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Histoire & Culture

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Chroniques de la Bataille de Normandie – 5/ Tilly-sur-Seulles

by adminfhesp 6 janvier 2012

Pour comprendre la disposition de la partie occidentale du front britannique, remontons au soir du 6 juin. A ce moment là, les forces du XXXth British Corps ayant débarqué sur Gold tiennent solidement Bayeux (libérée intacte, ce qui va être un privilège) et ont soudé Gold à Juno (Saint-Aubin) et à Omaha (Bayeux/Caumont-l’Eventé).

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– De leur côté, la 56th Independant Infantry Brigade « Sphinx » de Pepper et la 8th Armoured Brigade du Brigadier Bernard Cracroft arpentèrent le plateau au-dessus de Gold et s’enfoncent dans l’intérieur des terres pour libérer Creully (où Montgomery vient occuper le château qui lui sert de PC) et Fontaine-Henry, ainsi que s’arc-bouter à la Route N13. Sauf que dans ce dernier secteur, la 8th Arm.Brig doit faire face à une contre-attaque de la part des Sturmgeschützte III du Kampfgruppe Meyer, détaché de la 352. Infanterie-Division de Dietrich Kraiss.  Mais les téméraires allemands ne vont pas plus loin et se contentèrent de leur petit succès en s’accrochant sur un bas plateau autour du hameau de Saint-Léger.

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Insigne de la 50th Infantry Division

Notons que la 8th Armoured Brigade est une formation mécanisée bien pourvue en chars, en canons antichars et en infanterie d’appui (12th Battalion. King’s Royal Rifle Corps). Ses trois Battalions de chars (4/7th Dragoon Guards, 24th Lancers et Nottinghamshire Yeomanry « Sherwood Rangers ») combattent depuis 1941. Mais le bocage normand offrait une configuration bien différente des vastes étendues sableuses du désert de Libye, ce qui provoque « un choc » dans l’esprit des équipages de chars aguerris.

Insigne de la 8th Armoured Brigade

Insigne de la 8th Armoured Brigade

– La consolidation de la tête de pont s’effectuant dans d’assez bonnes conditions, Bucknall décide de faire débarquer la célèbre 7th Armoured Division « Desert’s Rats » de George Erskine. Montgomery et Dempsey attendent beaucoup de cette unité qui s’était taillée une solide réputation face à Rommel en Afrique du Nord. Ils vont vite être déçus. Précisions que beaucoup de soldats des Desert’s Rats éprouvent un sentiment de lassitude et n’ont plus la combativité de leurs débuts. Ils combattent depuis 1940 et songent surtout à survivre à la guerre, d’où une attitude prudente, souvent trop. Ajoutons à cela que l’association de « bleus » enthousiastes se fait très mal avec les vétérans. Psychologiquement et en matière de cohésion, la 7th Arm.Div part donc avec de sérieux désavantages face à des formations cuirassées allemandes combattives. Ajoutons à cela que les Chars Cromwell (qui composent les trois Battalions de chars de la divisions) nouvellement alignés mais technologiquement inférieurs aux Panzer, ne vont pas contribuer à renforcer le moral de la division. A contrario, on observera une meilleure combativité d’unités comme les Armoured Brigades.

Le  7 juin, le 61st Recce Regiment (régiment de reconnaissance) de la 50th Northumbrian Division et la 8th Arm.Brig s’élancent vers Villiers-Bocage, suivis par les fantassins 151st Brigade. Le nombre de chars et d’hommes alignés par les Britanniques force le Kampfgruppe Meyer isolé à quitter Saint-Léger avec ses StuG pour se replier vers le sud.

Le 8 juin, le 6th Bn. Durham Light Infantry (Lt.Col. Hasting) appuyé par les chars des Nottinghamshire Yeomanry – Sherwood Rangers du Lt.Colonel Michael Laycock (frère de Robert Laycock, officier supérieur des Commandos britanniques) avancent vers la Cote 103 au nord de Tilly-s/-Seulles avec difficultés et se heurtent aux Panzergrenadiere mordants de la 130. Panzer-Lehr, bien tapis dans le bocage. Les lacunes sérieuses de l’entraînemen des fantassins et des tankistes en Angleterre, tout comme le manque d’initiative et de coopération interarme éclate au grand jour. Durant trois journées, Tommys et Tankmen n’avancent que mètre après mètre, tout en devant repousser plusieurs contre-attaques allemandes, pour finir par accrocher le sommet de la Cote 103. Mais un obus allemand bien placé tue le Laycock et son aide de camp sur le coup. Le Major Christopherson prend alors la tête des Sherwood Rangers.

– A l’aube du 9 juin, en dépit des attaques constantes des avions d’attaque alliés auxquelles il fut soumis durant sa marche, un Kampfgruppe de la Panzer-Lehr prend position entre Juaye et Mondaye, à une portée de tir de Bayeux et se tient prêt à se lancer sur la vieille cité. Toutefois, d’autres éléments de la division sont engagés par les Northumbrians de Graham et les Battalions de la 8th Brigade de Cracroft entre Tilly-sur-Seulles et Fontenay-le-Pesnel. Celle-ci réussit à chasser le SS-PzAufKlarAbt 12 d’Audrieu, tout en s’emparant du Point 103 et du village de Saint-Pierre. Bayerlein doit alors abandonner l’idée de reprendre Bayeux et redéploye ses unités pour reprendre Saint-Pierre et le Point 103. Mais le chef de la Panzer-Lehr dut alors faire face à une autre menace ; la 56th Inf.Brig. de Pepper et la 22nd Armoured Brigade de Hinde (avec les 1st et 5th Royal Tank Regiments, le 4th County of London Yeomanry, ainsi que les fantassins portés du 1st Bn. The Rifle Brigade) partent de Bayeux et s’avancent vers Tilly-sur-Seulles et Villers-Bocage, après avoir été précédées par un intense bombardement aérien des positions allemandes entre Bayeux et Tilly-sur-Seulles. Malheureusement, les vétérans font la connaissance avec le terrain cloisonné du bocage normand, propice aux tirs d’embuscades. Ainsi, les Cromwell d’Erskine sont pris plusieurs fois sous les tirs des canons de Panther et de PzKw IV dissimulés derrière les haies, de même que des attaques montés par des petits groupes de Panzerknacker (« casseurs de chars ») armés de lance-roquettes Panzerfaust et RpBZ 43 Panzerschreck. Au vu de la lente progression de ses chars, Hinde décide de confier au 1st Bn. The Rigle Brigade la mission de nettoyer les haies, les chemins creux, les fermes et les villages pour permettre aux trois Battalions de chars de progresser en triste réalité. Hinde demande à Erskine l’appui d’autres unités d’infanterie mais les anciens d’el-Alamein, de Tunisie et d’Italie de la 131st Queen’s Brigade d’Ekins (1/5th, 1/6th et 1/7th Queen’s Own Rifles) ne peuvent encore être déployés. Toutefois, le Brigadier Pepper répond à l’appel des Desert’s Rats et vient se placer sous le commandement d’Erskine. Sauf que le retard pris par Erskine permet encore aux Allemands de renforcer leur dispositif défensif.

Insigne de la 7th Armoured Division « Desert's Rats »

Insigne de la 7th Armoured Division « Desert’s Rats »

MajorGeneral George Erskine

MajorGeneral George Erskine

– Maintenant renforcée et scindé en plusieurs groupes de combat, la 7th Arm.Div. reprend sa marche vers Tilly-sur-Seulles le 11 juin. Le 2nd Bn. Gloucester (56th Inf.Brig.) et les Cromwell du 4th County of London Yeomanry progressent sur l’axe principal vers Bucéels. Le 2nd Bn. Essex et le 5th RTR effectuent un crochet par l’est de Bernières-Bocage dans l’intention de couper la route Tilly-Lingèvres. Enfin, le 2nd Bn. South Wales Borderers reste en réserve avec le 1st RTR au carrefour de Jérusalem. Les groupes de combat des Desert’s Rats et des Sphinx placés en fer de lance doivent nettoyer leur route contre des détachements de la Panzer-Lehr mais la résistance allemande se durcit nettement dès que les Britanniques abordent le nord de la ligne Tilly-sur-Seulles – Lingèvres, tenue par le Panzergrenadier-Regiment 901 de l’Oberst Scholze. Avec leur objectif en vue, les hommes des 2nd Gloucester et 2nd Essex rassemblent alors leurs forces, pendant que Cotton demande de l’appui des chars, des avions d’attaque Typhoon et de l’artillerie divisionnaire.

L’attaque de la 56th Brigade et de la 22nd Arm.Brig démarre sur le coup de 17h30 après un violent tir de barrage sur la ville de Tilly. Mais les Tommys se retrouvent immédiatement aux prises avec des groupes de Panzergrenadiere appuyés par des Panther qui surgissent sur la route Tilly-Bayeux. Plusieurs Cromwell se font « allumés » par les canons longs des fauves allemands. L’un d’entre eux est détruit par le PIAT du Lt. J.B. Evans (qui est tué dans l’action). Au prix de violents engagements, la 56th Brigade réussit à repousser le PzGren-Regt. 901 et à accrocher les abords de Tilly-sur-Seulles. Seulement, les hommes de Bayerlein font donner leurs bouches à feu qui sont restées jusque-là silencieuses et habilement dissimulées derrière des haies. Canons portés de 150 mm du 9/PzGren-Regt. 901, les compagnies de mortiers des PzGren et les lance-roquettes Nebelwerger de 280 mm se déchaînent contre les Britanniques qui sont forcés de reculer.

– De son côté, la 151st Brigade de Senior (6th, 8th et 9th Bns. Durham Light Infantry) de la 50th Northumbrian, appuyée  par les 24th Lancers et Nottinghamshire Yeomanry progresse par le nord-est de Tilly-sur-Seulles mais les Britanniques se font percuter par une contre-attaque du Panzer-Lehr-Regiment 130 de l’Oberst Gerhardt. D’abord violemment secoués, les Tommys et les équipages de chars britanniques se ressaisissent et parviennent à tenir tant bien que mal leur secteur conquis avec l’intervention des pièces d’artillerie de marine. Cependant, lorsqu’ils s’approchent de Tilly, le 8th Bn. DLI et le 24th Lancers se retrouvent aux prises avec des éléments mordants du PzGren-Regt.901. Le jour même le 6th DLI réussit à pénétrer dans les faubourgs nord de Tilly mais il ne reçoit aucun  soutien blindé de la part de la 22nd Arm.Brig et se fait repousser sans ménagement.
OLYMPUS DIGITAL CAMERA– Le 11 juin, la 56th Brigade tente un nouvel assaut à l’aide du 4th CLY qui essaie de déborder les défenses allemandes par l’ouest de Tilly. Forçant le passage, le 2nd Gloucester, monté sur Bren Carriers, réussit à prendre l’un des carrefours au nord de Tilly…pour se faire immédiatement contre-attaqué par des Jagdpanzer IV du Panzerjäger-Abteilung 130 et des hommes du Panzer-Pionier-Bataillon. Les Gloucester paniquent et se replient au nord derrière Pont-Esprit sur le coup de 22h00. Le 2nd Essex tente, quant à lui, de s’emparer du Bois de Verrières mais se fait impitoyablement taillé en pièces par des Panzer, des Pioniere et des blindés légers armés de lance-flammes. Le malheureux bataillon ne peut même pas déployer sa batterie de canons antichars de 6 pdr (6 livres) mais plus grave, le 5th RTR qui doit l’appuyer ne vient pas. 200 soldats du Battalion sont perdus.
Tilly est toujours solidement tenue par les hommes de Bayerlein mais eux aussi ont souffert. Ainsi, la 7/PzGren-Regt. 901 de l’Oberleutnant Mahr ne compte plus que 43 hommes valides sur une dotation théorique de 150.
Artillerycaen– Le 12 juin, la 131st Queen’s Brigade d’Ekins, enfin arrivée et le 1st RTR tentent de prendre Tilly mais la tentative se révèle encore infructueuse. Erskine et Graham conviennent alors de porter leur effort princiapl plus à l’est avec la 151st Brigade, appuyée par le 4/7th Dragoon Guards. Notons aussi que, pendant ce temps, la 49th « West Riding » Division de Rawlins combat pour s’emparer du Hectot à partir du 8 juin mais elle ne parvient pas à remporter cet objectif malgré la combativité dont elle fait preuve. Pour l’anecdote, elle reçoit à cette occasion le surnom d’ « Ours Egorgeurs », en référence à son insigne sur lequel figure un ours polaire (l’unité ayant stationné un temps en Islande).

– L’assaut sur Tilly-sur-Seulles redémarre le 16 juin, alors que Bayerlein rassemble ses chars afin de lancer une contre-attaque à la charnière des 49th et 50th Divisions dans l’idée de séparer les deux unités britanniques. Mais l’audacieux chef allemand n’en a pas le temps car Graham et Erskine réussissent à le prendre de vitesse en relançant leur attaque. Avec l’appui de chars spéciaux Churchill AVRE (armés d’un lance-roquette pouvant cracher un projectile de 380 mm capable de détruire tout abri ennemi et de faire s’écrouler un bâtiment), la 151st Brigade de la 50th Northumbrian repart à l’assaut. Les 6th, 8th et 9th DLI doivent combattre farouchement pendant plusieurs heures avec l’aide des 24th Lancers et 4/7th Dragoon Guards contre les jeunes grenadiers du 901. De son côté, les survivants du 2nd Essex réussissent à entrer dans Tilly par le nord à l’issu d’un furieux engagement. Il fait ainsi sa jonction avec le 6th DLI et le 24th Lancers qui avaient percé vers l’ouest de la ville.
Le 19 juin, les ruines de Tilly-sur-Seulles sont enfin dégagées.

* Précisions pour le lecteur,

1 – Une Brigade britannique correspond en termes d’effectifs à un Regiment allemand (3 200 hommes contre 2 600 – 2 900), tandis qu’un Bataillon (unité tactique traditionnelle) trouve son équivalent dans l’Abteilung (d’infanterie) allemand.
2 – Une Armoured Brigade britannique correspond au Panzer-Regiment (180 chars contre 140 Panzer selon la dotation type 1944. L’Armoured Division britannique est une unité lourde (240 chars en comptant l’unité de reconnaissance équipés de Cromwell) avec 18 000 hommes contre 12 000 – 14 000 pour ses rivales allemandes. 

[Suite]

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Histoire & Culture

Campagne d’Alsace – Septième partie (Libération de Colmar)

by adminfhesp 2 janvier 2012

3 – LE COUP FINAL SUR LA RIVE GAUCHE DU RHIN

1 – Réorganisations

– Le 27 janvier, constatant que les Français avancent moins vite que prévu, en dépit de la dépense d’importantes quantités de munitions, Devers se trouve convaincu que l’aide américaine à la Ire Armée reste nécessaire. Mais le patron du 6th Army Group n’est pas satisfait, estimant que les Français ont manqué de pugnacité et de volonté… C’est faire un mauvais procès à la 1re DMI qui a attaqué comme elle a pu avec des forces épuisées. En revanche, Devers reconnaît que contrairement aux prévisions météorologiques, le « le temps, avec près de 50 cm de neige, est abominable ». Il salue néanmoins la progression de la 3rd Division et note que le Major.General O’Daniel, « humble mais déterminé », assume les quelques erreurs tactiques commises à Maison Rouge, même si l’issue de a été heureuse pour les « Dogface soldiers ».

De Lattre et Frank W. Milburn (à droite)

De Lattre et Frank W. Milburn (à droite)

– En outre, avec l’arrivée prochaine des 75th et 35th Divisions – attribuées respectivement à la de Lattre et à Patch – Devers peut déployer le XXIst Corps mais souhaite que l’unité de Milburn « coiffe » les trois divisions américaines engagées, avec la 12th Armored Division d’Allen en réserve. De Lattre transfère aussi la 5e DB de Vernejoul au XXIst Corps, laissant la 2e DB à Monsabert. Informé du plan de l’attaque, Frank W. Milburn souhaite utiliser la 3rd US Division en fer de lance avec toutefois le renfort de la 5e DB pour appuyer les trois régiments fatigués de la « Rock of the Marne ». La 28th Division de Cota, épaulée par la 75th de Ray E. Porter – qui vient de recevoir une expérience de combat dans les Ardennes – devra couvrir le flanc sud de l’attaque, tandis que le IInd Corps de Monsabert sécurise le flanc nord. La 12th Armored Division, qui se regroupe encore à Herrlisheim, restera temporairement en réserve au nord de Colmar.

C’est après avoir reçu l’approvisionnement nécessaire en munitions pour ses blindés et ses bouches à feu que de Lattre planifie une nouvelle offensive le 1er février.

– Du côté allemand, le 29 janvier, le SS-Oberstgruppenführer Paul Hausser, personnalité éminente de la Waffen-SS, officier viscéralement loyal envers Hitler mais particulièrement expérimenté (France, URSS, Kharkov 1943, Ukraine et Normandie), a pris le commandement du Heeres-Gruppe G, incluant toutes les forces assignées au Heeres-Gruppe Ober-Rhein. Celui-ci est d’ailleurs dissous sur ordre de Hitler, pendant que Heinrich Himmler est envoyé prendre un autre commandement sur le Front de l’Est. Les forces de Joukov et de Koniev y ont forcé le cours de la Vistule et déferlent à présent vers l’Oder et sur la Silésie. Du côté du Heeres-Gruppe G, on conclut dès le 25 janvier que les attaques répétées des franco-américaines menacent sérieusement d’isoler et de détruire la 19. Armee dans la Poche de Colmar. Hausser estime que le saillant d’Erstein doit être évacué afin de renforcer l’aile nord. Durant la nuit du 28-29, Hitler donne son accord pour un retrait partiel vers le nord, tout en insistant pour que la poche soit défendue autant que possible. Gerd von Rundstedt se montre favorable à cette option, estimant – par erreur – que le 6th Army Group lance des attaques de diversion sur Colmar avant d’attaquer dans le Bassin de la Sarre, ce qui préfigure une invasion du territoire du Reich. Sauf que la « diversion » de la Ire Armée est bel et bien un assaut général visant à nettoyer définitivement la rive gauche du Rhin.

– A l’échelle de la poche, Hausser et Rasp pensent que l’objectif final des Franco-Américains est de réaliser une poussée vers l’est depuis la ligne Sélestat – Marckolsheim, afin d’isoler les troupes restantes dans le saillant d’Erstein, avant d’établir une tête de pont sur la rive droite du Rhin au niveau de Neuf-Brisach. A contrario, ils ne reçoivent aucune information sur les renforts envoyés à la Ire Armée, ce qui les empêche de percevoir l’intention du Général de Lattre de lancer une double enveloppement par le nord et par le sud.

– A l’intérieur de la poche, la situation de la 19. Armee devient de plus en plus critique. Afin d’épauler la défense de Cernay et d’Ensisheim au sud et de Marckolsheim au nord, Siegfried Rasp autorise Helmuth Thumm et Erich Abraham à démarrer le retrait de plusieurs Kampfgruppen des Vosges. Par conséquents, les compagnies et bataillons des 189. ID, 338. ID et 16. VGD entremêlés les uns aux autres commencent à reculer pour être relevés par la 2. Gebirgs-Division. Il en résulte une véritable fragmentation de la structure défensive allemande. Le 29, Helmuth Thumm tente de contrer l’assaut surprise de la 3rd Division sur le Canal de Colmar avec quelques bataillons de la 189. ID, d’un de la 198. ID et d’un autre de Gebirgsjäger. Mais aucune attaque n’est coordonnée, ce qui rend l’effort du LXIV. AK inefficace. Quelque-soit le secteur de combat, cette situation devient commune à l’ensemble des forces allemandes mais ni Rasp, ni ses subordonnés ne savent où se situe l’axe principal de l’attaque franco-américaine, ou même de prévoir la prochain objectif de la 3rd Division.

– Seulement, le 30 janvier, avec les trois régiments mordants de la 3rd « Rock of the Marne » qui déferlent au sud du Canal de Colmar, Rasp, Hausser et même von Rundstedt commencent à saisir que l’objectif initial des Alliés est le pont de Neuf-Brisach et non Marckolsheim. Mais dans le même temps, ils concluent faussement que le principal objectif des Français reste le pont de Neuenburg à Chalampe. Dans la nuit du 30 janvier, le Groupe d’Armées G envoie de nouveaux ordres à Rasp lui assignant la mission « d’assurer la suvrie » de la poche allemand sur le Rhin aussi longtemps que possible, tout en lui autorisant de retirer les forces basées dans les Vosges. La 19. Armee doit alors se concentrer dans la défense des ailes nord et sud de la tête de pont. Par conséquent, Rasp ordonne l’évacuation de toutes les forces dans les Vosges mais il ne dispose d’aucun matériel lourd pour assurer le transport des équipements lourds vers le Rhin.

Frank W. Milburn, commandant du XXIst US Corps

Frank W. Milburn, commandant du XXIst US Corps

2 – L’attaque du XXIst US Corps et la libération de Colmar

a – La prise de Neuf-Brisach

– La seconde offensive franco-américaine contre Colmar va s’avérer réussie, même si Rasp tente encore de bloquer les efforts alliés sur les routes clés et les confluences de canaux. Mais après l’engagement de Jebsheim, la pénétration alliée à l’intérieur du système défensif allemand est bien trop importante. Et il y a des brèches entre les points forts des positions secondaires et tertiaires qui pourront facilement être exploitées. Les chefs de corps et de divisions (du moins ce qu’il leur en reste) de Rasp sont incapables d’envoyer les renforts adéquats pour combler les brèches.

