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Histoire & Culture

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5 décembre 1360 : Jean II le Bon crée le franc ou « franc à cheval »

by adminfhesp 20 juin 2013

Suite à la défaite de Poitiers, Edouard III d’Angleterre qui retient Jean II le Bon prisonniers à Londres exige une rançon de 4 millions de Livres aux Français.

Franc_à_cheval_1360_73001139En fait, la nouvelle monnaie ne prend pas immédiatement le nom de Franc. Il s’agit en fait d’un nouvel écu pesant 3,87 grammes d’or fin.

On l’appellera ensuite Franc à cheval car le Roi de France y est représenté sur son destrier à caparaçon frappé des fleurs de lys. Le terme de Franc vient du mot affranchi, ou libéré / libre. Enfin, il est intéressant de noter que Jean II le Bon est mentionné sous le terme Rex Francorum ou Roi des Francs.

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Jean II le Bon

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Histoire & Culture

17 août 1944 : Libération de Saint-Malo

by adminfhesp 17 juin 2013

1 – SITUATION OPÉRATIONNELLE AU DÉBUT DU MOIS D’AOÛT 1944

– Pour commencer il faut replacer la situation de la Bretagne dans le contexte opérationnel de l’été 1944. Avec le débarquement et la bataille de Normandie, la région a été quelque peu vidée des grandes unités de la Wehrmacht qui y stationnaient avant le 6 juin ; en effet le II. Fallschirm-Korps de Meindl est parti en Normandie sitôt le débarquement allié, le LXXIV. Korps de Straube a été envoyée en renfort en Normandie fin juillet et le XXV. Armee-Korps du General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher a été vidé de près de 50 % de ces effectifs et se retrouve à devoir couvrir toute la Bretagne presque à lui tout seul, avec la seule aide des éléments de la Kriegsmarine basés dans les ports abritant les bases sous-marines comme Brest, Lorient et Saint-Nazaire.
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– Quant la Luftwaffe, elle ne peut aligner qu’une poignée d’appareils. Ainsi, le rapport d’activités du XXV. Korps montre que l’unité n’a eu comme seule mission de surveiller les côtes bretonnes et lancer des opérations contre les Maquis du Morbihan (Saint-Marcel). Sauf que la situation empire à la fin du mois de juillet. Déjà le 13 juillet, lors de la conférence de Saint-Malo qui réunit Paul Hausser commandant de la 7. Armee, Erich Straube et Wilhelm Fahrmbacher, l’idée d’abandonner Saint-Malo est évoquée par le commandant du XXV. Korps.
Seulement, Hausser qui obéit aux ordres supérieurs refuse catégoriquement. Donc, rien ne change pour ce qui est de la défense de la Bretagne.

– Mais suite au succès foudroyant de l’Opération Cobra, le LXXIV. Korps de Straube est appelé en urgence dans le secteur d’Avranches afin d’enrayer la charge de la Cavalerie de Patton. Pour les officiers allemands, l’urgence de la situation implique de retenir les divisions mécanisées et motorisées de Patton le plus longtemps possible en les enlisant dans des combats de siège contre les ports bretons. Toutefois, cela implique le risque de sacrifier des troupes – se retrouvant dos à la mer et sans ravitaillement – qui auraient pu être utiles ailleurs. Mais il reste que le but avoué est d’épuiser les troupes américaines par une défense acharnée qui ne doit cesser qu’au dernier soldat tué.

– En fait, depuis la reddition de Cherbourg le 27 juin 1944, Hitler veut s’assurer que les commandants des places fortes de Bretagne et du Pas-de-Calais ne puissent capituler de la même façon. Il ordonne alors que les Festungen tiennent « jusqu’au dernier homme et jusqu’à la dernière cartouche ». Autre argument qu’avance Hitler : puisque les forteresses étaient tenues par des divisions statiques (il est vrai assez pauvres en matériel motorisé), on ne pouvait les utiliser efficacement dans des opérations mobiles. Il leur faut donc combattre jusqu’à la fin, dos à la mer et détruire les installations portuaires.

– Seulement, cette décision se révèle très impopulaire au sein de l’Oberbefehlshaber West (Haut-Commandement de l’Ouest) étant donné l’implication d’abandonner une quantité non négligeable d’hommes (pas moins de 50 000 pour la seule Bretagne !) et de matériels qui auraient été bien plus utiles ailleurs. C’est ainsi que le Generalfeldmarschall Hans-Günther von Kluge, « Hans le Sage », qui a remplacé Erwin Rommel à la tête du Heeres-Gruppe B, attribue à Fahrmbacher la direction de la Festungsschlacht ou « bataille des forteresses » en Bretagne dès le 2 août. Seulement, il s’agit d’une action complètement indépendante des Opérations en Normandie. C’est alors que Bernhard Ramcke, commandant de la 2. Fallschirmjäger-Division, fait savoir à Hermann Goering (les divisions de parachutistes malgré leur vocation de combat terrestre n’appartiennent pas à la Heer mais à la Luftwaffe), que Fahrmbacher – qu’il déteste – n’est pas capable de remplir cette tâche – compte tenu de ses résultats médiocres à la tête du LXXIV Korps en Normandie durant une semaine en juin.

– Mais Wilhelm Fahrmbacher comprend les ordres de von Kluge avec le raisonnement suivant : les commandants des garnisons de Saint-Malo, Brest, Lorient et Saint-Nazaire devaient défendre les bases navales et sous-marines afin d’empêcher les Américains d’utiliser les ports bretons pour y faire débarquer du ravitaillement. Ce raisonnement était plutôt juste étant donné l’importance de Brest. Et même si Saint-Malo n’avait qu’une capacité moyenne, il y était aisé d’y faire débarquer de l’approvisionnement. Sauf qu’il y avait un problème non négligeable du côté allemand ; les commandants de Forteresse n’avaient sous la main aucune unité constituée en tant que tel. La situation va prendre alors une tournure dramatique pour les forces allemandes en Bretagne.

– Début août 1944, le VIIIth Corps du Lieutenant.General Troy H. Middleton (8th, 83rd Infantry Divisions, 4th et 6th Armored Divisions et 15th Cavalry Group) opère une pénétration foudroyante en Bretagne. Progressant, sur plusieurs axes et bénéficiant de la couverture aérienne adéquate, les unités américaines se jettent sur les ports bretons. Fahrmbacher est complètement pris de vitesse et ne peut mener d’action coordonnée. Disposant en théorie de toute autorité sur les forces allemandes en Bretagne, il ne commande en pratique que la zone de Lorient et devra bientôt lâcher Saint-Nazaire. Les Festunge de Brest et de Saint-Malo échappent alors totalement à son contrôle. La seconde est commandée par l’Oberst (Colonel) Andreas von Aulock, archétype de l’officier prussien de la vieille école, mais aussi vétéran de l’Ostfront et notamment de Stalingrad. Après avoir pris ses ordres, il déclare : « Je défendrai Saint-Malo jusqu’au dernier homme, même si celui-ci n’est autre que moi ! »

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2 – L’ASSAUT AMÉRICAIN ET LA DÉFENSE ALLEMANDE

– Tout d’abord, il convient de mettre en évidence l’état des forces dans le nord de l’Ille-et-Vilaine au début de mois d’août 1944. Après la percée d’Avranches effectuée par les éléments de la IIIrd Army, Fahrmbacher hérite des restes étrillés des 77. Infanterie-Division (Bacherer) et 91. Luftlande-Infanterie-Division (König). En fait, ces deux divisions sont réduites à l’effectif d’un Kampfgruppe seulement. Toutefois, elles combattent dans des espaces bocagers depuis le mois de juin et bénéficient donc d’une assez bonne expérience des combats contre les Américains, mais leurs soldats sont épuisés. Pour ainsi dire, les survivants de la 91. Luftlande-Infanterie-Division affrontent les Américains depuis le jour même du débarquement. D’autres unités sont aussi présentes dans le secteur au début d’août. La 2. Fallschirm-Division de Ramcke a été envoyée dans la zone de Dol-de-Bretagne – Pontorson en prévision de bloquer l’avance de la IIIrd  US Army.

– Mais devant la ruée de la cavalerie de Patton, Fahrmbacher ordonne à Ramcke de se replier de toute vitesse vers Brest afin de défendre cette ville. D’autre part, quelques éléments de la 266. Infanterie-Division (unité alors chargée de couvrir les Côtes d’Armor et le Nord de l’Ille-et-Vilaine à elle toute seule !). Seulement, cette division est à effectifs réduits et est en majorité composée de réservistes de la classe 1908 secondés par quelques Ost-Truppen Russes et Ukrainiens recrutés volontairement dans les camps de prisonniers de l’Ost-Front. C’est une division qui n’a pas de grande valeur combative et qui est peu motivée.

– Dans le secteur de Saint-Malo, von Aulock peut compter sur quelques éléments de la Kriegsmarine ainsi que des services administratifs et auxiliaires de la Wehrmacht. Il y a aussi quelques Ost-Truppen qui occupent l’île de Cézembre en y travaillant à des tâches d’aménagement. Finalement, on dénombre environ 12 000 soldats allemands dans la Festung de Saint-Malo, mais avec une faible proportion de combattants, peu d’artillerie ou d’équipement de combat et enfin, avec une majorité de soldats ayant une valeur combative moyenne, voire faible. Selon les directives de Fahrmbacher, von Aulock – qui n’est encore qu’Oberst – a plein pouvoir pour défendre la Festung de Saint-Malo qui couvre la vieille cité (et ses solides murailles à la Vauban datant du XVIIe siècle) et son agglomération ainsi que Dinard, Châteauneuf d’Ille-et-Vilaine, Pleurtuit et Paramé. Au niveau des fortifications, les Allemands ont profité de l’Occupation pour fortifier la cité malouine compte-tenu de sa position stratégique. C’est l’Organisation Todt qui a été chargée des travaux avec l’aide de travailleurs réquisitionnés Français, Tchèques et Polonais.

– Mais les travaux n’étaient pas encore achevés à l’été 1944 et il manquait des canons à installer dans la vieille cité. Un fossé antichar devait être creusé à partir de la Rance et rempli d’eau, mais le projet n’a pas vu le jour. Von Aulock peut notamment s’appuyer sur un réseau défensif qui couvre plusieurs Schutzpünkte (« points forts), dont la Cité d’Aleth, l’île de Cézembre, la pointe de la Varde, Saint-Ideuc, la colline Saint-Joseph et les différentes lignes de défenses dans le Clos-Poulet les autres îles alentours. Enfin, Saint-Malo pouvait être ravitaillé à partir des îles Anglo-Normandes occupées de Jersey, Guernesey et Aurigny grâce à des vedettes rapides.

– On trouve alors dans la cité d’Aleth 4 canons moyens, deux batteries antiaériennes FlaK, un Poste de Commandement, des casernements pour 200 hommes ainsi que des bunkers d’observation et de réglages de tirs. Enfin, les fortifications de la Cité d’Aleth se caractérisent aussi par 32 bunkers, 8 cloches de tir blindées et 1 300 mètres de galeries. Si à Dinard et dans la vieille cité de Saint-Malo les défenseurs devaient se battre dos à la mer, ils pouvaient bénéficier d’un puissant soutien en artillerie lourde installée sur l’île de Cézembre. Enfin, les Allemands ont établi une ligne en avant de Saint-Malo qui va de Saint-Benoît-des-Ondes à Châteauneuf d’Ille-et-Vilaine et qui est garnie de barbelés, d’obstacles et de champs de mines.

Du côté américain, la situation se présente nettement de manière différente. En effet,Troy H. Middleton a reçu de Patton l’ordre de ne pas prendre trop de retard avec des forces allemandes isolées ; priorité étant donnée à la prise des ports d’importance – Brest en particulier. C’est ainsi que Middleton a lancé la majorité de ses forces à l’assaut de l’ouest de la Bretagne. Progressant sur deux axes parallèles, la 6th Armored Division de Grow et la 15th Task Force de Parker, soutenues par la 29th Infantry Division de Charles H. Gerhardt foncent sur Brest. Enfin,  la 8th Division d’Earnest est envoyée vers le sud en direction de Rennes et du Morbihan.

– Middleton compte toutefois se débarrasser des 12 000 allemands concentrés à Saint-Malo qu’il estime pouvoir menacer son flanc droit. Il confie alors la mission de « nettoyage » de son aile droite à la 83rd Infantry Division « Thunderbolt » (ou Ohio) commandée par l’impétueux Major.General Robert C. Macon. Pour cette bataille de siège, Middleton a attribué à Macon quatre Field Artillery Battalions dotés de pièces lourdes de 155 mm (« Long Tom ») et 203 mm – auxquels viennent s’ajouter trois Chemical Mortars Battalions. Macon peut donc compter sur la présence de près de deux-cents canons, obusiers et mortiers. De plus, afin de renforcer les effectifs d’infanterie, le 121st Infantry Regiment du Colonel John R. Jeter a été détaché de la 8th Division. Enfin, étant donné que la Luftwaffe est complètement absente du ciel malouin, Macon peut compter sur l’aide d’éléments de la VIIIth US Air Force, notamment des avions d’attaque et des bombardiers.

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3- LES OPÉRATIONS DE RÉDUCTION DE LA POCHE

– Le 5 août, des éléments de la 83rd Division parviennent aux abords de Saint-Malo, mais ils sont pris sous un feu nourri qui les force à rebrousser chemin. Le renseignement du VIIIth Corps ont sous-estimé l’importance des forces allemandes et n’ont pas repérer que celle-ci occupent les deux côtés de la Rance. La partie va s’avérer plus difficile que prévu. Une autre attaque lancée par le 329th Infantry Regiment (Col. Ewin B. Cabrill) échoue à contrôler une partie de la rive gauche de la Rance visant à couper la route Dinan-Dinard

– Dans la nuit du 5 au 6 août, éclate un étrange incident qui permet à von Aulock de faire évacuer les derniers civils restés dans la cité. Des échanges d’armes automatiques et même une canonnade se font entendre. La flèche de la Cathédrale Saint-Vincent s’écroule même le lendemain en raison des dommages. Les forces allemandes réussissent à rétablir l’ordre, mais cet incident offre le prétexte à von Aulock de rafler les hommes de 18 à 60 ans – hormis les boulangers et les pompiers – et à les interner au Fort National. 400 personnes y sont internées sans aucun confort. Le 9 août, un obus viendra frapper le fort et tuer onze détenus. Les civils qui n’avaient pas quitté Saint-Malo à partir du 17 juillet commencent à partir, von Aulock estimant « qu’ils étaient bien gentils, mais il était préférable de les avoir en face plutôt que dans le dos. » Il décide aussi d’’abandonner Cancale pour renforcer la défense sur sa droite.

– Le 6 août, les unités d’artillerie américaine commencent à marteler les points de la Festung sur Saint-Malo, Saint-Servan et Paramé, afin de préparer l’assaut. Le 7, pendant la nuit les bombardiers entrent dans la danse afin de compléter les tirs des pièces de 105 et 203 mm et de raser presque complètement la cité, le quartier de la gare, le Grand-Bé et l’île de Cézembre. Puis, ce sont l’Hôtel de Ville et la Sous-préfecture qui sont gravement endommagées. Mais l’artillerie allemande riposte ; les quelques pièces lourdes de Cézembre réussissent à causer quelques dommages aux Américains.

– Le même jour, von Aulock apprenant la contre-attaque lancée par Hitler à Mortain, galvanise ses hommes en ces termes : « Si chacun s’acquitte de son devoir et que nous tenions juste un peu plus longtemps… Quiconque déserte ou capitule n’est qu’un vulgaire corniaud ! ».

– Les trois régiments de la 83rd Division passent à l’attaque mais se font encore repousser par les tirs nourris des soldats de von Aulock. C’est alors que ces derniers font sauter les installations des quais du port, les machineries et les écluses. Le 7 août, le 330th Infantry Regiment du Colonel Robert T. Foster tente un assaut sur la colline Saint-Joseph avec l’appui des P-51 Mustang et P-47 Thunderbolt, mais se fait repousser à son tour en raison de l’appui que fournissent aux soldats allemands des pièces d’artillerie dissimulées dans des cavernes de granit. Macon décide alors d’assommer au mieux les défenses allemandes et ordonne à ses unités d’artillerie et de mortiers chimiques d’arroser les positions allemandes pendant deux jours.

– Par conséquent, les assauts d’infanterie sont suspendus pendant deux jours et les artilleurs de la 83rd Division et ceux du VIIIth Corps qui leur sont adjoints, déversent des milliers d’obus sur l’agglomération malouine et le centre historique. Exceptées les solides murailles des XIVe-XVe siècles, la ville est alors complètement réduite à un tas de gravats et un agrégat de ruines. Ce pilonnage force alors les 400 défenseurs assommés et hébétés de la Colline Saint-Joseph à déposer les armes le 9 août. Les abris et les quelques bunkers sont alors endommagés ou complètement détruits. Le 330th Infanty Regiment peut alors occuper la hauteur.

– Fort de ce succès, Macon lance alors son infanterie par petits groupes sur la ville. Commence alors un combat urbain acharné qui dure près de six jours. Méthodiquement, les Américains enlèvent Paramé, abordent Saint-Ideuc, la pointe de la Varde et même Saint-Servan, ce qui permet au 329th Infantry d’accrocher les abords de la citadelle d’Aleth où le gros des défenseurs allemands s’est enterré à l’abri des bombes et des obus. Les Allemands ont du laisser en tout 3 500 prisonniers sans compter les tués et portés disparus. Cependant, Saint-Ideuc et la Pointe de la Varde s’avèrent difficile à conquérir compte-tenu de la résistance des fantassins qui peuvent toujours compter sur les pièces d’artillerie installées à Cézembre et Dinard. Macon et ses subordonnés comprennent qu’il faut nettoyer ses deux points forts pour mieux isoler Saint-Malo qui devrait tomber comme un fruit mûr.

– Pour l’île de Cézembre, l’affaire est en grande partie réglée rapidement. Dès le 9 août, les quatre Field Artillery Groups détachés du VIIIth Corps déploient leurs pièces de 155 et 203 mm pour faire taire les canons de Cézembre. L’île est impitoyablement matraquée ce qui fait effectivement taire les canons allemands. Même si l’on compte peu de victimes chez les défenseurs, les troupes d’assaut américaines pourront au moins être épargnées.
Cependant, pour Dinard les choses s’avèrent bien plus compliquées. Les Allemands avaient auparavant profité de fortifier la route Saint-Malo – Dinard avec tout un réseau de fils barbelés, de grilles de fer, de fortins et de positions camouflés abritant des mitrailleuses et des mortiers. En outre, n’avait guère infligé de dommages notables à toutes ses installations.

– Le 121st Infantry Regiment de Jeter et les unités de la 83rd Division avaient tenté de forcé le passage mais s’étaient fait bloquer net par les armes lourdes. Cependant, Macon confie au 121st Infantry  la tâche de prendre la ville balnéaire dès le 8 août, avec l’appui d’engins blindés du 709th Tank Battalion. Ce jour-là, le 121st Regiment s’aventure dans le dispositif de défense allemande sur la route Saint-Malo – Dinard. Malheureusement par une habile manœuvre, les unités interarmes infanterie – canons d’assaut en engins blindés du Kampgruppe Bacherer réussissent à piéger tout le 3rd Battalion du 121st Infantry. Les soldats de cette unité résistent farouchement à la baïonnette et à la grenade au prix de 31 tués et 106 blessés. Il faut alors plusieurs efforts aux fantassins américains pour dégager le 3rd Battalion, avec l’appui d’armes lourdes et d’avions larguant des poches de plasma par parachutes. Trois avions sont tout de même perdus dans l’action.

– Fort de ce succès, Bacherer lance une contre-attaque localisée au sud de Dinard le 11 août. S’ensuit alors un violent combat au cours duquel les allemands sont repoussés avec beaucoup de difficultés par les soldats des 121st et 331st (Col. Robert H. York) Infantry Regiments. Toutefois, les rescapés du 3rd Battalion du 121st ont pu rejoindre leurs lignes. Vétérans du front de Normandie, les hommes du Kampfgruppe Bacherer se battaient avec compétence et efficacité. Macon change son fusil d’épaule et adresse à son adversaire allemand un ultimatum de reddition. Bacherer répond en ces termes « chaque maison doit se transformer en forteresse, chaque pierre en cachette. Et nous nous battrons pour chaque pierre. » Le 12 août, Macon déploie les unités d’artillerie du VIIIth Corps sur Dinard qui subit un tir de barrage nourri derrière lequel progresse l’infanterie d’assaut.

– Le Kampfgruppe Bacherer est forcé de rebrousser chemin en laissant une centaine de prisonniers et plusieurs véhicules blindés. Le 13 août, le 121st Regiment s’empare de Pleurtuit et le 331st atteint les faubourgs de Dinard le lendemain. Les villages balnéaires de Saint-Lunaire et Saint-Briac sont libérés.
Le 15 août, poussés en avant par Macon pressé d’en finir rapidement, les fantassins des 121st et 331st Regiments investissent Dinard. Ils réussissent alors à s’emparer du Quartier Général de Bacherer situé dans un petit fort. L’Oberst est alors forcé de se rendre avec toute la garnison de Dinard, soit 4 000 hommes. Le Major.General Macon peut alors se consacrer à la chute de la citadelle de Saint-Malo et de la Cité d’Aleth où combattent encore 3 500 hommes

– Revenons quelques jours en arrière. Le 9 août, l’artillerie de la 83rd Division pilonnait Saint-Ideuc et la Pointe de la Varde. Le 12, le Colonel Cabrill lance son 329th Regiment épaulé par des équipes du 83rd Combat Engineer Battalion contre les abris individuels et les bunkers. Pendant ce temps, en particulier pendant la journée du 11 août, Macon souhaite assommer les défenseurs de la citadelle. Celle-ci est impitoyablement martelée à coups d’obus lourds et de bombes à percussion. Mais rien y fait, von Aulock et ses hommes ne capitulent pas. Un aumônier allemand capturé par les américains est renvoyé auprès du « Colonel Fou » (« The Mad Colonel ») pour tenter de le convaincre de renoncer. Bie entendu, von Aulok continue de faire la sourde oreille.

– A la fin de l’après-midi du 12 août, les 160 derniers défenseurs de Saint-Ideuc se rendent et le lendemain, c’est au tour des défenseurs de la Pointe de la Varde. Et puis, l’Air Force intervient pour attaquer la vieille ville et la Cité d’Aleth au napalm. Peu après, les fantassins du 330th Regiment du Col.Forest appuyés par des canons antichars et des blindés du 709th Tank Battalion et du 705th Tank Destroyer Battalion, partent de Paramé et se lancent à l’assaut de l’est de Saint-Malo et du Sillon – chaussée en front de mer qui va de Paramé à la vieille ville. Chaque bâtiment est conquis l’un après l’autre à coups d’explosifs et de canons. Seulement, la poignée d’allemand qui occupe le Château – dont les murs datant de l’époque médiévale résistent à tous les projectiles américains – résistent obstinément tout en tenant la chaussée du Sillon à l’aide d’un canon de 20 mm bien placé et de mitrailleuses.

