques sous un déluge de balles. Ensuite, les fantassins de la 125th Brigade (1/7th Lancashire) se lancent à l’attaque. S’ils parviennent à « mordre » dans la première ligne turque, les jeunes engagés anglais se font repoussés avant d’être relevés par le 1/9th Manchesters (126th Brigade). Les combats, aussi indécis que sanglants, vont encore durer jusqu’au 13 août. Plus de 3 300 soldats britanniques ont été tués et blessés contre 7 500 turcs. S’il y a tout de même un satisfait, c’est Liman von Sanders. Constant la très bonne tenue au feu de son Ve Corps à Helles, il peut envoyer la 8e Division au nord.

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2 – L’OFFENSIVE DE L’ANZAC

* Lone Pine

– Le secteur de Sulva – Sari Bahr devient le cœur de l’offensive d’août de la campagne de Gallipoli. Le plan des opérations est alors établi par William Birdwood et le Brigadier.General Andrew Skeen. Il prévoit une attaque dans la fin d’après-midi du 6 août au niveau du « Pin solitaire » (Lone Pine) avec la 1st Australian and New Zealand Division, afin de forcer les hauteurs clés de Çunuk Bahr et prendre la Cote 971 à l’aube du 7 août pour ensuite prendre les positions baptisées « The Nek » et « L’Echiquier ». Si certains généraux comme l’australien John Monash se montrent résolument optimistes, les commandants de bataillons comme Cecil Allanson (1/6th Gurkhas Rifles) et William Malone (Wellington Battalion) sont beaucoup plus sceptiques quant aux chances de réussite du nouveau plan. Cependant, à la veille de l’offensive, le Major.General Harold Walker commandant de la 1st A&NZ Division, se montre particulièrement inquiet quant au no man’s land que ses soldats auront à franchir. Du coup, il ordonne que l’on creuse des tunnels pour parvenir au plus près des lignes ennemies.

– L’assaut contre Lone Pine est confié à la 1st Australian Brigade (1st, 2nd, 3rd et 4th New South Wales Battalions), pendant que la 2nd Brigade doit effectuer un tir de surpression sur la position baptisée « Johnston’s Jolly ». Enfin, la 3rd Brigade et la Light Horse Brigade font face aux Turcs établis sur la « Crête du Sniper » (« Sniper’s Ridge »). Gros défaut du plan ; les Australiens de la 1st Brigade qui sont en charge de la percée, ne seront pas appuyés.

– Le 6 août, pendant que l’artillerie bombarde les positions turques, des centaines de soldats australiens de la 1st Brigade se mettent à couvert. Ensuite à 14h00, les sifflets résonnent et trois vagues de fantassins coiffés de tin hats (le large chapeau de feutre australien) se ruent sur les lignes turques du « Pin solitaire ». Bien que surpris, les soldats du 57e Régiment turc ripostent par un feu meurtrier. Tués et blessés jonchent le sol. Mais l’effet de surprise joue pour les Australiens qui réussissent à chasser les soldats ennemis de la première ligne de tranchée. Averti de la situation, Mustapha Kemal ordonne au 1er Bataillon du 57e (Major Zeki Bey) de contre-attaquer à 18h00. Mais avant, Kemal fait donner un feu d’enfer sur les Australiens qui doivent se cramponner au terrain comme ils le peuvent. Les Turs mettent ensuite baïonnette au canon et chargent. Le corps-à-corps est sanglant et les tranchées sont vite remplies de cadavres des deux camps. Mais finalement, les Australiens sont contraints de se replier de plusieurs positions conquises. Walker ordonne au Brigadier McCay, commandant de la 2nd Brigade, de renforcer les positions prises par la 1st Brigade. McCay expédie alors les 7th et 12th (South and Western Australia & Tasmania) Battalions.
Mais le 7 août, le 13e Régiment turc du Colonel Ali Reza Bey passe à la contre-attaque à son tour. Australiens et Ottomans se battent alors à la grenade, au fusil et à l’arme blanche pour le contrôle de chaque tranchée. Au sud, les 1st et 2nd (New South Wales) Battalions reçoivent tout le poids de l’assaut ennemi. Pendant ce temps, les 3rd, 4th et 12th Battalions tiennent bien au nord et au centre. Mais le 8, les Turcs attaquent à la jointure de deux bataillons à Johnston’s Jolly et parviennent jusqu’au QG de la 1st Brigade à « Brown’s Dip ». Le 7th Battalion réussit à repousser l’assaillant avant d’être relevé par le 5th Bn. Finalement, le 9 les combats cessent. 2 277 soldats australiens sont tombés pour 5 000 – 7 000 turcs. Le 57e Régiment a respecté l’ordre de Kemal : « je ne vous ordonne pas de vaincre, je vous ordonne de mourir ! »

Soldats australiens (reconnaissables à leurs chapeaux) dans une tranchée de Lone Pine

Soldats australiens (reconnaissables à leurs chapeaux) dans une tranchée de Lone Pine

[Suite]

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 10

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 10

– LA SECONDE BATAILLE DE KRYTHIA (28 avril – 9 mai 1915) – L’erreur grossière de Hamilton est d’avoir laissé Kum Kale inoccupé, permettant ainsi aux Turcs d’y réinstaller des canons qui pilonnent impunément la partie européenne. Cependant, les 26-27 avril, la 1re Brigade Métropolitaine (Général Vandenberg) débarque sur «…

19 mai 2015

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 11

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– Au sein du War Council et du Cabinet, l’opération dans les Détroits fait autant l’objet de débats que de confusion. Il faut dire que les mauvaises nouvelles s’accumulent, provenant de France et de l’Est de la Méditerranée. Certains avancent l’idée d’abandonner l’opération. Mais Herbert Kitchener refuse catégoriquement, craignant que…

5 juillet 2015

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 13

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 13

– LES OFFENSIVES D’AOÛT 1915 (Seconde partie) ** Echec des Néo-Zélandais à Çunuk Bahr – Sur le flanc droit (sud), l’attaque doit être effectué par deux colonnes d’assaut, chacune appuyée par une force de couverture. La Right Covering Force formée de la New Zealand Mounted Brigade d’Andrew Russell, (avec les…

23 août 2015

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17 août 2013
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Histoire & Culture

Recommandation musicale : Ludovicus Rex, l’Adoration de Saint Louis

by adminfhesp 15 août 2013

Dirigé par Jean-Noël Haddad en 1997, le Chœur Grégorien de Paris interprète plusieurs extraits des Offices pour l’Adoration de Saint Louis. Composés dès le XIIIe siècle, ils comptent parmi les plus beaux chants grégoriens.

jean-noel-haddad-ludovicus-rex-l-adoration-de-saint-louis
La disque comporte les extraits suivants :
– Ad te salvi
– Gaude Mater Ecclesia
–
 Ludovicus decus regnantium
– Regni sedem consecutus
– Habitabit confidenter Rex
– Première lecture de Vita
– Fulget signis Rex insignis
– Vexilla Regis prodeunt
– Plebs ergo francigena
– Innocens manus
– Hunc natura genuit
– Deuxième lecture de Vita
– Gloriosus apparuit
– Te sancte, rursus Ludovice
– Operatus est bonum
– Coronatur gloria sanctus
– Benedictus dominus
– Felix corona franciae pater Sancte Ludovice 
– Troisième lecture de Vita
– Regnum mundi supergrassus
– Nova Regis preconia
– Domine salvum fac
regem


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Jean Paul II :

Jean Paul II : « O terre de France ! »

Extrait du discours prononcé par le souverain pontife lors de sa visite à Lourdes en 1983. A méditer… « Catholiques de France, en tant que Pasteur universel mais solidaire de mes chers Frères dans l’épiscopat, vos Evêques; je vous encourage à vous maintenir en mission. Toute nation a son histoire humaine…

29 mars 2014

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Musique médiévale - 1 : Pérotin le Grand

Musique médiévale – 1 : Pérotin le Grand

Chers lecteurs, chères lectrices, j’ai décidé d’inaugurer un cycle sur la musique française médiévale, période sans doute trop injustement méconnue mais qui recèle des trésors de créativité et d’harmonie ; tant du point de vue la musique sacrée (le chant grégorien atteint des degrés de perfection en Europe) que des pièces…

15 février 2016

Dans « Arts et lettres »

Testament de saint Louis

Testament de saint Louis

En cette année où nous célébrons le 800ème anniversaire de la naissance de saint Louis (1214-1270) France-Histoire-Espérance vous fait part de son testament (recueilli par Geoffroy de Beaulieu, son confesseur). Le souverain s’adresse à son fils aîné, le futur Philippe III. Nous en recommandons vivement la lecture à nos dirigeants…  Comme…

30 juin 2014

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15 août 2013
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Histoire & Culture

Général Jean Touzet du Vigier, commandant de la « Saint Louis »

by adminfhesp 12 août 2013

– Restant dans l’ombre des Juin, Leclerc et de Lattre de Tassigny aux yeux du grand public, Jean Louis Alain Touzet du Vigier voit le jour le 10 octobre 1888 à Chambéry. au sein d’une vieille famille. Il est le quatrième enfant d’Alain Touzet du Vigier et de  Louise née Lochtenberg. Il a aussi une sœur aînée, Madeleine, ainsi que deux frères, Ghislain et Maurice. TOUZAY DU VIGIER

– Après ses études, il souhaite intégrer l’Ecole de Saint-Cyr mais est d’abord refusé pour raisons de santé.  Il s’engage alors en 1910 au 33e Régiment d’Infanterie encaserné à Arras et commandé par le Colonel Philippe Pétain.
Grâce à l’intervention d’Alexandre Millerrand ami de ses parents, il peut intégrer Saint Cyr en 1913 au sein de la 98e Promotion de Saint-Cyr « La Croix du Drapeau ». Il a pour camarades les futurs généraux Augustin Guillaume, Roger Noiret et Emile Hogard. Son passage à Saint-Cyr ne laisse pas un souvenir impérissable à l’Ecole étant donné que Jean Touzet du Vigier ne sort que 135e sur 249, sans doute en raison de sa santé. Jeune aspirant, il choisit alors la Cavalerie et se retrouve affecté au 9e Régiment de Cuirassiers du Colonel Vallée à Noyon.

– Sous-lieutenant à l’entrée de la France en Guerre, Touzet du Vigier connaît sa première expérience du feu au sein du 9e Cuirassiers qui participe à la campagne de Belgique près de Neufchâteau, avant d’être entraîné dans la retraite et d’arriver jusqu’à l’Ourcq. Le 13 septembre 1914, Jean Touzet du Vigier reçoit l’ordre de mener une reconnaissance sur l’Oise en avant des lignes de la I. Armee allemande de von Kluck. La patrouille de Touzet du Vigier se retrouve donc dans les lignes allemandes et mène des reconnaissances en échappant aux unités allemandes entre Ambleny et Compiègne. Finalement, en dépit quelques hommes perdus, Touzet du Vigier mène à bien sa mission et profite de la connaissance du terrain apportée par certains de ses hommes originaires de la région, comme du concours des habitants. Après trois jours, les cavaliers français sont de retour dans leurs lignes. Cette mission sera relevée par la Revue de Cavalerie de 1929.

– Touzet du Vigier participe alors aux combats du 9e Cuirassiers durant la Grande Guerre, le régiment allant être « démonté » pour être converti en Régiment d’Infanterie en 1916. On le retrouve donc à Monchy-aux-Bois fin 1914, à la Bataille de la Somme (1916) comme commandant d’une section de mitrailleuses (Cléry, Ommiercourt-les-Cléry, Tracy-le-Val) ; à Laffaux et à la victoire de la Malmaison (1917), à la bataille de Noyon (mars 1918) ; aux combats de Picardie durant l’été 1918 (Caumont, Caillouel, Thiescourt, Lassigny, Hauzy). Promu Lieutenant, puis Capitaine à titre temporaire, décoré de la Croix de Guerre, Touzet du Vigier  termine la grande guerre lors de l’offensive de la IVe Armée du Général Gouraud (Tranchée du Dromadaire, Binarville et forêt d’Argonne). Entretemps, il s’est marié avec Françoise Magon de la Giclais.

– En 1919, Jean Touzet du Vigier retrouve la Cavalerie au sein du 2e Régiment de Chasseurs d’Afrique au Maroc. La même année, il est nommé instructeur à l’Ecole d’Application de la Cavalerie et du Train à Saumur, poste au sein duquel il reste une année. En 1920, le Général Henri Niessel le choisit pour participer à la Mission militaire française en Pologne que conduit Weygand pour aider la jeune Pologne de Pilsudski à repousser les bolcheviks de Toukhatchevski et Boudienyi. Affecté à Varsovie, Touzet du Vigier – toujours Capitaine à titre temporaire – dispense des cours de tactique de Cavalerie aux officiers polonais, tout en se chargeant d’activités plus administratives sous la direction du Chef de Bataillon Charles de Gaulle, de deux ans son cadet. Touzet du Vigier racontera plus tard l’anecdote selon laquelle, lors d’une réception, une Comtesse polontaise se serait assise sur les genoux de de Gaulle qui aurait levé les deux bras au ciel en forme de « V » ; signe repris plus tard en d’autres circonstance.

– Rentré en France en 1921 et nommé définitivement Capitaine, Jean Touzet du Vigier commande un escadron du 18e Régiment de Chasseurs à Cheval. Il intègre l’Ecole de Guerre de 1923 à 1925 mais n’y brille pas particulièrement. Il connaît alors des années assez difficiles sur le plan professionnel et intellectuel, naviguant entre différent états-majors. Toutefois, il fait partie des premiers qui prêchent la mécanisation de la Cavalerie française à l’aide de chars et d’automitrailleuses. Il faut bien savoir que durant cette période marquée par un profond pacifisme au sein de la population, le développement du char en France s’est heurté au conservatisme intellectuel de l’Infanterie. Ce corps ayant même réussi à écarter définitivement le Général Estienne, le « père » du Char Renault FT-17. Aussi, pour beaucoup, le Char d’assaut doit d’abord rester une arme d’appui d’Infanterie. Toutefois, il réussit à percer et revient à l’Ecole de Cavalerie de Saumur comme instructeur où il peut mettre en avant ses idées face à un public. Touzet du Vigier n’est pas le seul à promouvoir cette nouvelle vision de l’emploi des forces. Outre que de Gaulle, on trouve d’autres généraux français plaidant en ce sens comme Aubert Frère et Charles Delestraint. Promu Chef d’Escadron en 1932, il intègre le 18e Régiment de Dragons à Reims deux ans plus tard. Touzet du Vigier continue de développer ses idées et conférences et en exercices sur le terrain, prêchant aussi pour l’action interarme. Avec un groupe d’officiers, il élabore la création de la 1re Division Légère Mécanique (DLM). En théorie, celle-ci doit comporter 3 Régiments blindés, 1 Régiment d’Infanterie portée, 1 Régiment d’Artillerie tractée, d’une batterie antichar et de 1 Bataillon de Sapeurs. En 1936, Touzet du Vigier intègre l’Etat-Major du Centre d’Etudes Tactiques Interarmes à Versailles, ce qui lui permet de développer davantage ses idées. Il en est convaincu, l’avenir de la guerre se trouve dans la mécanisation et dans l’emploi des chars. Les activités de notre officier oscillent alors entre cours, conférences et exercices interarmes à Mourmelon et Valdahon. Promu Lieutenant-Colonel en 1938, il est affecté à l’Etat-Major de la Cavalerie lors de l’entrée en guerre contre l’Allemagne avant de se retrouver au Centre d’Organisation Mécanique de la Cavalerie (OMC) à Fontrevault où le Général Jean Langlois constitue la 3e Division Légère Mécanique, forte d’environ 115 chars. Touzet du Vigier prend alors le commandement du 2e Régiment de Cuirassiers qui compose cette nouvelle unité avec le 1er Cuirassiers du Colonel Henri de Vernejoul (futur commandant de la 5e Division Blindée française en 1944), le  12e Cuirassiers (Colonel Leyer), le 11e Régiment de Dragons Portés (Colonel Revouy), le 76e régiment d’Artillerie Tractée tout-terrain et le 39e Bataillon de Sapeurs.

– En 1940, la 3e DLM est intégrée dans un Corps de Cavalerie (avec la 2e DLM du Général Bourgrain) et envoyée aider l’Armée Belge à protéger le Canal Albert. Elle connaît son premier engagement à Hannut les 12-13 mai contre le XVI. Panzer-Korps allemand d’Erich Höppner. Mettant en pratique tous ses exercices précédents malgré plusieurs difficultés, Jean Touzet du Vigier affronte courageusement les chars de la 4. Panzer-Division de Stever et parvient à les repousser avant de devoir reculer en bon ordre et en combattant, derrière la Dyle. Le 2e Cuirassiers ne se déshonnore nullement face aux Allemands, combattant sans relâche à Thisnes et à Jandrain. Touzet fait embarquer les restes ecténués de son régiment à Dunkerque. Après le bref passage en Angleterre, il rentre rapidement en France où on le place à la tête de la nouvelle 5e Brigade Légère Mécanique (BLM) qui forme la nouvelle organisation de la 3e DLM. Mais l’Armée française connaît la défaite et Touzet du Vigier combat encore contre les Allemands jusque sur la Loire jusqu’à l’armistice du 22 juin. Mais il échappe à la captivité en réussissant à mener son unité jusque dans le Périgord.

– Comme praticien reconnu du combat de Cavalerie, Touzet du Vigier reste dans l’Armée d’Armistice en Zone Libre et se voit affecté au 3e Bureau d’Etat-Major de l’Armée en novembre 1940. Il est promu Colonel en décembre. Légaliste mais farouchement patriote et anti-allemand, il entre très vite en relation avec des officiers préparant la revanche. Il entretien aussi des liens très étroits avec René Carmille. Polytechnicien de formation et Contrôleur Général des finances, Carmille met en place le « Service National des Statistiques », acronyme qui masque la planification d’une mobilisation clandestine sur l’ensemble du territoire français. Il mourra exécuté à Dachau. Touzet du Vigier participe aussi à la création de dépôts d’armes clandestins, avant d’intégrer l’ORA que commande le Général Aubert Frère. C’est aussi lui qui met au point le plan d’évasion du Général Giraud.

– En janvier 1942,  le Colonel Touzet du Vigier est envoyé en Algérie pour prendre le commandement de la 2nde Brigade de Cavalerie d’Algérie à Mascara. Il continue alors ses activités de préparation de la revanche jusqu’au débarquement allié au Maroc et en Algérie. Le 8 novembre 1942, il prend le commandement d’une Brigade Légère Mécanique constituée avec du matériel maintenu dans les dépôts, contrairement à ce que prévoyait les accords d’armistice. En dépit d’un matériel quasiment dépassé, Touzet du Vigier participe aux combats sur la Dorsale Tunisienne contre les Germano-Italiens de l’Afrikakorps.

– Promu Général de Brigade à titre temporaire en décembre 1942, Touzet du Vigier se voit alors attribué le commandement de la toute nouvelle 1re Division Blindée Française, créé en Tunisie le 1er mai 1943 avec l’apport d’éléments du Maroc et d’Algérie. Comme l’explique Jean-Christophe Notin*, la décision de créer cette nouvelle unité mécanisée intervient en même temps que pour la 2e Division Blindée. Fort de son expérience en Libye et en Tunisie, Philippe Leclerc vient rencontrer son aîné Touzet du Vigier et les deux officiers s’apprécient très vite, autant pour leur culture de Cavalerie que pour leurs antécédents contre l’Axe. Mais là où Leclerc apprécie très peu se voit attribuer des éléments de l’Armée d’Afrique qu’il accuse vertement de « passivité » voire de « lâcheté » contre les Allemands, Touzet du Vigier lui réplique qu’il faudra au contraire composer avec les unités de l’ancienne unité d’armistice pour la reconquête de la France.