– Du côté allié, le 27 janvier, la 75th US Division de Porter commence à se déployer dans le secteur de la Ire Armée. Ainsi, le Lieutenant.General Milburn englobe sous son commandement les 3rd, 28th et 75th Infantry Divisions, ainsi que la 5e DB française, le 1er RCP (fatigué) et le 1er Choc. Le 31, elle commence à relever les trois régiments de la 3rd Division au sud du Canal de Colmar, afin d’exercer une poussée vers le sud avec la 5e DB française. O’Daniel transfère alors ses 7th et 15th Regiments à l’extrémité du Canal de Colmar avant de les orienter aussi vers le sud. Dans la soirée du 29 janvier, les quatre Field Artillery Battalions de la « Rock of the Marne » ouvrent le feu sur les lignes allemandes afin de préparer l’assaut des 7th et 15th Regiments. Les deux régiments de tête de la « Rock of the Marne » passent donc à l’assaut à l’est du Canal Rhin-Rhône. De son côté, le 30th Infantry  oblique vers l’est avec la 5e DB. Enfin, le 254th Infantry de Warren couvre les arrières.

– Le 1er février, un pont Bailey est jeté sur l’Ill par le Génie américain. Le 7th Infantry et le Combat Command N°4 de Guy Schlesser (5e DB)  traversent l’Ill et arrivent devant Horbourg. Le 15th Infantry traverse lui aussi l’Ill avec l’appui du CC N°5 du Colonel Mozat. Les deux unités s’emparent ensuite d’Untersheim. Pendant ce temps, le CC N°6 du Colonel Boutaud de La Villéon et le 254th Infantry attaquent vers l’est avec Artzenheim pour objectif. Mais quelques Jagdpanther restant du Pz-Jag.Abt 654 bien dissimulés, surgissent et leurs canons longs de 88 font mouche sur 6 chars du 6e Chasseurs d’Afrique et 4 Half-tracks du 3/RMLE. Deux jours de combats seront nécessaires pour faire tomber Artzenheim. Du coup, ne comptant plus que 13 chars opérationnels et avec son bataillon de légionnaires accusant de lourdes pertes, le CC N°6 est retiré du front par de Vernejoul. Il est alors remplacé par le GT V de la 2e DB.

– Le 31 janvier, le 1er RCP de Jacques Faure repasse à l’attaque et s’empare de Widensolen. Le 1er février, les 15th  et 30th Infantry progressent le long du Canal Rhin-Rhône et atteignent Neuf-Brisach.  Le 2-3 février, passant par Artzenheim, le 7th Infantry Regiment s’empare de Biesheim après un dur combat qui occupe toute la journée. Le 3 février, les éléments des trois régiments de la 3rd Division approchent de Neuf-Brisach et les Allemands tentent de renforcer leurs défenses avec ce qu’ils peuvent. Le 5 février, Vogelgrun tombe et le 6 février, Neuf-Brisach tombe entre les mains du 30th Infantry.

b – La libération de Colmar

– A l’intérieur de la poche, les défenses allemandes ceinturant Colmar commencent à s’écrouler complètement. Alors que le 3rd Division marche rapidement vers Neuf-Brisach, avec le 254th, les trois régiments de la 28th Division (109th, 110th et 111th) démarrent leur poussée vers le nord de Colmar par la Vallée de Kayserberg. Le 2 février, les troupes de Cota nettoient définitivement Kaysersberg des quelques unités d’arrière-garde allemande. Le 109th Infantry Regiment du Lt.Colonel James E. Rudder (l’ancien commandant du 2nd Rangers Battalion sur la Pointe du Hoc et à Hürtgen) arrête son régiment pour laisser les Cuirassiers et Légionnaires du CC 4 de Schlesser entrer dans les faubourgs de Colmar, avec les « Diables Rouges » du 152e RI (régiment historique de Colmar) sur les talons, sans rencontrer d’opposition. Montés sur les M4 Sherman, les Légionnaires du RMLE chantent à tue-tête (1). Le 109th Infantry Regiment du Lt.Col. Rudder participe lui aussi au nettoyage de la ville. Fantassins et cavaliers nettoient Colmar quartier par quartier mais dans d’assez bonnes conditions. A 11h30, la Place Rapp est investie et la population commence à sortir des habitations et des abris pour rencontrer les libérateurs. De Lattre a eu ce qu’il voulait en décembre précédent ; la Ire Armée a libéré Colmar.

– Le 2 février toujours , le Général de Lattre Tassigny fait diffuser la déclaration suivante à la population de Colmar : « Habitants de Colmar. Après quatre ans d’oppression et de souffrances, quantre ans et demi d’une séparation si cruelle à nos cœurs, votre Cité retrouve la Mère Patrie et le Drapeau Tricolore. Fraternellement unis, les Français de la 5e Division Blindée et les fantassins des Divisions Américaines ont pénétré aujourd’hui 2 février dans la ville de Colmar, à laquelle notre manœuvre a voulu épargne les destructions de la bataille.

Désemparé, l’Allemand bat en retraite.

Désormais, toute menace écartée, sous la protection de nos troupes, vous êtes rendus à la liberté et à la vie française.
Au nom du Général de Gaulle, Chef du Gouvernement , Chef Suprême des Armées et Libérateur de la France, je salue la population de Colmar, les vivants, présents ou absents, et les morts ».

– Immédiatement, de Lattre est d’accord pour engager la 12th Armored Division sur les talons de la 28th et attaquer vers le sud. Le 3 février, le 112th Infantry Regiment (Col. Gustin M. Nelson) s’empare de Turckheim et d’Ingersheim. D’autres éléments de la Division de Cota rencontrent des éléments du Ier Corps de Béthouart le 4 février à Rouffach et Sainte-Croix, coupant ainsi la retraite aux dernières maigres forces allemandes tenant le versant alsacien des Vosges.


c – L’attaque des 75th Infantry et 12th Armored Divisions

– La 75th Division de Porter passe à l’attaque le 1er février entre les 28th et 3rd Divisions face à des troupes allemandes en pleine dislocation.  Le 289th Infantry (Colonel Douglas B. Smith) s’empare de Horbourg, tandis que le 290th Infantry (Col. Carl F. Duffner) s’empare d’Andolsheim à 14h00. Durant trois jours durant, la 75th Division opère plusieurs attaques de diversion pour couvrir l’avancée de la « Rock of the Marne » et de la 5e DB sur Colmar. Le 5 février, après avoir consolidé ses positions, la division de Porter déborde Appenwihr, Hettenschlag et Wolfgantzen. Le 6 février, elle atteint le Canal Rhin-Rhône au sud de Neuf-Brisach.

– La 12th Armored Division de Roderick R. Allen se place en position d’attaque le 3 février le long des lignes de la 28th Division. Elle a pour mission d’attaquer vers le sud, rejoindre le Ier CA français pour couper la poche en deux. Le 4 février, Allen démarre son attaque sur trois axes avec ses trois Combat Commands. Le CC B (Colonel Charles V. Bromley) démarre depuis la tête de pont de Sundhoffen, tandis que le CC R (Col. Richard A. Gordon) avance sur la route entre Colmar et Hattstatt mais se retrouve arrêter par quelques canons allemands. Le 5 février, le CC A (Riley F. Ennis) démarre son attaque et entre dans Rouffach, établissant ainsi sa jonction avec la 4e Division Marocaine de Montagne. De son côté, le CC A finit par s’emparer de Hattstatt.

Insigne de la 75th Infantry Division

Insigne de la 75th Infantry Division

3 – Le Ier Corps d’Armée poursuit son attaque au sud

– Le premier objectif pour Béthouart est de nettoyer les derniers îlots de résistance au sud de la Thur, entre Cernay et Ensisheim. Trois jours de combats sont nécessaires aux 4e DMM et 2e DIM, aux Commandos, ainsi qu’au Goumiers du Groupement de Tabors Marocains pour anéantir les derniers détachements des 338. et 198. ID au sud de la Thur et nettoyer les contreforts des Vosges.
Du côté de la 4e DMM, les Tirailleurs nord-africains et français du Général de Hesdin (bientôt blessé et remplacé par le Général Bondis) ont pour mission de cerner les villages flanquant les Vosges (Steinbach, Uffholtz, Wattwiller, Hartmannswiller et Waldkapelle) pour envelopper Cernay par le nord. La mission incombe au 1er Régiment de Tirailleurs Marocains du Colonel Deleuze, au 1er Tirailleurs Algériens du Colonel Guénin, ainsi qu’aux Commandos d’Afrique.

– L’assaut démarre le 21 janvier par un temps particulièrement épouvantable. L’assaut sur Cernay coûte très cher aux Commandos. Les Allemands répliquent durement au mortier et à l’arme lourde. En revanche, leurs tireurs d’élite formés à la hâte ne font que peu de dégâts dans les rangs français. Les meilleurs résultats sont enregistrés par les Marocains du 1er RTM. Attaquant depuis le Rangenkopf au nord, de Thann, ils s’emparent du Brandwaldkopf et du Herrenstubenkopf. En revanche, l’offensive de Hesdin et Bondis piétine durant près d’une semaine, avec des pertes sérieuses. Une pause est donc nécessaire et Bondis monte un nouveau visant à engager le 6e RTM du Colonel Bonfils depuis Vieux-Thann, afin de prendre Cernay en tenailles avec le 1er RTA.

Insigne de la 4e Division Marocaine de Montagne

Insigne de la 4e Division Marocaine de Montagne

– L’attaque reprend donc le 29 janvier. Si le 1er Tirailleurs Algériens est refoulé de Cité Baudry, le 6e Tirailleurs Marocains parvient à s’emparer d’Ochsenfeld. Le 30 janvier, le 3e Bataillon du 1er RTA attaque au niveau de la bifurcation Vieux-Thann – Cernay et Uffholtz – Steinbach et réussit à déboucher. Le 3 février dans la matinée, les Allemands font sauter plusieurs ponts, dont les deux enjambant le Steinbachrutz. Mais le même jour, le 1er RTA s’empare de la Cité Baudry, avant d’entrer dans Steinbach (détruit à 41%), pour s’emparer ensuite d’Uffholtz et de Wattwiller. De son côté, le 6e RTM entre enfin dans Cernay. Bondis ordonne alors au 1er RTA de surveiller la ligne des Crêtes afin de couvrir l’avance du 1er RTM vers le nord-est afin d’opérer la jonction avec le XXIst US Corps.

– Le 4 février, le 1er RTM et les équipages du 4e Régiment de Spahis du Maroc (Chef d’Escadron Dodelier) franchissent la Thur  pour enfoncer successivement les positions allemandes à Soultz, Soultzmatt et Guebwiller. Ramassant plus de 1 000 prisonniers ennemis, le 1er RTM entre dans Rouffach le 5 et y établit sa jonction avec la 12th Armored Division.

– Sur la droite de la 4e DMM, la 9e Division d’Infanterie Coloniale de Magnan et la 2nde Division d’Infanterie Marocaine de Carpentier, toutes deux appuyées par la 1re DB de Sudre, démarrent leur attaque dans le Bassin potassique le 4 février. Après un bombardement d’artillerie en règle, fantassins et chars français passent à l’assaut. La résistance allemande se durcit. Kingersheim est violemment bombardé des deux côtés, les Allemands usant même des Nebekwerfer. Son église baroque Sainte-Marie est  détruite par un incendie. Les 3 régiments coloniaux de la division (6e, 21e et 23e) appuyés par le Régiment Colonial de Chasseurs de Chars (Colonel Charles). On se bar rageusement pour dégager les Cités Kullmann, Sainte-Marie et Sainte-Barbe. Mais le 5 février, Kingersheim finit par tomber. Le 6 février, le 21e Régiment d’Infanterie Coloniale (9e DIC) s’empare d’Ensisheim. Cela permet aux Coloniaux de Magnan d’obliquer vers le Rhin. Le 7 février, la 9e DIC et l’un des Combat Commands de la 1re DB atteignent le Canal Rhin-Rhône à l’Est d’Ensisheim.
De son côté, la 2e DIM s’empare de Hirtzfelden le 6 février. Aussitôt, le 151e RI (Colonel Michelin) et le 3e Régiment de Spahis du Maroc (Navarre) commencent à nettoyer la Forêt de la Hardt. Enfin, le 8 février, la 1re DB fait sa jonction avec l’un des GTV de la 2e DB à Chalampé. Le 9 février, tout est fini, la dernière arrière-garde allemande cesse le combat à Chalampé. La bataille de la poche de Colmar est terminée.


– Bilan humain

– Plus de 22 000 soldats allemands se rendent sur la rive droite du Rhin. Plusieurs milliers ont réussi à fuir par les ponts de Neuf-Brisach et de Chalampe avant qu’ils ne sautent. Plus de 2 250 soldats Français (Métropolitains, Coloniaux, Nord-Africains et Pieds Noirs) ont été tués, pour plus de 11 000 blessés, disparus ou hors de combat en raison d’engelures (sur 420 000 déployés). Les Américains doivent déplorer un peu plus de 500 tués pour plus de 7 000 blessés ou soldats mis hors de combat. Enfin, le patron de la Ire Armée fait remettre la Croix de Guerre à la belle 3rd Division « Rock of the Marne » et au 109th Infantry Regiment de Rudder.

(1) : Andecdote rapportée par François de Lannoy dans « Au cœur du Reich », Heimdal, 2007

Sources principales :
– CLARKE Jeffrey L. & SMITH Robert R. : « Riviera to the Rhine », http://www.history.army.mil
– NOTIN Jean-Christophe : « Leclerc », Perrin
– NOTIN Jean-Christophe : « Le Général Saint-Hillier. De Bir-Hakeim au putsch d’Alger », Perrin
– DE LANNOY François :  « Au cœur du Reich », Heimdal, 2007
– DUFOUR Pierre :  « La bataille de Jebsheim », in KADARI Y. (Dir.) : Ligne de Front N° 51 (sept.-oct. 2014), Caraktère

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Campagne d’Alsace 1944-1945 (Troisième partie)

Campagne d’Alsace 1944-1945 (Troisième partie)

4 – STABILISATION DU FRONT AUTOUR DE COLMAR 1 – Défense allemande et désaccords français – A la fin du mois de novembre, alors que Jacob L. Devers confie la priorité des opérations à Patch, pensant que les Français du Général de Lattre viendront facilement à bout des forces allemandes…

27 décembre 2014

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31 mars 1945 : la 1ère Armée française traverse le Rhin

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– Après le nettoyage de la forêt de Bienwald et la prise de Maximilansau, les deux adversaires consolident leurs positions sur les deux rives du Rhin. Le Général Petersen, commandant du LXXXX. Armee-Korps déploie quatre divisions – ou plutôt ce qu’il en reste –  dans le Créneau du Rhin face…

31 mars 2016

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25 mars 1945 : la Ière Armée française atteint le Rhin près de Spire

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Alors qu’en Rhénanie et sur la Ruhr, Britanniques et Américains parachèvent la réussite des opérations « Plunder » et « Lumberjack », le VIth Army Group de Devers s’apprête à franchir de force le Rhin et la frontière allemande en Alsace et Moselle. Sauf que les Américains confient encore aux Français un rôle assez…

25 mars 2016

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2 janvier 2012
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Histoire & Culture

Saint-Exupéry : « Ma civilisation est héritière des valeurs chrétiennes »

by adminfhesp 2 janvier 2012

Antoine de Saint Exupéry (1900-1944)

Dans ce texte lumineux, extrait de son ouvrage Pilote de guerre (1942), le poète, écrivain, et aviateur « mort pour la France » revient sur le génie d’une société vivant sous le regard de Dieu, Être Absolu garantissant la véritable liberté et l’égalité de chaque individu ainsi que la cohésion de tout le corps social. – De quoi inspirer nos « élites » qui ne jurent que par les mots « liberté » « égalité » et « fraternité » …

« Il est aisé de fonder l’ordre d’une société sur la soumission de chacun à des règles
fixes. Il est aisé de façonner un homme aveugle qui subisse, sans protester, un maître ou un coran. Mais la réussite est autrement haute qui consiste, pour délivrer l’homme, à le faire régner sur soi-même.

Mais qu’est-ce que délivrer ? Si je délivre, dans un désert, un homme qui n’éprouve rien, que signifie sa liberté ? Il n’est de liberté que de « quelqu’un » qui va quelque part.

Or, ma civilisation a cherché à fonder les relations humaines sur le culte de l’homme au-delà de l’individu, afin que le comportement de chacun vis-à-vis de soi-même ou d’autrui ne fût plus conformisme aveugle aux usages de la termitière, mais libre exercice de l’amour.

La route invisible de la pesanteur délivre la pierre. Les pentes invisibles de l’amour délivrent l’homme. Ma civilisation a cherché à faire de chaque homme l’ambassadeur d’un même prince. Elle a considéré l’individu comme chemin ou message de plus grand que lui-même, elle a offert à la liberté de son ascension des directions aimantées.

Je connais bien l’origine de ce champ de forces. Durant des siècles, ma civilisation a contemplé Dieu à travers les hommes. L’homme était créé à l’image de Dieu. On respectait Dieu en l’homme. Les hommes étaient frères en Dieu. Ce reflet de Dieu conférait une dignité inaliénable à chaque homme. Les relations de l’homme avec Dieu fondaient avec évidence les devoirs de chacun vis-à-vis de soi-même ou d’autrui.

Ma civilisation est héritière des valeurs chrétiennes. Je réfléchirai sur la construction de la cathédrale, afin de mieux comprendre son architecture.

La contemplation de Dieu fondait les hommes égaux en Dieu. Et cette égalité avait une signification claire. Car on ne peut être égal qu’en quelque chose. Le soldat et le capitaine sont égaux en la nation. L’égalité n’est plus qu’un mot vide de sens s’il n’est rien en quoi nouer cette égalité.

Je comprends clairement pourquoi cette égalité, qui était l’égalité des droits de Dieu au travers des individus, interdisait de limiter l’ascension d’un individu : Dieu pouvait décider de le prendre pour route. Mais comme il s’agissait aussi de l’égalité des droits de Dieu « sur » les individus, je comprends pourquoi les individus, quels qu’ils fussent, étaient soumis aux mêmes devoirs et aux mêmes respects des droits. Exprimant Dieu, ils étaient égaux dans leurs droits. Servant Dieu, ils étaient égaux dans leurs devoirs.

Je comprends pourquoi une égalité établie en Dieu n’entraînait ni contradiction ni désordre. La démagogie s’introduit quand, faute de commune mesure, le principe d’égalité s’abâtardit en principe d’identité. Alors le soldat refuse le salut au capitaine, car le soldat, en saluant le capitaine, honorerait un individu, et non la nation.

Ma civilisation, héritant de Dieu, a fait les hommes égaux en l’homme.

Je comprends l’origine du respect des hommes les uns pour les autres. Le savant devait le respect au soutier lui-même, car à travers le soutier il respectait Dieu, dont le soutier était aussi l’ambassadeur. Quelles que fussent la valeur de l’un et la médiocrité de l’autre, aucun homme ne pouvait prétendre en réduire un autre en esclavage. On n’humilie pas un ambassadeur. Mais ce respect de l’homme n’entraînait pas la prosternation dégradante devant la médiocrité de l’individu, devant la bêtise ou l’ignorance, puisque d’abord était honorée cette qualité d’ambassadeur de Dieu. Ainsi l’amour de Dieu fondait-il, entre hommes, des relations nobles, les affaires se traitant d’ambassadeur à ambassadeur, au-dessus de la qualité des individus.

Ma civilisation, héritant de Dieu, a fondé le respect de l’homme au travers des individus. »

Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre, XXVI, 1942

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27 mai 1797 : Exécution de Gracchus Babeuf

27 mai 1797 : Exécution de Gracchus Babeuf

Né en 1760 à Saint-Quentin, de son vrai nom François Noël Babeuf, il est le fils de Marie-Catherine Ancherel et de Claude Babeuf, un employé des fermes royales de Picardie. A douze ans, il commence à travailler comme terrassier au canal de Picardie. A dix-sept ans, il devient apprenti chez…

27 mai 2016

Dans « Non classé »

Portrait : Pierre-Antoine Berryer, avocat de la Légitimité et du Libéralisme

Portrait : Pierre-Antoine Berryer, avocat de la Légitimité et du Libéralisme

L’Histoire fourmille d’illustres inconnus, de grands noms qui ont marqué leur époque mais que la pensée officielle rejette dans l’oubli. Il est toujours bon de les ramener à la lumière, que ce soit pour rappeler leurs existences ou simplement pour briser les étroites catégories que nous nous plaisons tant à…

6 mai 2015

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4 juillet 1848 : Mort de François René de Chateaubriand

4 juillet 1848 : Mort de François René de Chateaubriand

Né en 1768 à Saint-Malo, François-René de Chateaubriand, fut l’un des inspirateurs du courant romantique, auteur des Mémoires d’Outre-Tombe, d’ Atala et du Génie du Christianisme. A côté de sa carrière d’écrivain il mena une carrière politique qui le conduisit à servir Napoléon comme ambassadeur à Rome et directeur du…

4 juillet 2013

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2 janvier 2012
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Histoire & Culture

Proverbe français

by adminfhesp 29 novembre 2011

« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Pierre Corneille ; Le Cid – 1636.