– Toutefois, des éléments du 330th Regiment et des Engineers parviennent à entrer à l’intérieur des remparts où tient encore moins d’une centaine de soldats allemands. S’ensuit alors un violent combat dans les ruines au beau milieu de la fumée. Le 13 août, une trêve entre Allemands et Américains est conclue grâce à l’aide d’un responsable civil et d’un prêtre afin de pouvoir évacuer les derniers civils. Le lendemain, les derniers civils ainsi que tous les détenus du Fort National partent pour les lignes américaines. Cependant, les derniers défenseurs du Château encerclés et à court de ravitaillement décident de se rendre. Il n’y a dès lors plus de résistance allemande sur la côte et seules la Cité d’Aleth et Cézembre tiennent.

– Depuis le 9 août, la citadelle résiste à tous les assauts combinés américains et aux pilonnages. Le fort et ses blockhaus n’ont absolument pas été ébranlés par les bombes de 500 kg, les bombes percutantes d’une tonne et celles de 100 livres. L’Air Force a même largué auparavant plusieurs tonnes de napalm (bombe incendiaire à base de kérosène expérimentée dans le Pacifique) sur la Cité d’Aleth qui est presque entièrement ravagée. Le dernier carré allemand tient face aux fantassins, aux soldats du génie et aux équipes lance-flamme. Les Américains tentent même d’escalader les murailles du fort, mais les tirs mortels des allemands les dissuadent de rééditer cette tentative audacieuse. Le 15 août, un nouvel assaut est repoussé avec succès. Pendant les deux jours suivant, les Américains se contentent de pilonner le fort en tir direct à coups de canons antichar et d’obusiers de 105 mm.

– Toutefois, à l’intérieur du fort le moral des soldats allemands s’est brutalement effondré. Selon Martin Blumenson, historien de l’US Army qui a suivi le parcours des forces américaines en France et en Allemagne, le moral allemand est affecté par les redditions successives de leurs camarades de Dinard et de la vieille ville. Von Aulock se retrouve presque seul décidé à résister jusqu’au bout, ces soldats considérant que l’issue des combats est inutile. Les derniers soldats à résister estiment aussi qu’ils sont pris à l’intérieur d’un piège dont ils ne peuvent s’extraire. Pour eux, résister encore plus n’avait aucun sens. S’ajoute à cela le soulagement de ne pas tomber aux mains de FFI ou FTP – qui auraient pu faire preuve de vindicte –, mais d’être fait prisonnier par les Américains, ce qui représentait la garantie d’un traitement convenable.

Reddition de von Aulock

Reddition de von Aulock

– S’il fait preuve d’une obstination qui démontre un sens du devoir militaire, Andreas von Aulock n’est pas un jusque-au-boutiste pour autant. Comprenant qu’il disposait de trop peu d’hommes – épuisés de surcroît – pour poursuivre une lutte efficace, il décide de déposer les armes suivant une capitulation honorable. Le 17 août, un soldat allemand agite un drapeau blanc sur la citadelle. Les 400 derniers défenseurs se rendent dont von Aulock, rasé de frais, vêtu de son uniforme d’apparat et monocle fixé à l’œil droit. Bien que vaincu, le colonel allemand n’en garde pas moins la tête haute, sa casquette crânement vissée de travers, et fait même preuve d’insolence .

– Reste alors le problème de l’île de Cézembre et des trois-cents soldats – allemands etOsttruppen – qui y étaient toujours stationné. Pressé d’en finir définitivement, Macon fait appel à l’Air Force qui déploie d’énormes moyens possibles. Le jour de la reddition de von Aulock, trente-cinq bombardiers lourds et moyens B-17 et B-25 déversent leurs bombes et leur napalm sur la toute petite île. Cézembre n’est plus qu’un paysage lunaire. L’Oberstleutnant commandant de la garnison transmet alors son message de reddition à des émissaires américains.

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La Porte Saint-Vincent, après les combats

– La bataille de Saint-Malo est terminée mais la ville de Robert Surcouf, de René Duguay-Trouin et de François-René de Chateaubriand, joyau de l’histoire maritime de la Bretagne et de la France a énormément souffert de la guerre, ce qui, comme le montrait bien Jacqueline Sainclivier dans Le Monde, sera le lot des grands ports bretons.

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Histoire & Culture

2 octobre 1629 : Mort du Cardinal Pierre de Bérulle

by adminfhesp 17 juin 2013

Né en 1575, au château de Cérilly  dans le sud de la Champagne, Pierre de Bérulle fait ses études chez les Jésuites. Doté d’une grande intelligence, il rédige avant son ordination (1599) un Discours sur l’abnégation intérieure.


En 1600, il sert Henri IV en aidant le Cardinal Jacques Davy Duperron à mener des négociations avec les chefs Protestants. En 1602, il rencontre l’Évêque d’Annecy Saint François de Sales, dont il devient l’ami et le disciple.

En 1604, avec l’aide de Jeanne Barbe Acarie, il introduit en France les Carmes Réformées de Sainte-Thérèse d’Avila.

Ce grand artisan de la Réforme Catholique en France s’inspire de l’Oratoire fondé par Saint Philippe Neri pour fonder la Société de l’Oratoire (1611), dont la vocation est d’enseigner au Clergé pour lui inculquer de solides notions théologiques et ecclésiales. Soixante maisons seront fondées ainsi que quarante Carmels.
En 1627, il est créé Cardinal par le Pape Urbain VIII.

Seulement, proche de Marie de Médicis il devient le chef du Conseil de la Reine, soutenue par le parti dévot qui se heurte au Cardinal de Richelieu, soutenu par le Roi Louis XIII. Il réussit à réconcilier Marie de Médicis et Louis XIII pendant un temps mais est très vite évincé du Conseil Royal par Richelieu qui lui reproche ses orientations pro-espagnoles et pro-Habsbourg alors que la France doit bientôt entrer dans la Guerre de Trente Ans contre la Maison d’Autriche.

Urbain VIII voyait en lui l’Apôtre du Verbe Incarné.

Il a laissé des écrits qui ont fait référence pour l’époque :
– Le Discours de l’état et des grandeurs de Jésus
– La vie de Jésus
– Mémorial de direction

– L’élévation sur Sainte Madeleine

 

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19 août : Fête de Saint Jean Eudes

19 août : Fête de Saint Jean Eudes

Jean Eudes naît le 14 novembre 1601 à Ri, petit village proche d’Argentan en Normandie, dans l’actuel département de l’Orne. La France d’Henri IV est alors en pacification et en reconstruction après les ravages causés par les guerres de Religion, même si cette région de la Normandie n’a pas été…

19 août 2015

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Père Jean-Jacques Olier

Père Jean-Jacques Olier

Né le 20 septembre 1608 à Paris, fils d’un Intendant Royal, Jean-Jacques Olier fait ses études au Collège des Jésuites de Lyon et a la chance de rencontrer Saint François de Sales. De retour à Paris, il accomplit ses études de Philosophie au Collège d’Harcourt puis de Théologie à la…

2 avril 2014

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Richelieu : L'Homme Rouge au service de l'Etat

Richelieu : L’Homme Rouge au service de l’Etat

Le 4 décembre 1642 , épuisé et gravement malade, Son Éminence Armand Jean du Plessis Cardinal de Richelieu, Duc et Pair de France s’éteint à Paris après avoir prononcé ces mots : « Je n’ai d’autres ennemis que ceux de l’Etat » – En somme, pour reprendre les mots du défunt Philippe Erlanger, le Cardinal…

4 décembre 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

17 juin 2013
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Histoire & Culture

Joseph Fadelle : « Il faut apprendre à aimer la France ! »

by adminfhesp 16 juin 2013

Extraits d’un entretien accordé par un Irakien converti au christianisme ayant trouvé refuge en France depuis plusieurs années, auteur de l’ouvrage bouleversant Le prix à payer (2010, éditions de l’Oeuvre).

Une véritable déclaration d’amour envers sa terre d’accueil :

« J’aime reprendre ce que disait feu le patriarche Chenouda aux Egyptiens : « l’Egypte n’est pas un pays dans lequel on vit, mais c’est l’Egypte qui vit en nous ». Ces mots, je souhaite les adresser à tous ceux qui vivent en France, qu’ils en soient citoyens ou non. Il faut faire en sorte que la France vive en nous. C’est particulièrement vrai pour les hommes politiques. Cet amour peut résoudre beaucoup de problèmes actuels. Il faut être reconnaissant envers la France. Moi le premier, je lui suis infiniment reconnaissant de tout ce qu’elle m’a donné. Sans la reconnaissance qui s’incarne dans l’amour, on ne peut pas être citoyen d’une nation. »

« Oui, je rencontre des gens nés en France, dont les parents sont nés en France, et qui n’aiment pas la France. Mais ils y vivent parce que la France leur offre ce que nul autre pays au monde ne peut leur offrir. La France m’a accueilli quand aucun pays ne voulait de moi. Elle m’a fait sentir que j’étais un enfant du pays. Elle m’a tout donné. Ce manque d’amour nous conduit à la perte. »

« On ne peut rien construire si on n’aime pas la France. C’est aux parents de transmettre cet amour, par leur éducation. Et les écoles doivent enseigner le patriotisme et la citoyenneté. Qu’apprend-on aujourd’hui aux petits Français ? A gagner de l’argent et à penser à leur petit confort personnel. « Il faut consommer au maximum ! », leur inculque la société. Cela les éloigne d’un vrai amour de leur pays. Que sera la France si elle continue à combattre l’Amour, et à prôner le matérialisme, l’individualisme, l’égoïsme? »

 La totalité de l’entretien sur http://www.aed-france.org/actualite/joseph-fadelle-il-faut-apprendre-a-aimer-la-france/

 

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Hélie de saint Marc :

Hélie de saint Marc : « Que dire à un jeune de vingt ans ? »

Au moment où une rue de Bézier est rebaptisée « rue du commandant Hélie Denoix de Saint Marc », il semble opportun de relire ce beau texte où l’ancien résistant rappelle à la jeunesse ce qu’il considère comme « l’honneur de vivre »… « Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a…

14 mars 2015

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Abbé Iborra :

Abbé Iborra : « En décapitant le roi, on décapitait symboliquement la France »

Extrait de l’homélie de l’abbé Eric Iborra, vicaire de la paroisse saint Eugène, à Paris, prononcée à l’occasion de la messe de requiem pour le défunt roi de France Louis XVI, le 21 janvier dernier :  « Pourquoi assistons-nous à une messe de suffrage si nous pensons, avec le pape Pie…

22 janvier 2014

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« Que dire à un jeune de 20 ans ? » Hélie de saint Marc

Voici le précieux témoignage d’un résistant, d’un homme de combat et d’honneur s’adressant aux jeunes d’aujourd’hui :  une invitation au courage, à la quête de absolu et au don de soi… « Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa…

26 août 2013

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16 juin 2013
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Histoire & Culture

Chronique du Jour-J : Décision et planification

by adminfhesp 16 juin 2013

Chers lecteurs, chères lectrices, cela ne vous aura pas échappé, le soixante-dixième anniversaire du Débarquement de Normandie obligeant, je vous propose une chronique sur l’évènement, entre préparation, forces, chefs et déroulement de l’Opération « Overlord ».

Le SHAEF au complet Au premier rang : Tedder, Eisenhower et Montgomery. Au second rang : Bradley, Ramsay, Leigh-Mallory et Bedell-Smith

Le SHAEF au complet
Au premier rang : Tedder, Eisenhower et Montgomery.
Au second rang : Bradley, Ramsay, Leigh-Mallory et Bedell-Smith

1 – LA GESTATION

La gestation du plan « Overlord » a pris environ une année. Dès 1942, Staline réclame l’ouverture d’un nouveau front à l’Ouest afin de soulager les sacrifices consentis par l’Armée Rouge. Mais à l’époque, les Alliés n’ont pas encore les moyens de satisfaire la demande du Maître du Kremlin. La décision d’un assaut de grande envergure sur le Front de l’Ouest est décidée en mai 1943 par Roosevelt et Churchill lors de la Conférence de Washington. L’opération en question, confiée aux études du COSSAC est prévue pour 1944 et confirmée lors de la Conférence Quadrant de Québec en août 1943. C’est à ce moment qu’elle prend le nom d’« Overlord ». Lors de la Conférence de Téhéran en octobre 1943, toutes les options militaires sont confirmées. Staline est en partie satisfait et raille le « retard » pris par ses alliés. Il va même, en toute ironie, jusqu’à proposer aux Anglo-Américains de leur envoyer 3 Corps de Fusiliers en Grande-Bretagne pour « faire la besogne » (J. Quellien).

Pour les Alliés, le débat porte sur le lieu où « Overlord » devra avoir lieu. Souhaitant préserver les intérêts britanniques en Méditerranée et empêcher les Soviétiques d’étendre leur influence dans les Balkans, Churchill souhaite effectuer un débarquement en Yougoslavie tout en forçant le front italien afin d’atteindre l’Autriche avant l’hiver. Les Américains sont alors sur une toute autre longueur d’onde. En raison des impératifs logistiques qu’une telle opération nécessite, il faudra aux forces de débarquer dans un secteur au relief abordable et pouvant mener à un port en eaux profondes. Mais la sanglante expérience des Canadiens à Dieppe en 1942 a fait comprendre aux Alliés qu’un assaut sur un port était hors de question. L’idée est donc de débarquer dans un secteur moins protégé mais pouvant mener à la prise de grands ports par des opérations terrestres. Après de grands débats entre Britanniques et Américains, décision est prise de débarquer en France.

– A l’origine, un Commandement interallié avait déjà été institué ; le COSSAC (Chief of Staff Supreme Allied Command – Etat-major supérieur du Haut-Commandement allié). Commandé par le Lieutenant-General britannique Sir Frederik E. Morgan, assisté par le Major-General américain Ray W. Barker comme chef d’état-major, le COSSAC était en somme une « création » de Premier Ministre britannique qui souhaitait un organe supérieur pour la planification d’opérations amphibies. Trop optimiste et pas assez réaliste au vu des données stratégiques des années 1941-1942, Churchill envisageait un possible assaut sur l’Europe pour 1942. Sa création répondait aussi à un impératif aussi diplomatique que stratégique. En effet, durant l’année 1942, alors que l’Armée Rouge dut faire face à l’offensive de plusieurs armées allemandes vers le Don, Staline appelait sans cesse l’ouverture d’un nouveau front en Europe Occidentale et Méditerranéenne.

– Le COSSAC était aussi l’héritier du Combined Operations Command dirigé par le Vice-Amiral Lord Louis Mountbatten dont la tâche était d’élaborer des stratégies et des opérations pour la Libération de l’Europe de l’Ouest. Sauf que suite à l’échec – riche d’enseignements – de l’Opération « Jubilee » contre le port de Dieppe en août 1942, Américains et Britanniques décidèrent de confier l’élaboration d’opérations de ce type au COSSAC. Celui-ci mit au point plusieurs plans de grande envergure qui ne furent jamais appliqués faute de moyens matériels, de formation des unités d’assaut et de renseignements suffisants. Citons notamment « Stavanger » et « Tindall » pour une éventuelle attaque combinée sur la Norvège que la Royal Navy, la Royal Air Force et l’Etat-major jugèrent irréaliste et particulièrement risqué. Toutefois, le COSSAC mit au point une opération d’intoxication et de déception baptisée « Cockdade » par laquelle les canaux diplomatiques et médiatiques allemands.

2 – LE SHAEF

– Finalement, à la fin de l’année 1943 lorsque Roosevelt et Churchill tombèrent d’accord pour lancer une opération en France pour la première moitié de 1944. A l’issue des Conférences de Casablanca (1942) et « Quadrant » (Québec 1943), Britanniques et Américains décidèrent de former un nouvel organe de commandement qui engloberait le COSSAC et se consacrerait pleinement à la planification et organisation d’une opération amphibie sur les côtes françaises. Le plan fut baptisé « Overlord » et le nouvel organe de planification prit l’acronyme SHAEF pour Supreme Headquarters Allied Expeditionnary Forces.
Le SHAEF fut par la suite installé dans la Résidence de Bushy Camps, à Richmond upon Thames dans l’agglomération de Londres.

– Pour commander « Overlord », un seul nom retint les attentions ; Dwight D. Eisenhower qui avait été la tête pensante de l’Opération « Torch » en Afrique du Nord. Pour des raisons politiques, les Britanniques auraient préféré que ce soient un des leurs qui pilote l’opération mais le dernier mot revint à Roosevelt et à son Chef d’Etat-major, George C. Marshall. Finalement, Churchill réussit à placer son protégé, Bernard Montgomery dit « Monty » comme commandant en chef de l’ensemble des forces terrestres. Montgomery bénéficiait alors de la confiance de Churchill. N’avait-il pas vaincu l’invincible Erwin Rommel à El-Alamein ? Seulement « Ike » (surnom d’Eisenhower) aurait préféré le Général Harold Alexander qui avait l’habitude des opérations à grande échelle et avec qui il entretenait de très bons rapports. Mais Alexander commandait alors au XVth Army Group en Italie.
Avec l’original et rigide Montgomery – fils de Pasteur d’Ulster qui ne buvait que du thé, ne fumait pas et ne riait jamais (dixit Eisenhower) – les rapports avec le Général américain allaient être beaucoup plus difficiles que prévu, d’autant que « Monty » souffrait difficilement d’être commandé par un Américain. Walter Bedell-Smith, qu’Eisenhower prit comme chef d’état-major, allait avoir lui aussi une opinion assez mauvaise du général anglais.

– Mais paradoxalement, c’est avec l’un de ses compatriotes au sein du SHAEF que Montgomery allait avoir les rapports les plus tendus : l’Air Chief Marshall Arthur Tedder, ancien commandant des forces aériennes en Egypte et inventeur du « Tedder’s Carpet » ou « Carpet bombing » (tapis de bombes), qui détestait cordialement son collègue. Durant toute la campagne de Normandie, Tedder ne s’économisa pas en critiques auprès d’Ike pour brosser le médiocre bilan de « Monty » au vitriol. Montgomery était en charge des opérations terrestres du Jour-J et de l’assaut sur les plages. Il se montra partisan de l’offensive et songea même à opérer un débarquement de nuit ce qui affola ses commandants aériens et navals. Montgomery commandait aux unités britanniques et canadiennes de la IInd Army de Dempsey et Ire Canadian Army de Crerar. Aux dépens de ses deux subordonnés, Montgomery avait une propension à vouloir s’occuper de tout au niveau opérationnel.

– Les trois autres personnalités choisies par Eisenhower pour commander les trois forces d’invasion tendent quelque peu à passer dans l’oubli. Premièrement, le discret et consciencieux Omar N. Bradley, chef des forces terrestres américaines avait connu l’expérience du commandement en Afrique du Nord et en Sicile contre les Allemands et qui avait la sympathie des GI’s. S’il bénéficiait de la condescendance de Montgomery qui le considérait comme un rustre du Missouri, Bradley commandait directement aux forces terrestres américaines et bénéficiait grâce à Ike d’une autonomie opérationnelle. Il avait pour subordonnés directs les Généraux Leonard T. Gerow (Vth Corps), Joseph L. Collins (VIIth Corps) et Charles H. Corlett (XIXth Corps). Enfin, les deux divisions de parachutistes 82nd et 101st Airborne lui étaient rattachées pour les opérations aéroportées.

– Le choix de Sir Trafford Leigh-Mallory aurait pu paraître étonnant à l’observateur car cet officier supérieur de la RAF s’était violemment opposé à son supérieur Sir Hugh Dowding dans la conduite des opérations aériennes de la Bataille d’Angleterre, optant pour l’assaut général en lieu et place du harcèlement de la Luftwaffe préconisée par Dowding. Et les commandements opérationnels de Leigh-Mallory ne furent guère des plus brillants mais il bénéficiait de l’appui de Churchill. Leigh-Mallory avait sous ses ordres la VIIIth US Air Force (bombardiers) de Carl Spaatz, la IXth US Air Force Army du General Lewis H. Brereton (aviation d’appui tactique et chasseurs), ainsi que la RAF 2nd Tactical Air Force d’Arthur Cunningham, ancien commandant expérimenté de la Western Desert Air Force en Afrique et qui vouait une profonde détestation envers Montgomery. Outre les Britanniques, Américains et Canadiens, les forces aériennes alliées comprenaient des escadrilles, squadrons et groupes Français, Tchèques, Belges, Hollandais, Norvégiens, Grecs, Polonais, Australiens, Néo-Zélandais, Sud-Africains et même Rhodésiens.
Enfin, Leigh-Mallory avait en charge toutes les escadrilles de C-47 « Dakota » qui devaient assurer le largage des parachutistes au-dessus de la France ainsi que des unités de planeurs qui allaient être engagées pour la première fois. Leigh-Mallory sera tué dans un accident d’avion dans les Alpes fin 1944.

– La troisième personnalité était le très compétent Admiral Sir Bertram Ramsay qui avait la haute-main sur l’ensemble de la flotte alliée. Ramsay s’était fait connaître en 1940 en menant l’Opération « Dynamo » à Dunkerque. Churchill l’avait choisi ensuite pour commander les opérations navales de « Torch » en Afrique du Nord et il eut l’occasion de coopérer avec Eisenhower qui le choisit naturellement pour « Overlord » au vu de son savoir-faire amphibie. « Ike » dira n’avoir jamais eu à se plaindre de Ramsay.
Celui-ci commande à deux subordonnés tout aussi expérimentés. D’une part, l’Admiral Philip Vian pour la Royal Navy qui avait participé à la traque du « Graf von Spee » et du « Bismarck ». Après avoir passé un temps au sein de la branche navale du COSSAC, Vian avait exercé des commandements lors des Opérations « Husky » (Sicile) et « Avalanche » (Golfe de Salerne). Ensuite, le Rear-Amiral Alan G. Kirk pour les unités de l’US Navy avait lui aussi participé aux débarquements de Sicile et d’Italie.

– Enfin, comme pour les forces aériennes, les forces navales comprenaient des unités des différents pays occupés d’Europe.
Enfin, des observateurs et correspondants alliés autres qu’Anglais et Américains entretiennent des liens avec le SHAEF. Pour la France, il s’agit du Général Pierre Koenig qui commandera en même temps les FFI depuis Londres. L’URSS est aussi représentée par la voix du Général Ivan A. Sousloparov.
C’est donc à ses sept personnalités et leurs états-majors respectifs que revient la mission de mettre au point le plan d’invasion de l’Europe occupée.

3 – LE CHOIX DE LA NORMANDIE ET LA MISE EN PLACE D’ « OVERLORD »

– Plusieurs secteurs sont alors étudiés par le SHAEF que commande Eisenhower : D’abord le Golfe de Gascogne en raison de ses grandes plages et de la proximité du port de Bordeaux mais la traversée à partir de la Grande-Bretagne est particulièrement risquée en raison des bases de U-Boote sur la côte atlantique de la France (Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle, Royan). Cette option est rejetée et l’on pense aussi à la côte nord de la Bretagne entre Brest et Saint-Malo. Cette région dispose de plusieurs grands ports certes, mais la nature des côtes découpées rend des opérations de débarquement extrêmement risquées. Grâce aux renseignements transmis par la Résistance française, un autre secteur est choisi par le SHAEF : la Basse-Normandie et plus précisément la côte du Calvados.

carte-debarquement


En voici les principales raisons :

1 – La Côte du Calvados est formée de plusieurs plages de sables idéales pour un assaut amphibie.

2 – Les ports de Cherbourg et du Havre sont trop fortement défendus par des batteries de marine mais ils sont suffisamment éloignés des plages choisies pour maintenir les forces amphibies hors de portée. Ils sont également suffisamment proches du secteur des futures opérations pour être pris par un assaut terrestre, ce à qui l’ennemi ne s’attend pas d’un point de vue stratégique.