– Durant l’année 1943, Touzet du Vigier constitue la nouvelle 1re Division Blindée Française. Puisqu’elle a été formée en Tunisie, on décide de la placer sous le patronnage du Roi Saint Louis qui succomba à la peste à Tunis lors de la Neuvième Croisade en 1270. Touzet du Vigier lui donne alors la devise « Nomine et Virtuta Prima » et la Croix de Saint Louis pour insigne. Mais pour l’instant, tout comme Juin et son CEF, Touzet du Vigier se heurte à une difficulté en matière d’armement, de matériel et de ravitaillement. En effet, pour l’instant sa division dépend entièrement de la bonne volonté du Commandement et des Services de l’US Army. Cependant, constatant la souplesse organisationnelle des Armored Divisions américaines, Touzet du Vigier décide de donner la même structure (Medium – Moyenne), tout en conservant certaines dénominations françaises. Touzet du Vigier a notamment la grande satisfaction de retrouver son 2nd Cuirassiers. Notons bien que cette unité comprend une majorité écrasante de troupes composées de soldats et d’officiers métropolitains. Pour son infanterie, on lui donne le 2nd Régiment de Zouaves mais celui-ci se retrouve dissous pour être scindé en 3 Bataillons de Zouaves Portés (BZP). La « Saint Louis » comprend donc 1 Régiment de Reconnaissance équipé de chars légers et d’automitrailleuses (3e Régiment de Chasseurs d’Afrique), 3 Régiments Blindés de 40 chars chacun (2e Cuirassiers ; 2nd et 5e Chasseurs d’Afrique), les 1er, 2nd et 3e BZP montés sur véhicules Half-Tracks, 1 Régiment d’Artillerie de Campagne (68e RA), 1 unité de Chasseurs de chars M10 Wolverine (9e Chasseurs d’Afrique), 1 Compagnie de Transport (291e), 1 Compagnie de Transmission (91/84e), 1 Groupe de FTA (38e, défense antiaérienne), 1 Bataillon du Génie (88e), 1 Régiment du Train, 1 Groupe d’Escadron de Réparation (GERD), 1 Compagnie de Service et 1 Groupe d’exploitation.
Le Général Touzet du Vigier entraîne alors sa division en alliant des modèles tactiques américains, notamment les Combat Command qui renforcent la mobilité et la manœuvre de débordement, tout en inculquant à ses hommes un esprit d’agressivité, la rapidité et l’audace. Il reçoit ses deux étoiles de Général de Division (à titre temporaire) le 25 août 1943, le jour de la Saint Louis, justement.

– Après une année d’entraînement intensif, la « Saint Louis » est définitivement incorporée à l’Armée B (future Ire Armée) du Général de Lattre de Tassigny. Désignée pour participer au débarquement de Provence, la 1re DB se rassemble à Oran et Mers-el-Kébir fin juillet 1944 et appareille le 10 août pour la Corse. Là, Touzet du Vigier reçoit l’ordre de placer temporairement sa division sous le commandement du Lieutenant.General américain Lucian K. Truscott qui commande le VIth US Army Corps chargé de l’assaut amphibie de l’Opération « Anvil-Dragoon » sur la côte varoise. Touzet du Vigier attribue alors le Combat Command 3 de sa division commandé par le Colonel Aimé Sudre. Le CC 3 doit alors débarquer en seconde vague après la 36th US Infantry Division du Major.General John E. Dahlquist dans le secteur « Alpha » (Fréjus). – Les 15-16 août, la « Saint Louis » débarque en Provence et repasse sous les ordre de la Ire Armée du Général de Lattre et plus précisément sous ceux du IInd Corps d’Armée de Monsabert. Pendant une dizaine de jours, Touzet du Vigier mène sa division dans la reconquête de la Provence. Monsabert l’engage dans la prise de Toulon et dans la Libération de Marseille aux côtés des FFI, où elle déborde les défenses allemandes avant d’être engagées dans des combats urbains. Mais les soldats de la 1re DB connaissent aussi leurs premiers accueils dans la liesse. En septembre, Touzet du Vigier conduit sa division à la poursuite de la I. Armee allemande à travers la vallée du Rhône pour remonter jusqu’en Bourgogne, passant par Saint-Etienne, Anse, Villefranche-s/-Saône, Chalon-s/-Saône, Chagny, Beaune, Dijon et Langres. Elle reçoit ensuite l’ordre de foncer vers l’Alsace en forçant le massif vosgien. Touzet du Vigier met sa division en marche début octobre dans des conditions météorologiques épouvantables (vent, pluie, boue), libère plusieurs villes et stations vosgiennes après de durs engagements et atteint la lisière de la Plaine d’Alsace le 18 octobre. Touzet du Vigier connaît alors la satisfaction de voir sa division citée à l’Ordre de l’Armée.

– Après une brève période de repos en Haute-Saône, passe sous le commandement du Ier Corps d’Armée du Général Antoine Béthouart et reçoit l’ordre de foncer vers le Rhin en longeant la frontière suisse (trouée de Belfort). Touzet du Vigier lance ses trois Combat Commands à l’assaut sous la neige et dans un froid mordant. Au prix de durs combats contre les Allemands, les hommes de la « Saint Louis » longent la frontière suisse et s’emparent successivement de Pfetterhouse, de Krembs, d’Héricourt, puis de Delle avant d’atteindre le Rhin à Rosenau (CC 3). Enfin, la 1re DB libère Mulhouse le 23 novembre. – Seulement, les Allemands ont réussi à maintenir une tête de pont dans la région de Colmar et vont en profiter pour lancer une contre-attaque, d’autant plus que l’offensive américaine de la VIIth Army de Patch se heurte à des difficultés en Haute-Alsace. Du coup, de Gaulle et de Lattre ordonne à Touzet du Vigier de défendre Mulhouse, ce à quoi il s’emploie énergiquement. Mais le 5 décembre 1944, le Général Touzet du Vigier doit céder le commandement de la « Saint Louis » au Colonel Aimé Sudre promu Général. Il a tout de même la satisfaction de voir Aimé Sudre bien mener la 1re DB dans la défense de Mulhouse et de la faire passer le Rhin en tête de la Ire Armée française. – Jean Touzet du Vigier termine la Seconde Guerre mondiale comme Commandant de la 10e Région Militaire et Gouverneur Militaire de Strasbourg. Il réussit à maintenir la cohésion et assurer la défense de la ville alors que les Allemands lancent contre-attaques sur contre-attaques.

– Le 25 juin 1945, il reçoit ses quatre étoiles de Général de Corps d’Armée et et nommé Chef d’Etat-Major de l’Armée où il s’atèle à la réorganisation de l’Armée Française. Même s’il a atteint la limite d’âge, il obtient une dérogation prolongeant son activité d’une année. Adjoint du Général de Lattre de Tassigny à l’Etat-Major Général en 1946, Touzet du Vigier devient aussi membre de la Commission de Réforme de l’Armée de Terre, accédant ensuite à la Vice-Présidence. De Lattre lui remet la Grand-Croix de la Légion d’Honneur le 5 octobre 1947, mais il doit quitter la Commission de Réforme de l’Armée de Terre le 10.

– Retiré de tout commandement, le Général Touzet du Vigier conserve néanmoins des activités d’ordre militaire comme la Présidence de la Saint-Cyrienne, de l’Union de la Cavalerie et d’Arme Blindée des Chars.  Ses nouvelles activités sont alors pour lui un prétexte pour soutenir et observer la réforme de la Cavalerie. – Ce Général français méritant s’éteint à près de quatre-vingt-douze ans le 16 août 1980. Outre la Grand-Croix de la Légion d’Honneur et de la Croix de Guerre 1914-1918, Jean Touzet du Vigier était titulaire de la Croix de Guerre 1939-1945, de la Legion of Merit américaine et de l’Ordre Polonia Restituta.

* Lire : NOTIN, Jean-Christophe : Leclerc, Perrin

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Général Paul Lengentilhomme

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Fils d’un receveur des contributions directes normand, Paul Louis Victor Marie Legentilhomme voit le jour à Valognes (Manche) le 26 mars 1884. Après sa scolarité, il intègre l’Ecole de Saint-Cyr dans la Promotion « La Dernière du vieux Bahut » en 1905. A sa sortie en 1907, il choisit l’Infanterie et se…

23 mai 2014

Dans « Non classé »

28 février, jour du Bienheureux Père Brottier

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– Né le 7 septembre 1876 à La Ferté-Saint-Cyr dans le département du Loir-et-Cher, solidement instruit dans la Foi Chrétienne, il entre au petit séminaire de Blois en 1889. Ordonné prêtre en 1892 malgré de fortes migraines chroniques, il est d’abord professeur au collège de Pontlevoy avant que sa vocation…

28 février 2016

Dans « Figures de l’Eglise »

Maréchal Laurent de Gouvion-Saint-Cyr

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Lorrain de naissance, Laurent Gouvion voit le jour à Toul le 13 avril 1764. Son père, soldat du Roi, souhaite le voir suivre la carrière mais Laurent se montre un très bon dessinateur et se sent davantage attirer par les métiers de l’art. Il a notamment la chance de partir…

17 mars 2016

Dans « Grande Armée »

12 août 2013
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Histoire & Culture

Février 1635 : Fondation de l’Académie française

by adminfhesp 10 août 2013

Souhaitant donner à la langue française toute sa clarté et son uniformité, le Cardinal de Richelieu décide de réunir des gens de lettres au sein d’une Académie qui serait dirigée vers ce travail.
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La création d’académies n’est pas le fait du grand Cardinal-ministre de Louis XIII. En effet, des sociétés de gens de lettres se réunissaient pour débattre de littérature mais aussi de grammaire et d’orthographe. C’était par exemple le cas du Cercle Conrart.
Mais cette fois-ci, Richelieu veut donner un cadre quasi-institutionnel au travail de la langue française. Cette démarche s’inscrit pleinement dans la volonté du Roi et du Ministre Principal de faire briller la France en Europe.

Le 2 janvier 1635, la fondation de l’Académie est officialisée par ordonnance, signée par le Roi et le Cardinal et contresignée par le Chancelier Pierre Séguier (qui en deviendra membre). L’ordonnance sera enregistrée deux ans plus tard par le Parlement de Paris. Richelieu en devient notamment le « Grand Protecteur ».
Les statuts de la nouvelle institutions précisent :

« La principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences » (article XXIV). À cet effet, « il sera composé un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique » (article XXVI), et seront édictées pour l’orthographe des règles qui s’imposeront à tous (article XLIV). »

Hormis Pierre Séguier, les premiers membres de l’Académie sont tous issus de la société de Valentin Conrart (qui en devient l’un des chefs de file). Outre Conrart, on y trouve Antoine Godeau, Jean Ogier de Gombault, Jacques de Serrisay, Philippe Habert, Claude Malleville, François Le Métel de Boisrobert, Jean Desmarets de Saint-Sorlin, Nicolas Faret et Paul Pélisson.

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Richelieu : L'Homme Rouge au service de l'Etat

Richelieu : L’Homme Rouge au service de l’Etat

Le 4 décembre 1642 , épuisé et gravement malade, Son Éminence Armand Jean du Plessis Cardinal de Richelieu, Duc et Pair de France s’éteint à Paris après avoir prononcé ces mots : « Je n’ai d’autres ennemis que ceux de l’Etat » – En somme, pour reprendre les mots du défunt Philippe Erlanger, le Cardinal…

4 décembre 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

Pierre Séguier, Chancelier de Louis XIII

Pierre Séguier, Chancelier de Louis XIII

Né le 28 mai 1588 à Paris, Pierre Séguier étudie le droit en vue d’aborder une carrière de magistrat. D’abord Intendant de Guyenne et Président à Mortier du Parlement de Paris sous Louis XIII. Reconnu par le Cardinal de Richelieu pour ses compétences et son intégrité,,il devient Garde des Sceaux puis…

28 janvier 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

6 septembre 1683 : Mort de Colbert

6 septembre 1683 : Mort de Colbert

Considéré comme l’archétype de grand commis scrupuleusement dévoué à l’État, l’homme qui mit fin à l’ascension de Nicolas Fouquet reste encore l’une des personnalités marquantes du Grand Siècle, puisqu’il resta plus de vingt-deux années au service du Roi Soleil. Né en 1619 dans une famille de la bourgeoisie drapière rémoise,…

6 septembre 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

10 août 2013
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Histoire & Culture

Amateur Sylvestre Le Bras des Forges de Boishardy, chef chouan des Côtes du Nord

by adminfhesp 9 août 2013

Chef de la chouannerie bretonne moins connu que Georges Cadoudal, Amateur Le Bras des Forges de Boishardy a aussi connu une fin tragique après avoir tenu une partie de l’Ouest des Côtes du Nord face aux Bleus. Fils de Jérôme Le Bras des Forges de Boishardy, Seigneur du Cartier et de Chapron (officier des Mousquetaires Noirs sous Louis XV) et de Louise François Le Mintier des Granges, Amateur Sylvestre Jérôme de Boishardy voit le jour le 13 octobre 1762 au château de Bréhand-Moncontour, entre Dinan et Lamballe.
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Les quartiers de noblesse de sa famille remontent au XVe siècle mais il descend de bourgeois de la région de Quintin qui se sont enrichis dans le commerce des toiles durant l’Epoque Médiévale.

Admis à l’Ecole Royale militaire de Pontlevoy (Blois) en 1777 où il reste deux ans, se taillant une belle réputation de séducteur. En 1779, il peut entrer chez les Cadets Gentilshommes mais un accident de chasse l’immobilise. En 1780, il peut intégrer le Régiment Royal de la Marine à Ajaccio. Il est promu Sous-Lieutenant en 1783 et se trouve à Marseille lors de la Révolution. En 1789, il participe à mater les émeutes et les incendies de château en Provence.
Lieutenant au 60e Régiment d’Infanterie en 1791, il abandonne son poste pour rentrer en Bretagne et se lance dans la politique locale en s’opposant aux « patriotes ». Comme bon nombre de nobles bretons, Amateur de Boishardy ne s’oppose pas aux réformes populaires instituées en 1789 mais les lois contre le Clergé et la Foi heurtent ses sentiments religieux.

En mars 1793, Boishardy mène la révolte contre la Levée en masse décrétée par Danton dans la région de Jugon-les-Lacs et à Saint-Brieuc. Condamné à mort par contumace, il se cache avec la complicité des paysans locaux, tout en commençant à mener des actions armées et des coups de mains. Pendant ce temps, son château de Bréhand est mis en demeure et vendu comme bien national. Mais bientôt les Chouans d’Amateur de Boishardy quadrillent habilement une région compris entre Plélan-Le Petit, Jugon-les-Lacs, Lamballe et Moncontour. En octobre 1793, le Commissaire de la République Hello reçoit l’ordre d’arrêter Boishardy avec l’aide de 400 soldats bleus mais cette tentative s’avère être un échec.

Chef de l’Armée Royaliste dans le nord de la Bretagne après la mort du Marquis de la Rouërie, Boishardy signe d’abord une trêve avec Lazare Hoche en 1794 qu’il invite même à partager sa table.

Boishardy reprend les armes en 1795 contre les troupes du Directoire. Il échappe à un premier piège à Ville Louet avec sa fiancée Anne du Bosc. Mais trahi, il est tué au Château de Villehemet le 17 juin 1795. Sa tête est ensuite promenée au bout d’une pique dans Lamballe et Moncontour.
Cependant la chouannerie ne s’arrête pas dans cette partie des Côtes du Nord puisque Guillaume Duval-Legris prend la succession de Boishardy.

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Hommage du ministre de la Défense au général Bigeard

Voici le texte intégral du discours prononcé par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à l’occasion du transfert des cendres du général Marcel Bigeard (1916-2010), au mémorial des guerres d’ Indochine, à Frejus. La cérémonie s’est déroulée ce mardi, 20 novembre, date anniversaire de l’opération « Castor », au…

21 novembre 2012

Dans « Non classé »

Général Diego Brosset

Général Diego Brosset

« La 1re DFL ? Elle est comme ma fille, une fille susceptible, bien douée, capricieuse, difficile et, quand elle veut, charmante. (…) Elle a des excuses à ne pas être comme tout le monde. Elle s’est formée en courant le monde… C’est une grande unité qui a de la…

20 novembre 2015

Dans « Histoire militaire française »

La Bataille des Vosges (1944) – Seconde partie

La Bataille des Vosges (1944) – Seconde partie

2 – OPÉRATION « DOGFACE » : L’ASSAUT DU VIth US CORPS  1 – Le nettoyage de la partie nord de la Forêt de Champ – Devers, Patch et Brooks sont tous trois d’accord pour atteindre la Meurthe et Saint-Dié le plus vite possible. L’assaut du VIth US Corps (nom de code « Dogface ») démarre…

4 novembre 2014

Dans « Non classé »

9 août 2013
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Histoire & Culture

17 mars 1808 : création du Baccalauréat d’Etat

by adminfhesp 8 août 2013

– Par décret impérial, le Baccalauréat existant depuis l’Époque Médiévale, devient un grade scolaire d’État.
Comptant déjà, la Théologie, les Sciences et la Médecine, il incorpore désormais les Lettres et le Droit, qui s’inscrivent dans l’héritage de la maîtrise des Arts.

– Cependant, le Baccalauréat des Lettres est préalable à la présentation aux autres épreuves et le Baccalauréat de Droit est obtenu après avoir suivi deux années d’études à la Faculté. En ce sens, Napoléon Ier ne rompt pas véritablement avec la tradition d’obtenir la Licence en Droit mais le Baccalauréat est là encore, une étape préalable.

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17 septembre 1878 : Mort d'Orélie-Antoine Ier, Roi de Patagonie

17 septembre 1878 : Mort d’Orélie-Antoine Ier, Roi de Patagonie

Chers lecteurs et chères lectrices, je vous propose un peu d’originalité en nous penchant brièvement sur un personnage aussi original que sympathique. Né à Chargnac dans le Périgord au sein d’une famille paysanne, Antoine de Tounens passe son baccalauréat et achète une étude d’avoué à Périgueux. C’est à peu près…

17 septembre 2013

Dans « Non classé »

Pierre Séguier, Chancelier de Louis XIII

Pierre Séguier, Chancelier de Louis XIII

Né le 28 mai 1588 à Paris, Pierre Séguier étudie le droit en vue d’aborder une carrière de magistrat. D’abord Intendant de Guyenne et Président à Mortier du Parlement de Paris sous Louis XIII. Reconnu par le Cardinal de Richelieu pour ses compétences et son intégrité,,il devient Garde des Sceaux puis…

28 janvier 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

« Faire commencer l’histoire de France il y a deux siècles, c’est une imposture » Philippe de Villiers

Voici quelques extraits d’un entretien récent paru sur http://leblogdejeannesmits.blogspot.fr/ L’auteur du Roman de Jeanne d’Arc (Albin Michel, 2014) insiste sur l’urgente nécessité de renouer avec notre histoire ! — Que faut-il pour que les gens aient envie de leur propre histoire ? — Il faut un préalable. Qu’on cesse de dire…

31 décembre 2014

Dans « Non classé »

8 août 2013
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 36/ La Poche de Falaise (Troisième partie)

by adminfhesp 3 août 2013

B – POUSSÉE FRANCO-AMÉRICAINE VERS ARGENTAN

– Presque simultanément, la 5th Armored Division atteint et Sées et sécurise ce secteur. Satisfait de la tournure des événements, Haislip ordonne à la Oliver de faire bifurquer sa division au nord-ouest vers Argentan et à la 2e DB de prendre Carrouges. La 5th Armored reprend son avance à partir de Sées mais l’une des ses Task Force est arrêtée net par une forte résistance d’éléments du Panzergrandier-Regiment 156 de la 116. PzD  à Mortrée, environ 7 km à l’est d’Argentan, ce qui retarde l’assaut d’Oliver d’environ 6 heures. Soulignons-donc ici que Model, Eberbach et Hausser sont conscients que leurs forces sont menacées d’un encerclement rapide, ce qui les conduit en toute logique à renforcer leurs flancs pour retarder l’échéance. La situation est d’autant plus urgente que les Canadiens sont sur le point de s’emparer de Falaise, ce qui les mettra directement sur la route d’Argentan.

Lieutenant.General Wade H. Haislip, commandant du XVe Corps Américain

Lieutenant.General Wade H. Haislip, commandant du XVe Corps Américain

– Une ligne de défense est donc constituée en toute urgence au sud d’Argentan jusque-là laissé à la 708. ID du Generalleutnant Edgar Arndt, littéralement « pulvérisée ». Y sont présents des éléments de la 116. PzD de Heinrich Freiherr von Lüttwitz, de la 352. ID de Dietrich Kraiss, de la 331. ID de Walter Steinmüller.
Un autre obstacle se dresse entre les pointes mécanisées du XVth Corps  et Argentan, la Forêt d’Ecouves. C’est Leclerc qui se charge de nettoyer le secteur à l’aide de ses 3 Groupements Tactiques et grâce à l’action du Lieutenant-Colonel Nicolas Roumiantzoff, commandant en second du 1er RMSM. Roumiantzoff, un Russe Blanc natif d’Odessa et fils d’un officier de cavalerie de Nicolas II,  est considéré par Leclerc comme son « meilleur chasseur ». Il reçoit donc l’ordre de débusquer les Allemands de la Forêt d’Ecouves.