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1er octobre 1684 : Mort de Pierre Corneille

1er octobre 1684 : Mort de Pierre Corneille

Hommage à l’un de nos plus grands écrivains, un géant du XVIIe siècle. Né à Rouen en 1606 dans une famille de bourgeois, Pierre Corneille fait d’abord des études de droit et obtient, grâce à son père, une charge d’avocat du Roi. Il officiera aux Eaux et Forêts ainsi qu’à l’Amirauté…

1 octobre 2015

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Pierre Mayrant :

Pierre Mayrant : « La patrie est une sorte d’extension de la famille »

Dans un article fort intéressant sur la distinction entre « patrie » et « nation », le journaliste et historien Pierre Mayrant insiste sur la réalité philosophique désignée par le mot « patrie »… « La patrie vient du latin « patria » et signifiait dès l’époque romaine pays de naissance, la terre des pères, la transmission…

19 juillet 2012

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« Immigration, intégration: le langage de vérité », le dernier livre de Malika Sorel

Malika Sorel est une personnalité qui gagne à être connue. D’origine algérienne, elle est le symbole d’une parfaite assimilation à la France. Ingénieur de l’Ecole Polytechnique d’Alger et diplômée d’un troisième cycle de gestion de Sciences-Po, elle est aujourdhui membre du Haut Conseil à l’Intégration. Dans cet ouvrage, l’auteur fait…

20 janvier 2012

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29 novembre 2011
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Histoire & Culture

Dernière lettre du Colonel Driant à sa femme

by adminfhesp 26 novembre 2011

« Je ne t’écris que quelques lignes hâtives, car je monte là-haut, encourager tout mon monde, voir les derniers préparatifs ; l’ordre du général Bapst (1)  que je t’envoie, la visite de Joffre, hier, prouvent que l’heure est proche et au fond, j’éprouve une satisfaction à voir que je ne me suis pas trompé en annonçant il y a un mois ce qui arrive, par l’ordre du bataillon que je t’ai envoyé. À la grâce de Dieu ! Vois-tu, je ferai de mon mieux et je me sens très calme. J’ai toujours eu une telle chance que j’y crois encore pour cette fois.

Leur assaut peut avoir lieu cette nuit comme il peut encore reculer de plusieurs jours. Mais il est certain. Notre bois aura ses premières tranchées prises dès les premières minutes, car ils y emploieront flammes et gaz. Nous le savons, par un prisonnier de ce matin. Mes pauvres bataillons si épargnés jusqu’ici ! Enfin, eux aussi ont eu de la chance jusqu’à présent… Qui sait ! Mais comme on se sent peu de choses à ces heures-là.
Ce soir je passe en revue tous ceux et toutes celles à qui je veux envoyer ma pensée avant l’assaut. Je parle de l’assaut ennemi que nous attendons de jour en jour et qui est certain maintenant, car le général J… est venu nous l’annoncer hier et nous dire qu’il comptait sur nous. Il peut y compter. Le Kronprinz qui a annoncé à ces quatre corps d’armée la prise de Verdun terminant la guerre, va savoir ce qu’il en coûte pour ne pas le prendre. »

Colonel Émile Driant, Verdun, 20 février 1916

(1) Commandant de la 72e Division d’Infanterie à laquelle sont rattachés les 58e et 59e BCP

NB : Rappelons que l’épouse du Colonel était la fille du Général Boulanger

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22 février 1916 : le Colonel Driant tombe à Verdun

22 février 1916 : le Colonel Driant tombe à Verdun

Personnage haut en couleur mais au final attachant,  véritable « mythe » de la Grande Guerre, Émile Driant était à la fois officier, homme politique et écrivain. – Sorti quatrième de la Promotion Saint-Cyr « Dernière de Wagram »,  officier en Afrique, gendre du Général Boulanger, commandant du 1er Bataillon de Chasseur à Pied…

22 février 2016

Dans « Grande Guerre »

Témoignage bouleversant d'un poilu remerciant sainte Thérèse, patronne secondaire de la France

Témoignage bouleversant d’un poilu remerciant sainte Thérèse, patronne secondaire de la France

Extrait de l’ouvrage Nous poilus. Plus forte que l’acier paru au cerf (mai 2014). La lettre est datée du 1er octobre 1915, signée de la main de l’adjudant V. Dardet, 274e d’infanterie, 23ème compagnie. « Et maintenant, ma chère cousine, voilà ce qui vient de m’arriver : Je viens d’échapper à la mort…

28 mai 2014

Dans « Non classé »

Abbé Iborra :

Abbé Iborra : « En décapitant le roi, on décapitait symboliquement la France »

Extrait de l’homélie de l’abbé Eric Iborra, vicaire de la paroisse saint Eugène, à Paris, prononcée à l’occasion de la messe de requiem pour le défunt roi de France Louis XVI, le 21 janvier dernier :  « Pourquoi assistons-nous à une messe de suffrage si nous pensons, avec le pape Pie…

22 janvier 2014

Dans « Non classé »

26 novembre 2011
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Histoire & Culture

Maréchal Nicolas de Catinat

by adminfhesp 22 novembre 2011

« Catinat réunit par un rare assemblage, les talents du guerrier et les vertus du sage » disait de lui Voltaire de façon pour le moins élogieuse.
Nicolas de Catinat de la Fauconnerie et de Saint-Gratien voit le jour le 1er septembre 1637 à Paris rue de la Sorbonne au sein d’une famille de magistrats de la Noblesse de Robe. Son père, Nicolas II de Catinat est Doyen des Conseillers du Parlement de Paris.
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Il se destine d’abord à suivre la tradition familiale d’exercer la profession d’avocat. Étudiant d’abord le Droit, il est reçut au Barreau. Mais se découvrant une vocation militaire, il abandonne la robe pour entamer une carrière militaire dans l’Armée de Louis XIV en 1660. Officier, il rejoint le Régiment prestigieux des Gardes Françaises avec le grade de Lieutenant. Courageux, il se distingue dans les combats contre les Espagnols, notamment lors du siège de Lille mené par Vauban en 1667. En 1673 lors des Guerre de Hollande, il sert au siège de Maastricht sous les ordres de Vauban où il reçoit une blessure mais on le retrouve l’année suivante sous les ordres du Grand Condé à la victoire de Seneffe contre les Hollando-Impériaux au cours de laquelle il est encore remarqué. En 1675, placé sous les ordres de Turenne, il participe à la victoire de Türckheim contre les Impériaux. En 1678, on le retrouve aux sièges de Gand et d’Ypres.
Fait Capitaine en 1679, il est envoyé dans le Piémont capturer le Comte Mattioli, secrétaire particulier du Duc de Mantoue que Louis XIV accuse de jouer un double-jeu diplomatique entre la France et les Impériaux. La même année, Nicolas de Catinat participe au siège de Cazal.

– Lieutenant-Général en 1688, Catinat donne toute la mesure de son talent lors de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg, même si l’Histoire a davantage retenu le nom du Maréchal de Luxembourg. Le 18 août 1690, il remporte la belle victoire de Staffarde en Italie dans un terrain marécageux défavorable contre le Duc de Savoie Victor-Amédée II et le Prince Eugène de Carignan-Savoie. Cette victoire permet à la France d’occuper Saluces et Suse. Le 4 octobre 1693, après avoir été élevé à la dignité de Maréchal de France par Louis XIV, Nicolas de Catinat remporte la victoire de La Marsaille, toujours contre le Duc de Savoie. Elle se caractérise par un choc brutal de l’Infanterie royale mené à la baïonnette contre les lignes savoyardes qui se sont débandées, ainsi que par une manœuvre de débordement de flanc par la Cavalerie, notamment la Gendarmerie Royale.

– En 1701, Catinat est placé à la tête de l’Armée d’Italie lors de la Guerre de Succession d’Espagne. Mais il commande à des forces mal équipées et mal instruites. Mal préparé pour la guerre, il subit l’unique revers de sa carrière à Carpi le 9 juillet contre le Prince Eugène. Mais ce revers suffit à le faire disgracier par le Roi qui le remplace par l’incompétent Maréchal de Villeroy. Ses soldats qui l’appréciaient pour sa proximité et son souci d’économie du sang viennent vite à le regretter.

– Le Maréchal de Catinat préfère alors se réfugier sur ses terres de Saint-Gratien, loin des intrigues de Versailles, même s’il entretien toujours de très bons rapports avec des personnages tels Fénelon et Bossuet. Il adhère alors au Quiétisme et prend soin de son domaine comme des habitants qui y vivent. Admirateur du Roi Saint Louis, on dit qu’il appréciait recevoir les villageois sous un marronnier afin de régler les litiges et prodiguer des conseils, retrouvant là son ancien métier d’avocat. Pourtant jamais avare de phrases acides, le Duc de Saint-Simon garda un très bon souvenir de Catinat : « Il avait de l’esprit, un grand sens, une réflexion mûre. Ses habits, ses équipages, ses meubles, sa maison, tout était de la dernière simplicité : son air l’était aussi, et tout son maintien. »

– Le Maréchal profite aussi de son exil forcé pour rédiger plusieurs recommandations tactiques pour les combats. Il préconise ainsi les chocs brutaux pour rompre les lignes ennemies et va jusqu’à réhabiliter la pique pour enfoncer les lignes ennemies. Toutefois, il préconise aussi d’économiser le sang de ses soldats lors des combats. Il reçut notamment le surnom  de « Père de la Pensée ».

Ce grand chef de guerre français, malchanceux à la fin de sa carrière, s’éteint le 22 février 1712, loin des fracas de la Guerre de Succession d’Espagne.

Source :
– Nicolas de Catinat in Ville de Saint-Gratien, http://www.ville-saintgratien.fr

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Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

Fils d’un huissier royal, Claude-Victor Perrin voit le jour à Lamarche dans les Vosges le 7 décembre 1764. A dix-sept ans, il s’engage dans l’Armée du Roi et est incorporé comme Tambour au Régiment d’Artillerie de Grenoble. En 1791, il s’engage dans la Garde Nationale et gravit les échelons rapidement.…

1 mars 2016

Dans « Grande Armée »

Maréchal Louis-Nicolas Davout duc d'Auerstaedt et Prince d'Eckmühl

Maréchal Louis-Nicolas Davout duc d’Auerstaedt et Prince d’Eckmühl

Né le 10 mai 1770 à Annoux (actuel département de l’Yonne), fils aîné de Jean-François d’Avout et de Françoise Adélaïde Minard de Velars, Louis Nicolas D’Avout est issu d’une ancienne famille bourguignonne. Destiné à la carrière des armes, en 1785, il part étudier au Collège Militaire d’Auxerre – en tant que Cadet-gentilhomme, avant d’être…

1 juin 2016

Dans « Grande Armée »

Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

– Le Général Jean-Adoche Junot disait de lui : « c’est un brave homme que Ney ; c’est dommage qu’il soit ce que nous appelons un mauvais coucheur. ». Colérique, emporté, orgueilleux mais au courage et à l’intrépidité légendaires, Michel Ney reste sans conteste l’une des personnalités les plus incontournables de la Grande Armée. Même si…

7 décembre 2015

Dans « Grande Armée »

22 novembre 2011
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 18/ La Bataille de Saint-Lô (Seconde partie)

by adminfhesp 22 novembre 2011

5 – CONTRE-ATTAQUE DE LA « PANZER LEHR »

– Le 10 juillet, Paul Hausser vient observer le saillant de Graignes – Saint-André où se concentre la Panzer-Lehr du Generalleutnant Fritz Bayerlein, déploiement facilité grâce au mauvais temps qui empêche les Jabos de l’USAAF de décoller. Hausser prévoit que la Panzer-Lehr rétablisse la situation le long de la Vire en détruisant la tête de pont américaine au sud du Canal Vire-Taute. Selon Martin Blumenson, il semble que Bayerlein n’était pas au courant que la 9th Division était arrivée en renfort et pensait n’avoir à faire qu’à plusieurs Bataillons fatigués de la 30th et aux blindés légers du 113th Cav.Group. Bien que toujours considérée comme l’une des meilleures unités mécanisées allemandes déployées en Normandie, la Panzer-Lehr a subit de lourdes pertes depuis son engagement lors des durs combats de Tilly-sur-Seulles, courant juin. De plus, son transfert vers la région de Saint-Lô a été ponctué de plusieurs attaques aériennes qui ont causés d’autres dégâts.
Lehr-CA-03
– Pour anéantir la tête de pont américaine, Bayerlein déploie les I et II/PzGren-Regt 902 , ainsi qu’un Abteilung de 20 Panzers au nord de Pont-Hébert. Le I/PzGren-Regt 901 (Hauptmann Uthe), appuyé par deux Kompanien de canons antichars (PaK) du Panzerjäger-Lehr-Abteilung 130 (Major Barth) prennent position dans Le Dézert. Enfin, le II/PzGren-Regt 901 et 11 Panzer sont placés en position offensive au Bois du Hommet. Chacune de ces unités est orientée vers le nord-est afin de frapper dans le flanc droit de Corlett.

– Les objectifs initiaux de la Panzer-Lehr sont Cavigny (I et II/902), Saint-Jean-de-Daye (I/901) et Le Mesniel-Veneron (II/901). Bayerlein prévoit que les trois colonnnes fassent leur jonction autour de Saint-Jean-de-Daye après avoir sectionné le dispositif américain. Ensuite, elles repartiront en avant vers la Vire.

– A l’aube du 11 juillet, les Mörsers de 105 et 105 mm du Panzer-Artillerie-Regiment 130 (Oberst Luxemburger) et plusieurs tubes de 88 de FlaK ouvrent le feu sur les positions des 9th Division s’étendant parallèlement à la rive de la Vire. Ensuite, « vorwärts » (« en avant »), chars et Panzergrenadiere démarrent leur assaut, Panzer sur les routes et fantassins avançant sur leurs flancs à travers les haies et les hauts-talus.

USA-A-StLo-7– L’assaut de Bayerlein surprend tout d’abord les « Old Reliables » (9th Division) qui avaient pourtant pu observer des mouvements de véhicules ennemis la veille. Le 39th Infantry, reçoit une grande partie du choc, pendant que d’autres éléments de la Panzer-Lehr s’infiltrent dans l’espace laissé vide entre les 39th et 47th. Le PC du 3/39th est débordé pendant que le 1/39th se fait bousculer sur 500 m vers l’est.  Les communications téléphoniques reliant les PC de Flint et Smythe à celui d’Eddy sont sectionnées, rendant les deux régiments muets. Heureusement, grâce à la présence de la 9th Reconnaissance Troop qui informe la division de l’assaut ennemi, l’aguerri commandant des « Old Reliables » fait donner immédiaement les M10 du 899th Tank Destroyers Battalion qui s’en prennent aux Panzer, permettant ainsi aux 39th et 47th de se réorganiser. Le premier réussit à se positionner dans le secteur de La Schellerie – La Buhoterie, pendant que le second vient s’accrocher à la route du Mesnil-Veneron, tout en recevant l’appui du 60th Infantry, épargné par l’assaut allemand.

– Cependant, les éléments de la Panzer-Lehr (Panzergrenadiere et Panther) réussissent contrôler le carrefour Le Hommet – d’Arthenay menant à la Charlemenerie et atteignent un point situé juste au sud de la Scellerie. Mais là, ils se font bloquer par la A Coy/39th et des TD. Un Panther et un SdKfz sont détruits contre un M10. Un scénario presque identique se répère à la Charlemenerie. Les équipages de Wolverines usent d’une technique aussi audacieuse qu’efficace. Appuyés par des fantassins et manoeuvrant à travers les haies autour des axes de progression de la Panzer-Lehr, les TD trouent les colonnes blindés pendant que les troupes à pied clouent les Panzergrenadiere au sol. La tactique est payante et le résultat plus satisfaisant car au final, 12 Panther et 1 Panzer IV sont détruits.

– La chance est avec les Américains car la pluie s’arrête de tomber. Brereton, commandant de la IXth Air Force envoie d’abord son aviation de reconnaissance. A 09h00, celle-ci repère alors 40 Panzer massés à couvert des haies et des bosquets. Eddy fait donc donner son artillerie qui forme plusieurs couloirs de feu infranchissables sur les axes de progression ennemis. Brereton lâche alors ses meutes de Thunderbolt et de Mustang qui crachent leurs roquettes sur les Panzer. Les pilotes revendiquent 22 chars détruits. Souvent, le « score » est à pondéré car il arrive que des Panzer n’ayant que des dégâts secondaires puissent être ramenés en atelier de réparation. Quoiqu’il en soit, à 16h00, les 39th et 47th Infantry repartent occuper leurs positions perdues, ce qui est accompli pour 21h00.  L’attaque de Bayerlein est donc un échec et ses Panzergrenadiere doivent se replier entre le Hommet et le Dézert.

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6 – ECHEC DEVANT HAUTS-VENTS

– La déconvenue de la Panzer Lehr incite Hobbs à reprendre son avance le 11 juillet, même si le 3/120th Infantry du Lt-Col. Paul W. McCallum, posté au pied de la Cote 91 doit repousser une attaque de char au Bazooka. 5 Panzer IV, 4 SdKfz sont détruits et 60 soldats ennemis sont capturés. Le 3/119th Infantry doit lui aussi neutraliser une infiltration ennemie entre La Coquerie et Bahais.

– A 11h00, le 119th Infantry s’apprête à partir à l’assaut de Hauts-Vents avec la TF Y/CCB et le 823rd Tank Destroyers Battalion. La TF Y s’avance au nord-est de Cavigny en deux colonnes depuis Bahais et la Coquerie au pris de six Sherman détruits par des Sturmgeschützte embusqué à l’est du cours près de Saint-Gilles. Mais la situation sur la Vire est sous contrôle dès le milieu de l’après-midi. C’est à ce moment que la TF Z renforcée par des éléments de la TF X s’apprête à passer à l’assaut de Hauts-Vents avec l’aide des 119th et 120th Infantry.

– A 17h36, malgré la perte de six engins et d’autres pertes causés par un tir ami, la TF Z réussit à établir une position défensive sur la Cote 91. Le KG Heintz et les éléments mécanisés de la « Das Reich » tentent de reprendre l’éminence mais les assauts sont repoussés par l’infanterie portée et les chars du CCB. Il reste juste moins de 500 mètres à couvrir pour s’emparer de Hauts-Vents.

– Les 1 et 2/119th réussissent à avancer d’environ 200 mètres avant de se faire bloquer par une contre-attaque et par des tirs d’artillerie et de fumigènes. Plus à l’ouest, le 120th Infantry de Birks, appuyé par des Sherman du 743rd TB réussit à forcer son passage en partant du Rocher et à établir le contact avec le CCB. Plusieurs équipages du PzRegt 130 tentent de bloquer l’avance américaine mais sans succès car les M10 du 823rd TD appuient efficacement les deux régiments de tête. Pour la seule journée du 11 juillet, la 30th Division perd 694 hommes dont 367 pour le seul 120th Infantry.

– Au vu des pertes, Bradley est forcé d’arrêter là son premier assaut. Hobbs n’a plus les moyens de poursuivre sont assaut, d’autant plus que son artillerie divisionnaire a vidé ses casiers de munitions de plus de 9 000 obus, contre 6 000 pour la 3rd Armored.
Le commandant de la Ist Army (qui compte près de 30 000 tués, blessés et portés disparus) sait qu’il joue contre la montre et redéploie son dispositif pour concentrer son assaut sur le flanc gauche du XIXth Corps, soit en amont de l’autoroute Saint-Lô – Bayeux.

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7 – SECONDE ATTAQUE SUR SAINT-LÔ

– C’est au tour de la 29th Infantry Division du Major-General Charles H. Gerhardt de porter l’effort principal le long de l’autoroute Saint-Lô – Bayeux. Sur le flanc droit, la 35th Infantry Division de Paul W. Baade doit exercer la pression entre la Vire et l’autoroute Isigny – Saint-Lô, sont objectif étant la flanc droit de la Vire. Enfin, à la gauche (flanc sud-est) de Gerhardt, la 2nd Infantry Division « Indianhead » du Major-General Robertson (détachée du Vth Corps de Gerow) doit s’emparer de la Cote 192 dès l’aube du 11 juillet. La capture de Cote 192 est primordiale dans l’attaque de Saint-Lô, ce que savent bien les Allemands.

– C’est le II. Fallschirm-Korps d’Eugen Meindl qui défend le secteur de la Cote 112. Natif de Paderborn, ancien briscard de la Kaisersherr dans les tranchées de 1914-1918, Meindl est un habile « fonceur » adulé par ses Fallschirmjäger. De taille moyenne, râblé avec un physique de guide de montagne, Meindl affiche d’impressionnants états de services ; campagne de France, saut sur la Crète en 1941 (où il a été blessé) et campagne de Russie. Si nécessaire, il n’hésite pas à saisir un Pistolet-Mitrailleur et à faire le coup de feu aux côtés de ses soldats. Meindl a sous ses ordres un faible Kampfgruppe issu des restes de la 352. Infanterie-Division de Dietrich Kraiss mais il peut surtout compter sur la redoutable 3. Fallschirm-Division de Richard Schimpf. Bien qu’accusant un manque d’armement lourd (canons antichars), elle est dotée, rappelons-le de 900 mitrailleuses MG et compte encore plus de 15 700 hommes environ. Schimpf a organisé sa division en plusieurs petits Kampfgruppen de 400 hommes environ, bien appuyés par des mortiers, des canons PaK et FlaK et répartis dans des abris fortifiés et des points de résistance articulés entre Saint-Lô, l’autoroute Saint-Lô – Bayeux et la Cote 192. Enfin, la 12. Fallschirm-Artillerie-Brigade assure l’appui feu pour la 3. FJD.