3 – Malgré quelques batteries de canons sous « Blockhaus » (Longueville-sur-Mer et Merville notamment), les côtes du Calvados sont parmi les moins bien défendues du Mur de l’Atlantique.

4 – Le littoral du Calvados ne présente pas de hauts fonds marins, idéal donc pour déployer les équipements logistiques conçus par dans le plus grand secret par les ingénieurs navals britanniques ; les ports artificiels « Mulberry » (« Mûre »).

L’idée des « Mulberries » a germé au sein de l’Amirauté britannique et du COSSAC durant les années 1942-1943. Après Dieppe, l’idée n’est plus de prendre un port d’assaut MAIS D’AMENER LE PORT DIRECTEMENT SUR LE LIEU DES OPERATIONS, selon les mots de son initiateur, l’Admiral Hugh Iorys Hughes. D’abord considérée comme fantaisiste, l’idée est fouillée et étudiée et convainc finalement Churchill de l’adopter. Le concept des « Mulberries » (« Mûre ») est d’assurer un flux continu en matière de renforts, de logistique et de ravitaillement pour les forces débarquées. Leur concept est simple. Il s’agit de gros caissons en bétons – baptisés « Phoenix » – placés sur flotteurs qui doivent être remorqués vers les Côtes normandes. Arrivés sur place, ils sont lestés d’eau de mer et disposés pour créer des rades de 300 hectares et 3 km de long chacune, à l’intérieur desquelles des plateformes de débarquement Lobnitz seront installées pour servir de débarcadères.

– Véritable performance en matière de génie naval et de logistique, les « Mulberries » et leurs composantes sont, fabriqués, assemblés et testés dans le plus grand secret dans les chantiers des grands ports britanniques de Portsmouth, Bristol et Southhampton.
Opération de grande envergure à visée stratégique, « Overlord » est planifiée avec une très grande minutie, profitant de l’intoxication infligée aux Allemands grâce à « Fortitude ». « Overlord » ne concerne pas seulement le débarquement en Normandie mais englobe aussi plusieurs opérations préparatoires et parallèles.

1 – Des Opérations navales préparatoires visent à empêcher la Kriegsmarine de sortir de ses bases. La Royal Navy pose alors des mines au large du port allemand de Kiel (Opérarion « Bravado »), comme au large des bases navales ennemies de Bretagne et de la côte Atlantique (Opération « Maple »).

2 – Les Avro Lancaster du No. 617 Squadron ont pour mission de poursuivre l’intoxication en larguant des « Windows » au-dessus des bases radars allemandes de Douvres-la-Délivrande, de Haute-Normandie et de Boulogne. Les « Windows » sont de simples morceaux d’aluminium qui peuvent brouiller les ondes radars.

3 – Les Bombardiers du Bomber Command (Royal Air Force) commandé par Harris et la VIIIth US Air Force de C. Spaatz doivent bombarder les bases allemandes dans le Pas-de-Calais et dans la région de la Baie de Somme pour faire toujours croire à un débarquement dans cette région.

4 – Coopération avec la Résistance Française (FFI) dont les actions doivent permettre de désorganiser les arrières allemands et l’arrivée de renforts en Normandie ; dynamitage de ponts et de lignes de chemin de fer (Plan Vert), d’installations électriques (Plan Bleu), d’actions retardatrices contre des unités ennemies (Plan Tortue) et désorganisation de communications téléphoniques (Plan Violet).
Ces actions sont menées avec la coopération des agents du Special Executive Order (SOE) présents en France mais aussi de 530 hommes Special Air Service (SAS)  placés sous le commandement britannique du Brigadier McLeod. Les SAS seront parachutés par « sticks » en Bretagne et dans le Centre de la France (Opérations « Dingson », « Samwest » et « Cooney »). Les éléments du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes du Colonel Jacques Faure seront aussi envoyés en France auprès des Maquis dans les semaines qui vont suivre. Les groupes Résistants français savent qu’ils doivent passer à l’action grâce aux « messages personnels » diffusés par la BBC.
Outre les célébrissimes vers du poème de Verlaine « Chanson d’automne », on en trouve d’autres tels « Il y a le feu à l’agence de voyage », « Jean a de longues moustaches » ou encore « Il fait chaud à Suez ». Ce dernier signifiant qu’il faut faire sauter des lignes de chemin de fer.

** Le débarquement naval et les opérations aéroportées doivent se dérouler selon des conditions météorologiques bien précises, ce qui impacte nécessairement sur la planification et le jour même. Les calculs et l’étude des données météorologiques sont confiées aux unités du Group Captain James Stagg, du Royal Air Force Meteoroligist Service.

Ainsi donc, le débarquement doit avoir lieu à mi-marée ou marée montante. Si le débarquement a lieu à marée basse, les GI’s et Tommys se retrouveront à découvert. Et s’il se déroule à marée haute, les chalands (LCI et LCT) risquent de heurter les tétraèdes et les « asperges de Rommel ». D’autre part, le largage des parachutistes nécessite une nuit de pleine lune pour faciliter le guidage des avions C-47.
Or, ces deux conditions ne peuvent converger au plus tôt début mai 1944 ou au début du mois de juin. Afin de parachever au mieux les préparatifs, Eisenhower décide d’abord de déclencher « Overlord » dans la nuit du 4 au 6 juin.

 

*** Les Opérations aéroportées son séquencées comme suit :

1 – Opérations « Boston » et « Albany » pour le largage des 82nd et 101st Airborne Divisions américaines de Mathew B. Ridgway et Maxwell D. Taylor dans les secteurs de Sainte-Mère-Eglise et Saint-Côme-du-Mont. Le plan de vol attribué aux pilotes des Carrier Squadrons (Escadrilles de transports) prévoit d’abord de passer au large du nez de Jobourg au nord-ouest du Cotentin avant d’obliquer vers l’Est au nord de Barneville-Carteret.

2 – Opération « Tonga » pour la 6th Airborne Division de Richard Gale dont les trois Brigades (2 de Parachutistes et 1 de Planeurs) seront larguées dans le centre-est du Calvados entre l’Orne et la Dives. « Tonga » comprend le plan « Deadsick », attribué à une partie de 6th Airlanding Brigade (Planeurs) et à des éléments des brigades de paras, qui prévoit la prise et la sécurisation des ponts sur l’Orne (Ranville et Bénouville). Enfin, le 9th Parachute Battalion du Lt-Col. Terence Otway reçoit la mission de s’emparer de la batterie de Merville.
« Deadsick » doit être suivi par « Mallard » qui consiste à larguer tout le reste de la 6th Airlanding durant l’après-midi du Jour-J, pendant que les Commandos et Royal Marines de la 1st Special Service Brigade de Lord Lovat doiventt effectuer leur jonction avec les Parachutistes de Gale. Le plan de vol est plus simple ; la 6th Airborne doit partir de ses bases de … pour filer tout droit vers le nord-est de Caen.
En tout, 24 000 parachutistes doivent êtres largués et acheminés en Normandie.

**** L’Armada navale rassemblée et organisée par l’Amiral Bertram Ramsay doit quitter ses ports de Bristol, Plymouth, Southampton, Portsmouth et Douvres pour se rassembler en plein centre de la Manche dans une zone surnommée « Piccadilly Circus ».
Ramsay commande à une formidable force navale de 6 339 navires manœuvrés par plus de 195 000 officiers et marins (près de 60 % britanniques), dont 1 412 navires de guerre en tous genre (cuirassés, croiseurs, destroyers, LCT lance-roquettes…) et plus de 4 500 navires de transport, en plus des dragueurs de mines chargés d’ouvrir le passage et de sous-marins chargés d’aiguiller le reste de l’armada vers les côtes.
L’Armada alliée est scindée entre la Western Task Force de l’Amiral Alan G. Kirk (Etats-Unis) chargée d’appuyer les forces américaines sur Omaha et Utah Beaches et l’Eastern Task Force du Vice-Admiral Philip Vian qui doit couvrir les débarquements anglo-canadiens sur Gold, Juno et Sword.

175 000 hommes Américains, Britanniques, Canadiens et Français (les 177 de Kieffer) doivent débarquer sur les cinq plages sous le commandement de Montgomery.

– Utah (VIIth US Corps ) : 4th Infantry Division de Barton – Débarquement entre Saint-Martin-de-Varreville et Sainte-Marie-du Mont.
* Objectifs : Établir la liaison avec les parachutistes à Sainte-Mère-Eglise et Saint-Côme-du-Mont avant d’étendre la tête de pont du VIIth Corps vers le nord en vue de prendre Cherbourg.

– Omaha (Vth US Corps) : 1st Infantry Division « Big Red One » d’Huebner, 29th Infantry Division de Gerhardt, 3 Compagnies du 2nd Rangers Battalion et du 5th Rangers Battalion de Schneider, avec l’appui de chars Sherman amphibies Duplex Drive (DD) des 741st et 743rd Tank Battalions débarqueront entre Vierville-sur-Mer et Colleville-sur-Mer. Enfin, les 3 autres compagnies du 2nd Rangers Battalion du Lt-Col. James E. Rudder doivent neutraliser la batterie de la Pointe-du-Hoc entre Grandcamp-Maisy et Vierville-sur-Mer.

* Objectifs : Sécuriser la route Isigny-sur-Mer – Bayeux, prendre Grandcamp-Maisy à l’ouest, Isigny-sur-Mer dans les jours qui suivent et rejoindre les parachutistes de la 101st dans le secteur de Carentan.

– Gold (XXXth British Corps) : 50th Division « Northumbrian » de Graham, avec l’appui de la 8th Armoured Brigade de Cracroft, du 47th Royal Marines Commando (4th Special Service Brigade) et de « funnies » de la 79th Armoured Division d’Hobart. Débarquements entre Port-en-Bessin et Arromanches – Le Hamel.

* Objectifs : Libérer Bayeux, rejoindre les Canadiens à Juno à l’est entre Le Hamel et la Rivière et neutraliser la batterie de Longues-sur-Mer (Royal Marines).

– Juno (Ist British Corps) : 3rd Canadian Division de Keller, avec l’appui de la 2nd Canadian Armoured Brigade de Wyman, des 45th et 46th Royal Marines Commandos (4th Special Service Brigade) et de « funnies » de la 79th AD ; débarquements entre La Rivière et Saint-Aubin-sur-Mer.

*Objectifs : Libérer les villes côtières, rejoindre les Britanniques venant de Gold et Sword et avancer vers l’aéroport de Carpiquet.

– Sword (Ist British Corps) : 3rd Infantry Division (Britannique) de Rennie, avec l’appui des chars amphibies DD de la 27th Armoured Brigade de Prior-Palmer, les Royal Marines de la 1st Special Service Brigade de Lovat et de « funnies » de la 79th AD ; débarquements entre Lion-sur-Mer et Ouistreham.

* Objectifs : Libérer les villes côtières, traverser l’Orne et sécuriser les ponts (1st SS Brigade) et atteindre Caen au soir du 6 (3rd Division).

[Suite]

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3-4 octobre 1943 : Libération de la Corse

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La Corse est occupée le 11 novembre 1942 par les forces germano-italiennes, suite au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord. Mais les Allemands y stationnent peu de forces – notons tout de même la présence notable de la SS-Sturmbrigade                    « Reichsführer…

3 octobre 2013

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 7/ L'Odyssée du II. SS-Panzer-Korps

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Du côté de Rommel, von Schweppenburg et Dietrich, le projet contre-attaque contre la tête de pont anglo-canadienne doit être déclenché par un redoutable « poing blindé » (avec Panzer IV, Panther, Tiger et Sturmgescützte), soit le I. SS-Panzer-Korps de Sepp Dietrich (1. SS-PzDiv « Leibstandarte Adolf Hitler » et 2. SS-PzD « Das Reich ») et…

20 juin 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 17/ La Bataille de Saint-Lô (Première partie)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 17/ La Bataille de Saint-Lô (Première partie)

Après la très dure Bataille des Haies, Omar N. Bradley doit se consacrer à l’assaut sur Saint-Lô. Celui-ci doit se développer sur deux axes de part et d’autre de la vire. 6 divisions (2nd – détachée du Vth Corps, 9tth, 29th, 30th, 35th Infantry-Divisions et 3rd Armored Divisions), 5 Bataillons…

10 juillet 2014

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16 juin 2013
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Histoire & Culture

Les Bandol

by adminfhesp 14 juin 2013

Cette jolie appellation provençale s’étend sur huit communes du département du Var : Bandol, Le Beusset, la Cadière-d’Azur, Le Castellet, Evenos, Ollioudes, Saint-Cyr-sur-Mer et Sanary. Le fort ensoleillement et le sol squelettique d’influence calcaire permettent l’épanouissement et l’affirmation du Mourvèdre.

* LES ROUGES

– Peu courus aux yeux du  grand public français et méritant une meilleure renommée (mais cela commence…), les vins rouges de Bandol sont issus d’un assemblage Mourvèdre, Grenache, Cinsault, Syrah et Carignan. Jeunes, leur robe est pourpre avant d’évoluer vers un rubis et un grenat foncé avec l’âge.
Vins puissants, ils révèlent d’abord des arômes de fruits noirs et rouges (framboise, cassis, mûre) d’épices et de pivoine. Après quatre à cinq ans de garde, ce sont la truffe, le sous-bois et la réglisse qui s’affirment. Le Mourvèdre donne des vins tanniques qui deviennent plus ronds dans le vieillissement mais qui peuvent se conserver entre dix et quinze ans en cave.
Compte-tenu leur puissance et leur force, on les déguste volontiers avec des gibiers, de la daube, de l’agneau grillé et même des desserts au chocolat.

** LES BLANCS

– Très appréciables et appréciés, les vins blancs de Bandol (Clairette, Ugni blanc, Bourboulenc et Sauvignon) révèlent soit un bouquet fruité avec du pamplemousse et des fruits secs, soit floraux (tilleul, genêt).
En bouche ils  sont très vifs et frais. A servir à une température située de 11 à 12 °C, et à déguster lors d’un repas estival, sur du poisson grillé, à la provençale ou à l’aïoli (bar ou loup, lieu noir, rascasse, rougets…) et des fromages (chèvre).

*** LES ROSES 

– Pâles et saumonés, les rosés font incontestablement partie de ce type de vins produits en France. Issus d’un assemblage de Mourvèdre, Syrah, Cinsault et Carignan, ils offrent des arômes de fruits rouges et d’abricot, avec – selon les terroirs – des nuances d’ananas, de fenouil et de menthe. En bouche, ils se révèlent structurés grâce au Mourvèdre. Il est recommandé de les servir sur une salade composée, de la bouillabaisse, une soupe de poisson, de l’anchoïade, des gambas et des rougets.

Recommandations personnelles :
– Domaine Gavoty
– Domaine La Chrétienne (Saint-Cyr-sur-Mer, Var)

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Vins d’été : Les Provence (1)

Vins d’été : Les Provence (1)

Le rosé étant l’arbre qui masque la forêt, il faut bien le dire, les vins provençaux renferment de petites merveilles fort agréables à déguster l’été et notamment en blanc. Les vins de Provence acquièrent tout leur caractère avec le soleil, le climat méditerranéen comme avec les sols calcaires ou cristallins.…

24 juillet 2013

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Vins du Languedoc - Saint Chinian

Vins du Languedoc – Saint Chinian

Situé sur les pentes de la Montagne noire et des monts Pardailhan et Faugères entre Orb et Vernazobre, le vignoble de Saint-Chinian, reconnu AOC depuis 1982, produit majoritairement des vins rouges à côté de blancs et de rosés. Le vignoble de Saint-Chinian s’étend sur3 261 hectares en se répartissant sur…

4 octobre 2013

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Les Côtes du Roussillon

Les Côtes du Roussillon

Après les Banyuls et les Maury, je vous propose de partir à la découverte des autres vins du Roussillon, moins connus mais tout aussi intéressant et appréciables. Situé entre le massif des Corbières et la frontière espagnole, au pied du Mont Canigou (Pyrénées Orientales), le vignoble des Côtes du Roussillon…

16 janvier 2014

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14 juin 2013
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Histoire & Culture

Hommage à Jean Favier, disparu le 12 août dernier

by adminfhesp 13 juin 2013

Cher Monsieur Jean Favier

En tant qu’ancien apprenti historien et modeste animateur de ce blog, c’est avec une sincère tristesse que j’ai appris que vous ne rédigeriez plus d’ouvrage sur la période la moins connue de Notre Histoire.

A vrai dire, je ne vous connais pas personnellement, ne vous ai jamais rencontré ni même entendu en conférence. Toutefois, je vous dois quelque chose d’autant plus précieux ; l’acquisition de connaissances et l’intérêt pour des pans de l’Histoire Médiévale durant mes années de Faculté, années que je tâche de fructifier.

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Monsieur Favier, je vous ai connu davantage par vos ouvrages de référence sur l’Histoire médiévale française et par les différents ouvrages et biographies que vous avez produites (Papauté, grandes découvertes, Louis XI, Philippe le Bel) mais en grande partie, grâce à votre œuvre de référence que reste votre « Guerre de Cent Ans », à laquelle nous nous référons abondamment à travers nos articles.

Pour ceux qui ne vous connaîtraient que peu ou pas du tout, votre parcours impressionnant est passé par l’Ecole des Chartes dont vous êtes sorti major, l’Université de Rouen, la Sorbonne, la Direction des Archives Nationales, l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, la Direction de la BNF, la Direction historique et la Direction de Commission Française pour l’UNESCO.

Ainsi, après Jacques Heers et Jacques Le Goff, la discipline de l’Histoire Médiévale perd l’un de ses maîtres, capable de passionner un public sur différentes thématiques.

Peu après votre disparition donc, c’est par ces quelques lignes que nous pouvions vous rendre hommage.

En vous disant MERCI !

 

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Brève - 20 avril 1814 : Adieux de Fontainebleau

Brève – 20 avril 1814 : Adieux de Fontainebleau

« Soldats de ma vieille Garde, je vous fais mes adieux. Depuis vingt ans, je vous ai trouvés constamment sur le chemin de l’honneur et de la gloire. Dans ces derniers temps, comme dans ceux de notre prospérité, vous n’avez cessé d’être des modèles de bravoure et de fidélité. Avec des…

20 avril 2014

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Appel de saint Jean-Paul II à redécouvrir « l’âme française »...

Appel de saint Jean-Paul II à redécouvrir « l’âme française »…

C’était en 1996. A l’occasion de la célébration du XVème centenaire du baptême de Clovis, à Reims, Jean-Paul II exhortait les Français à redécouvrir leur histoire et la vocation propre de leur pays. Voici l’homélie en intégralité.           « Chers Frères et Sœurs de France ici rassemblés, L’Évêque de Rome salue en cette…

29 avril 2015

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Gérard Depardieu, Cyrano de Bergerac : Tirade du « nez »

Un morceau de culture française. L’acteur français au sommet de son art, dans une tirade mémorable… Extrait du film réalisé par Jean-Paul Rappeneau « Cyrano de Bergerac » (1990) Cyrano de Bergerac est la plus célèbre pièce de théâtre d’ Edmond Rostand (1868-1918), inspirée d’un personnage réel, Savinien Cyrano de Bergerac (1619-1655). Cette…

11 juillet 2012

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13 juin 2013
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Histoire & Culture

26 juillet 1757 : Victoire du Maréchal d’Estrées à Hastenbeck

by adminfhesp 9 juin 2013

Guerre de Sept-Ans ; l’Armée Royale de Louis XV (en guerre contre la Prusse, l’Angleterre et le Hanovre) livre alors une série des batailles en Allemagne.
Hastenbeck-Rioult
En avril 1757, deux armées françaises franchissent le Rhin et entrent en Allemagne dans le but de marcher vers la Bohême pour forcer les forces prussiennes de Frédéric II de se retirer du conflit. L’Armée du Maréchal Louis Charles Le Tellier Comte d’Estrées franchit la Weser à Beverungen le 7 juillet et s’avance dans les territoires nord de l’Électorat de Hanovre. Face à lui, William Duc de Cumberland, fils du Roi d’Angleterre George II de Hanovre a positionné son armée (Hessois et Hanovriens) entre Minden et Hamelin (Hameln). D’Estrées et Cumberland se sont déjà affrontés dans le passé, d’Estrées étant l’un des subordonnés du Maréchal de Saxe à Fontenoy douze ans auparavant.

BatailleHastenbeckD’Estrées à laissé son aile droite commandée par le Duc de Broglie sur la rive occidentale de la Weser, ne conservant avec lui que son centre (Marquis de Contades), son aile droite (Comte d’Armentières) et le Corps du Général François de Chevert qui s’était illustré face aux Autrichiens à Prague en 1741.

Chevert, sur qui reposera l’essentiel de la bataille, a sous ses ordres les Brigades de Picardie, de Navarre, de la Marine et d’Eu (cette dernière étant placée en renfort), ainsi que des unités de Volontaires et de Grenadiers.

Dès le 24 juillet, le Duc de Cumberland tente d’engager l’Armée d’Estrées au sud de Hamelin mais il perd le soutien de ses bataillons prussiens rappelés en urgence par Frédéric II. Il place toutefois son armée en position entre Hamelin et Voremberg. Le flanc gauche des Hanovriens s’accroche dans le secteur d’Obensburg et fait ainsi face au flanc droit français.

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François de Chevert

Le 25 juillet, les deux armées se font face à Hastenbeck. François de Chevert reçoit l’ordre d’engager les forces ennemies et de s’emparer du village de Voremberg mais l’assaut français s’achève par un échec. Toutefois, l’assaut français a révélé un point faible dans le dispositif de Cumberland.

Le 26 juillet, à 9h00, par un mouvement de flanc, Chevert relance son assaut directement vers le sud d’Obensburg. Les Français s’emparent de la localité, forçant Cumberland a rameuter ses réserves pour bloquer Chevert. D’Estrées en profite et envoie son centre et son aile droite à l’assaut. Le Marquis de Contades avec les Brigades de Vaubécourt, de Mailly, d’Orléans et du Lyonnais s’empare de Schmiedebrink. Pendant ce temps, le Comte d’Armentières, avec les Brigades des Impériaux, de la Couronne, de Belsunce, Allemande-Alsace, des Suisses de Reding et quatre régiments de Dragons à Pied s’empare d’Obensburg.
Malgré l’arrivée des unités Hanovriennes de réserve du Colonnel Dachenhausen, Cumberland voit son dispositif sur le point de craquer et décide de se replier.

Ce succès français amènera les Anglo-hanovriens à négocier la paix (éphémère de Kloster-Zeven).