– Visant toujours la prise d’Argentan et la jonction avec les Canadiens, Haislip ordonne à la 2e DB d’atteindre Argentan et ordonne à Oliver de rassembler sans plus tarder sa 5th « V for Victory » pour concourir au coup de grâce. Haislip informe aussi Patton qu’il est prêt à marcher sur Argentan. Sauf que Patton ordonne à son bon subordonné de « marcher lentement vers Falaise après avoir atteint Argentan ». Non pas qu’il soit timoré mais Patton ne veut pas que ses pointes mécanisées se retrouvent isolées. Le chef américain fait en sorte qu’elles reçoivent l’appui d’unités d’infanterie. L’avance reprend et la 2e DB s’empare d’Ecouché et de Carrouges et forme une ligne entre Carrouges et Argentan le 13 août. Une compagnie d’Infanterie française entre dans Argentan mais s’en fait immédiatement chasser par des éléments de la 2. PzD de von Schwerin, ce qui permet à des éléments du I. SS-PzK de « Sepp » Dietrich. Leclerc et Oliver tentent alors de lancer leurs chars contre Argentan mais les tubes allemands bien placés mettent plusieurs engins hors de combat. Américains et Français sont alors forcés de s’arrêter et d’attendre, d’autant plus que les Canadiens ne se sont toujours pas emparés de Falaise. Sans attendre, Heinrich Eberbach place les 2. et 116. PzD, ainsi que la 1. SS-PzD « Leibstandarte » de Theodor Wisch en position défensive sur une ligne dominant Ecouché et Carrouges entre Argentan et la Ferté-Macé.

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Insigne de la 5th US Armored Division

Major.General Lunsford E. Oliver, commandant de la 5e Division Blindée américaine

Major.General Lunsford E. Oliver, commandant de la 5e Division Blindée américaine

2- LA POUSSÉE DE LA Ist US ARMY ET DES BRITANNIQUES PAR L’OUEST ET LE NORD-OUEST

– Nous l’avons vu, le General Courtney H. Hodges a ordonné à ses trois Corps de foncer vers l’est, ce qui est facilité par la retraite allemande. Le Vth Corps de Leonard T. Gerow, avec les 2nd et 29th Infantry Divisions de Robertson et Gerhardt s’élancent sur de mauvaises routes dès le 9 août et capturent Tichebray le 12, avant de contrôler le plateau au sud de la ville. Hodges s’attend à ce que ses forces ramassent un grand nombre de prisonniers mais seuls 1 200 hommes épuisés tombent aux mains du Vth Corps. Le XIXth Corps de Charles H. Corlett attaque avec la 28th Division de Lloyd B. Brown vers Sourdeval. La 28th Division, tout récemment engagée ne donne aucune satisfaction. Pire encore, son chef est blessé et immédiatement remplacé par James E. Wharton, alors commandant adjoint de la 9th Division. Malheureusement, Wahrton est tué et doit être remplacé par le Brigadier-General Norman D. Cota, le héros d’Omaha Beach et de Saint-Lô qui quitte ses responsabilités au sein de la 29th « Blue and Gray ». Sur l’aile droite de Corlett, les choses se passent mieux grâce à l’apport de la 30th Infantry Division de Hobbs et la 2nd Armored Division d’Edward H. Brooks pivotent depuis Ger et s’emparent sans grande difficultés de Domfront, défendue par une faible garnison d’unités de dépôts. Le 15 août, Cortett établit le contact avec la 11th Armoured Division Britannique à Flers. Du côté du VIIth Corps de Collins, la 1st Division de Huebner, la 9th Division de Louis A. Craig (qui a remplacé Eddy) et la 3rd Armored Division de Leroy H. Watson démarrent leur attaque depuis le nord-est de Maryenne et combattent durement pour le contrôle de Rânes avant d’accrocher la grand-route Flers-Argentan à l’est de Briouze. Le 17 août, malgré une avance ralentie par une forte résistance allemande, Américains et Britanniques du XXXth Corps de Horrocks effectuent leur jonction à Opportune.

– S’élançant depuis le secteur d’Aunay-sur-Odon, les 53rd « Welsh » et 59th « Staffordshire » Divisions de Ross et Lyne repoussent méthodiquement les forces allemandes devant elles et atteignent les contreforts de la Suisse-Normande dans le secteur d’Ouilly-le-Tesson. Pendant ce temps, la 11th Armoured Division de Roberts libère Flers et pousse ensuite son avantage en dégageant la route Flers – Argentan. Pendant ce temps, la Guards Armoured Division d’Alan Adair dégage les ruines de Condé-sur-Noireau et la 50th « Northumberland » s’approche d’Athis.

Generallfeldmarschall Walter Model

Generallfeldmarschall Walter Model

3- LE REPLI ALLEMAND

A – LA DECISION DE REPLI

– Mettons-nous un instant à la place d’Hans-Günther von Kluge et regardons la situation : Hitler ordonne toujours de lancer une contre-attaque dans le secteur de Domfront, alors que 2 armées allemandes (150 000 hommes environ) comprenant les éléments restant de 21 Divisions, sont menacées d’encerclement par une mâchoire alliée. Si les unités de Panzer-SS peuvent encore se battre, certaines unités d’infanterie sont réduites à un état quasi-squeletique. Les Américains sont aux portes d’Argentan, tandis que Canadiens et Polonais combattent pour le contrôle de Falaise.
On peut aisément imaginer l’état de nervosité qui devait animer von Kluge à l’idée d’obéir à un ordre quasi-suicidaire alors que presque toutes ses forces combattant en Normandie sont sous la menace d’un encerclement géant. Réunissant ses officiers, comme ceux du Panzer-Gruppe « Eberbarch » et de la 7. Armee, « Hans le Sage » décide le 14 août – SANS EN REFERER A HITLER – d’amorcer le repli des deux grandes unités allemandes en Normandie. A l’Ouest, les différents éléments des II. SS-Panzer-Korps, XLVII. Panzer-Korps, II. Fallschirm-Korps et LXXXIV. Armee-Korps reçoivent donc l’ordre de marcher vers l’est pour amorcer la retraite. Pendant ce temps, la 5. Panzer-Armee reçoit l’ordre de maintenir les mâchoires de la double tenaille alliée ouvertes. Son flanc droit (nord), avec notamment la 12. SS-PzD « Hitlerjugend » reçoit l’ordre de tenir le secteur de Falaise – Trun, pendant que le I. SS-Panzer-Korps placé sur le flanc gauche (sud) doit empêcher les Américain de déboucher sur la route de Chambois.

– Mais un événement arrive au secours de la décision de von Kluge ; le Débarquement de Provence qui a lieu le 15 août 1944 sur la côte du Var (Opération « Anvil Dragoon »). Surprenant complètement le commandement allemand, cette opération amphibie s’avère une très grande réussite, bousculant les modestes unités de la I. Armee allemande chargée de tenir le secteur. Hitler lui-même va jusqu’à dire « c’est le jour le plus horrible de ma vie ». Alors que von Kluge a commencé son retrait, Hitler ordonne que toutes les forces allemandes évacuent la Normandie. L’ordre est confirmé le 16.

B – WALTER MODEL REMPLACE VON KLUGE

– Du côté allemand, l’atmosphère est lourde, marquée par la disparition du Generalfeldmarschall Hans Günther von Kluge. Certains responsables de la SS et de la Gestapo soupçonnent von Kluge d’avoir trempé – sinon été approché – par les conjurés du 20 juillet 1944. L’échec de l’attentat de l’Oberst Claus Schenck von Staufenberg a rendu Hitler encore plus soupçonneux et paranoïaque vis-à-vis de la «  caste de l’aristocratie militaire prussienne réactionnaire ». Certains collègues de von Kluge pensent que « Hans le Sage » a déclenché sciemment l’échec de l’Opération Lüttich pour éloigner les soupçons qui pesaient sur lui. L’attitude de von Kluge devient encore plus suspicieuse aux yeux de Hitler quand le 15 août 1944, suite à un bombardement aérien, il disparaît mystérieusement avant de réapparaître au QG de Heinrich Eberbach. Peut-être a-t-il craqué nerveusement avant de revenir dans les opérations mais Hitler est convaincu de sa trahison. C’est pourquoi, il le limoge de son commandement du Heeres-Gruppe B pour le remplacer par son Feuerwehrmann (Pompier) favori, le Generarlfeldmarschall Walter Model qui doit accourir du Front de l’Est. Convoqué à Berlin pour comparaître, von Kluge ne s’y rendra jamais. Définitivement à bout de nerfs et ne pouvant supporter l’accusation d’être un traître au Reich, il se suicide au cyanure au bord d’une route de l’est de la France le 19 août.

– Petit, racé sans appartenir à la vieille noblesse prussienne, ne se séparant jamais de son monocle, ancien soldat des tranchées de l’Artois, de Verdun et de la Somme, Walter Model est considéré – à juste titre – comme l’un des meilleurs tacticiens de la Wehrmacht et un expert des opérations défensives.
Pour mieux cerner ce personnage majeur de l’histoire militaire allemande assez peu connu en France, laissons parler Jean Lopez* :  Issu d’une famille de banquiers très marquée par le luthéranisme, fils d’un professeur de musique classique, Walter Model voit le jour en 1891 à Genthin en Saxe-Anhalt. Contrairement à ses futurs collègues Maréchaux – exceptés Guderian et Schörner – Model n’est pas issu de l’aristocratie prussienne. Cela le rend d’ailleurs beaucoup moins suspect aux yeux d’Hitler.
– Colonel à l’état-major de la 16. Armee lors des campagnes de France et de Pologne, il se distingue sur le Front de l’Est  en 1941-42, où il mène une campagne brillante la tête de la 3. Panzer-Division puis du XLI. Panzer-Korps. Il accède au commandement de  la 9. Armee en 1942. En novembre de cette même année, il se paie le luxe d’infliger un coup très dur au grand Georgi Joukov en mettant en échec l’Opération « Mars » (simultanée à celle de Stalingrad) visant à détruire la 9. Armee dans le saillant de Rjev. Par une excellente maîtrise de la défense en profondeur appuyée par des réserves mobiles, il mène une défense particulèrement efficace face aux assauts massifs et mal coordonnés des Soviétiques et par un temps particulièrement épouvantable.
Brutal, Walter Model se montre zélé en matière d’exécutions, d’exactions et de déportations envers les Juifs, les civils et les prisonniers en Russie.

– En juillet 1943, il commande toujours la 9. Armee lors de la bataille de Koursk mais moins à l’aise dans l’offensive, il voit ses unités se faire bloquer aussi  efficacement que farouchement par les Frontoviki de Konstantin Rokossovski. En revanche, il réussit à faire reculer sa 9. Armee au nord des marais du Pripet en maintenant sa cohésion jusqu’à la fin 1943. Il réussit encore à bloquer plusieurs assauts piteusement menés par le Front de l’Ouest soviétique commandé par Vassili D. Sokolovski. On peut dire qu’en 1944, Walter /Model vient de passer un très mauvais été en URSS. Avant de se retrouver sur le Front de Normandie, il a remplacé le servile Ernst Busch à la tête du Heeres-Gruppe Mitte (Groupe d’Armées Centre), dont les divisions se sont faites hachées menues par l’Armée Rouge lors de l’Opération Bagration. Avec son art de l’improvisation tactique, il a réussi à limiter la casse par endroits mais quand il quitte l’Ostfront, les Soviétiques le Groupe d’Armées Centre a cessé d’exister.
Mais Model est aussi d’un caractère particulièrement excécrable et méprisant, ce qui lui vaut d’entretenir que des inimitiés dans les cercles d’état-major. Model n’a jamais gardé un seul chef d’état-major plus de deux mois. Seul le terne et docile Hans Krebs a pu entretenir de meilleurs rapports avec lui sur le Front de l’Est. Model méprise autant ses subalternes que ses supérieurs, n’hésitant pas à contrecarrer leurs ordres. Il a aussi l’art de s’arranger pour ignorer et transformer les ordres d’Hitler à sa guise, talent dont était dépourvu von Manstein. Ajoutons à cela, son talent pour s’arroger le prélèvement d’unités au repos, de ravitaillement et d’équipements aux services arrières à son profit et au détriment de ses collègues. Les commandants de Divisions ou de Korps lui vouent aussi une détestation viscérale car Model a le don prononcé pour cisailler des divisions ou les amputer de leurs composantes pour créer d’autres unités quand la situation l’exige. En revanche, son habitude (risquée) à commander de l’avant le rend particulièrement populaire au sein des soldats comme des officiers subalternes. Mais ses traits de caractère le privent évidemment de relations sociales qu’un officier de son grade est en droit d’attendre. Model fuit donc les dîners et les moments de repos et s’isole dans son QG et se détend à l’aide d’une bouteille.

– Voilà donc le Führers-Feuerwehrmann, l’homme des situations désespérées, qui doit sauver les forces allemandes en Normandie en pleine déliquescence. En étudiant la carte du front, Model comprend qu’il n’a d’autre alternative que d’appliquer comme il le peut l’ordre de retraite qu’a donné von Kluge. Model ordonne que ce soit TOUTE l’armée allemande (7. Armee et 5. Panzerarmee) qui quittent le front normand. Pour cela, il faut soit franchir l’Orne, rivière de laquelle les Britanniques s’approchent dangereusement (avec seulement quatre ponts disponibles), ainsi que la Dives au nord d’Argentan.

– Model organise ses forces en quatre principales colonnes, corsetées par les I.SS-PzK, II. SS-PzK, XLVII. PzK et II. FjK, chacun passant sous l’autorité d’Eberbach. Leur mission est de maintenir ouvertes les mâchoires de la tenaille. Mais comme Model peut s’aviser de faire interférer chaque division dans chaque Korps, retenons l’organisation suivante :

* Divisions devant s’opposer à la progression canadienne, britannique et polonaise par le nord : 21. Panzer, 9. SS-Panzer SS, 12. SS-Panze, 3. Fallschirm-Jäger, 271. Infanterie-Div., 276. Infanterie, 277. Infanterie, 326. Infanterie et 331. Infanterie.

* Divisions devant s’opposer à la progression américaine et française par le sud : 2. Panzer, 9. Panzer, 116. Panzer, 1. SS-Panzer, 2. SS-Panzer, 10. SS-Panzer, 84. Infanterie, 363. Infanterie, 708. Infanterie, restes des Panzer-Lehr, 352. et 353. Infanterie et de la 91. Lufltande.

* Le SS-Oberstgruppenführer Paul Hausser avec sa 7. Armee, doit organiser les combats d’arrière-garde avec ce qui reste des meilleures unités (SS-Panzergrenadiere et Fallschirmjäger) pour permettre aux lentes unités hippomobiles (qui composent la majorité du parc de transport de la Wehrmacht) de refluer vers l’est. Notons au passage, que les équipages de transport qui dépendent de la traction animale (Infanterie-Divisionen et unités d’artillerie tractée) sont bien plus vulnérables car un cheval blessé ne peut-être remplacé, à la différence des véhicules motorisés qui peuvent être réparés même avec des moyens rudimentaires.
Enfin, entre Doluzé et Vimoutiers, la couverture de l’ensemble du flanc est allemand doit être assuré par le LXXXVI. Armee-Korps de Dietrich von Obsfelder, avec notamment la 85. Infanterie-Division et les restes de la 89. Infanterie-Division dans le secteurs qui nous intéresse.

– La retraite allemande commence donc dans des conditions chaotiques, sous les assauts répétés des Jabos, alors que les Alliés déclenchent la phase terminale de leur plan d’anéantissement.

Falaise-Gap-01

[Suite]

* Lire : LOPEZ Jean : Opération Bagration, la revanche de Staline, Economica


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Chroniques de la Bataille de Normandie - 34/ La Poche de Falaise (première partie)

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12 août 2014

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17 août 2014

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3 août 2013
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 13/ Echec à Carpiquet

by adminfhesp 1 août 2013

– Pendant l’Opération Epsom, l’état-major du Ist Corps (britannique) de Crocker monte un plan pour tenter d’atteindre l’agglomération de Caen par l’ouest. A l’issue de l’échec d’Epsom, un nouveau plan baptisé Ottawa prévoit de lancer un assaut contre l’aérodrome de Carpiquet à partir du nord de cette localité, avec la 3rd Canadian Division soutenue par la 2nd Canadian Armoured Brigade. Ottawa est toutefois annulé mais Crocker reporte l’opération visant à prendre Carpiquet par l’ouest. Le nouveau plan est baptisé Windsor.

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– Pour Windsor, le Major-General Rodney Keller commandant de la 3rd Canadian Division décide de mettre en lice la 8th Brigade de Blackhadder (la moins éprouvée par les combats précédents), avec le concours du Royal Winnipeg Rifles (détaché de la 7th Brigade) et du Fort Garry Horse. Pour épauler les Canadiens, Crocker attribue à Keller plusieurs blindés spéciaux « funnies » (« farces et attrapes ») de la 79th Armoured Division ; Churchill Crocodile (lance-flamme) et AVRE (Armoured Vehicle Royal Engineer, engin équipé d’un lance-roquette de 380 mm, spécialement conçu pour la destruction de bâtiments et d’abris). Pour écraser les positions allemandes, Crocker et Dempsey déploient 760 canons et obusiers, sans compter les pièces lourdes (350 et 380 mm) des croiseurs HMS Rodney  et Roberts.

– Le plan pour l’assaut est le suivant : les Canadiens français du Régiment de la Chaudière, le North Shore Regiment, l’un des Squadrons du Fort Garry Horse et plusieurs Funnies doivent attaquer Carpiquet et les hangars nord. Simultanément, les Royal Winnipeg Rifles doivent avancer sur les hangars sud et l’aérodrome avec le soutien du 3rd Squadron Fort Garry Horse. Pendant ce temps, le Sherbrooke Fusiliers Regiment doit opérer une diversion avec ses Sherman au nord de la zone des combats.

ortona_vickers– La seconde phase de l’opération – nom de code Windsor – consiste à ce que les Queen’s Own Rifles se lancent à travers Carpiquet afin de contrôler les bâtiments et l’aérodrome.

– Quarpiquet est tenu par un Abteilung (Bataillon) du SS-Panzergrenadier-Regiment 26 (SS-Obersturmbannführer Milius) de la « Hitlerjugend » et par les canons FlaK (20 mm et 88 mm) du SS-FlaK-Abteilung.12 Kurt Meyer s’attend justement à ce que les Canadiens tentent une action sur le secteur de Carpiquet. Les jeunes Waffen-SS sont dont en état d’alerte, prêt à repousser l’assaillant malgré leur infériorité numérique.

– Le 3 juillet, les éléments d’assaut de la 8th Brigade s’installe sur les positions préalablement occupées par la 43rd Division mais ils reçurent un violent tir de barrage de la part des mortiers et de 88 de la 12. SS-Panzer-Division.

– Le 4 juillet à 05h00 du matin, 8 régiments d’artillerie anglo-canadiens (6 de campagne avec des obusiers de 25 livres et 2 d’obusiers moyens de 113 mm) pilonnent les positions allemandes. Kurt Meyer fait immédiatement donner son artillerie qui arrête net l’élan des fantassins canadiens. La réplique ne tarde pas, les canons lourds du HMS Rodney crachent quinze coups sur Carpiquet qui permettent au North Shore et aux « Chauds » de repartir à l’assaut. A 06h32, les deux régiments canadiens réussissent à s’emparer de leurs  premiers objectifs, malgré les mitrailleuses allemandes et les 88 qui se déchaînent sur eux. Le village de Carpiquet est défendu par seulement 50 jeunes allemands fanatisés. Leur résistance est telle que les deux Battalions canadiens mettent plusieurs heures à nettoyer la petite localité.

Queen's_Own_Rifles_Dug_In_Near_Carpiquet– De son côté, les hommes du Royal Winnipeg bondit de sa ligne de départ avec l’appui des Sherman du Fort Garry Horse et les Churchill spéciaux… pour se faire clouer sur place par un violent tir de mitrailleuses provenant des hagards sud. A 09h00, au bout de plus de deux heures de combat, deux compagnies appuyées par des Churchill Crocodile réussissent à anéantir les nids de mitrailleuses allemandes. Seulement, les redoutables canons 88 mm embusqués au pied des bâtiments de l’aérodrome font feu sur les Churchill, dont plusieurs flambent. Les Royal Winnipeg sont alors forcés de se replier sur leur ligne de départ sans autre forme de procès. A 16h00, le Battalion repart à l’assaut mais rencontre la même résistance farouche de la part des Waffen-SS, d’autant plus que 5 Panzer IV de la 9/SS-Panzer-Regiment 12 sont venus à la rescousse pour lancer une contre-attaque avec l’aide des SS-Panzergrenadiere du II/SS-26. L’assaut démarre en trombe et les Royal Winnipeg se font encore repoussés. Heureusement pour eux, l’artillerie divisionnaire déclenche un tir de barrage qui a raison de la progression des chars allemandes. Voulant une fois de plus repartir à l’assaut contre les hangars sud de l’aérodrome, les Royal Winnipeg se font encore bloquer à 21h00. L’échec de cette attaque force Keller à demander l’appui du 8th RAF Group qui lâche 44 avions d’attaque Hawker Typhoon sur les positions allemandes ce qui permet de stabiliser la situation. Les pilotes britanniques revendiqueront 17 Panzer et StuG  mis hors de combat.