– Le terrain où doit se produire le second assaut du Corps de Corlett est caractéristique du bocage normand. Ces pourquoi les Américains se sont minutieusement préparés à cette partie de l’assaut en misant tout sur l’interraction du trinôme Infanterie-Blindés-Génie. Au sein de la 29th Division, Gerhardt et surtout son commandant en second, le Brigadier.General Norman D. Cota, le héros d’Omaha Beach, ont imposé un entraînement intensif à  la « Blue and Gray » pour le combat dans le bocage. Ils ont notamment insisté sur la coopération du binôme fantassins-chars avec des équipes de mortiers chargées du tir d’appui et de tirer des fumigènes pour aveugler les défenseurs ennemis. Cota insite aussi sur la progression dans des champs cloisonnés avec l’appui de Sherman, plutôt que de conserver la progression le long de haies et de clôtures qui étaient aisément bloquée par des tirs en enfilade des mitrailleuses ennemies. Enfin, plusieurs Sherman d’accompagnement du 747th TB doivent être reconvertis en Tank Dozers afin d’enfoncer les haies quand ce n’est pas à des Engineers de les trouer à coup de charges explosives (du TNT contenu dans des douilles d’obus de 105 et enterrés à la base des haies avant leur mise-à-feu).

Generalleutnant Eugen Meindl, commandant du II. Fallschirm-Korps

Generalleutnant Eugen Meindl, commandant du II. Fallschirm-Korps

Generalmajor Richard Schimpf (debout armé du FG 42à, commandant de la 3e Division Parachutiste allemande

Generalmajor Richard Schimpf (debout armé du FG 42à, commandant de la 3e Division Parachutiste allemande

Insigne de la 3. Fallschirm-Division

Insigne de la 3. Fallschirm-Division

– Seulement, ce sont les Fallschirmjäger qui ouvrent les hostilités. Le I/Fallschimr-Regiment 9 attaque les positions du 1/115th Infantry du Lt-Col. Glover S. Johns (29th Division) dans une manœuvre « aussi bien planifiée qu’exécutée », aux dires du chef du 1st Battalion. Des petits groupes de parachutistes allemands coupent les fils de communication des américains avant de faire donner les mortiers et les Mörser de 105 mm. Puis l’assaut allemand surprend complètement le 1/115th Infantry, dont le dispositif est troué de plus de 500 mètres entre les 1st et 3rd Battalions. Le Colonel Goodwin Ordway Jr. doit replier son régiment avec l’appui de l’artillerie divisionnaire. Mais le I/9. FJR ne vas pas plus loin.


8 – L’ASSAUT DE LA 29th DIVISION

– Le plan de Gerhardt est le suivant : à gauche, le 116th Infantry du Col. Charles Canham (celui d’Omaha Beach) doit attaquer de front vers le suf avec ses trois bataillons en colonnes avant de bifurquer vers l’ouest (Saint-Lô) depuis la Cote 192 ; à droite le 115th Infantry d’Ordway doit s’emparer de La Luzerne afin de protéger le flanc du 116th Infantry d’actions ennemies. Enfin, le régiment de réserve, le 175th Infantry doit exploiter le succès en venant en envoyant des renforts aux deux autres régiments dans leurs secteurs d’attaque.

– Le 11 juillet à 06h00, dirigée par le Brigadier.General William H. Sands, l’artillerie de la « Blue and Gray » ouvre un impressionnant tir de barrage cause de lourdes pertes à la 3. FjD. Ensuite,  les GI’s du 116th bondissent de leurs positions de départ avec des Sherman et des Engineers du 121st CEB, selon les procédés imaginés par Cota et progressent le long de la route Couvains – Le Calvaire. Mais le 2/116th du Major Syndey W. Bingham, fer de lance du 116th Infantry, se heurte à une violente résistance de la part des Fallschirmjäger du FjR.9 (Major Kurt Stephani) dissimulés dans les haies entre Saint-Martin-de-l’Epine et Martinville. Les attaques du 2nd Battalion sont particulièrement gênées par les mines antipersonnel qui infestent les champs. L’artillerie de la 29th Division se déchaîne une fois de plus et le 2/116th réussit à reprendre sa progression aidé en cela par des équipes de déminage du 121st CEB. Les GI’s découvrent des Fallschirmjäger tués dans leurs trous. Enfin, l’intervention des mortiers de 4,2 pouces du 92nd Chemical Mortar Battalion qui tirent sur la Crête de Martinville (Cote 147) empêche les armes lourdes allemandes de riposter et permettent au 116th de poursuivre son avance.  Le mortier de 4,2 pouces étaitune  arme redoutée des Allemands car plusieurs de leurs vétérans raconteront qu’ils n’entendaient pas le sifflement de leurs obus.

mp20– Après avoir neutralisé la résistance ennemie autour de Saint-André-de-l’Epine, le 116th Infantry pivote de 90° vers l’ouest et fait même de très bon progrès, profitant d’une brèche entre les II et III/FJ-Regt. 9. A 13h00, Gerhardt décide d’introduire le 3/116th afin d’exploiter le succès du 2nd Battalion, tout en plaçant le 175th Infantry en alerte. Celui-ci s’élance alors depuis Saint-André-de-l’Epine vers l’autoroute Bayeux – Saint-Lô. Sauf que la résistance des Fallschirmjäger se durcit, rendant l’avance plus pénible. A 19h20, Gerhardt ordonne néanmoins au 116th Infantry de « pousser plus loin, si possible vers Saint-Lô ». Tout le 116th avance alors dans l’obscurité et le 2/116th abat près d’un kilomètre pour s’accrocher au pied de la Crête de Martinville. Parallèlement, le 3/116th accroche les abords de l’autoroute Saint-Lô – Bayeux mais y subit un violent tir de barrage d’armes légères.

2nd Infantry Division fighting in France– Le 115th Infantry d’Ordway a moins de chance que le régiment de Canham. En effet, devant s’emparer de Belle-Fontaine avant La Luzerne. Le pan d’Ordway est de faire manœuvrer ses 1st et 3rd Battalion contre Belle-Fontaine pendant que le 2nd couvre le flanc droit du régiment le long de l’autoroute Saint-Lô – Isigny.  L’avance est lente mais constante durant la journée (environ 700 m) mais une action de la 29th Reconnaissance Troop permet de découvrir un trou « géant » entre les 115th et 116th Infantry. Mais Gerhardt décide de poursuivre son avantage sans tarder car le 116th Infantry de Canham a téussi à opérer une importante pénétration dans le dispositif ennemi, le long de l’autoroute Saint-Lô – Bayeux. Succès qui ne va pas tardé à être complété par l’action de la 2nd Infantry Division contre la Cote 192.

9 – LA COTE 192 TOMBE

– La 2nd Infantry Division de Walter M. Robertson a elle aussi profité d’un temps de repos depuis ses combats de la mi-juin pour mettre au point ses proptes techniques de combat dans le bocage. S’appuyant sur le trinôme Chars-Infanterie-Génie, la 2nd Division incite les chars d’accompagnement du 741st TB (équipé de M4A3 Sherman Jumbo armés d’un canon de 105 mm) à tirer « préventivement » sur les haies et les taluts qui semblent suspect, avant de laisser les Engineers poser les charges TNT à la base des haies. D’autre part, pendant la progression, les fantassins peuvent utiliser des téléphones installés à l’arrière des Sherman pour demander des tirs direct de soutien. Enfin, une équipe de reconnaissance soutenue par des FM mitrailleur BAR doit longer les haies pour débusquer les positions ennemies.

– Concernant l’appui d’artillerie, en plus des Howitzer de la 2nd Infantry Division et du Vth Corps, la 2nd Armored Division de Brooks fournit son 62nd Armored Artillery Battalion, pendant que 48 P-47 THunderbolt sont chargés de l’appui aérien rapproché, les artilleurs devant marquer les cibles avec des fumigènes rouges.

– L’assaut contre la Cote 192 revient au 38th Infantry Regiment du Colonel Ralph F. Zwicker. Si la pente est plutôt douce avec une dénivellation de (150 pieds) sur moins d’un kilomètre, la Cote 192 est garnie de trous individuels et d’abris fortifiés en bois et en sac de sables tenus Fallschirmjäger du III/FJ-Regt 9 et du I/FJ-Regt 5 qui n’ont donc rien négligé. Le renseignement américain pense aussi que les quatre petits villages formant une ligne à la base de la Cote 192 (Cloville, Le Soulaire, Saint-Georges-d’Elle et La Croix-Rouge).  De son côté, le 23th Infantry du Col. Jay B. Lovless doit s’emparer de Saint-Georges-d’Elle et de la Croix-Rouge. Engin, le 9th Infantry du Col. Hirschfelder doit tenir le flanc est (gauche) de la division pour prévenir de toute action lattérale de la part des Allemands.

* Le 11 juillet à 06h30, le 38th Infantry déclenche son assaut vers la Cote 192 avec l’appui de 2 Compagnies du 741st TB, d’éléments du 2nd Engineer Combat Battalion et du 81st Chemical Mortar Battation, en suivant l’imposant barrage roulant déclenché par l’artillerie divisionnaire. Bientôt, la E Coy (2nd Battalion) rencontre une forte résistance au hameau de Cloville (complètement détruit), l’un des points forts de la résistance allemande bientôt baptisé « Kraut Corner » par les Américains. « Kraut Corner » est donc défendu fanatiquement par une-demi Kompanie de Fallschirmjäger rescapé du bombardement d’artillerie. Les Werfer (mortiers), 1 Panzer IV et 1 Mark III FlaK 88 mm (canon autopropulsé), arrosent les chemins sans discontinuer. Mais un Sherman intervient et détruit les deux engins ennemis, permettant à la E Coy d’atteindre les champs au sud de Cloville et à 12h45, elle fait sa jonction avec le 2/116th.

– La chute de Cloville permet au 2/38th de progresser vers la pente sud de la Cote 192, dépasant Le Soulaire. Vers 17h00, les unités d’assaut américaines atteignent l’autoroute Saint-Lô – Bayeux et les fantassins traversent la chaussée à temps. En une journée, la 2nd Division vient de parcourir 800-900 mètres et atteint ses principaux objectifs.

– Le 1/38th du Lt-Col. Frank T. Mildren est moins chanceux. Démarrant son assaut à 06h20, il se retrouve très vite bloqué par un mur de feu créé par les mortiers et les MG du FJ-Regt 9 et ne peut quitter sa ligne de départ, d’autant plus que ses Sherman d’accompagnement s’égarent dans le bocage. Le commandant de la Compagnie du 741st TB informe Mildren que ses chars ne peuvent grimer la cote 192 sous peine d’être attaqués au lance-roquette ou à la mine magnétique sans pouvoir réagir. Mildren approuve et autorise les Sherman à trouver des routes alternatives pendant que son 1/38th repartira à l’assaut.

– Appuyés par les fusils-mitrailleurs BAR et des mitrailleuses M01 Cal. 30, les fantassins du 1st Battalion progressent méthodiquement à travers les haies et arrivent au contact rapproché avec les Fallschirmjäger. Sauf qu’une section d’Allemands défend efficacement la zone au Panzerschreck et aux fusils automatiques et bloque l’A Coy. Cependant la B Coy force le passage et atteint le pied du sommet de la Cote 192 à 13h30, après avoir traversé le bosquet déchiqueté par le barrage d’artillerie de la 2nd Division. Robertson s’attendait telllement à ce que les bosquets face l’objet de combats acharnés qu’il ordonna à son artillerie et au 81st CMB d’arroser le secteur avec des obus explosifs et au phosphore. Mais lorsque les hommes du 1/38th, les Fallschirmjäger se sont déjà repliés en emportant leurs blessés.

– Satisfait de la tournure des évènements, Robertson ordonne à ce que le 38th Infantry contrôle définitivement la route Saint-Lô – Bayeux pour 19h00. Mais le 1/38th ne peut avancer que d’environ 200 mètres et doit s’enterrer au-dessus de l’autoroute.

Normandie, Fallschirmjäger mit MG 42– Sur le flanc gauche de la « Indianhead », le 23rd Infantry du Colonel Lovless attaque Saint-Georges-d’Elle. Son 1st Battalion (Lt-Col. John M. Hightower) qui doit avancer dans un terrain très difficile et labourré par l’artillerie divisionnaire, se heurte à une (redoute) que ses hommes vont bientôt baptiser « Purple Heart Draw ». Avançant d’abord d’environ 200-400 mètres, le 1/23rd se heurte à un mur de feu dévastateur qui troue littéralement ses rangs. Se repliant une première fois, il relance son assaut avec l’appui des Sherman du 741st TB qui explosent les murs des habitations dans lesquelles se sont retranchées les Fallschirmjäger. Finalement, la seconde charge américaine vient à bout de la féroce résistance allemande. Soulignons que l’une des sections de l’A Coy se retrouve commandée par un Sergent.

Sur la droite du 1/38th, les GI’s doivent nettoyer plusieurs positions ennemies à la grenade et réuissent à dépasser « Purple Heart Draw » et avancent sur plusieurs centaines de mètres malgré le manque de coordination. A la fin de la journée, le 1/23rd a réussi à progresser de 1,4 km et à s’enterrer à 400 mètres au sud de l’autoroute Saint-Lô – Bayeux. Seuls quelques parachutistes tiennent encore férocement sur « Purple Heart Draw ».

– Côté Allemand, en dépit de la belle résistance de leurs Fallschirmjäger, Meindl et Schimpf ne peuvent faire que constater l’ampleur des pertes dues à l’artillerie américaine dans les rangs des FJ-Regt 5 et 9. Meindl décide alors de rapprocher directement la 12. Fallschirm-Artillerie-Brigade en couverture rapprochée de la division de Schimpf. Celui-ci n’ayant d’autre choix que de remplacer le III/9 FJ-Regt par le III/FJ-Regt 8 et de jeter son Fallschirm-Pionier-Bataillon 3 (Hauptmann Beth) et sa Fallschirm-Aufklärung-Kompanie 3 (3e Compagnie de Reconnaissance)  dans la fournaise sans aucune forme de procès.

– Le 12 juillet à 11h00, le 1/38th relance son attaque contre la Cote 192 sans préparation d’artillerie. Mais la 12. Fallschirm-Artillerie-Brigade ouvre le feu et quelques mitrailleuses doivent être neutralisées le long de la route menant à la Cote. Mais la progression reprend sans aune autre difficulté notable car les restes du FJ-Regt 9 et le III/FJ-Regt 8 se sont établis sur des lignes défensives en aval de la Cote 112. La 2nd Division de Robertson se rend maître de son objectif durant le début de l’après-midi. 69 ont été tués et 328 blessés mais les Américains disposent du meilleur observatoire sur Saint-Lô.

Source iconographique :
– http://www.ibiblio.org

[Suite]

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22 novembre 2011
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Histoire & Culture

19 septembre : Fête de Sainte Émilie de Rodat

by adminfhesp 21 novembre 2011

Sainte du Rouergue rappelée à Dieu en 1854, qui après trois échecs de vie religieuse fonda la Congrégation des Religieuses de la Sainte Famille. Les unes se vouaient à l’instruction des filles pauvres, les autres allaient soigner les malades à domicile. A sa mort quarante maisons avaient été fondées dans divers pays.

Canonisée en 1950.

21 novembre 2011
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Histoire & Culture

12 février 1979 : Disparition de Jean Renoir

by adminfhesp 21 novembre 2011

– Né à Paris en 1894, fils du peintre Auguste Renoir et d’Aline Charigot, Jean Renoir grandit dans la capitale. Sensibilité très tôt à l’art, il ne brille pas particulièrement dans les études.

– Engagé dans les Dragons en 1914, il est ensuite versé dans un Bataillon de Chasseurs Alpins sur le front des Vosges. Gravement blessé dans le secteur d’Orbey, il passe une partie de sa convalescence à Paris et découvre le cinéma de Charlie Chaplin. Incorporé dans l’aviation en 1916, Renoir sert dans une escadrille de reconnaissance. C’est là qu’il apprend la photographie. Son expérience de la Guerre donnera sera l’inspiration dans l’un de ses plus grands chefs d’œuvres : « La Grande illusion ».

– Après la guerre, il s’installe à Cagnes (Alpes-Maritimes) comme céramiste. Mais la passion du cinéma le rattrape et il réalise son premier métrage, « Catherine », en 1922 avec ses propres finances. Découvrant le cinéma allemand d’Erich von Stroheim, Jean Renoir décide de persévérer dans la réalisation, puisant son inspiration dans le réalisme et l’expressionnisme. Il tourne donc « La petite marchande d’allumettes », « Tire-au-flanc », « On purge bébé » et « La p’tite Lili ».

– Avec l’arrivée du cinéma parlant, Jean Renoir s’oriente vers le cinéma plus naturaliste, avec une tonalité bien souvent de gauche. Il adapte nombre d’œuvre littéraire, telles « La Chienne » d’après Georges de La Fouchardière, « Boudu sauvé des eaux » (avec Michel Simon, d’après René Fauchois), « Le crime de Monsieur Lange », « Une partie de campagne », « Les bas-fonds » (avec Jean Gabin et Louis Jouvet, d’après Maxime Gorki) et « La vie est à nous ». En 1937, il tente d’adresser un message de paix avec « La Grande illusion » en réunissant acteurs français (Pierre Fresnay, Jean Gabin et Marcel Dalio) et allemands (Erich von Stroheim). Renoir veut y montrer que la guerre n’efface pas la différence entre les classes sociales (le Capitaine de Boëldieu et von Rauffenstein se comprennent, car sont de la même culture aristocratique).
A la fin des années 1930, Jean Renoir signe « La Bête humaine » (avec Jean Gabin), puis « La règle du jeu » – considéré comme l’un de ses plus grands films – dans lequel il dépeint les mœurs de la bourgeoisie française. Au début de l’année 1940, il part pour l’Italie afin de réaliser « Tosca » avec Victorien Sardou.

– Après la défaite de 1940, Renoir quitte la France pour les États-Unis. Très inspiré par le cinéma et les thèmes de John Ford, il tente de percer dans le système hollywoodien. Mais il perd très vite ses illusions. Après l’échec de « L’étant tragique », Renoir réalise tout de même « Vivre libre », « Salut à la France », « L’homme du Sud » (salué par la critique américaine, ce qui vaut au film d’être nominé aux Oscars) et « Le Fleuve ».
De retour en France après 1947, il renoue avec le cinéma français mais éprouve certaines difficultés à tourner. On lui doit néanmoins : « La carrosse d’or », « French Cancan », « Elena et les hommes », « Le testament du docteur Cordelier », « Le déjeuner sur l’herbe » et « Le Caporal épinglé ». A partir de la fin des années 1950, Jean Renoir tourne davantage pour la télévision.

– Ce très grand réalisateur français (tant du point de vue artistique que technique) s’éteint le 12 février 1979 à Beverly Hills.

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31 octobre 1996 : Disparition de Marcel Carné

31 octobre 1996 : Disparition de Marcel Carné

Né en 1906 à Paris dans le quartier des Batignolles, fils d’un ébéniste, Marcel Carné perd sa mère très jeune et est éduqué par sa grand-mère qui lui fait découvrir le cinéma. Le jeune garçon tombe très vite épris du Septième Art. D’abord ébéniste, puis employé de banque et de…

31 octobre 2016

Dans « Arts et lettres »

16 août 1951 : Disparition de Louis Jouvet

16 août 1951 : Disparition de Louis Jouvet

– Incontournable du cinéma français des années 1930 et 1940, avec son regard magnétique et sa figure émaciée, Louis Jouvet voit le jour en 1887 à Crozon. Il perd son père adolescent et vit chez son oncle apothicaire à Rethel. Se destinant à la pharmacie, il étudie à Paris et…

17 août 2015

Dans « Non classé »

15 novembre 1976 : Disparition de Jean Gabin

15 novembre 1976 : Disparition de Jean Gabin

« Attention aux roches, et surtout, attention aux mirages ! Le Yang-tsé-Kiang n’est pas un fleuve, c’est une avenue. Une avenue de 5 000 km qui dégringole du Tibet pour finir dans la mer Jaune, avec des jonques et puis des sampans de chaque côté. Puis au milieu, il y…

15 novembre 2016

Dans « Arts et lettres »

21 novembre 2011
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Histoire & Culture

Etienne Champion de Nansouty

by adminfhesp 20 novembre 2011

Grand manœuvrier de la cavalerie napoléonienne, Etienne Champion Comte de Nansouty voit le jour le 30 mai 1768 à Bordeaux.
D’abord élève au Collège Militaire de Brienne, il est ensuite admis à la l’Ecole Militaire de Paris en octobre 1782. L’année suivante, il est Cadet-gentilhomme et Sous-lieutenant au Régiment de Bourgogne, Capitaine au Régiment de Franche-Comté-Cavalerie en 1788 puis Capitaine aux Hussards de Lauzun.
Etienne-Marie-Champion_de_Nansouty
En 1792, il est Lieutenant-Colonel au 9e Régiment de Cavalerie et lorsque le Gouvernement de la Constituante déclare la guerre à l’Europe, Nansouty reste loyal et participe aux campagnes sur le Rhin. Il se fait alors remarquer pour son courage, sa modestie, sa prudence et le talent qu’il montre à maintenir la cohésion et la Discipline de ses troupes. Le Général Jean Victor Moreau l’appréciait tout particulièrement. Chef de Brigade en 1794, il sert ensuite à l’Armée de Réserve jusqu’en 1800. De retour à l’Armée du Rhin, il sert sous les ordres du Général Michel Ney et se distingue particulièrement à Stockack et Mösskirch. Placé ensuite sous les ordres du Général Claude-Jacques Lecourbe, il participe à la campagne du Danube contre les Autrichiens et bat plusieurs fois le Prince von Reuss dans le Tyrol à Donauworth et Füssen.