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François de Chevert

François de Chevert

Rare roturier à avoir acquis ses quartiers de noblesses par le sabre, François Chevert voit le jour le 2 février 1695 à Verdun. Il s’engage comme simple soldat à onze ans seulement dans le Régiment de Carné et grimpe les échelons de la hiérarchie militaire. Le 9 décembre 1710, Chevert…

24 janvier 2016

Dans « 1715-1804 »

Louis Hector de Villars Maréchal de France

Louis Hector de Villars Maréchal de France

« Sire, encore une défaite comme ça et nous avons gagné la guerre ». Ainsi Villars commentait-il l’issue de la bataille de Malplaquet face aux Impériaux du Prince Eugène. – Figure militaire incontournable de la seconde moitié du règne de Louis XIV, manœuvrier de talent, bon tacticien, admiré de ses soldats mais réputés…

17 juin 2016

Dans « Grand Siècle »

Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

Fils d’un huissier royal, Claude-Victor Perrin voit le jour à Lamarche dans les Vosges le 7 décembre 1764. A dix-sept ans, il s’engage dans l’Armée du Roi et est incorporé comme Tambour au Régiment d’Artillerie de Grenoble. En 1791, il s’engage dans la Garde Nationale et gravit les échelons rapidement.…

1 mars 2016

Dans « Grande Armée »

9 juin 2013
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Histoire & Culture

14 octobre 1805 : Victoire de Ney à Elchingen

by adminfhesp 4 juin 2013

Cette victoire française s’est déroulée au sud d’Ulm en Bavière et mit aux prises les 17 000 hommes du 6e Corps de Michel Ney, à 16 000 soldats de l’Armée autrichienne commandés par le Feldmarschall Johann von Riesch.
Reddition-de-la-ville-d-Ulm
– Constatant que les Autrichiens se replient au nord d’Ulm alors que ses forces sont au sud, Napoléon ordonne à Ney de passer le Danube en aval d’Ulm et de prendre le plateau d’Elchingen dont le sommet est coiffé d’un couvent. Le « Rougeaud » paraît alors à la tête de son 6e Corps en grande tenue, décorations plaquées sur la poitrine. Il apostrophe Murat en ces termes : « Venez Prince, venez faire avec moi vos plans en face de l’ennemi ! ». Joignant alors le geste à la parole, Ney lance son cheval dans les eaux du Danube sous les tirs autrichiens et parvient à franchir le fleuve.

– Ney entraîne toute une partie de son 6e Corps dans son sillage et notamment la Division Loison. Alors que les Autrichiens continuent leurs tirs de barrage, Ney ordonne au Capitaine Cloisel, aide de camp de Louis Loison de construire un point à l’aide de planches. En dépit des difficultés, Cloisel parvient à jeter un pont sur le Danube sur lequel se lancent les Voltigeurs du 6e Régiment d’Infanterie Légère,suivi par le 39e Régiment d’Infanterie de Ligne (Colonel Mancune) de la Brigade Villatte. Seulement, les Autrichiens tiennent bien leur ligne et seul le 1er Bataillon du 6e Léger parvient à s’accrocher aux pentes d’Elchingen avent d’être contre-attaqué et ramené presque à l’entrée du pont, avant de recevoir le soutien de son 2nd Bataillon.
Toutefois, Ney fait immédiatement donner les 69e et 76e de Ligne (Colonels Brun et Faure-Lajonquière) de la Brigade Roguet, qui permettent de reprendre le terrain perdu.

– Ney se met à la tête du 6e Léger et mène la charge vers le sommet d’Elchingen. Les Voltigeurs de la Brigade Vilatte doivent alors combattre durement pour s’assurer le contrôle des rues du village. Celui-ci aux mains des Français, le Maréchal français décide de se s’assurer du contrôle d’un bosquet couvrant partiellement le Michelsberg (une éminence ondulée qui fait la jointure entre Elchingen et les abords d’Ulm).

– C’est dont le 69e de Ligne du Colonel Brun qui mène la charge contre une partie du Corps de von Riesch, avant de recevoir l’appui du 18e Régiment de Dragons du Colonel Charles Lefebvre-Desnouettes (4e Division de Dragons de Laplanche). Celui-vient tourner et charger les Autrichiens qui doivent se replier précipitamment vers Haslach.

– Pendant ce temps, le Général autrichien Werneck sort d’Ulm pour tenter de prêter main-forte à von Riesch. Mais pressentant au son du canon que les Français semblent être sur ses arrières, il décide de se replier sur la route Albeck-Ulm… pour tomber tout droit sur la Première division du 6e Corps français commandée par Pierre Dupont de l’Etang. Le combat s’engage alors et Werneck veut accélérer son repli. Dupont de l’Etang ordonne alors à ses 9e et 32e Régiment d’Infanterie Légère (Colonels Sancey et Duranteau) de serrer les colonnes Autrichiennes. Werneck est alors contraint de se replier vers Ulm.

– La victoire est donc acquise à Ney qui reçoit le titre de Duc d’Elchingen.

Sources :
– Bataille d’Elchingen. Le 14 octobre 1805, http://www.gustavemar.free.fr
– 76e Demi-Brigade/76e Régiment de Ligne 1794-1815, http://www.frederic.berjaud.fr

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Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

– Le Général Jean-Adoche Junot disait de lui : « c’est un brave homme que Ney ; c’est dommage qu’il soit ce que nous appelons un mauvais coucheur. ». Colérique, emporté, orgueilleux mais au courage et à l’intrépidité légendaires, Michel Ney reste sans conteste l’une des personnalités les plus incontournables de la Grande Armée. Même si…

7 décembre 2015

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20 octobre 1805 : Victoire de Napoléon à Ulm

20 octobre 1805 : Victoire de Napoléon à Ulm

La victoire d’Ulm a lieu dans la foulée de la victoire de Ney à Elchingen le 14 octobre. Pour rappel, le 6e Corps du Brave des Braves avait pu s’emparer du Michelsberg et la Division du Général Dupont de l’Etang avait repoussé une contre-attaque autrichienne du Général  arrivant d’Ulm. La…

20 octobre 2016

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Campagne de 1814 - 7 mars : Difficile victoire de Craonne

Campagne de 1814 – 7 mars : Difficile victoire de Craonne

On connaît le Plateau de Craonne pour sa chanson et pour son engagement tragique de 1917. Mais on le connaît moins pour l’engagement qui a opposé les éléments de la Grande Armée aux Prussiens. Après les victoires de Brienne, Champaubert, Château-Thierry et Montereau, Napoléon choisit de surveiller les Austro-Bavarois de…

6 mars 2014

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4 juin 2013
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Histoire & Culture

27 mai 1797 : Exécution de Gracchus Babeuf

by adminfhesp 4 juin 2013

Gracchus Babeuf ( 1760-1797)

Né en 1760 à Saint-Quentin, de son vrai nom François Noël Babeuf, il est le fils de Marie-Catherine Ancherel et de Claude Babeuf, un employé des fermes royales de Picardie.
A douze ans, il commence à travailler comme terrassier au canal de Picardie. A dix-sept ans, il devient apprenti chez un notaire feudiste à Roye, ce qui lui vaut sa belle écriture.

– En 1781, il exerce les professions de géomètre et de commissaire à terrier. Ce second métier consiste à recenser et évaluer les droits, bien-fonds, registres et redevances des seigneuries, le tout étant noté dans un livre à terrier. C’est à ce moment-là que Babeuf découvre les restes du féodalisme, d’autant plus que certains nobles désargentés cherchent à faire réévaluer leurs droits en s’appuyant justement sur les commissaires à terriers et sur certaines vieilles chartes de l’Époque Médiévale.
C’est aussi à ce moment, que Babeuf découvre les écrits de Jean-Jacques Rousseau et adhère à l’idée d’une stricte égalité entre les Hommes. En 1788, il rédige son Cadastre perpétuel (édité en 1789) mais celui-ci n’est pratiquement pas lu.

– Peu avant la convocation des États Généraux par Louis XVI, il rédige les cahiers de doléance des habitants de Roye. Il devient ensuite journaliste au Courrier de l’Europe, dans les lignes duquel il combat les impôts et l’inégalité, tout en organisant des réunions et faisant signé des pétitions. C’est aussi à ce moment qu’il rompt définitivement avec le Christianisme car il est incompatible avec la Liberté.
Bien que très minoritaire sous la Constituante, Babeuf est arrêté sur ordre de l’Assemblée (1790) mais est aussitôt libéré grâce à l’intervention de Marat. Il lance aussitôt son propre journal : Le Correspondant Picard, dans lequel il dénonce le suffrage censitaire. Cela déplaît à la Constituante qui fait interdire la diffusion du journal et contraint Babeuf à retourner en Picardie. Mais là, il pratique l’agitation en mobilisant les ouvriers et les paysans de sa province.

– En 1792-1794, Gracchus Babeuf soutient d’abord les Jacobins, avant de critiquer les orientations terroristes du nouveau régime. Il va même jusqu’à dénoncer le populicide de la Vendée orchestré par les généraux Tureau et Kellermann. Mais il est seul.
Après la chute de Robespierre le 9 Thermidor An II, Babeuf critique violemment la réaction thermidorienne du Directoire. Il tient alors un journal, le Tribun du Peuple. François Noël Babeuf prend tout de même le prénom de Gracchus par référence à Caius et Tiberius Gracchus (les Gracques) qui avaient tenté d’instaurer des réformes agraires à Rome au Ier siècle av J-C, pour se heurter à la vieille aristocratie romaine.
Accusé par Tallien d’outrage envers le gouvernement, il est arrêté et incarcéré à Arras, alors que son journal est interdit. Libéré peu de temps après, il relance son journal et participe à l’insurrection de sections jacobines du Ier Prairial An III (20 mai 1795), durant laquelle la tête du député Féraud est présentée à Boissy d’Anglas.

– En 1796, Babeuf et l’un de ses amis, Sylvain Maréchal, signent Le Manifeste des Égaux, dénonçant les privilèges du Directoire, tout en aspirant à instaurer en France un régime strictement égalitaire, autant en droits qu’en conditions. Ainsi, il faut mettre en collectivité les terres et les moyens de production, afin d’acquérir le Bonheur commun et la stricte égalité. Babeuf s’inspire notamment de l’égalité qui régnait entre les citoyens de Sparte.
Lisons un peu ce qui y est écrit :

Peuple de France ! L’Égalité ! premier vœu de la nature, premier besoin de l’homme, et principal nœud de toute association légitime ! Peuple de France ! tu n’as pas été plus favorisé que les autres nations qui végètent sur ce globe infortuné !… Toujours et partout la pauvre espèce humaine livrée à des anthropophages plus ou moins adroits, servit de jouet à toutes les ambitions, de pâture à toutes les tyrannies. Toujours et partout, on berça les hommes de belles paroles : jamais et nulle part ils n’ont obtenu la chose avec le mot. De temps immémorial on nous répète avec hypocrisie, les hommes sont égaux, et de temps immémorial la plus avilissante comme la plus monstrueuse inégalité pèse insolemment sur le genre humain. Depuis qu’il y a des sociétés civiles, le plus bel apanage de l’homme est sans contradiction reconnu, mais n’a pu encore se réaliser une seule fois : l’égalité ne fut autre chose qu’une belle et stérile fiction de la loi. Aujourd’hui qu’elle est réclamée d’une voix plus forte, on nous répond : Taisez-vous misérables ! l’égalité de fait n’est qu’une chimère ; contentez-vous de l’égalité conditionnelle ; vous êtes tous égaux devant la loi. Canaille que te faut-il de plus ? Ce qu’il nous faut de plus? Législateurs, gouvernants, riches propriétaires, écoutez à votre tour.

Nous sommes tous égaux, n’est-ce pas ? Ce principe demeure incontesté, parce qu’à moins d’être atteint de folie on ne saurait dire sérieusement qu’il fait nuit quand il fait jour.
Eh bien ! nous prétendons désormais vivre et mourir égaux comme nous sommes nés ; nous voulons l’égalité réelle ou la mort ; voilà ce qu’il nous faut.
Et nous l’aurons cette égalité réelle, à n’importe quel prix. Malheur à qui ferait résistance à un vœu aussi prononcé !

La révolution française n’est que l’avant-courrière d’une autre révolution bien plus grande, bien plus solennelle, et qui sera la dernière.
Le peuple a marché sur le corps aux rois et aux prêtres coalisés contre lui : il en fera de même aux nouveaux tyrans, aux nouveaux tartuffes politiques assis à la place des anciens.

Ce qu’il nous faut de plus que l’égalité des droits

Il nous faut non pas seulement cette égalité transcrite dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, nous la voulons au milieu de nous, sous le toit de nos maisons. Nous consentons à tout pour elle, à faire table rase pour nous en tenir à elle seule. Périssent, s’il le faut, tous les arts pourvu qu’il nous reste l’égalité réelle !
Législateurs et gouvernants qui n’avez pas plus de génie que de bonne foi, propriétaires riches et sans entrailles, en vain essayez-vous de neutraliser notre sainte entreprise en disant : Ils ne font que reproduire cette loi agraire demandée plus d’une fois déjà avant eux.

Il est aussi écrit que : « le droit de succession doit être aboli, […] la République doit assurer à chacun un logement décent, l’habillement et une nourriture suffisante […]. » Enfin, la monnaie doit elle aussi être supprimée.

– En 1796, Babeuf entre dans la clandestinité – il prend le nom de Tissot – et fomente la « Conjuration des Égaux », visant à renverser le Directoire. On y compte Vincent Buonarotti, Sylvain Maréchal, deux aristocrates ; Félix Le Peletier de Saint-Fargeau et Pierre-Antoine Antonelle et Augustin Darthé.
Les babouvistes s’implantent solidement – pour un temps – dans certains quartiers de Paris à la tête desquels sont placés des chefs militaires tels, Vaneck, Germain, Rossignol, Fyon et Massart. Cette sédition inquiète fortement les hommes forts du Directoire ; Paul François Barras et Lazare Carnot.
Ceux-ci reçoivent alors les informations précieuses d’un informateur, Georges Grisel, ce qui leur permet d’arrêter Babeuf et ses complices le 21 floréal an IV (10 mai 1796).

– Jugé à Vendôme, Babeuf est condamné à mort. Il tente de se suicider à l’aide d’un stylet mais on l’en empêche. Il est finalement guillotiné le 8 prairial an V (27 mai 1797) aux côtés de Darthé. Ses enfants seront adoptés par Lepeletier de Saint-Fargeau et Tureau.
Vincent Buonarotti sera déporté (tout comme Germain). Il reviendra en France après la Restauration et transmettra les idées de Babeuf à un certain Auguste Blanqui.

Sources :
– OZOUF, Mona : « Gracchus Babeuf », in Dictionnaire critique de la Révolution française, en collaboration avec François Furet, Flammarion, 1993
– TULARD, Jean : Histoire de la Révolution française, PUF, 2004

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Portrait : Pierre-Antoine Berryer, avocat de la Légitimité et du Libéralisme

Portrait : Pierre-Antoine Berryer, avocat de la Légitimité et du Libéralisme

L’Histoire fourmille d’illustres inconnus, de grands noms qui ont marqué leur époque mais que la pensée officielle rejette dans l’oubli. Il est toujours bon de les ramener à la lumière, que ce soit pour rappeler leurs existences ou simplement pour briser les étroites catégories que nous nous plaisons tant à…

6 mai 2015

Dans « Non classé »

29 janvier 1829 : Disparition de Paul de Barras

29 janvier 1829 : Disparition de Paul de Barras

Assez méconnu aujourd’hui, Paul de Barras reste quelque peu coincé entre Robespierre et Bonaparte. Pourtant, il fut le réel homme fort de la France entre 1794 et 1799 durant le Directoire. Intelligent, de bonne prestance, bon manœuvrier et retors, il était connu asussi pour sa brutalité, sa débauche et sa…

29 janvier 2016

Dans « 1715-1804 »

Maréchal Honoré Charles Reille

Maréchal Honoré Charles Reille

Honoré Charles Michel Joseph Reille voit le jour le 1er septembre 1775 à Antibes au sein d’une famille bourgeoise. Se sentant une vocation pour la carrière des armes, le jeune Reille entre à quatorze ans seulement comme volontaire au sein de la Garde Nationale d’Antibes. – En 1791, il intègre…

4 mars 2016

Dans « Grande Armée »

4 juin 2013
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Histoire & Culture

12 janvier 1977 : Disparition de Henri-Georges Clouzot

by adminfhesp 3 juin 2013

– Né en 1907 à Niort, Henri-Georges Clouzot se destine d’abord à la Marine, avant de s’orienter vers la diplomatie. Il suit des cours à la Faculté Libre de Sciences Politiques. Il devient ensuite le collaborateur de Louis Marin, chef de file de l’URD (Union Républicaine Démocratique), une formation de droite. Seulement, il fait la rencontre de Henri Jeanson et se tourne vers le journalisme comme chroniqueur à « Paris Midi ». Il travaille aussi avec les chansonniers Dorin et Mauricet.

– C’est Jeanson qui l’encourage à entrer dans le cinéma comme scénariste et assistant-réalisateur, autant en France qu’en Allemagne. Il collabore notamment avec Adolphe Osso, Victor Tourjansky et Jacques de Baroncelli. En 1931, il réalise un court métrage « La terreur des Batignolles ». Clouzot part en 1932 en Allemagne pour travailler aux studios de Babelsberg. C’est là qu’il devient l’assistant d’Anatole Litvak et découvre les œuvres de Fritz Lang et de Friedrich Wilhelm Munrau.
Durant le reste des années 1930, Henri-Georges signe des dialogues, des scénarios et même une chanson, « Jeu de massacre ». Clouzot réalise son premier film en 1941, « L’assassin habite au 21 » avec Pierre Fresnay et Suzy Delair (qui sera un temps sa compagne). Comme nombre de réalisateurs française d’alors, Clouzot tourne sous le contrôle de la Continental. En 1943, il réalise « Le Corbeau », avec Pierre Fresnay, Ginette Leclerc et Pierre Larquey, en plus la collaboration de Louis Chavance au scénario. Considéré comme un chef-d’œuvre du film noir, le film qui traite de la délation, reçoit un accueil controversé ; le PCF accusant Clouzot de vouloir dénigrer les Français. En revanche, Goebbels fait exporter le film dans l’Europe occupée.
« Le Corbeau » vaut à Clouzot d’être inquiété à la Libération. S’il échappe à la prison, il est frappé d’un interdit professionnel « à vie ». Mais Henri Jeanson, Pierre Bost et Jacques Becker prennent immédiatement sa défense. Le premier écrit notamment à un détracteur de son ami : « Mon cher, tu sais bien que Clouzot n’a pas plus été collabo que toi tu n’as été résistant », avant de signer un brûlot corrosif « Cocos contre corbeau ».

– En 1947, Clouzot se remet à la réalisation et sera salué par la critique nationale et internationale. Son œuvre sera très inspirée de l’expressionnisme allemand et des films de Fritz Lang. En 1947, sort « Quai des orfèvres » avec Louis Jouvet, suivi de « Manon » (Mostra de Venise et Prix Méliès 1949), « Miquette et sa mère », « Le salaire de la peur » (Ours d’or du Festival de Berlin, BAFTA et Grand Prix du Festival de Cannes 1953), « Les diaboliques » (avec notamment sa seconde compagne Vera Gibson Amado). En 1956, il s’essaie au documentaire avec « Le mystère Picasso ». Il retourne à la fiction avec « Les espions » (avec Curd Jürgens et Peter Ustinov) et « La vérité » (avec Brigitte Bardot, Sami Frey, Charles Vanel et Paul Meurisse) qui est nominé aux Oscars 1961 dans la catégorie « Meilleur film en langue étrangère ». Notons que ce grand perfectionniste est enclin à de violentes colères et des emportements lors des productions et des tournages.

– En 1964, il commence « L’Enfer » avec Romy Schneider et Serge Reggiani, nettement inspiré du surréalisme. Ce projet très novateur ne sera jamais achevé mais sera repris par Claude Chabrol en 1994.
En 1967, Henri-Georges Clouzot retourne au documentaire avec « Les grands chefs d’orchestre » dans lequel il filme notamment les concerts de Herbert von Karajan. Son dernier film, réalisé en 1968, reste « La prisonnière » avec Laurent Terzieff et Bernard Fresson.

– Henri-Georges Clouzot s’éteint dans le XVIIe Arrondissement de Paris le 12 janvier 1977.

Source :
– http://www. http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr

 

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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 20/ Opération « Goodwood »

by adminfhesp 1 juin 2013

Le 9 juillet, à l’issue de l’Opération Charnwood, la ville de Caen est (en grande partie) aux mains des anglo-canadiens. Seulement, le I. SS-Panzer-Korps de « Sepp » Dietrich tient toujours la Crête de Verrières, la rive droite de l’Orne et toute la partie sud-est de la Plaine de Caen. Montgomery décide alors de dégager définitivement Caen par une série d’offensives. La plus importante est l’Opération « Goodwood » (du nom d’une course hippique prisée en Angleterre) qui, selon Montgomery, doit « engager les forces blindées allemandes dans la plaine de Caen et les diminuer », afin d’améliorer la situation de la IInd Army de Dempsey. Défini par « Monty » dès le 14 juillet, attribué au VIIIth Corps de Richard O’Connor, Goodwood doit se produire sur le flanc gauche (est) britannique dans un triangle Caen – Troarn – Route de Falaise (Bourguébus). Stratégiquement, « Goodwood » doit aussi soulager le front américain de Bradley, toujours bloqué sur Saint-Lô, en fixant et en contournant les forces de la 5. Panzer-Armee de Heinrich Eberbach.

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– Toutefois, Goodwood doit être complétée d’une offensive du IInd Canadian Army Corps du Lieutenant-General Guy Granville Simonds, tout récemment rendu opérationnel. Cette nouvelle attaque canadienne, nom de code « Atlantic », doit forcer le l’Orne sur le flanc ouest (droit) du VIIIth Corps d’O’Connor, libérer Colombelles et Vaucelles (banlieue de Caen) ainsi que les portions de l’agglomération caenaise toujours aux mains des éléments de la 21. PzDiv.

– Montgomery ordonne à Dempsey que Goodwood soit déclenché le 18 juillet, alors même que la Ist US Army entre de Saint-Lô.  Son plan est simple : atteindre au plus vite la route Caen – Falaise par un large crochet développé en une attaque sur deux axes dans la plaine de Caen. Ses objectifs sont la prise des bourgs de Hubert-Folie, Bourguébus (11th Armoured Division), Cagny, Vimont (Guards Armoured Division).

1 – PRÉPARATIFS

Pour « Goodwood » Montgomery met le maximum de moyens pour obtenir (enfin) la percée décisive. Le mouvement en crochet est en fait formé d’une impressionnante masse de chars, soit TOUT le VIIIth Corps d’O’Connor (7th, 11th et Guards Armoured Divisions), ainsi que les 27th et 33rd Armoured Brigades en appui. En digne hériter des doctrines appliquées durant la Grande Guerre, Montgomery mise tout sur la masse, la vitesse et le choc. Pour cela, pas moins de 1 000 chars sont alignés par le commandant du XXIst Army Group, ce qui fait de « Goodwood » le plus grand engagement de chars à l’Ouest. Il est vrai qu’à côté de Koursk l’offensive britannique peut faire pâle figure ; les Soviétiques alignant près de 4 900 blindés face à plus de 2 000 pour les Allemands. Là, face au millier de chars britanniques, Sepp Dietrich en aligne environ 200-300. Seulement, à Koursk, les forces mécanisées des deux adversaires se répartissaient sur tout le long des lignes du saillant, sans compter les secteurs de réserve, soit sur plusieurs centaines de kilomètres du nord au sud. Lors de « Goodwood », les chars de Montgomery se concentrent au nord-est de Caen, soit sur une bonne vingtaine de kilomètres seulement ! Le ratio de concentration d’engins au kilomètre est donc plus important pour les Britanniques.

bourguebus_1944– Goodwood doit débuter par un bombardement aérien massif opéré par non moins de 4 500 avions (2 000 bombardiers lourds et 2 500 bombardiers légers et chasseurs-bombardiers) prélevés sur le Bomber Command de l’Air Marschall Arthur Harris et la 2nd Tactical Air Force côté britannique, ainsi qu’au sein des VIIIth et IXth US Air Forces des Generals Carl Spaatz et Lewis Brereton. Cette armada aérienne doit préparer l’assaut terrestre en pulvérisant les défenses allemandes dans plusieurs ensembles de secteurs. A la RAF reviennent le secteur industriel de Colombelles, Mondeville (Secteur A), Touffreville, Sannerville, Mannerville et Guillerville (H) et enfin, Cagny (M). Aux escadrilles américaines sont attribués Troarn (I), Grentheville-Soliers-Bourguébus (P), ainsi que la plaine à l’est du bourg de Troarn (Q).