– Plus chanceux, le Sherbrooke Fusilier Regiment réussit sans coup férir son attaque de diversion contre le Château de Saint-Louet et le village de Gruchy, permettant au Queen’s Own Rifles de lancer son assaut mais celui-ci est violemment malmené par les Hitlerjugend. Crocker et Keller conviennent d’arrêter les affaires pour le moment.
[Suite]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Chroniques de la Bataille de Normandie – 16/ Libération de Caen (Opération « Charnwood »)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 16/ Libération de Caen (Opération « Charnwood »)

Peu de temps après l’échec du premier assaut sur Carpiquet, le General Miles Dempsey et le Lieutenant-General Crocker décident de renouveler l’attaque anglo-canadienne sur un arc allant de l’aérodrome au nord-est de la préfecture du Calvados. Le nouveau plan baptisé « Charnwood » envisage alors d’entrer dans Caen par le nord, nettoyer…

9 juillet 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 10/ Opération « Epsom » (Première partie)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 10/ Opération « Epsom » (Première partie)

Faisons un bref retour en arrière. Le 11 juin 1944, la 3rd Canadian Division du Major-General Rodney E. Keller emporte de haute lutte le Le Mesnil-Patry, achevant ainsi la mission première à l’issue d’Overlord. Cependant, le commandement britanniques n’a pu prendre Caen dès le 6 juin, pour trois principales raisons :…

28 juin 2014

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Chronique du Jour-J : Décision et planification

Chronique du Jour-J : Décision et planification

Chers lecteurs, chères lectrices, cela ne vous aura pas échappé, le soixante-dixième anniversaire du Débarquement de Normandie obligeant, je vous propose une chronique sur l’évènement, entre préparation, forces, chefs et déroulement de l’Opération « Overlord ». 1 – LA GESTATION La gestation du plan « Overlord » a pris environ une année.…

21 mai 2014

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1 août 2013
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Histoire & Culture

Brève – 28 avril : Fête de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

by adminfhesp 23 juillet 2013

30221-383979036844-3265228-n– Saint français auquel Saint Jean-Paul II était particulièrement attaché, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort voit le jour en 1673 à Montfort-sur-Meu entre Rennes et Vannes. Fils d’un avocat de la ville, il se destine à la prêtrise et étudie au Séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Il démarre véritablement son apostolat en 1700 pour devenir missionnaire à l’étranger. Mais lors d’un voyage à Rome le Pape Innocent XII l’envoie dans l’Ouest de la France pour annoncer l’Évangile.

– Inlassable missionnaire des campagnes de Normandie, du Maine, de Bretagne, du Poitou et même de Noirmoutier, très dévoué à la Sainte Vierge, il fondera la Compagnie de Marie ou Père Missionnaires Montfortains, ainsi que les Filles de la Sagesse.

– Il s’éteint en 1716 à Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée où il repose. Béatifié en 1888 par Léon XIII, il est canonisé par Pie XII en 1947.

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2 avril 2005 : disparition de Jean Paul II

2 avril 2005 : disparition de Jean Paul II

Le 264ème successeur de Pierre nous a quittés il y a maintenant 10 ans – jour pour jour – après une longue et cruelle agonie. Canonisé par l’Eglise catholique le 27 avril 2014, sa fête est fixée au 22 octobre, jour de son intronisation. En 1983, lors d’une visite à Lourdes (1983), le…

1 avril 2015

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Jean Paul II :

Jean Paul II : « O terre de France ! »

Extrait du discours prononcé par le souverain pontife lors de sa visite à Lourdes en 1983. A méditer… « Catholiques de France, en tant que Pasteur universel mais solidaire de mes chers Frères dans l’épiscopat, vos Evêques; je vous encourage à vous maintenir en mission. Toute nation a son histoire humaine…

29 mars 2014

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Les Maréchaux de La Palice et de La Trémoille

Les Maréchaux de La Palice et de La Trémoille

Capitaines de Charles VIII, de Louis XII et de François Ier tombés à Pavie, Jacques II de Chabannes Maréchal de La Palice (ou La Palisse) et Louis II de La Trémoille restent pour autant méconnus. La Palice ayant toutefois (et malheureusement et malgré lui) laissé sa fameuse « vérité » post mortem.…

24 février 2016

Dans « De Louis XI à Henri IV »

23 juillet 2013
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Histoire & Culture

17 mai 1838 ; Mort de Talleyrand

by adminfhesp 21 juillet 2013

Homme d’état et diplomate français,Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord s’est éteint à Paris le 17 mai 1838.

Celui que l’on surnommait le « diable boiteux » participa à la plupart des régimes qui se sont succédés, en France, à la fin du XVIII ème siècle et au début du XIX ème siècle : il fut notamment « agent général du clergé » et député aux États généraux sous l’Ancien Régime, président de l’Assemblée nationale et ambassadeur pendant la Révolution française, ministre des Relations extérieures sous le Directoire, le Consulat puis sous le Premier Empire, ambassadeur, ministre des Affaires étrangères et président du Conseil des ministres sous la Restauration, ambassadeur sous la Monarchie de Juillet. Il assiste aux couronnements de Louis XVI (1775), Napoléon Ier (1804), Charles X (1825) et Louis-Philippe (1830).

Voici son portrait dressé par Victor Hugo au moment de sa mort :

« C’était un personnage étrange, redouté et considérable ; il s’appelait Charles-Maurice de Périgord ; il était noble comme Machiavel, prêtre comme Gondi, défroqué comme Fouché, spirituel comme Voltaire et boiteux comme le diable. On pourrait dire que tout en lui boitait comme lui ; la noblesse qu’il avait faite servante de la république, la prêtrise qu’il avait traînée au Champ de Mars, puis jetée au ruisseau, le mariage qu’il avait rompu par vingt scandales et une séparation volontaire, l’esprit qu’il déshonorait par la bassesse. […]

Il avait fait tout cela dans son palais et, dans ce palais, comme une araignée dans sa toile, il avait successivement attiré et pris héros, penseurs, grands hommes, conquérants, rois, princes, empereurs, Bonaparte, Sieyès, Mme de Staël, Chateaubriand, Benjamin Constant, Alexandre de Russie, Guillaume de Prusse, François d’Autriche, Louis XVIII, Louis-Philippe, toutes les mouches dorées et rayonnantes qui bourdonnent dans l’histoire de ces quarante dernières années. Tout cet étincelant essaim, fasciné par l’œil profond de cet homme, avait successivement passé sous cette porte sombre qui porte écrit sur son architecture : Hôtel Talleyrand.

Eh bien, avant-hier 17 mai 1838, cet homme est mort. Des médecins sont venus et ont embaumé le cadavre. Pour cela, à la manière des Égyptiens, ils ont retiré les entrailles du ventre et le cerveau du crâne. La chose faite, après avoir transformé le prince de Talleyrand en momie et cloué cette momie dans une bière tapissée de satin blanc, ils se sont retirés, laissant sur une table la cervelle, cette cervelle qui avait pensé tant de choses, inspiré tant d’hommes, construit tant d’édifices, conduit deux révolutions, trompé vingt rois, contenu le monde. Les médecins partis, un valet est entré, il a vu ce qu’ils avaient laissé : Tiens ! Ils ont oublié cela. Qu’en faire ? Il s’est souvenu qu’il y avait un égout dans la rue, il y est allé, et a jeté le cerveau dans cet égout. »

Victor Hugo, Choses vues (1846)

21 juillet 2013
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Histoire & Culture

21 octobre 1987 : Disparition de Lino Ventura

by adminfhesp 19 juillet 2013

Né en 1920 à Paris, fils d’un représentant de commerce italien, Angielino Giuseppe Pasquale Borrini  Ventura, dit Lino, commence sa carrière comme catcheur. Victime d’une mauvaise chute, il profite de sa corpulence pour entamer une carrière d’acteur.

– Il se fait peu à peu connaître dans les années 1950-1960 dans des seconds rôles auprès de Jean Gabin et Bernard Blier. Ce seront surtout Jacques Becker et Gilles Grangier qui lui ouvriront grand les portes de sa très belle carrière. Il tournera avec les plus grands dont Jean Delannoy, Henri-Georges Clouzot, Jean-Pierre Melville, Georges Lautner, Robert Enrico, Robert Enrico, Henri Verneuil et Claude Pinotteau. Lino Ventura deviendra en outre un habitué des répliques de Michel Audiard.

– Il a enfin fondé l’association Perce-Neige qui vient en aide aux enfants atteints de trisomie.

Citons parmi sa riche filmographie :
« Touchez pas au Grisbi » (J. Becker), « Razzia sur la schnouf » (H. Decoin), « Maigret tend un piège » (J. Delannoy), « Le gorille vous salue bien » (B. Borderie), « Ascenseur pour l’échafaud » (L. Malle), «  Un taxi pour Tobrouk » (D. de La Patellière), « Le bateau d’Emile » (D. de la Patellière), « Les Tontons Flingueurs » (G. Lautner), « Cent Mille Dollars au Soleil » (H. Verneuil), « Les Barbouzes » (G. Lautner), « Ne nous fâchons pas » (G. Lautner), « Les grandes gueules » (R. Enrico), « L’arme à gauche » (Cl. Sautet), « La métamorphose des cloportes » (P. Granier-Deferre), « Le Deuxième souffle » (J-P. Melville), « L’Armée des Ombres » (J-P. Melville), « Le clan des Siciliens » (H. Verneuil), « L’Emmerdeur » (E. Molinaro), « L’Aventure c’est l’aventure » (Cl. Lelouch), « Le Silencieux » (Cl. Pinoteau), « Espion, lève-toi » (Y. Boisset) et « Garde à vue » (C. Miller)

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9 juillet 2004 : Disparition de Jean Lefebvre

9 juillet 2004 : Disparition de Jean Lefebvre

Né le 3 octobre 1922 à Barlin tout près de Valenciennes, fils d’un maréchal-ferrant, Jean Lefebvre veut se lancer dans le spectacle dans les années 1930 et débute des études au Conservatoire. Engagé dans les Spahis en 1940, il est fait prisonnier mais s’évade du camp avec une quarantaine d’autres…

9 juillet 2014

Dans « Non classé »

14 mars 1983 : Disparition de Maurice Ronet

14 mars 1983 : Disparition de Maurice Ronet

Quelque peu oublié aujourd’hui, cet acteur au « visage froissé », Maurice Ronet fut l’une des personnalités du cinéma préférées des Français durant les années 1960. On le considéra également comme le rival d’Alain Delon. Fils d’acteurs, Maurice Robinet voit le jour à Nice le 13 avril. Attiré par le théâtre, il…

14 mars 2016

Dans « Arts et lettres »

11 janvier 2002 : Disparition de Henri Verneuil

11 janvier 2002 : Disparition de Henri Verneuil

Né dans une famille arménienne en 1920 à Rodosto (aujourd’hui Tekirdag) sur la partie européenne de la Turquie, Achod Malakian débarque sur le Quai de la Joliette à Marseille à l’âge de quatre ans. Sa famille ayant fui le gouvernement des Jeunes Turcs. – Apprenant le Français, il suit sa…

11 janvier 2017

Dans « Arts et lettres »

19 juillet 2013
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Histoire & Culture

12 juin 1429 : Victoire de Jargeau

by adminfhesp 15 juillet 2013

Le récit de cette bataille nous est connu grâce aux témoignages du Duc Jehan II d’Alençon, acteur principal de l’affrontement et Guy de Laval.
Battle_of_Jargeau_Martial_d'Auvergne_(1508)
Après la délivrance d’Orléans, Sainte Jehanne d’Arc veut faire « route libre et sûre » jusqu’à Reims afin d’y faire sacrer le Dauphin Charles.
Avec l’assentiment de Charles, l’Ost royal se met en route début juin après un crochet par Loches. Dès la fin du mois de mai, Jehanne guide l’Ost royal à la poursuite des troupes de Michael de La Pole Comte de Suffolk qui viennent se réfugier dans la forteresse de Jargeau. La Pucelle d’Orléans vient y mettre le siège avec le Duc d’Alençon, avant d’être rejoints par le Jehan Bâtard d’Orléans Comte de Dunois et Florent d’Illiers Capitaine de Châteaudun. D’Alençon et Dunois se demandent s’il est bien prudent d’épuiser l’Ost royal dans un siège. Selon Guy de Laval, la jeune lorraine exalte ses troupes par ses mots : « ne craignez aucune multitude et faites aucune difficulté de donner l’assaut aux Anglais car Dieu conduit votre affaire ! ».

L’Ost royal arrive dans les faubourgs de Jargeau le 11 juin et l’assaut est donné le 12. Selon le Duc d’Alençon, Sainte Jehanne s’empare de son étendard et mène elle-même l’assaut, entraînant le reste des troupes royales. Elle tombe, atteinte d’une pierre au casque mais elle se relève et crie « sus, sus. Notre Sire a condamné les Anglais. A cette heure, ils sont nôtres, ayez bon cœur ! » L’élan des Français permet la prise Jargeau et contraint les anglais à fuir vers l’est, sauf le Comte de Suffolk qui est fait prisonnier.

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Arthur de Richemont, Connétable de France et Duc de Bretagne

Arthur de Richemont, Connétable de France et Duc de Bretagne

Dans l’Histoire de la Guerre de Cent Ans, Arthur de Richemont reste curieusement – tout comme Olivier V de Clisson – dissimulé par l’ombre de Bertrand du Guesclin. Pourtant, il fut le troisième représentant de la noblesse bretonne à s’être vu octroyé la dignité de Connétable de France. Richemont ne…

26 décembre 2016

Dans « Epoque médiévale »

22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

Souverain passé à la postérité comme étant le « Petit Roi de Bourges qui a trahi Jehanne d’Arc » , dénigré par les historiens de la IIIe République, il apparaît très souvent comme un monarque effacé sinon insignifiant, coincé avec son père Charles VI le Fou entre les grands règnes…

22 juillet 2016

Dans « Bas Moyen-Âge et Guerre de Cent Ans »

Amiral Jehan V de Bueil « Fléau des Angloys »

Amiral Jehan V de Bueil « Fléau des Angloys »

Fils de Jehan IV de Bueil – Seigneur de Bueil, de Montrésor, d’Aubijoux, de Château-la-Vallière, de Courcillon, de Saint-Calais, d’Ussé et de Vailly-sur-Sauldre –  et de Marguerite de Sancerre, Jehan V de Bueil voit le jour en 1406. En 1418, son oncle Hardouin de Bueil Évêque d’Angers lui lègue la Saigneurie de Vaujours.…

30 juillet 2015

Dans « Non classé »

15 juillet 2013
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Histoire & Culture

Campagne d’Alsace 1944-1945 (Troisième partie)

by adminfhesp 13 juillet 2013

4 – STABILISATION DU FRONT AUTOUR DE COLMAR

1 – Défense allemande et désaccords français

– A la fin du mois de novembre, alors que Jacob L. Devers confie la priorité des opérations à Patch, pensant que les Français du Général de Lattre viendront facilement à bout des forces allemandes basées dans Colmar. Sauf qu’à leur surprise, les Allemands cherchent à s’y renforcer plutôt que de se replier sur la rive droite du Rhin. Et s’ils commencent à décrocher dans les Vosges, c’est pour mieux se replier dans la Plaine d’Alsace. Preuve en est que le Führer confie un nouveau groupe d’armées au fidèle Reichsführer-SS Heinrich Himmler pour maintenir les positions allemandes sur la rive gauche du Rhin : le Heeres-Gruppe Ober-Rhein. Celui-ci regroupe les unités stationnées sur la rive allemande, ainsi que la 19. Armee.

– Le 15 décembre, Friedrich Wiese cède son commandement au Generalleutnant Siegfrid Rasp qui se montre assez peu enthousiaste quant aux qualités militaires de Himmler. En revanche, celui-ci se montre tout  à fait capable d’envoyer des renforts à la 19. Armee qui a réussi à sécuriser ses positions dans la Forêt de Harth entre Mulhouse et le Rhin, dans le Bassin Potassique, ainsi que sur une ligne Saint-Amarin – Cernay – la Thur.  Rasp s’emploiera à renforcer chaque hameau, chaque ferme et chaque village avec des détachements d’infanterie de tous types.

– Souhaitant ménager le Ier Corps de Béthouart éprouvé par les combats de la trouée de Belfort et Mulhouse, Jean de Lattre de Tassigny donne la mission principale au IInd CA de Joseph de Goislard de Monsabert (3e Division d’Infanterie Algérienne, Corps Franc Pommiès et Tabors Marocains), tandis que le Ier CA de Béthouart (1re DB, 5e DB, 9e DIC, 2de DIM et 4e DMM) réalisera « un dispositif d’infanterie solide et cohérent appuyé par toute l’artillerie pour éviter les infiltrations ennemies sur la ligne Doller – Mulhouse – Canal de Huningue-Rhin ».
Mais cette décision s’explique par le début des querelles de clochers (dixit J-Ch. Notin) entre les chefs français. Conformément au plan de Devers, la 2e DB se retrouve sur la Poche de Colmar, alors que la poussée vers la Sarre est « américanisée ». Et Leclerc ne se montre par défavorable à tendre la main aux deux autres divisions blindées de la Ire Armée afin de donner l’estocade contre Colmar. Mais comme le note Jean-Christophe Notin, de Lattre y est fortement réticent. Comme il le fait remarquer à Monsabert : « la 2e DB a libéré Paris et Strasbourg, c’est la Ire Armée qui libérera Colmar ». Or, la 2e DB est à 30 km au nord de Colmar pendant que le IIe CA est encore sur la Crête des Vosges et le Hohneck. C’est en grande partie pour cela que c’est à Monsabert de déboucher vers la capitale du Haut-Rhin depuis le massif et non pas d’attaquer en tenaille par le nord et le sud. Leclerc tempête et va parfois même dire en coulisses à ses officiers que « de Lattre est un con » (1). Dans la 2e DB, on raille de Lattre, « le fantassin » qui n’y connaît rien à l’emploi des chars. Henri de Vernejoul, le patron de la 5e DB s’emporte lui aussi contre son chef : « les deux jours de campagne éclair encore possibles le 30 novembre, deviendront deux mois de tueries et de ruines après le 3 décembre ». En outre, Devers – qui ne s’encombre pas du débat franco-français – octroie à de Lattre le commandement de toutes les forces bordant la poche de Colmar dont la 2e DB et la 36th US Division de Dahlquist. Pour Leclerc, c’est un coup dur, d’autant que Devers et Patch lui entretenaient l’illusion d’un raid sur Mayence. Pour échapper à l’emprise du commandant de la Ire Armée, Leclerc va jusqu’à rédiger une lettre à de Gaulle alors en visite auprès de Staline à Moscou pour justifier sa bonne coopération avec les Américains, notamment avec Haislip et Patch. Mais en vain, la 2e DB doit se placer sous le commandement du IIe CA. Leclerc réclame de l’Infanterie pour appuyer ses chars. Les Américains ne peuvent lui en fournir et Monsabert refuse de lui céder des compagnies à pied, peut-être par peur (J-Ch. Notin). Pour Leclerc, de Lattre prend du retard et finira par confier l’assaut sur Colmar à sa division, alors que « c’est une mission de division d’infanterie ». ll craint aussi – à juste titre – que les Allemands ne se renforcent. De son côté, Devers s’impatiente et insiste pour que les unités assignées à Monsabert soient capables de lui apporter le soutien nécessaire.

Generalleutnant Siegfried Rasp. Commandant de la 19. Armee dès le 5 décembre

Generalleutnant Siegfried Rasp. Commandant de la 19. Armee dès le 15 décembre

2 – « Indépendance » s’enlise

– Revenons-en aux opérations. Le 6 décembre, de Lattre précise ses intentions : étrangler la tête de pont allemande par de puissantes actions convergentes le long du Rhin et de « faire sauter la zone d’amarrage de la défense adverse à la limite de la plaine et de la montagne. » L’attaque a lieu le 7 décembre avec pour objectif Orbey et Sélestat. Mais le temps est épouvantable, les troupes Monsabert connaissent de sérieuses difficultés. Pendant trois jours, Tirailleurs et FFI s’acharnent chasser les Allemands du secteur du Grand Ballon et de la Ligne des Crêtes mais ils piétinent en raison du mauvais temps et de la résistance allemande.
La 2e DB est immobilisée par des inondations le long du Rhin. De Lattre a finalement finalement octroyé à Leclerc le 1er RCP du Lieutenant-Colonel Jacques Faure à Leclerc mais la collaboration n’est pas au beau fixe. Pire encore, Faure se plaint que ses soldats soient envoyés à l’abattoir. La coopération entre Parachutistes et les soldats de Leclerc a été presque déplorable, aux regrets d’officiers de la Division Blindée. Mais le grief contre Leclerc relevant qu’il privilégie la sauvegarde de ses hommes au mépris de ceux des autres n’est pas du seul apanage de Faure. Saint-Hillier, patron de l’état-major de la DFL et fidèle de feu Diego Brosset, est autant hargneux dans ses propos contre de Lattre que contre Leclerc.
Le Ier Corps de Béthouart connaît lui aussi de sérieuses difficultés, si son aile droite réussit à entrer dans Thann mais Cernay reste aux mains des Allemands. Bien évidemment, Himmler met ce temps à profit pour renforcer la Poche de Colmar.