En 1801, il commande successivement le Corps d’Observation de la Gironde, le Département de Seine-et-Oise puis rejoint le camp de Nimègue. Récipiendaire de la Légion d’Honneur en 1804, il prend ensuite la tête de l’Armée de l’Océan avant la 1re Division de Cavalerie Lourde (Cuirassiers) de la Grande Armée qui fait partie de la Réserve Générale de Cavalerie commandée par Murat. Dès lors, Etienne Champion de Nansouty sera de toutes les grandes batailles d’Empire ; Wertingen, Ulm, Austerlitz, Eylau et Friedland. A cette dernière, placé sous le commandement du Maréchal Lannes, il fait des exploits de manœuvre avec Grouchy pour retenir les Russes de Benningsen, le temps de laisser à l’Empereur d’arriver dans le flanc gauche ennemi.
Promu Grand Officier de Légion d’Honneur en 1807, il accompagne ensuite l’Empereur en Espagne avant de participer à la campagne du Portugal. Comte d’Empire en 1808, il commande ensuite la Réserve de Cavalerie d’Allemagne. En 1809, il est à Eckmühl, Essling et Wagram où ses belles charges de cavalerie font merveille. Premier Ecuyer de l’Empire en 1811, il est nommé Inspecteur Général de la Cavalerie impériale avant de commander le Corps d’Observation de l’Elbe.
En 1812, il prend part à la Campagne de Russie en tant que chef de la 1re Réserve Générale de Cavalerie qui compte 1 Division de Cavalerie Légère (Hussards, Chasseurs-à-Cheval, Chevau-Légers, et Uhlans polonais), ainsi que 2 Divisions de Cavalerie Lourde (Cuirassiers et Chevau-Légers). Nansouty se distingue une fois de plus à La Moskowa, bataille durant laquelle il est blessé d’une balle dans le genou.

En 1813, Nansouty commande la Cavalerie de la Garde Impériale lors de la campagne de Saxe (Dresde, Wachau, Leipzig et Hanau) où il reçoit encore une blessure. Malgré sa bravoure, ses forces de cavalerie n’ont plus la même efficacité contre les Austro-Prusso-Russes en raison de l’hécatombe subie par le parc équestre en Russie.
Lors de la Campagne de France de 1814, Nansouty charge encore en tête de ses Cuirassiers et contribue aux succès de Champaubert, Montmirail, Château-Thierry et Craone où il est blessé une fois de plus et en ressort affaibli.

Rallié à Louis XVIII sous la Restauration, il prend le commandement de la 18e Division Militaire en tant que Commissaire Extraordinaire du Roi.

Ce grand Cavalier d’Empire s’éteint épuisé de ses blessures le 12 février 1815, peu avant les Cent Jours.

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François-Etienne Kellermann

François-Etienne Kellermann

Fils aîné de François Etienne Christophe Kellermann, Maréchal et Duc de Valmy et d’Anne Barbe, François-Etienne Kellermann reste considéré comme l’un des meilleurs généraux de cavalerie de la Grande Armée. Il voit le jour à Metz le 14 août 1770. – Suivant l’exemple de son père et bien éduqué, il…

2 juin 2016

Dans « Grande Armée »

Maréchal Emmanuel de Grouchy

Maréchal Emmanuel de Grouchy

Le nom de Grouchy est longtemps resté – et reste encore – associé à la défaite de Waterloo. Presque comme si ce Maréchal d’Empire n’avait laissé que cette empreinte dans l’Histoire de la Grande Armée. Or, c’est faire injustice à ce soldat que de réduire sa carrière au 18 juin…

29 mai 2016

Dans « Grande Armée »

Maréchal Honoré Charles Reille

Maréchal Honoré Charles Reille

Honoré Charles Michel Joseph Reille voit le jour le 1er septembre 1775 à Antibes au sein d’une famille bourgeoise. Se sentant une vocation pour la carrière des armes, le jeune Reille entre à quatorze ans seulement comme volontaire au sein de la Garde Nationale d’Antibes. – En 1791, il intègre…

4 mars 2016

Dans « Grande Armée »

20 novembre 2011
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Histoire & Culture

Vins d’été : le Muscat de Rivesaltes

by adminfhesp 13 novembre 2011

Beaucoup de monde connaît ce vin blanc à la robe or agréable à boire l’été à l’apéritif. Toutefois, le Muscat de Rivesaltes a d’autres belles qualités. Voici donc quelques détails.
muscat
Les vignes de Rivesaltes poussent au soleil au sud du massif des Corbières au nord et au pied du Mont Canigou. La vigne de Rivesaltes peut se targuer d’un âge fort avancé puisqu’elle est citée dans les écrits de Pline l’Ancien.

Avec 2 600 heures d’ensoleillement par an, seulement 600 mm de pluie par an, une sécheresse estivale et puis la tramontane, il n’est guère étonnant que le cépage Muscat d’Alexandrie (formé de petits grains) donne un vin si sucré (252 grammes par litre). La vigne pousse sur des sols mêlant calcaire, sable, gneiss, schistes et cailloux.

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Sensible à la lumière et à l’oxydation, le Muscat de Rivesaltes offre une belle robe jaune élégant à reflets dorés voire ambrés. Avec le vieillissement, sa robe devient plus orangée.

Le nez offre une plaisante palette d’arômes de fruits (abricot et pêche blanche), d’agrumes et de fleurs (fleur d’oranger, églantine, citronnelle et parfois de la menthe).

En bouche, le Muscat de Rivesaltes offre un condensé de fruits jaunes et blancs, d’agrumes et de fruits confits. Mais l’on peut aussi ressentir du tilleul et de la menthe. Le tout en fait un vin onctueux et agréable à servir frais. Enfin, il est préférable de le boire jeune.

On peut le servir à l’apéritif et en dessert sur des tartes (citron, orange et pêche).

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Vins d'été : Muscat de Beaumes de Venise

Vins d’été : Muscat de Beaumes de Venise

Il est vrai que les vins du Rhône sont en grande partie connus pour leurs grands rouges mais il y en a tout de même un qui s’en détache. Bénéficiant d’une température idéalel’été comme du vent chaud débouchant dans la vallée du Rhône depuis la Méditerranée, les vignes du Muscat…

3 septembre 2013

Dans « Non classé »

Vins pour Noël : les Banyuls

Vins pour Noël : les Banyuls

Issu d’une terroir prestigieux, l’AOC Banyuls – et Banyuls Grand Cru – reconnue en 1936, s’étend sur 1 150-1 560 hectares ce qui limite la production à environ 25 000 – 28 000 hectolitres par an. Le vignoble de Banyuls existe depuis 1285 lorsque des chevaliers Templiers décident de planter des vignes dans…

8 décembre 2015

Dans « Cuisine et vins »

Vins de Bourgogne - Les Ducs rouges de la Côte de Beaune - 1/2

Vins de Bourgogne – Les Ducs rouges de la Côte de Beaune – 1/2

Chers lecteurs, chères lectrices, je vous avais dressé une liste des grands vins blancs de la Côte de Beaune et de leurs prestigieux « cousins » rouges de la Côte de Nuits. Je poursuite donc le cycle consacré à la Bourgogne en vous livrant une description des grands vins rouges de la Côte…

7 octobre 2013

Dans « Non classé »

13 novembre 2011
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Histoire & Culture

Chroniques de la bataille de Normandie – 4/ Les ports Mulberry

by adminfhesp 5 novembre 2011

La construction des « Mulberry » (« Mûre ») date de l’année 1942 et cela, avant même le raid sanglant sur Dieppe qui venait confirmer qu’un assaut sur un port bien défendu mènera à l’échec. Churchill s’y intéressa, de même que Lord Louis Mountbatten, chef du Commandement des Opérations Combinées. déclare « puisque l’on ne pourra pas s’emparer d’un port, on va l’acheminer et le construire sur place ».

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1 – NAISSANCE DU PROJET ET CONCEPTION

Une équipe de 1 000 ingénieurs et de techniciens britanniques dirigée par le Gallois Hugh Iorys Hughes conçoit et fait tester dans le plus grand secret, des nouveaux types de jetées en béton « Hippo » et des ponts flottants « Crocodiles ». L’Ingénieur Hamilton fait aussi tester son « Swiss Roll » (Balancier Suisse), une sorte de « piston » montant et descendant selon la marée, ainsi que les voies flottantes « Whales » (« Baleines ») composées de ponts flexibles mis au point par Alan H. Becket. Seulement, les « Balanciers Suisses » ne pouvaient supporter que des camions de 7 tonnes. Et durant une tempête, les « Hippos » furent sérieusement endommagés par une tempête, pendant que les « Swiss Rolls » furent aussi emportés par le vent. Du coup, la War Office sélectionne les « Whales » de Beckett qui avaient tenu le coup dans la tempête.

Toujours en 1942, le Vice-Amiral John Hughes-Hallet est nommé Chef d’état-major naval pour l’Opération « Overlord ». Lors de la Conférence « Quadrant » à Québec en août 1943, le projet est présenté par le War Office aux commandants alliés.

2 – CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Hughes et ses ingénieurs prévoient ainsi de constituer 6 kilomètres de digues et de jetées répartis en deux ports, le tout devant former 500 hectares, soit la capacité du port de Douvres et nécessitant 600 000 tonnes de béton.

Les ports proposés se composent alors en trois parties :

1 – Jetées et digues artificielles pour créer un bassin abrité de la houle ; avec les caissons « Phoenix » et des Bombardons (caissons métalliques en forme de croix) coulés dans les eaux les plus profondes, 212 au total. Il faut y ajouter 56 vieux navires Blockships (dont plusieurs vaisseaux français de la Grande Guerre) qui serviront de brise-lames. Les « Phoenix » sont fabriqués à Portland dans le plus grand secret par trois entreprises privées : Robert McAlpine, Peter Lind & Co et Balfour & Beatty, toujours existantes. Ils mesurent 70 mètres de longueur, 20 de hauteur et 15 de large et sont formés de cloisons intérieures qui permettent d’assurer leur stabilité lors du lestage en eau.

LD124-p118-PhoenixRemorqueur2 – Quais de déchargement où accostent les navires. Ils peuvent être équipés de grues    déchargeant du ravitaillement.

3 – Voies flottantes, composées de 33 plateformes coulissantes Lobnitz (mises au point par Pearson Lobnitz) reliant les quais à la côte. Chaque plateforme mesure 70 m de long pour 20 de large et pèsent 1 100 tonnes. Les plateformes suivent le cycle des marées grâce à un système de coulisse formé de quatre chandelles en acier qui reposent sur le fond marin. A Arromanches, 7 plateformes Lobnitz sont installées pour accueillir les quais flottants qui sont remorqués depuis l’Angleterre. Les différents quais assemblés les uns aux autres forment alors un quai géant de 750 m de long.

Schéma coupé d'une plateforme Lobnitz

Schéma coupé d’une plateforme Lobnitz

Plateforme Lobnitz vue de surface

Plateforme Lobnitz vue de surface

4 – Les passerelles métalliques « Whales » sont ensuite fixées aux quais – sous la conduite d’Alan Beckett – avant d’être assemblées entre elles jusqu’à la plage. Chaque passerelle mesure 24 m de long pour un poids de 28 tonnes. Et pour suivre un mouvement parallèle aux quais pendant les marées, elles reposent sur des flotteurs en béton, « vidées ». Les passerelles forment des tronçons de 150 de long et en tout, ce sont 15 km qui vont être installés.

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3 – VIE DU PORT 

Le 7 juin, les 56 Blocships quittent Poole par remorquage et sont positionnés devant Saint-Laurent-sur-Mer (Mulberry A) et devant Arromanches (Mulberry B) pour être ensuite coulés. L’ensemble du port est ensuite assemblé sous la conduite des ingénieurs dont Beckett et Hamilton. L’installation rapide des infrastructures permet d’y faire débarquer un flux important de renforts, de matériels et de véhicules. Par exemple, en deux jours, toute la 2nd Armored Division américaine (12 000 hommes, 120 chars) est à terre et se déploie à partir d’Omaha Beach.

Le 19 juin, une grosse tempête se lève en Manche, pendant trois jours avec des vents de force 6 à 7 soit des rafales de 45 à 60 km/heure, avec des creux de deux à trois mètres. Le port américain de Saint Laurent sur Mer subit les plus gros dégâts. Les caissons brises-lames coulés en eau trop profonde et les blockships ont été trop espacés et n’ont pas à retenu la houle. D’autre part, plusieurs plateformes coulissantes Lobnitz perdent leurs montants. Les Alliés décident de ne pas le reconstruire faute de moyens et récupèrent les éléments encore utilisable pour renforcer le port britannique.
La destruction de Mulberry A a provoqué un déficit de 20 000 véhicules et de 140 000 tonnes de ravitaillement.

Mulberry B continuera de fonctionner jusqu’à la prise du port d’Anvers par les Britanniques en octobre 1944. Mais de leur côté, début juillet, les Américains auront remis en état le port de Cherbourg qui dispose d’eaux profondes. La réutilisation de Cherbourg permettra aussi d’acheminer le PLUTO (Pipe Line Under The Ocean), assurant un flux continu de ravitaillement en carburant pour les véhicules alliés, capacité qui manquait aux Mulberry.

Suite…

 

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Chronique du Jour-J : Décision et planification

Chronique du Jour-J : Décision et planification

Chers lecteurs, chères lectrices, cela ne vous aura pas échappé, le soixante-dixième anniversaire du Débarquement de Normandie obligeant, je vous propose une chronique sur l’évènement, entre préparation, forces, chefs et déroulement de l’Opération « Overlord ». 1 – LA GESTATION La gestation du plan « Overlord » a pris environ une année.…

21 mai 2014

Dans « Non classé »

Chroniques de la Bataille de Normandie - 17/ La Bataille de Saint-Lô (Première partie)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 17/ La Bataille de Saint-Lô (Première partie)

Après la très dure Bataille des Haies, Omar N. Bradley doit se consacrer à l’assaut sur Saint-Lô. Celui-ci doit se développer sur deux axes de part et d’autre de la vire. 6 divisions (2nd – détachée du Vth Corps, 9tth, 29th, 30th, 35th Infantry-Divisions et 3rd Armored Divisions), 5 Bataillons…

10 juillet 2014

Dans « Non classé »

15 août 1944 : Débarquement de Provence - Seconde partie

15 août 1944 : Débarquement de Provence – Seconde partie

– Le 14 août à 20h00, les forces spéciales françaises et la 1st Special Service Force de Walker  appareillent depuis la Corse, direction les plages du Var. Le reste de la flotte quitte les ports italiens – Naples pour la 1re DFL et la Corse durant la nuit. Et ans la nuit,…

15 août 2016

Dans « Seconde Guerre mondiale »

5 novembre 2011
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Histoire & Culture

13 mars 1854 : Disparition du Comte Joseph de Villèle

by adminfhesp 4 novembre 2011

S’il fut l’une des têtes pensantes du Parti Ultra sous la Restauration, ce qui lui valut une forme d’ostracisme historique et mémoriel, Joseph de Villèle, Ministre de Louis XVIII et de Charles X fut une personnalité sans doute plus modérée qu’on ne le pense, partisan d’une politique internationale prudente et l’artisan principal d’un des plus notables redressements économique et financier qu’ait connu la France.
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Aîné d’une famille du Lauraguais anoblie durant le règne de Louis XIV, Jean-Baptiste Guillaume Marie Anne Séraphin Joseph Comte de Villèle voit le jour à Toulouse le 14 avril 1773. Poussé par son père de servir dans la Marine Royale, il entre à l’Ecole de Marine d’Alès à quinze ans. Sorti l’année suivante, il participe comme jeune officier à la de Saint-Domingue.

En 1790, il est envoyé à l’Île de France (Île Maurice) sous le commandement du Vice-Amiral Armand Philippe de Saint-Félix qui le prend sous sa protection. Il ne connaît donc pas les premiers instants de la Révolution et continue de servir contre les Anglais. Ainsi, il participe à la défense des Mascareignes (Îles Bourbon, Maurice et Rodrigues) et s’empare de plusieurs navires ennemis. Il est promu Aide-Major de Division navale en 1793 mais les nouvelles de la proclamation de la Convention Nationale et de l’exécution de Louis XVI arrivent dans les Mascareignes avec des Représentants en mission chargés d’y chasser les aristocrates. Le Vice-Amiral de Saint-Félix et son jeune lieutenant sont alors suspectés et se réfugient à Saint-Denis, chef-lieu de l’Île Bourbon.

Arrêté à Saint-Benoît conformément à la loi des suspects de 1794, il est libéré à la fin du mois de juillet. Profitant de l’éloignement du Directoire, Joseph de Villèle quitte la carrière des armes, devient planteur et participe aux réunions de l’Assemblée coloniale. Il en profite pour épouser la fille d’un riche planteur Barbe Mélanie Ombeline Panon Desbassyns le 13 avril 1799. De cette union naîtront cinq enfants.

Président de l’Assemblée coloniale en 1800. Face aux volontés indépendantistes de certains planteurs qui ne souhaitent absolument pas remettre en cause l’esclavage pour des raisons économiques, Villèle défend l’attachement à Paris mais refuse l’application du décret du 16 Pluviôse An II (décret de la convention qui abolit l’esclavage dans les Colonies). Villèle entend en fait préserver l’Île Bourbon – devenue La Réunion – d’une possible insurrection des esclaves qui nuirait à sa stabilité et son économie.

En 1807, Joseph de Villèle rentre en France avec sa famille et découvre la France du Premier Empire. Autorisé à rentrer dans son domaine familial du Lauragais, il est élu maire du village de Mourvilles. S’il est hostile à Napoléon, cela ne l’empêche guère de prêter serment à l’Empire. Il sera nommé Conseiller Général de Haute-Garonne en 1811.
Tout en administrant l’ancien fief familial, Joseph de Villèle entre dans la Congrégation des Chevaliers de la Foi, véritable « contre-franc-maçonnerie », fondée par des personnalités comme Ferdinand Berthier de Sauvigny, son frère Anne-Pierre, Louis-Joseph de Noailles, Hippolyte de Solages, Jules de Polignac et son frère Armand, Mathieu de Montmorency-Laval, Eugène-Alexandre de Montmorency-Laval cousin du précédent, Andrien de Rougé, Hippolyte de Barrau et Gaspard de Clermont-Tonnerre. Reprenant les différents degrés de l’ancienne Chevalerie française et hiérarchisés sur une forme pyramidale, les Chevaliers de la Foi s’engagent à lutter contre l’Empire, rétablir l’Ancien Régime et rechristianiser la France. Dès le règne de Napoléon, ils œuvrent clandestinement à Paris, Bordeaux, Toulouse, dans le Sud de l’Auvergne, en Franche-Comté, en Aquitaine et en Vendée. Joseph de Villèle est naturellement très proche des Chevaliers de la Foi et des milieux royalistes de Toulouse et en devient l’un des principaux meneurs.

En 1814, après avoir participé à l’insurrection royaliste de Toulouse, il entre ouvertement en politique et critique la Charte Constitutionnelle de Louis XVIII qu’il juge trop libérale. Après les Cent-Jours, il est nommé Maire de Toulouse par Louis XVIII mais se retrouve débordé par les excès des partisans du Comte d’Artois (frère de Louis XVIII et futur Charles X) surnommés les « Verdets », qui s’en prennent physiquement aux Jacobins.

Au cours de l’année 1815 toujours, Joseph de Villèle est élu de justesse Député de Haute-Garonne mais il en sera constamment réélu jusqu’à la Monarchie de Juillet. Siégeant à la « Chambre Introuvable » sur les bancs du Parti Ultra-Royaliste avec notamment le Comte d’Artois et François-René de Chateaubriand, il mène une dure bataille contre les politiques modérées du Duc de Richelieu et d’Elie Decazes qui a la faveur de Louis XVIII. Président de la Chambre des Députés en 1820, Joseph de Villèle entre dans le Ministère du Duc de Richelieu mais avec un poste sans portefeuille mais très vite en désaccord avec le Premier ministre, il démissionne.

En 1821, les Ultras font chuter le Ministère Richelieu et Louis XVIII doit appeler Villèle comme Premier Ministre. Les Chevaliers de la Foi font alors immédiatement pression sur lui pour qu’il choisisse plusieurs d’entre eux. Mais finement, Villèle choisit l’un des cofondateurs de la Congrégation, Mathieu de Montmorency-Laval au poste de Ministre des Affaires étrangères. En fait, Montmorency-Laval tient fermement les Chevaliers, ce qui laisse à Villèle les mains libres au niveau politique.

En 1824, Louis XVIII succombe à la maladie et Charles Comte d’Artois luis succède sous le nom de Charles X. Bien que fidèle à la Charte de 1814, Charles X est très méfiant vis-à-vis des Libéraux et préfère s’appuyer sur les Ultras à la Chambre et confirme Joseph de Villèle à son poste de Premier Ministre. Point tout à fait intéressant, comme l’explique Benoît Yvert, Villèle vient à expliquer à Charles X que la Bourgeoisie est gagnée aux idées des Libéraux et ne sera plus un vivier pour le Camp Ultra et la Couronne. La solution pour renforcer l’assise  politique de la Monarchie réside alors dans l’idée de s’appuyer sur la Paysannerie et d’abord la Paysannerie aisée, elle aussi soucieuse de tranquillité et de propriété. Villèle et Charles X envisagent donc d’étendre le droit de vote à cette catégorie sociale mais le projet ne verra pas le jour en raison des Trois Glorieuses.