– La phase terrestre de l’opération doit débuter par l’assaut de la 11th Armoured Division du Major.General George « Pip » Roberts avec le soutien des Sherman Flail (« Fléaux ») du 22nd Dragoons (79th Armoured Division). Son objectif est de s’emparer des villages de Bras, Rocquancourt, Hubert-Folie, Soliers, Fontenay-le-Marmion et de la Ferme de Beauvoir, avant de bifurquer sur Vimont (flanc gauche).

– Emboîtant le pas à la 11th Armoured, la Guards Armoured Division du Major.General Alan Adair doit s’emparer des bourgs de Vimont et Cagny. Débarquée à la mi-juin en Normandie, la Guards Armoured Division est une très belle unité, pétrie de traditions. Historiquement, elle peut se vanter de compter plusieurs régiments parmi les plus anciens de l’Armée Anglaise ; la formation des Coldstream Guards remontant à la moitié du XVIIe siècle. Les « benjamins » étant les Irish Guards puisque formés en 1901 à la demande de la Reine Victoria, suite à la bataille du Cap (Guerre des Boers). Si elle n’a pas l’expérience au feu de la 11th Armoured (à l’exception de quelques équipages de chars engagés pour se « faire la main » lors de l’Opération Epsom), plusieurs de ses Bataillons ont combattu en 1940. Ainsi, les Irish Guards ont protégé l’évacuation de la Reine Wilhelmine en Hollande et les Coldstream ont protégé la retraire de Dunkerque. Formée dès 1942 en Division Blindée malgré une forte culture d’infanterie, elle s’entraîne intensivement durant deux ans. Bien que « novice » en Normandie, c’est une unité fiable, combative et bien disciplinée (les officiers des Guards auront l’outrecuidance de découvrir l’allure et la tenue débonnaires sinon négligées des vétérans d’Afrique combattant en Normandie…).

Insigne de la Guards Armoured Division

Insigne de la Guards Armoured Division

– Revenons-en au plan de Montgomery. La 7th Armoured Division « Desert’s Rats » d’Erskine doit être engagée après les Guards pour s’emparer de la voie de chemin de fer Caen-Falaise, avant de se porter sur la ligne La Hogue – Garcelles-Secqueville. Enfin, une attaque de diversion doit être opérée par la 3rd et 51st Divisions dans le secteur de Troarn.

2 – FORCES ALLEMANDES

– Côté allemand, le secteur où doit se produire l’assaut britannique est occupé par le I. SS-Panzer-Korps de Joseph « Sepp » Dietrich qui a bien préparé sa défense. Il faut dire qu’ Eberbarch ou Hans Günther von Kluge (nouveau commandant du Heeres-Gruppe B qui a remplacé Rommel blessé) s’attendent à une assaut de Montgomery dans la plaine de l’est de Caen car les champs ouverts et l’absence d’un bocage fourni sont propices à une grande manœuvre mécanisée. La première ligne allemande est tenue par la 16. Lutwaffe-Feld-Division du Generalmajor Sivers (Colombelles – Bois de Bures). C’est une formation modeste et affaiblie  mais elle est renforcée directement par le Panzer-Grenadier-Regiment 192 (Major Josef Rauch). Le Kampfgruppe von Luck (Major Hans Ulrich von Luck), qui va jouer un rôle prépondérant dans la défense allemande), le PzGren-Regt. 125 (von Luck) formé par le I/PzGren-Regt 125 et le Sturm-Artillerie-Abteilung 200 du Major Becker tient une ligne couvrant Giberville – Démouville – RN13 – Sannerville-Banneville – Emiéville.
Ingénieur de formation, Becker commande une unité particulière du point de vue matériel car elle est composée de canons d’assaut qui sont en fait des véjhicules français de 1940 « recyclés ». Il n’empêche que ces engins vont s’avérer très efficaces.

3041892657_1_15_qrZWbxXT– Un autre Kampfgruppe formé à partir de la 21. PzDiv tient le secteur d’Emierville avec le II/PzGren-Regt 125, le I/Panzer-Regiment 22 et le schwere-Panzer-Abteilung 503  de l’Oberst von Rosen. Cette formation blindée compte deux Kompanien de Tiger I et une de Tiger II, sans doute le Panzer le plus performant de la Wehrmacht. L’aile gauche (ouest) de la 16. LwFdDiv est tenue par la 346. Infanterie-Division de Walter Steinmuller, pendant que la 272. ID de Schack tient le secteur sud-ouest (Cormelles – Verrièrses).

– Enfin, la 7. Werfer-Brigade se tient prête à opérer leur tir de barrage  avec ses lance-roquettes Nebelwerfer, pendant que les redoutables canons FlaK de 88 ponctionnés au III. FlaK-Korps ou provenant des différentes unités déployées sont dissimulés en embuscade dans les villages et les corps de fermes.

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3 – L’ATTAQUE AERIENNE

– Le 18 juillet, après 05h00, 15 bombardiers légers De Havilland Mosquitos larguent leurs balises de guidage sur les cibles allemandes. A 05h45, les 1 056 bombardiers Handley Page Halifax et Avro Lancaster larguent leurs 4 800 tonnes de bombes explosives autour de Colombelles sur les positions de la 21. PzDiv et sur la ville de Cagny réduite en un vulgaire tas de ruines. A 06h40, les canons de 25. Pdr, 4,2 et 4,5 inch et les pièces lourdes des HMS Rodney, Ramillies, Nelson et Mauritius déclenchent à leur tour un colossal tir de barrage sur les premières lignes allemandes  qui s’en trouvent rapidement commotionnées. Plusieurs chars Tiger I du sch-Panzer-Abteilung 503 sont littéralement retournés par les déflagrations de bombes. Ensuite, le millier de bombardiers B-26 Marauders de l’USAAF larguent 1 340 tonnes dans un secteur compris entre Troarn et la Crête de Bourguébus. La malheureuse 16. LwFdDiv de Sivers reçoit à elle seule 563 tonnes de bombes explosives. Simultanément, les redoutables Hawker Tyhoon des No. 83 et No. 84 Group RAF matraquent les positions allemandes situées sur les flancs des axes de progression du VIIIth Corps et autour de Cagny.  Les canons de FlaK ripostent mais n’abattent que 25 bombardiers en tout.

– Les pertes allemandes sont bien plus limitées que l’espérait Montgomery. Ce sont surtout les premières lignes qui ont souffert. La 16. LwFdDiv n’a plus qu’une capacité combative très limitée, les éléments du Panzer-Regiment 22 (21. PzDiv) sont sérieusement ébranlés et la 3 Kompanie du sch-Pz-Abt 503 n’existe pratiquement plus du point de vue matériel. Toutefois, les unités placées en réserve n’ont que des pertes acceptables. Les 60 Panzer IV et 40 Panther du SS-Panzer-Regiment 1 « Leibstandarte Adolf Hitler » de Jochen Peiper sont encore tous disponibles, de même que les canons automoteurs de la « ménagerie Becker », les FlaK 88 et les Nebelwerfer.

– Alors que l’aube se lève, les chars des 11th et Guards Armoured Divisions traversent les deux ponts Baileys que les Engineers du Ist Army Corps ont jeté sur l’Orne. Malheureusement, un retard est pris et aura de notables conséquences sur la suite des opérations. En effet, ce sont des centaines d’engins qui doivent traverser l’Orne. Montgomery fait accélérer le mouvement pour faire passer 230 chars, camions, Scout Cars, Half Tracks, Jeeps et Bren Carriers à l’heure ! Sauf que les deux divisions blindées se mettent en positions bien après l’horaire prévu.

– A 07h45, les trois régiments d’artillerie de campagne de la 11th Armoured déclenchent un tir préparatoire sur Cuverville, Demouville, Giberville, Liberville, Cagny et Emiéville, causant d’importants dégâts matériels mais sans ébranler les défenseurs allemands qui attendent les britanniques de pied ferme. Notons aussi que le Major-General Roberts doit encore se séparer de son infanterie, puisque sa 159th Infantry Brigade (Sandie) doit renforcer la 3rd Infantry Division de Rennie dans le secteur de Toufréville. Une fois, de plus et à son grand dam, le patron de la « Taurus pursuant » (surnom de la 11th Arm.Div.) ne va pas pourvoir faire coopérer ses fantassins et ses chars…

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4 – LA « CHARGE DU TAUREAU »

– A 08h05, Roberts ordonne à son subordonné Harvey de lancer sa 29th Armoured Brigade à l’assaut.  Harvey s’exécute et lâche les vétérans d’Afrique du 3rd Royal Tank Regiment et le 2nd Bn. Fife and Forfar Yeomanry en fer de lance. Les deux Battalions de chars suivent à la fois le barrage roulant (qui s’achève à 08h30) et les Sherman Flails du 22nd Dragoons qui ont déminé le terrain avec succès. On peut imaginer le sentiment des « anciens » du 3rd RTR qui retouvent leurs réflexes d’Afrique du Nord dans ses grands champs ouverts. La première phase de l’assaut se présente plutôt bien, les chars britanniques bousculant sans grande peine les restes de la 16. LwFdDiv, ramassant  des prisonniers par centaines. A 09h00, la 29th Arm.Brig. atteint la ligne de chemin de fer Caen-Vimont. Entretemps, Harvey lance son régiment de chars de réserve, le 23rd Hussars qui se charge de nettoyer la première portion de la voie ferrée mais doit faire face à plusieurs canons auto-portés du Sturm-Artillerie-Abteilung 200.

– Malheureusement pour la 11th Armoured, les choses se gâtent dès que le 2nd FFY s’approche de Cagny. Fonçant plein gaz dans les champs, les Sherman et Firefly de Roberts dégagent des nuages de poussières très vite repérés par les observateurs du Flak-Sturm-Regiment 2 posté dans les ruines du village. Dès que les chars britanniques sont à bonne portée, les 88 ouvrent tir direct efficace qui transforme 12 blindés en carcasses fumantes. Les Yeomen poursuivent toutefois leur avance mais tombent sur la ligne principale de défense allemande. Le 3rd RTR rencontre très vite les mêmes difficultés aux abords de Grenthenville. Le Battalion contourne alors le village et avance vers Bras et Hubert-Folie. A 11h15, les blindés de Harvey réussissent à atteindre Bras et Bourguébus mais ne pourront aller plus loin. Les 88 détachés du III. FlaK-Korps barrent le chemin aux chars de Roberts.

– Profitant de son avantage et de la solidité de ses lignes, Eberbach fait immédiatement donner une contre-attaque. Les Panzer IV et Panther du SS-PzRegt 1 « Leibstandarte » démarrent leur assaut  en aval de Bourguébus. Les équipages du 3rd RTR  tentent de résister mais perdent 16 engins ! Même scénario du côté de Cagny lorsque le Panzer-Regiment 22  de von Oppeln-Bronikowski malmène sérieusement le 2nd FFY. Seule l’intervention des Typhoon qui crachent leurs roquettes sur les Panzer permet d’enrayer la contre-offensive allemande. Toutefois, Roberts doit s’arrêter là pour le 18 juillet.

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5 –LA DIFFICILE ENTRÉE EN SCENE DES GUARDS

– La Guards Armoured Division achève son déploiement sur l’arrière de la 11th Armoured à 10h00 en raison de l’engorgement sur les Baileys. O’Connor la lance alors contre Cagny peu après 11h00. La 5th Guards Armoured Brigade de Norman Gwatkin ouvre la marche avec les 2nd Bn Grenadier Guards et 2nd Bn. Irish Guards (Lt.Col Joseph Ormsby E. Vandeleur) appuyés par les canons automoteurs M7 Priest du Leicestershire Yeomanry. Mais lorsque l’avant-garde des Guards atteint Cagny aux environs de 12h00, elle se fait sérieusement accrochée par les 88, les 19 Panzer IV restant du I/Pz-Regt 22 et les PzKw VII « Königstiger » (Tiger II) du schwere-Panzer-Abteilung 503 de von Rosen. Le 2nd Irish Guards revendique cependant le premier Tiger II détruit par une unité alliée. Cela n’empêche que plusieurs Sherman sont détruits les uns après les autres. Les Guards tentent alors de contourner Cagny pour atteindre Vimont mais cette tentative échoue face à un parti de Sturm-Geschützt bien embusqués. Le 503 s’en prend alors au 1st Bn. Coldstream Guards qui repousse néanmoins les allemands avec des pertes grâce à l’appui des canons antichars du 21st Anti-Tank Regiment. Finalement, les Guards réussissent à s’emparer de Cagny après que le village ait été abandonné par le I/PzGren-Regt 125.
Cependant la division d’Adair n’ira plas plus loin en raison de la résistance allemande mais aussi parce que des éléments de la 7th Armoured Division qui se sont trompés d’itinéraires, viennent s’entremêler avec les Guards.

– La 7th Armoured Division d’Erskine démarre son assaut dans l’après-midi dans les pas des Guards avec le seul 5th Royal Tank Regiment qui doit rejoindre la 11th Arm.Div. A 17h00, le 5th RTR arrive devant Grentheville à 17h00 où il se heurte à des Panzer IV de la « Leibstandarte ». L’attaque allemande est repoussée avec 2 Panzer IV détruits.

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6 – 19 ET 20 JUILLET : PAS GRAND CHOSE NE BOUGE

– La nuit du 18-19 juillet est mise à profit pour réorganiser les dispositifs. Ne pouvant plus compter sur l’effet de surprise, les Britanniques acheminent de l’infanterie pour appuyer les chars. De son côté, Eberbach rameute depuis Verrières un Kampfgruppe de la « Hitlerjugend » qui vient s’intercaler entre la 21. PzDiv à gauche et toute la « Leibstandarte Adolf Hitler ». Pendant ce temps, des bombardiers Junker Ju-88 lancent une audacieuse attaque de nuit qui cause plusieurs pertes au sein des forces britanniques.

– Le matin du 19 juillet, les unités motorisées de la 11th Arm.Div. et des Guards lancent des reconnaissances vers la Crête de Bourguébus. A 11h30, le 5th RTR relance son attaque, prend Soliers mais vient buter devant la Crête de Bourguébus face à des Tiger et des Panther. Là encore, l’intervention des Typhoon vient limiter la casse. Bourguébus est finalement pris le 20 avec le concours de fantassins.

– Vers 16h00, Roberts lance sur Bras et Hubert-Folie, une force combinée formée du 2nd Bn. Northamptonshire Yeomanry (régiment de reconnaissance de la 11th Armoured), des restes du 2nd FFY et des fantassins portés du 8th Bn. The Rifle Brigade. Après plusieurs heures de firieux combats Yeomen et fantassins enlèvent Hubert-Folie avant de recevoir le renfort du 4th Bn. King’s Own Shropshire Light Infantry. Mais Roberts ne va pas plus loin, sa division ayant souffert d’importantes pertes matérielles. Ainsi, après deux jours de combats, le 2nd Fife anf Forfar Yeomanry ne compte plus que 8 chars sur une dotation normale de 65 ! la division ayant perdu en tout, plus de 120 chars, soit quasiment la moitié de son parc blindé.

– Adair redémarre lance sa nouvelle attaque à 17h00, contre Le Poirier et Frénouville. Après plusieurs heures de combats face aux Panzer et aux éléments du PzGren-Regt 125 de von Luck, les Guards parviennent à arracher les deux villages mais échouent devant Emiéville bien défendu. La Luftwaffe lâche même (et encore) 18 Messerschmidt BF-109 qui s’en prennent à plusieurs secteurs défensifs britanniques avant d’être chassés par un parti de P-51 Mustang.

– La journée du 20 juillet est marquée par une pluie battante qui vient transformer les champs et les chemins en bourbiers. Les deux adversaires se consacrent donc au « ramassage » des chars endommagés et à l’évacuation des blessés. Montgomery doit donc renoncer une fois de plus, sans avoir réussi à percer. Le VIIIth Corps d’O’Connor n’a eu que 521 hommes tués et blessés mais 314 chars ont été perdus ou endommagés. En fait, 140 Sherman et Cromwell sont inutilisables, les 174 autres pouvant être réparés. Cette opération que Montgomery voulait décisive s’avère être, une fois de plus, un échec.
De leur côté, les Allemands n’ont perdu qu’une centaine de chars (dont les endommagés) mais a contrario des Britanniques, ils ne pourront plus les remplacer.

– Du point de vue des pertes humaines, le bilan est particulièrement lourd pour Eberbach. La 16. LwFdDiv de Sivers a été saignée à blanc et laissé plus de 2 000 prisonniers aux Britanniques. Violemment matraquée par le bombardement aérien, la 272. ID de Schack est réduite à l’état d’un Kampfgruppe. Enfin, la 21. PzDiv a eu elle aussi de lourdes pertes et seule la « Leibstandarte » conserve un effectif et une puissance de feu convenable. Il n’empêche que les techniques défensives allemandes ont payé une fois de plus.

[Suite]

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15 mars 1416 : mort de Jehan Ier de Berry

by adminfhesp 26 mai 2013

Troisième fils de Jean II le Bon et Bonne de Luxembourg, frère cadet de Charles V, il reçoit en 1369 l’apanage du Berry avec les titres de Comte d’Auvergne, de Boulogne et de Montpensier, il est fait prisonnier à Poitiers en 1356 avec son père et son frère Philippe le Hardi.
En 1369, à l’instar de ses frères Louis d’Anjou Duc de Naples et Philippe de Bourgogne (le Hardi) il soutient activement la relance de la guerre par son frère Charles V et participe à la reconquête du Poitou aux côtés de Philippe et de Bertrand du Guesclin. Il prend notamment Thouars tenue par des barons poitevins restés fidèles au Roi d’Angleterre. Le 11 décembre les trois hommes font une entrée triomphale dans Paris.

– Après la mort de Charles V (1380), Jean de Berry, Louis d’Anjou et Philippe le Hardi Duc de Bourgogne assure la régence du jeune Charles VI dans le « gouvernement des oncles » mais il se montre très vite avare, voire rapace. Lorsque Charles VI sombre dans la folie, Jean de Berry assure la régence aux côtés de Philippe le Hardi et de son neveu Louis Ier d’Orléans, frère du Roi. Mais il est écarté en étant nommé Lieutenant du Roi dans les États du Languedoc où il doit faire face à la révolte fiscale des Tuchins.

– Mais en 1411, afin de contrer les ambitions du Duc de Bourgogne Jehan Sans Peur (Charles VI étant fou et donc inapte à gouverner), Jehan de Berry, Charles d’Albret et Charles d’Orléans approchent le Roi d’Angleterre Henri IV de Lancastre et lui promettent ni plus ni moins que le rétribuer en possessions (Poitou, Saintonge…) en échange de son soutien. Henri IV accepte mais c’est initiative dangereuse est bientôt connue dans le Royaume et scandalise bon nombre d’hommes de lois et d’armes. Constatant l’effet désastreux, les Ducs de Berry et d’Orléans se ravisent, tout comme le Connétable d’Albret.  Mais il est trop tard…

– Ami des Arts et des Lettres, Jean Ier de Berry a été un grand bâtisseur et un mécène. Nous lui devons notamment la Sainte-Chapelle de Bourges (bâtie sur le modèle de la Sainte-Chapelle de Paris), le Palais ducal de Bourges et notamment le château de Mehun-sur-Yèvre (aujourd’hui en ruines).


– Grand collectionneur, il fut le commanditaire de nombreux ouvrages de piété comme Les Petites Heures du Duc de Berry, Les Très Belles Heures de Notre Dame, Les Grandes Heures du Duc de Berry (Hesdin) et surtout Les Très Riches Heures du Duc de Berry (commencées par les Limbourg et achevées par Hesdin).

Lire :
– P. Boucheron, P. Brioist, D. Carzangeot & M. Traversier : Le Prince et les Arts en France et en Italie XIVe – XVIIIe siècle, Desclée de Brouwer
– Georges Minois : La Guerre de Cent Ans, Tempus
– Jean Favier : La Guerre de Cent Ans, Fayard

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27 avril 1404 : Mort de Philippe II le Hardi, Duc de Bourgogne

27 avril 1404 : Mort de Philippe II le Hardi, Duc de Bourgogne

– Né le 17 janvier 1342 à Pontoise, quatrième fils de Jean II le Bon et de Bonne de Luxembourg, frère de Charles V Roi de France, de Louis d’Anjou et de Jean de Berry, Philippe dit Sans Terre s’illustre à la bataille de Poitiers (19 septembre 1356) en combattant aux…

27 avril 2015

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21 octobre 1422 : Mort de Charles VI le Bien Aimé ou le Fol

21 octobre 1422 : Mort de Charles VI le Bien Aimé ou le Fol

Paradoxalement, le long règne (quarante-trois ans) du Roi fou Charles VI est peut-être bien mieux connu que celui de son père, court et brillant. Sans doute en raison du désastre d’Azincourt et de la guerre Armagnacs-Bourguignons. Pour autant, le « Pauvre Roi » Charles VI, prisonnier impuissant de l’Hôtel Saint-Pol a suscité…

21 octobre 2016

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23 novembre 1407 : Assassinat de Louis d'Orléans

23 novembre 1407 : Assassinat de Louis d’Orléans

Cet acte qui choqua profondément l’opinion de l’époque prend racine dans le conflit larvé et les tensions qui opposent Louis Ier d’Orléans, second fils de Charles V et frère de Charles VI à son cousin direct, Jehan Sans Peur, Duc de Bourgogne, fils de Philippe le Hardi, neveu de Charles…

23 novembre 2013

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26 mai 2013
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Histoire & Culture

Vins et crus : Madiran, Béarn et Irouléguy

by adminfhesp 21 mai 2013

Chers lecteurs et lectrices, alors que le Salon des Vignerons s’est ouvert aujourd’hui à Paris, je vous propose un petit détour afin de découvrir quelques produits viticoles qui font la renommée du fier Pays Basque et de l’Ancien Royaume du Bon Roy Henri IV.

– MADIRAN

Connu dès l’Epoque Médiévale par les pèlerins en marche vers Saint-Jacques de Compostelle, le Madiran est l’un des vins rouges les plus renommés du Sud-Ouest, bien que ses crus soient produits « à l’ombre » des grands noms du Bordelais. Il allie les cépages Tannat (qui lui donne sa force), le Cabernet-Sauvignon, le Cabernet Franc et le Fer-Servadou. Le Madiran est un vin de bonne garde qui peut se conserver jusqu’à dix ans pour les plus beaux millésimes.

D’une robe sombre, le Madiran est un vin très expressif, tant du point de vue des arômes que de la bouche. Son nez est un joli mélange de framboise, de fruits noirs et rouges. Tannique dans sa  jeunesse, la vinification en barrique lui confère, dans sa maturité, un caractère charnu et corpulent.