– Le Général de Monsabert décide alors de limiter ses prétentions en attaquant en force Orbey et Ribeauvillé. L’offensive reprend donc le 15 décembre. La 36th Division s’empare de Kaysersberg dans le Vignoble alsacien le 17, tandis qu’Orbey tombe le lendemain 18. Au nord de Kaysersberg, Ammerschwir – détruite à 85% – tombe aux mains des troupes de Monsabert.  Toutefois, notons au moins un autre succès. Les Chacals du 9e Zouaves (Lieutenant-Colonel Aumeran) tend la main au Corps Franc Pommiès en s’emparant du Col de la Schlucht en amont de Munster.Devant les problèmes causés par la Résistance allemande, Alexander M. Patch décide d’envoyer la 3rd « Rock of the Marne » d’O’Daniel dans le secteur de Colmar le 15 décembre. Mais rien y fait, le mauvais temps englue les troupes françaises et les 2 divisions blindées de Béthouart sont essoufflés. Du côté allemand, en Himmler envoie toujours des renforts. à Siegfried Rasp dont les forces contrôlent encore le Canal Ill-Rhin sur le flanc de Monsabert, ce qui gêne considérablement l’attaque franco-américaine. La température chute très vite et la neige se met à tomber. Pour de Lattre, les chances de succès s’amenuisent, ce qui n’est pas l’avis de Leclerc qui veut encore isoler les Allemands avec sa division aux effectifs quasiment pleins, afin d’en terminer avant Noël. Mais les défenseurs du « Roi Jean » comme François de Lannoy avancent l’argument (crédible) que la logistique de la Ire Armée souffre elle aussi du mauvais temps, ce qui ne lui permettrait pas de lancer une vaste offensive contre Colmar dans ses conditions. Toujours selon de Lannoy : « de Lattre décide en commandant d’Armée, alors que ses généraux doivent d’abord se préoccuper des opérations à l’échelon d’une division ». Devers donne raison au commandant de la Ire Armée et c’est à lui que revient le dernier mot d’arrêter l’Opération « Indépendance » le 22 décembre. Leclerc enrage toujours. Le 25 décembre dans le village d’Erstein (que ses troupes ont libéré), Leclerc assiste avec de Gaulle à la messe de Noël célébrée par l’Abbé Lux. Après l’office, il fait part de son mécontentement au Chef du Gouvernement Provisoire et lui réclame une autre mission. Mais las des querelles entre généraux français, de Gaulle refuse net et reproche même à celui qui reste d’entre ses premiers fidèles son comportement avec de Lattre. Pour Leclerc, c’est un comble mais il ne trouve rien à redire.

– Pour l’heure, la Ire Armée commence à reconstituer ses forces. Mais au nord, les Allemands sont loin d’en démordre et veulent reprendre pied en Alsace.
[Suite]

(1) :  in NOTIN J-Chr. : Le Général Saint-Hillier. De Bir-Hakeim au putsch d’Alger, Perrin

Sources :
– CLARKE Jeffrey L. & ROSS SMITH Robert : Riviera to the Rhineland, http://www.iblio.org
– NOTIN Jean-Christophe : Leclerc, Perrin
– NOTIN Jean-Christophe : Le Général Saint-Hillier. De Bir-Hakeim au putsch d’Alger, Perrin
– DUTAILLY Lieutenant-Colonel H. : « La campagne d’Alsace » in MASSON Philippe (Dir.) : « Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale », T 1, Larousse, 1980
– DE LANNOY François : « La Ire Armée de la Provence au Rhin » in CONRAD Philippe (Dir.) : L’été 1944, Nouvelle Revue d’Histoire, août-septembre 2014

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Campagne d'Alsace 1944-1945 : première partie

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13 juillet 2013
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Histoire & Culture

Brève – 4 août 1944 : Libération de Rennes

by adminfhesp 12 juillet 2013

Cet épisode de la Libération de l’Ouest de la France est d’abord à mettre au compte de la Résistance locale dirigée par Pierre Hebrart dit « Général Le Vigan », préparant l’arrivée de l’avant-garde de la 4th Armored Division du Major.General John S. « Tiger » Wood qui fonce vers Rennes depuis la région de Fougères.

2_54f539b5f7Les quelques soldats allemands stationnant encore à Rennes reçoivent l’autorisation de se replier vers le Morbihan en vue de constituer la Poche de Lorient.
La libération de la principale ville de Bretagne donne alors lieu à une scène de liesse sur la place de la mairie.

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Connétable Anne de Montmorency

Connétable Anne de Montmorency

Né en 1493, filleul de la Reine Anne de Bretagne, fils de Guillaume de Montmorency et d’Anne Pot, Anne de Montmorency Baron des Baux est confié à dix ans à la maison de François d’Angoulême (futur François Ier) pour son instruction. Il devient très vite l’ami du futur Roi de France. – Participant…

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Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Septième partie

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Septième partie

3 – FLANC SUD : L’AVANCE DU XVth ARMY CORPS – Le 5 septembre, le XVth US Army Corps du Lieutenant.General Wade H. Haislip avait atteint Commercy et la Meuse. Après avoir été rattachée à la Ist Army de Hodges pour les opérations de franchissement de la Seine, cette unité est…

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28 août 1944 : Libération de Nice

28 août 1944 : Libération de Nice

Les combats pour la libération de la quatrième ville de France ont été brefs et ont fait assez peu de victimes. Les FFI locaux ayant – en partie – bénéficié de la retraite allemande ordonnée par Kesselring en direction des cols frontaliers (Authion, Tende, Vésubie et Turini). – Depuis que…

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12 juillet 2013
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Histoire & Culture

Histoire du Bataillon de Français de l’ONU en Corée, 1950-1953

by adminfhesp 29 juin 2013

Chers lecteurs, chères lectrices, le 25 juillet dernier la Corée du Sud commémorait l’armistice de Pan-mun-jeom qui a marqué la fin de la Guerre de Corée et la séparation du pays à hauteur du 38e Parallèle. Séoul honorait aussi la mémoire des soldats de l’ONU tombés au Pays du Matin Calme sous le commandement des Généraux Douglas MacArthur et Matthew B. Ridgway (le second ayant d’ailleurs commandé la 82nd Airborne Division qui fut larguée à Sainte-Mère-Eglise le 6 juin 1944). Véritable confrontation armée (indirecte) entre l’URSS et le Bloc Occidental, la Guerre de Corée a vu le déploiement d’une  coalition réunissant soldats Américains (les plus nombreux), Sud-Coréens mais aussi Britanniques, Australiens, Canadiens, Néo-Zélandais, Sud-Africains, Belges, Hollandais, Danois, Norvégiens, Sud-Américains, Turcs, Thaïlandais et bien sûr, Français. Bien entendu, en France cette histoire est largement méconnue. Aucun hommage officiel, aucune émission n’en a fait état. Seules quelques monuments au morts (celui de Besançon notamment) et ainsi qu’un jardin à Paris du IVe arrondissement, rappellent l’histoire de ces volontaires français engagés dans une aventure contre le totalitarisme communiste.

Soixante ans après la Guerre de Corée, c’est avec quelque retard que France Histoire Espérance vous propose donc de leur rendre hommage avec ce résumé de leur histoire.

Le Lieutenant-Colonel Borreil remettant une décoration à un volontaire français

Le Lieutenant-Colonel Borreil remettant une décoration à un volontaire français

Lorsque la Guerre de Coré éclate en juin 1950, la France de la IVe République rechigne à y envoyer un contingent sous mandant de l’ONU. D’importantes forces sont déjà déployées dans les Rizières d’Indochine. En outre, si depuis 1947, le gouvernement a rompu avec le PCF, la majorité l’opinion publique ne voit guère l’intérêt d’envoyer des soldats dans un pays d’Asie dont on ne connaît strictement rien. Le Gouvernement MRP de Georges Bidault (Centre-droit) décide d’abord d’expédier symbolique la frégate La Grandière, avant d’autoriser la levée d’un bataillon exclusivement composé de volontaires. A noter que deux d’entre-eux se nomment Jean Lartéguy et Alfred Sirven.

Or, un monument de la Légion Etrangère fait des pieds et des mains pour prendre le commandement de cette unité. Il s’agit du Général de Corps d’Armée Raoul Magrin-Verneret dit Ralph Monclar (1892-1964). Entré très jeune dans la Légion, ce vétéran des tranchées de la Grande Guerre et ancien commandant de la 13e DBLE à Narvik et en Éthiopie contre les Italiens. Derrière ses aspects de baroudeur et de meneur d’homme hors-pair, Monclar est aussi un homme modeste et cultivé qui parle sept langues et est l’auteur d’un Catéchisme de Combat. Si l’État-major juge Monclar trop vieux, le vieux guerrier obtient tout de même l’autorisation de se faire rétrograder au grade de Lieutenant-Colonel pour prendre le commandement du nouveau Bataillon Français de l’ONU.

Insigne du BFONU

Insigne du BFONU

Aussitôt, proclamée la levée, plusieurs centaines de volontaires affluent. Qui sont-ils ? En très grande majorité d’anciens FFL vétérans de la Seconde Guerre mondiale, des hommes d’active, d’anciens maquisards, quelques Légionnaires ayant acquis la nationalité française et des hommes provenant de la Marine. Selon une légende plus ou moins fondée, on trouve même d’anciens Waffen-SS français (de la 33. SS « Charlemagne »), engagés sur serment de ne pas avoir pris les armes contre d’autres Français pendant le second conflit mondial. Quoiqu’il en soit, à côté d’aventuriers rêvant d’exotisme guerrier et d’autres admiratifs de l’Armée américaine qui a libéré la France, la majorité des volontaires partage un anti-communisme virulent. Ils disent vouloir se battre « pour libérer un pays que nous ne connaissons même pas, à l’instar des jeunes Américains venus combattre pour nous pendant les deux guerres mondiales. »
Après une première sélection, 1 017 hommes sont retenus, rassemblés d’abord au camp d’Auvours dans la Sarthe et envoyés à l’entraînement dans le Midi.

L’une des principales forces du Bataillon Français vient de ses soldats qui sont en fait d’anciens sous-officiers expérimentés. Monclar entraîne intensivement son bataillon et lui inculque un esprit de corps qui renforce discipline et cohésion. Après s’être formé au combat, le BF ONU embarque pour la Corée à Marseille le 25 octobre 1950, sur le Skaugum.

Les hommes de Monclar débarquent en Corée, à Pusan, au début de l’hiver. Il perfectionne ensuite son entraînement, tout en s’acclimatant à se rude pays. Il est affecté ensuite au 23rd US Infantry Regiment de la 2nd Infantry Division « Indian Head » du Major-General Robert B. McLure (cette division a participé à la Bataille de Normandie)  Là, victime du mépris affiché par les états-majors américains pour les Français, le BFONU est baladé d’unité en unité et de cantonnement en cantonnement sans combattre. Toutefois, Monclar conservera de très bonnes relations avec le Colonel Paul Freeman, commandant du 23rd Infantry.

Insigne de la 2nd US Infantry Division

Insigne de la 2nd US Infantry Division

Le Bataillon tire ses premiers coups de feu en janvier 1951 à l’est de Séoul. A ce moment l’Armée Populaire de Libération de la Chine Communiste est venue prêter main-forte la NKPA de Kim Il-Sung en traversant le Yalou par vagues, repoussant toutes les forces de l’ONU à hauteur de Séoul.

Monclar (à gauche coiffé du béret noir) conversant avec Douglas McArthur (à droite)

Monclar (à gauche coiffé du béret noir) conversant avec Douglas McArthur (à droite)

En janvier 1951, les Français combattent alors par un temps glacial dans les rizières et les monts de Wonju, repoussant tous les assauts des Chinois maoïstes.
Les hommes de Monclar se distinguent en contre-attaquant les Chinois à la baïonnette, ce qui fait dire au General Ridgway (qui a remplacé McArthur rappelé par Truman après avoir proposé d’utiliser l’arme nucléaire contre Pékin) : « Les français nous ont montré baïonnettes n’ont pas été inventées pour ouvrir des boîtes de ration mais pour nous battre ! » Et l’un des officiers français galvanisant ses hommes au cri de « Mort aux cons, il y aura du boulot ! ».
Après les sanglants combats victorieux de Wonju, Monclar dit à ses hommes : « Vous êtes condamnés aux travaux forcés de la Gloire, vous devez continuer à être à la hauteur de votre réputation au cours des batailles à venir. »

A la fin du mois de janvier, les Français participent à la poursuite des forces communistes vers le nord. Dans cette opération, les Français combattent durement sur les hauteurs du carrefour de Chipyong-ni, toujours dans un froid particulièrement mordant (jusqu’à – 30°C). Ils doivent aussi repousser les assauts nocturnes des Chinois à la grenade, au poignard et à la baïonnette. La position des Français devient précaire et le dernier assaut des Chinois qui aurait pu être fatal est arrêté grâce à l’intervention d’avions F4 Corsair. Les 12-13 janvier, les Français s’enterrent au-dessus de Chipyong-ni et reçoivent du ravitaillement mais les Chinois attaquent encore et chacun de leurs assauts est repoussé. Finalement, le vilalge de Chipyong-ni tombe aux mains des Français au prix de quarante tués et plus de 200 blessés le 16 février, après plus d’un mois de combat.
Ce fait d’arme vaut au BFONU la Presidential Citation Unit décernée par le Président Harry S. Truman.

Au début de mars, le BFONU ouvre la route de Honchon et Chuchon à la 2nd Division et franchir le 38e Parallèle le 6 avril 1951. En Octobre 1951, Monclar et ses hommes s’emparent de la Cote 851, puis du piton baptisé Crèvecoeur (Heartbreaker Ridge – Cote 931). 200 Français sont encore blessés. Après ce nouveau fait d’arme, les Français se placent en position défensive à Gumhwa pour y affronter les rigueurs de l’hiver 1951-1952, avant d’être placé au repos. Le Bataillon a encore gagné une Presidential Citation Unit, ainsi qu’une Citation Présidentielle de la République de Corée.

Après une période d’accalmie dans la vallée de Yok-Chon-Chon, toutefois troublée par des pluies diluviennes, le combat reprend pour les Français en plein été 1952 dans le fameux « Triangle de fer » White-Horse – T-Bone – Arrow Head, au nord-ouest de Chorwon. Placés alors sous le commandement du Lieutenant-Colonel François Boreill, leur mission est de bloquer une nouvelle grande offensive chinoise. Les hommes de Monclar vont être pilonnés pendant près d’une journée par 25 000 obus en tous genre sur leurs positions. A ce bombardement quasi-titanesque succèdent les charges sanglantes de l’APL. La Section de Pionniers, à cours de munitions doit se battre à coup de pelles et la section lourde désobéit aux ordres de rester en position défensive pour se porter au soutien du 29e Régiment Sud-Coréen en très mauvaise posture après la prise de White Horse par les Communistes. Cet acte vaudra à son chef, l’Ordre du Mérite Militaire Hrawang avec étoile d’argent, la plus haute distinction dans l’Armée Sud-Coréenne. Le Bataillon Français a mis hors de combat près de 1 500 Chinois et Nord-Coréens et a gagné sa troisième Presidential Citation Unit , sa seconde Citation Présidentielle Coréenne, ainsi qu’une Citation à l’Ordre de l’Armée française.

Après ces durs combats, les Français commandés alors par le Lieutenant-Colonel de Germigny mais toujours placés sous le commandement de la 2nd US Division, sont successivement placés en position défensive à Songgok et Chumgasan (janvier-juin 1953) où ils se contentent de patrouiller dans le secteur ennemi et à repousser des attaques.

Après la signature de l’armistice de Pan-Mun-Jon, les Français embarquent pour l’Indochine où ils combattront contre le Viet-Minh dans la région de Saïgon. 287 d’entre eux ont payé de leur vie la défense de la Corée du Sud et près de 1 350 ont été blessés.

Aujourd’hui, l’Association Nationale des Anciens et Amis des Forces Françaises de l’ONU et du Bataillon et Régiment de Corée fait vivre la mémoires de ces volontaires français.
Enfin, la promotion de l’EMIA 1989-1991 a porté le nom du Bataillon.

Sources :

– BERGOT Erwann : Bataillon de Corée. Les volontaires français 1950-1953, éd. Presses de la Cité
– KADARI Yannis (Dir) :  Corée. Les volontaires français de l’ONU : Ligne de Front, N°18, Août 2009, éd. Caraktère
– HAMBURGER Kenneth : Le rôle du « bataillon de Corée » dans la guerre de Corée, 2007, http://www.rha.revues.org

 

 

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Ralph Monclar

Ralph Monclar

Personnage à la vie digne d’un roman de guerre, Monclar reste une figure marquante de la Légion Etrangère du XXe siècle. S’il n’eut pas la science militaire d’un de Lattre ou d’un Leclerc, il n’empêche qu’il s’avéra un remarquable meneur d’homme doublé d’un soldat particulièrement courageux. – De son vrai…

3 juin 2016

Dans « Histoire militaire française »

17 octobre 1781 : Victoire de Yorktown

17 octobre 1781 : Victoire de Yorktown

Point culminant de la Guerre d’Indépendance Américaine, la bataille de Yorktown se caractérisa par un siège des forces britanniques de Lord Charles Cornwallis, mené en coopération par l’armée  de George Washington et les Français de Mr. de Rochambeau. * ISOLER CORNWALLIS – Le 20 mai 1781, après la sa victoire à la Pyrrhus de…

17 octobre 2016

Dans « 1715-1804 »

Le Débarquement de Provence - Première partie

Le Débarquement de Provence – Première partie

Étonnamment, le déroulement de cette phase importante de la Libération du territoire français est bien moins connu et étudié que le débarquement de Normandie. Paradoxal, quand on sait que la participation des forces françaises a été importante. Les commémorations du soixante-dixième anniversaire de l’Opération « Anvil Dragoon » est bien sûr l’occasion…

13 août 2016

Dans « Histoire militaire française »

29 juin 2013
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Histoire & Culture

3-4 octobre 1943 : Libération de la Corse

by adminfhesp 29 juin 2013

La Corse est occupée le 11 novembre 1942 par les forces germano-italiennes, suite au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord. Mais les Allemands y stationnent peu de forces – notons tout de même la présence notable de la SS-Sturmbrigade                    « Reichsführer SS » – et confient l’occupation de la Corse aux troupes italiennes. Celles-ci sont peu fiables pour leurs homologues germaniques, car entièrement démotivées avec les déconvenues d’Afrique du Nord et n’ayant aucun – sinon très peu – de sentiment d’hostilité envers la population corse. D’un point de vue militaire et administratif, l’île est placée sous l’autorité de l’Armée Italienne.
La-liberation-de-la-Corse-1943
Si les troupes italiennes sont peu fiables, l’administration d’occupation est beaucoup plus féroce. La Corse est alors sous juridiction des tribunaux militaires de l’Italie Fasciste qui appliquent immédiatement les peines prononcées. Ainsi, cent-dix notables corses sont arrêtés sans jugement et expédiés en captivité à l’Île d’Elbe.

Mais si l’on compte des collaborateurs motivés pour toutes sortes de raisons, la résistance s’organise dans l’île avec de fortes complicités dans l’administration départementale et dans la Gendarmerie. Bien sûr, la résistance corse est d’abord divisée entre plusieurs groupes : maurassiens, gaullistes, sections de l’OCM et de l’ORA, socialistes, communistes etc. Seulement, le groupe départemental du Front National (mouvement de résistance d’obédience communiste dirigé par Pierre Villon) effectue un travail énorme d’unification de la résistance dans la clandestinité (noyautage, sabotage, caches d’armes). Il ne passe pas directement à l’action armée à grande échelle et préfère d’abord concentrer ses forces.