La politique de Villèle se résume entre l’assainissement des finances, la prudence à l’étranger et le maintien de l’Autorité royale sur les Chambres.
Les premières mesures de son Ministère sont de promulguer des lois qui punissent le blasphème et de placer l’Enseignement Primaire et Secondaire et les écoles sous le contrôle du Clergé. Les cours de Philosophie dans les Collèges et Lycées sont d’ailleurs confiés à des Abbés. En outre, l’Ecole Normale Supérieure est supprimée et on refonde des Petits Séminaires afin de susciter des vocations religieuses. Malheureusement, la qualité de formation du clergé de la Restauration sera bien moindre que celle des prêtres d’avant 1789. Enfin, par une loi de 1825, le sacrilège de lieux de culte est puni de mort.

En matière de liberté d’expression, Villèle est opposé à la censure mais il ne peut empêcher les Ultras – inspirés là encore par les Chevaliers de la Foi – de faire voter une loi tendant à restreindre les « abus de la presse libérale » par 233 voix contre 134.
L’autre grande légende véhiculée par les anti-Villèle est lié à la Loi de 1825 indemnisant les anciens émigrés qui avaient été spoliés à la Révolution. Les Libéraux crient au scandale devant le « milliard des émigrés »… alors que la somme était de 650 millions de francs.

Ces deux orientations législatives conduisent des Libéraux à former une nouvelle société secrète, la Charbonnerie (inspirée des Carbonari italiens) pour renverser les Gouvernement des Ultras et instaurer un Régime Libéral en France. Ce mouvement est conduit par le Marquis de La Fayette, Jacques-Antoine Manuel et Barthe. Les Charbonniers déclenchent alors plusieurs complots en province mais tous sont réprimés, conduisant la Charbonnerie à disparaître. On a beaucoup retenu l’exécution des quatre sergents de la Rochelle en 1822. Cela vaut à Villèle un sentiment particulièrement hostile dans l’Armée, encore très imprégnée par la figure de Napoléon Ier.

Mais c’est dans le domaine de l’Economie que le Ministère Villèle remporte ses meilleurs résultats. En effet, grâce à une gestion rigoureuse, les finances du Royaume sont assainies et se retrouvent même en excédent. Villèle profite alors des fonds de la Caisse des Dépôts et Consignation, créée en 1818 par Louis-Emmanuel Corvetto, pour financer des projets industriels et notamment la rénovation du port de Dunkerque. Durant ses huit années de mandat, le budget de la France s’est retrouvé en équilibre.

En matière de politique étrangère, Villèle se montre particulièrement prudent et ne veut rien tenter qui pourrait mettre en péril l’équilibre né de la Sainte-Alliance et surtout, de mettre la France à dos avec l’Angleterre. Il soutient l’intervention en Espagne pour soutenir Ferdinand VII contre les Carlistes, avec l’aval des puissances d’Europe. Intervention de laquelle la France sort gagnante. Avec l’accord de l’Angleterre et de la Russie, la France vient en aide aux insurgés grecs contre l’Empire Ottoman en 1827.

Malheureusement, Villèle subit de plus en plus les pressions venues de sa droite comme l’opposition de plus en plus ferme des Libéraux ; notamment en raison d’un projet de loi voulant favoriser le Droit d’Aînesse et la volonté de vouloir mieux contrôler la Presse (loi amandée de 1827). Ajoutons que sa politique, plus modérée que celle que souhaitent les durs du Parti Ultra, lui attire l’hostilité de cette partie de la Chambre. Villèle aurait voulu démissionner à plusieurs reprises mais Charles X a toujours refusé.

En 1828, Villèle tente de reprendre la main sur la Chambre. Il demande à Charles X de faire entrer une nouvelle « fournée » de soixante-treize pairs à la Chambre. Cela conduit donc le Roi à dissoudre la Chambre mais les élections sont nettement défavorables au Premier Ministre qui ne peut compter que sur 180 Députés fidèles sur un peu plus de 430. Les autres se répartissent entre 180 Libéraux et 70 Ultras hostiles à Villèle. Le Libéral Royer-Collard prend alors la tête de la Chambre et Charles X doit appeler le Libéral modéré Jean-Baptiste Comte de Martignac comme Premier ministre.

Villèle se retire donc dans le Lauragais à Mourvilles et se consacre à l’écriture de ses Mémoires. Charles X le consulte encore deux ans avant d’être renversé.
Joseph de Villèle s’éteint à Toulouse le 13 mars 1854.

Lire :
– YVERT Benoît : La Restauration, les idées et les hommes, CNRS, 2013

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4 juillet 1848 : Mort de François René de Chateaubriand

4 juillet 1848 : Mort de François René de Chateaubriand

Né en 1768 à Saint-Malo, François-René de Chateaubriand, fut l’un des inspirateurs du courant romantique, auteur des Mémoires d’Outre-Tombe, d’ Atala et du Génie du Christianisme. A côté de sa carrière d’écrivain il mena une carrière politique qui le conduisit à servir Napoléon comme ambassadeur à Rome et directeur du…

4 juillet 2013

Dans « Non classé »

Nicolas Jean-de-Dieu Soult, Maréchal et Pair de France, Duc de Dalmatie et « Premier manœuvrier d’Europe »

Nicolas Jean-de-Dieu Soult, Maréchal et Pair de France, Duc de Dalmatie et « Premier manœuvrier d’Europe »

Il reste sans doute l’un des plus grands maréchaux de Napoléon. Malgré plusieurs insuccès en Espagne, il contribua aux plus grandes victoires de l’Empereur. Toutefois, ses inimitiés avec plusieurs autres Maréchaux tels Suchet et Ney, ainsi que ses revirements successifs lors de la Restauration sont aussi restés célèbres. Auguste-Frédéric Marmont disait de Soult…

26 novembre 2013

Dans « Non classé »

6 octobre 1914 : Mort du Comte Albert de Mun, combattant du Catholicisme Social

6 octobre 1914 : Mort du Comte Albert de Mun, combattant du Catholicisme Social

« Mais quelle voix ! », disait de lui Maurice Barrès pour souligner ses remarquables qualités d’orateur. Même le Socialiste anticlérical René Viviani (Président du Conseil en 1914) le qualifiait de « plus grand orateur du Parlement, égal dans la préparation et dans l’improvisation ». D’abord Légimiste, un temps boulangiste, finalement rallié à…

6 octobre 2016

Dans « 1848-1914 »

4 novembre 2011
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Histoire & Culture

Gustave Thibon : un penseur de l’espérance

by adminfhesp 4 novembre 2011

Lu dans Le Spéctacle du monde :

 » Gustave Thibon demeure certainement le penseur français d’après la Seconde Guerre mondiale le plus clair, le plus profond et le plus édifiant. Il incarne l’homme religieux de l’ancienne France qui combat les affres du monde moderne tout en conservant un scepticisme de bon aloi. Mystique chrétien pouvant douter en Dieu, il a connu la traversée de « la nuit obscure » vécue par saint Jean de la Croix. C’est pourquoi elle qui lui a permis de renouer avec la foi. La voie spirituelle de Thibon est celle de la théologie négative dans le christianisme. En effet, une partie de sa vie a été guidée par l’appel du Christ souffrant, disant sur la Croix : » Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». C’est quand il n’y a plus aucune raison de croire que le mystère de la foi peut s’accomplir chez  l’homme en quête de vérité.

« Catholique traditionnel, Thibon reconnaissait être « païen » en tant que paysan enraciné dans sa terre ardéchoise. Attaché aux forces cosmiques, il aimait la nature et honorait la surnature créatrice. […]

« S’il n’est pas un « maître à penser »-il ne s’est jamais voulu ainsi- il est certainement un maître à « faire penser ». Son ouverture d’esprit, indissociable de son amour de la vie, se combine à un ardent désir  de connaissance d’une vérité pourtant mystérieuse. […]

« Méditer avec Gustave Thibon participe à la joie du sens et des sens, tant l’esprit de son oeuvre se trouve irrigué par la vie. C’est l’accompagner dans l’expérience intime de sa pensée, qui, en questionnant le monde, trouve les souveraines réponses pour chacun d’entre nous »

Gustave Thibon, mystique réaliste, Arnaud Guyot-Jeannin, Le spectacle du monde, juillet-aout 2012.

-Autre article du même auteur : Gustave Thibon, le pèlerin de l’unité perdue http://www.valeursactuelles.com/culture/actualit%C3%A9s/p%C3%A8lerin-de-l%E2%80%99unit%C3%A9-perdue20120417.html

-Voir aussi : https://www.france-histoire-esperance.com/2012/06/gustave-thibon-lhistoire-na-de-sens-que-celui-que-nous-lui-donnons/

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Thibon sur l'espérance :

Thibon sur l’espérance : « Dieu aura le dernier mot, mais ce n’est pas une raison pour laisser la parole au diable. »

Gustave Thibon insiste dans ce passage sur la responsabilité et la vigilance nécessaires au chrétien dans le monde d’aujourd’hui. Il nous rappelle que, loin de l’angélisme ou du quiétisme, l’espérance chrétienne nous incite à agir concrètement au sein de la cité, conscients qu’un « terrible combat » se joue, dès ici bas, pour faire reculer le…

20 septembre 2014

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Lecture : Gustave Thibon,

Lecture : Gustave Thibon, « La leçon du silence »

Voici une « perle »,comme on dit, qui vient de paraître aux éditions Desclee de Brouwer (DDB), signée Raphael Debaillac, et qui constitue une véritable porte d’entrée dans l’oeuvre du philosophe et mystique. Ecrit dans un style remarquable cet ouvrage a le mérite d’établir des liens plus que pertinents  avec l’actualité. A lire !…

20 juin 2014

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Face à l'optimisme béat, le réalisme et l'espérance chrétienne !

Face à l’optimisme béat, le réalisme et l’espérance chrétienne !

« Les optimistes sont des imbéciles heureux, quant aux pessimistes, ce sont des imbéciles malheureux ». Bernanos se riait déjà, en 1945, tant des espoirs vains des adorateurs du Progrès que de la vision désespérante des prophètes de malheur…  Le réalisme du chrétien Face à ces deux écueils, une voie s’impose : celle du réalisme. Et…

4 janvier 2015

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4 novembre 2011
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Histoire & Culture

21 juillet 1242 : Victoire de Saint Louis à Taillebourg

by adminfhesp 3 novembre 2011

Saint Louis déclare la guerre à Hugues X de Lusignan, afin de venir en aide à son jeune frère Alphonse de Poitiers, qui détient le comté en fief depuis 1240. Cette région est alors âprement disputée par les Rois de France, depuis Philippe Auguste d’un côté, et les Seigneurs d’Aquitaine très liés à la dynastie aquitano-angevino-anglaise des Plantagenêt, de l’autre.

Tableau d’Eugène Delacroix (1837) exposé dans la Galerie des Batailles du Château de Versailles

Henri III Plantagenêt décide alors de venir en aide à son allié Hugues de Lusignan pendant que Saint Louis convoque son ban. Une grande partie de ses vassaux y répond et mobilise près de 30 000 piétons, archers et cavaliers.

Le Roi de France mène alors une campagne – ou plutôt une chevauchée – qui lui permet de contrôler plusieurs places et forteresses du Bas Poitou (Vendée) et Saintes.

Le 19 juillet 1242, l’Ost de Saint Louis vient à la rencontre des Anglo-Poitevins en un lieu dit appelé Taillebourg, qui dispose d’un pont sur la Charente. Pour l’époque l’endroit est stratégique, ce qui explique la présence d’une forteresse. Pendant deux jours, les deux Ost s’observent sans s’affronter.

Le 21 juillet, le Saint Roi chevauchant à sa tête, targe (bouclier) et masse d’arme au poing, la cavalerie française vainc les Anglo-Poitevins sur le pont de Taillebourg et au-delà les forçant ainsi à se replier en toute hâte.

Toutefois, avec la Trêve de Pons du 1er août 1242 puis par la Paix de Paris de 1259, Saint Louis accorde son pardon à Hugues de Lusignan tout en lui restituant la Saintonge, l’Aunis, le Limousin et le Quercy – qui restent par là même sous le contrôle du Roi d’Angleterre. Toutefois, le Roy de France consolide son assise sur le Maine, l’Anjou et le Poitou.

Voivi quelques lignes du récit de Jehan de Joinville :

« La vint li roys d’Angleterre et li cuens de la Marche, pour combatre devant un chastel que on appelle Taillebourc, qui siet sus une male riviere que l’on appelle Carente, là où on ne puet passer que à un pont de pierre mout estroit. Si tost comme li roys vint à Taillebourc, et li host virent li uns l’autre, nostre gent qui avoient le chastel devers aus, se esforcièrent a grant meschief, et passèrent perillousement par neis et par pons, et coururent sur les Anglois, et conmenca li poingnayz forz et grans. Quand li roys vit ce, il se mist ou peril avec les autres ; car pour un home que li roys avoit quant il fu passez devers les Anglois, li Anglois en avoient bien vingt. Toutevoiz avint-il, si comme Diex vout, que quant li Anglois virent le roy passer, il se desconfirent et mistrent dedens la citei de Saintes, et plusour de nos gens entrèrent en la citei mellei avec auss et furent pris.»

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23 juillet 1242 : Victoire de Saint Louis sur Henri III à Saintes

23 juillet 1242 : Victoire de Saint Louis sur Henri III à Saintes

Le 20 juillet, Saint-Louis repoussait les anglo-poitevins sur le Pont de Taillebourg mais sa victoire n’était pas complète, car Henri III Plantagenêt s’enferme dans Saintes avec son armée. Les chroniques nous disent que l’Ost (Armée) duRoi de France est « plus grande » que celle du Roi d’Angleterre. On devait alors compter…

23 juillet 2015

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Blanche de Castille, Reine, Epouse et Mère

Blanche de Castille, Reine, Epouse et Mère

Née en 1188 à Palencia, fille du Roi Alphonse VIII de Castille et d’Éléonore d’Angleterre, épouse pieuse et bien aimée du Roi Louis VIII le Lion à qui elle donna onze enfants, elle assura avec dévouement et fermeté la Régence de son fils Saint Louis. Après la mort de Louis…

27 novembre 2013

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14 juillet 1223 : Mort du Roi Philippe Auguste 1/2

14 juillet 1223 : Mort du Roi Philippe Auguste 1/2

Incontestablement, Philippe II Auguste (ou le Magnanime selon Guillaume le Breton) reste l’un des plus grands Rois de France de l’époque médiévale. Souverain brave autant que rusé, conscient du prestige sacré de sa couronne comme aimé de ses Sujets, combattant au devant de sa Chevalerie à Bouvines tout en usant…

14 juillet 2015

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3 novembre 2011
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Histoire & Culture

25 octobre 1811 : Victoire du Maréchal Suchet à Sagonte

by adminfhesp 25 octobre 2011

Après avoir fait tomber Tarragone en mai 1811, remporté une bataille à Puebla de Benaguasil et forcé Oropesa à la fin du mois de septembre, l’Armée d’Aragon (formée à partir des 3e et 7e Corps) du Maréchal Louis Gabriel Suchet vient assiéger Sagonte, dans la Province de Valence.

image004– Le 16 octobre, Suchet achève de disposer ses batteries d’artillerie autour du rocher de Sagonte, dans la Plaine de Murviedro. Cette position est défendue par une garnison commandée par le Général Andriani. Les bouches à feu françaises pilonnent les positions espagnoles durant près de trois jours, pendant que les hommes du Chef de Bataillon Michaud s’emploient à creuser une brèche pour approcher les linges espagnols. Suchet ordonne alors au Colonel Matis (chef de Corps du 117e Régiment d’Infanterie de Ligne) de monter à l’assaut de Sagonte par la brèche avec 400 hommes ponctionnés sur le 5e Régiment d’Infanterie Légère, les 114e et 117e de Ligne, ainsi que quelques soldats de la Division Italienne.

– Aux dires du Maréchal lui-même, les Français chargent impétueusement mais se font repousser par une impressionnante mousqueterie espagnole. Plusieurs officiers dont le Chef de Bataillon Laplane du 114e de Ligne.
Plus à l’est à Valence, les Espagnols se rassemblement sous le Commandement du Général Joaquin Blake Y Joyes (2nde et 3e Armées) pour attaquer les positions de Suchet. Le chef français n’hésite pas. Laissant une grande partie de son artillerie autour du Rocher avec le 117e et quatre Bataillons italiens commandés par Bronikowski, il accepte le combat et les deux armées se font face le 24 octobre dans la plaine située entre Murviedro et Valence, au pied des collines de Sancti Espiritus.

image006– La droite espagnole (gauche française) est formée par la Division de Zayas, le centre par les forces de Lardizabal avec les Divisions Miranda,  San-Juan et Villacampa avec la Cavalerie du Général Caro et la gauche par la Division d’O‘Connell.
De son côté, Suchet déploie ses forces comme suit : à droite, accrochés aux monts de Sancti Espiritus les régiments de Robert, Schiazzetti et Chlopinski font face aux unités d’O’Connell. Au centre et jusuq’à la côté, la Division Harispe appuyée sur sa gauche les Cuirassiers et Hussards, ainsi que la Division Habert font face à Larizabal et Zayas. Les Divisions Saint-Paul et Palombini, tout comme le 24e Régiment de Dragons (Colonel Dubessy) assurent la réserve du centre français.

– Lorsque les troupes de Lardizabal arrivent à hauteur de Pouzol, Suchet envoie la Division Harispe frapper les pointes espagnoles avec le 7e de Ligne disposé en trois colonnes, le 116e de Ligne et les Polonais du 3e Régiment de Ligne de la Vistule. Le combat est féroce. Harispe manque d’être tué (son cheval étant frappé à sa place) et le Général Paris est blessé. Toutefois, mené par le Major Durand, le 7e de Ligne bouscule les Espagnols jusqu’au ravin du Picador.

– Blake décide alors de faire manœuvrer ses deux ailes. Débouchant de Pouzol, Zayas s’en prend à la Division Habert. Mais Suchet décide de profiter de l’avantage qu’il possède au centre. Ordonnant à Habert de retenir Zayas, il envoie les régiments de Robert, Schiazzetti et Chlopinksi contre la gauche du centre de Blake. Robert repousse une attaque de la Division d’Obispo, pendant que Chlopinski frappe durement la Division de Villacampa qui achève son déploiement par une charge des Dragons italiens de Schiazzetti. Les Espagnols ne peuvent coordonner leur riposte efficacement et Chlopinski envoie ses fantassins les repousser définitivement.

– Palombini reçoit l’ordre de se porter en soutien direct de Harispe. Celui-ci a justement voulu trop profiter de son élan a se retrouve aux prises avec la Cavalerie espagnole. Une contre-attaque menée par les Hussards échoue.  Suchet encourage ses hommes et est atteint d’une balle dans l’épaule. Toutefois, le 16e Régiment de Ligne lance une attaque qui fait pencher la balance en faveur de Suchet. L’entrée en scène de la Division Palombini comme celle des cavaliers de Boussard permettent de repousser définitivement le centre espagnol qui s’écroule.

-Enfin, sur la gauche, après un dur combat, le Général Pierre Joseph Habert enlève Pouzol aux forces du Général Zayas qui se retrouve bousculé vers Valence, derrière le ravin du Picador. Joaquin Blake n’a plus comme seule solution de se retirer vers Valence. Le 26 octobre, Suchet offre au Général Andriani une capitulation honorable.

Source :
– SUCHET Maréchal Louis Gabriel : Mémoires, http://www.histoire-empire.org

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La Bataille des Vosges (1944) – Seconde partie

La Bataille des Vosges (1944) – Seconde partie

2 – OPÉRATION « DOGFACE » : L’ASSAUT DU VIth US CORPS  1 – Le nettoyage de la partie nord de la Forêt de Champ – Devers, Patch et Brooks sont tous trois d’accord pour atteindre la Meurthe et Saint-Dié le plus vite possible. L’assaut du VIth US Corps (nom de code « Dogface ») démarre…

4 novembre 2014

Dans « Non classé »

14 octobre 1806 : Victoires d'Iéna et d'Auerstädt

14 octobre 1806 : Victoires d’Iéna et d’Auerstädt

Le 7 octobre 1806, la Prusse du Roi Frédéric-Guillaume III déclare la guerre à l’Empire Français. Si son armée est bien mieux encadrée et armée que celle de l’Autriche, les soldats récemment engagés n’ont pas été entraînés. Qu’à cela ne tienne, l’opinion prussienne galvanisée par la Reine Louise de Mecklembourg-Stretlitz,…

14 octobre 2016

Dans « Grande Armée »

2 décembre 1805 : Bataille « des Trois Empereurs » ; Victoire de Napoléon à Austerlitz

2 décembre 1805 : Bataille « des Trois Empereurs » ; Victoire de Napoléon à Austerlitz

Après les victoires d’Elchingen et d’Ulm en octobre 1805 et l’entrée du Murat dans Vienne, Napoléon a néanmoins besoin d’une victoire importante car la Grande Armée se trouve loin de ses bases, d’autant plus que l’alliance formée par l’Armée Autrichienne de l’Empereur François Ier et l’Armée Russe du Tsar Alexandre…

2 décembre 2016

Dans « Grande Armée »

25 octobre 2011
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Histoire & Culture

10 septembre 1419 : Assassinat de Jehan Sans Peur au Pont de Montereau

by adminfhesp 24 octobre 2011

Cet évènement marquant de la guerre entre Armagnacs et Bourguignons a eu de graves répercussions pour le Royaume de France, car il priva le Dauphin Charles d’une potentielle réconciliation avec le Duché de Bourgogne qui se jeta dans les bras des Lancastre.
Assassinat_de_Jean_sans_Peur
Suite à la catastrophe d’Azincourt, Jehan Sans Peur est l’homme fort du Royaume de France puisqu’il domine le conseil royal de l’infortuné Charles VI. Sauf que le Duc de Bourgogne se méfie de la puissance des Anglais et souhaite se rapprocher du Dauphin Charles de Berry.