Vin du Piémont Pyrénéen, le Madiran est à servir de préférence avec… des plats du Sud-Ouest (Gascogne, Agenais, Bigorre) : cassoulet, garbure, magret de canard, fromage de brebis des Pyrénées mais aussi, du bleu d’Auvergne.

– BEARN ET BEARN-BELLOCQ

Ces deux appellations sont identiques au niveau des cépages. Les rouges sont composées de Tannat, de Cabernet Franc (ou Bouchy), de Cabernet-Sauvignon, de Manseng Noir, de Fer-Servandou et de Courbu Rouge. Et les blancs sont faits de Petit Manseng, de Gros Manseng, de Ruffiat de Sauvignon et Camaralet. A noter que les vins rouges les plus corsés et les blancs légers sont tirés des vignes plantées sur les collines du Piémont-Pyrénéen de la Vallée du Gave.
On les distingue par leur répartition géographique. En effet, les Béarn étendent leurs pieds de vignes entre les vignobles de Jurançon, de Madiran, de Salles-Bellocq et dans le Gers, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Quant au Béarn-Bellocq, sa production couvre les alentours des communes d’Orthez et Salies-de-Béarn.

– Les Rouges : D’une robe intense et sombre, ils délivrent une palette d’arômes de fruits noirs et rouges compotés, de fruits mûrs, d’épices et de réglisse. En bouche, ils délivrent une attaque franche et puissante. Ils sont à déguster sur de la garbure, des fromages de brebis pyrénéennes.

– Les Blancs : Leur robe est faite de reflets verts et leurs arômes mélangent la menthe, les fleurs blanches et les agrumes (citron et pamplemousse). Ils sont fringants au palais durant leur jeunesse avant que l’âge ne leur permette de s’arrondir et d’insister sur le fruit blanc. On les sert volontiers à l’apéritif (pourquoi pas en kir) mais aussi avec de la volaille en sauce et du saumon.

– Les rosés : Composés de cépages Cabernet-Sauvignon et de Cabernet Franc, leur originalité réside sans doute dans leur robe brillante qui tire sur le jaune. Fruités et fins au nez, ils se révèlent délicats, vifs et structurés au palais. On les déguste par beau temps avec sur un plat de charcuterie et de cuisine méditerranéenne.

– IROULEGUY

Au sud-ouest des vignobles de Madiran, entre Saint-Jean-Pied-de-Port et le Col de Ronceveaux, voici une autre appellation connue des pèlerins de Saint-Jacques ; l’Irouléguy, le vin du Pays Basque et l’un des plus petits vignobles de France. Il est produit en rouge (Tannat, Cabernet-Sauvignon, Cabernet Franc) et aussi en blanc (Courbu, Gros et Petit Manseng) et en rosé (Cabernet-Sauvignon, Cabernet Franc).

– Les rouges : D’une robe tirant sur le pourpre et le grenat, les vins rouges d’Irouléguy offre un joli bouquet original fait d’épices, de fleurs sauvages, d’épices et de fruits rouges. En bouche, ils révèlent une bonne structure mais aussi une légèreté certaine.
Ils sont à déguster avec du confit de canard, du jambon de Bayonne, du thon à la basquaise et des fromages de brebis des Pyrénées.

 – Les blancs offrent à l’œil une robe or-paille à reflets vers et au nez, un bouquet original de fleurs blanches et de fruits exotiques. La bouche révèle leur équilibre, leur fraîcheur et leur rondeur. On les sert idéalement avec du poisson à la sauce béarnaise.

– Les rosés possèdent une jolie robe framboise et offrent au nez des arômes de fleur sauvage. A la dégustation, ils restent tanniques dans leur jeunesse mais deviennent plus ronds et plus fondus avec l’âge. On les déguste l’été avec de la charcuterie, de piperade et de la soupe de poisson.

Source : Dictionnaire des vins de France, Hachette, Paris, 2010

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Côtes-du-Marmandais

Côtes-du-Marmandais

Chers lecteurs, chères lectrices. Le vin décrit ci-dessous est une jolie découverte œnologique d’un mariage d’amis que je souhaitais vous faire partager. Cette appellation reconnue en 1990 appartient aux vins du Sud-Ouest mais est localisée plus précisément dans l’Agenais (Lot-et-Garonne). Elle couvre quelques 1 314 hectares entre les vignobles de…

1 octobre 2015

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Vins et crus : Cheverny

Vins et crus : Cheverny

Non loin du château qui inspira  Moulinsart à Hergé, au sud de Blois et entre la Sologne et l’Orléanais, s’étend un vignoble de 525 hectares qui produit sans doute l’un des vins les plus méconnus du grand public mais qui mérite amplement qu’on y fasse un détour. L’AOC Cheverny -…

28 mai 2013

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Vins pour Noël : les Seigneurs de la Côte de Nuits (1)

Vins pour Noël : les Seigneurs de la Côte de Nuits (1)

Chers lecteurs, je vous avais consacré un article passant en revue les vins de Bourgogne. Toutefois, je souhaiterai vous faire partager davantage sur ce sujet en y consacrant une chronique de plusieurs volets sur les « Seigneurs » des vignobles du vieux duché. Les grands vins rouges décrits ici sont tous issus…

10 décembre 2015

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21 mai 2013
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Histoire & Culture

Général Paul Maistre

by adminfhesp 20 mai 2013

Fils de Pierre Hippolyte Maistre et de Thérèse née Adam, Paul André Maistre voit le jour à Joinville en Haute-Marne le 20 juin 1858. Il entre à huit ans au Petit Séminaire de Langres où il effectue une belle scolarité en s’avérant « modeste, laborieux et persévérant ». En 1875, après l’obtention de son Baccalauréat, il se lance dans des études de philosophie mais en 1877, il obtient une bourse pour entrer intégrer l’Ecole de Saint-Cyr dans la Promotion « Des Drapeaux ».
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– Sorti premier de sa promotion en 1881 avec le grade de sous-lieutenant. Fait ensuite « lieutenant aux choix »,  il entame sa carrière dans l’Infanterie sans quitter la Métropole. Cela ne l’empêche pas d’être toujours bien noté au gré de ses affectations et le jeune officier monte assez vite en grade. Il sert donc successivement au 82e Régiment d’Infanterie (1881-1887), au 76e RI avec le grade de Capitaine, au 45e RI, puis au 95e RI. Promu Chef de Bataillon en 1897, il sert au 162e RI et prend ensuite la tête d’un Bataillon du 90e RI, puis du 82e. S’il n’a pas participé à des campagnes outre-mer, Paul Maistre connaît assez vite les techniques d’emploi de l’Infanterie d’alors. En 1890, il épouse à Paris une New-Yorkaise d’origine espagnole ; Maria Rosa Blanc Hermandez de Figueroa.

– Élève à l’Ecole de Guerre en 1898, il suit les cours de tactiques sous la Direction de Ferdinand Foch avant d’enseigner l’Histoire Militaire, puis la Stratégie et la Tactique générale. Lieutenant-Colonel en 1905, Paul Maistre intègre l’état-major du 4e puis du 76e RI, avant d’être nommé Colonel en 1909. D’abord pressenti pour commander le 136e RI à Saint-Lô, il prend finalement celui du 106e RI à Chalons-s/-Marne. Ensuite, il commande le 43e RI en 1912.

– Général de Brigade cette même année, il devient chef-d’état major de la IVe Armée commandée par Ferdinand de Langle de Cary lors du déclenchement de la Guerre. C’est donc à ce poste qu’il est en charge de la transmission des ordres pendant la Bataille des Ardennes, puis sur la Marne. Promu Général de Division de façon rapide, il prend le commandement du XXIe Corps d’Armée formé de Lorrains qui combat en Argonne. En novembre 1914, lors de la « Course à la Mer », le Général Maistre dirige toujours le XXIe Corps lors des combats de la Bassée et d’Armentières.

– Toujours commandant du XXIe Corps d’Armée en 1915 puis en 1916, Paul Maistre participe actvement à la bataille de Verdun, enregistrant de nombreuses pertes. Fin 1916 – début 1917, son XXIe Corps est placé en de la VIe Armée du Général Charles Mangin. Après la tragique offensive de Nivelle d’avril 1917, dans l’Aisne et en Champagne
Paul Maistre échappe au remaniement du commandement dont Nivelle et Mangin sont les principales. Mieux, Philippe Pétain tout juste nommé Commandant en chef des Armées Françaises, apprécie Maistre et appuie sa nomination à la tête de la VIe Armée le 1er mai 1917. Le Général Ferdinand Pont le remplace alors à la tête du XXIe Corps.

– Dès lors, la carrière de ce général assez mal connu du public et des parlementaires prend un tournant favorable. Maistre commence d’abord par redresser le moral des ses soldats, avec succès. En octobre 1917, Pétain ordonne à Maistre de lancer une offensive partielle, aux objectifs imités et localisée à la Malmaison (Aisne). Du 23 au 25 octobre, la VIe Armée fait alors preuve d’une remarquable coordination entre l’Artillerie et l’Infanterie. Maistre établit alors une discipline de feu qui nettoie littéralement les positions allemandes. Quoique limitée dans le temps et dans l’espace et ayant quelque peu valeur d’essai, l’offensive de la Malmaison n’en est pas moins un beau succès pour l’Armée française. Le XXIe Corps commandé alors par le Général Jean-Marie Degoutte s’y est particulièrement illustré pendant ces deux jours.
Cette réussite tactique vaut à Paul Maistre d’acquérir une réputation de général efficace au sein de l’Armée, des soldats et des milieux politiques.

– A la fin de l’année 1917, après le désastre de Caporetto où l’Armée italienne a failli être complètement défaite face aux Austro-Allemands, les Alliés décident d’envoyer un Corps Expéditionnaire franco-britannique en Vénétie pour aider l’Armée Royale à se dresser. L’Etat-Major confie alors à Paul Maistre la tête de la nouvelle Xe Armée (comptant aussi des Anglais) qui est envoyée de l’autre côté des Alpes sur la Piave, entre Pavie et Brenta. Là, Maistre contribue fortement à la stabilisation du front et à enrayer la progression ennemie qui s’enraye faute de réserves suffisantes. Ensuite, Maistre et les Britanniques aident le nouveau Général en chef italien Armando Diaz à reconstituer une armée italienne en pleine deliquescence.

– Mais en mars 1918, Ludendorf a déclenché sa série d’offensives du printemps dans le nord de la France. Paul Maistre est rappelé à Paris en juin et reçoit d’abord l’ordre de  placer sa Xe Armée en réserve afin d’intervenir pour épauler soit les IIIrd et IVth British Armies, soit les Ire et IInde Armées Françaises.
Le 2 juin, Maistre prend le commandement de la zone de front comprise entre l’Ourcq et la Forêt de l’Aigle qui subit alors une très violente attaque de la part de la VII. Armee allemande de Max von Böhn. Mais Maistre a pris soin d’édifier une ligne de défense en profondeur qui provoque l’enlisement des attaques allemandes malgré les pertes. Le 17 juin, il cède le commandement de la Xe Armée à Mangin pour prendre celui du Groupe d’Armées du Nord devenu ensuite Groupe d’Armée Centre (GAC). Maistre coiffe alors trois armées : Ve (Berthellot), VIe (Degoutte) et IVe (Gouraud). Durant l’été 1918, il coordonne brillamment les contre-attaques de Champagne, de l’Aisne et de Champagne, forçant trois Armées allemandes à se retirer vers le nord.
De septembre jusqu’à l’Armistice, Maistre commande la reconquête du secteur compris entre la Forêt d’Argonne et la Meuse. En deux mois, les Français reprennent tout le terrain perdu en 1914 et dégagent Sedan.

– Après la Grande Guerre, Paul Maistre des nommé Inspecteur Général des Ire, IIIe et IVe Armées puis Président de la Commission Supérieure de Défense. Inspecteur de la Xe Région Militaire (Rennes) en 1919-1920 sur ordre de Clémenceau. Il est ensuite nommé Inspecteur Général de l’Infanterie.

– Mais son décès survenu brutalement le 25 juillet 1922  met fin à sa très belle carrière. Son commandement et ses qualités de chef ont été unanimement salués, en France comme chez les Alliés, notamment par le Général John Pershing.
Le Général Paul Maistre était titulaire – entre autres – de la Grand-Croix de la Légion d’Honneur, de la Croix de Guerre 1914-1918 avec quatre palmes, de la Médaille Interalliée de la Victoire, de l’Ordre de Saint-George de Quatrième Classe (Empire russe), de l’Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, de la Croix du Mérite et de l’Ordre du Mérite militaire (Italie), de l’Ordre du Bain,  de la Croix de Guerre belge et de l’Army Distinguished Service Medal.

Il a donné son nom à la Caserne de Neufchâtel à Reims, rebâtie après la Grande Guerre. Le 106e RI qu’il commanda avant-guerre y prit ses quartiers en 1930.

Source :
– http://www.http://www.historyofwar.org

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Général Jean-Marie Degoutte

Général Jean-Marie Degoutte

Entièrement passé dans l’oubli, Jean-Marie Degoutte reste tout de même considéré comme l’un des meilleurs plus jeunes commandants français de la Grande Guerre, au même titre que d’hommes tels Georges Humbert ou Henri Gouraud. C’est aussi lui qui dirigea les travaux de la Ligne Maginot des Alpes dans les années 1920-1930.…

31 octobre 2016

Dans « Grande Guerre »

Général Aubert Frère

Général Aubert Frère

Figure méconnue de la Résistance à l’occupant allemand, Aubert Frère a été l’un des seuls officiers supérieurs de l’Armée français, avec Charles Delestraint, à avoir payé de sa vie son engagement. Fils d’un agriculteur du sud de l’Artois et sixième d’une famille de onze enfants, Aubert Achille Jules Frères voit le…

13 juin 2016

Dans « Histoire militaire française »

20 mars 1929 : Disparition du Maréchal Ferdinand Foch

20 mars 1929 : Disparition du Maréchal Ferdinand Foch

Fils de Napoléon Foch et de Sophie Dupré, Ferdinand Foch voit le jour le 22 octobre 1851 à Tarbes dans une famille de catholiques de tendance bonapartiste. Il est issu d’un milieu de la moyenne bourgeoisie provinciale, de militaires et de médecins. Ses parents sont eux-mêmes des rentiers qui assurent à…

20 mars 2016

Dans « Grande Guerre »

20 mai 2013
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Histoire & Culture

9 janvier 1975 : Disparition de Pierre Fresnay

by adminfhesp 19 mai 2013

– Né en 1897 (de son vrai nom Pierre Laudenbach), fils d’un Professeur de Philosophie, Pierre Fresnay débute sur la scène à l’âge de 14 ans. Entré à la Comédie Française en 1915, il en sera le trois-cents-soixante-huitième pensionnaire de 1924 à 1929. Il fait ensuite ses début au cinéma dans le muet avec de devenir l’un des acteurs français les plus renommés grâce à « La Trilogie Marseillaise » (« Marius », « Fanny », « César ») réalisée par Alexandre Korda avec Raimu, Orane Demazis et Fernand Charpin.



– Pierre Fresnay tourne dans plusieurs chefs d’œuvres comme « La Grande illusion » de Jean Renoir où il campe le Capitaine de Boëldieu.
Durant l’Occupation, Pierre Fresnay continue des activités de cinéma (comme la majeure partie des comédiens de l’époque). Il tourne pour la Continental et sera même décoré de la Francisque. On le retrouve notamment à l’affiche de « Les inconnus dans la maison » (H. Decoin), « L’assassin habite au 21 » (H-G. Clouzot), « La Main du diable » (M. L’Herbier), « Le Corbeau » (H-G. Clouzot), « L’assassin habite au 21 » (H-G. Clouzot).

– Enfermé six semaines au Dépôt à la Libération en raison de ses activités pour la Continental, Pierre Fresnay peut néanmoins remonter sur scène dès 1946. On le retrouve ainsi dans la biographie de Saint Vincent de Paul « Monsieur Vincent » (M. Cloche),  « Le voyageur sans bagage » (J. Anouilh), « Monsieur Fabre » (H. Diamant-Berger), « Dieu a besoin des hommes » (J. Delannoy), « Les évadés » (J-P. Le Chanois), « Les aristocrates » (D. de La Patellière), « L’Homme aux clés d’or » (L. Joannon), « Les oeufs de l’autruche » (D. de La Patellière), « Les affreux » (M. Allégret), ou encore « Les vieux de la vieille » (G. Grangier).

– Parallèlement à sa riche carrière cinématographique, il s’illustre aussi sur les planches en tant qu’acteur et metteur en scène. Il s’éteint le 9 janvier 1975 à l’Hôpital américain de Neuilly-s/-Seine.

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12 janvier 1977 : Disparition de Henri-Georges Clouzot

12 janvier 1977 : Disparition de Henri-Georges Clouzot

– Né en 1907 à Niort, Henri-Georges Clouzot se destine d’abord à la Marine, avant de s’orienter vers la diplomatie. Il suit des cours à la Faculté Libre de Sciences Politiques. Il devient ensuite le collaborateur de Louis Marin, chef de file de l’URD (Union Républicaine Démocratique), une formation de…

12 janvier 2017

Dans « Arts et lettres »

12 février 1979 : Disparition de Jean Renoir

12 février 1979 : Disparition de Jean Renoir

– Né à Paris en 1894, fils du peintre Auguste Renoir et d’Aline Charigot, Jean Renoir grandit dans la capitale. Sensibilité très tôt à l’art, il ne brille pas particulièrement dans les études. – Engagé dans les Dragons en 1914, il est ensuite versé dans un Bataillon de Chasseurs Alpins…

12 février 2016

Dans « Arts et lettres »

15 novembre 1976 : Disparition de Jean Gabin

15 novembre 1976 : Disparition de Jean Gabin

« Attention aux roches, et surtout, attention aux mirages ! Le Yang-tsé-Kiang n’est pas un fleuve, c’est une avenue. Une avenue de 5 000 km qui dégringole du Tibet pour finir dans la mer Jaune, avec des jonques et puis des sampans de chaque côté. Puis au milieu, il y…

15 novembre 2016

Dans « Arts et lettres »

19 mai 2013
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Histoire & Culture

15 novembre 1976 : Disparition de Jean Gabin

by adminfhesp 12 mai 2013

« Attention aux roches, et surtout, attention aux mirages ! Le Yang-tsé-Kiang n’est pas un fleuve, c’est une avenue. Une avenue de 5 000 km qui dégringole du Tibet pour finir dans la mer Jaune, avec des jonques et puis des sampans de chaque côté. Puis au milieu, il y a des… des tourbillons d’îles flottantes avec des orchidées hautes comme des arbres. Le Yang-tsé-Kiang, camarade, c’est des millions de mètres cubes d’or et de fleurs qui descendent vers Nankin, puis avec tout le long des villes ponton où on peut tout acheter, l’alcool de riz, les religions… les garces et l’opium… »

– Né en 1904 à Paris, fils d’un cafetier et chanteur d’opérette et d’une chanteuse de café-concert, Jean-Alexis Moncorgé perd sa mère très vite. Mauvais élève à Janson-de-Sailly, il exerce d’abord divers petits métiers (ouvrier, garçon de bureau, conducteur de locomotive), avant de gagner le music-hall en 1926 et s’y fait remarquer par son talent. C’est là qu’il prend le nom de scène de Jean Gabin.

gabin_les-grandes-familles-1907eda– Dès 1928, Jean Gabin se lance dans le cinéma, d’abord dans des films muets puis dans des seconds rôles. C’est grâce à Julien Duvivier que Jean Gabin connaît la consécration avec « La Bandera » aux côtés de Robert Le Vigan, « La belle équipe » et « Pépé le Moko ». Gabin enchaîne les chefs d’œuvre du cinéma français des années 1930 ; « La grande illusion » de Jean Renoir, « Gueule d’amour » (qui deviendra son surnom), de Jean Grémillon, « Le quai des brumes » (Marcel Carné), « La Bête humaine » (J. Renoir) et « Le jour se lève » (M. Carné).

– En 1940, Jean Gabin refuse de tourner pour les Allemands et part pour les États-Unis. Il tournera « La Péniche d’amour » (A. Mayo), « Remorques » (J. Grémillon) et « L’imposteur » (J. Duvivier). En 1941, Jean Gabin s’engage dans les Forces Navales Françaises Libres. Il sert d’abord sur des navires et dans un sous-marin, avant de gagner le Régiment Blindé des Fusiliers Marins (RBFM) du Capitaine de Vaisseau Maggiar, unité versée au sein de la 2e DB du Général Leclerc. « Plus vieux chef de char » de France à la tête du « Souffleur », Jean Gabin participe à la bataille de Normandie, à la percée des Vosges, à la campagne d’Alsace et à la prise de Berschtesgaden en 1945. C’est aussi pendant la Seconde Guerre mondiale qu’il fait la connaissance de Marlène Dietrich.

– A la fin des années 1940 et jusqu’en 1954, Jean Gabin connaît une traversée du désert qui le fait douter. On le voit dans différents films qui ont moins de succès que dans les années 1930, à l’exception de « La Marie du port » (M. Carné). Néanmoins, il retrouve le succès dans « Touchez pas au grisbi » de Jean Becker, puis avec « Razzia sur la chnouf » (Henri Decoin), « Des gens sans importance » (Henri Verneuil), « La traversée de Paris » (Claude Autant-Lara), « Les Misérables » (J-P. Le Chanois), « Maigret tend un piège » (Jean Delannoy), « Les grandes familles » (Denys de La Patellière), « Archimède le clochard » (Gilles Grangier), « Maigret et l’affaire Saint-Fiacre » (J. Delannoy).

– Les années 1960 sont pour Jean Gabin des années fastes sur le plan cinématographique. A côté des films policiers et des drames, on le voit aussi se produire dans la comédie. On le retrouve donc dans « Les vieux de la vieille » (G. Grangier) aux côtés de Noël-Noël et Pierre Fresnay, « Le Président » (H. Verneuil), « Le cave se rebiffe » (G. Grangier), « Un singe en hiver » (H. Verneuil) aux côtés de l’étoile montante Jean-Paul Belmondo, « Mélodie en sous-sol » (H. Verneuil) avec Alain Delon, « L’âge ingrat » (G. Grangier), « Du rififi à Paname » (D. de La Patellière), « Le Pacha » (Georges Lautner), « Le Tatoué » (D. de La Patellière) où il se trouve concurrencé par Louis de Funès (le tournage sera rendu plus difficile pour cette raison), « Sous le signe du taureau » (G. Grangier) et « Le clan des siciliens » (H. Verneuil), avec Alain Delon et Lino Ventura.

– C’est aussi au début années 1960 qu’il acquiert la propriété de La Pichonnière dans l’Orne où il se mue quelque peu en propriétaire terrien. Mais son achat de terres lui attire quelques soucis avec les habitants de la région. On lui intente même un procès au Tribunal d’Alençon qui devient une fenêtre médiatique aux problèmes des agriculteurs d’alors. Jean Gabin en gardera un souvenir particulièrement douloureux.

– Jean Gabin tourne jusqu’à sa disparition dans les années 1970, dans des rôles beaucoup plus sévères avec « La Horse » (Pierre Granier-Deferre) ; « Le chat » (P. Granier-Deferre) drame dans lequel il incarne un mari vieillissant qui entretient une relation haineuse avec son épouse campée par Simone Signoret ; « Le tueur » (D. de La Patellière), « L’affaire Dominici » (Claude Bernard-Aubert), « Deux hommes dans la ville » (José Giovanni), « Verdict » (André Cayatte) et enfin, sa toute dernière comédie « L’année sainte » (Jean Girault) avec Jean-Claude Brialy.