Dans le courant de l’année 1943, la résistance unifiée en Corse peut rassembler 12 000 hommes et femmes prêts à agir, ce qui est absolument énorme pour un département de 8 800 km2 comptant seulement 200 000 habitants. Certains résistants préfèrent tout de même se réfugier dans les maquis, les réduits montagneux et dans la Castagniccia. Toutefois, le Gouvernement Provisoire d’Alger, ordonne à ce que des armes soient livrées aux maquisards qui peuvent mener la vie dure à l’occupant italien. Ainsi, plusieurs missions aériennes parachutent des armes aux insurgés. Les sous-marins des Forces Navales Françaises Libres sont aussi de la partie. Ainsi, le Casabianca du Commandant L’Herminier qui avait refusé de se saborder à Toulon pour rallier l’Algérie, réussit six missions clandestines.

En avril 1943, le Général Henri Giraud commandant en chef civil et militaire d’Alger, charge Paul Colonna d’Istria de préparer les Corses au combat. Il faut jouer avec le Front National car, en raison des pertes dues à la répression, il est le mouvement autour duquel la résistance s’est resserrée.

Paul Colonna d'Istria

Paul Colonna d’Istria

Mais le 25 juillet 1943, Mussolini est destitué de ses fonctions par les Hiérarques du Grand Conseil du Fascisme et le Roi Victor Emmanuel III nomme le Maréchal Badoglio chef du gouvernement. Badoglio entame immédiatement des négociations avec les Britanniques et les Américains. En outre, la population italienne en a assez de la guerre. Finalement l’Italie capitule le 3 septembre. En réaction, Hitler ordonne au Maréchal Albert Kesselring d’occuper l’ensemble de la péninsule. En Corse donc, les 8 000 soldats italiens restent l’arme au pied, ou bien même pour certains, rejoignent les maquis. On voit même des officiers italiens fournir des renseignements clandestins au Front National corse, comme le Général Stivala qui commande la garnison de Bastia ou le Colonel Cagnoni des Chemises Noires de la même ville. Côté allemand, la 90. Panzergrenadier-Division passe en Sardaigne pour laisser la place à la SS-Sturmbrigade « Reichsführer SS » du SS-Standartenführer (Colonel SS) Karl Gesele dans le sud de la Corse.

Fin août, la décision est prise à Alger et à Bastia ; l’insurrection contre les Allemands sera lancée à l’issue de la capitulation italienne. Le 8 septembre, cette décision est maintenue. Le soir même, Paul Colonna d’Istria se rend auprès du Général Magli chef du VII Corpo di Armata (Corps d’Armée) et lui somme de choisir entre neutralité, hostilité ou coopération avec les Corses. Paradoxalement, Magli soumet la Corse à un régime d’occupation des plus sévères depuis 1942. Cependant il déclare à d’Istia : « je suis avec vous… » Il sait aussi que ses forces sont démoralisées et que les désertions s’accroissent dans leurs rangs. Le 9 septembre, avec l’opération Avalanche, Américains et Britanniques débarquent dans le Golfe de Salerne. Le même jour, Magli reçoit la visite du General der Panzertruppen Fridolin von Senger und Etterlin, commandant du XIV. Panzer-Korps (Corps de Chars) et chef des forces allemandes en Corse. Magli assure von Senger de sa bienveillance et ordonne de libérer les prisonniers allemands. En fait, Magli cherche à gagner du temps et attend les ordres venus de Rome.

Le 11 septembre, tout bascule en faveur de la Résistance. En effet, le Commando Supremo (Commandement Suprême remanié après la destitution de Mussolini), ordonne à Magli de « considérer les Allemands comme des ennemis. » Le général s’exécute et ordonne la libération des résistants corses détenus. Quelques Corses incarcérés dans l’Île d’Elbe réussissent même à s’échapper par mer et à rejoindre l’Île de Beauté le 16 septembre.

Rendus féroces par la tournure des événements, les forces allemandes ne s’en prennent pas directement aux résistants corses mais aux soldats italiens dont ils n’acceptent pas la trahison. Accourue de Sardaigne, la 90. Panzergrenadier-Division du Generalleutnant Carl-Hans von Lungershausen reprend Bastia le 13 septembre. Désormais, le seul port accessible pour les Alliés est Ajaccio.
Les Maquisards n’ont pas attendu. Ils se sont lancés  dans des opérations de harcèlement contre les troupes allemandes. Succès, puisque les Allemands, trop lourdement motorisés et ne disposant pas de troupes de montagnes, ne peuvent franchit la dorsale montagneuse qui sépare la Corse en deux. Résistants et les soldats italiens qui se sont joint à eux, tiennent fermement la montagne ainsi que de nombreux villages. Un succès décisif est remporté le 17 septembre à Levie.

Du côté des FFL et du Général Giraud, on a aussi décidé de lancer une opération de débarquement baptisée Vésuve, sans la coopération des Britanniques ou des Américains (hormis la présence d’un US Commando du Captain James Pitteri). L’opération Vésuve est dirigée depuis Alger par le Général Henry Martin.

Les troupes françaises ont été choisies avec discernement compte-tenu des combats en Montagne.
Ainsi, 109 hommes du Bataillon de Choc du Colonel Fernand Gambiez débarquent grâces aux bons soins du Casabianca. Ils ne tardent pas à rejoindre les Résistants pour harceler les convois et les postes allemands sur la côte est. Débarquent ensuite les Tirailleurs Marocains du Colonel de Butler, le 6e Tabor Marocain du Lieutenant-Colonel de la Tour, des Spahis, des artilleurs d’Afrique, ainsi que des unités du Génie et de télégraphistes. Ses forces ont pour mission d’occuper les cols, de libérer la route côtière et de prendre Bastia. Elles opèrent alors vers Borgo, par l’ouest et mène de très durs combats au Col de Teghime contre les Panzergrenadiere. Les Tabors du Lt-Col de la Tour opèrent quant à eux, par le nord-ouest.
La-liberation-de-la-Corse-1943 (1)
Bastia est le théâtre de très durs combats pendant une semaine, du 27 septembre au 4 octobre. Mais à l’aube du 4, le 73e Goum du 6e Tabor entre dans la ville.
Les éléments de la 90. PzGrDiv doivent alors évacuer vers les côtes italiennes.

Les forces allemandes ont subi de très lourdes pertes : 3 000 hommes perdus (terre, air et mer confondues) dont 2 000 tués.

La Corse est donc le premier département français à être libéré et servira de base opérationnelle en hébergeant 17 aérodromes et en reliant l’Afrique du Nord par une ligne maritime contrôlée par les Français. La Corse servira donc de base de départ à la conquête des îles d’Elbe, de Pianosa, Monte Cristo et Capraja (Archipel Toscan), ainsi qu’au débarquement de Provence l’année d’après.

Source :
– http://www.chemindememoire.fr

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24 juin 1940 : Fin de la bataille des Alpes, succès français de 1940 – 2/2

24 juin 1940 : Fin de la bataille des Alpes, succès français de 1940 – 2/2

Nous avons vu les combats menés par les Français face aux unités mécanisées allemandes, passons maintenant aux combats menés face aux Italiens. Au début de juin 1940, Benito Mussolini déclare la guerre à la France pour s’emparer notamment de la Tunisie, de la Savoie, de la Corse et de Nice.…

24 juin 2016

Dans « Histoire militaire française »

1944 : Opération « Brassard » ; prise de l'Île d'Elbe par les troupes françaises

1944 : Opération « Brassard » ; prise de l’Île d’Elbe par les troupes françaises

A côté du Jour-J en Normandie et du Débarquement de Provence, la prise de l’Île d’Elbe par les Commandos de Choc, les Tirailleurs et les Thabors passe complètement inaperçue. Pourtant, les combats qui y ont été menés ont été brefs mais particulièrement acharnés. Retour donc, sur une opération amphibie presque…

19 juillet 2014

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Chroniques gauloises : la conquête de la Gaule (article libre)

Chroniques gauloises : la conquête de la Gaule (article libre)

Loin d’être une initiative personnelle de Jules César, la conquête de la Gaule est en fait un processus amorcé après les Guerres Puniques qui va acquérir une dynamique jusqu’à la bataille d’Alésia. Ce qui relevait au départ d’une conquête de sécurisation des frontières septentrionales de Rome va se muer une…

6 juin 2013

Dans « Non classé »

29 juin 2013
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Histoire & Culture

20 août : fête de Saint Bernard de Clairvaux

by adminfhesp 28 juin 2013

Né vers 1090, fils puîné de Tescelin de Fontaines, chevalier du duc de Bourgogne et de Dame Aleth de Montbard, il entre à vingt-ans dans la petite communauté monastique de Cîteaux fondée quelques années auparavant par Saint Robert de Molesmes et dirigé alors par Étienne Harding.

En 1115, après trois années de vie monastique à Citeaux, Bernard est envoyé à Clairvaux pour y fonder l’abbaye dont il restera père-abbé jusqu’à sa mort. Mais loin de rester cloîtré il parcourt les routes d’Europe devenant, comme on a pu l’écrire, « la conscience de l’Église de son temps ».

– Il vient plusieurs fois à Paris, plus précisément à Saint Pierre de Montmartre, à la chapelle du Martyrium et à la chapelle Saint Aignan où il vient prier souvent devant la statue de la Vierge qui se trouve maintenant à Notre-Dame de Paris.

– Sa correspondance abondante avec des princes, des frères moines ou des jeunes gens qui requièrent son conseil ne l’empêche pas de se consacrer à la contemplation tout autant qu’à l’action directe dans la société de son temps. Infatigable fondateur, on le voit sur sa mule, traînant sur les routes d’Europe sa santé délabrée et son enthousiasme spirituel.

– Lors du Schisme de 1130, il soutient sans retenue Innocent II contre l’anti-pape Anaclet II. Sa Lettre au Pape Eugène III (Bernardo Paganelli di Montepagno) – lui même moine cistercien et disciple de Saint Bernard – affirme l’indépendance de la souveraineté pontificale vis-à-vis des familles royales et impériales d’Europe.
Sa réforme monastique l’oppose à l’Ordre de Cluny dont il jugeait l’interprétation de la règle de saint Benoît trop accommodante, tout comme son goût de la couleur dans les édifices peu conforme à ladite règle.

président de l’affaire1146, devant les chevaliers français et le Roi Louis VII, il prononce un discours aussi éloquent qu’enflammé appelant à la Croisade en Terre Sainte, bien qu’il y fût d’abord réticent. Ajoutons à cela qu’il prend la défense les populations juives souvent soumises à des violences dans ce contexte.

A sa mort, en 1153,  trois cent quarante-trois abbayes cisterciennes ont été édifiées en Europe.

Citations :

– « Le vrai amour est satisfait de soi-même ; il ne veut point d’autre récompense que l’objet qu’il aime. »

– « Le parfum de la bonté se compose des misères des pauvres, des angoisses des opprimés. »

– « Jaloux – Soyez père et non tyran ; travaillez plutôt à être aimé qu’à être redouté. »

– « Le désir de paraître est un désir pernicieux ; mieux vaut encore brûler. »

 – « Si vous souhaitez tant l’éclat, efforcez-vous d’être ce que vous voulez paraître. »

– « Un cœur glacé est incapable de comprendre un langage de feu. »

 

 

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Vins pour Noël : les Seigneurs de la Côte de Nuits (2)

Vins pour Noël : les Seigneurs de la Côte de Nuits (2)

1 – Crus de Chambertin Chambertin : Ses premières productions sont contemporaines de Philippe Auguste et de Saint Louis, avant qu’il ne soit considéré comme le Roi des vins en Europe sous Louis XIII et Louis XIV. Le vignoble de Chambertin occupe un excellent coteau qui monte jusqu’à 300 mètres. C’est…

24 décembre 2014

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Patrimoine national : La Sainte Chapelle, le

Patrimoine national : La Sainte Chapelle, le « Joyau » de Saint Louis

Véritable « joyau » architectural, la Sainte Chapelle s’inscrit parmi les monuments majeurs laissés par le roi Louis IX à la postérité. Le souverain ne se contenta pas d’être le roi saint et vertueux décrit par tant de biographes, à commencer par son contemporain et serviteur Joinville, qui voyait en lui le…

1 décembre 2014

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Notre Dame de l'Assomption

Notre Dame de l’Assomption « Patronne de toute la France », Pie XI (1922)

A l’occasion de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie (15 août), nous vous proposons de relire la déclaration officielle du pape Pie XI consacrant la France à la Mère du Sauveur (1922). Une bonne occasion de revenir sur l’histoire du culte marial dans notre pays… « La Vierge Marie Mère de Dieu, sous…

16 août 2015

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28 juin 2013
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Histoire & Culture

14 juillet 1223 : Mort du Roi Philippe Auguste 2/2

by adminfhesp 27 juin 2013

– LE DIMANCHE DE BOUVINES

La Flandre connaît un basculement politique. Baudouin de Hainaut, beau-père de Philippe Auguste, est capturé lors de la Quatrième Croisade et Philippe de Courtenay-Namur, frère de Baudouin, jure fidélité au Roi de France, pendant que Jehanne de Namur épouse Ferrand de Flandres.
Le Saint-Empire connaît aussi un changement de souverain. Henri VI étant mort en 1197, sa succession est marquée par la concurrence entre Philippe de Souabe et Otton de Brunswick. Philippe de Souabe (soutenu par le Roi de France) et assassiné et Otton de Brunswick (devenu Otton IV) est couronné empereur par Innocent III, sauf que celui-ci se détourne de son candidat qu’il finit par excommunier car il redoute ses ambitions en Italie. Philippe Auguste soutient alors le couronnement de Frédéric II de Hohenstaufen, filleul d’Innocent III.

En 1212, la force que prend Philippe Auguste en Europe de l’Ouest suscite la méfiance de ses voisins. Une alliance est alors scellée entre Jean Sans Peur, Otton de Brunswick, Rennaud de Dammartin et Ferrand de Flandres qui craint la mainmise du Roi de France sur le Comté de Flandres.
La guerre reprend donc entre Philippe Auguste et Jean Sans Peur. Louis, fils de Philippe mène une expédition en Angleterre en 1213 à l’appel de Barons anglo-normands excédés par Jean Sans Terre. Le fils du Roi de France fait même son entrée dans Londres mais doit repartir pour la France en raison d’une coalition des Barons favorables aux Plantagenêts.
De leur côté, Ferrand de Flandres, le Comte de Salisbury frère de Jean Sans Terre, Philippe de Courtenay-Namur, Thiébaud de Lorraine, Otton de Brunswick, Rennaud de Dammartin, Henri de Brabant, Guillaume Longue-Epée, ainsi que d’autres seigneurs allemands et flamands unissent leurs forces pour marcher contre le Royaume de France, pendant que Jean Sans Peur rassemble une armée qui débarquer dans le Poitou et remonte vers la Loire. Après s’être emparée d’Angers grâce au ralliements de nobles poitevins, elle est vaincue par Louis le 2 juillet 1214, à la Roche-aux-Moines.

Selon un rituel hérité de Louis VI le Gros, Philippe Auguste brandit l’oriflamme de Saint-Denis pour appeler ses grands vassaux à se rallier à la bannière fleur-de-lysée. C’est un succès ; Robert de Dreux, Eudes de Bourgogne, Guillaume de Ponthieu, Gauthier III de Châtillon Comte de Saint-Pol, Enguerrand III de Coucy, Gauthier de Nemours et Matthieu de Montmorency, entre autres, répondent au Roi de France. Philippe Auguste reçoit aussi l’appui des Communes de Picardie, favorables aux Capétiens depuis l’obtention des chartes de privilèges édictées sous Louis VI. Au total, le Roi de France peut compter sur 5 000 à 7 000 hommes en armes selon les sources, contre près de 9 000 anglo-germano-flamands.

Le bataille a donc lieu le 27 juillet 1214 à Bouvines. Philippe Auguste est là, combattant au milieu de sa Chevalerie. Il est désarçonné mais est secouru par un écuyer armé d’un fléau. Finalement, Bouvines est une éclatante victoire. Rennaud de Dammartin et Ferrand de Flandres sont faits prisonniers. Le second et ramené à Paris dans un charroi monté d’une cage de fer. Dans la Philippide,

Guillaume Le Breton raconte que des foules de sujets viennent acclamer le Roi de France lors de son voyage de retour. Le triomphe de Philippe Auguste est total.
– LA FIN DU RÈGNE

Philippe Auguste est alors à l’apogée de son règne et choisit de consolider ses conquêtes par la paix. Ainsi, le Traité de Chinon (1215) dissout l’alliance entre Jean Sans Peur et les seigneurs flamands et confirme au Roi de France l’acquisition de l’Anjou et de la Normandie. En outre, Issoudun, Alençon et Bully passent sous la domination de la monarchie capétienne.
Menant aussi un sage politique économique, le Roi de France assure une période de prospérité, entretenue par un climat clément qui assure de bonnes récoltes.

Aspect du « Miracle Capétien », Philippe Auguste n’associe pas son fils Louis au trône de son vivant, assuré que sa lignée ne s’éteindra pas. Son petit-fils, Louis (futur Saint-Louis) est d’ailleurs né l’année de Bouvines.

Le 14 juillet 1223, âgé de cinquante-huit ans et malade, Philippe Auguste souhaite se rendre à une Assemblée religieuse à Mantes, sauf que le voyage éprouve le Roi qui meurt d’épuisement. La dépouille du Roi est ramenée à Paris, revêtue du manteau de Lys et tenant les Regaliae.

– LA PROPAGANDE ROYALE

Dès les années 1190, Philippe II reprend les symboles de la Monarchie « inventés » sous Louis VI, telle la Fleur de Lys et apparaît sur son sceau muni des Regaliae dont la Main de Justice. D’autre part, les titulature du Roi changent ; il n’est plus appelé « Rex Francorum» (Roi des Francs) mais « Rex Franciae » (Roi de France).

La figure du Roi de France est aussi célébrée dans la Gesta Philippi Augusti  de Rigord de Saint Denis comme dans les différentes versions de La Philippide mentionnée plus haut, qui est en fait un apologétique « épuré » par Guillaume Le Breton à la demande du Souverain. C’est d’ailleurs Rigord qui donne au Roi de France le surnom d’« Augustus » mais à comprendre à partir de l’étymologie du verbe latin augeo, c’est-à-dire « inveter, créer, augmenter ».

– LE BÂTISSEUR ET LE BIENFAITEUR

Attaché à Paris qu’il veut être un reflet du prestige de la Royauté de France, Philippe Auguste nous a laissé un héritage encore bien visible. D’abord, par souci de sécuriser sa Cité, il fait bâtir la forteresse du Louvre le long de la rive droite de la Seine pour protéger l’accès ouest de la capitale. Il construit aussi  une muraille d’enceinte dont un pan est toujours visible dans dans le Quartier Saint-Paul, au Lycée Charlemagne, ainsi que le Petit Châtelet. D’autre part, par souci de salubrité, il fait poser des pavés dans certaines rues de Paris et assainir le Cimetière des Saints-Innocents.

il soutient l’Évêque de Paris Maurice de Sully dans la construction de la Cathédrale Notre-Dame de Paris et octroie la Charte de Création de l’Université de Paris, qui était alors installée dans l’actuelle église Saint-Julien-le-Pauvre (aujourd’hui consacrée au rite Gréco-Syriaque).

Soucieux des pauvres, Philippe Auguste soutient plusieurs œuvres de Charité et finance l’installation de plusieurs ordres religieux dans la capitale dont l’Ordre des Trinitaires créé par Saint Jean de Matha et installé (comme son nom l’indique) dans l’actuelle rue des Mathurins dans le VIIIe Arrondissement.