Une première entrevue a lieu à Pouilly-le-Fort où l’on convient de se réconcilier solennellement à Montereau (aujourd’hui Montereau-Fault-l’Yonne).

Sauf que dans l’entourage du Dauphin, on voit cette réconciliation d’un bien mauvais œil. Tanneguy III du Chastel notamment, qui fit échapper le Dauphin de Paris lors de l’assaut des troupes bourguignonnes l’année précédente, voue une haine féroce à Jehan Sans Peur. La raison ? Tanneguy du Chastel, ancien Prévôt de Paris, était un fidèle de Louis duc d’Orléans (frère de Charles VI, oncle du Dauphin et cousin direct de Jehan Sans Peur), assassiné en 1407. On a donc soupçonné du Chastel d’avoir commandité l’assassinat.

La rencontre entre le Duc et le Dauphin a donc lieu sur le pont de Montereau le 10 septembre 1419. L’atmosphère est lourde, Jehan Sans Peur a été prévenu qu’on veut attenter à sa vie et Charles est accompagné d’une forte escorte. Le Duc de Bourgogne décide toutefois de rencontrer son neveu et s’avance seul sur le pont après 17h00.

La suite de l’évènement est sujet à confusions. Jean Sans Peur se serait agenouillé devant Charles mais pour se relever, il se serait appuyé sur le pommeau de son épée. Juste à ce moment, Robert de Loire compagnon de Tanneguy du Chastel, lui aurait crié :
– « Mettez-vous la main à votre épée en présence de Monseigneur le Dauphin ? »
Et juste à ce moment, aux dires de Jehan Séguinat (source bourguignonne) prétextant que le Duc voulait attenter à la vie de Charles, du Chastel et quelques hommes à lui se seraient rué sur Jehan Sans Peur qu’ils auraient lardé de coups d’épées. Selon d’autres témoignages, Jehan Sans Peur aurait aussi eu la main tranchée.

Il est certain que le Dauphin Charles n’a pas souhaité voir une telle tournure de la rencontre avec son oncle. Quoiqu’il en soit, les conséquences sont catastrophiques pour le Royaume de France car non seulement, Philippe le Bon, fils de Jehan Sans Peur, scelle une alliance avec Henri V de Lancastre Roi d’Angleterre mais de plus, Isabeau de Bavière conduit son époux Charles VI à signer le Honteux de Traité de Troyes de 1420 qui déshérité Charles de la couronne de France. Cette dernière revenant donc au souverain Lancastre.
Jehan Sans Peur sera inhumé quelques jours plus tard dans la Chartreuse de Champmol édifiée près de Dijon par son père Philippe III le Hardi.

Lire :
– SCHNERB Bertrand : Jean Sans Peur, Payot, Paris
– FAVIER Jean : La Guerre de Cent Ans, Fayard, Paris
– MINOIS Georges : Charles VII, Perrin, Paris

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22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

Souverain passé à la postérité comme étant le « Petit Roi de Bourges qui a trahi Jehanne d’Arc » , dénigré par les historiens de la IIIe République, il apparaît très souvent comme un monarque effacé sinon insignifiant, coincé avec son père Charles VI le Fou entre les grands règnes…

22 juillet 2016

Dans « Bas Moyen-Âge et Guerre de Cent Ans »

Arthur de Richemont, Connétable de France et Duc de Bretagne

Arthur de Richemont, Connétable de France et Duc de Bretagne

Dans l’Histoire de la Guerre de Cent Ans, Arthur de Richemont reste curieusement – tout comme Olivier V de Clisson – dissimulé par l’ombre de Bertrand du Guesclin. Pourtant, il fut le troisième représentant de la noblesse bretonne à s’être vu octroyé la dignité de Connétable de France. Richemont ne…

26 décembre 2016

Dans « Epoque médiévale »

21 octobre 1422 : Mort de Charles VI le Bien Aimé ou le Fol

21 octobre 1422 : Mort de Charles VI le Bien Aimé ou le Fol

Paradoxalement, le long règne (quarante-trois ans) du Roi fou Charles VI est peut-être bien mieux connu que celui de son père, court et brillant. Sans doute en raison du désastre d’Azincourt et de la guerre Armagnacs-Bourguignons. Pour autant, le « Pauvre Roi » Charles VI, prisonnier impuissant de l’Hôtel Saint-Pol a suscité…

21 octobre 2016

Dans « Non classé »

24 octobre 2011
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Histoire & Culture

16 août 1972 : disparition de Pierre Brasseur

by adminfhesp 23 octobre 2011

– Né en 1905, de son vrai nom Pierre-Albert Espinasse, père de Claude Brasseur et grand-père d’Alexandre, Pierre Brasseur était célèbre autant devant la caméra que sur les planches.
Touché par le monde du spectacle par sa mère, Germaine Brasseur, il étudie au Conservatoire de Paris, puis au Conservatoire Maudel. Il eut Fernand Ledoux et Harry Baur comme professeurs.


– Au théâtre, il a joué George-Bernard Shaw, Paul Claudel, Marcel Achard et Jean-Paul Sartre, tout en s’adonnant parfois à la mise en scène. Il débute sa carrière au cinéma dans les années 1920-1930, sous la direction de réalisateurs comme Anatole Litvak, Robert Siodmak, Jacques Darmont, Serge de Poligny, Maurice de Canonge, Marcel Carné, Jean Grémillon ou encore Marcel Pagnol et Henri Decoin. On le retrouve donc à l’affiche de films comme « Le sexe faible », « L’oncle de Pékin », « La Garnison amoureuse », « Le mirtoir aux alouettes », « Les pattes de mouche », « Mademoiselle ma mère », « Le Schpountz », « Gosse de riche » et « Quai des Brumes ».

– Durant l’Occupation, Pierre Brasseur continue de jouer au théâtre et au cinéma. Il figure à l’affiche de films comme « Les deux timides » (Y. Allégret), « La croisée des chemins » et « Promesses à l’inconnue » (A. Berthomieu), « Adieu Léonard » (J. Prévert) et « Le Soleil a toujours raison » (R. Billon). En 1945, il contribue au succès du chef-d’œuvre de Marcel Carné « Les enfants du Paradis », film dans lequel il campe Frédérick Lemaître, l’un des plus célèbres acteurs de théâtre du XIXe siècle.

– On retrouve ensuite Pierre Brasseur dans « La femme fatale » (J. Boyer), « Les portes de la nuit » (Carné), « Les amants de Vérone » (A. Cayatte), « Millionnaires d’un jour » (A. Hunebelle), « Napoléon » (S. Guitry), « La Loi » (J. Dassin), « Le bateau d’Emile » (D. de La Patellière), « Le crime ne paie pas » (G. Oury), « La métamorphose des cloportes » (P. Granier-Deferre), « La vie de château » (J-P. Rappeneau) ou encore, « Les mariés de l’An II ».

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8 novembre 1998 : Disparition de Jean Marais

8 novembre 1998 : Disparition de Jean Marais

– Né Jean Alfred Villain-Marais en 1913 à Cherbourg, d’ascendance alsacienne par sa mère, il ne connaît que très peu son père et est en fait élevé plus par sa tante. Bien qu’ayant échoué au Conservatoire, il commence sur les planches sous la direction de Charls Dullin (grand ami de…

8 novembre 2016

Dans « Arts et lettres »

31 octobre 1996 : Disparition de Marcel Carné

31 octobre 1996 : Disparition de Marcel Carné

Né en 1906 à Paris dans le quartier des Batignolles, fils d’un ébéniste, Marcel Carné perd sa mère très jeune et est éduqué par sa grand-mère qui lui fait découvrir le cinéma. Le jeune garçon tombe très vite épris du Septième Art. D’abord ébéniste, puis employé de banque et de…

31 octobre 2016

Dans « Arts et lettres »

3 décembre 2004 : Disparition de Robert Dhéry

3 décembre 2004 : Disparition de Robert Dhéry

De son vrai nom Robert Fourrey, son nom de scène faisait référence au village natal de son père, Héry dans l’Yonne. – Sorti du Conservatoire d’Art dramatique et du Cours Simon (où il joua « Britannicus » de Racine d’une façon qui provoqua l’hilarité de la classe), Robert Dhéry triomphe sur les…

3 décembre 2015

Dans « Accueil »

23 octobre 2011
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Histoire & Culture

Abraham Duquesne Baron d’Indret

by adminfhesp 19 octobre 2011

Gentilhomme calviniste engagé jeune dans la Marine Royale, Abraham Duquesne Marquis d’Indret, puis Marquis du Quesne, était l’un des plus grands capitaines navals du Grand Siècle.
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Né entre 1604 et 1610 à Dieppe au sein d’un famille d’armateurs huguenots d’Abraham Duquesne Père et de Marthe de Caux, le jeune Abraham s’engage dans la Marine de Louis XIII. Soulignons qu’à cette époque, Dieppe est un important port de la Manche qui voit sa fortune assurée par différentes familles qui commercent ou organisent des arraisonnement de navires espagnols ou hollandais.

– Le jeune Abraham Duquesne connaît sa vocation de marin très jeune puisque son père est Capitaine de Vaisseau du Petit Saint-André. Après des études à l’école hydrographique, Duquesne embarque avec son père. Celui-ci tombé malade, son fils le remplace et arraisonne son premier navire hollandais, le Berger. Les Conseillers bourgeois de Dieppe autorisent alors le jeune Abraham Duquesne – il n’a que dix-sept ans – à commander un vaisseau. Lors de la Guerre contre le Parti Protestant, Abraham Duquesne commande le Neptune qui contribue à repousser les navires anglais lors du siège de La Rochelle. On voit donc qu’Abraham Duquesne, très attaché à la Foi calviniste sert néanmoins fidèlement Louis XIII. Cela ne l’empêchera pas d’épouser la sœur de Jean Guiton, l’intransigeant Maire protestant de La Rochelle. Mais comme le dit Jean-Christian Petitfils dans sa biographie consacrée à Louis XIII, « le Juste ne se montre absolument pas intolérant et accepte le service des Catholiques comme de Protestants ».

– Dès 1635, alors que la France est entrée pleinement dans la Guerre de Trente Ans, Abraham Duquesne sert sous les ordres de Monseigneur Henri Escoubleau de Sourdis, Archevêque de Bordeaux, qui commande néanmoins aux navires royaux en Méditerranée. Ceci n’est pas rare chez les hauts-prélats français puisque le Cardinal de la Valette, fils du Duc d’Epernon, a commandé lui aussi aux armées royales. Après un passage à Brest en 1638 durant lequel il réorganise les défenses de la cité portuaire, Abraham Duquesne participe donc aux combats pour la prise des Îles de Lérins, ainsi qu’au combat de Guétarie, avant de passer sous les ordres de Jean-Armand de Maillé Duc de Fronsac afin de participer aux victoires de Tarragone et Carthagène contre les Espagnols en 1641 et 1643.

– La situation navale ayant évolué favorablement pour la France, Abraham Duquesne demande au Cardinal Mazarin de se mettre un temps au service de la Suède, alliée de Paris dans la Guerre de Trente Ans. Mazarin accepte et passe au service de la Reine Christine en 1644. Amiral-major, il s’illustre contre les Danois et les Norvégiens lors de la Guerre de Torstenson. Placé sous les ordres de Carl Gustaf Wrangel (aïeul du général Russe blanc), Duquesne est bientôt fait Commandant en Second et s’illustre au combat de Fehrmarn le 13 octobre 1944 et s’empare du Navire amiral danois.

– Duquesne revient en France en 1645 et prend le commandant du Saint-Louis. Envoyé en Méditerranée au sein de la Flotte du Levant, il mène des raids contre les Barbaresques sur les côtes d’Afrique du Nord. En 1647, fidèle à Louis XIV et à la Régente Anne d’Autriche, il met fin à la fronde de Bordeaux, privant ainsi le Grand Condé de soutiens en province. Dans les années qui suivent, Duquesne repart en Méditerranée mener des raids.

– En 1669, Abraham Duquesne – alors anobli et Baron d’Indret – est promu Lieutenant Général des Armées Navales mais il entre très vite en concurrence avec Jean II Comte d’Estrées pour le commandement des Armées navales. Or, Louis XIV et Colbert accordent davantage leur faveur au second. En outre, Duquesne se montre défenseur de la Guerre de course, en lieu et place de combats navals rangés. La même année, Duquesne est envoyer en Crète pour tenter de délivrer Candie (actuelle Héraklion) des Ottomans mais il arrive trop tard.

– Pendant la Guerre de Hollande, Duquesne se retrouve avec d’Estrées pour affronter les Hollandais aux côtés des Anglais du Duc d’York. Or, pendant la bataille Solebay en juin 1672, conformément aux ordres secrets de Louis XIV de laisser les Anglais d’York et les Hollandais Michiel de Ruyter s’affaiblir mutuellement, Duquesne ne bouge pas à la grande fureur du Comte d’Estrées qui charge son rival d’accusations auprès de Colbert.

– Après deux ans sans exercer de commandement, Abraham Duquesne reprend la mer en 1674 au commandement du Saint-Esprit. Il reçoit l’ordre de seconde Louis Victor de Rochechouart de Mortemar Duc de Vivonne dans les combats navals contre les Espagnols en Italie. Ainsi, il s’illustre une fois de plus à Messine en capturant un vaisseau amiral ennemi. En décembre 1675, il s’empare d’Augusta en Sicile ce qui affaiblit davantage la position espagnole dans cette partie de la Méditerranée.

– Le 8 janvier 1676, il retrouve Michiel de Ruyter à Alicudi en Sicile et parvient à le mettre en fuite après un dur combat. Il affronte ensuite de nouveau Ruyter à Agosta en avril 1676 mais se montre prudent. En dépit de la mort du commandant de son avant-garde, Guillaume d’Alméras Marquis de Mirevaux, Duquesne réussit une fois de plus à mettre le Hollandais en fuite qui est aussi mortellement blessé. Le 2 juin 1676, lors de la bataille de Palerme, Duquesne ne joue qu’un rôle mineur et laisse Anne Hillarion de Costentin de Tourville remporter la victoire contre les Hispano-Bataves de Haen et d’Ibarra.

– Entre 1680 et 1686, Duquesne mène encore des missions en Méditerranée plus ou moins couronnées de succès. Il mène ainsi plusieurs bombardements contre Tripoli, Alger et Gênes.
En 1685, Louis XIV signe l’édit de Fontainebleau qui interdit le culte protestant en France. Duquesne est pressé par le Roi, par Louvois et même par Bossuet pour abjurer le calvinisme mais l’homme de guerre refuse. Devant le Roi, il va jusqu’à déclare : « Sire, quand j’ai combattu pour Votre Majesté, je n’ai pas examiné si Elle était d’une autre religion que moi. » Duquesne n’est toutefois pas inquiété et peut rester en France. Louis XIV l’élève au Marquisat mais il ne lui octroie plus de promotion.

– Quoique plus à l’aise dans le coup de main naval et la guerre de course que dans la bataille rangée, ce très bon capitaine s’éteint le 2 février 1688 dans son Château du Bouchet près d’Etampes.

Lire :
– VERGE-FRANSCHINI Henri : Abraham Duquesne. Huguenot et marin du Roi, France Empire, Paris

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Louis II de Bourbon, le « Grand Condé »

Louis II de Bourbon, le « Grand Condé »

« Que ne doit point le royaume à un prince qui a honoré la maison de France, tout le nom français, son siècle, et pour ainsi dire l’humanité tout entière ? Louis le Grand est entré lui-même dans ces sentiments. Après avoir pleuré ce grand homme et lui avoir donné par…

10 décembre 2016

Dans « Grand Siècle »

Michel V Le Tellier Marquis de Louvois

Michel V Le Tellier Marquis de Louvois

Troisième fils de Michel IV Le Tellier Secrétaire d’Etat à la Guerre sous la Régence, Michel V Le Tellier Seigneur de Chaville et Marquis de Louvois naît à Paris le 18 janvier 1641. Comme il a été dit dans l’article consacré à son père, la famille de Louvois compte bon…

16 juillet 2015

Dans « Non classé »

Robert Surcouf

Robert Surcouf

Véritable célébrité en Bretagne et tout particulièrement à Saint-Malo, Robert Surcouf reste sans doute le marin le plus célèbre du Consulat et de l’Empire mais aussi le plus talentueux corsaire de cette époque. Issu d’une famille de noblesse aux origines normandes, les Surcouf de Maisonneuve, Robert Surcouf voit le jour…

8 juillet 2016

Dans « 1715-1804 »

19 octobre 2011
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Histoire & Culture

Vins d’été – le Tavel

by adminfhesp 16 octobre 2011

Incontestablement, cette appellation de Rosé de Provence est l’une des plus connues du vieux Comté même s’il est répertorié comme vin du Rhône. On le connaît aussi depuis l’Epoque Médiévale, étant consommé notamment par les Souverains Pontifes d’Avignon. Aujourd’hui, les bouteilles de Tavel sont toujours reconnaissables grâce au « T » gravé sur le verre.

Le vignoble de Tavel se situe dans le Gard, le dos à un plateau calcaire recouvert de garrigue et s’étend sur 933 hectares pour produire 38 933 hectolitres. Il doit utiliser des sols formés de sable, de cailloux roulés, de terrasses anciennes et d’éclats calcaires.

Le Tavel est sans doute le rosé qui compte le plus de cépages dans son assemblage : Grenache, Cinsault, Syrah, Clairette blanche, Clairette rose, Piquepoul, Calitor, Bourboulenc, Mourvèdre et Carignan. De plus, il est obtenu grâce à une pratique de la macération à froid de la vendange durant douze à quarante-huit heures. D’autre part, on peut le conserver durant deux-trois ans.

En raison de la présence de ses différents cépages, le Tavel présente une robe rose claire et lumineuse qui évoule sur des notes cuivrées, orangées et ambrées à l’issue de la maturité.

Dans ses jeunes années, les arômes du Tavel entremêlent, les fleurs, les petits fruits rouges, le fruit à noyaux, l’amande fraîche. Mais au bout d’un an, on peut humer des fruits mûrs, de l’amande grillée, des épices et de la réglisse. En bouche, le Tavel offre des notes de fruits à noyau, d’amande, d’épices, de pain grillé, ainsi que de la plénitude et de la rondeur.

C’est un vin idéal à déguster frais (10°C) en plein printemps ou durant l’été à l’apéritif, sur des entrées froides, de la bouillabaise, du farcis niçois, un plat de charcuterie, des artichauts, du cabécou, des grillades ou même une salade de fruits rouges. Mais on peut aussi le déguster toute saison sur du boudin noir, de la cuisine asiatique, des tomates farcies, du couscous et autres plats méditerranéens.

Sources :
– Dictionnaire des vins de France, Hachette, coll. Les livrets du vin.
– http://www.platsnetvins.com

16 octobre 2011
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Histoire & Culture

22 février 1916 : le Colonel Driant tombe à Verdun

by adminfhesp 10 octobre 2011

Personnage haut en couleur mais au final attachant,  véritable « mythe » de la Grande Guerre, Émile Driant était à la fois officier, homme politique et écrivain.
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– Sorti quatrième de la Promotion Saint-Cyr « Dernière de Wagram »,  officier en Afrique, gendre du Général Boulanger, commandant du 1er Bataillon de Chasseur à Pied à Troyes, unité d’élite, Émile Driant voit sa  carrière compromise lors de l’Affaire des fiches étant donné qu’il est fortement marqué à droite et ne fait pas partie d’une loge maçonnique. Ulcéré, il entre en politique au sein de l’Action Libérale et fonde la Ligue anti-maçonnique, puis la Ligue anti-maçonnique française. En outre, il est l’ami de Paul Déroulède et de Maurice Barrès. Il sera élu Député de la Meurthe-et-Moselle en 1910, mandat qu’il conserve jusqu’au déclenchement de la Grande Guerre. Patriote convaincu, il soutient sans réserve la loi d’augmentation des crédits militaires et celle du service militaire de trois ans. C’est lui, qui est aussi à l’origine de la création de la Croix de Guerre. Volontiers anglophobe, il s’était élevé contre la décision d’abandonner Fachoda.

– A partir des années 1890, fortement influencé par Jules Verne, Émile Driant laisse parler son imagination foisonnante et sa passion pour les nouvelles technologies pour signer plusieurs romans historiques et d’anticipation sous le pseudonyme de Capitaine Danrit. Il imagine des guerres effectuées à l’aide de sous-marins et de ballons géants. Il va même jusqu’à anticiper une guerre entre le Japon et les Etats-Unis dans le Pacifique. Il a notamment publié : « La Guerre de forteresse », « La guerre en rase campagne », « La Guerre en ballon »,  « La guerre des bicyclettes », « L’invasion jaune », « La Révolution de demain », « Les Robinsons sous-marins », « Evasion d’empereur », « Ordre du Tzar » et « La Guerre souterraine ». Il aurait dû recevoir l’épée d’Académicien et prendre le siège d’Albert de Mun mais sa mort à Verdun ne verra pas ce projet aboutit.