– Un César d’honneur lui sera décerné à titre posthume en 1987.

 

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Amiral Philippe Auboyneau

Amiral Philippe Auboyneau

Aujourd’hui passé dans l’oubli, Philippe Auboyneau reste toutefois l’une des grandes figures des Forces Navales Françaises Libres (FNFL). Fils d’un Directeur de la Banque Ottomane, Auboyneau voit le jour à Constantinople en 1899. Entré à l’Ecole navale en 1916, il en sort Enseigne de Vaisseau en 1918 et sert sur le Torpilleur « Typhon » qui opère des patrouilles dans la…

23 février 2014

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Général Diego Brosset

Général Diego Brosset

« La 1re DFL ? Elle est comme ma fille, une fille susceptible, bien douée, capricieuse, difficile et, quand elle veut, charmante. (…) Elle a des excuses à ne pas être comme tout le monde. Elle s’est formée en courant le monde… C’est une grande unité qui a de la…

20 novembre 2015

Dans « Histoire militaire française »

Jean Sévilla :

Jean Sévilla : « Aux origines du malaise national… »

Voici de larges extraits tirés du dernier chapitre- intitulé « aux origines du malaise national »- de l’ouvrage magistral de l’historien et journaliste Jean Sévilla, « Histoire Passionnée de la France ». Ce chapitre permet de mieux  comprendre la crise actuelle en la mettant en perspective  avec les multiples crises que notre pays a…

26 octobre 2013

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12 mai 2013
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 4/ La réaction allemande

by adminfhesp 12 mai 2013

Peu après le Débarquement allié, Rommel ne tarde pas à expédier des renforts en Normandie et après avoir demandé avec insistance au QG de Rastenburg l’envoi de Panzer-Divisionen afin de lancer une contre-attaque décisive qui doit rejeter les Anglo-Américains à la mer.
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1 – Face au secteur anglo-canadien

– Rommel qui avait néanmoins autorité sur le Panzer-Gruppe-West de Leo Geyr von Schweppenburg ordonna à celui-ci d’expédier en Normandie les unités mécanisées dont il dispose sur le territoire français. Devant son insistance, l’OKH (que dirige Hitler avec son état-major depuis l’éviction de Franz Halder) consent à lui octroyer le II. SS-Panzer-Korps de Paul Hausser fort de deux divisions de Panzer SS qui se trouve au repos dans le sud de la Pologne (alors que les Soviétiques s’apprêtent à déclencher leurs offensives d’été). Rommel donne l’ordre formel de tenir Caen, ce qui explique le déploiement plus important d’unités mécanisées entre les Vallées de la Seulles et de l’Orne. Avec ses routes qui mènent vers Pont-Audemert et Rouen, Lisieux et Falaise, la préfecture du Calvados est l’une des clés de voûtes des opérations alliées comme allemandes de la bataille de Normandie. Rommel comme Montgomery, le savent pertinemment. Ce qui explique une plus importante concentration d’unités mécanisées dans un arc de cercle allant de Tilly-s/-Seulles à Caen réside aussi dans la géographie. Si la Vallée de la Seulles présente davantage un environnement de bocage, propice à la défense antichar, les alentours de Caen offent une plaine plus ouverte, quoique scindées de haies mais plus ouverte à de la manœuvre mécanisée. Ce qui n’est pas le cas, du sud du Cotentin et du Bessin (secteurs Américains) qui présente des terrains bien plus cloisonnés.

General-Feldmarschall Erwin Rommel

General-Feldmarschall Erwin Rommel

– Ainsi, la 12. SS-Panzer-Division « Hitlerjugend »  du fougueux Fritz Witt, quitte son secteur de stationnement près d’Evreux dès le 6 juin et commence à arriver en Normandie le lendemain et à se positionner au nord-ouest de Caen entre Bretteville-l’Orgeuilleuse et Douvre-la-Délivrande, se « soudant » à l’aile gauche de la 21. Panzer-Division. Basée dans la Somme (PC à Amiens), la très expérimentée 2. Panzer-Division (Campagne de 1940 et Front de l’Est) d’Heirich Freiherr von Lüttwitz est mise elle aussi en alerte dès le 6 juin et lance des éléments avancés vers la Normandie dès le lendemain du débarquement, notamment de son Panzer-Regiment 3.

– La 130. Panzer-Lehr-Division de Fritz Bayerlein (ancien chef d’état-major de Rommel en Afrique) quitte expressément la région de Chartres pour se porter au sud-est de Saint-Lô malgré les attaques des Jabos (surnom donné aux avions d’attaque anglo-américains). Le 8 juin donc, la Panzer-Lehr vient se « coller » à la 12.SS « Hitlerjugend » dans le secteur de Bretteville-l’Orgeuilleuse (flanc droit) – Brouay (flanc gauche), de part et d’autre de la Vallée de la Seulles, au sud de Saint-Léger et du Plateau d’Andrieu. Unité d’instruction à la base comme son nom l’indique, la « Panzer-Lehr » est formée de jeunes recrues bien entraînées et bien encadrées par des anciens de l’Ostfront ou d’Afrique. En outre, au niveau du matériel chenillé, la Panzer-Lehr est une unité particulièrement bien dotée avec 191 Panzer (98 Panzer IV, 89 PzKw V Panther et 3 Tiger I), soit bien plus que la moyenne (140), ainsi que de 10 Sturm-Geschützt III et 31 canons antichars automoteurs lourds Jagdpanther IV, parmi les plus redoutables que compte la gamme.
Notons enfin que la 1. SS-Panzer-Division « Leibstandarte Adolf Hitler » alors en reconstitution en Belgique après s’être tirée de la Poche de Korsoun-Tcherkassy en janvier 1944, a été elle aussi mise en alerte et doit bientôt arriver dans les bagages du I. SS-PzK.

Leo Geyr von Schweppenburg

Leo Geyr von Schweppenburg

– Le 6 juin toujours, les 21. PzD et « Hitlerjugend », ainsi que les restes laminés de la 716. Infanterie-Division de Reichert, passent de l’autorité directe de von Schweppenburg à celle du I.SS-Panzer-Korps du SS-Obergruppenführer Joseph « Sepp » Dietrich. Celui-ci se voit confirmer cet ordre par von Rundstedt en personne à Saint-Germain-en-Laye le jour même.  Attardons-nous un instant sur ce personnage. De taille moyenne et robuste, bavarois de naissance, ancien garçon boucher dans le civil, « Sepp » Dietrich combat sur le front français en 1914-1918 dans l’artillerie et dans les chars à la fin du conflit. Membre des Freikorps (Corps francs) contre les Spartakistes et les Conseils d’Ouvriers en 1919, il connaît ensuite quelques temps difficiles jusqu’à ce qu’il rencontre Adolf Hitler qui vient de prendre la main du Parti des Travailleurs Allemands. Prêtant une fidélité absolue à son nouveau maître, il organise les toutes nouvelles Schutzt-Staffeln (SS) chargées de la sécurité personnelle d’Hitler. Durant les années 1930, la SS gagne en nombre face à la SA et Dietrich devient commandant du nouveau régiment de la garde personnelle du Führer, la Leibstandarte « Adolf Hitler ». Dietrich commande à cette unité durant la Campagne de France. Devenue ensuite 1. SS-Grenadier-Division « LSSAH », l’unité de Dietrich combat en Yougoslavie, en Grèce et en URSS où elle fait preuve d’une extrême brutalité envers les prisonniers, les civils et les Juifs. Dietrich est présent sur l’Ostfront à Kharkov, à Kousk et sur le Dniepr. Fin 1943, il prend la tête du nouveau I. SS-Panzer-Korps. Sans grand génie militaire comparé à un Guderian, un von Manstein ou à un von Manteuffel, Dietrich est un fonceur brutal, réputé grossier mais apprécié de la troupe. Hitler l’apprécie d’autant plus que l’homme est d’une fidélité inébranlable et un nazi convaincu. Arrivé en Normandie le 7 juin pour prendre son commandement sur le terrain, sa première mesure est de ramasser de façon musclée tous les traînards et fuyards des services de la Heer qui pensent que Caen est tombée aux mains des Britanniques et qui fuient vers le sud.

SS-Obergruppenführer Sepp Dietrich

SS-Obergruppenführer Sepp Dietrich

Dans cette réorganisation, la coordination du projet de contre-offensive blindée allemande – avec la 21. PzDiv, la 12. SS-PzD, la 2. PzD, la 130. Panzer-Lehr et les éléments du I. SS-PzK – est confiée à von Schweppenburg.   Réputé bon technicien de la Panzerwaffe, Geyr von Schweppenburg s’est montré partisan avec de la contre-attaque mécanisée contre les forces alliées débarquée, de concert avec von Rundstedt. Par une attaque brutale lancée rapidement contre la tête de pont britannique, il espère porter « un coup fatal aux alliés » et « prendre l’ascendant psychologique ». Le 10 juin, von Schweppenburg s’entretient avec Rommel à son QG installé au Château de La Caine (près de Thury-Harcourt, au sud de Caen). Les deux généraux conviennent alors de lancer une contre-attaque mécanisée dans le secteur de Bayeux afin de couper le secteur américain du secteur britannique avant de pressurer les têtes de pont. Mais un coup dur intervient rapidement pour les Allemands. En effet ayant bénéficié du Système ULTRA, la RAF a localisé le QG de von Schweppenburg et décide de mener un raid pour décapiter le commandement allemand en Normandie. Ainsi, dans la nuit du 10 juin, 100 appareils de chasse et chasseurs-bombardiers Hawker Typhoon matraquent le château de La Caine et ses alentours. Les dégâts sont importants ; le château est détruit et de nombreux véhicules et postes de communication sont détruits ou rendus inutilisables. C’est un sérieux coup dur pour Geyr von Schweppenburg qui perd aussi son chef d’état-major, l’Oberst Kluge, tué dans l’attaque aérienne.

Generalleutnant Fritz Bayerlein

Generalleutnant Fritz Bayerlein

Insigne de la «  Panzer Lehr »

Insigne de la      « Panzer Lehr »

2 – Face au Secteur américain

– Après le Jour-J, les troupes allemandes basées dans le Cotentin sont réparties au sein des  753. ID qui tient la région de Cherbourg, 91. Luftlande-Infanterie-Division qui a perdu son chef, Wilhelm Falley tué dans une embuscade par des parachutistes américains (remplacé par son chef d’état-major, l’Oberst König), 709. Infanterie-Division, 77. ID de Stegmann (tué dans une attaque aérienne) et 243. ID de Klosterkämper. Très vite, il apparaît que les 709 et 753. ID se retrouvent isolés dans la partie nord du Cotentin et sont condamnés à défendre Cherbourg sans pouvoir communiquer avec le reste du LXXXIV. Armee-Korps (PC à Saint-Lô). La 91. Lft-Ld-Div a été sérieusement malmenée dès le le Jour-J et doit replier ses forces au sud de Sainte-Mère-Eglise.

Insigne de la « Das Reich »

Insigne de la « Das Reich »

Pour tenter d’empêcher la Ist US Army de Bradley de déboucher vers la côte ouest du Cotentin et sur la route Saint-Lô – Périers, Rommel rameute de toute urgence la 243. ID dans la région de Pont-l’Abbé, pendant que la 77.ID arrive à marche forcée depuis Avranches pour venir en aide à la 91. Lft-Ld-Div.

– Pour étoffer la défense face aux Américains, la 2. SS-Panzer-Division « Das Reich » du SS-Gruppenführer Heinz Lammerding quitte ses zones de stationnement du Lot et du Tarn-et-Garonne (Montauban) où elle stationne pour remonter vers la Normandie. Inutile de rappeler la barbardie dont elle fait preuve à Tulle et Oradour-sur-Glane. Elle arrivera en Normandie vers le 12-13 juin sous les attaques aériennes alliées. Issue de l’une des plus anciennes unités de la Waffen-SS, la « Das Reich » s’est fait connaître sur l’Ostfront autant par sa brutalité envers les populations que pour ses engagements tactiques. Unité mécanisée d’élite, elle a pris part à la marche sur Moscou, à la contre-offensive victorieuse von Manstein à Kharkov, à Koursk et à la défense du Dniepr. Elle peut se targuer de compter l’un des plus grand nombre de récipiendaires de la Ritter-Kreutz dans ses rangs.

– Enfin, la 17. SS-Panzer-Grenadier-Division « Götz von Belichingen » de Werner Ostendorff quitte Thouars dans les Deux-Sèvres pour venir défendre le secteur de Carentan. Ces deux unités mécanisées passent sous le commandement du LXXXIV. Armee-Korps de Wilhelm Fahrmbacher (7. Armee).

– Le renforcement du secteur tenu par le LXXXIV. AK conduit Rommel et Friedrich Dollmann à « vampiriser » toute la défense de la Bretagne. Mis en alerte dès le 6 juin, le II. Fallschirm-Korps (parachutistes des 3. et 5. Fallschirmjäger-Divisionen) du Generalleutnant Eugen Meindl quitte la région de Quintin (Côtes-du-Nord) dès le 7 juin, avec ses hommes montés sur camions, sous les attaques aériennes. Mais c’est le XXV. Armee-Korps qui connaît les plus importantes répercussions sur son dispositif puisqu’il doit céder la 275. Infanterie-Division de Schmidt. Basée à Redon dans le sud de l’Ille-et-Vilaine, celle-ci connaît un véritable calvaire pour monter dans la région de Saint-Lô, avec ses charrettes et remorques hippomobiles, via Rennes et Avranches et n’arrive que vers le 9-10 juin après avoir subi plusieurs attaques aériennes. Enfin, la 353. Infanterie-Division de Paul Mahlmann quitte le secteur de Brest pour rejoindre le secteur entre La Haye –du – Puits – Marigny. Bien que disposant d’un parc motorisé limitée, cette division a été formée dans la Landkreis du Mecklembourg à partir d’éléments survivants de la 328. ID détruite en URSS et se trouve correctement dotée en canons d’assaut.

– Résultat, le faible LXXIV. AK d’Erich Straube (2 modestes Infanterie-Divisionen) tient toujours la moitié nord de la Bretagne avec ses deux divisions restantes (343. ID et 2. Fallschirmjäger-Division, plus les unités auxiliaires).

Ce déficit de troupes en Bretagne conduit immédiatement les formations de maquisards à passer à l’action avec l’aide des sticks 2nd RCP (4th SAS) du Lieutenant-Colonel Bourgoin dit « Le Manchot ». Dès le lendemain du Débarquement, les FFI-FTP bretons s’activent particulièrement dans le secteur de Saint-Marcel au nord-est de Vannes.

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[Suite]

 

 

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 7/ L'Odyssée du II. SS-Panzer-Korps

Chroniques de la Bataille de Normandie – 7/ L’Odyssée du II. SS-Panzer-Korps

Du côté de Rommel, von Schweppenburg et Dietrich, le projet contre-attaque contre la tête de pont anglo-canadienne doit être déclenché par un redoutable « poing blindé » (avec Panzer IV, Panther, Tiger et Sturmgescützte), soit le I. SS-Panzer-Korps de Sepp Dietrich (1. SS-PzDiv « Leibstandarte Adolf Hitler » et 2. SS-PzD « Das Reich ») et…

20 juin 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 34/ La Poche de Falaise (première partie)

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Avec l’échec de la contre-attaque de Mortain et la prise de Falaise, les forces allemandes du Heeres-Gruppe B se retrouvent très vite pris entre un marteau et une enclume à l’est du cours de la Vire. L’attaque complètement manquée sur Mortain n’a fait que retarder l’avance américaine. Or, en se…

12 août 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 6/ L'heure de gloire de Michael Wittmann

Chroniques de la Bataille de Normandie – 6/ L’heure de gloire de Michael Wittmann

Parallèlement aux combats de Tilly-sur-Seulles qui créent une brèche étroite dans le dispositif allemand et retiennent la Panzer-Lehr face aux XXXth Army Corps, Montgomery décide de lancer la 7th « Desert’s Rats » en avant-garde de la IInd Army de Dempsey prendre Villers-Bocage avant d’opérer un crochet vers Evrecy pour s’emparer ensuite de la Cote 113. Ce plan qui mise sur une…

17 juin 2014

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12 mai 2013
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Histoire & Culture

Michel V Le Tellier Marquis de Louvois

by adminfhesp 10 mai 2013

Troisième fils de Michel IV Le Tellier Secrétaire d’Etat à la Guerre sous la Régence, Michel V Le Tellier Seigneur de Chaville et Marquis de Louvois naît à Paris le 18 janvier 1641. Comme il a été dit dans l’article consacré à son père, la famille de Louvois compte bon nombre de gens de robe et de marchands.
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Après ses études au Collège de Clermont (aujourd’hui Lycée Louis le Grand), Louvois soutient sa thèse en philosophie en 1657. Avec le népotisme ayant cours à l’époque, Louvois, malgré une jeunesse indisciplinée, est initiée aux Affaires d’Etat par son père et notamment dans la conduite de la guerre. Il reçoit aussi une instruction en langues étrangères par les soins paternels.

De tempérament, Louvois est caractériel, colérique (mais surtout dans ses lettres), brutal, ferme et doté d’un esprit de décision. C’est un travailleur qui apprécie particulièrement la bonne chère (ce qui peut expliquer son physique particulièrement corpulent) et la chasse.

Le 6 juin 1658, à dix-sept ans seulement, sa carrière politique démarre comme Conseiller au Parlement de Metz mais de façon très rapide. Le 6 juillet, Louvois reçoit la provision de Secrétaire d’Etat et obtient le droit de remplacer son père aux Affaires et au Conseil trois ans plus tard (24 février 1661). En 1660, il épouse Anne de Souvré et de cette union naîtront six enfants.

Comme l’a montré André Corvisier, au sein de la Secrétairerie d’Etat à la Guerre, Michel V Le Tellier se voit d’abord conféré un rôle d’exécutant de son père mais il apprend comment gérer l’appareil militaire de la Monarchie française. Très vite, il apprend aussi à faire face aux Maréchaux et Lieutenants Généraux du Royaume (notamment Turenne et Condé) qui apprécient très peu ces supérieurs civils administratifs. En revanche, il suivra l’exemple de son père en entretenant abondamment la clientèle des Intendants Militaires sans lesquels le recrutement, l’approvisionnement et les fournitures ne peuvent être assurés.

En janvier 1671, le futur Marquis de Louvois est nommé chancelier de l’Ordre du Saint-Esprit avant de remplacer brièvement Arnauld de Pomponne à la tête de la Secrétairerie des Affaires Etrangères. En 1672, il entre au Conseil Royal d’en haut devenant Ministre d’Etat.

A partir de cette année-là, on peut estimer que c’est lui assure la conduite de la guerre au nom de Louis XIV (Hollande et Guerre de la Ligue d’Augsbourg). Il cumule par la suite la charge des Haras et des Fortifications côtières, ainsi que celle des Bâtiments, Arts et Manufactures.

Louvois a poursuivi les réformes entamées par son père. Relevons donc, entre autres, la création des Inspecteurs Généraux de l’Infanterie et de la Cavalerie afin de mieux contrôler les troupes, la réglementation de la justice militaire et la création d’une véritable administration militaire. Louvois supprime aussi la vénalité des charges dans le Régiment des Gardes du Corps (sauf pour les Capitaine) et dans la Gendarmerie Royale. Les Gardes du Corps se voient aussi dotés d’un état-major. En 1675, il met en ordre du tableau qui recense les officiers supérieurs selon leur ancienneté. C’est sous ses auspices que la nouvelle Compagnie des Grenadiers à Cheval est créée. Recrutée parmi des soldats roturiers méritants, ses hommes ont le droit de porter la moustache. L’armement s’améliore avec l’adoption de la baïonnette et du fusil à double platine imagine par Vauban (1688).
Enfin, aspect moins connu de son ministère, Louvois octroie une place importante au renseignement et à l’espionnage au profit de l’Armée Royale, ce qui le conduit à marcher sans vergogne sur les prébendes de la Secrétairerie des Affaires Etrangères.

Louvois crée aussi le Corps des Ingénieurs chargé des fortifications. Les ingénieurs sont notamment recrutés dans la Marine. De plus, la Surintendance des Bâtiments est directement subordonnée au Ministère de Louvois, ce qui ne l’empêchera pas d’entretenir des rapports difficiles avec Vauban.

Du point de vue de la politique intérieur, Louvois se montre particulièrement implacable face aux révoltes. Il réprime durement les révoltes fiscales dites du « papier timbré » et des « bonnets rouges » en Bretagne, tout comme les révoltes protestantes dans le Vivarais et le Dauphiné. A ce titre, il encourage fortement les premières dragonnades de Marillac en Poitou et dans le Midi et appuiera sans reculer la révocation de l’Edit de Nantes qu’il s’efforcera de faire appliquer dans le domaine public.

Cette brutalité se ressent aussi nettement à l’extérieur puisqu’il fait partie de ceux qui encouragent Louis XIV à ravager le Palatinat en 1689.

Au niveau de l’urbanisme et des infrastructures, Louvois couche le projet de « Place des Conquêtes » que nous connaissons sous le nom de « Place Vendôme » et conduit les travaux visant à détourner l’Eure de son cours pour assurer le ravitaillement de Versailles en eau.

Michel V Le Tellier Marquis de Louvois s’éteint à Versailles le 16 juillet 1691.

Source :
– LE FLEM Jean-Paul : Le Marquis de Louvois ou le Service de Mars, http://www.persee.fr

Lire :
– CORVISIER André : Louvois, Fayard

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30 octobre 1685 : Mort de Michel Le Tellier

30 octobre 1685 : Mort de Michel Le Tellier

Dans l’Oraison funèbre qu’il prononça aux obsèques de ce Secrétaire d’État à la Guerre, Bossuet dit de lui que « la sagesse, après l’avoir gouverné dès son enfance, l’ait porté aux plus grands honneurs et au comble des félicités humaines » . Ajoutant ensuite : «  Il a connu la sagesse que le monde…

30 octobre 2013

Dans « Non classé »

François de Montmorency-Bouteville, Maréchal de Luxembourg et Tapissier de Notre-Dame

François de Montmorency-Bouteville, Maréchal de Luxembourg et Tapissier de Notre-Dame

Fils de François Ier de Montmorency-Bouteville qui avait été décapité en 1628 sur ordre de Louis XIII pour avoir osé défier le Cardinal de Richelieu en se brettant Place Royale, avec Guy d’Harcourt, François-Henri de Montmorency-Bouteville, Duc de Piney et Comte de Luxembourg, combat d’abord très jeune pendant la Guerre…

4 janvier 2017

Dans « Grand Siècle »

Charles de La Porte Marquis de la Meilleraye, « le grand canonnier » de Louis XIII

Charles de La Porte Marquis de la Meilleraye, « le grand canonnier » de Louis XIII

Fils de Charles de La Porte Premier du Nom, avocat au Parlement et de Claude de Champais, Charles de La Porte futur Marquis de La Meilleraye et Duc de Rethel voit le jour à Paris en 1602. Sa famille est originaire de la Gâtine (le pays de Parthenay, aujourd’hui dans…

8 février 2016

Dans « Grand Siècle »

10 mai 2013
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Histoire & Culture

Louis d’Aurelle de Paladines

by adminfhesp 8 mai 2013

Louis d’Aurelle Marquis de Paladines voit le jour le 9 janvier 1804 au Malzieu en Lozère.
Il entre à Saint-Cyr sous la Restauration en 1822 mais en sort en 1824 sans être gradé pour cause d’insubordination.
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– S’engageant alors comme simple soldat, il
sert d’abord au 64e Régiment d’Infanterie de Ligne. Lieutenant en 1830, Capitaine en 1834, il embarque pour l’Algérie en 1841 avant de prendre par aux combats de Rome en 1848-1849. Récipiendaire de la Grand Croix de la Légion d’Honneur, il est promu au grade de Colonel et commande le 28 Régiment de Ligne à Cherbourg. L’année suivante, il remplace François de Canrobert à la tête du 4e Régiment de Zouaves à Alger.