Sources :
– MENANT François, MARTIN Hervé et MERDRIGNAC Bernard, Les Capétiens 987-1328, Perrin, coll. Tempus
– VAUCHEZ André, PIETRI Luce, VENARD Marc et MAYEUR Jean-Marie : Histoire du Christianisme des Origines à nos jours, Tome 4 Évêques, Moines et Empereurs, Desclée
– BARBICHE Bernard : Les institutions de la France Moderne, PUF

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14 juillet 1223 : Mort du Roi Philippe Auguste 1/2

14 juillet 1223 : Mort du Roi Philippe Auguste 1/2

Incontestablement, Philippe II Auguste (ou le Magnanime selon Guillaume le Breton) reste l’un des plus grands Rois de France de l’époque médiévale. Souverain brave autant que rusé, conscient du prestige sacré de sa couronne comme aimé de ses Sujets, combattant au devant de sa Chevalerie à Bouvines tout en usant…

14 juillet 2015

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Dimanche de Bouvines

Dimanche de Bouvines

En cette année 1214, le Roi de France Philippe II Auguste doit affronter une coalition germano-anglo-flamande menée par l’Empereur Othon IV, le Comte Ferrand de Flandres, Renaud de Dammartin, Thiébaud de Lorraine, Philippe de Courtenay-Namur, Henri de Brabant et l’Anglais Guillaume de Longue-Epée. Jean Sans Terre a alors débarqué dans…

27 juillet 2016

Dans « Epoque médiévale »

18 août 1304 : Victoire de Philippe le Bel à Mons-en-Pévèle

18 août 1304 : Victoire de Philippe le Bel à Mons-en-Pévèle

Après les graves déconvenues des Mâtines de Bruges et de Courtrai, Philippe le Bel décide de laisser son vassal le Comte Guy de Flandres chercher à rétablir la paix entre son autorité et les Cités flamandes tendant à s’émanciper autant du point de vue politique et économique. Mais le Roi…

18 août 2015

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27 juin 2013
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Histoire & Culture

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 8

by adminfhesp 26 juin 2013

– BAIN DE SANG AU CAP HELLES

– Les Britanniques sont plus réalistes quant aux forces turques défendant le Cap Helles. Ils savent que les troupes de von Sanders les attendent sur les plages « V » et « W » mais les Anglais sont aussi inquiets quant à débarquer sur les plages « X », « S » et « Y ». Contrairement aux estimations optimistes communiquées aux Australiens et Néo-Zélandais, les Anglais vont jusqu’à surestimer la puissance défensive turque dans ce secteur.
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– Juste après avoir quitté Mudros (23 avril) la 29th Division vogue vers le Cap Helles. La veille du débarqueemnt le Major.General Aymler Hunter-Weston harangue ses soldats par ce message galvaniseur mais teinté de réalisme : « Le monde a les yeux sur vous et vos actes resteront dans l’Histoire. C’est pour nous le moment de venger nos amis et parents tombés en France et dans les Flandres. Nos Camarades y ont donné leur vie par milliers et dizaines de milliers pour Notre Roi et Notre Pays. Et par leur glorieux courage et leur ténacité obstinée, ils ont défait les envahisseurs et arrêté l’offensive allemande. Nous devons nous préparer à connaître les épreuves, les privations, la soif et de lourdes pertes en raison des balles, des obus, des mines et des noyades ! » (1)

– « V Beach » se situe à l’est de la pointe du Cap, entre le Fort N°1 – qui ne put être détruit en février – et le Fort de Sud el-Barh, tandis qu’au nord « W Beach » s’incurve juste en-dessous du Cap Tekke (Tekke Burnu). Enfin, les plages secondaires « X » et « Y » s’étendent sur la face nord de la péninsule. Enfin, marque du manque de cohérence dans le plan de Hamilton, « S » Beach se trouve être le secteur le plus éloigné du Cap Helles, puisque situé à l’extrémité orientale de la Baie de Morto, juste en-dessous de la Pointe d’Esski Hissarlik. Le plan prévoit que les troupes débarquées sur « V » et « W » Beaches doivent rejoindre celles débarquées sur « X » Beach avant de lancer une attaque plus puissante sur Achi Baba.  Le Major.General Hunter-Weston coordonne les débarquement depuis le HMS « Euryalus », entre « W » et « V » Beaches.
La pointe du Cap Helles est tenue par les 2nd et 3e Bataillons du 26e Régiment d’Infanterie turc qui ne disposent pas de mitrailleuses (restées en arrière) mais d’un petit soutien en canons et leurs positions sont protégées par quelques champs de mines. En revanche, ce sont des unités bien formées, bien entraînées et bien commandées.


* LE FIASCO DE « Y » BEACH

– Mais il y a déjà un problème concernant « Y » Beach et il est loin d’être mineur ; le secteur rocailleux n’a aucun espace capable de permettre un débarquement de fantassins. Pire, le terrain montre très vite en pentes abruptes d’une hauteur de 45 m. Seulement, Hamilton a choisi de débarquer là afin de menacer les communications ennemies dans la partie la plus avancée du Cap Helles. Mais l’endroit n’était pas défendu, puisqu’une partie du 26e Régiment de la 9e Division tient une ligne de tranchées sur la plage de Gully à moins de 1 km au sud, pendant qu’une section du 2/26e se trouve se trouve positionnée à Sari Tepe plus au nord. Dans un communiqué paru dans la London Gazette, Hamilton va jusqu’à prétendre que les Turcs disposent de mitrailleuses Hotchkiss abritées dans des tranchées (2)

– Le débarquement du 25 s’y passe bien. Les Écossais du 1st Bn. King’s Own Borderers Regiment du Lt.Col. Archibald Koe (87th Brigade, 29th Division), appuyés par les Royal Marines du Plymouth Battalion (Lt.Col. Godfrey Matthews) du touchent terre après 04h15. La plus grande difficulté rencontrée reste l’ascension des falaises. Mais aussitôt arrivés en haut, les Britanniques peuvent contempler le terrain en contrebas. Les compagnies sont ensuite envoyées en avant pour progresser dans le Ravin de Gully qui longe la Côte entre les troupes débarquées et le village de Krithia. Plusieurs éléments du Plymouth Bat. Obliquent vers le sud-est dans l’espoir de relever et de s’emparer des batteries turques mais sans succès. Ils ne peuvent non plus effectuer la jonction avec les forces débarquées sur « X » Beach.

– Mais plusieurs éléments viennent entraver le bon départ du débarquement sur « Y » Beach. Sur le terrain, les deux Battalions ne peuvent coordonner leurs efforts. Mais c’est aux échelons supérieurs qu’on observe un manque de cohérence. Ainsi, au lieu de s’en tenir à son plan initial, Sir Ian Hamilton demande à Hunter-Weston s’il souhaite « voir davantage d’hommes débarquer sur ‘Y’ Beach ». Mais s’il le demande, il ne diffuse aucun ordre formel. Hamilton rester fermement partisan que la planification générale relève de sa responsabilité, la bataille devant être menée par ses généraux de divisions.
C’est seulement six heures après le débarquement sur « Y » Beach que Hunter-Weston rappelle que changer de plan entraînera un retard du débarquement.
Par conséquent, les deux bataillons débarqués restent immobiles entre le haut des falaises et le ravin de Gully. L’indécision des britanniques n’échappe pas aux Turcs qui envoient immédiatement le 1/26e en renfort avec de l’artillerie, augmentant sensiblement leur puissance de feu. Du coup, les Royal Marines décident d’évacuer le haut des falaises pour s’enterrer sur les deux flancs du 1st Bn. KOSB qui tient la position. De leur côté, les Turcs mettent leurs pièces en batterie et commencent à pilonner les positions ennemies.

– Une première contre-attaque est lancée par le 1/26e à 17h40 mais elle est repoussée. Pendant toute la nuit, les Turcs lancent contre-attaques sur contre-attaques. Sur « Y » Beach, une totale confusion règne. Le Lt.Col. Matthews demande des renforts mais l’état-major de la 29th Division les ignore. Ce sont des messages individuels qui poussent la Royal Navy à évacuer des blessées, ainsi que tout un détachement isolé du 1st Bn. KOSB. D’autres soldats cherchent à gagner la mer à bord d’embarcations. Finalement, grâce aux efforts des marins, tous les survivants sont évacués.
Le débarquement – déjà mal préparé et sans objectif précis – n’a strictement servi à rien.


* « X » BEACH : UNE OCCASION MANQUÉE

– Ce secteur choisi est formé par une petite plage dominée par des falaises faciles d’accès. L’attaque est confiée au 2nd Bn. Royal Fusiliers (87th Brigade) pour appuyer les débarquements principaux sur « W » et « V » Beaches. Le cuirassé HMS « Implacable » commandé par le Captain Hughes Lockyer est chargé de l’appui. Avec bon sens, Lockyer désapprouve l’ordre de canonner les crêtes côtières plutôt que la plage. Son réflexe s’avère payant, l’« Implacable » fait sur la plage avec ses pièces principales de 12 pouces (230 mm), alors que les pièces plus légères tirent sur les hauteurs. Résultat, il n’y a plus qu’une petite douzaine de soldats turcs à défendre « X » Beach.

– Même si les canons longs Nordenfelt donnent de la voix, la première vague du 2nd Bn. Royal Fusiliers débarque bien à 06h30, nettoie la plage sans aucune difficulté et s’assure le contrôle de la crête en amont. A 07h30, tout le bataillon est à terre. A 11h30, poussant l’avantage, l’avant-garde s’assure du contrôle de la Cote 114. Mais un parti de 250 turcs passe à la contre-attaque, forçant les Royal Fusiliers à se replier vers la côte. Le Bataillon tient néanmoins bon et la mise à terre du 1st Bn. Border Regiment élimine toute menace. En début d’après-midi, le 1st Bn. Inniskilling Fusiliers débarque lui aussi. Malheureusement, la contre-attaque turque provoque l’hésitation du commandant de la 87th Brigade, le Brigadier.General William Marshall. Surestimant les forces turques et préférant attendre les ordres du QG divisionnaire, Marshall décide de renforcer les positions défensives de sa brigade pour la journée. Le débarquement sur « X » Beach peut néanmoins faire figure de seule vraie réussite de la journée du 25.

* « S » BEACH

– Le but du débarquement sur cette plage était le même que pour « X » Beach, soutenir le débarquement sur « V » et « W » Beaches en prenant d’assaut la batterie de Tott, avant de tenir la position jusqu’à l’arrivée des renforts venus des deux plages de la pointe du Cap. Chargé de l’assaut, le 2nd Bn. South Wales Borderers du Lt.Col. Hugh Casson est appuyé par les pièces du cuirassé HMS « Cornwallis » commandé par le Captain Alexander Davidson. Celui-ci prend alors la décision d’acheminer munitions, vivres, réserves d’eau et même les sacs des soldats directement sur la plage à l’aide d’embarcations afin d’amenuiser le poids du chargement des fantassins. Surestimant là encore les défenses ennemies, les Britanniques pensent devoir à faire à tout le 2nd Bataillon du 26e Régiment.

– Sauf qu’en raison du feu de pièces d’artillerie provenant du côté asiatique mais aussi à cause du débarquement de la Division française à Kum Kale, le débarquement du 2nd SWB, initialement concomitant de ceux sur « V » et « W » Beaches (soit 06h00), doit être différé à 07h30. Grâce à un tir bien réglé, Davidson réussit à faire taire les canons situées sur la partie asiatique. Pour sa part, Hugh Casson choisit de faire débarquer 2 Compagnies sur la plage, tandis qu’une troisième accoste au pied de la partie rocheuse de la pointe d’Esski Hissarlik qui fait la charnière avec la Baie de Morto.
A 07h30, les South Wales débarquent avec plusieurs Royal Engineers de la 2nd London Field Company, très bien appuyés par les pièces du « Cornwallis ». Plusieurs soldats sont tués et blessés par les tireurs turcs défendant la Batterie de Tott mais l’opposition s’avère faible. Le coup de main est un succès total et les canons sont réduits au silence. Sans hésiter, Davidson met pied à terre et s’occupe d’aménager la plage.

– Mais le débarquement est très vite victime de son succès. En effet, le 2nd South Wales et les hommes du génie se retrouvent complètement isolés et ne recevront jamais les renforts prévus.

Insigne du 1st Bn. Lancashire Fusiliers

Insigne du 1st Bn. Lancashire Fusiliers

* « W » BEACH

– Localisée dans la baie de Tekke, « W » Beach est l’objectif d’une partie de la 86th Brigade (Steuart Hare), soit le 1st Bn. Lancashire Fusiliers, ainsi que la 88th Brigade de Napier. Ce Bataillon a pour ordre de s’emparer de la Cote 138 et de rejoindre le 2nd Bn. Royal Fusiliers débarqué sur « X » Beach à hauteur de la Cote 141. Mais le secteur est bien fortifié.

– Le débarquement a lieu à 06h00 pile, comme prévu. Mais les navires d’appui, dont le HMS « Implacable » avec ses pièces de 230 mm, ont échoué à détruire complètement les défenses turques et les fils barbelés.
Les marins de la Royal Navy font accoster les hommes du Lancashire aussi vite que possible à la rame. Mais une partie des fantassins doivent sauter de leurs embarcations avec l’eau jusqu’aux épaules pour gagner le rivage. Mais les 150 défenseurs Turcs bien préparés (12e Compagnie du 26e) ripostent au fusil et le 1st Lancashire Fusiliers doit compter ses premiers tués. Contrairement aux témoignages et aux rapports rédigés a posteriori, les Turcs défenseurs de « W » Beach ne disposent pas de mitrailleuses Maxim. Dans l’action, des soldats britanniques ont pu confondre des tirs d’armes automatiques lourdes avec le feu aussi concentré que déterminé des Turcs qui font feu comme à l’exercice.
Plusieurs soldats du 1st Lancashire parviennent à la ligne de fils barbelés qu’il faut couper à la pince. Sur la plage, la confusion règne mais finalement, des officiers britanniques décidés réussissent à regrouper leurs hommes et à enfoncer la ligne de défense turque.

– Arrivé sur la plage en compagnie de son état-major dans la seconde vague de débarquement, le Brigadier.General Steuart Hare peut constater que la plage est en passe d’être sécurisé. Sans perdre de temps, il ordonne que les tranchées ennemies soient prises de flanc. Coordonnant l’assaut, Hare peut voir les hommes du 1st Lancashire Fusiliers escalader les falaises avant de nettoyer les tranchées et les abris ennemis au-dessus de la plage. Sauf qu’en voulant atteindre le sommet du Cap de Tekke, Hare reçoit une balle qui le blesse sérieusement.

– Cependant, les soldats du 1st Lancashire réussissent à rejoindre le 2nd Bn. Royal Fusiliers sur la Cote 114. Mais l’attaque de la Cote 138 et des environs de Guezji Baba est beaucoup plus difficile en raison d’un important réseau de barbelés comme de la défense acharnée des soldats turcs de la 9e Compagnie du 26e. Ayant subi de lourdes pertes, le 1st Lancashire Fusiliers doit s’arrêter là.
Arrivé en renfort, le 1st Bn. Essex Regiment de la 88th Brigade (qui devait débarquer initialement sur « V » Beach) touche terre à 08h30. Il se jette alors contre les défenses de la Cote 138 mais est repoussé à son tour. On se bat durement au fusil et à la baïonnette. Finalement, le 1st Bn. Essex réussit à stabiliser la ligne de front.
Mais sur la plage, à cause de la décision de faire débarquer les éléments de deux brigades, la situation tourne à la confusion. La 88th se retrouve même sans chef, Napier devant être évacué en raison d’une blessure. Du coup, la poussée prévue sur Achi Baba est sérieusement compromise. Hunter-Weston doit alors dépêcher d’urgence le Lieutenant-Colonel Owen Wolley Dod pour mettre fin au chaos.

– Débarqué en troisième vague, le 4th Bn. Worcestershire Regiment est jeté lui aussi dans l’assaut de la Cote 138 et de Guezji Baba sans forme de procès. Les fantassins britanniques doivent lutter pendant une grande partie de l’après-midi contre des soldats turcs inférieurs en nombre mais particulièrement coriaces. A 16h00, le 4th Bn. Worcester réussit à emporter la position mais il se trouve pris sous le feu des défenseurs du Vieux Château de la Cote 141. Mais la nuit tombante oblige les Britanniques épuisés à camper sur leurs positions qu’ils s’empressent de consolider.

Insigne du 1st Bn. Royal Dublin Fusiliers

Insigne du 1st Bn. Royal Dublin Fusiliers

* CARNAGE A « V » BEACH

– Nommé par les Turcs Baie d’Ertugrul et formant un amphithéâtre naturel, « V » Beach se trouve le secteur le mieux fortifié au bout du Cap Helles. Le 3e Bataillon du 26e (Major Mahmut) qui défend le secteur y a fait creuser un réseau de tranchées qui s’étend du Fort N°1 au village de Sud el-Bahr. La plage est assez étroite puisqu’elle s’étend sur 280 m seulement. Le secteur est occupé par les trois sections de la 10e Compagnie du 3/26e qui sont respectivement positionnées dans le Fort N°1, dans le village de Sud el-Bahr et dans les ruines du fort de la Cote 141 (qui fait déjà feu sur les troupes débarquées à « W » Beach). Quelques pièces légères de 37,5 mm sont placées en appui.

– Le débarquement britannique est assuré par les navires du Commander Edward Unwin, un vétéran de la marine marchande qui a néanmoins l’avantage de très bien connaître la Méditerranée. Unwin avait proposé à Hamilton d’approcher le HMS « River Clyde » au plus près de la Côte plusieurs dizaines de minutes AVANT le débarquement des hommes de la 29th Division afin de leur assurer un tir d’appui plus efficace. Il a aussi prévu de remorquer le petit cargo transportant les soldats du 1st Bn. Royal Munster Fusiliers. Le « River Clyde » devant bien sûr effectuer un tir de préparation sur la côte pendant le transbordement des fantassins.
L’attaque terrestre de la Baie d’Ertugrul est confiée au 2nd Bn. Hampshire (Lt.Col. Herbert Carrington Smith) de la 88th Brigade, ainsi qu’aux 2 bataillons d’Irlandais de la 86th Brigade ; les 1st Bn. Royal Munster Fusiliers (Lt.Col. Henry Tizard) et 1st Royal Dublin Fusiliers (Lt.Col Richard Rooth).

– Remorqués par des navires à vapeur, les embarcations à rame transportant les fantassins se mettent en position à 05h00 du matin pendant que les pièces du « River Clyde » tonnent. Mais les soldats du 1st Royal Dublin Fusiliers connaissent un retard sérieux durant leur transbordement, retardant le débarquement. Malheureusement, en dépit de l’impressionnante canonnade du croiseur, les défenses turques ne sont pas entamées aussi sérieusement qu’espéré. La plupart des obus évitent les tranchées et s’abattent derrière les lignes des soldats du Major Mahmut. S’ils perdent un nombre sensible d’hommes tués et blessés, les Turcs, faisant preuve de discipline et de sang-froid, ne se débandent pas.

– De leur côté, les soldats irlandais sont ballotés dans leurs barques en raison des difficultés éprouvées par les équipages des remorqueurs à remonter le courant marin des Dardanelles. La confusion s’accroît lorsque le « River Clyde » veut s’approcher au plus près de la Côte. Pire encore, la fumée dégagée par les bouches à feu du navire empêche Unwin de guider correctement son vaisseau, le forçant à utiliser les relevés effectués lors d’une reconnaissance préalable. Par conséquent le « River Clyde » réussit à toucher les hauts fonds vers 06h22, quelques minutes seulement avant l’arrivée des remorqueurs, soir BIEN TROP TARD pour fournir un bon tir d’appui aux deux bataillons de la 86th Brigade.

– Les barques transportant les soldats du 1st Royal Dublin Fusiliers à raison 36 hommes par embarcation, approchent lentement derrière leurs remorqueurs. Lorsque les embarcations touchent terre, les Turcs restés jusque-là silencieux ouvrent un feu d’enfer qui fauche plusieurs dizaines d’Anglo-Irlandais comme de simples épis de blés directement dans les embarcations. Tirant comme à l’exercice, les fusiliers du 3e Bataillon font un véritable carnage. Piégés dans leurs propres embarcations, les fantassins ne peuvent espérer aucune aide. Les canons légers tirent même directement sur les navires avec obus incendiaires qui enflamment plusieurs embarcations. Des soldats n’ont d’autre choix que de se jeter dans les flots pour échapper aux flammes quand ils ne sont pas déjà en train de brûler. Les blessés doivent se traîner jusqu’au rivage ou s’allonger dans l’eau. Un groupe de soldats arrivés en seconde vague et menés par le Captain David French réussissent miraculeusement à courir sur 100-120 m pour s’abriter derrière un banc rocheux. En revanche, le Lt.Col. Rooth est tué d’une balle dans la tête, très vite suivi par le commandant en second du Bataillon, le Major Edwyn Fetherstonhaugh. La plupart des officiers subalternes de l’unité étant aussi tués ou blessés.
Par chance – si l’on peut dire – une demi-compagnie de soldats échappe au massacre en débarquant à la Cambre, secteur plus abrité et juste en-dessous d’une piste menant au village de Sud el-Bahr. C’était aussi à ce même endroit que les Royal Marines avaient débarqué pour leur raid du 4 mars. Le groupe de soldats réussit à se frayer un passager et investir le village de Sud el-Bahr. Mais une contre-attaque ennemie les en chasse.
Pour le 1st Bn. Royal Dublin Fusiliers, le bilan de la journée est cataclysmique : 11 soldats et 1 officier sont indemnes sur un peu plus de 1 000 hommes.

– Les marins du « River Clyde » réussissent à faire débarquer les hommes du 1st Bn. Royal Munster Fusiliers mais les X et Z Companies débarquées les premières subissent à leur tour le tir meurtrier des défenseurs turcs. Hunter-Weston ordonne alors au Lt.Col. Carrington-Smith de faire débarquer une partie du 2nd Bn. Hampshires sous le commandement du Captain Caryl Boxall. Mais débarqués à 09h30, les Hampshire se heurtent au mur de feu ennemi et Boxall est tué, suivi quelques instants plus tard par Carrington-Smith. 200 hommes sont toujours coincés à l’abri sur la plage. Le Lt.Col. Henry Tizard prend le commandement des opérations mais est dépassé par les évènements.
A bord du « River Clyde », plusieurs officiers estiment qu’il faut mettre fin à cet inutile massacre. Cependant, sur l’ « Euryalus », l’état-major de la 29th Division n’a aucune idée de la catastrophe qui se joue à « V » Beach et se trouve davantage préoccupé par l’action sur « W » Beach.