– En 1914, âgé de cinquante-neuf ans, il demande à reprendre du service dans l’Armée. On le place alors à la tête du Groupement des 56e et 59e Bataillons de Chasseurs à Pied dans le secteur de Verdun. Ce sont deux unités territoriales composés de réservistes lorrains.
En janvier-février 1916, le Colonel Driant tient le Bois-des-Caures en avant du secteur de Verdun. Il perçoit très vite le danger et tente d’alerter sa hiérarchie (Chrétien, Herr, Joffre) qui ne l’écoute pas, ou plutôt tardivement puisque plusieurs canons de campagne finissent par être déployés dans le secteur de Verdun peu avant la grande offensive allemande. Il alarme même l’état-major lorsque Joffre décide de dégarnir les forts du secteur de Verdun de leurs canons, en vain.

Le 21 février 1916, les 56e et 59e BCP reçoivent tout le choc de l’offensive de von Falkenhayn (voir article sur le début de la bataille de Verdun). Mais Driant tient bon pendant deux jours. Il trouve le temps d’écrire une dernière fois à son épouse Marcelle :
« Je ne t’écris que quelques lignes hâtives, car je monte là-haut, encourager tout mon monde, voir les derniers préparatifs ; l’ordre du général Bapst que je t’envoie, la visite de Joffre, hier, prouvent que l’heure est proche et au fond, j’éprouve une satisfaction à voir que je ne me suis pas trompé en annonçant il y a un mois ce qui arrive, par l’ordre du bataillon que je t’ai envoyé. À la grâce de Dieu ! Vois-tu, je ferai de mon mieux et je me sens très calme. J’ai toujours eu une telle chance que j’y crois encore pour cette fois.

Leur assaut peut avoir lieu cette nuit comme il peut encore reculer de plusieurs jours. Mais il est certain. Notre bois aura ses premières tranchées prises dès les premières minutes, car ils y emploieront flammes et gaz. Nous le savons, par un prisonnier de ce matin. Mes pauvres bataillons si épargnés jusqu’ici ! Enfin, eux aussi ont eu de la chance jusqu’à présent… Qui sait! Mais comme on se sent peu de choses à ces heures là. »

– Il tombe au milieu de ses derniers Chasseurs à Pied le 23 février 1916. L’Armée française et le Gouvernement érigeront alors Driant en véritable mythe de la Bataille de Verdun, afin de symboliser le sacrifice et la ténacité de l’Armée française. Paul Deschanel, alors député, prononce son éloge funèbre et son ami Maurice Barrès fait célébrer un service funèbre à Notre-Dame par le Cardinal Amette. Il repose actuellement dans un mausolée située sur le site de la bataille de Verdun.

– La figure de Driant a été décrite dans les carnets de deux de ses officiers : le Capitaine Simon, un notaire dans le civil et le journaliste-essayiste Marc Stéphane.

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Dernière lettre du Colonel Driant à sa femme

« Je ne t’écris que quelques lignes hâtives, car je monte là-haut, encourager tout mon monde, voir les derniers préparatifs ; l’ordre du général Bapst (1)  que je t’envoie, la visite de Joffre, hier, prouvent que l’heure est proche et au fond, j’éprouve une satisfaction à voir que je ne…

20 février 2016

Dans « Grande Guerre »

Général Edouard de Curières de Castelnau

Général Edouard de Curières de Castelnau

Celui que Georges Clémenceau surnommait avec aversion « le capucin botté » naît le 24 décembre 1851 à Sainte-Affrique (Aveyron). Fils de Michel et Marthe de Curières de Castelnau, avocat, Édouard est issu d’une lignée de la très vieille noblesse rurale du Haut-Rouergue. L’un de ses ancêtres, le Seigneur Hugues de…

19 mars 2016

Dans « Grande Guerre »

Jean-Baptiste Marchand

Jean-Baptiste Marchand

Cet officier français reste toujours attaché à la déconvenue de Fachoda mais sa carrière militaire en somme toute honorable qu’il a menée, en particulier durant la Grande Guerre restée occultée. Preuve en est que cet officier a cumulé cinq blessures durant ses années de service. – Fils d’un menuisier bressan,…

13 janvier 2016

Dans « 1870-1914 »

10 octobre 2011
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Histoire & Culture

Jean-Baptiste Drouet d’Erlon

by adminfhesp 10 octobre 2011

Fils d’un charpentier, Jean-Baptiste Drouet voit le jour à Reims en 1765. Il entre dans l’Armée royale en 1782 comme volontaire dans le Régiment du Beaujolais avant de le quitter en 1787.

En 1792, il se réengage au Bataillon de Chasseurs de Reims et sert dans le Nord et sur la Moselle. Drouet est élu Capitaine en 1793 et devient aide de camp du Général Lefebvre l’année suivante. Il participe aux sièges de Valenciennes et de Condé avant d’être promu Chef de Bataillon puis Adjudant-général chef de Brigade au sein de l’Armée de Sambre-et-Meuse (1797).
On le retrouve ensuite chef d’état-major de Lefebvre à Ostrach puis de Souham lors des combats contre la Suisse.
Chef de Brigade en 1799, il participe aux combats de Zurich au sein de la Division du Général Adolphe-Edouard Mortier. Il défend Dischigen puis lors du blocus d’Ulm. Il se distingue ensuite à Hohenliden (1800), Strasswalchen et dans le Hanovre en 1803, toujours au sein de la Division de Mortier.

Général de Division en 1803, il commande ensuite la 1re Division du Hanovre et la 1re Division du 1er Corps de la Grande Armée (Lannes). A Austerlitz, il commande la 2nde Division du 2nd Corps de Bernadotte qui intervient en réserve du flanc gauche (nord) de la Grande Armée face aux Russes de Bagration.

Lors de la campagne de Prusse de 1806, Drouet d’Erlon participe aux combats de Schleiz, d’Halle dans la foulée d’Iéna, de Lübeck et de Mohrungen.
Chef d’état-major du Corps de Lefebvre, il assiste au siège de Dantzig  dont il signe l’acte de capitulation et s’empare de l’Île de Holm. Chef d’état-major du Maréchal Lannes, il participe à la victoire de Friedland en 1807 sur les Russes de Benningsen mais reçoit une grave blessure.
Napoléon lui accord ensuite des dotations sur la Westphalie et le Hanovre avant de le faire Comte d’Erlon. Il est de nouveau Chef d’état-major de Lefebvre lors de la campagne de Bavière, il prend ensuite la tête du 7e Corps Bavarois dans le Tyrol.
En 1810, il revient en France, à Bordeaux, pour remplacer Dupas à la tête de l’arrière-garde de l’Armée d’Espagne, avant de commander le 9e Corps. Placé sous le commandement de l’Armée du Portugal d’André Masséna, Drouet d’Erlon participe à la bataille indécise de Fuentes de Onoro face aux Anglo-espagnols du Duc de Wellington.
Remplaçant La Tour-Maubourg au commandement du 5e Corps en Andalousie sous les ordres de Soult, Drouet d’Erlon est forcé à la retraite par Cordoue et Jaen. Le 21 juin 1813, il participe à la défaite de Masséna à Vitoria. Commandant ensuite du Corps du Centre de l’Armée du Midi, il combat dans les Pyrénées, est repoussé à Vic-de-Bigorre mais participe à la victoire défensive de Toulouse le 10 avril 1814 face à Wellington.

Lors de la Restauration, il se rallie aux Bourbons et est fait Chevalier de Saint-Louis et reçoit le commandement de la 16e Division Militaire de Lille, ainsi que la Grand-Croix de la Légion d’Honneur. Il préside ensuite au jugement du Général Exelmans (accusé d’espionnage et de correspondance avec l’ennemi) qui est finalement acquitté.
En 1815, Drouet apprend le débarquement prochain de Napoléon à Golfe Juan et reprend les armes contre les Bourbons en tentant de marcher sur Paris avec son régiment mais il échoue face au Général d’Aboville. Mis aux arrêts à Lille, il s’évade à Saint-Sauveur. Après avoir repris Lille, il reçoit le commandement du 1er Corps d’Obsevation de l’Armée du Nord le 6 juin 1815.

Commandant du 1er Corps de la Grande Armée lors de la Bataille de Waterloo, Drouet d’Erlon ne peut participer à la bataille de Ligny mais se retrouve à Waterloo le 18 juin. Placé à la gauche, son 1er Corps combat en vain autour de la Ferme de La Haye Sainte, férocement défendue par un parti d’Anglais. Drouet d’Erlon commet aussi l’erreur de lancer son assaut avec des colonnes de 400 hommes serrées les unes aux autres.

Après Waterloo, Drouet se retrouve proscrit et doit s’enfuit à Bayreuth via Munich où il tient une brasserie. Il rentre en France en 1830 et commande la 12e Division Militaire de Nantes. Il met ensuite en échec la tentative de la Duchesse de Berry de relancer la Chouannerie et la Vendée.
Gouverneur Général des Possessions françaises en Afrique de 1834 à 1835, Drouet d’Erlon revient ensuite à la tête de la 12e Division de Nantes. Il reçoit le bâton de Maréchal en 1843.

Il s’éteint à Paris le 24 janvier 1844 mais sera inhumé à Reims.

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Nicolas Jean-de-Dieu Soult, Maréchal et Pair de France, Duc de Dalmatie et « Premier manœuvrier d’Europe »

Nicolas Jean-de-Dieu Soult, Maréchal et Pair de France, Duc de Dalmatie et « Premier manœuvrier d’Europe »

Il reste sans doute l’un des plus grands maréchaux de Napoléon. Malgré plusieurs insuccès en Espagne, il contribua aux plus grandes victoires de l’Empereur. Toutefois, ses inimitiés avec plusieurs autres Maréchaux tels Suchet et Ney, ainsi que ses revirements successifs lors de la Restauration sont aussi restés célèbres. Auguste-Frédéric Marmont disait de Soult…

26 novembre 2013

Dans « Non classé »

Jean Ambroise Baston de Lariboisière

Jean Ambroise Baston de Lariboisière

Méconnu de nos jours, il était l’un des meilleurs chefs d’artillerie de Napoléon. Jean Ambroise Baston Comte de Lariboisière voit le jour le 18 août 1759 à Fougères. – Choisissant la carrière des armes, il sert comme Lieutenant en Second au Régiment de La Fère-Artillerie au sein duquel il fait la connaissance d’un certain Buonaparte. Premier Lieutenant à…

21 décembre 2016

Dans « 1715-1804 »

Général Paul Maistre

Général Paul Maistre

Fils de Pierre Hippolyte Maistre et de Thérèse née Adam, Paul André Maistre voit le jour à Joinville en Haute-Marne le 20 juin 1858. Il entre à huit ans au Petit Séminaire de Langres où il effectue une belle scolarité en s’avérant « modeste, laborieux et persévérant ». En 1875, après l’obtention…

25 juillet 2016

Dans « Grande Guerre »

10 octobre 2011
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Histoire & Culture

11 février 1650 : Mort de René Descartes

by adminfhesp 10 octobre 2011

Philosophe et mathématicien, René Descartes est connu pour être l’une des plus grandes figures de la philosophie moderne.
Natif de Touraine, fils d’un Conseiller au Parlement de Rennes, il étudie chez les Jésuites et au Collège de la Flèche.

– Soldat pendant la Guerre de Trente ans, il quitte ensuite la carrière des armes pour se consacrer à l’étude et à la philosophie, tout en voyageant dans les cours d’Europe.
C’est en se rendant à la Cour de Suède de Stockholm, à l’invitation de la Reine Christine de Suède, qu’il s’éteint après – semble-t-il – être tombé malade en raison du climat.

– Résumer la pensée de René Descartes est ici impossible, d’autant plus que ce blog est d’abord consacré à l’Histoire de France.

Toutefois, il est important de souligner toute la pensée de Descartes – influencée par Platon, Saint Anselme, Nicolas de Cues, Francis Bacon et Michel de Montaigne, entre autres –  était articulée autour du Cogito, du Doute (sur nos propres connaissances), du principe de la recherche d’une Science Universelle, de la Méthode, de la morale par provision, de la dualité du Corps et de l’Âme et de la démonstration de l’Existence de Dieu.
Toute sa pensée est contenue dans ses ouvrages devenus autant de sommités de la philosophie moderne : Méditations Métaphysiques, Le Discours de la Méthode, Principes de la Philosophie, Règles pour la direction de l’Esprit et Les Passions de l’Âme.

« Ainsi toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale, j’entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui, présupposant une entière connaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse. Or comme ce n’est pas des racines, ni du tronc des arbres, qu’on cueille les fruits, mais seulement des extrémités de leurs branches, ainsi la principale utilité de la philosophie dépend de celles de ses parties qu’on ne peut apprendre que les dernières. »

– Les Principes de la Philosophie (Extrait)

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Pierre-Antoine Berryer, avocat de la Légitimité et du Libéralisme

Pierre-Antoine Berryer, avocat de la Légitimité et du Libéralisme

L’Histoire fourmille d’illustres inconnus, de grands noms qui ont marqué leur époque mais que la pensée officielle rejette dans l’oubli. Il est toujours bon de les ramener à la lumière, que ce soit pour rappeler leurs existences ou simplement pour briser les étroites catégories que nous nous plaisons tant à…

7 octobre 2013

Dans « Non classé »

10 juillet 1480 : Mort du Roi René d'Anjou

10 juillet 1480 : Mort du Roi René d’Anjou

A défaut d’avoir eu le poids politique de Charles VII ou de Philippe le Bon Duc de Bourgogne, le « Bon Roi René » , tel que le surnommaient ses vassaux et sujets provençaux, reste l’une des grandes figures attachantes de la seconde moitié du XVe siècle. Retour sur un…

10 juillet 2015

Dans « Non classé »

Pierre Mayrant :

Pierre Mayrant : « La patrie est une sorte d’extension de la famille »

Dans un article fort intéressant sur la distinction entre « patrie » et « nation », le journaliste et historien Pierre Mayrant insiste sur la réalité philosophique désignée par le mot « patrie »… « La patrie vient du latin « patria » et signifiait dès l’époque romaine pays de naissance, la terre des pères, la transmission…

19 juillet 2012

Dans « Non classé »

10 octobre 2011
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Histoire & Culture

24 octobre 1648 : Signature des Traités de Westphalie

by adminfhesp 7 octobre 2011

Les traités qui mettent fin à la Guerre de Trente Ans, sont signés en trois étapes. Le 30 janvier 1648, L’Espagne et les Provinces Unies signent un premier Traité à Münster pour mettre fin à la Guerre de Quatre-vingt-ans. Le 24 octobre, la France et le Saint-Empire signent l’autre Traité de Münster. La Suède fait de même avec l’Empire des Habsbourg à Osnabrück.

traite de wesphalie 1648
– A Münster, le Saint Empire est représenté par le Comte Maximilien de Trautmansdorff , Jean de Nassau et Isac Volmar, tous trois conseillers de l’Empereur Ferdinand III. En face, le tout jeune Louis XIV et la Reine-régente Anne d’Autriche sont représentés par les plénipotentiaires Henri d’Orléans Comte de Longueville, Claude de Mesme Comte d’Avaux et Abel Servien. Longueville ayant été envoyé spécialement par Mazarin pour arbitrer les désaccords constants entre d’Avaux et Servien.

– A Osnabrück, la Maison d’Autriche est représentée encore par Trautmansdorff, assisté de Jean-Maximilien de Lamberg et Jean de Crane. Le Royaume de Suède signe par la main d’Axel Oxenstierna et Jean Adler Salvius.

– Le Traité de Münster est le plus fourni, comptant 128 articles, alors que celui signé entre la Suède et le Saint-Empire n’en comprend que 17.

– Les ravages et les effusions de sangs laissés par les Armées des différentes couronnes d’Europe et par les Lansquenets (à l’exception notables de régions assez isolées comme le Tyrol, le Vorarlberg et la Styrie) incite les parties en présence à envisager une instance de régulation des conflits en Europe. Déjà, dès 1623, Hugo Grotius dans De Jure Belli met en avant l’idée d’une « Société mutuelle » en Europe, afin de régler les conflits européens.

– Pour Louis XIV, les principes de Westphalie sont perçus comme le « Repos de la Chrétienté », à savoir (autant du point de vue français que du point de vue européen) une base solide pour un ordre international qui devait assurer le maintien du statu quo en Europe ; libertés germaniques, paix dans l’Empire, puissances du continent devant assurer la paix et le règlement des conflits. Mais comme le précise très bien Henry Bogdan dans son ouvrage consacré à la Guerre de Trente Ans, au rêve définitivement brisé de restauration de l’Empire Chrétien par les Habsbourg, se substitue un nouvel ordre donnant la prédominance aux Etats qui traitent entre eux par le biais de leurs représentants.
Citons l’article CXXII : « Que celui qui aura contrevenu par aide ou par conseil à cette transaction, et paix publique, ou qui aura résisté à son exécution, et à la restitution susdite, ou qui après que la restitution aura été faite légitimement et sans procès en la manière dont il a été ci-dessus convenu, aura tâché sans une légitime connaissance de cause, et hors de l’exécution ordinaire de la justice, de molester de nouveau ceux qui auront été rétablis, soit Ecclésiastique, ou séculier, qu’il encoure de droit et de fait la peine due aux infracteurs de paix, et que selon les constitutions de l’Empire il soit décrété contre lui, afin que la restitution et réparation du tort ait son plein effet. »

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– L’aspect pleinement novateur des Traités de Westphalie est la légitimation des grandes puissances d’alors (les grands Etats) comme garantes de la paix en Europe : France, Saint-Empire, Suède et Espagne. Jusque-là, le jeu diplomatique européen était l’objet de trois types d’acteurs : Royaumes, Cités-Principautés (Venise, Cités italiennes, Ligues et Cités germaniques) et la Papauté. Or, dès 1648, on voit que les quatre grandes puissances en question supplantent les autres acteurs (le Pape ne prenant pas part négociations).

– Les deux grands vainqueurs des Traités de Westphalie sont incontestablement la Suède et la France. La première obtient en partie ce que souhaitait en partie Gustave Adolphe avec son idée de faire de la Mer Baltique une mare nostrum suédoise. Mais faute de pouvoir contrôler tout le littoral convoité, le Chancelier Oxenstierna obtient l’annexion de la Poméranie Occidentale, les Évêchés sécularisés de Brême et de Verden, ainsi que le contrôle des Boucles de l’Oder, de l’Elbe et de la Weser.

– Du côté de la France, la Régente Anne d’Autriche et le Cardinal Mazarin qui administrent le Royaume au nom du Jeune Louis XIV, concrétisent une partie du testament politique de Richelieu par le truchement de leurs plénipotentiaires. Le Royaume obtient l’annexion définitive des Trois Évêchés (Metz, Toul et Verdun) – déjà sous tutelle de Henri II un siècle plus tôt – ce qui lui donne ainsi des portes afin de protéger ses frontières orientales. Si les villes d’Alsace ne sont pas (encore) rattachés à la France, au moins Mazarin obtient-il l’annexion de la forteresse de Neuf-Brisach et de Décapole (Mulhouse), permettant de surveiller l’accès au Rhin. Enfin, le Cardinal italien obtient pour son pays d’adoption la forteresse de Pignerol qui permet le contrôle de l’accès au Piémont italien et du Pas de Suse. Mazarin concède cependant la rétrocession de la Franche-Comté à l’Espagne, redéfinissant pour encore treize années, la frontière de la France sur la rive droite (ouest) de la Saône.

– Paradoxalement, toujours selon Bogdan, le nouvel ordre Westphalien n’a pas que des conséquences négatives pour la Maison d’Autriche. Loin de là. Au lieu d’être accaparée par ses relations (conflictuelles) avec les Princes protestants d’Allemagne, la Maison d’Autriche va pouvoir se concentrer sur l’administration de ses possessions et y remettre de l’Ordre.

– En outre, le Duché de Brandebourg et son Grand-Électeur Frédéric-Guillaume Ier se détache définitivement de Vienne pour administrer un nouvel Etat indépendant de l’Autriche comme de la Suède (c’est là son grand profit), amorçant la constitution de la Prusse. Réussite supplémentaire pour Frédéric-Guillaume, il obtient l’annexion définitive de la Poméranie Orientale.
Le Duc Maximilien de Bavière s’en tire aussi à bon compte après avoir vu son Duché ravagé par les Suédois et les Français. Il obtient ainsi l’annexion du Haut-Palatinat (Amberg, Ratisbonne ville de la Diète Impériale et Weden). Enfin, le Traité de Münster reconnaît définitivement l’indépendance de Jure de la Confédération helvétique.

– Ainsi, malgré les guerres qui ont agité l’Europe après 1648, la diplomatie né du nouvel ordre international « Westphalien » (ou « Concert Européen ») va régir les relations entre Etats jusqu’à la Guerre de 1914.

Lire :
– Les Traités de Westphalie, Digithèque MJP
– BELY Lucien : Les Relations internationales en Europe : XVIIe et XVIIIe siècles, PUF, Paris
– BOGDAN Henry : La Guerre de Trente Ans, Perrin, Paris
– MALETTKE Klaus : Les traités de paix de Westphalie et l’organisation du Saint-Empire Romain Germanique, in Dix-septième siècle, http://www.cairn.info

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9 mars 1661 : Disparition du Cardinal Jules Mazarin

9 mars 1661 : Disparition du Cardinal Jules Mazarin

Né le 14 juillet 1602 à Pescina dans les Abruzzes au sein d’une famille aux origines modestes, Jules Mazarin va gravir les échelons de la diplomatie pontificale grâce à son intelligence, son aisance intellectuelle et son obstination, sans jamais avoir reçu le sacrement de l’Ordination. – Pendant la Guerre de…

9 mars 2016

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5 février 1679 : Signature du Traité de Paix de Nimègue

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17 février 2016

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7 octobre 2011
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