– Pendant la Guerre de Crimée, il se distingue au commandement une brigade et est promu Général de Division. En 1859, lors de la guerre d’unification de l’Italie, Louis d’Aurelle de Paladines se voit confier un rôle d’intendance à la tête de la 9e Division Militaire à Marseille. Il est en fait chargé de rassembler et d’organiser l’approvisionnement des forces combattantes dans le Piémont.

– En 1864, un accident faillit de lui coûter la vie. En effet, pendant une revue navale en présence de l’Empereur Napoléon III, le Général d’Aurelle de Paladines se trouve sur une barque avec les autorités de Marseille lorsqu’un avenir de surface éperonne l’embarcation. Notre officier sexagénaire ne doit la vie qu’au réflexe de s’accrocher à la gueule d’un canon, à laquelle il reste suspendu pendant plusieurs dizaines d’heures.

– D’abord placé sur la réserve à la fin de l’Empire, Aurelle de Paladines est soudainement rappelé en activité en 1870 pour commandement successivement la 7e Division, puis le XIe Corps dans l’Ouest. Il ne prend pas part aux combats de l’été mais après la chute de du Second Empire, le Gouvernement de Défense Nationale lui confie l’Armée de la Loire par un décret de la Délégation de Tours.

– Aurelle de Paladines remporte un premier succès à Coulmiers le 9 novembre 1870 contre le Général Ludwig von Thann-Rathsamhausen, ce qui force les Prussiens à évacuer Orléans pour se retirer sur Saint-Prévary et Touvy. Mais il ne profite pas de sa victoire pour reprendre la ville et permet donc à l’ennemi de s’y installer de nouveau. Les Prussiens contre-attaquant avec succès, Aurelle de Paladines est forcé de se retirer en Sologne.
Le Gouvernement de la toute jeune IIIe République ne le lui pardonne pas et le remplace sans ménagement par Chanzy. Aurelle de Paladines se retire alors dans l’Ain et se consacre à la vie politique.

– En 1871, il est élu Sénateur de l’Allier et restera inamovible. Adolphe Thiers le nommera Commandant Supérieur des Gardes de la Seine, avant de prendre la tête de la 14e Division Militaire de Bordeaux, commandement qu’il quittera en 1874. En 1875, on lui confie le commandement du XVIIIe Corps mais atteint par la limite d’âge, il est contraint de se démettre.

– Du point de vue législatif, Aurelles de Paladines a voté en faveur de proposition Cazenove sur les prières publiques, pour l’abrogation des lois d’exil, pour la validation de l’élection des princes et pour le Septennat comme mandat du Président de la République.

– Il s’éteint le 17 décembre 1877.

Sources :
– TULARD Jean : Dictionnaire de l’Armée sous le Second Empire, PUF, Paris
http://www.senat.fr/senateur-3eme-republique

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Général Pierre Roques, « père » de l’aéronautique militaire française

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Issu d’une famille modeste du Languedoc, Pierre Auguste Roques voit le jour le 28 décembre 1856 à Marseillan près de Montpellier. Remarqué pour sa vive intelligence, il bénéficie d’une bourse d’étude qui lui permet de préparer le concours à l’École Polytechnique. L’ayant intégrée, il fera la connaissance d’un certain Joseph…

26 février 2014

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Jean Joseph Ange d'Hautpoul

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Autre grand cavalier d’Empire, Jean Joseph Ange d’Hautpoul voit le jour le 13 mai 1754 au Château de Salettes non loin de Cahuzac-sur-Vère non loin d’Albi, au sein d’une famille de vieille noblesse languedocienne. – Engagé dans la Légion Corse à quinze ans seulement en 1769, il devient Cadet-Gentilhomme au…

14 février 2016

Dans « Grande Armée »

Jean-Baptiste Marchand

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Cet officier français reste toujours attaché à la déconvenue de Fachoda mais sa carrière militaire en somme toute honorable qu’il a menée, en particulier durant la Grande Guerre restée occultée. Preuve en est que cet officier a cumulé cinq blessures durant ses années de service. – Fils d’un menuisier bressan,…

13 janvier 2016

Dans « 1870-1914 »

8 mai 2013
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Histoire & Culture

28 janvier 814 : Mort de Charlemagne

by adminfhesp 7 mai 2013

– Charlemagne (Carolus Magnus), Roi des Francs et Roi des Romains (né entre 742 et 747), fils de Pépin le Bref et de Berthe au Grand-Pied, grand souverain réformateur, protecteur de l’Église et des Arts, Sacré Empereur par le Pape Léon III (Noël de l’An 800) a été à la tête d’un empire consolidé qui allait des Pyrénées à l’Elbe et de l’estuaire de la Seine à l’Italie centrale, en dépit de revers en Espagne et d’exactions de son armée en Saxe.

– Il est l’initiateur de ce qu’on appellera plus tard la Renaissance carolingienne. Il prit beaucoup de mesures pour le bien de ses peuples et contribua grandement à réformer l’Église d’Occident qui gagna en dignité, poursuivant l’œuvre de son oncle Carloman.
Son fils Louis le Pieux lui succède.

– Charlemagne incarnait l’idée d’Empire Chrétien qu’Alcuin d’York appelait de ses vœux. Mais ce rêve sera brisé en 843.

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Jean Delaunay: « Connaitre ton histoire est vital »

Voici l’extrait d’une lettre du général Jean Delaunay adressée à son petit fils Mayeul, dans laquelle il lui fait part de son amour pour la France et de son histoire. Une occasion de se rappeler brièvement de ceux « qui ont fait la France »… « Pour être prêt à vous renseigner sur l’apport de nos rois -…

24 mars 2012

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« Les racines de l’espérance »

Nous rééditons cet article qui nous semble être une bonne contribution à la neuvaine pour la France à laquelle France-Histoire-Espérance s’associe pleinement. « Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Eglise romaine qui est la seule véritable Eglise du Christ » C’est…

15 novembre 2014

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7 juillet 1438 : Charles VII promulgue la Pragmatique Sanction de Bourges

En 1418, réuni à l’initiative de l’Empereur Sigismond, le Concile de Constance s’est achevé avec l’élection de Martin V pour tenter de mettre fin au Grand Schisme d’Occident sans pour autant renforcer l’autorité pontificale, contestée par les Pères du Conciles qui placent celui-ci au-dessus de du Pape. En 1431, un nouveau…

8 juillet 2013

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7 mai 2013
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Histoire & Culture

15 octobre 1934 : Mort de Raymond Poincaré

by adminfhesp 5 mai 2013

Né en 1860 au sein d’une famille de notables lorrains (son père est polytechnicien, son grand-père doyen de la faculté de médecine et l’un de ses arrières-grands-pères a été député sous Louis-Philippe), Raymond Poincaré est très marqué par la défaite de 1870 pendant son enfance.

raymond-poincare– Il fait sa scolarité à Nancy avant d’étudier le droit à Paris. Il exerce d’abord la profession d’avocat avant de se lancer relativement tard en politique. Toutefois, il s’impose assez vite au sein des Républicains modérés.

– Durant sa vie politique, Raymond Poincaré s’est voulu un républicain rassembleur, comme en 1905. D’abord député de la Meuse en 1892, il sert ensuite comme Ministre de l’Enseignement. A ce titre, il ne se veut aucunement anticlérical contrairement aux Radicaux et se montre partisan d’une école neutre sur le plan religieux. Pour lui l’Enseignement doit d’abord servir à former des patriotes. En 1894, il forge ses compétences au sein du Ministères des Finances avant de revenir à l’Enseignement sous le Gouvernement d’Alexandre Ribot (1905).

Lors de l’Affaire Dreyfus il adopte plutôt une attitude prudente en ne se mettant pas en avant dans les débats. Il finit par se rallier (de manière assez réservées) au Dreyfusards.

– En 1902, il apporte d’abord son soutien à Waldeck-Rousseau mais s’oppose, avec quelques autres Modérés dit Progressistes,  aux mesures anticléricales du Petit Père Emile Combes comme la fermeture des congrégations. En 1905, il vote la Loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat. Son attitude constamment modérée et conciliatrice pousse Clemenceau à inventer un nouveau mot, le Poincarisme, ce qui ne va pas sans mépris. Jusqu’en 1919, Clemenceau et Poincaré se voueront une féroce détestation.

– Du point de vue de politique étrangère, Raymond Poincaré appuie Théophile Delcassé dans l’alliance avec la Russie et la formation de la Triple Entente.
En 1909, il est élu à l’Académie Française.

– En 1912, Emile Loubet l’appelle à conduire un Gouvernement de républicains modérés avec notamment Aristide Briand et Léon Bourgeois. Cette même année, il effectue sa première visite officielle à l’étranger en se rendant à Saint-Pétersbourg auprès de Nicolas II en réaffirmant les engagements franco-russes. Il refera un voyage en tant que Président juste au moment du déclenchement de la Guerre et y appellera le Tsar à se montrer ferme vis-à-vis de Berlin et de Vienne.

– Élu au second tour de l’élection présidentielle de 1913, il tient sa place de Président de la République française durant toute la Grande Guerre, d’abord aux côtés du socialiste René Viviani, avant d’appeler Clemenceau en 1917. Les relations entre les deux hommes seront émaillées de fortes tensions, d’autant plus que le Tigre s’impose davantage sur la scène nationale et internationale. Toutefois, si l’on put parler de tensions, il n’y eut pas de grave crise gouvernementale à ce moment. D’autre part, on se souvient davantage des visites de Clemenceau sur le front que celles de Poincaré qui se rendit pourtant sur la Somme, en Lorraine et en Alsace.

– Classé au centre-droit après l’Armistice, Poincaré est alors  élu Sénateur de la Meuse. En 1922, Alexandre Millerrand le rappelle à la tête du Gouvernement. Partisan de la fermeté avec l’Allemagne, Poincaré envoie l’armée française occuper la Ruhr et exige des réparations financières de la part de Berlin. Mais il se heurte aux Britanniques qui refusent de voir l’Allemagne davantage affaiblie au profit de la France. Il doit abandonner la seconde idée après la signature du Plan Dawes établit par Londres.

– En 1924, il mène une politique de rigueur budgétaire qui lui attire l’impopularité de l’opinion. Le Cartel des Gauches mené par Edouard Herriot et Paul Painlevé remporte les élections. Mais en 1926, Gaston Doumergue rappelle Poincaré aux affaires car la France est menacée d’une crise monétaire. Poincaré dévalue alors le franc germinal pour créer le Franc Poincaré, ce qui permet de stabiliser la monnaie.

– Malade, il se retire définitivement de la vie politique en 1929. Il était aussi le cousin du mathématicien Henri Poincaré.

Lire : 
– WINOCK Michel : La Troisième République, 1870-1940, Le Seuil
– WINOCK Michel : Clemenceau, Perrin
– MILZA Pierre : Les Relations internationales 1871-1914, Armand Collin
– MILZA Pierre : Les Relations internationales 1814-1939, Armand Collin

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André Maginot

André Maginot

Attaché à la ligne qui porte son nom, symbole de la défaite de 1940, André Maginot reste pourtant une personnalité méconnue. Un bref retour s’impose donc. Il voit le jour le 17 février 1877 à Paris, bien que ça famille soit originaire de Lorraine. Après avoir obtenu sa Licence en…

7 janvier 2014

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Antoine Pinay « le sage de Saint-Chamond »

Antoine Pinay « le sage de Saint-Chamond »

Cet homme d’État raillé par les gaullistes comme « l’homme au petit chapeau » qui incarnait la IVe République et ses instabilités ministérielles, fut toutefois l’artisan principal du redressement de l’Économie française durant les Trente Glorieuses. Antoine Pinay voit le jour le 30 décembre 1891 à Saint-Symphorien-sur-Coise. Son père, Claude, est un…

13 décembre 2013

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Général Edouard de Curières de Castelnau

Général Edouard de Curières de Castelnau

Celui que Georges Clémenceau surnommait avec aversion « le capucin botté » naît le 24 décembre 1851 à Sainte-Affrique (Aveyron). Fils de Michel et Marthe de Curières de Castelnau, avocat, Édouard est issu d’une lignée de la très vieille noblesse rurale du Haut-Rouergue. L’un de ses ancêtres, le Seigneur Hugues de…

19 mars 2016

Dans « Grande Guerre »

5 mai 2013
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Histoire & Culture

30 octobre 1685 : Mort de Michel Le Tellier

by adminfhesp 4 mai 2013

Dans l’Oraison funèbre qu’il prononça aux obsèques de ce Secrétaire d’État à la Guerre, Bossuet dit de lui que « la sagesse, après l’avoir gouverné dès son enfance, l’ait porté aux plus grands honneurs et au comble des félicités humaines » . Ajoutant ensuite : «  Il a connu la sagesse que le monde ne connaît pas ; cette sagesse qui vient d’en haut, qui descend du Père des lumières ».

S’il pratiqua le népotisme politique et ecclésiastique (au même titre que Colbert), permettant ainsi l’assise du Clan Louvois sur la direction du Royaume, Michel Le Tellier Marquis de Barbézieux n’en fut pas moins l’un des plus remarquables hommes d’Etat de la première partie du règne de Louis XIV. Sage, prudent, calculateur et habile, il servit la couronne des Bourbons avec dévouement et loyauté.
Le_Tellier_Michel
Né le 19 avril 1603 à Paris au sein d’une famille de bourgeois magistrats, Michel Le Tellier étudie le Droit avant de débuter sa carrière comme Conseiller au Grand Conseil durant le règne de Louis XIII. Il devient ensuite Procureur du Roi au Châtelet de Paris puis Maître des Requêtes. C’est dans cette dernière charge qu’il se fait remarquer une première fois en 1639 par le Chancelier Pierre Séguier et Omer Talon lors de la répression qui frappe la Normandie après la révolte des Va-Nu-Pieds (Avranchin et Rouen).

Sur recommandations, Louis XIII et le Cardinal de Richelieu l’envoie en Italie pour administrer l’Intendance de l’Armée du Piémont, charge où il fait encore montre de compétences. En 1640, il rencontre Mgr Jules Mazarin à Turin. Les deux hommes en viennent à nouer une relation d’amitié qui perdurera à la mort du prélat. Mazarin qui a l’oreille de Richelieu, profite de l’éloignement de François Sublet des Noyers pour faire nommer Le Tellier Secrétaire d’Etat à la Guerre. Le jeune commis d’Etat est tout de suite apprécié à ce poste. Il s’efforce notamment de lutter contre la corruption qui frappe les Commissaires aux Armées chargés du recrutement, de renforcer la discipline, de lutter contre la vénalité des commandants de compagnies et des colonels, de consolider le rôle des Trésoriers généraux et d’améliorer l’intendance ainsi que le ravitaillement. Afin de rationaliser cette administration majeure pour la puissance du Royaume, Michel Le Tellier crée cinq bureaux chargés de missions spécifiques : Réglementation, Contrôle du personnel, Dépêches des Guerres et instructions confidentielles, Acheminement des troupes et enfin, Vivres et pensions. En 1660, on règle enfin la question du paiement des troupes.
Du point de vue de l’Histoire Militaire du Grand Siècle, l’oeuvre de Michel Le Tellier est sans conteste importante. Grâce à lui, Louis XIV bénéficiera de l’une des meilleures armées d’Europe.

Entre-temps, Michel Le Tellier a épousé Elisabeth Turpin qui lui donnera deux enfants.

En 1643, après la Mort de Richelieu et de Louis XIII, Mazarin (devenu Ministre Principal) assure la Régence du tout jeune Louis XIV aux côtés de la Reine Mère Anne d’Autriche. La carrière de Le Tellier fait encore un bond. Fort de l’estime du Cardinal Régent, il siège au Conseil. Mais bientôt vient la Fronde. Michel Le Tellier fait encore preuve d’habileté et participe active aux négociations qui aboutissent à la signature de la Paix de Ruel (Rueil) le 11 mars 1649. Mais lorsque Mazarin doit s’exiler à deux reprises, avant de revenir, Anne d’Autriche choisit Le Tellier comme son conseiller principal. Le Secrétaire d’Etat à la Guerre tient ferme face aux Princes rebelles.
En outre, si l’on en croit Bossuet, la place qu’occupait Le Tellier en ces deux occasions suscitait les « impatiences et les jalousies de son protecteur, ou plutôt de son protégé » (Mazarin). Notons enfin qu’en 1651, Michel Le Tellier recommande à Mazarin un magistrat nommé Jean-Baptiste Colbert.

Lorsqu’en 1661 Mazarin disparaît et que commence le règne personnel de Louis XIV, Michel Le Tellier devient l’un des hommes forts du Conseil royal avec Colbert. En bon adepte du népotisme, il associe son fils François-Michel Le Tellier Marquis de Louvois au gouvernement du Royaume et plus précisément au Secrétariat d’Etat à la Guerre. Son autre fils, Charles Maurice Le Tellier qui avait pris la voie de la carrière ecclésiastique deviendra Archevêque de Reims.

Enfin, résolument hostile aux Huguenots, Michel Le Tellier a soutenu Louis XIV dans la Révocation de l’Edit de Nantes.

A la mort de ce grand serviteur, le Roi Soleil lui rend hommage par ces mots : « Jamais homme n’a été de meilleur conseil en toutes sortes d’affaires. »

Michel Le Tellier repose toujours en l’église Saint-Gervais à Paris.

Lire :
– BLUCHE François : Louis XIV, Fayard
– CHALINE Olivier : Le règne de Louis XIV, Flammarion
– BOSSUET Mgr Jacques-Bénigne : Oraison funèbre de Michel Le Tellier, http://www.abbaye-saint-benoit.ch

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Michel V Le Tellier Marquis de Louvois

Michel V Le Tellier Marquis de Louvois

Troisième fils de Michel IV Le Tellier Secrétaire d’Etat à la Guerre sous la Régence, Michel V Le Tellier Seigneur de Chaville et Marquis de Louvois naît à Paris le 18 janvier 1641. Comme il a été dit dans l’article consacré à son père, la famille de Louvois compte bon…

16 juillet 2015

Dans « Non classé »

6 septembre 1683 : Mort de Colbert

6 septembre 1683 : Mort de Colbert

Considéré comme l’archétype de grand commis scrupuleusement dévoué à l’État, l’homme qui mit fin à l’ascension de Nicolas Fouquet reste encore l’une des personnalités marquantes du Grand Siècle, puisqu’il resta plus de vingt-deux années au service du Roi Soleil. Né en 1619 dans une famille de la bourgeoisie drapière rémoise,…

6 septembre 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

Charles de La Porte Marquis de la Meilleraye, « le grand canonnier » de Louis XIII

Charles de La Porte Marquis de la Meilleraye, « le grand canonnier » de Louis XIII

Fils de Charles de La Porte Premier du Nom, avocat au Parlement et de Claude de Champais, Charles de La Porte futur Marquis de La Meilleraye et Duc de Rethel voit le jour à Paris en 1602. Sa famille est originaire de la Gâtine (le pays de Parthenay, aujourd’hui dans…

8 février 2016

Dans « Grand Siècle »

4 mai 2013
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Histoire & Culture

7 décembre 1936 : Disparition de Jean Mermoz, aventurier de l’Aéropostale

by adminfhesp 1 mai 2013

Surnommé  « L’Archange », Jean Mermoz est né en 1901 à Aubenton dans l’Aisne.
Engagé dans l’Armée de l’Air en 1920, il sert d’abord à la 7e Escadrille du 11e Régiment de Bombardement avant d’être envoyé en Syrie.
mermoz
– C’est là qu’il  rencontre le désert qui le fascine. Après son départ de l’armée – qu’il finir par abhorrer – Mermoz vit une période difficile et connaît la misère. Cependant, en 1924, il signe un contrat comme mécanicien avec la Compagnie Latécoère.

– Mais s’il commence comme mécano, Jean Mermoz prend très vite les commandes d’avions de ligne entre l’Espagne et le Maroc. Lors de l’une des ses expéditions, il est même capturé par les Maures. En 1927, sur demande de Marcel Bouillouw-Laffont, Directeur de la Compagnie Général d’Aéropostale, Jean Mermoz est envoyé au Brésil et participe à plusieurs expéditions aériennes au-dessus des Andes, avec des épisodes dignes de romans d’aventure. Avec Henri Guillaumet, il ouvre la Ligne des Andes en 1929.

– En 1930, il effectue la première traversée de l’Atlantique Sud (entre Saint-Louis et Natal) aux commandes d’un hydravion Latécoère 23-8, le Comte de la Vaulx. Il effectuera par la suite vingt-trois traversées entre Amérique du Sud et Afrique.

En politique, Jean Mermoz qui nourrit une défiance envers l’Allemagne ne se retrouve pas dans les derniers gouvernements de la IIIe République. Il se retrouve donc à adhérer au Parti Social Français du Colonel François de La Rocque et en devient le Vice-Président.

– Le 7 décembre, son Latécoère 300 La Croix du Sud disparaît dans l’Atlantique avec à son bord Alexandre Pichodou, Henri Ezan, Edouard Cruvelhier et Jean Lavidalie.
Il aimait dire notamment : « L’accident pour nous, c’est de mourir dans un lit » ou  « La vie moderne autorise les voyages mais ne procure pas l’aventure ». 

– Ses récits de pilote ont été publiés en 1937 sous le titre : Mes vols.

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Jean Ambroise Baston de Lariboisière

Jean Ambroise Baston de Lariboisière

Méconnu de nos jours, il était l’un des meilleurs chefs d’artillerie de Napoléon. Jean Ambroise Baston Comte de Lariboisière voit le jour le 18 août 1759 à Fougères. – Choisissant la carrière des armes, il sert comme Lieutenant en Second au Régiment de La Fère-Artillerie au sein duquel il fait la connaissance d’un certain Buonaparte. Premier Lieutenant à…

21 décembre 2016

Dans « 1715-1804 »

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Maréchal Jean-Baptiste Bessières, duc d’Istrie

Fils d’un médecin, Jean-Baptiste Bessières voit le jour le 6 août 1768 à Prayssac, un petit village du Quercy. Il se destine d’abord à la Médecine et débute ses études. Mais il change radicalement de voie lorsque éclate la Révolution française et s’engage dans les Grenadiers de la Garde Nationale…

1 mai 2016

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Général Pichegru

Général Pichegru

Fils de cultivateurs du Jura, Jean Charles Pichegru voit le jour à Planches-près-d’Arbois le 16 février 1761. Il fait d’abord sa scolarité au Collège des Minimes d’Arbois et s’y révèle doué pour les Mathématiques. En 1779, il entre au Collège de Brienne comme répétiteur de quartier. Il entre d’abord dans…

6 avril 2014

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1 mai 2013
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