– Mais les Turcs commencent à manquer de munitions et les combats au-dessus de « W » Beach commencent à coûter en hommes. Vers 08h00, le Major Mahmut n’a plus que 450 hommes et doit attendre des renforts au 25e Régiment. Sur « V » Beach, les défenseurs turcs commencent à se replier sur Sud el-Bahr, permettant à la 89th Field Ambulance de récupérer les blessés sur la plage. Le Colonel Dick Doughty Wylie, membre de l’état-major de la 29th Division alors présent sur le « River Clyde » décide de prendre les choses en main. Assurant le débarquement de renforts et réunissant les survivants des Munster et Hampshires, il dirige lui-même une action qui permet d’occuper le Fort de Sud el-Bahr. Mais il faudra deux jours aux Britanniques pour prendre la Cote 141. L’assaut coûte la vie à l’héroïque Colonel Doughty Wylie qui sera inhumé sur place.

– Si le manque d’expérience des britanniques peut expliquer le carnage de « V » Beach, il faut aussi tenir compte de la ténacité et du professionnalisme de leurs adversaires pourtant en nette infériorité numérique. En outre, les navires de soutien étaient situés trop loin du rivage. Si l’idée d’Edward Unwin d’approcher le « River Clyde » était originale, elle ne fut guère suivie (3). Il n’en reste pas moins que sur ce secteur, plus de 1 000 hommes ont été tués et blessés, dont trois officiers supérieurs.

(1) in HART P., Gallipoli
(2) voir Sir Ian Hamilton’s First Gallipoli Despatch ; The Long-long trail, http://www.1914-1918.net
(3) : HART P., Ibid.

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Histoire & Culture

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 3

by adminfhesp 21 juin 2013

* L’ECHEC DU 4-5 MARS

– Le 4 mars, les Britanniques mettent sur pied une opération amphibie plus importante. Il est prévu de faire débarquer deux compagnies sur la face sur de la Péninsule de Gallipoli, à Kum Kale et Sud el-Bahr. L’Opération – ou plutôt le coup de main – est confié à 2 compagnies du Plymouth Battalion, Royal Marine Light Infantry. Elles ont pour tâche de détruire les canons des forts de Nordenfelt et de Kum Kale.

– Le débarquement a lieu à 10h30 au petit port de Camber, tout près de Sud el-Bahr mais l’effet de surprise ne prend pas. En effet, après le raid amphibie de Robinson, les Turcs ont renforcé leurs défenses et accueillent les britanniques par un violent tir de mitrailleuses et d’armes légères aussitôt débarqués. Les marins convertis en fantassins parviennent juste à accrocher la plage durant plus de trois heures. On envisage alors de faire accoster des renforts mais la décision finale est prise de faire rembarquer les survivants et les blessés à 15h00.

– La retraite tourne très vite au désordre. Les destroyers de la Royal Navy appuient comme ils le peuvent les petits navires chargés de récupérer les hommes à terre. A 19h45, tous les survivants sont à bord des destroyers.
Ce nouvel échec finit par convaincre l’Admiral Carden que l’emploi de seulement trois vaisseaux de surface dépassés ne pourrait suffire pour forcer le détroit, qui plus est avec des munitions limitées.

HMS « Queen Elizabeth »

HMS « Queen Elizabeth »

– Le 5 mars, Carden ordonne d’engager le HMS « Queen Elizabeth » avec ses pièces lourdes de 15 pouces dans l’espoir de venir à bout du groupe de forts de la Péninsule de Kilid Bahr : Rumili Medjidieh (Fort N° 13), le Fort Hamidieh II (Fort N°16) et le Fort Namazgah (Fort N°17).  Sauf que l’ajustement du tir est particulièrement laborieux à cause d’un problème de liaison sans fil. On décide alors d’envoyer les avions embarqués du HMS « Ark Royal » pour corriger les tirs. Mais le premier appareil s’écrase en mer après avoir survolé la péninsule. Le W. Garnett et son observateur, H. Williamson s’en sortent miraculeusement indemnes. L’équipage du second appareil n’a pas plus de chances puisque le pilote est atteint d’une balle dans la jambe ce qui le force à rebrousser chemin.
Du coup, en dépit de son incontestable puissance de feu embarquée, le HMS « Queen Elizabeth » ne cause que des dommages partiels aux fortifications ottomanes. En revanche, deux obusiers ennemis parviennent à l’atteindre pour lui causer des dommages partiels. Et le dreadnought doit faire machine arrière.

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 8

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21 juin 2013
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Histoire & Culture

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by adminfhesp 21 juin 2013

– RASSEMBLEMENT DES FORCES TERRESTRES

1 – Les Britanniques

– Le 22 mars, lors d’une réunion à bord du « Queen Elizabeth », John de Robeck prend la décision de lancer une opération combinée avec l’aide de l’Armée de terre. Son chef d’état-major, l’énergique Commodore Roger Keyes estime cependant que les détroits peuvent encore être forcés par un effort naval. Mais Keyes se retrouve bientôt isolé car d’autres officiers plus expérimentés et plus pragmatiques estiment que sans appui terrestre, les navires sont désavantagés. A cela s’ajoute la crainte des lignes de mines flottantes dont l’efficacité vient d’être prouvée. Au War Office cependant, on estime qu’un déploiement de forces terrestres en Méditerranée orientale est envisageable pour le mois d’avril. Chruchill se montre d’abord enthousiaste à poursuivre les opérations navales mais finit par se ranger à l’avis de Robeck en suivant le Groupe d’Etat-major de l’Amirauté. Du coup, la Royal Navy devra forcer les détroits SEULEMENT lorsque les forces terrestres débarquées se seront emparées du plateau de Kilid Bahr, situé en amont de la rive européenne du détroit. Mais comme le rapporte Peter Hart, personne au War Office n’envisage l’échec d’une telle opération.

De gauche à droite : Roger Keyes (chef d'état-major de la Mediterrean Fleet), Sir John de Robeck et Sir Ian Hamilton Source : http://www.1914-1918.net

De gauche à droite : Roger Keyes (chef d’état-major de la Mediterrean Fleet), Sir John de Robeck et Sir Ian Hamilton
Source :
http://www.1914-1918.net

– Le débarquement dans la Péninsule de Gallipoli est confiée le 27 mars au General Ian Hamilton, alors commandant du Mediterranean Expeditionary Force (MEF). Âgé de soixante-deux ans, Ian Hamilton a connu une carrière honorable mais classique de tout officier de l’Empire victorien. Il a combattu durant la Seconde Guerre d’Afghanistan (1878-1880), durant la Première Guerre des Boers en Afrique du Sud (1880-1881), lors de l’Expédition de Gordon sur le Nil (1884-1885), en Birmanie, en Inde (expéditions de Chitral et Tirah) et se distinguant lors de la Guerre des Boers de 1898-1899. Ensuite, Hamilton occupa des postes d’état-major et d’observateur à l’étranger. Il servit ainsi au Quartermaster General (1903-1904) et partit

observer la Guerre Russo-Japonaise en 1904. Revenu en Grande-Bretagne au poste d’Adjudant General de 1909 à 1910, il se vit ensuite octroyé le commandement des Forces britanniques en Méditerranée et nommé au poste d’Inspecteur Général des forces outremer. Apprécié pour ses publications de qualité, Hamilton avait néanmoins un esprit de poète qui le rendait dilettante (P. Hart). Néanmoins, au vu de son expérience, le War Office lui accorda toute confiance.

– Pour seconder Hamilton, le Major.General William Birdwood fut nommé chef d’état-major du MEF. Cette nomination ne dut rien au hasard puisque Birdwood était tout simplement le protégé de Lord Horatio Kitchener depuis la Guerre des Boers, durant laquelle il servit comme adjoint dans l’état-major du second. Tout juste âgé de cinquante ans, cavalier de formation, William Birdwood avait effectué toute la majeure partie de sa carrière à la frontière nord-ouest de l’Inde. Avant d’être nommé chef d’état-major du MEF, Birdwood commandait la toute nouvelle formation des Dominions ; l’ANZAC (Australian and New-Zealand Army Corps), alors stationné en Egypte et composé de soldats professionnels comme volontaires de l’Australian Imperial Force (AIF) et de la New-Zealand Expeditionnary Force (NZEF).

– En Egypte, les Britanniques disposent déjà de la 42nd Division East Lancashire, formation de la Territorial Army (réserve) débarquée de Grande-Bretagne dès septembre 1914 et commandé par le Major.General William Douglas. Encasernée dans des baraquements au Caire et à Alexandrie, la 42nd East Lancashire s’entraîne intensément durant cinq mois. Sauf que la formation dispensée par les instructeurs ne correspond guère aux futures nécessités du débarquement aux Dardannelles. Si l’on en croit le récit du soldat (Private) Charlest Watkins du 1/6th Bn. Lancashire Fusiliers, les fantassins s’entraînent surtout « à marcher dans le désert, à s’entraîner au tir de couverture et à charger à la baïonnette sur des ennemis imaginaires » (1). A côté de la 42nd Division, la 29th Indian Brigade (Brigadier H.V. Cox) formée de Sikhs, de Penjabis et de Gurkhas se tient aussi en réserve du Mediterranean Expeditionnary Force.

– Une autre division arrive de Grande-Bretagne. Il s’agit de la 29th Infantry Division, unité de la Regular Army (active) commandée par le Major.General Aylmer Hunter-Weston. Formée à partir de Battalions de Middlands sans expérience des combats mais bien entraînés. En revanche, en raison de sa formation toute récente (janvier 1915), son état-major manque sensiblement de formation pour commander et coordonner les actions de ses trois Brigades et de son artillerie. Après avoir reçu la visite du Roi George V à Dunchurch le 13 mars, la 29th Division embarque le 16 mars pour Alexandrie. A son arrivée, elle subit un entraînement intensif au débarquement-rembarquement avant d’embarquer pour le port de Mudros (Lemnos) le 7 avril.

– Enfin, la dernière division qui sera engagée pour l’attaque dans les Dardanelles n’est autre que la 63rd Royal Naval Division du Major.General Archibald Paris, dont il a déjà été question. Ayant déjà engagé partiellement deux Battalions dans des raids infructueux sur la côte sud de Gallipoli, cette division est déjà présente à Lemnos où elle s’entraîne au débarquement. Mais cette fois-ci, ses Royal Marines seront engagés dans une attaque générale et non dans des raids localisés.

William Birdwood Source : http://www.awm.gov.au

William Birdwood
Source : http://www.awm.gov.au


2 – Les Dominions du bout du monde répondent

– En raison des difficultés par la mobilisation et le recrutement dans ces deux parties de l’Empire, Australiens et Néo-Zélandais avaient déjà pu mettre sur pied une division d’infanterie sur modèle britannique, la 1st New-Zealand and Australia Division (ANZD), ainsi qu’une brigade de cavalerie (1st Light Horse Brigade) composée en très grande majorité de soldats montés d’Australie. En raison de l’absence de conscription et d’un plus faible peuplement comparé à celui du Royaume-Uni, l’Australie n’avait pas (encore) les moyens de former deux divisions. Quant à la Nouvelle-Zélande, former une seule division n’était pas chose possible pour le début du conflit. Rappelons qu’une division britanniques de type 1914 est formée de trois Brigades (équivalentes à un Régiment français) à quatre Battalions de 850 hommes chacun.
Cependant, il est intéressant de noter que 27% des soldats de l’AIF étaient nés en Grande-Bretagne avant d’émigrer en Australie. Et les motivations d’intégrer la NZ&AD étaient diverses, allant de la loyauté « au Roi et à Dieu », au goût de l’aventure fortement prononcé chez certains, en passant par la solde.
Le commandement de la 1st NZ&AD fut confié au Major.General John Bridges (né en 1851 en Grande-Bretagne), officier de carrière ayant servi au Canada et en Australie, notamment en tant que premier commandant du Royal Military College of Australia de Duntroon de 1911 à 1914.

– Mais très vite, les généraux britanniques vont se retrouver confrontés à un problème dans leurs propres troupes. En effet, les Australiens et Néo-Zélandais, très jaloux de leur esprit d’indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, font très vite preuve d’indiscipline, qui devient la source d’incidents – parfois graves – au Caire. Ainsi, le 2 avril 1915, éclate la « Bataille du Wazzir » (dans le quartier cairote de Haret al-Wazzir) mettant aux prises 2 500 hommes de l’ANZAC – dont des Maoris selon un article de l’Auckland Star –  aux Égyptiens comme à la Military Police. Le commandement du Caire prend alors la décision d’expédier la plupart des soldats des dominions sur l’Île de Lemnos. Pour parer à plus d’incidents, l’embarquement a lieu le 4 avril. Les 6-7, Australiens et Néo-Zélandais débarquent à Lemnos et commencent à s’entraîner à débarquer avec des barques et des chaloupes. Mais trop sûrs d’eux, les officiers britanniques négligent gravement l’éventualité d’une forte résistance turque.

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3 – Français : la Genèse de l’Armée d’Orient 

– De leur côté, les Français décident eux-aussi d’envoyer des forces terrestres. En revanche, le Gouvernement Viviani et l’Etat-Major, déjà très préoccupés par le front en Métropole et aux futures offensives prévues (Artois et Champagne), décident d’envoyer un Corps d’armée aux effectifs réduits, afin de conserver une présence nationale à l’est de la Méditerranée. L’unité levée correspondant à une division d’infanterie avec des unités de soutien. Ainsi, le Corps Expéditionnaire d’Orient (CEO) est créé le 22 février à partir d’unités de dépôts et d’active, de Métropole et d’Afrique du Nord. S’il compte d’abord un peu plus de 20 000 hommes, ses effectifs gonfleront à 42 000 en mai, avant d’atteindre 80 000 par la suite. Son commandement est confié au Général Albert d’Amade. S’il n’a pas brillé le plus en août-septembre 1914, se faisant remarquer en se retirant de Dunkerque suite à une confusion d’ordre, Albert d’Amade a cependant été choisi du fait qu’il a déjà coopérer avec les Britanniques.
Le Corps expéditionnaire français se compose alors de la 1re Division d’Infanterie du CEO confiée au Général de Division Maurice Bailloud, déjà âgé de soixante-sept ans mais qui a fait toute sa carrière dans la Coloniale et s’est distingué à Madagascar et lors de l’Expédition de Chine contre les Boxers. Bien qu’ayant déjà dépassé la limite d’âge au commandement, Bailloud affiche, selon les témoins, une très bonne santé et une agilité étonnante. Il a pour chef d’état-major le Colonel Marty.
La 1re DCEO est formée de deux Brigades. La 1re (Général Vandenberg) est composée du 1er Régiment de Marche d’Afrique (RMA) du Lieutenant-Colonel Desruelles (levé le 1er février avec des éléments de dépôts des Zouaves et de la Légion Etrangère à Sidi Bel-Abbès, Constantine, Philippeville et Oran) et du 175e Régiment d’Infanterie du Lieutenant-Colonel Forey levé en Métropole. Il compte d’ailleurs dans ses rangs, le futur Ministre de Vichy mais aussi grand spécialiste d’Histoire romaine, Jérôme Carcopino, alors Sous-Lieutenant.
La 2nde Brigade (Colonel Rueff) se compose des 4e et 6e Régiments Mixtes d’Infanterie Coloniale (RMIC), formés chacun par un amalgame de Tirailleurs Sénégalais d’Algérie et du Maroc, ainsi que de Zouaves. A la grande différence des unités du Commonwealth, la plupart des régiments et bataillons français sont composés de soldats d’active.
L’Artillerie française compte un Régiment commandé par le Colonel Aldebert avec 1 groupe de canons de 65 mm, 2 groupes de 75 (qui rendront de grands services), 1 batterie de 120 mm et 1 batterie de 155. Enfin, le Génie est formée par 5 compagnies ponctionnées aux 5e, 15e et 22e RG.

Général Albert d'Amade

Général Albert d’Amade

Maurice Bailloud (à gauche), avec le Général Edmund Allenby en Palestine (1917)

Maurice Bailloud (à gauche), avec le Général Edmund Allenby en Palestine (1917)

 

4 – Les Forces Turques

– Comme l’explique très bien Peter Hart, l’Amirauté britannique et le War Office ont dès le départ, gravement sous-estimé les préparatifs turcs. En effet, le Général allemand Otto Liman von Sanders a reçu le commandement de la nouvelle Ve Armée turque qui se trouve être en charge de la surveillance et de la défense des détroits. Von Sanders a sous ses ordres le IIIe Corps (7e, 9e et 19e Divisions, ainsi que le Secteur fortifié de Çanak) et le XVe Corps (3e et 11e Divisions). Sa réserve est formée de la 5e Division et d’une Brigade de Cavalerie. Âgé de soixante-ans, Liman von Sanders ne devait pas prendre le commandement d’un Corps d’Armée et aurait dû prendre le commandement de la Mission militaire allemande à Constantinople. La 19e Division est placée sous le commandement d’un colonel nationaliste de trente-quatre, membre des Jeunes Turcs qui fera parler de lui après la Grande-Guerre : le Colonel Mustapha Kemal. Mais outre, von Sanders lui-même, les forces ottomanes compte un certain nombre d’officiers allemands, souvent des observateurs ou des instructeurs arrivés à Constantinople avant la déclaration de guerre. C’est le cas de l’Oberst (Colonel) Hans Kannengieser. Ayant refusé de servir comme officier de Liaison, il reçut le commandement de la 9e Division d’Infanterie.

– Après plusieurs débats avec son état-major, Otto Liman von Sanders décide de défendre activement les hauteurs des péninsules de Gallipoli et de Çanakkale. Les Turcs rassemblent alors environ 62 000 hommes des deux côtés des Dardannelles. Toutefois, von Sanders pense que les troupes du Commonwealth et les Français débarqueront du côté asiatique, dans la Baie de Besika, afin de disposer d’une base plus favorable à de potentiels assauts contre les batteries turques. En revanche, pour avoir déjà servi comme officier durant les guerres balkaniques, Mustapha Kemal penche pour un assaut par la Mer Égée et le Golfe de Sarros, face à la côte bulgare, donc sur la péninsule de Gallipoli. Kemal estime que trois secteurs sont favorables aux débarquements : la Baie de Sulva, Gaba Tepe et Kum Tepe sur la côte nord-ouest de la péninsule ; les plages du Cap Helles (soit la pointe) et la plage de Sud el-Bahr, juste à l’est du Cap Helles sur la rive sud.
Liman von Sanders décide alors de scinder sa Ve Armée sur les deux rives du détroit. Ainsi, il établit son QG dans la ville de Gallipoli (tout au nord-est de la péninsule), à proximité de celui du IIIe Corps d’Esat Pacha. Préférant maintenir la 7e Division en réserve au nord entre Yeni Keui et Bulair et la 5e à Shar Keui, von Sanders a ordonné à la 19e de Kemal de tenir la Côte de l’Égée, de Sulva à Sud el-Bahr. Un bataillon de la Gendarmerie turque surveille la Baie de Sulva ; 1 bataillon du 27e Régiment  garde Anzac Cove (nom donné pendant la bataille) et Gaba Tape ; 1 bataillon du 26e surveille Kum Tepe (entre Gaba Tepe et Krithia) et enfin, les 2 autres bataillons du 26e sont chargés de défendre le Cap Helles et Sud el-Bahr. Kemal établit son PC à Boghali, maintenant tout le 25e Régiment  à Maidos et Serafim. De son côté, la 9e Division de Kannengieser se tient en réserve dans le sud de la péninsule, prête à soutenir celle de Kemal.
Enfin, de l’autre côté du détroit, le XVe Corps reçoit la mission de défendre Çanakkale, même si les combats y vont être plus limités.

Otto Liman von Sanders

Otto Liman von Sanders

– L’officier austère et rigoureux qu’est Mustapha Kemal ne perd pas de temps à préparer la défense de son dispositif côtier. Avec le Génie, il complète l’aménagement de tranchées, avec galeries, redoutes et lignes de retrait. Grâce à l’apport allemand, les soldats turcs bénéficient d’un nombre appréciable de mitrailleuses Maxim de 7,92 mm. Les soldats de la 19e Division ne trouve pas le temps de s’ennuyer dans leurs nouvelles positions. Marches de nuit et de jour, manœuvres et exercices de tir sont leur entraînement quotidien.

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